Pierre-Henri Dumont : «Jordan Bardella se fait avoir par un pitre comme Monsieur Farage»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 64 %Attaque 28 %Défensif 9 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:07OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez un outil de prédilection ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Concrètement, à quoi ça ressemblait, la politique, dans votre univers familial ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un moment dans cette enfance où vous vous êtes dit « la politique, ça sera aussi ma vie » ?
- 6:21OuverteRéponse directe
On reviendra dans un instant à votre élection à la mairie, mais un peu plus tôt, vous aviez fait Sciences Po Paris et vous êtes aussi passé par les États-Unis à l'université John Hopkins, puis dans le bureau d'une élue démocrate à Washington. Vous étiez quoi ?
- 6:49OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a frappé là-bas dans leur façon de faire de la politique ?
- 9:21RelanceRéponse directe
Sur les moyens mis à disposition des parlementaires en France, vous savez que vous n'êtes pas le seul à le dire, mais c'est un discours qui est difficile à faire passer, parce qu'il y a une tendance à dire finalement ils sont déjà bien payés, et il est difficile de défendre la mise à disposition de plus de moyens.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:52Invité politiqueFait
« il y a un vrai contrôle, un vrai check and balances comme on dit aux États-Unis, un vrai contrôle de l'action du gouvernement par le Parlement, qui est beaucoup plus important aux États-Unis qu'en France »
- 10:00Invité politiqueFait
« une des dérives de la vie politique dans notre pays, c'est que l'administration décide et que le politique ne décide plus de rien »
- 11:16Invité politiqueChiffre
« en 2020 on a été réélu en triangulaire de premier tour à 73%, et là j'ai été réélu dès le premier tour en 2026 avec 81% des voix »
- 21:45Invité politiqueFait
« On a eu un classement PISA qui était absolument dévastateur pour le niveau d'éducation de nos enfants »
- 26:48Invité politiqueFait
« qu'il faut garder une base de répartition »
- 27:29Invité politiquePromesse
« la seule solution c'est de passer à une part importante et obligatoire de capitalisation »
- 27:45Invité politiqueChiffre
« on a 40% de l'impôt sur le revenu par exemple qui est payé par une toute petite minorité, moins de 1% des foyers fiscaux qui sont imposés »
- 28:35Invité politiqueFait
« tout ou presque a été avalé par les pensions des professeurs retraités et pas dans la revalorisation des professeurs aujourd'hui devant les élèves »
- 30:22Invité politiqueFait
« ce sont à 95% des Érythréens, des Somaliens, des Afghans, des Iraniens et des Irakiens »
- 34:30Invité politiqueFait
« on a fait avec le règlement retour qui a été voté au Parlement européen sous l'impulsion de François-Xavier Bellamy et porté par Bruno Retailleau »
- 37:31Invité politiqueFait
« il y a déjà évidemment un dysfonctionnement majeur et jamais ça aurait dû être permis »
- 38:00Invité politiqueFait
« quand on vient en France on doit s'adapter à ses règles et à ses normes »
Temps de parole
- Pierre-Henri Dumont74 %
- Présentateur21 %
- ?5 %
≈ 32,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L
'atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission,
nous
essayons de prendre le temps, dont parfois le tumulte de l'actualité nous prive, le
temps
de la réflexion, de l'analyse, de la mise en perspective avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Pierre-Henri Dumont, ancien député des Républicains du Pas-de-Calais, maire de Marc, dans le Calaisie, près de Calais. Et depuis quelques jours, porte-parole nationale de la campagne présidentielle de Bruno Retailleau. Bonsoir. Bonsoir Frédéric Rivière. Cette émission est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour à peu près 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps
pour
développer vos idées. Je vais vous soumettre à la question rituelle de cette émission puisque nous sommes dans un atelier, l'atelier politique, et généralement dans un atelier, on trouve des outils.
Est
-ce que vous avez un outil de prédilection ?
J
'ai un outil du quotidien qui est un ensemble en réalité qui est mon stylo et mon carnet. Je note beaucoup de choses. Je fais de la politique depuis quelques années. Je ne retiens pas forcément tout ce qui peut m'être dit par les services en mairie, par les citoyens que je rencontre.
En
particulier, là, maintenant, vous l'avez dit, dans la campagne présidentielle de Bruno Retailleau,
ça
fait beaucoup de choses à retenir.
Et
donc, je préfère écrire pour être sûr
de
rien oublier,
de
pouvoir relire et puis de pouvoir être certain. Et c'est vrai que je trouve que c'est beau et qu'on ne met plus
assez
à l'honneur le beau papier, les beaux stylos, l'écriture, le fait de prendre le temps. On est toujours avec les téléphones par souci de praticité, d'immédiateté.
Mais
le côté de l'écriture, c'est quand même quelque chose de
beau. Y compris certains calepins qui, parfois, peuvent être de très beaux objets.
Exactement. Oui, mais c'est ce que je disais. C'est vrai qu'un beau stylo, un beau calepin, même comme un beau livre, d
'ailleurs,
ce sont des choses qui
peuvent
sembler un peu désuètes et qui, je trouve, reviennent un petit peu à la mode. Et je m'en réjouis.
Alors,
vous êtes né à Grande-Synthe. Vous avez grandi dans le Nord. Et la politique est arrivée très tôt dans votre vie familiale. Vos parents militaient au RPR. Et vous avez d'ailleurs raconté avoir accompagné très jeunes vos parents lors de réunions. Vous portiez, je crois, des t-shirts, les jeunes, avec Chirac. Concrètement, à quoi ça ressemblait, la politique, dans votre univers familial ?
Je suis né à Grande-Synthe. J'ai vécu deux ou trois jours à Grande-Synthe. Parce que mes parents habitaient et habitent toujours la ville de Marc-en-Calaisie dont je suis maire. Je suis arrivé dans le Pas-de-Calais assez rapidement parce qu'on est à la frontière du Pas-de-Calais et du Nord. Et c'est vrai que mes parents
aiment
la politique, font de la politique dans le sens où ils étaient. Ils sont militants politiques, carté politique aux Républicains aujourd'hui, hier
au
RPR. Donc ça veut dire déjà une admiration sans faille pour le général de Gaulle et pour son action. Ça veut dire participer à des soirées électorales très jeunes. En effet, l'anecdote que j'ai déjà racontée, mais qui était
de
me retrouver à une élection,
je
crois que ça va être en 1995,
avec
un t-shirt des jeunes avec Jacques Chirac, où je devais avoir 8 ou 9 ans lors de cette élection présidentielle-là. Je me souviens être par exemple allé à Paris en quart avec la section RPR
du
territoire pour aller voir un spectacle qui, je pense, avait été mis en scène par Robert Hossein,
qui
s'appelait L'Homme qui dit non, qui est
l
'histoire du général de Gaulle au théâtre, pareil, tout gamin. Et donc c'est baigné dans cet univers-là.
Mais ça
vous barbait ou ça vous
plaisait ?
Ni l'un ni l'autre, c'est juste qu'en fait, chacun évolue dans des conditions qui sont différentes, dans des milieux familiaux qui sont différents. Moi, mon milieu familial, c'est un milieu familial où papa était fonctionnaire
et
qui était éducateur spécialisé, qui s'est formé très tard quand il avait passé 50 ans pour être directeur d'établissements
de
sécurité sociale, qui a fait l'école des cadres de Rennes, qui a créé ces établissements pour travailleurs handicapés. Maman qui était assistante sociale, pareil, qui est devenue après, qui a créé son entreprise d'assistante sociale pour venir en aide aux entreprises via des services
et
qui, du coup, a grandi dans ce milieu-là, qui est un milieu d'entrepreneurs, de gens qui en veulent, qui sont issus de la classe moyenne et qui veulent s'en sortir
et
qui pensent toujours, et c'est aussi un des messages que je porte, que la droite peut, avec ses solutions, permettre à ceux qui veulent s'en sortir de s'en sortir et offrir un meilleur futur à nos enfants. –
Est-ce qu'il y
a
un moment dans cette enfance donc très politique où vous vous êtes dit « la politique, ça sera aussi ma vie »
? – En
fait, pas du tout. C'est ça qui était au tout moment. J'ai toujours bien aimé la politique parce qu'on avait des discussions à table. Moi, je suis fan d'Histoire de France. J'ai appris à lire, pour tout vous dire, sur un bouquin qui était les grandes dates de l'Histoire de France, les Larousses, un peu ce qui était offert à question pour un champion à la fin. Mais j'avais eu ça, je crois que je dois avoir 7 ou 8 ans à une Saint-Nicolas.
Et
donc, j'ai su très tôt ce qu'était la bataille des champs cataloniques, ce genre de choses-là,
parce que
j'ai vraiment appris à lire sur ce livre-là. Et donc, forcément, il y a un lien entre l'histoire, la politique, tout ça, c'est quand même un même corpus. –
Évidemment.
–
Un même corpus.
Et
du coup, forcément, en baignant dans ce milieu où mes parents n'avaient jamais été élus, ils avaient été candidats sur des listes, mais n
'avaient
jamais été élus
avant
que je ne sois moi-même, je m'intéressais aux choses. Par exemple,
j
'ai commencé à faire une première S au lycée à Calais. Ça ne m'a pas plu. J'ai voulu passer en ES
parce
que c'était beaucoup plus ce qui m'intéressait, l'histoire, l'économie, et qui est une fois plus, encore plus, un peu plus politique. Mais je n
'ai
jamais eu l'idée de faire de la politique au sens d'être maire, etc., avant
que
se présente la possibilité d'être candidat aux élections municipales dans ma commune en fin 2013,
où
on m
'a
fait confiance et où, contre tous les pronostics, j'ai gagné la ville en 2014. À
l'âge de 26
ans.
À
l'âge de 26 ans. Et d'ailleurs, pour l'anecdote, quand j'ai dit à mes parents que je voulais faire de la politique,
je
voulais être candidat aux élections municipales dans ma ville
en
2013, j'avais l'impression, quand je leur annonçais ça à table,
que
le ciel tombait sur la tête de mes parents. Vraiment,
c'était... Mais
pourquoi tu fais ça ? C'est un truc à la con. Pardon, excusez-moi. C'est vraiment quelque chose de pas bien. Tu n'as jamais gagné.
Donc,
ce n'était pas du tout quelque chose de naturel, en réalité. Je m'intéresse à la chose publique, mais le fait de faire de la politique, non, ce n
'était
pas du tout quelque chose
de naturel. Alors, on
reviendra dans un instant à votre élection à la mairie, mais un peu plus tôt, vous aviez fait Sciences Po Paris et vous êtes aussi passé par les États-Unis à l'université John Hopkins, puis dans le bureau d'une élue démocrate à Washington. Vous étiez quoi ? Stagiaire ? Enfin,
vous en formation, quoi. Jeune
piu-piu,
stagiaire.
Mais pour un militant de droite français travaillé auprès d'une élue démocrate américaine, je m'ajoute que c'était une expérience intéressante. Qu'est
-ce
qui vous a frappé là-bas dans leur façon de faire de la politique ?
Ce
qui, en fait, était intéressant, donc j'étais à la fac à Johns Hopkins, l'année d'échange à Sciences Po,
c
'est la troisième année qui se
fait
obligatoirement à l'étranger,
et
il y avait un programme spécifique à l'intérieur de l'université OGT, donc à Johns Hopkins à Baltimore, qui était de partir sur le campus délocalisé à Washington, D
.C.,
suivre des cours à ce qu'on appelle la SAIS, qui est une école spécialisée en affaires internationales et politiques à Washington,
mais
la contrepartie,
c
'est d'avoir un stage. Moi, j'avais évidemment aucune connexion au Congrès, donc j'ai dû envoyer 300 CV à tous les représentants, qu'ils soient républicains ou démocrates, et cette représentante démocrate de l'État de New York, du quatrième district,
qui
représente le
district de Long Island.
McCarty,
d'ailleurs, je crois. Caroline McCarty, exactement. Ce qui est quand même un nom qui a une histoire aux États
-Unis.
Voilà, mais elle avait surtout, elle était charmante, elle l
'a
arrêtée, évidemment, parce que ça fait quelques années maintenant, elle était déjà un petit peu âgée, mais elle a une histoire très particulière, c'était une nurse, donc une infirmière, et qui a perdu son mari dans une tuerie de masse, dans un train de banlieue, les commuters entre New York et Long Island,
et
donc du coup, elle a fait du gun control, du fait
de
contrôler les armes,
la
circulation des armes aux États-Unis, le combat de sa vie, parce qu'elle est devenue veuve à cause de ça, et donc du coup, s'engager, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais pour des gens qui ont un vrai but, qui ont une vraie mission, qui se sont investis d'une mission, c'est excessivement passionnant, et puis ça m'a surtout permis de découvrir ce qu'est l
'une
des plus grandes démocraties au monde, qui est la démocratie américaine, ayant été ensuite collaborateur parlementaire pendant près de deux ans à l'Assemblée nationale, avant d'être élu député, j'ai pu voir la différence, et c'est vrai qu'aux États-Unis, les moyens qui sont donnés aux parlementaires sont 10 000 fois plus importants que les moyens qui sont en France, ça c'est un très bon côté, c'est-à-dire qu'ils ont beaucoup plus de staff, on peut être diplômé d'Harvard, et devenir engagé en tant qu'attaché parlementaire aux États-Unis, parce qu'il
y a
des moyens pour bien payer ses collaborateurs, et des collaborateurs de très bon niveau, qui sont des docteurs dans certaines catégories, permet de vraiment challenger le gouvernement, et donc il y
a
un vrai contrôle, un vrai check and balances comme on dit aux États-Unis, un vrai contrôle de l'action du gouvernement par le Parlement, qui est beaucoup plus important aux États-Unis qu'en France, ou en France, les parlementaires ont très peu de moyens, et en réalité sont totalement à la main de ce que disent les rapports du gouvernement, et ce que disent les collaborateurs des cabinets ministériels, donc
il
y
a
ça, et à côté, il
y
a un autre mauvais côté aux États-Unis, c'est que tous les deux ans ils sont en élection, donc en fait ils
passent plus de temps
à chercher de l'argent, à faire des dîners pour récupérer de
l
'argent plutôt qu'à faire avancer
les choses. Mais sur
les moyens mis à disposition des parlementaires en France, vous savez que vous n'êtes pas le seul à le dire, mais c'est un discours qui est difficile à faire passer, parce qu'il y
a
une tendance à dire finalement ils sont déjà bien payés, et il est difficile de défendre la
mise à
disposition de plus de moyens. Oui,
qu'on m'entende bien,
un
sujet c'est pas dire qu'il faut plus payer les députés,
le sujet
c'est
de dire qu'il faut que des députés et des collaborateurs qui puissent être du même niveau d'études intellectuelles que les cabinets ministériels, que les grandes administrations, parce que c'est le meilleur moyen de contrôler ce que fait l'administration, et aujourd'hui une des dérives de la vie politique dans notre pays, c'est que l'administration décide et que le politique ne décide plus de rien, parce qu'il y
a
un manque de compétence au niveau du politique.
Alors vous l'avez dit, vous êtes devenu maire donc de Marc à 26 ans, est-ce que vous avez connu ce qu'on pourrait appeler le syndrome du jeune élu à qui on fait comprendre parfois, et peut-être même parfois un peu sèchement, qu'il n
'a
pas vraiment l'âge ni vraiment l'expérience ?
C'est sûr que le premier, ma ville, la ville de Marc, quand je suis élu maire en 2014, c'est une ville qui est de gauche, complètement de gauche, je
suis
le premier maire de droite, la droite faisait habituellement 20% au premier tour contre deux listes communistes et socialistes, donc c
'était un
peu une surprise, et forcément j'ai
eu
la critique de l'âge,
et
j'ai dit bah oui, en effet j'ai 25-26 ans,
mais
je vous rassure, c'est quelque chose que je corrige chaque année un peu plus, mais au-delà de ça, je suis peut-être le plus jeune, mais je suis le plus compétent, et donc j'ai vraiment beaucoup joué sur la compétence, sur le fait que mes adjoints étaient des personnes qui étaient des pointures,
des
spécialistes dans leur corps de métier pour pouvoir bien gérer la ville,
et
on a tenu les promesses, d'ailleurs le meilleur exemple, c'est qu'on a été réélu, alors qu'on avait été élu en triangulaire contre deux listes de gauche à 42% en 2014,
en
2020 on a été réélu en triangulaire de premier tour
à
73%, et là j'ai été réélu dès le premier tour en 2026 avec 81% des voix, donc ça prouve quand même que le job est fait, il
y
a toujours des gens qui ne
sont
pas contents, ils ont parfaitement le droit de l'être, mais que globalement la politique qu'on mène est une politique assez consensuelle.
Vous aimez le football, vous avez été co-capitaine de l'équipe de l'Assemblée nationale, et vous avez même organisé des rencontres avec des jeunes autour de FIFA, le célèbre jeu de football, jeu vidéo, jeu en ligne, jeu de console, qui d'ailleurs ne s'appelle plus comme ça depuis maintenant 2-3 ans. Qu'est-ce que ça représente le foot pour vous ? C'est une échappatoire ou c'est plus que ça ?
Non, c'est une passion.
