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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 27 mai 2024 37 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieDéfense

Les eurodéputés RN "n'ont ni gagné ni mené une seule bataille", assure François-Xavier Bellamy

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Diriez-vous que les européennes du 9 juin sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin ?

  • 2:29RelanceRéponse directe

    Vous partagez avec Emmanuel Macron cet enjeu existentiel de l'Europe ?

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Comment définissez-vous le clivage de cette élection européenne ?

  • 5:57OuverteRéponse directe

    Quelle mesure de votre programme est emblématique de l'Europe que vous défendez ?

  • 7:50RelanceRéponse directe

    Quelles sont les nuances entre votre programme et celui de Jordan Bardella sur la politique migratoire ?

  • 10:17FerméeRéponse directe

    Pour vous, une alliance avec ECR n'est pas tabou ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:38Invité politiqueFait
    « Non, bien sûr, elles sont décisives parce qu'elles se vivent dans le contexte du retour de l'histoire. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « Pendant longtemps, l'Europe a cru à la fin de l'histoire. C'était le titre de Fukuyama, ce livre qui annonçait que la mondialisation allait mettre fin à tous les conflits, toutes les tragédies des temps passés. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « Et nous vivons aujourd'hui, évidemment, la fin de la fin de l'histoire, le retour de la guerre sur le continent européen. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Nous sommes aussi confrontés, il ne faut pas l'oublier, à la menace du terrorisme islamiste qui reste forte à la trajectoire de plus en plus conflictuelle des grandes puissances mondiales. »
  • 2:12Invité politiqueFait
    « Et on pense notamment à la Chine. »
  • 2:19Invité politiqueFait
    « Et bien sûr, quoi qu'il arrive aux Etats-Unis, le mouvement isolationniste américain semble clairement engagé. »
  • 2:45Invité politiqueFait
    « Je crois en tous les cas que l'Europe peut sortir de l'histoire. Et que le grand risque, c'est qu'elle, par sortir de l'histoire, je veux dire qu'elle ne puisse plus maîtriser les moyens de décider de son avenir. »
  • 3:08Invité politiqueFait
    « Qu'est-ce que ça veut dire exactement que l'Europe peut mourir ? Je n'en sais rien. »
  • 3:13Invité politiqueFait
    « Il y a un décrochage de l'Europe par rapport au reste du monde. Et puis, il y a un décrochage de la France par rapport à l'Europe. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « De ce déclin économique, mais pas seulement économique. »
  • 3:28Invité politiqueChiffre
    « C'est à travers notre trajectoire budgétaire, par exemple, à travers notre déficit commercial. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Qui dit le fait que nous sommes plus dépendants que jamais à l'égard de nos importations. »
  • 4:26Invité politiqueFait
    « Le Rassemblement National qui, il y a cinq ans encore, disait qu'il voulait sortir de l'Europe, sortir de l'euro, sortir de l'OTAN. »
  • 4:34Invité politiqueFait
    « Qui a été pour la PAC, puis contre, puis pour à nouveau, qui a été contre Frontex pendant des années quand nous défendions l'agence Frontex qui aujourd'hui recrute son directeur exécutif auquel il refusait les augmentations de budget. »
  • 6:28Invité politiquePromesse
    « Une mesure qui me paraît déterminante, c'est le fait de compléter le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. »
  • 32:34Invité politiqueFait
    « On avait les Etats-Unis qui inventent, l'Europe qui consomme et qui réglemente et puis l'Asie qui produit. »
  • 34:41Invité politiqueFait
    « notre pays qui décline, qui s'appauvrit »
  • 36:42Invité politiqueChiffre
    « On est le pays de l'OCDE où le nombre d'heures travaillées par habitant est le plus faible. Il n'y a que la Turquie qui soit derrière nous. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy69 %
  • Présentateur11 %
  • François-Xavier Bellamy 25 %
  • Invité5 %
  • Invité 23 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Et ce sont des matinales grand format que vous propose France Inter dans la dernière ligne droite de la campagne des Européennes. Six têtes de liste, six émissions et une heure d'entretien dont voici le déroulé. Avec Yael Gauze, questions sur le programme et l'actualité, puis des zooms sur les questions écologiques, internationales et économiques. Après 9h, nous rejoindrons deux jeunes électeurs qui s'apprêtent à voter pour la première fois aux Européennes. Ils débattront avec la tête de liste invitée. Amis auditeurs, je ne vous oublie pas, vous aurez évidemment aussi la parole. Je compte sur vous au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. François-Xavier Bellamy, bonjour.

Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation. Merci de votre invitation. Vous êtes la tête de liste LR, eurodéputé LR sortant. Après l'entretien avec Yael Gauze, place donc aux journalistes et aux éditorialistes du 7-10, Célia Quiré vous interrogera sur l'agriculture, Pierre Haski sur l'Ukraine, Dominique Seux sur les voitures électriques. Mais d'abord, question pour situer l'enjeu de ces élections. Avec l'Ukraine, la guerre est de retour depuis plus de deux ans sur le continent européen. Pierre Haski en parlait à l'instant. Par ailleurs, la présidentielle de novembre prochain aux Etats-Unis peut ouvrir une période d'incertitude géopolitique et avoir un impact sur l'Europe.

Diriez-vous que les européennes du 9 juin sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin ou qu'elles sont juste une élection intermédiaire parmi d'autres ?

1:38
François-Xavier Bellamy

Non, bien sûr, elles sont décisives parce qu'elles se vivent dans le contexte du retour de l'histoire. Pendant longtemps, l'Europe a cru à la fin de l'histoire. C'était le titre de Fukuyama, ce livre qui annonçait que la mondialisation allait mettre fin à tous les conflits, toutes les tragédies des temps passés. Et nous vivons aujourd'hui, évidemment, la fin de la fin de l'histoire, le retour de la guerre sur le continent européen. Nous sommes aussi confrontés, il ne faut pas l'oublier, à la menace du terrorisme islamiste qui reste forte à la trajectoire de plus en plus conflictuelle des grandes puissances mondiales. Et on pense notamment à la Chine.

Et bien sûr, quoi qu'il arrive aux Etats-Unis, le mouvement isolationniste américain semble clairement engagé. Donc il faut absolument que les Européens mesurent aujourd'hui leurs responsabilités dans l'avenir qui se dessine.

2:25
Invité

Le retour du tragique de l'histoire, on croirait entendre Emmanuel Macron dans le texte, quand vous parlez, François-Xavier Bellamy, lors de son deuxième discours de la Sorbonne, le 24 avril dernier, il a dit que l'Europe pouvait être mortelle. Elle peut mourir, disait-il, et ça dépend uniquement de nos choix. Vous partagez avec lui cet enjeu existentiel de l'Europe ? Vous partagez ça avec le président de la République ?

2:45
François-Xavier Bellamy

Je crois en tous les cas que l'Europe peut sortir de l'histoire. Et que le grand risque, c'est qu'elle, par sortir de l'histoire, je veux dire qu'elle ne puisse plus maîtriser les moyens de décider de son avenir. Qu'elle devienne la vassale de puissances qui décideront pour elle de ce que sera son destin. Et ça, c'est le très grand danger. Qu'est-ce que ça veut dire exactement que l'Europe peut mourir ? Je n'en sais rien. Mais ce que je vois tous les jours, c'est la réalité du double décrochage que nous vivons aujourd'hui. Il y a un décrochage de l'Europe par rapport au reste du monde. Et puis, il y a un décrochage de la France par rapport à l'Europe.

Parce qu'il ne faut pas nier la réalité de cet appauvrissement du pays que les Français constatent tous les jours. De ce déclin économique, mais pas seulement économique. C'est à travers notre trajectoire budgétaire, par exemple, à travers notre déficit commercial. Qui dit le fait que nous sommes plus dépendants que jamais à l'égard de nos importations. Et bien le fait que nous ne sommes plus aujourd'hui capables de décider de ce que sera notre avenir. Et ça, je pense que les Français le perçoivent et qu'ils veulent évidemment faire de cette élection européenne. Ils doivent faire de cette élection l'occasion de retrouver les moyens de maîtriser notre destin.

C'est le cœur du projet que nous voulons partager avec eux.

3:56
Invité

On vous a vu pousser un coup de gueule sur France 2 jeudi soir après le duel entre Jordan Bardella et Gabriel Attal. Avec deux visions tranchées de l'Europe. Comment est-ce que vous définissez, vous, le clivage de cette élection ? Est-ce qu'on assiste à une bataille entre pro-européens d'un côté qui veulent plus d'intégration et des souverainistes nationaux de l'autre ? Où est-ce que vous refusez ce manichéisme ?

4:16
François-Xavier Bellamy

Aujourd'hui, ce que j'observe, c'est que vous disiez deux visions tranchées. Moi, je vois surtout deux représentants de familles politiques qui ont changé du tout, tout, tout leur ligne sur l'Europe. Et notamment le Rassemblement National qui, il y a cinq ans encore, disait qu'il voulait sortir de l'Europe, sortir de l'euro, sortir de l'OTAN. Qui dit le contraire aujourd'hui, qui a été pour la PAC, puis contre, puis pour à nouveau, qui a été contre Frontex pendant des années quand nous défendions l'agence Frontex qui aujourd'hui recrute son directeur exécutif auquel il refusait les augmentations de budget. C'est l'incohérence à tous les étages. Et de l'autre, pourquoi incohérence ?

Et puis le macronisme, derrière le en même temps macronien, il y aura eu aussi toutes les contradictions possibles entre ce qui était promis à Paris et ce qui était fait à Bruxelles. Nous, nous sommes clairs et constants. Et moi, je crois que la vraie question de cette élection européenne. Et c'est pour ça que j'ai été révolté par l'organisation de ce débat. La vraie question de cette élection européenne, ça n'est pas de savoir si on veut plus ou moins d'Europe. Ça n'est pas de savoir si on va revivre le deuxième tour de la présidentielle entre M. Macron et Mme Le Pen.

La vraie question de cette élection européenne, c'est qu'il y a en Europe deux formations politiques qui structurent le débat démocratique. D'un côté, la droite européenne qui va, selon toute probabilité, sortir très renforcée de cette élection, celle à laquelle nous appartenons avec les Républicains. Et de l'autre côté, la gauche sociale-démocrate qui est le deuxième grand pilier. Et la grande question, c'est dans quelle direction allons-nous engager l'Europe aujourd'hui ? En Europe, c'est comme en France, il y a une politique de gauche, il y a une politique de droite, il y a une manière de gauche d'envisager la question migratoire, il y a une manière de droite de la regarder.

Il y a une manière de gauche de regarder les défis économiques et puis il y a des réponses de droite aux questions économiques. Et ça, on va en parler aujourd'hui, mais c'est ça la vraie question de cette élection européenne.

5:52
Présentateur

On va parler de la droite européenne, évidemment. Venons-en à votre programme, François-Xavier Bellamy. 59 mesures dévoilées le 14 mai. Vous parlerez, je le rappelle, dans quelques instants en détail du réarmement de l'Europe. C'est un thème qui est dans votre programme avec Pierre Aski, de l'agriculture avec Célia Quiré, des enjeux industriels avec Dominique Seu. Mais sur ces 59 mesures, philosophiquement, laquelle vous semble la plus emblématique de l'Europe que vous comptez défendre ?

6:20
François-Xavier Bellamy

C'est difficile d'en retenir une seule, mais je dirais une mesure qui me paraît déterminante. La clé de voûte. Une mesure qui me paraît déterminante, c'est le fait de compléter le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Parce que ça dit la manière dont on doit envisager la transition environnementale. Je crois que le vrai défi pour l'Europe n'est pas de rendre la vie impossible à ce qu'il produit sur son sol, mais d'utiliser sa force à elle. Parce que l'Europe a une force immense. Et je crois que les Français ne mesurent pas à quel point, aujourd'hui, nous avons un levier pour agir, qui est notre marché européen.

Ce marché, on a souvent reproché à l'Europe de s'y réduire, de n'être qu'un marché, qu'une politique commerciale. Mais aujourd'hui, on peut faire de ce marché un levier politique pour pousser les grands producteurs mondiaux vers la décarbonation, vers la transition environnementale, dont nous avons besoin si nous voulons transmettre un monde vivable à nos enfants et aux générations qui viennent. Et ça, c'est aussi une manière pour l'Europe d'affirmer sa puissance, d'affirmer un levier de puissance. Pour les pays européens, de faire en sorte que leur voix compte dans le débat aujourd'hui.

