Île-de-France : "La situation s’est subitement dégradée" d'après le directeur de l'ARS, Aurélien Rousseau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Quels sont les derniers chiffres sur l'épidémie à Paris et en Île-de-France ?
- 1:08OuverteRéponse directe
C'est un tour de vis sérieux ? C'est une mesure rude pour les Français ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Où en est-on sur l'occupation des lits de réanimation ?
- 3:58RelanceRéponse directe
Le couvre-feu était-il le meilleur moyen pour freiner la maladie ?
- 4:38RelanceRéponse partielle
Ces mesures arrivaient-elles toujours un peu en retard ?
- 7:13OuverteRéponse directe
Pensez-vous qu'il y aura acceptation de cette mesure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20Invité politiqueFait
« il fallait de façon résolue limiter la progression du virus parce que ça fait une semaine pile. Jeudi de la semaine dernière, les chiffres se sont subitement dégradés. »
- 1:34Invité politiqueChiffre
« mercredi de la semaine dernière, on avait 3000 nouveaux cas jeudi, vendredi, samedi, 6000 nouveaux cas par jour en Île-de-France. »
- 1:47Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, l'incidence est en Île-de-France d'une moyenne de 320. Elle est presque à 450 à Paris. Elle est au-delà de 800 chez les 20-30 ans. »
- 2:39Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, en Île-de-France, plus de 46% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid. C'est 531 malades. »
- 2:58Invité politiqueFait
« on a 1628 malades dans des lits de médecine, d'hospitalisation conventionnelle. Mais on a aussi des malades du Covid dans des lits de soins de suite. On a aussi des malades du Covid dans les lits de psychiatrie. »
- 4:55Invité politiqueFait
« il faut prendre les décisions au bon moment. Et quelquefois, une décision à postérieure, on se dit qu'elle aurait pu être prise deux jours avant. »
- 11:35Invité politiqueFait
« Il faut attendre entre 15 jours et 3 semaines. »
- 12:03Invité politiqueChiffre
« On sait que d'ici 15 jours, on sera entre 800 et 1000 patients en Ile-de-France en réanimation. »
- 12:10Invité politiqueChiffre
« Notre capacité, elle est de 1200, la capacité initiale. »
- 14:35Invité politiqueChiffre
« on faisait fin juin 45 000 tests par semaine. On en aura fait la semaine dernière 280 000. »
- 15:04Invité politiqueChiffre
« en Ile-de-France, on a baissé drastiquement. 85 % des tests sont rendus en moins de 40 heures. »
- 16:45Invité politiqueChiffre
« il y a 700 EHPAD en Ile-de-France, il y en a 137 dans lesquels on a au moins un cas de Covid. »
- 18:29Invité politiqueChiffre
« on a 800 000 tests antigéniques en Ile-de-France, les franciliens y aient accès le plus rapidement possible. »
- 20:03Invité politiqueChiffre
« c'est 60% des clusters qui sont dans ces catégories c'est 10% des contaminations. »
Temps de parole
- Aurélien Rousseau70 %
- Présentateur16 %
- Invité5 %
- Invité 25 %
- Invité 32 %
≈ 8,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, il est déjà 8h23.
France
Inter,
Karine
Bécart, Nicolas Demorand, le 7-9.
Et oui, avec Karine Bécart, nous recevons ce matin dans le grand entretien le directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France. Voilà, je peux reprendre mon souffle. Posez-lui toutes vos questions dans une dizaine de minutes au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Aurélien Rousseau, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin.
On
va vous demander dans quelques instants quels sont les derniers chiffres à votre disposition concernant l'état de l'épidémie à Paris et en Île-de-France. Taux d'incidence, taux de positivité, occupation des lits de réanimation. Mais d'abord, d'abord et évidemment, l'instauration hier soir par le président de la République d'un couvre-feu allant de 21h à 6h du matin. Il entrera en application samedi et concerne 8 métropoles. Je les cite à nouveau. Ex-Marseille, Lille, Lyon, Montpellier, Saint-Etienne, Grenoble, Rouen, Toulouse, Paris et l'Île-de-France. C'est un tour de vie sérieux ?
