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interviewRMC — Face à Face· 15 mai 2026 19 min

Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 15/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Marie Chantret. Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguil, merci à vous d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes, je le rappelle, député Rennes de la Somme et membre de la Commission des finances de l'Assemblée nationale. En direct encore ces images de l'avion Air Force One du président américain Donald Trump qui repart d'un sommet de deux jours exceptionnel à Pékin. On reviendra sur ces conséquences éventuelles, ce blocus du détroit d'Hormuz et Pékin qui le redit, la réouverture dès que possible. Est-ce que cela peut avoir des conséquences ?

On le souhaite en tout cas en France sur les prix du carburant, on verra ça en longueur avec vous tout à l'heure. Mais d'abord cette information de la nuit qui marque les esprits, qui les choque également. Un adolescent à Nantes de 15 ans a été tué hier soir. Deux autres mineurs ont été blessés, l'un est entre la vie et la mort. Dans un quartier déjà touché d'ailleurs par des tirs mortels sur fond de narcotrafic depuis le début de la semaine, Jean-Philippe Tanguil, on est à six victimes, six victimes sur tout le territoire liées au narcotrafic. L'État est-il dépassé ?

1:21
Jean-Philippe Tanguy

Oui, de toute évidence, malheureusement, le gouvernement est dépassé avec des communications qui allaient à l'inverse. On se souvient des opérations de M. Darmanin, ministre de l'Intérieur, reprises par son successeur.

1:33
Présentateur

Les opérations place nette à l'époque.

1:34
Jean-Philippe Tanguy

Exactement, ces opérations place nette. Déjà à l'époque, on disait écoutez, toute opération est bienvenue, mais quel sera le lendemain de ces opérations ? Quel sera le suivi pour la sécurité des habitants des familles, des sécurités des forces de l'ordre elles-mêmes, qui opèrent dans des conditions, on ne peut plus, difficiles, de guérillas urbaines, avec effectivement ces fusillades et ces morts insupportables, insupportables pour les familles, pour les proches ? Parfois, il y a des personnes victimes qui n'ont strictement rien à voir avec le narcotrafic.

2:03
Présentateur

Ça a été le cas visiblement à Nice, cette semaine.

2:05
Jean-Philippe Tanguy

Et même quand ça a à voir avec le narcotrafic, personne ne mérite de mourir sur des balles, même si vous êtes lié directement à un narcotrafic, évidemment. Donc, le dépassement de l'État est réel, et il y a malheureusement une banalisation de la violence, parce que vous disiez à juste titre, Mme Chantret, le nombre de morts, donc 6 morts qu'il y a eu sur notre territoire.

2:27
Présentateur

Depuis juste le début de cette semaine, Laurent Nunez.

2:30
Jean-Philippe Tanguy

Je pense qu'il y a 10 ans encore, chaque mort aurait donné lieu à un scandale national, et que maintenant, 6 morts semblent être malheureusement une dépêche de presse, comme s'il y avait une banalisation de la violence sur le narcotrafic. Il ne doit jamais y avoir de banalisation de la violence sur la main. On s'en fait l'écho ce matin, et on le commente, et on décrit les faits.

2:49
Présentateur

Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, doit se rendre sur place. Une forme d'impuissance des pouvoirs publics, ça vous le déplorez, mais vous êtes aussi, vous, votre parti, candidat à l'élection présidentielle. J'entendais hier Jordan Bardella, en déplacement à Bocquer, qui disait, si les Français nous accordent leur confiance, on rétablira le droit de vie chez soi en sécurité, sans subir le désordre de la rue, ou la contestation de nos valeurs. Au-delà de ces déclarations d'intention, encore une fois, j'ai envie de vous dire, vous aux manettes, vous au pouvoir, que ferez-vous pour lutter contre le narcotrafic ?

Question vague, mais en même temps, vous avez voté pour le projet de loi, porté à l'époque par Bruno Retailleau, largement voté par vos députés, et dans les faits, rien ne se passe, ou en tout cas, visiblement, ce phénomène de violence ne fait que s'accentuer.

3:35
Jean-Philippe Tanguy

Oui, vous reconnaîtrez qu'à l'époque, nous l'avons voté sans illusion, c'est qu'on ne fait jamais la politique du pire. Il faut noter aussi que ce texte ne serait pas passé sans les voix du Rassemblement National, ce qui veut dire que la majorité elle-même, des autres députés, des autres partis politiques, ne sont pas déterminés à lutter contre le narcotrafic. On est le principal parti d'opposition.

3:53
Présentateur

Pas déterminé, vous pensez que...

3:55
Jean-Philippe Tanguy

Mais si vous avez besoin du principal groupe d'opposition, dans un gouvernement, le Rassemblement National, pour faire passer un texte de loi qui devrait être consensuel, fondamental, compte tenu de la gravité des faits que vous avez exposés, le texte devrait passer par consensus. Or, il n'est pas passé par consensus, il est passé parce que le principal parti d'opposition, le Rassemblement National, avec Marine Le Pen, présidente de groupe, a pris ses responsabilités de soutenir un texte d'un gouvernement en qu'elle nous opposant sur le reste des sujets, par responsabilité.

4:23
Présentateur

Mais sur ces sujets-là, ça veut dire que les maquillis s'étaient divisés. Mais sur ces sujets-là, ça veut dire que vous êtes en accord quand même avec la manière dont entreprend les choses, le gouvernement, notamment comparant ça à la lutte contre le terrorisme. Là-dessus, vous accordez un point au gouvernement de Sébastien Lecornu ?

4:38
Jean-Philippe Tanguy

C'est-à-dire, dans les paroles, des analyses peuvent être faites qui sont bonnes. Une fois de plus, on n'est pas dans la politique du pire. Mais vous voyez, soutenir un texte d'un gouvernement, ce n'est pas soutenir ce gouvernement. C'est pour ça que parfois, c'est risqué de le faire. Et que Marine Le Pen est courageuse de soutenir des textes que nous ne soutenons pas, par ailleurs, l'entièreté de cette politique. Mais il faut le dire. Moi, je comprends qu'en tant que journaliste, vous demandez des mesures précises, ponctuelles. Mais la réalité, c'est que c'est avant tout un état d'esprit.

Aujourd'hui, il n'y a pas d'état d'esprit dans le gouvernement, dans les parties du centre, dans les parties de gauche. Je n'en parle même pas, malheureusement. Pour se battre contre le narcotrafic, prendre la violence qui est liée directement à bras-le-corps, soutenir systématiquement nos forces de l'ordre, mettre en ordre de marge l'appareil judiciaire pour qu'il soutienne l'action de ces forces de l'ordre et qu'il n'y ait pas, comment dire, des impossibilités de travailler ensemble. Parce qu'on voit sur le terrain, je le vois dans la Somme. Même un département rural, comme la Somme, est touché par d'autres façons, d'autres formes de narcotrafic. Parce que c'est ça aussi, la nouveauté.

5:36
Présentateur

Ça touche tous les territoires. Et ça touche toute la France, plus uniquement les grandes îles. Et ça s'étend.

5:40
Jean-Philippe Tanguy

Au territoire, ça s'étend aussi dans les produits. Puisque maintenant, il y a aussi des trafics de médicaments utilisés comme des formes de narcoleptiques et de narcotrafic. Donc ça s'étend. Et puis, disons-le, quand on voit l'âge des victimes, personnes blessées, 13 ans. Évidemment, ça fond le cœur, c'est inacceptable. La violence est poursuivie visiblement dans l'immeuble. La violence est poursuivie au 13ème étage de son immeuble pour ce règlement de compte, ces voyous, ces barbares. Mais il ne faut jamais accepter ça. Je sais que la violence désormais des adolescents est de plus en plus précoce. Mais ça reste un gamin de 13 ans.

Et je crois aussi qu'il y a un combat, évidemment, de civilisation à mener là-dessus. On ne doit pas banaliser le fait que ça touche des enfants. Quand vous êtes à 13 ans, même si vous êtes dans la violence, même si vous êtes dans l'innommable, vous restez un enfant. Et notre société ne doit pas perdre ce fil de défendre l'enfance.

6:32
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, avant d'en venir, et on voit encore ces images de cet avion américain en train de quitter Pékin après cette visite du président américain. J'aimerais juste une courte question sur ce phénomène. Cette vidéo qui est devenue virale en quelques heures seulement. Un ex-professeur de sport placé en garde à vue. Il a même été mis en examen ces dernières heures, placé en détention. Il correspondait avec ce qu'il pensait être une jeune fille de 14 ans, sans doute pour lui attirer ses faveurs. Il s'avérait que derrière ça, c'était une intelligence artificielle, un youtubeur.

Le politique que vous êtes dit, face à ces pratiques, encourager cela, se faire une forme de justice soi-même, ou vous dites, ça me met très mal à l'aise ? Que dit le politique, le député du Rassemblement national que vous êtes face à ce phénomène ?

7:20
Jean-Philippe Tanguy

Mais moi je dis, heureusement que la société civile est mobilisée par rapport à la pédocriminalité.

7:26
Présentateur

Et s'empare de ces sujets ? Quitte à mettre au point ce type de stratagème ?

7:31
Jean-Philippe Tanguy

Si vraiment il y a un phénomène inquiétant, odieux, innommable dans notre pays, c'est la pédocriminalité. Les moyens de l'État et la mobilisation de la classe politique sont faibles, totalement faibles. On a vu le scandale à Paris, qui a donné lieu à quelques débats polémiques, alors que ça aurait dû être au centre de la campagne municipale. Ça aurait dû être au centre. Il l'a été quand même à certains égards. À certains égards, oui mais je ne trouve pas. C'est mon opinion après, chacun...

7:55
Présentateur

Et le maire de Paris a dû en faire sa priorité ?

7:57
Jean-Philippe Tanguy

Non, non, le maire de Paris, l'administration sur le temps de la mairie de Paris, oui, oui, très bien, a pu se représenter dans des pantoufles, alors qu'ils seraient dit inqualifiables, ils auraient dit disqualifiables.

8:06
Présentateur

C'est un peu de cas très précis, juste, les politiques encore une fois, encouragent ce type...

8:10
Jean-Philippe Tanguy

Mais il faut montrer la banalité, ce qui est sidérant dans cette affaire, il faut dénoncer, débusquer la banalité de la pédocriminalité. Ce n'est pas un phénomène malheureusement marginal dans la société française. Vous croisez tous les jours, malheureusement, des enfants, des familles qui ont été touchés, meurtris par la pédocriminalité, et l'appareil d'État et la société française là-dessus n'est pas encore assez, comment dire, mobilisés pour lutter contre la pédocriminalité. Quand on voit le scandale dans l'aide à l'enfance...

8:39
Présentateur

Vous dites, si la société civile s'empare de ces sujets, même via ces pratiques-là, c'est une bonne chose. Ça peut participer, finalement, de la dénonciation, voire de l'arrestation de tels individus.

8:49
Jean-Philippe Tanguy

Une bonne chose, je n'utiliserai pas sans doute cette formule. En tout cas, ça participe à la mobilisation de la société, se rendre compte de la gravité et de la banalité de ce mal qui est le pire mal possible pour une société. C'était épouvantable. Moi, j'ai grandi, quand j'étais dans mon enfance, parallèlement à l'affaire Dutroux, donc j'étais une génération traumatisée, mobilisée par cette pédocriminalité. J'ai l'impression qu'on est resté, encore il y a 30 ans en arrière, sur la mobilisation de la société. Quand on voit l'état de l'aide à l'enfance, c'est quoi l'aide à l'enfance pour ceux qui nous écoutent ? C'est les enfants qui sont gérés par l'État à travers les départements.

La banalité des agressions sexuelles contre ces enfants, ces enfants qui souvent finissent dans la prostitution de rue, la prostitution organisée, le trafic d'êtres humains, ça devrait révolter toute la classe politique. Et c'est traité, il y a des députés courageux, comme chez nous Marine Hamelet, mais il y a des députés courageux dans tous les groupes politiques sur ce sujet. Ça reste un sujet qui n'était même pas au centre de la dernière présidentielle. Marine Le Pen avait essayé de le mettre au centre de la présidentielle, j'étais bien placée pour le savoir. On n'avait pas réussi à intéresser la classe politique sur ce sujet.

Ça devrait être une priorité et ça devrait transcender les clivages partisans.

9:56
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, on en vient donc à cette visite d'État et ses conséquences. Je le disais, Donald Trump reçu en grande pompe par Xi Jinping, le président chinois. Ses déclarations d'intention ce matin, on les a entendues. La volonté de Pékin d'un cessez-le-feu durable entre l'Iran et les Etats-Unis et la réouverture dès que possible du détroit d'Hormuz. On parle du détroit d'Hormuz et ses conséquences économiques en chaîne, en cascade, en Europe et plus précisément sur notre territoire. Des prix à la pompe qui flombent pour le consommateur et un gouvernement qui a promis un nouveau paquet d'aides ciblées, mais toujours pas annoncées.

J'ai envie de vous demander ce matin, est-ce que vous pensez finalement au vu de ces déclarations que le gouvernement parie peut-être sur une désescalade, suite notamment à cette venue du président américain, pour peut-être déclencher ou pas ces nouvelles aides ?

10:43
Jean-Philippe Tanguy

Moi je pense depuis le début que ce gouvernement ne cherche qu'à gagner du temps, quelques jours par-ci, quelques semaines par-là, pour ne pas prendre les mesures nécessaires, la baisse massive des taxes qu'ont fait tous les gouvernements européens autour de nous.

10:55
Présentateur

Tous et certains sont revenus dessus. Mais là il ne s'agit pas de baisser des taxes, mais de nouvelles aides possibles. Cette semaine, elle devait être annoncée, il n'en a rien été.

11:02
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais ils ont utilisé la crise du virus qui n'a rien à voir pour gagner une fois plus une semaine. Ils se moquent des Français. Ils prennent les Français pour des imbéciles qu'ils ne sont pas, en utilisant la montre, en jouant la montre, en faisant croire qu'une semaine de passé c'est toujours ça de pris, pour ne pas prendre les mesures nécessaires. Vous avez dit, oui, ce n'est pas la baisse des taxes, mais c'est la seule solution, c'est la seule solution pour protéger le pouvoir d'achat des Français, pour permettre aux travailleurs de gagner quelque chose quand ils vont travailler, aux entrepreneurs.

Mais vous pensez vraiment juste d'éviter la récession, parce qu'on aura le droit dans la récession si on ne prend pas ces mesures de baisse de taxes. Paradoxalement, ça coûtera plus cher aux finances publiques d'aller vers la récession, d'aller dans la récession, par irresponsabilité, que de faire ces baisses de taxes.

11:43
Présentateur

On va revenir sur cette proposition que vous portez en boucle. Pour le coup, on vous reconnaît cette forme de cohérence-là. Juste, je rebondis, vous pensez vraiment que le gouvernement a utilisé l'argument de l'antavirus pour ne pas procéder à ces nouvelles annonces, ou ne pas aller plus loin ?

11:57
Jean-Philippe Tanguy

Oui, je le crois, je le constate. Avec un cynisme. Vous savez, ce gouvernement aussi, utilise la bonne foi ses adversaires, la bonne foi du Rassemblement National, contre nous en disant qu'on ne va pas dénoncer leur magouille. Mais ils sont tellement cyniques, c'est absolument épouvantable. L'ambiance d'ailleurs qui règne à l'Assemblée Nationale est très délétère de ce point de vue, parce que les questions au gouvernement, ce ne sont plus des questions au gouvernement, c'est les séances de mensonges du gouvernement. C'est-à-dire que nous savons et nous allons en séance en sachant qu'ils vont nous mentir. On ne se demande pas comment ils vont répondre, on se demande comment ils vont mentir.

12:28
Présentateur

Mais vous pouvez entendre, encore une fois, que ces propos que vous tenez, comme d'ailleurs votre collègue Laurent Jacobéry ont pu choquer quand même. Il y a une Française et une femme en réanimation. Le sujet était examiné de près, et d'ailleurs il continue de l'être. considérer que cette excuse de l'antavirus a été prise pour ne pas avancer sur les aides, ce sont des accusations graves quand même.

12:50
Jean-Philippe Tanguy

C'est un constat, ce n'est pas une accusation, c'est devant nous, on le voit devant nous. Pour s'occuper de notre compatriote et de prendre les mesures nécessaires, c'est le ministère de la Santé, c'est Mme Riste. Quel est le rapport avec les aides de Garburant qui sont dirigées par Bercy ? Ça n'a rien à voir, c'est eux qui ont tout mélangé. Ils appellent ça des séquences. C'est face à nous, on les connaît, nous les fréquentons, les socialomacronistes, depuis maintenant presque 15 ans, c'est leur façon malheureusement de travailler.

13:14
Présentateur

Et pour les bien les connaître, comme vous le dites, cette proposition de baisser la TVA à 5-5, vous savez aussi que c'est une fin de non-recevoir, que ça n'aura pas lieu. Est-ce qu'il n'est pas temps finalement de changer de demande ? Parce qu'ils le disent, c'est un coup trop important sur les finances publiques. Est-ce que le Rassemblement National n'a pas peut-être une autre proposition à formuler ?

13:34
Jean-Philippe Tanguy

On a fait d'autres propositions, on a proposé au moins de baisser les hausses de taxes que M. Macron a imposées avec Édouard Philippe, 16 centimes sur l'assise sur les carburants, en plus de la TVA. Mais enfin, s'ils font que l'assise sur les carburants, écoutez, nous on prendra ce qu'il y a à prendre. On a proposé, c'est nous qui l'avons dénoncé, votre serviteur en particulier, la hausse des certificats d'économie d'énergie.

13:54
Présentateur

Les fameux C2E. Et Roland Lescure, le ministre de l'économie, dans l'hémicycle, vous en parliez, vous a vertement répondu aussi.

14:00
Jean-Philippe Tanguy

Il a vertement menti, disant que ça n'avait pas de conséquences sur le prix, que ça servait à financer autre chose, que finalement...

14:06
Présentateur

La transition énergétique, ça aussi, ça reste une priorité.

14:09
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'est une espèce de mafia, les certificats d'économie d'énergie. Il y a un rapport de la Cour des comptes à la demande du Rassemblement National qui a été fait, qui est extrêmement dur, qui explique que l'essentiel des moyens des certificats d'économie d'énergie sont détournés et inefficaces. Et M. Lescure ne veut pas y répondre parce qu'il entretient cette mafia. Et de toute façon, la Macronie, d'une manière générale, a un lien extrêmement préoccupant avec un certain nombre d'organisations autour de l'État qui se partagent des prébandes, des quasi-taxes, des monopoles privés, publics, pardon, qui ont été privatisés.

Tout ce petit monde gagne beaucoup d'argent sur le dos des Français. Jean-Philippe Tanguy. J'ai dénoncé sur le stock des carburants, celui-ci, 600 millions d'euros payés par les Français.

14:49
Présentateur

Ça, vous dénoncez effectivement très régulièrement. Est-ce que vous dénoncez aussi l'attitude de Total de son patron, Patrick Pouyanné ? Vous serez à l'audition du patron de Total Energy au mois de juin prochain, le 17 juin, en tant que membre de la Commission des Finances ?

15:02
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr.

15:03
Présentateur

Ça a une utilité, selon vous ?

15:04
Jean-Philippe Tanguy

Je ne suis pas sûr parce qu'en fait, on sait assez bien ce qui se passe sur le pétrole. Le secteur du pétrole est très surveillé, il est encadré. Tous les prix sont sur le site de Bercy. Les marges, à la fois du transport, de la distribution, du raffinage, sont sur Bercy. Donc, c'est un business, c'est un métier que l'on connaît assez bien. Mais en fait, comment dire, brandir Total, parler de M. Pouyanné toute la journée, c'est une nouvelle raison pour le gouvernement. Ils veulent parler des super taxes. Les taxes sur le carburant, c'est 50 à 60% du prix du carburant. Et une taxe

15:36
Présentateur

sur les super profits de Total, vous dites, pourquoi pas ? Ça peut être une solution aussi.

15:41
Jean-Philippe Tanguy

Il y a déjà une taxe aujourd'hui, il y a un super IS qui est déjà prévu, qui est encore prévu d'ailleurs, sans doute, pour l'année prochaine. Donc, vous voyez, les socialistes, par exemple, ils n'ont rien à envier aux macronistes. Vous savez très bien comment ça se passe, une loi. Vous savez très bien que même si on votait une loi sur les super profits, le Sénat la bloquerait, ça mettrait presque un an. Et au bout d'un an, qu'est-ce qui se passe ? Les profits, vous ne pouvez plus les imposer. Donc, les socialistes ont autant menti que les macronistes parce qu'ils savent que cette proposition ne peut pas fonctionner.

Ce qui pourrait fonctionner, c'est faire un projet de loi de finances rectificatif dès aujourd'hui pour baisser les taxes sur le carburant voyeur

16:15
Présentateur

et évidemment rééquilibrer

16:17
Jean-Philippe Tanguy

peut-être avec d'autres dispositifs fiscaux.

16:19
Présentateur

Ça ne paraît pas être la perspective. Jean-Philippe, tandis qu'à ce moment de l'interview, j'ai envie de vous demander sur le ton de la boutade, est-ce que vous souhaitez bonne chance à Kylian Mbappé pour la Coupe du Monde qui s'annonce aux Etats-Unis prochainement ?

16:30
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr, il faut que la France gagne avant tout.

16:32
Présentateur

Il faut que la France gagne et que Kylian Mbappé soit un bon capitaine. Je vous pose la question évidemment suite à ses propos concernant votre parti. Il le dit, moi ça me touche. Je sais ce que ça signifie l'arrivée au pouvoir du RN. Quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays ? Marina Ferrari, la ministre des Sports, a dit que les sportifs sont des citoyens comme les autres. Est-ce qu'elle aurait dû recadrer le joueur de l'équipe de France ou pas du tout ?

16:53
Jean-Philippe Tanguy

Non mais ils sont des citoyens comme les autres et ils sont parfois désinformés comme les autres. Moi je me souviens d'une chanson de Diams quand j'étais jeune puisqu'on parlait de notre jeunesse où Diams disait qu'elle ne pouvait pas être amie avec Marine Le Pen et Marine Le Pen lui avait courageusement répondu en disant mais venez me voir, venez débattre avec nous. Elle lui avait même dédié

17:09
Présentateur

une chanson.

17:10
Jean-Philippe Tanguy

Oui justement, c'était à l'occasion de ses chansons et au lieu de raconter des bêtises dans une chanson on pourra échanger. Vous verrez que je ne suis pas la personne qui a été décrite par nos adversaires politiques donc je pense que M. Mbappé devrait plutôt chercher à rencontrer des personnalités du Rassemblement National et on lui montrera qu'il a été désinformé, mal informé et qu'il est sans doute manipulé par des gens qui ne le veulent pas du bien.

17:30
Présentateur

Une dernière question. Gérald Darmanin, le ministre de la Garde des Sceaux a dit il y a quelques jours qu'il pensait que le second tour de la présidentielle ce sera entre Mme Le Pen ou M. Bardella et Jean-Luc Mélenchon. Vous partagez le même diagnostic ?

17:43
Jean-Philippe Tanguy

C'est les Français qui décideront. Vous savez, la campagne est longue. M. Darmanin il ferait mieux de s'occuper de la justice et de l'état de l'appareil judiciaire mais l'administration pénitentiaire à Amiens qui a été en grève il y a quelques semaines dans des situations extrêmement difficiles un dénuement matériel des heures Ce n'était pas le choix

18:00
Présentateur

de M. Le Pen M. Mélenchon au second tour elle préférait Edouard Philippe

18:04
Jean-Philippe Tanguy

C'est-à-dire que nous nous considérons que c'est les macronistes qui ont gouverné qui ont fait du mal à la France et il faut avoir une explication avec eux il faut s'y confronter pour que ce soit un choix pas de rejet parce qu'il y a une majorité aujourd'hui pour rejeter M. Mélenchon ses excès ses propositions qui n'ont pas beaucoup de sens mais qu'il faut une adhésion sur notre projet et qu'il y aura plus d'adhésion sur le projet porté par Marine Le Pen et Jean-Tan Bardella s'il y a un débat sérieux contre Edouard Philippe plutôt qu'un débat dans la caricature avec M. Mélenchon

18:34
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce vendredi il est 8h47 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV

Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 15/05 — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote