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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 30 janvier 2026 26 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

États-Unis, Iran, menaces sur l’Europe… Michel Barnier face à Alain Duhamel en intégralité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Quelle va être la forme de l'action et quand va avoir lieu cette action ?

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous y croyez Alain Duhamel ? Est-ce que vous pensez qu'il s'agit d'un coup de pression ou d'un coup de bluff ce soir ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il a raison de jouer les gendarmes Michel Barnier, Donald Trump et de peut-être faire tomber ce régime d'Emola ?

  • 3:00RelanceRéponse directe

    A-t-il raison de jouer les gendarmes Michel Barnier, Donald Trump et de peut-être faire tomber ce régime d'Emola ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi déployer une telle armada avec autant de destroyers et d'avions si ce n'est pas pour les utiliser ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes d'accord avec Dominique de Villepin qui dit qu'il ne faut pas laisser à Donald Trump les reines du monde ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Alain DuhamelFait
    « Hormis Donald Trump et encore personne ne sait ce que va faire le président américain. »
  • 1:30Alain DuhamelFait
    « Il peut très bien avoir envie de le faire, puis au dernier moment pas le faire et puis finalement le faire. »
  • 3:30Michel BarnierChiffre
    « 30 000 vies peut-être plus que cela, détruites dans ces quelques jours de manifestations et moi je à cet instant là d'abord je pense à ce peuple iranien. »
  • 5:30Michel BarnierFait
    « J'ai négocié avec le ministre iranien à l'époque et les Anglais et d'autres dans le groupe des quatre. On a fait plusieurs réunions à Genève. »
  • 11:00Michel BarnierFait
    « Je rencontre beaucoup d'entreprises depuis quelques semaines sur le terrain, toujours en Mayenne et ailleurs. Je vois les destructions massives que font les importations chinoises subventionnées. »
  • 12:00Michel BarnierChiffre
    « Cet expansionnisme chinois est tellement puissant que d'ici 5-7 ans, l'Europe économique n'existera plus. »
  • 16:00Michel BarnierFait
    « Il faut un pouvoir qui soit un pouvoir stable et il faut un pouvoir qui ait conservé ces armes de gouvernement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Quelle va être la forme de l'action et quand va avoir lieu cette action ? Est-ce que vous y croyez Alain Diamel ? Est-ce que vous pensez qu'il s'agit d'un coup de pression ou d'un coup de bluff ce soir Écoutez je ne suis pas devin et hormis Donald Trump et encore personne ne sait ce que va faire le président américain Quand vous dites et encore c'est-à-dire que même lui peut-être n'a pas pris la décision.

Oui, puis enfin, ça n'est pas le symbole de la constance dans les décisions. Il peut très bien avoir envie de le faire, puis au dernier moment pas le faire et puis finalement le faire. Je veux dire, c'est une girouette.

Simplement, c'est une girouette omnipotente, ce qui est assez rare pour les girouettes. Bon, il y a un risque évident. Tous les moyens sont rassemblés si les Américains, pas les Américains, si Donald Trump le souhaite, évidemment, ils ont les moyens de mener une opération militaire irrésistible.

Ce qui ne veut pas dire qu à ce moment-là, l'Iran n'utilisera pas des ressources désespérées, y compris contre des tiers, que ce soit contre Israël ou contre des monarchies. On est dans une période de grands risques, et de grands risques reposant sur le choix d'une part d'un régime iranien qui est non seulement insupportable mais imprévisible, et dans la tête de Donald Trump qui est l'homme le plus puissant du monde, celui qui peut tout décider, mais qui n'est pas un miracle de stabilité intellectuelle. A-t-il raison de jouer les gendarmes Michel Barnier, Donald Trump et de peut-être faire tomber ce régime d'Emola ? – Si vous me permettez, avant de parler des raisons, l'hypothèse d'une intervention américaine qui se prépare, moi je la crois probable, est-ce que je peux dire un mot du peuple iranien ?