On regarde parfois la Chine avec peut-être un peu de timidité ou de crainte, comme si on était finalement dépendant d'elle au point de ne plus pouvoir rien lui dire. Mais c'est le contraire aujourd'hui. La Chine est plus dépendante de l'Europe que l'Europe n'est dépendante de la Chine. Et donc, le sujet, c'est qu'aujourd'hui, ce ne sera peut-être plus le cas dans 10 ans, mais aujourd'hui, nous avons encore les moyens de pouvoir créer les règles du jeu. Et je crois qu'il faut absolument que les États de l'Union européenne s'en donnent les moyens aujourd'hui.

7:50
Invité

Ce qui nous a frappés, François-Xavier Bellamy, en lisant votre programme avec Nicolas Demorand, ce sont les nuances assez légères entre votre programme et celui de Jordan Bardella, en particulier en ce qui concerne la politique migratoire de l'Union européenne. Comme lui, vous prenez le traitement des demandeurs d'asile aux frontières extérieures de l'Union. Ça, c'est le PPE, c'est la droite européenne. Et vous allez plus loin en proposant de construire des barrières physiques pour lutter contre l'immigration illégale. Ça fait penser aux murs de Donald Trump qu'il voulait construire à la frontière mexicaine. Des murs où ? En Europe, avec des contrôles à l'intérieur de l'Europe aussi.

Comment on fait avec ces murs ? Qu'est-ce que vous voulez construire exactement ?

8:30
François-Xavier Bellamy

D'abord, c'est le Rassemblement National qui est totalement inconstant sur ce sujet. Et nous, nous avons gardé notre ligne. Ces propositions-là, elles sont faites par la droite européenne depuis des années maintenant. Nous avons déposé au Parlement, dans le cours du dernier mandat, un amendement pour que le budget européen puisse financer la construction de ces infrastructures physiques. Qu'est-ce que c'est ? Décrivez-nous, c'est quoi ? Ils sont demandés par 12 États membres de l'Union européenne, quelle que soit leur couleur politique. Ces États membres, ils sont en première ligne face à la crise migratoire. Ce sont notamment les Pays-Baltes, c'est la Pologne, c'est la Finlande.

En Finlande, c'est un ministre écologiste qui a signé pour la construction d'un mur de plusieurs centaines de kilomètres de long à la frontière avec la Russie. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, la fragilité de l'Europe dans la protection de ses frontières extérieures est utilisée par des puissances étrangères qui veulent déstabiliser nos pays. Vous vous souvenez de la crise migratoire organisée par Poutine et Loukachenko à la frontière de ces pays ? On se souvient de ce qu'avait fait Erdogan à la frontière de la Grèce et de la Bulgarie. Et donc, il faut effectivement, là où il y a des centaines de kilomètres de frontières physiques à protéger, qu'on construise les infrastructures.

Mais le mur, vous le voyez d'où ? Vous le concevez comment ? Mais encore une fois, ça dépend beaucoup des reliefs, ça dépend de la géographie, ça dépend des points de vulnérabilité potentiels. En Finlande, il y a une immense frontière terrestre très facile à franchir entre la Finlande et la Russie. Et donc, je le répète, c'est un gouvernement composé de ministres de gauche qui ont lancé la construction de ce mur. Non pas pour arrêter des chars, parce qu'évidemment, si un jour, Vladimir Poutine décidait d'envahir la Finlande, un simple mur ne suffirait pas à l'arrêter.

Mais pour empêcher l'utilisation de la migration comme un élément dans une guerre hybride qui menace aujourd'hui nos démocraties.

10:17
Présentateur

François-Xavier Bellamy et Ursula von der Leyen n'ont pas exclu de gouverner avec ECR, le groupe européen d'extrême droite, qui compte notamment dans ses rangs le parti espagnol Vox et Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni. Pour vous, une alliance avec ECR n'est pas tabou ?

10:35
François-Xavier Bellamy

Alors nous, nous disons d'abord avec les Républicains que nous souhaitons une alternance à la tête de la Commission européenne. Nous ne redonnerons pas, nous ne donnerons pas notre confiance à Ursula von der Leyen. Elle n'était déjà pas notre candidate en 2019. C'est Emmanuel Macron.

10:47
Invité

Ça, c'est étonnant. Il faut quand même expliquer aux Français qui nous écoutent quand même. Vous êtes la droite française, mais vous êtes contre la tête de liste de la droite européenne.

10:55
François-Xavier Bellamy

Comme d'ailleurs beaucoup d'autres formations politiques de la droite européenne. Il y a eu un débat à l'intérieur de notre famille politique et aujourd'hui, le vrai sujet va commencer au lendemain de l'élection européenne quand nous aurons l'occasion, parce que c'est le PPE qui va arriver en tête de cette élection selon toute probabilité. C'est donc entre nous que le débat va se faire sur la question de savoir qui sera à la présidence de la Commission européenne dans les 5 ans qui viennent. Nous sommes les seuls à pouvoir faire en sorte que cette alternance advienne.

Et au sein de la droite européenne, au sein du PPE, nos amis italiens, de Forza Italia, des collègues d'autres délégations nationales, disent comme nous la nécessité de ce changement. Et donc ça, ça se jouera le lendemain de l'élection. Nous avons été, vous savez, dans l'opposition à des textes majeurs portés par la Commission européenne. Le pacte vert et le pacte d'asile-immigration. Un certain nombre de textes du pacte vert, notamment le texte « Restauration de la nature » qui devait geler 10% de la surface agricole en Europe. Le plan « Farm to fork » qui devait faire baisser la production agricole. Donc ces textes-là, nous nous y sommes opposés.

Sur les questions migratoires, nous nous sommes confrontés durement à la Commission européenne.

11:59
Présentateur

Et sur ECR, alors, c'était la question que je vous posais. Sur une alliance avec ECR, est-ce que la question n'est pas taboue ?