C
'est une mesure rude pour les Français ? Était-elle Aurélien Rousseau devenu inéluctable considérant la flambée de l'épidémie ?
Oui,
il fallait de façon résolue limiter la progression du virus parce que ça fait une semaine pile. Jeudi de la semaine dernière, les chiffres se sont subitement dégradés. Quand je dis subitement dégradés, ça veut dire que mercredi de la semaine dernière, on avait 3000 nouveaux cas jeudi, vendredi, samedi, 6000 nouveaux cas par jour en Île-de-France. Une progression extrêmement rapide de ce fameux taux d'incidence. On a pris 100 points en une semaine.
On en est
où, là ?
Aujourd'hui, l'incidence est en Île-de-France d'une moyenne de 320. Elle est presque à 450 à Paris. Elle est au-delà de 800 chez les 20-30 ans. Donc on a tous ces indicateurs simultanés qui se sont dégradés et par ailleurs, ce que nous on appelle nos indicateurs avancés. C'est-à-dire ce qui nous permet de voir si le virus bouge. C'est les appels à SOS médecins, c'est les appels au SAMU pour suspicion de Covid, c'est les passages aux urgences. Et tout ça, en même temps, s'est mis à bouger très fortement. La courbe a pris presque une trajectoire verticale. Et c'est pour ça qu'on a su qu'il fallait bouger. Parce que cette réalité-là, dix jours après, elle a un impact sur l'hôpital.
Dix jours après, elle va faire que les services de réanimation vont être très fortement sollicités.
Précisément, où en est-on sur l'occupation des lits de réanimation ?
Aujourd'hui, en Île-de-France, plus de 46% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid. C'est 531 malades, mais ce qui est important, y compris qui fait une différence par rapport à la première vague, c'est que c'est tout l'hôpital qui est sous pression. On a, je disais, 531 en réanimation,
on
a 1628 malades dans des lits de médecine, d'hospitalisation conventionnelle. Mais on a aussi des malades du Covid dans des lits de soins de suite. On a aussi des malades du Covid dans les lits de psychiatrie. Et donc, c'est pour ça que c'est une forme de grande marée qui touche tout le monde simultanément. Et 46%, ça signifie que depuis mardi, nous avons donné l'instruction aux établissements de déprogrammer une partie de l'activité.
Et
là,
pareil,
jusqu'à 30%. Et quand on dit déprogrammer, le mot, il paraît un peu technique ou, comment dirais-je, un peu désincarné. Mais déprogrammer, ça veut dire que vous aviez peut-être une opération, une prothèse de la hanche, du genou, qui était prévue déjà en avril, qu'on va à nouveau reporter. Et vous savez que c'est une décision lourde, c'est une décision lourde pour les gens, c'est une décision lourde parce que on était, et tous les soignants étaient mobilisés pour rattraper tout ce qu'on avait pas fait au printemps, en raison notamment du confinement.
Alors, on a bien compris la situation, en tout cas en Ile-de-France et à Paris. Est-ce que vous dites que le couvre-feu, c'était le meilleur moyen qu'on ait, en tout cas à notre disposition aujourd'hui, pour freiner cette maladie ? Est-ce qu'on ne pouvait pas faire mieux ? Est-ce que c'était vraiment le choix qu'il fallait faire
?
On a, depuis le déconfinement, mis en place des mesures très graduées. C'est-à-dire qu'on s'est dit, on ne peut pas refaire comme on a fait le 17 mars,
c
'est-à-dire confinement généralisé, déprogrammation généralisée. Il faut qu
'on
suive et qu'on s'adapte au territoire. C'est ça le parti pris. Et on a pris des mesures graduées, il y a bientôt trois semaines, la fermeture à 22 heures, il y a dix jours, la fermeture des bars. Et nous, ce qu'on regarde, c'est l'impact de ces mesures sur nos courbes de contamination.