On disait le chiffre sur votre antenne de 30 000 assassinats. 30 000 vies peut-être plus que cela, détruites dans ces quelques jours de manifestations et moi je à cet instant là d'abord je pense à ce peuple iranien ces femmes à ses hommes assez jeunes qui ont été incroyablement courageux et beaucoup de corps objets de sépultures. En ce moment, chaque sépulture donne lieu à une forme de manifestation.

Ce peuple est admirable et donc on doit le dire et le reconnaître qu'il sache que de loin, on est avec eux. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est d'abord dire que ce régime qui est une dictature islamiste, qui détruit une grande partie de son propre peuple, c'est ça qui est en train de se passer.

On a un gouvernement qui s'attaque, qui tue, qui massacre une partie de son peuple par dizaines de milliers. On n'a pas vu ça depuis assez longtemps dans le monde. Il faut réagir.

J'étais très heureux, il y a quelques jours que la France s'associe à une déclaration pour que les gardiens de la Révolution soient considérées comme une organisation islamiste, terroriste par l Europe. Et puis maintenant, qu'est-ce qui se passe avec cet armada ? Et à quoi M.

Trump veut-il aboutir ? Moi, je pense que ce qui l'intéresse, c'est d'aboutir à remettre l'Iran, le gouvernement iranien, autour de la table pour l'accord concernant le nucléaire. C'est un accord que je connais assez bien puisque lorsque j'étais ministre d'affaires étrangères en 2004, aux côtés de Jacques Chirac, j'ai négocié avec le ministre iranien à l'époque et les Anglais et d'autres dans le groupe des quatre.

On a fait plusieurs réunions à Genève. Puis cet accord a abouti. Et puis M.

Trump, dans son premier mandat, l a dénoncé. Maintenant, il y a sans doute l'idée d'être celui qui le remet en route parce que les Israéliens, dont la sécurité n'est pas négociable, veulent être sûrs que l'Iran ne continuera pas à développer l'arme nucléaire. Est-ce qu'il y a une intention d'aller plus loin ?

Je n'en suis pas sûr. Ce qui m'a beaucoup frappé, c'est l'ambiguïté de l'attitude américaine, avec cet encouragement à la population à manifester, puis ensuite un un retrait et ces massacres. Alors pourquoi déployer une telle armada, monsieur, avec autant de destroyers d'avions si lisse ?

Mais oui, c'est une question qu'on peut se poser si ce n'est pas pour les utiliser. Moi je pense qu'il va les utiliser, mais pour contraindre l'Iran à revenir à la table de la négociation sur l'accord nucléaire et sur les garanties dont Israël, qui est l'allié légitime des Etats-Unis, et notre allié aussi, a besoin pour sa propre sécurité dans le long terme. Bon, alors, qui est la dimension de la construction nucléaire iranienne et évidemment l'obsession de l'empêcher de se transformer en armes non seulement efficaces mais prêtes à intervenir, c'est certainement le ressort numéro un.

Qu'il y ait aussi la volonté d'affaiblir un régime que tout le monde souhaiterait voir disparaître, évidemment. Et de permettre aux Iraniens de décider eux-mêmes de ce qui se passera par la suite, c'est évidemment souhaitable, même si les choses ne sont pas forcément cohérentes l'une avec l'autre. C'est-à-dire que si c'est à la suite d'une attaque américaine que le pouvoir est non seulement déstabilisé, mais est détruit.

À ce moment-là, c'est très différent des circonstances dans lesquelles ce serait le peuple iranien qui reprendrait le contrôle de son propre pays. Et c'est pour ça que personnellement, je souhaite de beaucoup que ce qui se passe du côté de Trump soit une menace et non pas une réalité. Parce que s'il y a la menace, ça peut être, ça peut ou ça peut ne pas, mais ça peut être l'occasion de déstabiliser de l'intérieur le régime, ou en tout cas de limiter le risque qui reprennent la construction du nucléaire militaire, ce qui était évidemment leur objectif.

Dans l'histoire des dizaines d'années passées, on a rarement vu une intervention militaire extérieure changer un régime de manière durable. Il faut qu'il y ait un ressort populaire qui existe. C'est cela qui est la clé.

Il faut que les Iraniens restent responsables du destin. — Faut que ce soit les Iraniens qui libèrent l'Iran. — La question, c'est de savoir si...

Je pense qu'un un des paramètres dans l'équation de M. Trump, est-ce qu'il a, comme au Venezuela d'ailleurs, il y a quelques semaines, l'assurance qu'à l'intérieur de ce régime, il y a des défections possibles ou des solidarités possibles avec une intervention extérieure. Ça, les Israéliens ont les moyens de le savoir, moi je ne le sais pas.

Les Américains aussi doivent le savoir, savoir s'ils peuvent compter en cas d'intervention et de soulèvement encouragé sur des défections. Vous savez juste un mot de l'Iran qui est un très grand peuple central et qui, s'il l'avait voulu, aurait pu jouer un rôle de puissance stabilisatrice dans cette région au lieu de jouer un rôle d'agression permanente. Ce pays a toujours joué de son influence dans la région.

On peut parler de la Syrie ou du Liban. Et puis, ils ont beaucoup reculé depuis quelques mois ou quelques années, un peu partout. Et il avait l C'est d'habitude le régime iranien d'utiliser cette influence extérieure comme un vecteur de soutien intérieur, avec une sorte de réflexe nationaliste.

Cette influence extérieure s'est beaucoup diminuée. Voilà pourquoi ce gouvernement se rédit, se se replie sur l'UM, dans cette violence inouïe qu'on a vue il y a quelques jours. Alain, sur ce plateau, on entendait il y a quelques jours Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères de la France, ancien Premier ministre, dire qu'il ne faut pas laisser à Donald Trump les reines du monde.

Il s'égare et il nous égare. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Ça m'ennuie un peu, mais oui.

Pourquoi ça vous ennuie ? Parce que Villepin n'est plus généralement dans l'outrance que dans la finesse. Et donc ça m'inquiète un peu d'être d'accord avec lui.

Mais que ce soit un objectif, d'espérer en tout cas que Donald Trump ne soit pas le maître du monde ou en tout cas le maître de beaucoup de choses, ça me paraît assez logique. Maintenant qu'est-ce qu'on peut faire concrètement la seule chose qu'on puisse espérer c'est certainement pas de dire la France seule va brusquement soit convaincre Trump de ne pas utiliser ses armes, soit convaincre le régime iranien de bouger. C'est un fantasme ça.

En revanche que la France comme ça lui est arrivé assez souvent en matière de diplomatiques depuis longtemps, et essaye d'être celle qui, en Europe, entraîne ses partenaires pour essayer de prendre des positions communes qui puissent peser. Pas peser comme les États Il ne faut pas se raconter d'histoire, parce qu'on n'a pas l'équivalent militaire. Mais puissent peser, ça je trouve que ce serait quelque chose de souhaitable.

Très franchement, je n'ai pas attendu les incantations de Dominique de Villepin pour penser qu'on ne doit pas laisser le président des États-Unis, d'ailleurs aucun autre chef d'État de ces nouveaux empires qui se montent et qui s'encouragent et qui se créent partout, à à diriger notre propre destin. Vous dites les incantations, mais il n'y en a pas beaucoup des hommes politiques qui disent ça. Oui, mais moi je vous dis la même chose.

Et je l'ai toujours dit, à la fois dans le débat politique, quand j'étais Premier ministre, et je le dis depuis plusieurs années. C'est pour ça que je suis gaulliste d'ailleurs. Maintenant, après l'incantation que je peux comprendre ou partager, il y a la réaction.

Et qu'est-ce qu'on fait Et c'est aussi pourquoi je suis, peut-être au contraire de Dominique Villepin, à la fois patriote et européen. Parce que je pense que par rapport à ces nouveaux empires, la Chine, la Russie qui nous agressent militairement, qui qui agresse l'Europe, la Chine qui nous agresse commercialement et qui est en train de détruire une très grande partie de l'industrie européenne et les Etats-Unis qui n'aiment pas l'Europe et qui veulent la détruire aussi. La seule réaction possible pour On va avoir la masse critique nécessaire.

C'est l'Union européenne. Et vous dites que Dominique de Villepin n'est ni patriote, ni européen ? Non, je n'ai pas dit cela.

J'ai dit qu'en ce qui me concerne, j'étais européen en plus d'être patriote. Pas à la place d'être patriote et que je n'ai pas de leçons à recevoir ce côté-là. Non, mais Villepin est un nationaliste.

Bon, donc, on peut être patriote, ce qui est tout à fait autre chose, et européen. Bon, et ça a fait une grande différence. Par exemple, ça fait une différence entre deux anciens premiers ministres se réclamant du gaullisme avec une légitimité inégale.

Pour être tout à fait sincère, je pense qu'après ce qui s'est passé ou qui a failli se passer au Groenland et qui a été arrêté, peut-être par aussi la pression des leaders du Parti républicain, des conseillers de M. Trump. C'était insensé l'idée qu'on aille intervenir militairement les Américains pays de l'OTAN sur un territoire qui fait partie de l'OTAN.

On verra si ça continue. C'est une sorte de wake-up call, de réveil. Voilà, de Moi, je ne prétends pas que l'Europe fonctionne bien.

Je pense même qu'elle est très naïve et qu'elle ne se défend pas, qu'elle ne sait pas utiliser ce qui est son principal atout, qui est le marché intérieur. Je vous parlais de la Chine tout à l'heure. Je rencontre beaucoup d'entreprises depuis quelques semaines sur le terrain, toujours en Mayenne et ailleurs.

Je vois les destructions massives que font les importations chinoises subventionnées sans que l'Europe ne réagisse par la préférence européenne ou par des taxes à l'importation. Et il est urgent, parce que ce que j'entends, ce que je crois maintenant, c'est que cet expansionnisme chinois est tellement puissant que d'ici 5 7 ans, l'Europe économique n'existera plus. Et moi, je ne me suis pas engagé en politique pour que l'avenir de mes enfants se décide à Washington ou se défasse à Pékin.

Je veux que...

Je crois à l'indépendance de l C'est aussi le combat que je veux mener. Alors moi, je crois aussi tout à fait, comme vous le savez très bien d'ailleurs, à l'indépendance de l'Europe. Et je souhaite nettement que l'Europe soit plus énergique et cohérente qu'elle l'est.

Mais elle n'est ni cohérente, ni énergique, ça ne veut pas dire que ça durera éternellement. L'Europe dispose d'armes et a même une réglementation qui lui permet de l d'avoir les bonnes réponses en ce moment, par exemple, vis-à-vis de la Chine. À condition de les saisir.

Et simplement, Mme von der Leyen, qui se passionne pour l'industrie allemande, se passionne beaucoup moins sur une réponse collective par principe, puisque européenne, face aux Chinois. Et c'est aussi un des problèmes. C'est que...

C'est quelque chose que vous pouvez aisément comparer avec ce que vous avez connu de très près, et de l'intérieur à certains moments. Le Conseil européen, le conseil des chefs d'État n'a plus le statut qu'il a eu à un moment qui était de donner des impulsions. Et la présidente de la Commission européenne, dans toutes ses affaires, paraît un, d'abord soucieuse de son pays et deux, incertaine dans l'utilisation des arbres que pourtant elle possède légitimement.

Mais je veux bien qu'il m'en accorde avec le diagnostic d'Alain Duhamel. L'Europe a des moyens. D'abord, elle a un atout incroyable, c'est ce marché qui devient plus qu'une zone de libre échanges, de 450 millions de citoyens consommateurs et de 22 millions d'entreprises.

Nous avons été naïfs. Cessons de l'être. Nous avons des armes, l'outil de coercition.

Saisissons-les, utilisons-les à condition d'avoir une vraie volonté. J'ai J'ai été très frappé de la faiblesse, voire même de l'humiliation que nous avons subie l'autre jour en Écosse, lorsque M. Trump est venu nous imposer un accord insensé.

Donc il faut qu'on se réveille, il faut que les Européens agissent ensemble au niveau des chefs d Que la commission soit remise à sa place. Faire attention aussi aux jeux européens parce que, par exemple, j'ai été assez frappé de la rencontre récente entre Mme Mélanie et M. Mertz, qui ont décidé de travailler et ensemble, tout le monde ne nous suit pas.

Tout le monde ne nous suit pas. Et tout le monde ne nous suit pas d'autant plus que la voix de la France pour être forte j'ai approuvé les initiatives du chef de l'État, notamment cette réunion des volontaires pour plus tard sécuriser le territoire ukrainien, il y a de bonnes réactions. Mais comment projeter de l'influence et de la puissance quand on est faible à l'intérieur ?

Quand on est affaibli par l'instabilité politique, la capacité de gouverner sérieusement, et une dette qui pèse sur l'avenir. Donc il va falloir qu'on remette de l'ordre chez nous d'abord pour recréer de l'influence française et qu'on travaille sans arrogance avec tous les pays européens. j'ai mis une idée récemment puisqu'on parle de défense, c'est celle du Conseil européen de défense qui réunirait les grands pays qui ont une action, un budget une volonté en matière de défense et inclus d'ailleurs dans une structure qui ne serait pas celle de la Commission européenne, il inclut des pays qui ne sont plus dans l'Union, comme le Royaume-Uni qui a un rôle important, ou la Norvège, ou l'Ukraine un peu plus tard.

Je pense que les Européens doivent s'organiser autrement en matière de défense et sécurité y incluent, si vous me permettez, pour des investissements en commun avec les Britanniques sur des sujets essentiels qui sont par exemple celui de l'intelligence artificielle ou de l'énergie ou de la recherche quantique. Alors vous parlez de la souveraineté... ... et de la souveraineté et de la défense.

Mais le ministre de l'économie, Roland Lescure, a validé le passage de l'équipementier aéronautique sous pavillon américain. On a vu effectivement la France insoumise et le Rassemblement national dire qu'on vendait les bijoux de famille, Alain. Est-ce que ça ne commence pas par là la souveraineté ?

Il est évident que quand on a des entreprises qui sont technologiquement avancées et donc recherchées et donc qui suscitent de la cupidité, c'est normal. C'est certainement pas le meilleur moyen de nous renforcer en tant que force politique en Europe et au-delà, en acceptant de les vendre. Ça va de soi.

Maintenant, pour être capable de résister dans des cas de ce genre, il faut un pouvoir qui soit un pouvoir stable et il faut un pouvoir qui ait conservé ces armes de gouvernement. On sait très bien qu'on est à un moment où on est désarmé par la situation politique et que ça durera jusqu'à ce qui y ait l'élection présidentielle. Et que de ce point de vue, on est très mal placé pour réagir, de même qu'on met en avant des positions, y compris récemment en Suisse, on met en avant des positions qui sont non seulement respectables, mais souhaitables et souvent d'ailleurs bien formulées.

Mais ça reste un langage diplomatique tant qu'on n'a pas une cohésion politique derrière. – Bien Il se trouve qu'il n'y a pas de majorité aujourd'hui en France. C'est de la faute des gouvernements successifs, c'est de la faute du Parlement tel qu'il est, mais il ne faut pas être démagogue, c'est aussi de la faute des Français, parce que ce sont eux qui ont décidé de l'équilibre des forces politiques au Parlement.

Et ce sont les Français qui ont décidé consciemment, pas consciemment, on peut en débattre, mais c'est eux qui ont décidé qu'il y trois blocs et qu'aucun n'aurait la majorité. Si Alain Duhamel veut me faire dire que ce sont les Français qui ont voté en juillet 2024 pour cette chambre introuvable ou impossible, oui, il se trouve simplement qu'on les a invité, à l'occasion d'une dissolution inexplicable et insensée, à se prononcer que c'est de là qu'est née cette instabilité. C'est là où il faut faire preuve de maturité.

Je pense qu'il faut faire preuve de maturité. Je reconnais qu'on ne retrouvera une dynamique et une capacité d'agir avec un nouveau chef de l'État, accompagné d'une nouvelle majorité. Et cette capacité d'agir dans le temps et dans la durée, ce qui manque, est-ce que j'ai pu constater ? — Donc il faudra attendre 2027 ou vous aimeriez avant ? — Oui, mais en En attendant, puisque vous parlez d'un cas précis, j'ai évoqué la naïveté européenne, la naïveté française quelquefois.

Il faut mettre fin à cette naïveté, je vous l'ai dit, de la préférence européenne sur tous les marchés publics. Et les Chinois et les Américains ne se prévent pas pour appliquer cette préférence à leurs propres entreprises. Des tarifs et par exemple la taxe carbone, il faut remettre à plat tous les outils de protection.

Parfois on peut parler de protectionnisme, même si je pense que la bonne protection c'est d'abord l investissement en commun. Et puis être très clair et très net, on va pas accepter que des entreprises stratégiques, névrangiques, même quand elles sont petites, nous soient piquées ou volées par les fonds de pension ou par des entreprises américaines ou chinoises. Le ministre de l'économie n'a pas exigé l'implication de BPI France.

Est-ce que c'est une faute ? Est-ce que vous le regrettez ? Oui, je pense qu'on n'a pas vu cette affaire.

Elle a été mal vue. Donc le ministre qui donne quelquefois des leçons d l'économie à tout le monde, le ministre n'a pas anticipé. Cette affaire n'a pas été anticipée.

Je recommanderais qu'on fasse un peu l'évaluation, en anglais on dirait le screening de tous les actifs stratégiques dans tous les domaines vraiment stratégiques, ce qu'il faut protéger au niveau national et au niveau européen. C'est un nouveau réflexe de sauvegarde européenne qu'il faut avoir. – Alors c'est un souhait extrêmement estimable sur les deux plans.

C'est un souhait qui ne se décide en ce moment sur aucun de ces deux plans. Les européens ne se défendent pas avec les armes dont ils disposent, qui existent. Il ne tient qu'à eux de les mettre en oeuvre.

Et les français ne se défendent pas non plus avec leurs armes quand il s'agit de leurs intérêts spécifiques. Le fait est qu'on est c'est armé et on n'utilise pas nos armes. Historiquement, on a déjà connu ça. – Il y a une différence peut-être entre nous deux, pourquoi je suis heureux de débattre avec vous, c'est que vous êtes un observateur éclairé de cette situation.

Éclairé de cette situation, de cette incapacité, de cet immobilisme. Moi je ne peux pas accepter le fatalisme ni la fatalité. Sinon je ne fais plus de politique.

Je pense qu'il faut changer les choses, les changer en France, remettre de l'ordre dans la rue, aux frontières, dans les comptes et remettre de l'influence française dans le système avec une nouvelle élection. Je pense que les Européens sont en train de mesurer qu'ils peuvent disparaître. Et je pense qu'y compris en Allemagne, on est en train de s'apercevoir que l'industrie allemande, qui est la force de frappe de l'économie et de la politique allemande, est en train de disparaître sous l'effet des importations chinoises.

Beaucoup plus vulnérables que ce qu'on imaginait. Donc j'espère que tout ça va provoquer, et que la France sera toujours au milieu du jeu, un réflexe de sauvegarde et d'action. Mais c'étaient les mots du président Macron effectivement qui appelaient au sursaut européen, au réveil européen suite à la situation sur le Groenland effectivement, on l'a vu les accords ont commencé, les négociations ont commencé entre Washington et Copenhague sur l'île de l'Arctique.

Est-ce que vous trouvez qu'Emmanuel Macron a bien joué sur la question du Groenland à l'un du Hamel ou est-ce que vous auriez aimé qu'il aille encore plus loin ? Écoutez, déjà sur la question du Groenland qui est à la fois une question importante en elle-même et puis qui en plus est le symbole des comportements, des États-Unis et des Européens. Sur cette question-là, ce qu'on peut dire c'est que c'est la France qui s'est exprimée le plus clairement et qui a été la mieux écoutée.

Je ne dirai pas ça tous les matin de tous les dossiers sur lesquels la France doit prendre des positions. Mais sur celui-là, je pense qu'on a pris la bonne position au bon moment et que ça a eu une influence positive. C Et je veux dire, ce n'est pas un bouleversement géostratégique.

Ce sont des ajustements. Mais ça a notamment entraîné de la part de Trump dans cette phase-là. Parce que Quand je parle de Trump, je parle de Trump à 19h26.

Je ne parle pas de Trump à 19h27. Mais dans cette phase-là, c'est la France qui a pris la position la plus souhaitable au bon moment j'aimerais que ce qui s'est produit cette fois là se produise plus régulièrement mais à coup sûr le président de la République a tenu son rôle et sa place et joué son rôle dans cette crise que les américains ont provoqué, que M. Trump a provoqué.

Il a pris la parole, elle est sur place, il a reçu il y a 48 heures le premier ministre du Groenland, le jeune premier ministre et la première ministre du Mais c'était insensé l'idée de dire que c'est pour une question de sécurité. Si c'est une question de sécurité, l'OTAN est là et nous pouvons intervenir avec des troupes, avec des soldats, sécuriser le territoire groenlandais et la mer qui l'entoure contre les des incursions plutôt russes que chinoises. Derrière tout ça, il n'y a pas seulement la sécurité, vous le savez bien, il y a les intérêts économiques.

D'ailleurs derrière M. Trump, il y a une bande de billardaires, de spéculateurs qui sont là et qui regardent leurs intérêts et que M. Trump porte dans toutes ses négociations en Afrique comme ailleurs.

Il y a peut-être une question d'hubris aussi pour M. Trump de vouloir planter un trapeau américain 250 ans après la déclaration d'indépendance des États-Unis. Mais face à tout ça, il ne faut pas passer trop de temps à commenter, même si vous nous y avez invité les déclarations intempestives et parfois erratiques de M.

Trump. Il faut agir. Et la seule réponse, Elle est dans l'influence française à l'intérieur de cette Union européenne, qui est la masse critique nécessaire pour que les Chinois, les Russes un jour et les Américains le plus vite possible recommencent à nous respecter c'est une question de respect oui oui enfin c'est une question d'abord de détermination nationale vous pensez que c'est ça qu'il faudra aux futurs présidents de 2027 pour faire face à donald trump vu que monsieur barnier est sur ce plateau alors face à donald trump on ne sait pas avec donald trump ça sera peut-être notre meilleur allié à ce moment là tout est possible avec lui mais et ça sera peut-être notre meilleur allié pour une semaine et pas pour la semaine suivante aussi que la france ait besoin de pouvoir s'exprimer d'abord en disposant d'une situation économique qui ne soit pas un sujet d'angoisse.

Ensuite en disposant d'une majorité politique qui ne soit pas une chimère, qu'il faille ces deux facteurs pour qu'ensuite elle puisse exercer une influence d'abord en Europe et quand c'est possible, souhaitable ou nécessaire au-delà de l'Europe, bien sûr je suis totalement convaincu. Encore faut-il que le moment venu qui sera rapide, les Français dans leur vote tiennent compte de ces facteurs-là. Il y a condition aussi que les partis politiques ou les hommes politiques soient à la fois audacieux et raisonnables et voilà pourquoi moi dans le combat que je compte continuer à mener.

C'est pour ça d'ailleurs que je suis revenu avec la confiance des Parisiens à l'Assemblée nationale, travailler une offre politique. Il ne suffit pas de dire on ne veut pas de Mme Le Pen, on ne veut pas de M. Mélenchon, ils font une offre politique.

Et je vais me battre aussi pour qu'il y ait un seul candidat de la droite et du centre. Et que ça soit vous ? Non, si vous personnalisez les choses, vous compliquez la réponse.

Donc ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est pourquoi faire et ensemble, comme on va gagner dans les municipales des sièges, ou ne pas les gagner selon qu'on sera unis ou désignés. — Un seul candidat pour 2027 à droite.

Merci, monsieur. À droite et au centre. — Oui.

Alors je suis totalement d'accord sur le fait qu'il faut un seul candidat, est totalement sceptique sur le fait qu'on y parvienne. – Oui mais moi je n'ai pas droit ni au fatalisme ni au scepticisme. – Allez, ni fatalisme ni simplicisme, merci Michel Barnier d'avoir été ce soir l invité du face-à-face d'Alain Duhamel.

Alain Duhamel, on va continuer à parler de la situation

États-Unis, Iran, menaces sur l’Europe… Michel Barnier face à Alain Duhamel en intégralité — Michel Barnier · Pourquijevote