12:08
François-Xavier Bellamy

En fait, au Parlement européen, il n'y a pas de coalition pour que tout le monde nous comprenne. Ça veut dire que les majorités se font texte par texte, vote par vote, parfois amendement par amendement. Et au risque de vous surprendre, il m'est arrivé très souvent, mais comme d'ailleurs à nos collègues macronistes par exemple, même à nos collègues socialistes, de voter des propositions qui venaient du groupe ECR. J'ai eu moi-même dans la Commission de l'Industrie, où j'ai travaillé pendant 5 ans, l'occasion de travailler très régulièrement avec des collègues du groupe ECR.

Donc je ne vois pas au nom de quoi on dirait aujourd'hui, « Oh là là, mais c'est scandaleux, on ne parlera jamais avec eux, ce serait complètement... » Idem avec le groupe de Marine Le Pen, quel qu'il soit. Le groupe de Marine Le Pen, lui, la question est plus vite résolue, parce qu'en fait, ils ne travaillent pas. Ils ne sont pas là, ils ne font pas de propositions, ils sont totalement absents. Et donc la question ne se pose même pas. La vérité du Rassemblement National, c'est qu'il fait rêver les Français en leur disant « Vivement le 9 juin », mais il a déjà gagné l'élection européenne. Et les Français lui ont fait confiance en 2019, et même en 2014.

Pendant 5 ans, ils avaient 23 députés, 3 fois plus de députés que nous. Mais ils n'auront pas gagné une seule bataille, même pas mené une seule bataille. Parce que le Parlement européen, c'est être au combat tous les jours, matin, midi et soir, y compris d'ailleurs à l'intérieur de notre propre formation politique. Vous le disiez, nous avons des débats au sein de la droite européenne. Mais c'est normal, c'est l'Europe. Moi, je suis là pour faire entendre la voix des Français dans le débat européen, et y compris au sein de la droite européenne.

Mais pour ça, il faut être au travail matin, midi et soir, parce que les Français qui travaillent le savent bien, si on ne s'y remet pas tous les jours, on n'obtient aucun résultat.

13:37
Présentateur

Matinale spéciale, grand format, consacré aux élections européennes. François-Xavier Bellamy, la tête de liste LR, et notre invité, il est 8h36. Et on accueille maintenant Célia Quilleret, spécialiste environnement à la rédaction. de France Inter. Célia, pour commencer, vous souhaitez interroger François-Xavier Bellamy sur l'agriculture et les agriculteurs.

14:01
Invité

Oui, on va parler tout à l'heure protectionnisme écologique, puisque ce sujet vous tient à cœur. Mais d'abord, les agriculteurs, vous étiez en Bourgogne, dans une ferme il y a quelques jours. Ils ont été très en colère cet hiver. Depuis, l'écologie est présentée comme l'ennemi numéro un, le bouc émissaire par certains, à tel point que l'environnement et les enjeux climatiques passent au second plan dans cette campagne. L'Europe a été pointée du doigt. Est-ce que c'est vraiment un problème, l'environnement ?

14:25
François-Xavier Bellamy

Les agriculteurs ne sont pas, je vais vous surprendre, ils ne sont pas en colère contre l'environnement. Au contraire. Et j'étais avant-hier, effectivement, en Bourgogne, dans un élevage, comme je l'ai fait pendant 5 ans, rencontrer les agriculteurs, et ils m'ont dit, ce que je les ai entendus dire pendant 5 ans, nous sommes les premiers écologistes, parce que nous connaissons la nature, parce que nous en prenons soin, parce que c'est notre métier, parce que c'est notre vie, c'est notre engagement. Et je crois que ce qui révolte aujourd'hui les agriculteurs, c'est qu'on veuille faire croire qu'ils seraient des ennemis de l'environnement.

Et aujourd'hui, leur grand problème, c'est l'aberration des normes qui leur sont imposées, y compris du point de vue environnemental. Prenez par exemple ce que me racontaient ces agriculteurs avant-hier, la question de la gestion de l'eau. Aujourd'hui, si vous curez des fossés, comme leurs parents, leurs grands-parents l'ont fait pendant des années, des siècles eux-mêmes, si vous entretenez les cours d'eau, vous risquez d'être surveillé, contrôlé, condamné par la police de l'eau qui viendra vous expliquer que si vous avez touché à un ruisseau, vous avez potentiellement atteint une zone humide à force de ne rien entretenir.

Ensuite, on voit des inondations qui se répètent un peu partout et on se dit, oh là là, quelle catastrophe, comment ça se fait que la nature soit en train de se dérégler ? Mais en réalité, le vrai problème, c'est qu'on s'interdit d'agir sur la nature. Je le dis comme...

15:41
Invité

La nature, c'est aussi une assurance vie pour les agriculteurs. Néanmoins, vous avez voté contre certains textes comme la restauration de la nature, des textes pour la biodiversité. Ce n'est pas une solution aussi, la nature ?

15:51
François-Xavier Bellamy

Mais justement, ce texte restauration de la nature, qu'est-ce qu'il disait ? Parmi les mesures qu'il proposait, il y avait la nécessité de détruire des barrages ou des installations qui sont posées sur les cours d'eau. Parce que derrière le texte restauration de la nature, il y avait l'idée, si vous voulez, que la nature est plus naturelle si l'homme en disparaît. Il y avait par exemple cette proposition absurde d'interdire d'entretenir les forêts, d'interdire de ramasser le bois mort dans les forêts. Et ensuite, qu'est-ce qui va se passer ? On va s'étonner qu'il y ait des incendies massifs. On va s'étonner que les forêts soient moins bien protégées.

Mais évidemment, si vous voulez protéger les forêts des incendies, il faut les entretenir. Je le dis comme prof de philo aussi, parce que c'était mon métier. Cette vision un peu rousseauiste, qui voudrait que pour que la nature soit naturelle, il faut que l'homme disparaisse de la nature. C'est cette vision-là qui met en danger la nature. Donc oui, moi je dis que derrière cet agenda, il n'y a pas du tout l'écologie. Il y a en réalité une vision idéologique qui organise la décroissance dans nos pays, qui met l'homme sous surveillance, qui jette le soupçon sur tous ceux qui travaillent avec la nature et les agriculteurs en premier.

Et je pense que ce qui les met le plus en colère, parce qu'ils sont toujours en colère, ce qui les met le plus en colère, c'est ce sentiment de défiance qu'il leur est imposé.

