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interviewyoutube.com· 16 mars 2026 19 min

Municipales: l'interview de Mathilde Panot (LFI) en intégralité au lendemain du premier tour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Mathilde Panot, vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, vous êtes vous-même députée La France Insoumise du Val-de-Marne, merci de répondre à mes questions ce matin. La France Insoumise qui est en position d'avoir gagné dès hier un certain nombre de villes, Saint-Denis évidemment étant la plus emblématique, en position très favorable à Roubaix, et en faiseur de roi dans un certain nombre de villes. Sophia Chikirou disait hier soir attendre l'appel d'Emmanuel Grégoire, est-ce que vous savez s'il l'a appelé cette nuit ?

0:29
Mathilde Panot

Alors je ne crois pas, mais je veux commencer par dire que moi je me félicite et que je veux remercier l'ensemble des militants et militantes insoumis pour la percée remarquable que nous avons fait dans les élections municipales. Comme vous le savez, nous sommes un mouvement qui a seulement 10 ans, c'est notre deuxième élection municipale, et nous étions jusqu'à là à la tête de deux villes de moins de 20 000 habitants.

Donc évidemment la victoire de Saint-Denis est une victoire qui pour nous est éclatante, qui montre aussi l'arrivée de la nouvelle France dans la scène politique municipale, et la victoire de Bali-Bagayoko nous rend fiers, et je crois est un symbole extrêmement fort pour la deuxième plus grande ville d'Ile-de-France, et je rappelle que nous allons par exemple gagner Roubaix, qui est la ville la plus pauvre de France, ce qui là aussi nous honore. Ça veut dire quoi la nouvelle France ?

La nouvelle France c'est à la fois une France féminisée, une France jeune, nous avons beaucoup de jeunes y compris à la tête de nos listes, ce sont aussi des élus qui vont aller par centaines et par centaines, voire par milliers dans les conseils municipaux, qui seront des élus qui ont connu par exemple les problèmes de logement, qui sont des familles monoparentales, notamment des mères célibataires, ce sont des personnes qui ne feront pas de la politique comme on faisait dans le vieux monde, et qui notamment romperont avec un certain nombre de pratiques, qui sont des militants associatifs, des militants syndicaux, et donc je suis très fière que cette nouvelle France rentre dans l'Assemblée, et je veux le dire avec y compris beaucoup de nos têtes de liste qui ont subi un racisme absolument crasse.

Un racisme ? Oui bien sûr. Si vous regardez Bali-Bagayoko par exemple, le nouveau maire de Saint-Denis, il a eu, comme beaucoup de nos têtes de liste, vraiment une vague de racisme qui se sont abattus par des messages, par des menaces de mort, par des dégradations de permanence, par des dégradations parfois de domicile personnel, et donc je veux aussi dire que c'est aussi cela la nouvelle France, et que n'en déplaise notamment à l'extrême droite qui fantasme une France d'avant, et bien il y a une France d'aujourd'hui, qui est une France qui assume ce qu'elle est et qui en est fière.

2:31
Présentateur

Alors dans les très grandes villes, pour le coup, les scores ne sont pas non plus flambants, mais vous êtes faiseur de roi, et notamment c'est le cas à Marseille ou à Paris, je le disais, Sofia Chikirou disait attendre l'appel d'Emmanuel Grégoire, je vous repose la question, est-ce que vous savez s'il l'a appelé hier soir ?

2:46
Mathilde Panot

Alors à ma connaissance il ne l'a pas appelé, effectivement nous faisons des scores qui nous rendent incontournables dans un certain nombre de grandes villes, je veux le dire aussi, nous pouvons par exemple gagner Lille, nous pouvons gagner par exemple Toulouse, donc ce sont des grandes villes dans lesquelles nous faisons des scores très impressionnants, si je prends le cas de Paris ou le cas de Marseille, nous avons à chaque fois tendu la main aux listes qui étaient devant nous, j'entends que pour l'instant ces mains ne sont pas tendues, et moi j'invite chacun et chacune à être responsable, parce qu'il faut quand même comprendre que par exemple si on prend Marseille, qui est le cas le plus emblématique, parce qu'il est évidemment hors de question pour la France Insoumise de faire en sorte de laisser, Marseille être prise par le Rassemblement National, puisque Marseille est la deuxième ville de France, et que nous, nous savons ce que fait le Rassemblement National quand il arrive au pouvoir dans des villes, contrairement à ce qu'on dit souvent, nous avons déjà essayé le Rassemblement National, ça donne par exemple la fin des locaux pour le secours populaire et la fin des subventions pour le secours populaire, la privatisation de crèches, la privatisation de piscines, ça donne une augmentation des indemnités d'élus, et donc nous ne voulons absolument pas ça pour les Marseillais et Marseillaises.

Donc M. Payan doit être responsable. Donc Sébastien Delogu se retirera ? Non, en fait, vous savez, dans la tradition de la gauche, ce n'est pas le désistement. Dans la tradition de la gauche, c'est le rassemblement. Et moi, je veux alerter solennellement à votre micro, si nous voulons pouvoir faire en sorte de battre la droite et l'extrême droite lorsqu'elles sont en mesure de l'emporter, alors M. Payan, comme d'autres, aura besoin des électeurs et des électrices insoumis.

Et donc, s'ils décident de ne pas respecter la France Insoumise, comment veut-il que les électeurs et les électrices aillent ensuite se déplacer massivement, car c'est par la mobilisation qu'ils pourront battre la droite et l'extrême droite ? Mais pardon, mais pourquoi vous n'y avez pas pensé avant ?

4:36
Présentateur

C'est-à-dire, pourquoi vous n'y avez pas pensé quand, par exemple, Sophia Chikirou, en lançant sa campagne, a dit qu'elle était candidate pour qu'il n'y ait pas de maires socialistes ? Pourquoi vous n'y avez pas pensé avant, lorsque Sébastien Delogu a, pendant toute sa campagne, et je cite là Benoît Payan, basé cette campagne, je cite, sur la calomnie et le mensonge ? Vous n'avez pas créé les conditions ensuite d'une sorte d'unité, d'amour et de réconciliation. Madame de Malherbe, je vais vous donner un scoop.

5:03
Mathilde Panot

Vous avez l'air aujourd'hui de découvrir que peut-être il y a eu des ruptures un peu violentes. C'est bon, vous avez fini ? Je vais vous donner un scoop. Quand nous allons à une élection, nous y allons pour gagner. D'accord ? Non mais là, ce n'est pas pour gagner, c'est pour faire battre le Parti Socialiste. Non, non, non, c'est pour gagner. Et donc, évidemment, pour battre la mairie qui était en place, puisque nous considérons qu'avec la cantine gratuite, les transports gratuits, le référendum d'initiative citoyenne, nous avons un meilleur programme.

Et d'ailleurs, nous avons eu raison d'y aller, Madame de Malherbe, parce que, par exemple, à Toulouse, si on avait écouté ce genre de raisonnement, nous ne serions pas, nous, en tête de la gauche,

5:37
Présentateur

avec la possibilité de faire basculer les socialistes. À Lille, vous êtes au coude à coude. Mais nous aurions l'emporté, là aussi, à Lille. Je vous repose cette question. Honnêtement, vous n'êtes pas surprise, ce matin, de la défiance ou peut-être, en tout cas, de la résistance d'un Benoît Payan qui dit qu'on a quand même un peu d'honneur. Il dit qu'il faut avoir de l'honneur quand, face à nous, Sébastien Delogu a basé, je redis, sa campagne

6:02
Mathilde Panot

sur la calomnie et le mensonge. Écoutez, ce n'est pas parce que M. Payan dit qu'il y a eu une campagne de calomnie et de mensonge. Il y a eu une campagne, justement, de conviction auprès des Marseillais et des Marseillaises. Je vais vous dire quelque chose de très important, Madame de Malherbe.

6:15
Présentateur

Les choses sont très simples. Franchement, ils exagèrent. Ils ne saisissent pas la main tendue. Mais cette main a été quand même très violente pendant la campagne. Il y a encore quelques jours, Mathieu Hanotin, socialiste, était traité de petit bourgeois visqueux par Jean-Luc Mélenchon.

6:31
Mathilde Panot

Oui, et qu'est-ce qu'il avait dit ? Remontez depuis le début, Madame de Malherbe. Qu'est-ce qu'il avait dit, M. Hanotin, sur Bali Bagayoko ? Que la France Insoumise faisait campagne avec les narcotrafiquants ? Vous trouvez que c'est digne comme débat politique ? Mais ce n'est pas une injure personnelle. Alors que, pardon, petit bourgeois visqueux, je pense que c'est une annonce. Arrêtez, Madame de Malherbe. Je vais vous dire quelque chose. Pour vous, il n'y avait aucune campagne municipale où jamais aucune formation politique n'avait été autant attaquée. Attaquée, y compris physiquement.

Je rappelle que, par exemple, Marianne Maximi, députée à Clermont-Ferrand et tête de liste, s'est faite agresser physiquement sur un marché. Je rappelle que nous avons une alerte à la bombe dans notre siège. Donc, nous n'avons jamais subi un tel niveau de violence. Et je vais terminer sur M. Payan dont vous parliez juste avant. Si M. Payan ne veut pas jouer le jeu de la droite et de l'extrême droite, lorsqu'on est responsable, lorsque des millions de gens comptent sur nous, on ne fait pas ce qu'est en train de faire M. Payan, c'est-à-dire se réfugier derrière, bon, des petites polémiques de ce qui se serait passé pendant la campagne ou je ne sais quoi.

Pour vous, c'est des petites polémiques ? Oui, oui, on est responsable. Écoutez, quand vous pensez qu'il est important de peut-être laisser l'extrême droite gagner la deuxième ville du pays, oui, je parle de choses très très sérieuses. Beaucoup plus sérieuses que je ne sais quels mots, qui auraient été dit à quel moment, que vous ne m'avez d'ailleurs pas cité. S'il s'agit, comme vous le dites,

7:56
Présentateur

d'un moment très très sérieux et grave pour la nation, constatant que M. Payan ne saisit pas en effet cette main, est-ce que Sébastien Delogu va en tirer en quelque sorte les conséquences

8:08
Mathilde Panot

et se retirer ? Mais moi, je vais vous dire, j'appelle les Marseillais et les Marseillais à exiger de M. Payan qu'il y ait une fusion. Pourquoi ? Parce que moi, je ne me résous pas à ce que nous perdions Marseille. On parle de ça. Si les électeurs et électrices insoumis ne vont pas massivement aux urnes, alors Marseille pourrait passer à l'extrême droite. Donc ce que fait M.

Benoît Payan est extrêmement dangereux et il doit pour cela faire ce qu'on appelle une fusion technique, je vais expliquer, on pourrait l'appeler une fusion démocratique, c'est-à-dire le fait de dire que nous ne serons pas ensemble dans l'exécutif municipal, nous ne gouvernerons pas ensemble Marseille, mais par contre, qu'à juste propos, en proportion de ceux qui ont voté au premier tour, nous proposons une liste commune avec des insoumis qui seront représentés. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire pour être élu, mais ensuite, chacun reprend ses billets ? Oui, mais vous comprenez que du coup, les électeurs et électrices insoumis auront envie d'aller voter parce que chacun sera représenté.

À cela, Benoît Payan dit, je ne fais aucune tambouille, parce qu'effectivement, ça ressemble quand même à la tambouille. Mais non, écoutez, une fusion technique, en tout cas démocratique comme on le dit, ça permet de ne pas gérer la ville ensemble, donc nous respectons les différences des différents programmes, mais par contre, de respecter le vote des Marseillais et Marseillaises qui a été fait au premier tour. Et ça, je crois que faire respecter le résultat des urnes, c'est ce qui permet de maximaliser la mobilisation justement pour pouvoir battre la droite et l'extrême droite à Marseille comme ailleurs.

9:33
Présentateur

Sophia Chikirou disait, j'attends l'appel d'Emmanuel Grégoire. Vous dites pour l'instant, ce n'est pas arrivé. Semble-t-il, Sébastien Delogu espérait aussi l'appel de Benoît Payan, ce n'est pas arrivé. Est-ce qu'eux-mêmes, du coup, vont prendre leur téléphone et les appeler ?

9:47
Locuteur non identifié

Je crois que… Ça peut marcher dans les deux sens, au fond. Oui, oui.

9:51
Mathilde Panot

Enfin, je pense que Sébastien Delogu a fait un appel public. Sophia Chikirou l'a fait aussi. Ce n'est pas une question de qui appelle qui. Le problème n'est pas de qui appelle qui. Le problème, c'est que… Non, non. Le problème, c'est que publiquement, Monsieur Payan et Monsieur Grégoire aujourd'hui disent publiquement non à cela. Et c'est cela qui a été responsable. En fait, ils n'ont même pas traité la question. C'est-à-dire que dans leur déclaration hier soir…

10:13
Présentateur

Ah si, si, Monsieur Payan a traité la question. Bien attentivement, il a fini par le dire et il va le faire lorsque les gens l'ont interrogé. Mais l'un comme l'autre, lorsqu'ils ont fait leur déclaration, n'ont même pas mentionné la France insoumise. Vous dites qu'on est incontournable. Visiblement, ils estiment qu'ils peuvent gagner sans vous.

10:26
Mathilde Panot

Eh bien, nous verrons. Mais du coup, ils prennent aussi la responsabilité de peut-être donner des villes à la droite et à l'extrême droite. Sophia Chikirou qui disait, je la cite, « Il ne faut pas qu'un socialiste soit maire de Paris. »

10:37
Présentateur

Est-ce que vous dites toujours la même chose aujourd'hui ?

10:40
Mathilde Panot

Je vous redis ce que je disais. Lorsque nous nous présentons à une élection, nous nous présentons pour gagner. Et lorsque Sophia Chikirou dit qu'elle ne veut plus que la mairie soit socialiste, c'est parce qu'elle souhaite que la mairie soit insoumise, ce qui est le propre d'une élection. Et moi, je vais vous dire, parce qu'on est beaucoup en train de parler de la gauche, ce qui est normal, mais il y a une des leçons de cette élection municipale dont on n'a absolument pas parlé, c'est que nous nous retrouvons dans une situation où les macronistes ont complètement disparu du paysage. Totalement disparu, comme vous dites. Je l'ai dit d'ailleurs dès hier soir.

L'après-Macron a d'ores et déjà commencé. Et dans le moment politique, que nous sommes en train de vivre depuis plusieurs semaines, entre, je le redis très clairement, entre fascistes et antifascistes, il n'y a pas d'entre-deux. Il n'y a qu'un seul côté de la barricade. Et ce qui est en train de se passer, par exemple à Marseille, en est un des exemples les plus frappants.

C'est-à-dire que lorsque vous avez des personnes qui sont incapables de dire, entre un Rassemblement national au second tour des élections présidentielles et Jean-Luc Mélenchon, pour qui ils voteraient, eh bien ils tournent le dos à la tradition historique de la gauche qui est de considérer que notre adversaire, c'est la droite et l'extrême-droite.

11:51
Présentateur

Mathilde Panot, il y a Nantes, il y a effectivement Montpellier, il y a Lille, il y a Lyon. Une question sur Nantes. Nantes, Johanna Roland, socialiste sortante, est en tête avec 35% des voix, mais elle est talonnée par le candidat de droite, Foulke Chambard-Delauve. Et puis il y a le candidat LFI qui est à 11%, donc en mesure de se maintenir. Est-ce que vous savez s'ils se sont parlés ? S'ils envisagent une fusion ? Est-ce que vous savez où on en est ?

12:20
Mathilde Panot

Je crois qu'il y a des discussions qui sont en cours. Je peux d'ores et déjà vous dire qu'il y a eu des fusions. Et cette fois-ci, cela montre à quel point nous, nous sommes cohérents avec ce que nous sommes en train de faire à Besançon, où vous le savez, la droite fait 40%. Donc fusion à Besançon ? Exactement, derrière une liste écolo, avec une liste écolo, donc à proportion là aussi. Nous avons une fusion programmatique à Tours qui s'est faite. Donc nous, nous prenons nos responsabilités. À chaque fois qu'il le faut, contre la droite et contre l'extrême droite.

12:48
Présentateur

Pour l'instant, avec les écolos, ça se passe très bien ?

12:50
Mathilde Panot

En tout cas, ça avance dans des discussions qui sont normales, respectueuses et dignes. Mais avec le Parti Socialiste, ce n'est pas encore gagné ? On va voir. J'entends que dans quelques heures, nous pourrions avoir des annonces pour Toulouse, qui, je l'espère, seront bonnes, et qui montreront peut-être qu'à des endroits, il y a des socialistes plus raisonnables que d'autres.

13:09
Présentateur

Donc pour vous, à Toulouse, on s'oriente plutôt vers une alliance ? Je l'espère. Malgré l'opposition de la présidente de la région, Carole Delga ?

13:17
Mathilde Panot

Oui, malgré, y compris d'ailleurs, le candidat socialiste qui lui aussi disait « Jamais nous ne ferons de fusion ».

13:23
Présentateur

Vous allez faire des fusions, mais sur quels programmes ? Une des particularités de cette élection, c'était aussi le fait que la sécurité apparaissait aux yeux des électeurs comme une question importante. Et là-dessus, ayant moi-même animé un certain nombre de débats, j'ai pu constater que vous n'aviez pas du tout la même vision les uns que les autres. On a d'un côté par exemple Sébastien Deloglu qui dit « la police tue », on a de l'autre côté un Benoît Payan qui dit « il faut réarmer la police », LFI qui dit plutôt qu'il faut « désarmer la police municipale ». Vous allez vous mettre d'accord, mais sur quoi ?

13:50
Mathilde Panot

Non, la fusion programmatique, lorsque vraiment on décide, par exemple comme à Tours, de faire une possibilité d'exécutif commun, une fusion programmatique, on se met d'accord sur un programme. Mais dans le cas de Marseille, ce que nous demandons, une fusion technico, une fusion démocratique, nous ne participerons pas à l'exécutif marseillais. Je veux dire, nous ne serons pas solidaires,

14:12
Présentateur

ni des budgets, ni des alliances, alors que vous avez des visions

14:16
Mathilde Panot

aussi différentes sur une question comme celle-là. Oui, parce que nous considérons qu'il faut faire battre l'extrême droite, parce que nous sommes des gens responsables.

14:23
Présentateur

Mais ça veut dire qu'il n'y aura pas du tout de discussion sur le fond, ça veut dire que c'est uniquement une alliance vraiment électorale.

14:29
Mathilde Panot

C'est une alliance de front antifasciste.

14:32
Présentateur

Mais ça veut dire que potentiellement on se retrouve avec ce qui s'est passé pour la NUPES, c'est-à-dire sur le moment où vous avez gagné et ensuite vous vous êtes chacun tourné le dos.

14:40
Mathilde Panot

Non, parce que justement sur la NUPES, le problème c'est que le Parti Socialiste n'a pas respecté le programme que nous avions pourtant conclu ensemble, qu'ils avaient pourtant signé. Et donc le problème c'est d'abord le fait de ne pas avoir respecté la parole qui a été faite par les électeurs et les électrices. Là, ce que nous sommes en train de dire, c'est que nous, nous ne ferons pas de tambouille. Nous avons un programme, il n'a pas changé. Ce programme, il permet d'avoir plus de services publics, il permet d'avoir la cantine bio gratuite et locale. Mais donc vous n'êtes pas d'accord sur le fond ? Oui bien sûr, ce n'est pas d'accord sur le fond.

15:08
Présentateur

Pourquoi vous dites que la gauche doit se rassembler ? Parce que c'est de gauche assez différente.

15:12
Mathilde Panot

Et vous ne faites même pas semblant de vous associer sur le fond ? Dans le cadre d'une fusion démocratique, effectivement, nous ne faisons pas semblant, nous ne faisons pas de magouilles. Nous sommes transparents, nous sommes démocratiques. Nous disons qu'il faut respecter les votes de chacun et chacune au premier tour, justement pour le second tour, pour permettre de battre l'extrême droite. Encore une fois, parce que nous, nous savons ce que crée l'extrême droite lorsqu'ils prennent des villes.

15:35
Présentateur

On est bien d'accord Mathilde Panot. S'il n'y a pas de fusion technique, comme vous dites, à Paris ou à Marseille, Sofia Chikirou et Sébastien Delogu se maintiendront.

15:45
Mathilde Panot

Mais vous comprenez que dans des discussions, oui, pour l'instant, nous nous maintenons, oui bien sûr. Pour l'instant.

15:50
Présentateur

Il est possible que Sébastien Delogu dise bon écoutez... Mais vous savez ce que c'est une négociation Madame de Malherbe ? Il ne veut pas, il ne veut pas, je me retire. Vous savez ce que c'est une négociation Madame de Malherbe ? Oui bien sûr, bien sûr. Mais une négociation ça veut aussi dire qu'on comprend quand même que potentiellement vous pourriez vous retirer. Est-ce que Sofia Chikirou est prête à se retirer ? Non. Non. Donc vous irez quoi qu'il arrive ? Mais écoutez, nous pensons...

16:11
Mathilde Panot

Vous irez ou vous n'irez pas ? Oui, nous irons. Vous irez ? Nous pensons que lorsque nous avons un risque de droite... Quitte à faire élire l'ERN à Marseille. Mais écoutez, le cas marseillais est un cas à part. Et moi je vais vous dire, lorsqu'il y a des négociations, je ne réponds pas à ces questions. Mais à Paris, qui est un cas un peu différent, si Monsieur Grégoire veut une fusion technique avec la France Insoumise, nous avons appelé à cela, nous avons dit...

16:39
Présentateur

C'est un peu différent, je n'ai pas compris. C'est-à-dire qu'à Paris, vous pourriez vous maintenir parce que vous vous dites qu'il n'y a pas de risque d'extrême droite. C'est-à-dire que vous comprenez qu'une ville... Et en revanche, je vous inviterais, Sébastien Delogu, on le comprend bien, à se retirer parce que sinon il prendrait la responsabilité.

16:50
Mathilde Panot

Mais non, vous ne comprenez rien. Non, mais écoutez, nous sommes en négociation, je ne répondrai pas à ces questions. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que la France Insoumise est responsable. La France Insoumise fera tout pour ne pas laisser la seconde ville du pays à l'extrême droite. Et que ceux qui prennent la responsabilité aujourd'hui, ceux qui prennent la responsabilité de laisser l'extrême droite gagner Marseille, c'est ceux qui refusent... Vous dites qu'on ne fait pas de tambouille,

17:11
Présentateur

mais à Toulouse, semble-t-il, vous avez fait un accord, en gros, la mairie pour LFI et la métropole pour l'EPS.

17:17
Mathilde Panot

Je ne connais pas l'accord. Vous faites des petits... Je ne connais pas l'accord, mais en tout cas, je me réjouis de savoir que nous pouvons gagner Toulouse et que nous pouvons faire basculer la ville vers la gauche. Mais vous n'appelez pas ça une tambouille quand on dit qu'il y en a un qui prend la mairie et puis toi, je te donne la métropole ? Ça s'appelle un accord, mais je ne connais pas exactement l'accord qui en a été fait, mais ça s'appelle un accord. Et encore une fois, tant que c'est transparent et tant que nous gardons ce que nous portons, eh bien, je crois qu'il n'y a aucun problème sur ce que les électeurs et électrices disent. Mathilde Pannot, vous êtes la présidente du groupe

17:45
Présentateur

La France Insoumise à l'Assemblée nationale. Vous avez des nouvelles de Raphaël Arnault ?

17:49
Mathilde Panot

Oui, régulièrement.

17:50
Présentateur

Il ne vient plus à l'Assemblée, il ne va pas dans sa section.

17:52
Mathilde Panot

Vous savez qu'on avait deux semaines de suspension, que nous en avons une troisième ? Non, avant ces deux semaines. Oui, vous savez que Raphaël Arnault est menacé.

18:00
Présentateur

D'après les journaux locaux, il n'avait pas mis non plus un pied dans sa circo.

18:03
Mathilde Panot

Oui, Raphaël Arnault est menacé de mort. Peut-être que ça ne vous fait ni chaud ni froid.

18:06
Présentateur

Je m'imagine, mais il n'a pas dit un mot depuis que ses trois assistants parlementaires ont été arrêtés.

18:11
Mathilde Panot

Non, ce n'est pas vrai. Il a fait des tweets, mais je vous rassure, Raphaël Arnault va revenir.

18:16
Présentateur

Il va revenir à l'Assemblée nationale ?

18:18
Mathilde Panot

Et c'est un député qui est plus que jamais nécessaire dans le moment politique que nous sommes aujourd'hui.

18:22
Présentateur

Plus que jamais nécessaire ? Oui, bien sûr.

18:24
Mathilde Panot

Quand vous avez une ministre qui parle de nous en disant que la France insoumise, c'est l'anti-France, en utilisant les mots du théoricien antisémite d'extrême droite Charles Maurras. Lorsque vous avez Martine Vassal des Républicains à Marseille qui dit partager les valeurs du pétainisme. Et lorsque vous avez une marche néo-nazie qui est autorisée dans notre pays avec des saluts nazis et des chants homophobes et racistes. Oui, l'antifascisme est plus que jamais nécessaire.

18:48
Présentateur

Merci Mathilde Panot d'avoir répondu à mes questions. Présidente du groupe la France insoumise à l'Assemblée nationale. Vous êtes bien sûr AMC BFMT. Merci à vous.