Moi
j'ai grandi quand j'étais tout gamin,
vous
savez,
la
Coupe du Monde 98 en France,
j
'avais 10 ans. Donc forcément, c
'est
la première fois où on regarde vraiment le foot,
et
en
plus on la gagne, c'est à domicile.
Je
tombe à peu près dans la même année, c'est Lens qui est champion de France pour la première fois en 97-98. Moi j
'ai
un père qui est supporter de Lille et moi je suis supporter de Lens jusqu'au bout des ongles, donc ça se friture
à
la maison. Oui, mon père est né à Lille, a grandi à Lille, donc je le pardonne. Et du coup, j'adore le foot, je passe beaucoup de temps à regarder les matchs. Jeudi, Lens a joué en Ligue des Champions contre Prague, et donc c'est un bonheur de pouvoir voir et de pouvoir communier avec plein de monde.
Et
en fait,
ce
qui est bien dans un match de foot, dans un vestiaire de foot, c'est qu'en fait, on croise tout le monde. Il y a le riche, le pauvre, il y a le garçon, le fils unique comme le garçon, l'aîné d'une fratrie du 8. Il y a vraiment toutes les classes sociales, tous les âges, toutes les morphologies, et en fait, on est tous avec le même maillot. Et c'est ça qui crée une cohésion. Moi, je suis un grand fan de Sportco. C
'est vrai dans le rugby aussi ce que vous dites. Oui, dans le rugby.
Moi, quand j'étais plus jeune, je faisais du hand, j'ai fait du volet à Sciences Po. Donc voilà, j'ai toujours adoré les Sportco parce qu'il
y
a quelque chose qui nous dépasse individuellement et qui est beau.
Alors, on va clore, Pierre-Henri Dumont, cette première partie qui est un peu votre parcours un peu personnel avec un choix musical. Alors, vous avez choisi Johnny Hallyday, vous nous direz pourquoi après avec un titre qui était un énorme tube qui s'appelle L'envie. Johnny Hallyday, l'envie. Alors, pourquoi vous avez choisi ce titre ?
Pour
deux raisons. La première, déjà, c'est Johnny. Et vous
aimez beaucoup Johnny Hallyday ? J
'adore Johnny. Ce que je disais sur le sport, en fait, je trouve que Johnny Hallyday, c'est le dernier chanteur qui a rassemblé tous les Français. Y
compris dans des
stades, d'ailleurs.
Bien sûr, mais quelles que soient leurs conditions sociales, quelles que soient leurs âges, quelles
que
soient leurs lieux d'habitation,
et
à un moment donné où
on
a l'impression que le pays est divisé, fracturé, ça fait du bien d'avoir des personnes comme ça qui communient, en réalité, autour d'une personne, d'une idole. Et Johnny, aussi, c'est... Pour moi, j'adore chanter Johnny, c'est très bête, mais quand je suis en voiture et que j'ai un peu de trajet à faire, on met une pélise de Johnny Hallyday, on peut chanter à tue-tête dans la voiture, je suis tout seul, ça vide la tête. Et je trouve que c'est très beau. Et l'envie, parce que l'envie,
c'est... Quand
on fait de la politique, c'est aussi ça. Moi, je suis un gamin issu de la classe moyenne, qui n
'était
pas du tout destiné à faire de la politique. Et je trouve que, quand même, dès qu'on a envie de faire quelque chose, il y a toujours un chemin. Et que, déjà, avoir envie de faire quelque chose, c'est un bon début. Après, il
faut
se donner les moyens de le faire. Mais c'est la base de tout, en fait, l'envie. Et je trouve que la puissance du titre, la puissance vocale, avec l'artiste qui la chante, fait un ensemble qui me paraissait plutôt adéquat avec le thème de l'émission. Et quand vous le
chantez en voiture, quand on veut chanter, comme Johnny Hallyday, se mesurer vocalement à lui, c'est pas évident.
Non, mais c'est pour ça que je le fais en voiture, parce que ça, personne ne
m'entend.
Je chante très, très mal. Mais
vous
prenez du plaisir à le faire
quand même. Je
prends du plaisir à le faire. De toute
façon,
plus on chante mal et plus on chante, de toute façon, c'est la règle. Et au moins, comme ça, je sais que s'il pleut, j'ai quand même les essuie-glaces et que
je
suis abrité suite à mon champ qui est, une fois plus, un champ absolument catastrophique.
On va entrer dans la politique un peu plus dure. Dans quelques minutes, on s'interrompra pour faire un point sur l'actualité. Mais je l'ai dit au tout début de notre entretien, vous venez d'être nommé il y a quelques jours porte-parole nationale de la campagne de Bruno Rotaio, campagne présidentielle. Quelle est votre mission concrète ? Qu'est-ce que vous pilotez ? Sur quoi vous avez réellement prise ?
La
mission concrète, c'est qu'on ait huit porte-parole nationaux avec un coordinateur.
Et
notre mission, c'est de faire en sorte que le bulletin Bruno Rotaio qui sera présent au premier tour de l'élection présidentielle soit aussi présent au deuxième tour de l'élection présidentielle. C'est très simple. Et donc, du coup, là-dessus, chacun, selon ses domaines de compétences, ce qu'il préfère, son lieu géographique, on est tous issus de territoires totalement différents, défendra, portera la parole
du
candidat Bruno Rotaio dans les médias, les médias locaux, les médias nationaux.
J
'ai plutôt
évidemment
la prise sur la question des Hauts-de-France parce
que c
'est là où je suis basé,
sur
les questions migratoires parce que c'est mon domaine de spécialité, sur les questions internationales puisque
j
'ai aussi un domaine de compétences là-dedans. Et puis après, c'est aussi selon la disponibilité. On a tous des métiers, on a tous des mandats et donc du coup, on ne peut pas être tout le temps disponible, en particulier à Paris puisque beaucoup d'émissions se font à Paris et donc on se répartit les émissions et on est vraiment là non pas pour inventer quoi que ce soit mais pour porter la parole, faire remonter aussi les difficultés qu'on rencontre dans nos territoires qui sont des difficultés qu'on peut ne pas voir.
Il écoute ses
portes-paroles Bruno Rotaio ? Il écoute énormément et c'est quelque chose... Moi au début, Bruno Rotaio, ce n
'est
pas forcément mon candidat au sein de la famille des Républicains. Je soutenais Aurélien, par exemple, Pradié contre lui l'élection interne du parti mais on a échangé et j'ai découvert quelqu'un qui passe beaucoup de temps à écouter et non pas à essayer de nous convaincre mais à montrer en quoi les discours des uns des autres peuvent se ressembler sur quelque chose de beaucoup plus grand et je trouve sa qualité d'écoute et de prise en considération de ce qu'on dit absolument extraordinaire.
On va revenir sur tout ça dans quelques instants. Merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique émission réalisée par Mathias Golchani et il est donc, je le disais à
l
'heure de faire un point sur l'actualité. On se retrouve dans quelques minutes pour la deuxième partie de l'Atelier politique.
L
'Atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
L
'Atelier politique avec Pierre-Henri Dumont, ancien député des Républicains du Pas-de-Calais, maire de Marc près de Calais et nous en parlions juste avant le journal depuis quelques jours, porte-parole nationale de la campagne présidentielle de Bruno Retailleau. Alors Bruno Retailleau,
il
est installé dans le paysage, les Français le connaissent.
Il
a d'ailleurs eu un moment au ministère de l'Intérieur où sa popularité avait monté assez nettement. Mais aujourd'hui, il reste quand même derrière d'autres candidats, y compris des candidats de droite ou du centre droit dans les enquêtes d'opinion. Quelle est aujourd'hui la difficulté pour Bruno Retailleau ? Est-ce que c'est malgré tout la notoriété ? Est-ce que c'est le positionnement ? Est-ce que c'est l'incarnation ? Ou est-ce que c'est le problème de l'espace politique ?
Non, ni l'un ni l'autre. Je pense qu'en réalité, la campagne présidentielle n
'est
pas encore totalement lancée. Pour certains, si. Oui, mais pas pour les Français. L'essentiel sont les Françaises et les Français qui nous regardent. Aujourd'hui, le vrai sujet pour eux,
ce
n
'est
pas de savoir s'il y aura une primaire, ce n
'est
pas de savoir qui va se départager au sein du
soi
-disant bloc central qui pour moi n'existe pas. C'est des questions de pouvoir d'achat. C'est comment est-ce qu'on fait pour
faire
face à l'augmentation de 20 à 30 centimes du tarif de l'essence. C'est ça, les vrais sujets des sondages sur l'élection présidentielle. On est quand même peu ou prou dans l'étiage qui était celui des élections européennes en 2024 avec un Jean-Luc Mélenchon qui est un peu plus fort et un PS qui est beaucoup plus faible que le résultat final. Mais globalement, on reste dans ces mêmes étiages et donc le temps de la campagne n'est pas encore totalement arrivé. On reste dans une sorte de léthargie de pré-campagne.
Nous,
on a une stratégie qui est très claire avec Bruno Retailleau et les Républicains. C'est de faire nos propositions. On a fait nos propositions sur l'école, sur le travail, comment faire pour que les Françaises et les Français, grâce à leur travail, gagnent au moins l'équivalent d'un 13ème mois avec une baisse forte des cotisations ? Comment est-ce qu'on fait pour que l'école puisse retrouver toute sa place ? On a eu un classement PISA qui était absolument dévastateur pour le niveau d'éducation de nos enfants qui en fait est la conséquence aujourd'hui, c'est ce qu'on est en train de mesurer, du quinquennat Macron qui n'a absolument rien remis
en cause. Pas
uniquement parce que ça fait quand même quelques années
que le dégrat a commencé. Et
qui n'a absolument pas remis en cause ce qui avait été fait sous François Hollande par les différents ministres de l'éducation nationale
et
où du coup on a beaucoup de choses à refonder.
Et
j'en parlais tout à l'heure mais la question essentielle pour nous et c'est ce qu'on a mis sur la table de façon très forte, c'est la réforme de la Constitution, faire en sorte que les Françaises et les Français aient le dernier mot quand il s'agit de ce qui est du ressort de l'État de droit et de la modification de la Constitution avec un recours accru au référendum avec le fait de pouvoir censurer les censeurs c'est-à-dire que quand le Conseil constitutionnel censure une loi qui est votée par le Parlement les Français puissent être saisis par le Président de la République afin de censurer le Conseil constitutionnel c'est-à-dire en gros de faire passer la loi malgré la censure du Conseil constitutionnel.
Et c'est-à-dire que pour ce qui est de cette mesure parfois le Conseil constitutionnel ne censure pas toute une loi mais censure certains aspects certains articles de la loi. Alors là comment ça se passerait ? Vous demanderiez aux Français de valider l'ensemble de la loi d'annuler en tout cas les décisions
? Oui c'est ça
avoir les ajustements selon la longueur de la censure s'il y a
un
ou un article qui est censuré je pense qu'on peut faire quelque chose de plus fort mais
la
réalité c'est qu'il ne faut pas que ce soit
le
Conseil constitutionnel qui crée sa propre jurisprudence. On a une constitution c'est extrêmement important qu'on ait le Conseil constitutionnel qui dise si oui ou non un texte respecte la constitution mais le Conseil constitutionnel n'a pas à créer sa propre jurisprudence et à façonner le droit mais
c'est ce qu'il a
fait en partie dans l'histoire de ces dernières décennies vous avez dit tout à l'heure que vous étiez gaulliste il y
a
beaucoup de gaullistes en tout cas revendiqués il y a vraiment beaucoup de gaullistes je ne peux pas
faire
plus ça va et plus on a des gens qui se réclament gaullistes d'ailleurs pardon mais la vaste blague du rassemblement national qui est en train d'ériger des statuts au général de Gaulle alors que la plupart ont été fondés sur
l'anti
-gaullisme
en partie mais c'est pareil ça fait des décennies c'est
quand même un délire
mais est-ce que vous pensez que le conseil constitutionnel l'esprit du conseil constitutionnel voulu par le général de Gaulle a été dévoyé ?
ce qui est sûr c'est que le général de Gaulle avait déclaré que le juge suprême dans une république en France c
'est
le peuple et que donc il n'y a rien que le conseil constitutionnel décide qui ne peut pas être changé par la volonté du peuple et c'est être gaulliste je ne
peux
pas être plus gaulliste qu'en reprenant les mots du général de Gaulle donc là-dessus on s'inscrit évidemment dans cette filiation qui est la filiation unique de la droite républicaine qui est celle du gaullisme
alors Bruno Retailleau défend à la fois la rigueur budgétaire la baisse de la dépense publique et l'idée d'une droite sociale ce qui signifie que les efforts doivent être faits par qui ? tout le monde ?
tout le monde devra faire des efforts aujourd'hui vous vous rendez bien compte que le déficit de notre pays
les
OAT le niveau des OAT c'est précisé
parce que c'est pas forcément clair
pour tout le
monde
combien est-ce qu'on achète les emprunts combien est-ce qu
'on
va payer en réalité les emprunts fait que quasiment toutes les recettes par exemple de l'impôt sur le revenu vont dans le remboursement des intérêts d'emprunt c'est juste pas tenable
donc
on se rend bien compte qu
'on
a un État qui aujourd'hui dépense beaucoup trop par rapport à ce qu'il collecte et que donc
les
efforts devront être faits par tout le monde les principales dépenses sont les dépenses sociales et dans les dépenses sociales on met évidemment les retraites
il
faut bien se rendre compte de la masse parce que ça représente
plus
de 14% du PIB c'est-à-dire que tout ce qui est produit en France part dans les retraites c'est-à-dire que c'est absolument énorme et qu
'on
ne pourra pas échapper à une réforme des retraites nous l'annoncerons bientôt ce que nous voulons faire nous pouvons déjà dire ce qui a déjà été annoncé c'est-à-dire que nous allons indexer l'âge des parts de retraite sur l'espérance de vie de façon individuelle évidemment avec une forte prise en compte de la pénibilité mais surtout il y aura une part de capitalisation obligatoire parce que la réalité c'est que si on reste par un système de répartition pur on va avoir des personnes qui devront des travailleurs qui devront partir à la retraite beaucoup plus tard parce qu'il faut bien équilibrer le système des retraites on va avoir des retraités pauvres avec des pensions qui vont diminuer et on va avoir des travailleurs de plus en plus pauvres parce qu'il faudra surcotiser le système des retraites par répartition pure a été créé quand il y avait 4 actifs pour un retraité et le retraité mourait au bout de 5 ans aujourd'hui on est à 1,6 actifs pour un retraité et le retraité meurt au bout de 20 ou 25 ans donc c'est intenable et si on veut sortir de cette spirale infernale il faut évidemment mettre une part de capitalisation obligatoire sans pénaliser les actifs éviter qu'ils cotisent deux fois en
réalité on parlait tout à l'heure de votre passage aux Etats-Unis aux Etats-Unis c'est la retraite par capitalisation on entend parfois certains dire que si on suivait cet exemple on s'en sortirait mieux vous pensez que malgré tout il est essentiel de maintenir pour une part prédominante le système par répartition je
pense
qu'il faut garder une base de répartition
il
faut garder une base de répartition ne serait-ce que
alors
une fois plus on détaillera la réforme d'ici quelques jours quelques semaines
mais
pour couvrir le minimum vieillesse par exemple on a des personnes qui ne sont pas ou peu déclarées des conjointes en particulier d'indépendants qui n'ont pas
pu
se mettre de retraite de côté donc voilà il y a forcément une base qu'il faudra avoir par répartition mais si on veut que les
travailleurs
puissent toucher une part importante du fruit de leur travail et
que
tout ne parte pas en cotisation si on veut faire en sorte que les retraités puissent continuer à avoir un niveau de vie qui leur permette de pouvoir vivre dignement il n'y
a
pas de 36 000 solutions la seule solution c'est de passer à une part importante et obligatoire de capitalisation quand vous dites
tout le monde devra prendre sa part aux efforts est-ce que les plus riches les plus gros patrimoines eux aussi doivent être mis à contribution
évidemment mais d'ailleurs ils le sont déjà non
mais plus
qu'ils ne le sont
oui mais quand vous regardez aujourd'hui on a 40% de l'impôt sur le revenu par exemple qui est payé par une toute petite minorité moins de 1% des foyers fiscaux qui sont imposés
il
y a une très forte aujourd'hui prise en compte des disparités la réalité surtout c'est que pardon de le dire c'est que la France est le pays qui dépense le plus avec un très grand déficit et qui impose le plus ses entreprises et ses concitoyens donc il faudra bien faire le ménage dans tout ça et le seul ménage passe d'abord avant d'inventer des nouveaux impôts par réduire les dépenses pour faire en sorte que ce qu'on collecte déjà puisse au moins couvrir les dépenses que nous engageons il en va de l'avenir de nos enfants vous vous rendez compte que par exemple sur les milliards d'euros qui ont été rajoutés sur le budget de l'éducation nationale dans le dernier quinquennat où on a des grandes annonces en disant le budget de l'éducation nationale a augmenté de 8 milliards d'euros
tout
ou presque a été avalé par les pensions des professeurs retraités et pas dans la revalorisation des professeurs aujourd'hui devant les élèves donc le système je vous le dis franchement est intenable si on veut mieux payer les professeurs si on veut faire en sorte que l'argent qu'on met sur l'éducation nationale aille à ceux qui en ont le plus besoin c'est-à-dire ceux qui sont devant les élèves on parlait tout
à
l'heure du classement PISA ceux qui ont des métiers difficiles avec des enfants difficiles dans des quartiers compliqués il faut qu'on s'attaque à ce problème parce que c'est la mère de toutes les batailles et que c'est le cœur de la dépense publique évidemment
on
va parler d'un sujet dont vous avez dit tout à l'heure qu'il était l'un des dossiers dont vous occupiez l'immigration et vous avez dénoncé assez vigoureusement l'accord annoncé entre l'anglais Nigel Farage et le président du Rassemblement national Jordan Bardella sur Calais en affirmant que le RN voulait je vous cite livrer le calaisie aux anglais pour vous qu'est-ce qu'il y a dans cet accord précisément qui justifie une formule aussi forte
?
déjà ça a un rappel historique puisque Calais a été très longtemps anglaise c'est le duc de Guise en 1558 qui procède à la libération de Calais
au
retour au royaume de France de la ville de Calais et de ses alentours dont ma ville de Marques
et
il y
a
trois sujets ont été dans l'accord qui a été signé entre le Rassemblement national et Nigel Farage
le
premier point ça a été dit ça a été commenté c'est le fait que le Rassemblement national Jordan Bardella qui est potentiel premier ministre de Marine Le Pen si celle-ci est élue présidente de la République s'engage à reprendre tous les migrants qui ont traversé la Manche par small boats depuis la France depuis la France il y a eu 200 000 migrants qui
ont traversé ces petits
bateaux depuis 2018 il y a 200 000 migrants qui ont atterri au Royaume-Uni par small boats ça veut dire que si on suit la même tendance il y aurait 200 000 personnes supplémentaires qui arriveront en France mais ces personnes ce sont quoi ? ce sont à 95% des Érythréens des Somaliens des Afghans des Iraniens et des Irakiens ce sont donc des personnes qui sont très difficilement expulsables parce qu'ils viennent de pays en guerre parce qu'ils viennent de pays où ils risquent d'être menacés de torture un Iranien qui vient qui cherche à traverser mais qui est récupéré par la France on ne
va
pas le renvoyer dans son pays s'il les menaçait par exemple par le régime des MOLA ça n'a aucun sens et la réalité c'est que donc ce ne serait pas aux Anglais qui aujourd'hui ont la charge de les renvoyer dans leur pays
ou
de les accueillir ce serait à la France de le faire donc aujourd'hui on a déjà du mal à expulser ce qu'on appelle les OQT faire appliquer les obligations de quitter le territoire français on a une dizaine de pourcents d'applications on se rajoute des cas encore plus compliqués à le faire donc ça veut dire que ce sont forcément des individus qui pardon mais ne partagent pas le même background idéologique religieux que la majorité aujourd'hui française sur le territoire et qui vont aggraver ces difficultés d'intégration auxquelles on fait face le deuxième point et ça c'est deux points qui ont assez peu été relevés je vais m'arrêter un petit peu longtemps dessus si vous le permettez le deuxième point c'est une sorte de discussion budgétaire entre les Britanniques et la France ce qu'il
y
a dans l'accord signé entre Bardella et Farage sur la sécurisation de la frontière aujourd'hui il faut savoir que ce sont les Britanniques qui payent à 100% la sécurisation de la frontière avec ce qu
'on
appelle le fonds Sanders et donc quand les Britanniques disent qu'on va renégocier de façon équitable l'accord financier alors qu'ils payent 100% ça veut dire qu'ils veulent que la France prenne tout ou partie de ce qui est aujourd'hui payé par les Britanniques donc en fait Jordan Bardella s'est engagé à faire payer par la France ce qui aujourd'hui est payé par les Britanniques et puis il
y a
un troisième point qui n'a pas du tout été relevé ce qu'on appelle les contrôles juxtaposés les contrôles juxtaposés ont été mis en place par les accords du Touquet Jordan Bardella a donc signé un accord un mémorandum d'accord qui dispose qu'il y a une multiplication des contrôles juxtaposés et que les contrôles juxtaposés qui aujourd'hui n'existent que dans le port de Calais ou au tunnel sous la Manche c'est-à
-dire
que quand vous prenez votre voiture pour aller traverser la Manche d'une façon ou d'une autre vous avez d'abord le contrôle français puis le contrôle anglais quand vous êtes de l'autre côté vous êtes libre d'aller au port de Douvres ou en sortant du tunnel sur l'autoroute et de la même façon côté britannique vous avez l'obète des Anglais l'obète des Français quand vous arrivez en France à Calais vous êtes libre de sortir sur l'autoroute sans contrôle supplémentaire s'ils disent multiplier les contrôles juxtaposés comme c'est écrit dans l'accord qui a été signé et l'utiliser pour lutter contre l'immigration clandestine donc contre les small bots ça veut dire qu'ils autorisent que des policiers britanniques patrouillent le long des côtes françaises c'est ça que ça veut dire et donc Jordan Bardella a signé un mémorandum d'accord qui non seulement propose de récupérer les migrants qui aujourd'hui sont au Royaume-Uni non seulement propose de financer ce qui est aujourd'hui financé par les Royaumes-Unis en ce qui concerne la lutte contre l'immigration irrégulière mais en plus propose que ce soit les policiers britanniques qui patrouillent le long des côtes françaises donc c'est une atteinte grave à la souveraineté et ça prouve bien qu'il n
'est
absolument pas au niveau monsieur Bardella pour être premier ministre de la France il se fait avoir par un pitre comme monsieur Farage
vous diriez qu'il s'est fait rouler dans la farine
manifestement
manifestement on voyait d'ailleurs Agar quand il s'agissait de sortir dévoiler cette grande page qu'il a signée de façon assez théâtrale lors de la convention du parti de monsieur Farage
et
donc du coup il n'a pas forcément vu ce qu'il avait signé et je ne comprends pas comment est-ce qu'un parti qui se réclame souverainiste autorise et signe un papier qui autorise le retour si on suit la même tendance sur les huit dernières années de 200 000 migrants en France qu'on n'arrivera pas à expulser
de
payer à la place des Britanniques ce qui aujourd'hui est payé par les Anglais et trois de permettre la patrouille de policiers britanniques sur les côtes françaises c'est totalement ahurissant c'est une atteinte extrêmement grave à la souveraineté de notre pays Qu'est-ce que ferait Bruno Retailleau
à Calais ? Parce que cette affaire elle est pendante depuis des décennies Ah mais
le sujet en fait quand c'est à Calais c'est trop tard pardon mais quand les migrants sont à Calais quand vous êtes pris en charge par un réseau de passeurs au fin fond du Bangladesh ou en Irak ou en Afghanistan ou en Iran une fois que vous arrivez à Calais vous voyez les côtes anglaises tous les 4 matins et c'est à 20 ou 30 kilomètres donc quand vous êtes à Calais c'est trop tard la seule solution c'est rendre hermétique les frontières extérieures de l'Union Européenne c
'est
ce qu'on a fait avec le règlement retour qui a été voté au Parlement Européen sous l'impulsion de François-Xavier Bellamy et porté par Bruno Retailleau lorsqu'il était ministre de l'Intérieur
et
donc c'est de pouvoir créer des centres au niveau des frontières extérieures de l'Europe et si on s'aperçoit que des pays ne jouent pas le jeu au niveau européen il va falloir réinstaurer des contrôles Schengen aux frontières nationales faire en sorte que si des pays par exemple sans jeter l'opprobre sur quelconque mais
la
Belgique nos pays voisins Belgique, Allemagne Italie ne respectent pas
ce
qui est signé dans le règlement en retour faire en sorte qu'on puisse réinstaurer des contrôles à la frontière nationale
il nous reste à peine 5 minutes je voudrais qu'on évoque deux sujets l'Allemagne d'abord avec la victoire historique de l'AFD Alternative for Deutschland dans la région de Saxe-Anhalt 43,8% des voix très loin devant la CDU même si l'AFD n'a pas obtenu la majorité absolue est-ce que vous considérez ce résultat comme un accident régional allemand ou comme un avertissement pour toutes les droites de gouvernement en Europe
c
'est quelque chose qu'il faut regarder avec attention en fait ce qui à mon sens a été sanctionné par les électeurs c'est aussi la pratique de la Groco
ce
qu'on appelle la grosse coalition en Allemagne et ce qui fait que qu'importe le résultat des urnes c'est globalement toujours la CDU donc c'est-à-dire les conservateurs nos partenaires européens ou le SPD c'est
-à
-dire les socialistes allemands qui gouvernaient ensemble sur un programme qui était ajusté ensuite et donc qu'importe le vote des électeurs
c
'était peu ou prou les mêmes qui gouvernaient
et
avec un programme qui était à peu près identique
et
le coup qui a été mis le coup d'arrêt à cela c'est la victoire le triomphe de l'AFD en Saxe-Analte et qui a dit stop à ces pratiques et si on veut faire un parallèle avec la France c'est surtout que
le
meilleur moyen de faire gonfler le Rassemblement National et la France Insoumise ce serait de répondre aux appels du pied de phare de M. Philippe qui veut recréer un centre informe héritier du macronisme et non pas assumer des divergences profondes que nous avons nous à droite avec M. Attal avec M. Philippe et la recréation de quelque chose qui serait les mêmes qui reviendraient au pouvoir sans aucun pouvoir de changer les choses
fait
de façon mécanique monter le populisme d'extrême droite et le populisme d'extrême gauche d'ailleurs il ne vous a pas échappé que le parti d'extrême gauche populiste en Saxe-Analte va faire en sorte qu'il y ait un gouvernement AFD dans ce land en Allemagne le BSW a annoncé qu'il allait ne pas faire obstacle à l'élection d'un président issu de l'AFD
un
petit mot de ce qui s'est passé il y a quelques jours à la tour Eiffel où des salariés femmes ont été mis à l'écart ou rendus invisibles lors de la visite d'une délégation d'un mouvement religieux hindou il y a eu une grève la ville a annoncé des enquêtes pour vous cette affaire c'est quoi ? c'est juste un dysfonctionnement ou c'est beaucoup plus grave que ça ?
il
y a déjà évidemment un dysfonctionnement majeur et jamais ça aurait dû être permis mais c'est surtout extrêmement grave on ne peut pas avoir une tour Eiffel qui est symbole de notre pays à l'international qui se retrouve fermé où on expulse où on met de côté des salariés de sexe féminin parce qu'une secte hindoue vient visiter ce symbole absolu
dans
le cadre de l'inauguration d'un temple
mais peu importe
je précise le contexte
c'est à dire qu'en réalité quand on vient en France on doit s'adapter à ses règles et à ses normes et c'est la même façon pour tout le monde que ce soit des touristes que ce soit un étranger qui vient et qui émique de façon légale dans notre pays il doit respecter la laïcité il doit respecter le fait de l'égalité entre les hommes et les femmes il n'a pas à nous imposer ses préceptes religieux et donc évidemment que c'est non seulement un grave dysfonctionnement mais c'est aussi un avertissement extrêmement important qu'il faut prendre au sérieux
merci Pierre-Henri Dumont
merci à vous merci
d'être passé à l'atelier politique cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio tout de suite un nouveau point sur l'actualité et vous avez ensuite rendez-vous avec Laurence Alloir pour Musique du Monde bonne soirée à la semaine prochaine
Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio
Pierre-Henri Dumont