16:58
Invité

Voilà un autre sujet, pas idéologique cette fois, les pesticides, dossiers sensibles. L'Europe a rayé l'objectif de diviser par deux leur utilisation d'ici 2030. Vous avez voté pour. Est-ce que c'est une victoire pour vous ? Est-ce que c'est définitif ou reporté ?

17:12
François-Xavier Bellamy

Le vrai sujet des pesticides, c'est qu'on ne peut pas interdire, d'une part si on n'a pas de solution alternative, et deuxièmement, on ne peut pas interdire, parce que ça c'est scandaleux, ce qu'on accepte d'importer. Parce que si on interdit aux agriculteurs européens d'utiliser des molécules, et qu'ensuite, parce qu'on ne produit plus, on importe tout ce qu'ils faisaient sur notre sol, venus de pays extérieurs, qui non seulement utilisent ce qu'on a interdit chez nous, mais bien d'autres molécules encore qu'on a interdits depuis beaucoup plus longtemps, on se retrouve devant une aberration absolue. On offre des parts de marché aux modèles de production qui abîment le plus l'environnement.

17:46
Invité

Donc vous ne serez jamais le député qui vote pour une diminution des produits phytosanitaires ?

17:50
François-Xavier Bellamy

Bien sûr que si, et non seulement on l'a voté, mais là pour le coup, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Nous on a voté le texte pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires, après qu'on l'ait équilibré, qu'on l'ait corrigé, qu'on l'ait amendé, pour faire en sorte qu'il soit plus rationnel dans son application. Et qui a voté contre ce texte ? Deux groupes ont voté contre. D'un côté, l'extrême droite qui vote contre tout, et de l'autre côté, pardon de le dire, les Verts, les socialistes, les députés macronistes, qui trouvaient que le texte n'était pas assez radical à leur goût.

Et donc ils ont détruit la possibilité que nous avions d'engager effectivement une diminution des pesticides. Vous savez, les agriculteurs eux-mêmes le souhaitent. Il n'y a aucun agriculteur qui, de gaieté de cœur, utilise des produits. D'abord ça coûte de l'argent, ensuite l'impact sur la santé, il est pour eux les premiers.

18:31
Invité

Et justement, qu'est-ce que vous prévoyez pour la santé des agriculteurs ? Ce sont vos électeurs ? Ce sont souvent les principales victimes ? Qu'est-ce que vous prévoyez ?

18:37
François-Xavier Bellamy

Mais justement, encore une fois, il faut effectivement réduire le plus possible notre usage des pesticides. Mais d'abord à condition de trouver des alternatives. Donc il faut qu'on travaille massivement sur la recherche. Nous, nous avons voté par exemple en faveur du texte sur les nouvelles techniques génomiques qui permettent de faire évoluer de l'intérieur le génome des plantes pour qu'elles se défendent mieux, par exemple contre des maladies. Prenez par exemple l'exemple de la banane dans les Antilles. C'est un exemple très intéressant. Dans les Antilles, la banane a été pendant très longtemps l'objet d'utilisations massives de produits phytosanitaires extrêmement dangereux.

On pense au chlordécone, évidemment. Aujourd'hui, ceux qui les cultivent sont sortis de 80% de ces produits. Vous avez une maladie, la cercosporieuse, qui est en train de dévaster nos productions de bananes. On a aujourd'hui une technique génomique qui permet de lutter contre cette maladie sans utiliser les produits phytosanitaires. Nous avons défendu cela. Les écologistes y sont opposés. Allez leur demander pourquoi. Parce que c'est la condition pour sortir effectivement de ces pesticides dangereux.

19:34
Présentateur

Merci. Merci Célia Quiré. Pierre Aski est avec nous et vous interroge François-Xavier Bellamy sur vos propositions sur l'Ukraine.

19:44
Invité

J'ai essayé de comprendre où étaient vos lignes rouges par rapport à l'engagement et au soutien à l'Ukraine. Vous partagez une partie de l'analyse du président de la République sur l'Ukraine mais vous n'allez pas aussi loin, par exemple, sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne ou d'autres sujets. Où sont véritablement vos lignes rouges ? Jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?

20:03
François-Xavier Bellamy

La première chose à faire, c'est qu'il faut d'abord commencer par les premiers pas nécessaires. Et aujourd'hui, la France est très en retard dans le soutien qu'elle doit réellement aux Ukrainiens. Parce que moi, je ne crois pas qu'on soutiendra l'Ukraine avec de fausses promesses, avec la spéculation aberrante sur l'envoi de troupes au sol en Ukraine que même l'OTAN a démenti, que la plupart des pays européens ont démenti eux aussi. Pas tout ça. La plupart d'entre eux. Le vrai sujet aujourd'hui, c'est d'apporter aux forces ukrainiennes les moyens matériels, les armes, les munitions dont elles ont besoin pour soutenir leur effort de guerre face à l'attaque de la Russie.

Et là, de ce point de vue-là, je crois, nous ne sommes pas aujourd'hui au rendez-vous. J'étais avec le général Christophe Gomart qui est le numéro 3 de notre liste, qui est ancien patron des forces spéciales françaises. Nous avons été visiter une usine d'armement il y a quelques semaines de cela qui fabrique des véhicules blindés. Aujourd'hui, ils ont une seule ligne de production pour l'Ukraine. Ils reconditionnent des véhicules blindés, parfois très anciens, de nos propres forces armées. Et ils ne sont pas passés ni au 2-8, ni au 3-8 parce que personne ne le leur a demandé. On devrait pouvoir faire beaucoup plus parce que ces véhicules, ils sauvent des vies tous les jours sur le terrain.

21:09
Invité

Est-ce que vous êtes pour l'autorisation de permettre à l'Ukraine de frapper le territoire russe avec les armes qu'on lui livre ? Notamment les missiles Scalp à longue portée. C'est une demande du président Zelensky. Je crois que le vrai défi,

21:21
François-Xavier Bellamy

c'est de garantir que l'Ukraine peut se défendre avec les armes qu'on lui confie. Et on ne peut pas en permanence dire que c'est nécessaire que nous défendons le droit international parce que ce qui est en jeu en Ukraine, c'est le respect du droit international, le respect des frontières internationalement reconnues, le fait qu'effectivement un pays ne peut pas, la Russie, décider par la violence de renverser des frontières internationalement reconnues. On ne peut pas répéter ça en permanence et simultanément changer notre doctrine d'emploi sur des armes qui sont confiées à l'Ukraine aujourd'hui pour défendre son territoire.