Mais
l'impression que ces mesures, elles arrivaient toujours un tout petit peu en retard. Oui ou non ?
Moi, depuis le début de l'épidémie, d'abord, ça rend modeste. Donc, on sait, il y
a
des choses qu'on a ratées, il
y a
des choses sur lesquelles on s'est plantées. Il n
'y a
pas de sujet là-dessus. Après, et c'est le cas pour cette décision comme pour d'autres, il faut prendre les décisions au bon moment. Et quelquefois, une décision à postérieure, on se dit qu'elle aurait pu être prise deux jours avant. Mais deux jours avant, elle aurait été encore moins comprise. Elle aurait été vécue encore plus comme une pression, une limitation des libertés. Donc, ces décisions, elles ont été prises avec le plus de concertation possible. La concertation, ça demande un peu de temps. Et aujourd'hui, notre obsession, nous, c'est de ne
pas
laisser d'angle mort. Et oui, on a, au fond, ce qu'on a constaté, quand je citais tout à l'heure 800 pour 100 000 à Paris sur les 20-30 ans, c'est qu'on avait un angle mort dans nos politiques de repérage. C'était la sphère privée. C'était les moments festifs, pas festifs. C
'était les
jeunes, un peu,
quand
même, aussi, non ?
Moi, on dit les jeunes, les 20-30 ans, évidemment, mais ce n
'est
pas que les jeunes. Par ailleurs, la jeunesse, comme
on
peut le dire, n'est qu'un mot. Il y a des gens très différents, des situations très différentes. Ce qui est sûr, c'est qu'on a pu penser à un moment, qu'à la limite, les jeunes se contaminaient entre eux. Il n'y avait pas de forme grave. Et puis, ça pouvait aller comme ça. Mais il
y
a deux limites à ça, très fortes. C'est que, justement, la semaine dernière, pour la première fois, on a eu ce qu'on appelle un passage transgénérationnel. Les plus de 65 ans, l'incidence a explosé. Sa progression est multipliée par 3. Donc, ça, ça a été une alerte. Ça veut dire que la bulle du nombre de contaminés monte. Et donc, ça touche plus de gens, et notamment des personnes âgées. Et le deuxième point, qui est un point essentiel, et ça, les soignants peuvent en témoigner. Moi-même, je repense à une soirée en Seine-Saint-Denis, le dimanche, à la toute fin du mois de mars. On faisait un tour des hôpitaux avec Martin Hirsch, le DG de l'assistance publique.
Et les soignants, ils ne vous décrivaient pas que des personnes âgées dans les réanimations. Il y avait aussi beaucoup de personnes jeunes. Aujourd'hui, il y a déjà beaucoup de personnes qui ont 40, 45 ans qui sont en réanimation avec des formes graves. Et donc, c'est aussi au nom de tout ça qu'il
y
a ce discours de transparence, de responsabilisation. Mais il n
'y a
pas de stigmatisation, il n
'y a
pas de culpabilisation. On donne les éléments pour permettre, comment dirais-je, une appropriation. C
'est un
sujet démocratique
et citoyen. Mais est-ce que
vous pensez qu'il va y avoir acceptation de cette mesure ? Moi,
je...
