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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 septembre 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & élections

Alain Juppé : "Je veux faire de l'entreprise le lieu du dialogue social"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse directe

    François Hollande est-il disqualifié par la hausse du chômage ?

  • 0:25RelanceRéponse partielle

    La tendance générale reste à la baisse. Sur un an, les chômeurs sont moins nombreux.

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Vous êtes certain de faire mieux une fois revenu au pouvoir, Alain Juppé ?

  • 1:25RelanceRéponse partielle

    Mais les recettes que vous préconisez ne sont pas si différentes de celles mises en œuvre par le gouvernement actuel ?

  • 2:32OuverteRéponse partielle

    La responsabilité, c'est aussi la dégressivité des allocations chômage ?

  • 3:20FerméeÉludée

    Donc, les chômeurs verraient leurs allocations baisser au bout de quoi ? De 3 mois ? 6 mois ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07Invité politiqueChiffre
    « 50 000 demandeurs d'emploi supplémentaires, 16 000 radiés des listes pour formation, alors qu'on sait très bien que malheureusement ces formations n'aboutissent que très rarement, 30% ou pas plus à des emplois. »
  • 0:21Invité politiquePromesse
    « Si je n'inverse pas la courbe du chômage, je ne serais pas candidat. »
  • 0:31Invité politiqueChiffre
    « Plus de 600 000 chômeurs, c'est un échec. »
  • 1:32PrésentateurFait
    « Pour suivre les baisses de cotisations patronales ? »
  • 1:34PrésentateurChiffre
    « Le gouvernement a rendu 20 milliards aux entreprises. »
  • 2:01Invité politiquePromesse
    « Je propose une loi de 5 ans sur l'évolution de la fiscalité et des dépenses publiques. »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « 90% des chômeurs cherchent vraiment de l'emploi. Mais il y en a qui trichent. C'est ce qu'on appelle la permittance. »
  • 3:03Invité politiqueFait
    « On travaille pour avoir ses droits, puis on se met au chômage, puis on revient. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Il n'est pas nécessaire d'avoir la carte du parti pour aller voter. Tout le monde peut voter. »
  • 7:30Invité politiqueChiffre
    « Le chiffre des refs conduites à la frontière est en chute libre. »

Temps de parole

  • Alain Juppé79 %
  • Présentateur20 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Alain Juppé

Bonjour Alain Juppé. Bonjour M. Cohen. François Hollande est-il disqualifié par la hausse du chômage ? C'est un échec désastreux. 50 000 demandeurs d'emploi supplémentaires, 16 000 radiés des listes pour formation, alors qu'on sait très bien que malheureusement ces formations n'aboutissent que très rarement, 30% ou pas plus à des emplois. C'est un échec, et je vous rappelle l'engagement de François Hollande. Si je n'inverse pas la courbe du chômage, je ne serais pas candidat, c'est à lui maintenant de prendre ses responsabilités.

0:25
Présentateur

La tendance générale reste à la baisse. Sur un an, les chômeurs sont moins nombreux.

0:28
Alain Juppé

Sur 2012, c'est un dérapage sans exemple. Plus de 600 000 chômeurs, c'est un échec, et cela évidemment pose la question de savoir ce qu'il faut faire. Il faut changer profondément de politique. On a depuis des années et des années tout miser d'abord sur le partage du travail, qui est un échec, et ensuite sur la multiplication des emplois aidés, qui ne sont pas des emplois productifs. Il faut remettre l'entreprise au cœur des politiques économiques, remettre nos entreprises en situation de compétitivité, et c'est elles qui créeront des emplois, tout particulièrement les artisans, les commerçants, les TPE, les PME. Ce sera ça ma priorité politique.

1:02
Présentateur

Vous êtes certain de faire mieux une fois revenu au pouvoir, Alain Juppé ?

1:04
Alain Juppé

Si j'étais certain de faire aussi mal, je ne serais pas candidat. Donc je pense qu'on peut s'en sortir, et pour une bonne raison, c'est que le plein emploi existe ailleurs. Pourquoi est-ce que l'Allemagne réussit ? Pourquoi est-ce que la Grande-Bretagne réussit ? Pourquoi est-ce que la Suisse réussit ? Pourquoi est-ce que la Suède réussit ? Pourquoi est-ce qu'il y a des régions en France où on réussit, quand on a un tissu de PME industriel suffisamment dynamique, et qui travaille en confiance avec les pouvoirs publics ? Donc c'est possible.

1:25
Présentateur

Mais les recettes que vous préconisez ne sont pas si différentes de celles mises en œuvre par le gouvernement actuel ? Elles sont tout à fait différentes. Pour suivre les baisses de cotisations patronales ?

1:32
Alain Juppé

Après un matraquage fiscal sans exemple.

1:34
Présentateur

Le gouvernement a rendu 20 milliards aux entreprises, vous prévoyez de faire un peu plus autant.

1:38
Alain Juppé

Il en avait pris beaucoup plus, donc voilà, on corrige un peu tardivement. C'est d'ailleurs extraordinaire ce quinquennat. C'est à 6 mois de la fin qu'on se rend compte qu'il faut changer un peu les choses. En matière de politique pénale, par exemple, aussi, c'est stupéfiant.

1:50
Présentateur

Ce que je veux dire, c'est que c'est une différence de degré ou de montant, mais pas de nature.

1:54
Alain Juppé

Ce sont le même type de mesures. Je ne suis pas d'accord. C'est une différence de nature. D'abord, moi, je veux donner trois repères à nos entreprises. De la visibilité et de la stabilité. C'est la raison pour laquelle je propose une loi de 5 ans sur l'évolution de la fiscalité et des dépenses publiques. C'est le contraire de ce qui a été fait depuis 2012, où on a changé de cap tous les 6 mois. Ensuite, je propose de la liberté, de la souplesse, alors que la loi travail est un très modeste petit pas en avant. Et enfin, je propose aussi de la responsabilité. Moi, je veux faire des entreprises françaises le lieu du dialogue social et le lieu de l'innovation sociale aussi.

Il faut que nos entreprises évoluent vers un système où les travailleurs ou les salariés puissent s'épanouir dans l'entreprise.

2:32
Présentateur

La responsabilité, c'est aussi la dégressivité des allocations chômage ?

2:35
Alain Juppé

Vous en attendez quoi ? Moi, je ne veux pas mettre à bas notre système social. J'entends dire ça ici ou là, c'est absurde. Il faut faire un système social. Mais naturel, oui. C'est la polémique contre, évidemment, ce que M. Hollande présente comme la droite et qu'il caricature. Je veux consolider ce système en y mettant de la responsabilité. Or, aujourd'hui, il dérive parce qu'il y a de l'irresponsabilité partout. 90% des chômeurs cherchent vraiment de l'emploi. Mais il y en a qui trichent. C'est ce qu'on appelle la permittance. On travaille pour avoir ses droits, puis on se met au chômage, puis on revient.

Eh bien, ça, il faut stopper ça parce que ça, c'est en train de miner notre système social. Et c'est la raison pour laquelle, si le marché du travail retrouve des couleurs, il faudra aller vers la dégressivité des indemnités.

3:18
Présentateur

Donc, les chômeurs verraient leurs allocations baisser au bout de quoi ? De 3 mois ? 6 mois ?

3:21
Alain Juppé

Parce que, non, aujourd'hui, c'est 3 ans. Donc, vous voyez qu'elle la marche. Ou 2 ans. Donc, ce serait à partir de... On en discutera le moment venu. Et je le répète, il faut que notre politique déverrouille le marché de l'emploi. Et c'est à ce moment-là qu'on pourra, effectivement, inciter à reprendre du travail. Combien d'entreprises rencontrons-nous ? Vous en avez entendu sans doute, vous aussi, qui nous disent on cherche des salariés et on ne trouve pas. Il y a aussi un vrai problème d'adaptation. Et c'est une autre priorité de ma politique. Ce sera la remise à l'honneur de l'apprentissage et de l'alternance. On le dit, on le dit, on le dit.

Sauf que le nombre d'apprentis baisse année après année.

3:53
Présentateur

Les sondages se resserrent avec Nicolas Sarkozy pour le premier tour de la primaire. Enquête qui montre qu'un certain nombre d'électeurs de gauche sont prêts à voter pour vous en considérant que vous êtes un moindre mal. Est-ce que vous les encouragez à le faire ? Ou à l'inverse, est-ce que vous considérez qu'il y a là une forme de perversion de la primaire ?

4:08
Alain Juppé

J'entends dire aussi qu'il y a des électeurs du Front National qui s'apprêteraient à voter pour d'autres candidats à la primaire. Pour Nicolas Sarkozy, oui. Voilà, évitons d'utiliser ces arguments qui se retournent. Ce n'est pas un argument, je demande votre sentiment. Moi, je m'adresse à tout le monde. Je m'adresse à tous les Français. Je voudrais rappeler ici, je profite d'avoir l'antenne, parce que peu de gens le savent, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir la carte du parti pour aller voter. Tout le monde peut voter. Et si on a voulu des primaires ouvertes, c'est justement pour accueillir tout le monde.

Donc, s'il y a des déçus du hollandisme qui veulent nous rejoindre, ils sont les bienvenus. S'il y a des électeurs du Front National qui, tout d'un coup, ouvrent les yeux et se rendent compte de l'absurdité du programme de ce parti, ils sont aussi les bienvenus. Ce sont des primaires ouvertes, mais ce sont des primaires de la droite et du centre.

4:44
Présentateur

Donc, la gauche qui vient d'y partager les candidats de droite, ça vous paraît dans l'ordre des choses, Alain Juppé ?

4:48
Alain Juppé

C'est la liberté des Françaises et des Français que de signer un papier, j'adhère aux valeurs républicaines de la droite et du centre. Quiconque est prêt à prendre cet engagement est le bienvenu.

4:56
Présentateur

Alors, je ne sais pas si ça s'adressait aux électeurs de gauche ou à tous les électeurs, mais la semaine dernière, dans une interview au Monde, vous avez crié halte au feu contre, avez-vous dit, l'hystérisation du débat sur l'islam. Si nous continuons comme ça, disiez-vous, en visant clairement Nicolas Sarkozy, nous allons vers la guerre civile. C'était une formule ou vous craignez réellement un affrontement ?

5:14
Alain Juppé

Non, c'est une vraie inquiétude, parce qu'on assiste à des dérives que je ne vais pas pointer ce matin, mais les exemples sont à foiseaux. Moi, ma position est très claire. Je pars du principe qu'il y a des Français musulmans qui acceptent les lois de la République. Ils sont d'ailleurs, si on en croit l'étude récemment publiée, les deux tiers des Français musulmans. Et bien cela, il faut avec eux conclure un acte solennel sur les grandes valeurs de la République et sur ce que nous entendons, nous, républicains, par la laïcité.

Et puis, il y a une minorité très importante, c'est vrai, presque un quart, qui sont à côté des valeurs de la République, qui sont pour la polygamie, pour la charia, etc. Il faut leur faire clairement comprendre que ça, ça n'a pas de place en France. Et je me battrai avec la plus grande énergie contre toutes les formes de radicalisation à l'école où circulent les théories complotistes, vous savez, sur Internet, qui est un incubateur de djihadisme, dans les prisons et dans les lieux de prière qui véhiculent des messages de haine et de djihadisme. Il faut les fermer et renvoyer les imams qui prêchent cela dans leur pays d'origine.

6:15
Présentateur

Le risque de guerre civile que vous pointiez, Alain Juppé, il vaut pour la campagne pour les primaires de la droite et du centre ou pour la campagne de l'élection présidentielle jusqu'en avril et mai prochain ?