Moi je crois qu'il faut se garder d'une logique d'escalade et qu'il faut maintenir la vocation défensive des armements qui sont donnés à l'Ukraine.

21:59
Invité

Mais est-ce qu'on n'est pas un peu dans la contradiction dont je parlais dans ma chronique tout à l'heure et qui est celle dépointée par le président Zelensky ? On veut sa victoire mais on ne lui en donne pas les moyens. Mais c'est ce que je dis, on ne donne pas assez les moyens à l'Ukraine de soutenir son effort de guerre. Oui mais quand vous freinez par exemple l'usage des armes qui lui sont livrées, vous ne lui donnez pas vraiment le moyens.

22:15
François-Xavier Bellamy

Non, le vrai problème c'est d'abord, et c'est évidemment ce que demande au premier chef le président Zelensky, ce qu'il demande c'est que ces livraisons d'armes soient effectivement opérées et que les promesses soient suivies des faits.

Et aujourd'hui là-dessus, un pays comme la France, et pardon de le dire mais vu depuis Strasbourg et Bruxelles, le regard de nos voisins européens est souvent assez dur sur la France et sur le président français qui fait la leçon au reste de l'Europe en parlant d'esprit de défaite ou en accusant ses partenaires de l'acheter alors qu'en réalité la France est très très en deçà des livraisons concrètes auxquelles on pourrait s'attendre de la part du pays qui a la première armée conventionnelle d'Europe aujourd'hui et qui a la deuxième industrie de défense exportatrice dans le monde. On est très en deçà de ce qu'on devrait pouvoir faire pour les forces ukrainiennes.

22:58
Invité

Sur l'autre dossier chaud du moment Gaza, comment réagissez-vous à ce qui s'est passé cette nuit ce bombardement d'un camp de personnes déplacées, 35 morts ? Est-ce qu'il faut changer de politique et d'attitude vis-à-vis d'Israël dans cette guerre ?

23:11
François-Xavier Bellamy

C'est évidemment absolument terrible. Je crois qu'il faudra faire toute la lumière sur les conditions de cette frappe et sur ses conséquences réelles. Moi je le dis depuis des mois, nous n'avons jamais changé de ligne. Je crois qu'il faut rappeler qu'Israël a le droit de se défendre parce qu'Israël est agressé dans cette affaire. Beaucoup semblent l'avoir oublié. Beaucoup nie aujourd'hui malheureusement la réalité du 7 octobre qui a été un attentat terroriste islamiste, le premier pogrom antisémite de l'histoire du 21e siècle par le nombre de victimes qu'il a faite. Mais Israël a le devoir de se défendre dans le respect du droit international. C'est une évidence.

Et nous nous avons demandé un cessez-le-feu humanitaire au Parlement européen depuis des mois. Nous disons aujourd'hui, malgré tout, je crois que c'est ce qui doit être rappelé, que cette guerre pourrait s'arrêter demain si le Hamas choisissait enfin de libérer les otages qu'il retient et de baisser les armes. Et c'est ça la condition. Et le premier bourreau de la population civile palestinienne aujourd'hui, c'est le Hamas qui est le responsable de cette spirale de l'enfer.

24:12
Invité

Est-ce qu'il faut reconnaître l'État palestinien comme l'ont fait l'Espagne ou l'Irlande la semaine dernière ?

24:17
François-Xavier Bellamy

Il faudra mettre un jour en œuvre une solution à deux États. En tout cas, pour moi, je ne suis pas un spécialiste, je ne prétends pas l'être parce que c'est un sujet d'une infinie complexité, mais je crois que c'est la seule voie nécessaire pour avancer vers la paix. Mais cette voie-là n'est pas possible aujourd'hui, c'est une certitude. Et je crois que c'est un grand danger de reconnaître aujourd'hui un État palestinien parce que ce serait potentiellement donner le sentiment qu'on donne raison à ceux qui ont déclenché cet attentat terroriste du 7 octobre.

Il me semble qu'aujourd'hui, l'urgence absolue, c'est de mettre fin à ce conflit, de préserver les populations civiles, de libérer les otages. Et ça, évidemment, c'est encore une fois la première responsabilité dans les mains des dirigeants du Hamas et de ceux qui les sponsorisent dans le monde aujourd'hui. Merci Pierre Aski.

25:00
Présentateur

Et la parole maintenant à Dominique Seux, François-Xavier Bellamy. Dominique, qui veut vous parler d'économie et de voitures électriques.

25:09
François-Xavier Bellamy

Oui, bonjour François-Xavier Bellamy. On fait vraiment des virages à 90 degrés sur les sujets. On va parler de voitures, effectivement. Vous avez pris une position très, très ferme. C'est aussi un sujet géopolitique. C'est aussi un sujet géopolitique et vous allez sans doute nous le dire. C'est à la fois un sujet économique, écologique et évidemment très concret pour tous les Français. Vous êtes défavorable à l'interdiction de la vente à partir de 2035 des voitures thermiques neuves au profit des 100% électriques. Pourquoi ? Parce que c'est un contresens. C'est un contresens économique, industriel, géopolitique, social, évidemment, et même écologique.

Et nous avons voté contre cette mesure et nous disons aujourd'hui que nous reviendrons sur cette mesure. Un contresens géopolitique parce qu'en fait, on se donne comme norme le terrain sur lequel la Chine a 10 ans d'avance sur nous. On ne pouvait pas faire un plus beau cadeau au régime de Pékin et à sa stratégie affichée de surproduction industrielle dont le but est de dévaster notre capacité de produire. Il faut absolument sortir de la naïveté sur ce sujet fondamental. C'est aussi un contresens environnemental parce que, évidemment, l'électrique aura sa place dans la transition écologique.

Évidemment que, pour les mobilités, il sera utile, notamment pour les mobilités de courte distance, mais miser tout sur une seule technologie, c'est en réalité rendre un très mauvais service à la cause de l'environnement. Parce que, sur les longues distances, je pense, par exemple, j'étais il y a quelques jours visité un dépôt de bus au Biomethane. Aujourd'hui, l'Union Européenne, après avoir financé cette technologie qui bénéficie à nos agriculteurs, qui a décarboné les transports, veut l'interdire au profit du tout électrique. Mais si vous faites des bus électriques avec des batteries extrêmement lourdes, vous avez un impact environnemental sur l'extraction de matériaux.

Alors, j'ai bien entendu votre argumentation. Il y a juste un petit problème. C'est que vous n'êtes pas du tout sur la même ligne que les constructeurs automobiles français qui répètent depuis des jours et des jours, et même des semaines, qu'il faut maintenir l'échéance de 2035 parce qu'ils disent on ne va pas arrêter toutes les 10 secondes de nous changer d'indication. Carlos Tavares, le patron de Stellantis, a pris une position extrêmement ferme. Et Lucas Demeo, je crois, l'a dit au président de la République française. En tout cas, il y a encore peu de jours. Alors, les constructeurs allemands sont plutôt effectivement sur votre ligne.

Vous ne jouez pas dans la même cour que les constructeurs français. Alors d'abord, vous qui connaissez bien le monde de l'industrie, vous devez savoir qu'il y a aujourd'hui un débat très vif à l'intérieur de l'industrie automobile française. Il est fermé. Première chose. Non, non, il n'est pas fermé du tout. Et moi, je suis en contact régulier avec le monde de l'industrie, avec les ingénieurs, les chercheurs, parce que ce qui compte pour moi, c'est de comprendre comment fonctionne aujourd'hui cette équation industrielle. Beaucoup disent d'ailleurs, tout simplement, qu'on n'y arrivera pas en réalité.

2035, l'interdiction du moteur thermique, de manière brutale, le 100% véhicule électrique, c'est la fausse bonne solution. Et je crois qu'aujourd'hui... Mais attendez, vous dites à Carlos Tavares, en gros, vous n'y pensez pas grand chose en voiture. Pardon, Carlos Tavares a été le premier à dire avec beaucoup de vigueur que l'Europe faisait n'importe quoi sur ce sujet. Je reprends son expression. Il ne dit plus ça aujourd'hui.

Et je note alors aussi que vous êtes un peu en contradiction avec ce que dit le PPE, votre parti européen, qui, après avoir hésité, c'est vrai, lors de son dernier congrès ou de sa réunion de désignation de sa future candidate, Ursula von der Leyen, a dit, on va rester sur cette ligne de 2035. Donc, vous n'êtes pas sur la même ligne que les constructeurs français, pas tout à fait sur la même ligne que les PPE. Le PPE, dans son manifeste, a posé un principe très simple qui est qu'à l'occasion de la clause de revoyure de 2026, nous réintroduirons le principe de neutralité technologique. Je pense que ce principe est fondamental. Il faut que tout le monde le comprenne.

Encore une fois, personne, ni l'industrie automobile, ni le PPE, ni moi, ne dit aujourd'hui que l'électrique n'a pas son importance dans la transition environnementale. Il y a évidemment une transition à faire, notamment vers l'électrique. Mais le tout électrique, en revanche, est une erreur et il faudra réintroduire ce principe de neutralité technologique. Le rôle du politique, vous savez, c'est finalement aussi un débat très fondamental sur ce qui doit être le travail du législateur. Le rôle du politique, ça n'est pas de choisir une technologie. Le rôle du politique, c'est de fixer un cap. Et ce cap, c'est la décarbonation. Charge ensuite à l'industrie de trouver la technologie. Et si M.

Tavares ensuite... Pardon, mais je termine juste par là. Si M. Tavares considère que pour lui, la bonne option, c'est 100% électrique, alors rien ne l'empêche de faire que c'est l'espace du 100% électrique. Est-ce que vous ne vous dites pas, quand vous parlez aux ingénieurs, s'il y avait un moyen de faire un moteur thermique à 1 ou 2 litres au 100, on le saurait, parce que la promesse avait été faite il y a une quinzaine d'années et elle n'est jamais arrivée. Donc technologiquement, est-ce qu'il ne vaut mieux pas mettre toutes ces forces et c'est en train de se faire sur l'électrique plutôt que de laisser espérer, y compris en consommateur, un rêve qui n'arrivera pas ? Réponse rapide.

Mais je crois que le plus important, c'est de faire confiance à la recherche. Je parlais encore tout récemment avec les équipes de recherche et développement d'un grand constructeur français qui me disait à quel point aujourd'hui l'un des grands dommages de cette décision qui a été prise au Parlement européen, qui, je le répète, est le plus grand cadeau qu'on pouvait faire au régime de Pékin, le plus grand dommage qu'elle a eu, c'est qu'on a fait fermer immédiatement les centres de recherche de beaucoup de constructeurs sur la décarbonation des moteurs. Vous renoncerez, si vous êtes élu, vous battrez pour que la date de 2030 soit abandonnée.

30:37
Présentateur

Merci Dominique Seux. Et direction, il est 8h52, direction le Standard Inter. Pour toutes vos questions, amis auditeurs, à François-Xavier Bellamy, tête de liste LR, notre invité ce matin, Feysal, bonjour et bienvenue.

30:57
Invité

Oui, bonjour. Merci, monsieur Demorand, de prendre ma question.

31:00
Présentateur

Je vous en prie, on vous écoute.

31:01
Invité

Je suis Demorand Rouge et moi je voudrais poser une question à monsieur Bellamy. Bonjour. Tout à l'heure, il a dit que la Chine dépendait de l'Europe et non pas l'Europe qui dépend de la Chine. Je voudrais lui poser une toute petite question. Tous les textiles qu'il a à la maison viennent d'où et ils sont fabriqués où s'il connaît la provenance ?

31:20
Présentateur

Merci Feysal pour cette question sur les textiles, j'imagine, de provenance chinoise. Costume bleu marine et chemise un peu bleu ciel. C'est un peu bleu ciel, voilà.

31:31
François-Xavier Bellamy

Sur ce point. Beaucoup de produits que nous consommons tous les jours sont importés de Chine, vous avez totalement raison, le textile c'est plus large que la Chine, il y a aussi beaucoup de textiles qui viennent d'Inde par exemple, mais en réalité, c'est aussi un signe de dépendance parce que la Chine aujourd'hui voit les marchés américains se fermer de plus en plus, son premier marché de débouché c'est l'Europe et elle a besoin des exportations vers l'Europe pour équilibrer son modèle économique, industriel et même son tissu social. Et donc si aujourd'hui l'Europe veut fixer ses conditions, elle le peut. La Chine a un besoin vital d'exporter vers l'Europe. C'est aussi une dépendance.