L'acceptabilité sociale, comme on dit, le fait que les citoyens s'approprient les messages de santé publique, ça n'a manifestement pas été le cas depuis la rentrée. Sinon, on n'en serait peut-être pas là. Moi, je trouve
que
les... On l'a vu sur le confinement, y compris quand des personnes étaient confinées dans des conditions beaucoup plus rudes, peut-être, que celles ici autour de la table, ça a été très respecté. Qu'est-ce qui s'est passé depuis la rentrée ? Je pense que, indéniablement, on s'est tous dit, consciemment ou inconsciemment, cet été, que peut-être, le virus s'était éloigné. Et pendant plusieurs semaines, nous, à la fois, on voyait, on l'a dit, tout au long du mois d'août, les chiffres montaient, mais on n'avait pas d'explosion du nombre de personnes en réanimation, parce qu'en fait, c'était beaucoup des personnes jeunes qui se contaminaient. Et donc, sans doute qu'il
y a
eu... On a collectivement, et je dis bien collectivement, baissé la garde sur ces réflexes qui, petit à petit, s'étaient installés. Donc, c'est cet élément-là. Moi, je suis... À la fois, je comprends très bien, je comprends même... Il y a des éléments de colère qui remontent en disant, est-ce qu'on a assez anticipé ? Est-ce qu'on a assez su ? Et en même temps, je crois vraiment que les Français, jusqu'à présent, ils ont toujours joué le jeu. Et le défi, et le Président de la République le disait hier, c'est qu'on se rende compte que nos actions individuelles vont pouvoir permettre la prise, la maîtrise collective de ce virus.
Et c'est vrai qu'on est en France, donc, quelquefois, on attend d'être au moment où la mesure devient coercitive. Mais moi, je jette la pierre à personne, parce que, par ailleurs, on porte tous des masques, on fait tous attention, le métro, c'est rude, on se lave les mains, donc, tout le monde a fait beaucoup d'efforts, mais là, il faut passer un cran de plus, parce que l'épidémie reprend, et elle reprend très fort.
Mais les Français, probablement, je ne
vais
pas parler pour tous, mais ils ont besoin de comprendre. Vous parliez tout à l'heure, voilà, on a essayé d'éviter les angles morts. Moi, j'en vois quand même quelques-unes, j'en vois quelques-uns, pardonnez-moi, des angles morts. Et par exemple, ces vacances de la Toussaint, qui sont autorisées par le Président, lui-même dit, voilà, vous pouvez voyager, vous pouvez vous déplacer, en tout cas, si vous le voulez, si vous le pouvez. Là, il n'y
a
pas quand même une incohérence qui va encore agacer un certain nombre de Français, probablement, et donc, leur donner envie d'être réfractaires à tout ce qui a été dit hier soir ?
Je ne crois pas, parce qu'en fait, depuis le début de cette épidémie, on voit qu'en fait, les moments où on peut maîtriser, je prends un exemple pour revenir. Par exemple, on a effectivement beaucoup de clusters dans les écoles ou les entreprises. 60% des clusters. Mais ces 60%, ce n
'est
que 10% des contaminations. Et ces clusters, on arrive à les remonter très facilement. On arrive à les maîtriser. C'est aussi pour ça que la politique de traçage, elle a des limites, mais elle a aussi permis la maîtrise de la progression de l'épidémie.
Donc, il y
a plus de
clusters dans les bars que dans les entreprises ?
Il
y a les clusters qu'on identifie, c'est ça que j'appelle un angle mort. On identifie mieux dans une entreprise, on identifie mieux dans une école ou à l'université. Et au fond, le fait qu'on en identifie peu dans les bars, alors même que la proportion, notamment chez les personnes les plus jeunes, elle est très forte, ça veut dire qu'on n'arrive pas à trouver, à maîtriser et à passer les messages de prévention. Et d'une certaine manière, pour les vacances, c'est la même chose, je pense. D'abord, on n'a pas eu ces grands mouvements de contamination. Vous vous rappelez au printemps,
au
moment du confinement, beaucoup de gens sont partis. Ça n'a pas fait une flambée dans les autres régions. Et par ailleurs, le président de la République l
'a
redit hier, le message de on se protège, les gestes barrières, on essaie de porter le masque, on part en vacances, mais on ne fait pas de dîner avec beaucoup d'amis, même si on en a tous envie. Voilà, mais on est toujours sur cette ligne de crête. L'idée aujourd'hui, c'est que le pays ne s'arrête pas et qu'on arrive à protéger, tout en continuant collectivement, à vivre.
On va donner la parole aux auditeurs d'Inter. Ils sont très nombreux et certains plutôt en colère. Donc, on va les entendre dans un instant. Juste une question de date, à quel moment saura-t-on si ce couvre-feu porte ses fruits, ses premiers fruits ? Il faut attendre quoi
?
Il faut attendre entre 15 jours et 3 semaines. Et 3 semaines. Très clairement. Donc,
après les vacances de la Toussaint.
Après les vacances de la Toussaint, 15 jours et 3 semaines, c'est le délai entre le confinement décidé le 17 mars c'est le pic au tout début du mois d'avril. Et moi, je le dis, c'est des chiffres après qu'on regarde au jour le jour. On est passé au début du mois d'avril tout près du fait que la digue cède. Et là, voilà, la décision, elle est prise. Ce qui est sûr, je le dis tranquillement, c'est que ce qui va se passer dans 15 jours, par contre, on le sait. On le sait. On sait que d'ici 15 jours, on sera entre 800 et 1000 patients en Ile-de-France en réanimation. Notre capacité, elle est de 1200, la capacité initiale. Donc, on sait qu'on va déprogrammer encore plus.
On sait que les soignants vont être sur le pont. On sait que les soignants vont se battre alors qu'ils sont pour beaucoup épuisés. Donc,
c
'est aussi pour eux que ces décisions, elles sont prises.
21 heures pour samedi, ça pourrait être dans l'avenir 20 heures ou 19 heures si les résultats ne sont pas assez tangibles.
Depuis le début, on évalue les mesures. On cite beaucoup la Guyane où, y
compris
les créneaux ont bougé. On évalue les mesures. Nous, notre conviction, si aujourd'hui, on fixe 21 heures, c'est qu'on pense que c'est là qu'il faut aller intervenir le plus et le plus fortement. Et puis, on évaluera et on évaluera autant que possible en donnant tous les éléments de manière transparente aux Français.
Allez, on file au standard. La parole à Marie pour commencer. Bonjour Marie. Bonjour.
Et bienvenue.
Merci.
J
'y vais ? Oui, allez-y, bien
sûr.
Hier soir, mon mari, directeur d'EHPAD, mon mari est directeur d'EHPAD
et hier
soir, dans son équipe, a été identifié un cas contact. Et cette personne n'aura pas accès à un test avant lundi. Donc, le médecin co a été contacté, mais il est indisponible parce que surchargé. Nous sommes dans un désert médical, donc aucun médecin n'a pu être joint. De Guerlasse, mon mari a contacté l'ARS qu'il a gentiment orienté vers la médecine du travail. Il était déjà 19h passé. Évidemment, mon mari n'a pu avoir le médecin du travail à cette heure-ci.
Il a
laissé un message. Nous attendons toujours le rappel du médecin du travail. Nous n'avons aucune solution. Je veux juste ajouter qu'il est déjà, je parle de mon mari, il est déjà au minimum, du minimum du personnel dans cette EHPAD et comme dans tous les EHPAD de toute manière.
Merci, merci Marie. La colère, elle est
monstrueuse,
elle est
énorme. Voilà, on n
'a
aucune, à quand un vrai accès aux tests et notamment pour les professionnels. C'est quand même fou.
Merci Marie, on entend votre colère, je la transmets à Aurélien Rousseau. La colère sur les tests. On dira évidemment ensuite plusieurs mots sur les EHPAD. La colère sur les tests.
Aujourd'hui, je prends l'exemple de l'Ile-de-France, pardon, on faisait fin juin 45 000 tests par semaine. On en aura fait la semaine dernière 280 000. Personne ne limite, il
n
'y
a
aucun déni. On a eu début septembre une très grosse dégradation du délai, du délai de rendu de ces tests. Les tests, c'est 500 points de prélèvement qui partent après sur des plateformes qui sont opérées par des laboratoires privés qui sont très mobilisés. Mais
on a encore du mal à prioriser, c'est ça qu'elle dit ? Aujourd'hui,
en Ile-de-France, on a baissé drastiquement. 85 % des tests sont rendus en moins de 40 heures. On a 19 centres. Alors, je comprends que, madame, je ne suis pas sûr de savoir où elle...
Elle
était en Vendée.
En Vendée. Mais n'esquivons pas la question.
Non, non, mais je... C'est
peut-être mieux depuis quelques jours, mais il faut relire l'ensemble de l'histoire. Est-ce que ça a raté le système de tests, la massification des tests ? On est monté en quantité, mais est-ce qu'il n'y a pas eu une embolie du système embolie contre
-productive, du coup ? Le système, il est monté en puissance extrêmement fortement et, simultanément, on a perdu violemment en qualité et en vitesse de rendu. Personne ne peut le nier. Si je disais ça, ce n'était pas pour essayer de noyer le poisson, c'est qu'en Ile-de-France, par exemple, depuis 15 jours, on a 20 centres réservés aux personnes prioritaires, donc, par exemple, le mari de madame, dans lequel on arrive à tenir des rendus de tests en moins de 30 heures et on y va sans rendez-vous et il n'y a pas de file d'attente. Donc, effectivement, ça a été très lourd, ça a été très lourd pour l'État, ça a été très lourd pour les laboratoires et ça a été...
Et donc, on est au quotidien dans cette bataille-là, mais oui, on a eu cette dégradation et on a eu des... il y a toujours des moyennes qui étaient moins dégradées et puis, des situations concrètes et tangibles extrêmement préoccupantes. Aujourd'hui, en Ile-de-France, on peut accéder aux tests cantonnés personne prioritaire dans 20 centres et les résultats, on les délivre en moins de 30
heures.
Alors, sur les EHPAD que vous avez aussi sous votre responsabilité, quelle situation aujourd'hui ?
Aujourd'hui, excusez-moi, pareil, je reste sur... pour vous donner un ordre de grandeur, il y a 700 EHPAD en Ile-de-France,
il
y en a 137 dans lesquels on a au moins un cas de Covid.
Ça veut dire que la situation, elle n'a pas flambé comme elle avait flambé au mois de mars et surtout, c'est aussi un des éléments positifs dans tout cela, c'est qu'on a des masques, on a des équipements de protection, on a des réflexes de protection, d'installation de secteur Covid et on a aussi des tests, alors évidemment qui ne vont pas forcément toujours aussi vite qu'on voudrait mais depuis, par exemple, 15 jours, on a lancé ces fameux tests antigéniques dans 80 EHPAD de la région pour tester, pour voir comment ça marche, pour aller tester tous les personnels des EHPAD et on a lancé ça et on se bagarre au quotidien pour que dès qu'on a une situation, on puisse faire tester tous ceux qui nécessitent un test dans les EHPAD.
Le président Macron parlait hier soir effectivement de ces tests antigéniques, il a parlé également de ces autotests, vous les connaissez, c'est une réalité, ils seront sur le marché à partir de quand ? Est-ce qu'ils ont la même efficacité ?
Aujourd'hui, il y a des tas d'hypothèses qui sont sur la table. Le président a évoqué les autotests, on peut évoquer les tests salivaires. Moi, aujourd'hui, on a deux outils qui sont qu'eux, on a d'ores et déjà entre les mains et qui sont des outils massifs. Je le disais, 280 000 tests PCR la semaine dernière en Ile-de-France et les tests antigéniques.
Donc, vous ne croyez pas aux autotests
?
Je crois, moi, cette épidémie, elle apprend la modestie et elle apprend à voir quand on a les choses. Moi, je crois vraiment que plus on avance, plus on aura de dispositifs de test. On aura aussi dans quelques mois des vaccins. Il n'y a aucun doute là-dessus. Mais à court terme, moi, mon défi, c'est de réussir le déploiement des tests antigéniques. C'est de permettre que dès le début de la semaine prochaine, on a 800 000 tests antigéniques en Ile-de-France, les franciliens y aient accès le plus rapidement possible.
Allez, Marc est au standard. Bonjour Marc, bienvenue. Bonjour, merci. Merci à
vous.
Ma question est simple. Selon les statistiques de Santé publique France, il y a un quart des clusters qui sont dans les entreprises et il n
'y
a aucune mesure annoncée pour réduire les contaminations dans les entreprises. Par exemple, comment respecter la règle des six dans les entreprises, la règle de M. Macron, et pourquoi ne pas être plus incitatif sur le travail
alors
que M. Macron était plus que flou sur le sujet. Bien
compris Marc.
Est-ce que l'entreprise est une boîte noire ou il est interdit d'aller regarder ?
Merci Marc pour cette question, il y en a énormément sur ce thème-là. Je vais vous donner la version plus colérique, c'est l'eau sur l'application de France Inter. Pas de cluster dans les bars mais dans les entreprises. Vous le dites vous-même, alors pourquoi les clusters sont dans les facs, l'entreprise, pas les bars, pas les salles de spectacle, M.E.R.D.E. dit également cet auditeur avant de nous souhaiter une bonne journée. Aurélien Rousseau,
vous
comprenez que ce soit difficile à comprendre
? Absolument, je comprends que ce soit difficile à comprendre et donc c'est notre responsabilité si on n'y parvient pas. Les clusters, c'est
trois
personnes contaminées dans le même lieu. Les clusters en entreprise, en école, en université, effectivement c'est un nombre important mais ce sont des situations qui sont rapidement sous contrôle.
On n'a pas eu de clusters qui se sont qu'on appelle nous des clusters critiques c'est-à-dire qui se seraient développés et c'est 60% des clusters qui sont dans ces catégories c'est 10% des contaminations et je comprends très bien le fait de dire il n'y a pas de clusters identifiés dans les bars mais justement le fait qu'on ne les identifie pas c'est parce que dans un bar la plupart du temps vous êtes à côté de gens une table derrière vous vous ne connaissez pas les gens ça parle fort on peut tousser on peut crier on peut chanter et contaminer autour de soi et c'est ça qui est très difficile ensuite à remonter parce que quand on fait l'enquête l'enquête sur tous les cas on demande aux gens avec qui vous étiez combien de temps vous êtes restés mais autour d'eux ils ne connaissent pas les gens en question et oui par ailleurs dans les entreprises le président de la république a été très clair on ne passe pas au télétravail généralisé mais il y a une incitation quand même à la discussion entreprise par entreprise pour favoriser faciliter le télétravail jusqu'à 3 jours par semaine parce que tout ça c'est un moyen de faire baisser la pression mais aujourd'hui je veux le redire très fortement il y
a
peut-être moins de clusters identifiés mais quand on a à Paris 800 pour 100 000 d'incidence chez les 20-30 ans qui sont une partie des gens qui fréquentent le plus les bars ça veut dire que dans quelques jours on aura 2, 3, 4, 5% de ces gens qui seront à l'hôpital parce qu'il y
a
des formes graves qui se développent
Vous êtes confiant le couvre-feu va être respecté accepté ?
Moi je suis je pense que le couvre-feu va être respecté je pense que nos concitoyens ils ont été responsables et depuis le départ il y a de la colère il y a quelquefois même de la défiance mais je crois aujourd'hui que les chiffres et surtout notre solidarité collective pour soutenir les soignants notamment elle est au rendez-vous et on sera je pense collectivement au rendez-vous de ce grand défi
Aurélien Rousseau merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin je rappelle que vous êtes le directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France merci encore
Aurélien Rousseau