6:25
Alain Juppé

Il vaut pour le climat général, aujourd'hui. J'entends parfois à la radio dire, par exemple, qu'on va interdire les prénoms qui n'ont pas de consonance chrétienne. J'étais dimanche devant le monument aux morts des Harkis à Bordeaux, là, et je voyais ceux qui ont donné leur vie pour la République. Et il y avait des... Pierre, Paul, Jacques, mais il y avait aussi Ali, Mohamed, etc. Donc, je suis heureux qu'on ait pris conscience que nous ne sommes pas tous gaulois. Ça, c'est pour Eric.

6:49
Présentateur

La France est diverse. D'où votre appel au territoire, aux régions, à accueillir les migrants,

6:56
Alain Juppé

les réfugiés qui fuient le Proche-Orient ? Nous en avons parlé hier au Conseil municipal de Bordeaux, oui, parce que moi, je suis dans le concret et dans l'avis de tous les jours. J'ai posé 5 ou 4 ou 5 conditions. Premièrement, il faut que nous rouvrions avec la Grande-Bretagne la discussion sur les accords du Touquet. Et il n'est pas acceptable que nous gardions sur le sol français des personnes dont les Britanniques ne veulent pas chez eux. Alors, ça sera difficile, c'est une négociation, mais si on ne commence pas, on n'arrivera jamais au bout. Ensuite, il faut accueillir les migrants qui sont en situation régulière. Moi, je n'accueillerai pas des illégaux.

Les illégaux, il faut les renvoyer dans leur pays d'origine. Le ministre de l'Intérieur prétend qu'il le fait, sauf que le chiffre des refs conduites à la frontière est en chute libre. Ensuite, pour ceux qui se sont demandeurs... Il a beaucoup baissé au cours des derniers mois. On vérifiera les chiffres. Je sais que dès que quelqu'un dit quelque chose, maintenant, il y a vrai faux. Donc, je m'attends à ce que demain matin, on regarde les chiffres. Troisièmement, il faut des petites unités pour accueillir ces personnes en situation d'asile. Il s'agit d'accueillir les demandeurs d'asile qui, eux, ont un statut.

Donc, 30 ou 40 personnes, pas plus, pour ne pas reconstituer, évidemment, ce que j'ai visité au début de l'année. Moi, je n'ai pas attendu le mois de septembre pour m'en préoccuper. Donc, j'étais dans la jungle au début de l'année pour ne pas reconstituer cela. Voilà, il faut le faire en liaison avec les mairies. Et moi, en ce moment, dans ma métropole, je suis en train de recenser les terrains qui pourraient être signalés au préfet. C'est à lui de faire le boulot. Et on va voir quelles sont les communes qui se montrent disponibles, droite, gauche. C'est assez intéressant de voir le partage.

8:24
Présentateur

Donc, vous dites bienvenue aux réfugiés

8:27
Alain Juppé

sous les conditions que j'évite. Aux demandeurs d'asile, sous les conditions que j'évite.

8:31
Présentateur

Mais vous ne dites pas que c'est une folie de les accueillir ou de les repartir sur le territoire ?

8:35
Alain Juppé

Écoutez, moi, j'aimerais bien savoir ce que proposent ceux qui demandent le démantèlement de la jungle et qui s'opposent à toute relocalisation de ces personnes. Il y a des demandeurs d'asile. Nous avons un droit en France qui offre à ces demandeurs d'asile un statut. Qu'est-ce qu'on en fait ? J'aimerais bien avoir la solution alternative.

8:52
Présentateur

Alain Juppé, invité de France Inter ce matin et des questions, des messages d'auditeurs à retrouver dans quelques minutes au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux avec le mot-clé interactive aussi sur Facebook Live. Mais oui, Facebook Live sur France Inter. Mais oui, on a ça aussi maintenant. Il est 8h30. Ok.

9:11
Locuteur

Et l'orientation, l'œil 8 est 12h30. Et l'oughtation... ... ... ... ...