Vous savez, quand on importe beaucoup d'un pays étranger, on est dépendant de lui, mais ce pays, si vous êtes son seul marché d'exportation, il est aussi dépendant de vous. Et donc à nous de fixer les règles maintenant parce que nous avons, et c'est un point fondamental, on ne le fait pas pourquoi ? Par peur de la puissance, de se penser comme puissant ? Je pense qu'il y a une forme de timidité. Il y a aussi le fait que pendant très longtemps, peut-être par paresse, on a regardé finalement cette répartition mondiale du travail comme une espèce de facilité. On avait les Etats-Unis qui inventent, l'Europe qui consomme et qui réglemente et puis l'Asie qui produit.

Mais ça n'est plus possible de s'installer dans cette situation-là parce que notre modèle de consommation, il nous a rendu vulnérables. Il faut le reconnaître avec beaucoup de lucidité si nous voulons éviter que demain, nous ne soyons dépossédés des moyens de maîtriser notre destin. C'est aussi un enjeu démocratique absolument majeur.

32:55
Présentateur

Victor, au standard. Bonjour, vous nous appelez de Limoges.

32:59
Invité

Oui, bonjour M. Demorand, bonjour M. Bellamy. Alors écoutez, je voulais simplement vous dire qu'actuellement, au niveau de l'Europe depuis Giscard d'Estaing et les autres, M. Sarkozy, M. Barroso, Mme van der Leyen, vous avez brisé l'industrie française, vous avez brisé la fonction publique. Je suis enseignant, je sais de quoi je parle. Et aujourd'hui, nous avons des problèmes énormes au niveau de l'hôpital, au niveau de la justice, de l'enseignement, etc. Et vous complaisez, ça fait 35 minutes qu'avec des jovalistes extrêmement courtois, vous avez pu dérouler votre laïus. mais je pense qu'en inversant, déjà M.

Sarkozy avait inversé les résultats du référendum européen, nous avons été bafoués, humiliés, et je sais que, au niveau, enfin je ne suis pas Macronie, je ne suis pas, ni pour Mme Le Pen, et encore moins pour M. Mélenchon, mais au niveau de la citoyenneté, je suis vraiment désorienté.

34:08
Présentateur

vous n'avez

34:10
Invité

aucune proposition, ce n'est que blabla, blabla, et donc des éléments de langage avec des communicants.

34:16
Présentateur

Et on entend votre colère, Victor, à notre égard d'ailleurs, mais je ne me défausse pas, surtout à l'égard de François-Xavier Bellamy, qu'est-ce que vous répondez

34:26
François-Xavier Bellamy

à Victor ? Je voudrais simplement vous dire que je suis professeur moi aussi, je ne suis pas un politique de métier, je me suis engagé en politique pour la raison exacte que vous évoquez, c'est-à-dire parce que je vois avec inquiétude notre pays qui décline, qui s'appauvrit, je le disais en commençant, si vous m'avez entendu, vous voyez que je ne triche pas avec ce constat, au contraire. Et mon travail à moi, ce n'est pas de poursuivre ce qui a été mené au cours des dernières décennies, mais de réussir à faire en sorte que l'Europe change en fin de cap.

Beaucoup des problèmes que vous avez évoqués sont d'abord des problèmes de la France, des problèmes de notre pays à l'intérieur de l'Europe, qui est aujourd'hui en effet en train de décrocher. On n'a jamais vu à ce point nos services publics essentiels fragilisés dans tous les domaines. Et la crise, notamment de l'école qui nous réunit, c'est la crise la plus inquiétante pour l'avenir de notre pays. Ça, c'est d'une certaine manière un sujet que les Français ont dans leurs mains et ne nous défaussons pas sur l'Europe, parce que le problème n'est pas européen. Il y a beaucoup de pays en Europe qui, avec les mêmes règles que nous, s'en sortent beaucoup mieux.

Mais il y a aussi, évidemment, un très grand changement de cap à obtenir en Europe. Demain, je serai au sein de la première force politique européenne et nous sommes les seuls à pouvoir réussir à obtenir ce changement dont l'Europe a tellement besoin. C'est le sens de notre projet. Vous disiez qu'on n'a pas de propositions, mais on en fait beaucoup. On a parlé de quelques-unes. Et je crois qu'on a besoin aujourd'hui de réussir cette alternance parce que c'est effectivement nécessaire pour retrouver confiance dans la vie démocratique. Une question d'actualité française

35:53
Invité

avant d'en revenir à l'Europe. Oui, Gabriel Attal qui a présenté hier dans le détail le contenu de la réforme de l'assurance chômage a compté du 1er décembre. 8 mois sur les 20 derniers pour pouvoir bénéficier de l'assurance chômage. Et le Premier ministre cite l'Allemagne, le Portugal ou la Belgique pour justifier ces nouvelles règles. Est-ce que vous saluez cette réforme qui s'inspire très largement des LR, des Républicains en France ?

36:15
François-Xavier Bellamy

Ça fait longtemps que nous disons en effet que l'un des grands enjeux pour le pays c'est de réussir à sortir de cette situation aberrante. On a aujourd'hui en France des millions de chômeurs inscrits et simultanément on a partout dans le pays, moi j'entends tous les jours, partout dans le pays, dans toutes les entreprises, chez les artisans, les commerçants, les restaurateurs comme chez les grandes entreprises industrielles, on n'arrive pas à recruter. Donc il faut qu'on arrive à faire en sorte de recréer le lien entre la France et le travail. On est le pays de l'OCDE où le nombre d'heures travaillées par habitant est le plus faible. Il n'y a que la Turquie qui soit derrière nous.

Donc bon point pour le Premier ministre Gabriel Attal ? Ça fait longtemps qu'il aurait fallu le faire donc voilà si ça avance dans la bonne direction tant mieux. Moi je ne suis pas dogmatique mais on en avait effectivement besoin depuis vraiment longtemps.

Les eurodéputés RN "n'ont ni gagné ni mené une seule bataille", assure François-Xavier Bellamy — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote