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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 20 septembre 2025 20 min

Reconnaissance de la Palestine à l'ONU : "Mauvais timing", dénonce le député RN Thomas Ménagé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Thomas Ménager, les syndicats lancent un ultimatum au Premier ministre, ils lui laissent jusqu'à mercredi pour faire des propositions face à leurs revendications, renoncer notamment à la réforme des retraites, à la suppression des postes de fonctionnaires, c'est comme cela qu'il faut fonctionner aujourd'hui avec Sébastien Lecornu ?

0:20
Thomas Ménagé

C'est le rôle des partenaires sociaux et après cette mobilisation qui a été une mobilisation réussie globalement avec beaucoup de monde et au-delà de ça des millions de français qui ne se sont pas mobilisés mais qui portent un certain nombre de messages qui ont été portés dans la rue, c'est-à-dire on ne m'en peut plus de payer, on travaille, on ne s'en sort plus et il va falloir trouver des économies ailleurs que demander des efforts supplémentaires à la France qui travaille, la France qui a travaillé toute sa vie comme les retraités ou les fonctionnaires comme le disait M. Chabagné quelques secondes auparavant sur votre antenne.

0:51
Présentateur

Comment vous jugez la méthode Lecornu justement depuis deux semaines ? Il reprend le dialogue avec les syndicats, les partis politiques, on revient aux fondamentaux ?

0:57
Thomas Ménagé

C'est la base normalement d'un gouvernement, d'un Premier ministre, donc il consulte. Aujourd'hui il a consulté, maintenant on va attendre de voir les résultats de ces consultations puisque Marine Le Pen et Jordan Bardella sont allés aussi à sa rencontre, ils ont dit un certain nombre de ce qu'était le changement de cap que l'on attendait, que nos électeurs attendent, que je pense une majorité de français attendent. Mais maintenant il va falloir passer aux actes, passer à concrètement ce qu'il va convertir, notamment au moment du budget parce que l'heure de vérité ça sera clairement le budget.

1:26
Présentateur

Thomas Ménager, vous évoquiez la manifestation de jeudi, il y a une demande qu'on a beaucoup entendue dans les cortèges, c'était celle de plus de justice fiscale, autrement dit taxer les plus riches. Vous les avez entendues ?

1:38
Thomas Ménagé

Mais nous on a toujours dit qu'il fallait faire de meilleures redistributions fiscales, donc bien entendu aller sur une éventuelle taxation, mais pas la taxe du Kman, ça nous nous sommes opposés, je vous expliquerai pourquoi, mais une taxation peut-être des plus riches, mais pour redistribuer et faire des baisses d'impôts sur les classes populaires et les classes moyennes. Nous on finance notamment nos baisses d'impôts avec la baisse de la TVA de 25,5% pour les français des classes populaires et des classes moyennes par un impôt sur la fortune financière.

2:05
Présentateur

Justement, regardons, je suis allée voir cet impôt sur la fortune financière, l'IFF que vous proposez. Mais concrètement, il rapporterait peu, Sébastien Chenu a dit cette semaine sur une autre antenne, qu'à peine plus que le système actuel, beaucoup moins que la taxe Zuckman que vous citez, qui pourrait rapporter jusqu'à 20-25 milliards d'euros selon les estimations qui varient. C'est très loin du compte.

2:28
Thomas Ménagé

Alors si on est très précis, ce qui est chiffré aujourd'hui, c'est 3 milliards de plus que l'impôt sur la fortune immobilière qui existe aujourd'hui. Qu'est-ce que c'est d'un impôt sur la fortune financière ? C'est une taxation mais qui serait à l'exclusion de la résidence principale et des biens productifs. Nous, ce qu'on ne veut pas, c'est que des chefs d'entreprise qui ont des parts dans des entreprises qui parfois ne dégagent pas encore de bénéfices, mais qui ont une grosse valorisation, ne soient pas empêchés, ne partent pas à l'étranger. Donc oui, on assume d'avoir 3 milliards chaque année de plus qu'actuellement, et pas 15-20 milliards, que l'on n'aurait peut-être qu'une année.

Parce que le problème de la taxe Zuckman, on le sait, c'est que c'est peut-être énorme la première année, mais les années suivantes, ils vont partir. On sait déjà qu'un certain nombre de grandes fortunes françaises sont parties à l'étranger et partiront devant.

3:11
Présentateur

Mais Thomas Ménager, éclairez-moi, en 2017, Marine Le Pen, c'était elle qui critiquait les milliardaires, qui s'en prenaient à la finance, à la droite du fric. Elle est passée où ?

3:21
Thomas Ménagé

Mais non, mais c'est la même chose. C'est pour ça que nous, on n'est pas comme certains qui disent, non, non, les riches, on n'a rien à... On ne va pas demander un effort aux riches, on ne va demander qu'un effort aux classes populaires et aux classes moyennes. Ce n'est plus assez crédible de vouloir s'en prendre à la finance et aux milliardaires ? Il faut être intelligent, c'est-à-dire que la taxation et la fiscalité, elles doivent être justes. Donc, bien entendu, ceux qui gagnent plus doivent participer à une proportion qui n'est pas inférieure à ceux qui n'en peuvent plus et qui sont déjà très taxés.

On est déjà un enfer fiscal et notamment pour les classes populaires et les classes moyennes. Mais par contre, il ne faut pas avoir la taxation et l'impôt bête et méchant où derrière, il va y avoir de l'évasion fiscale, où derrière, on va empêcher un certain nombre de chefs d'entreprise d'investir parce que si demain, il n'y a plus de riches, il n'y aura plus d'entreprises, il n'y aura plus d'emplois et on crée un cercle vicieux, négatif et plus d'argent à trouver les années suivantes puisque s'il y a plus de personnes qui sont au chômage, moins d'entreprises qui vont payer d'autres impôts, d'autres impôts sur les sociétés, etc., eh bien, on ne s'en sort pas mieux dans les années suivantes.

4:17
Présentateur

Certains économistes se sont justement penchés sur votre IFF, votre impôt sur la fortune financière, en disant qu'en ne taxant pas les résidences principales, vous faites un cadeau justement aux multimillionnaires. C'est compliqué de naviguer entre ne pas s'en prendre au plus riche et en satisfaire les classes populaires.

4:33
Thomas Ménagé

La résidence principale, une résidence unique, juste une résidence. Vous savez, le multimillionnaire qui représente un patrimoine important, il a des dizaines et des dizaines de biens. Nous, ce que l'on veut éviter, c'est par exemple, c'est le cas d'une famille qui va léguer une maison de famille qui va être, par exemple, à l'île de Ré ou à des endroits qui coûtent très, très cher. À Montretout, par exemple ? Oui, je sais que c'est votre petit délire anti-RN, Mme Vigogne. Mais au-delà de Montretout, il y a des millions de Français, des milliers de Français qui ont des maisons de famille, qui sont dans des endroits en bord de mer qui coûtent très cher.

Mais il y a aussi la moitié des Français qui ont un patrimoine de moins de 100 000 euros. Oui, mais ce que vous voyez, c'est que nous, on croit à l'héritage, on croit au patrimoine, à l'histoire d'une famille qui passe par une maison de famille où les petits-enfants, les enfants y ont vécu. Et parfois, ce n'est pas parce que vos parents ont pu acheter ce bien qui ne valait rien il y a 40 ou 50 ans que vous serez en capacité de payer cet impôt sur la fortune, comme il existait auparavant, parce que vous n'avez pas forcément les mêmes revenus. Mais par contre, on veut qu'on puisse garder cette maison dans la famille. Donc, c'est cet équilibre qu'il faut trouver.

Et vous savez, le multimillionnaire, il a 5, 6, 7 maisons. Donc, il a juste sur la première qu'il déclarera comme résidence principale, sur les autres, il sera rattrapé et il devra payer cet impôt sur la fortune financière. Aujourd'hui, on est sur l'impôt sur la fortune immobilière et on exclut un certain nombre d'éléments, notamment qui sont liés à la spéculation, qui sont liés à des actions. Nous, aussi, dans l'impôt sur la fortune financière, on exclut par contre 75% des parts dans des PME et dans des ETI. Ceux qui ont des actions dans des multinationales, dans des gros groupes, là, c'est normal que l'on leur demande un effort.

Par contre, ceux qui vont investir dans des petites boîtes, comme j'en ai dans mon territoire, dans le Loiret, dans le Montargois, dans des ETI, dans des PME, ça, par contre, il faut aussi leur donner la possibilité de ne pas être taxés de manière supplémentaire. Après, ils sont déjà taxés par le droit commun, mais pas avec cet impôt sur la fortune financière. Vous savez, c'est un équilibre qui est très complexe, avec chacun qui met le curseur où il le souhaite, en matière de fiscalité. Nous, on essaie d'avoir une fiscalité juste où il y a une participation, parce qu'il faut des recettes supplémentaires, mais qui ne fassent pas peur à ceux qui investissent et produisent dans notre pays.

6:37
Présentateur

Thomas Ménager, on l'a compris, une fiscalité pas trop importante, pas trop lourde. Il faut donc trouver des économies. Une de vos pistes pour cela, une de vos demandes très fermes, c'est la baisse de la contribution de la France à l'Union européenne. Vous baissez de combien, cette année ?

6:50
Thomas Ménagé

5 milliards. Nous, on demande une baisse de 5 milliards. Aujourd'hui, vous le savez, en moyenne, on est entre 9 et 10 milliards d'excédents nets. C'est-à-dire, chaque année, on perd, entre ce que l'on envoie et ce que l'on reçoit, entre 9 et 10 milliards, en fonction des années, dans cette contribution.

7:06
Présentateur

Mais concrètement, comment est-ce pour baisser de 5 milliards dès cette année ? Pardon, je vous interromps, mais le volume de ce que donne la France, c'est négocié, comme pour tous les pays de l'Union européenne, sur 6 ans. On ne peut pas se dédire. Autant on pourra renégocier à partir de 2028, autant les sommes qu'on doit à l'Union européenne, elles sont déjà fixées. Revenir sur ces sommes, c'est nous mettre en infraction par rapport à l'Union européenne.

7:27
Thomas Ménagé

Oui, mais aujourd'hui, quand on est le premier contributeur, vous l'avez vu, il y a quelques mois, M. Bayrou, on verra si c'est converti, avait dit qu'ils ont obtenu un premier rabais d'un milliard, un milliard, un milliard.

7:35
Présentateur

C'était quelque chose de tout à fait technique qui concernait tous les pays de l'Union européenne. Ce n'était pas une renégociation à la baisse de la part de la France.

7:41
Thomas Ménagé

Il y a bien eu un certain nombre de pays qui ont obtenu des rabais ces dernières années. C'est le cas de l'Allemagne, notamment, qui a obtenu un rabais à mi-chemin, au-delà de la période que vous citez. Donc, il y a un moment, un bras de fer qui doit se faire avec l'Union européenne pour obtenir ce rabais. Et il faut faire des économies. Vous savez, les fonctionnaires européens, eux, ils ne font aucun effort. Les coûts de structure de l'Union européenne, aujourd'hui, ne font aucun effort.

8:04
Présentateur

Au risque de perdre certains financements, parce que la France est le deuxième pays qui reçoit le plus en Europe après la Pologne.

8:09
Thomas Ménagé

Vous savez, si on récupère 5 milliards...

8:11
Présentateur

C'est 250 000 agriculteurs français qui touchent la PAC, aujourd'hui.

8:13
Thomas Ménagé

Vous savez, les 5 milliards, si on leur reverse directement, ils seront bien plus gâtés que ce qu'ils ont aujourd'hui. Il faut arrêter de mentir aux Français. L'argent qui revient de l'Union européenne, c'est de l'argent qui part de notre portefeuille et qui part des portefeuilles des Français. Donc, nous, on veut continuer à participer à l'Union européenne, mais dans une mesure qui était celle qu'on en avait, par exemple, du temps de Jacques Chirac, c'est-à-dire d'aller sur des investissements qui doivent se faire en commun avec les pays de l'Union européenne, mais retrouver la main, une marge de manœuvre et de décision, de souveraineté sur ce qu'on fait de ces milliards.

Et je vous dis, chaque année, c'est 9 milliards que l'on perd par rapport à ce que l'on verse.

8:48
Présentateur

Thomas Ménager, s'il n'y a pas de rupture dans la construction de ce budget de Sébastien Lecornu, vous allez le censurer ?

8:53
Thomas Ménagé

Très clairement. Enfin, je veux dire, c'est le mandat que les Français nous ont donné. Au risque de mettre un peu plus de désordre ? Mais aujourd'hui, le désordre, ça sera M. Lecornu s'il refuse d'écouter les Français, les Français qui sont parfois dans la rue, qui le disent de sondage en sondage, qui le disent lors des élections législatives. Vous pensez qu'ils peuvent continuer à se mobiliser ?

9:11
Présentateur

On a vu que les syndicats ont réussi un joli coup jeudi. C'était un peu moins le cas pour Bloquons-Tout.

9:17
Thomas Ménagé

Le problème, c'est que les Français souffrent de plus en plus. Parfois, certains sont résignés, certains n'arrivent plus à s'en sortir. Donc, une journée de grève ou d'aller passer du temps à se mobiliser quand ils n'arrivent déjà pas à s'en sortir, c'est de plus en plus difficile. Et c'est ça qui est aussi inquiétant. Après, il y a un ras-le-bol inquiétant dans notre pays que le gouvernement et M. Lecornu doivent entendre parce que sinon, ça se terminera mal. À un moment, il y a une telle exaspération que le rôle de M. Lecornu, ça sera de faire un changement. Ce qu'ils veulent, dans tous les cas les Français, c'est une rupture totale avec le macronisme.

C'est-à-dire qu'il faut que Sébastien Lecornu, qui est normalement un des plus proches, malheureusement, de M. Macron, qui a été là dès les premières heures, coupe le cordon définitivement et envoie un certain nombre de signaux très clairs de changement de cap.

10:01
Présentateur

Vous les entendez, ces entrepreneurs, notamment, vous avez ces derniers mois consacré beaucoup d'efforts à les rassurer, notamment sur le sérieux de votre programme économique. Eux disent qu'on a besoin de stabilité, on a besoin d'un budget. Est-ce que vous les entendez ?

10:12
Thomas Ménagé

Bien entendu, c'est la raison pour laquelle on ne censure pas à chaque fois à tout prix. C'est pour cette raison qu'on n'avait pas censuré M. Bayrou la première fois parce qu'il y avait besoin d'un budget et que le budget était, dans tous les cas, pas celui qu'on souhaitait, mais qui était moins pire, moins grave, tant pour l'économie que pour les Français.

10:28
Présentateur

Et la même logique ne peut pas prévaloir à nouveau ?

10:30
Thomas Ménagé

On attendra de voir ce que M. Lecornu fait. Mais si le budget qu'il nous propose ne fait pas d'économie structurelle, continue d'aggraver les déficits, fait souffrir les Français, réduit la croissance, parce que ce que les chefs d'entreprise doivent comprendre, c'est que si on demande des efforts aux classes populaires, aux classes moyennes, ça va être de la consommation en moins. C'est-à-dire que s'ils n'ont plus de fric à la fin du mois pour aller acheter dans les magasins, pour commander des travaux sur leur maison aux artisans du coin, derrière, pour ces chefs d'entreprise, ça va être des carnets de commandes en moins et ça va être un cercle vicieux négatif pour notre économie.

Donc le problème de ces dernières propositions qui ont pu être faites par M. Bayrou, c'est qu'on était dans un cercle vicieux négatif pour notre économie, alors qu'il faut redonner au contraire du pouvoir d'achat pour relancer la machine, augmenter le gâteau, augmenter les richesses et mieux redistribuer.

11:12
Présentateur

Thomas Ménager, député du RN et porte-parole du Rassemblement National. Vous restez avec nous. Le 830 France Info, Benjamin Fontaine, Camille Vigone-Lecouat. Et nous sommes toujours avec Thomas Ménager, porte-parole du Rassemblement National. Thomas Ménager, est-ce que vous savez qui a dit l'avortement est pire que l'Holocauste ?

11:31
Thomas Ménagé

Je suppose, puisque je sais qu'on peut en parler, que c'est M. Kirk.

11:35
Présentateur

Tout à fait. L'activiste américain conservateur assassiné le 10 septembre. Tout le monde convient que ses idées, personne ne devrait jamais être assassiné à nom de ses idées. Mais est-ce que c'est un héros pour vous ?

11:47
Thomas Ménagé

À titre personnel, non, parce que je ne partage pas ce que vous venez de citer. Je trouve que ses propos ne devraient pas être tenus. Après, je considère, comme Voltaire le disait, que je ne suis pas d'accord avec ce qu'il disait, mais je pourrais me faire tuer pour qu'il ait la possibilité de le dire. Et aujourd'hui, on devrait être tous d'accord que dans une démocratie, dès lors que ça répond à la loi, que ce n'est pas contraire à la loi, que ça ne donne pas lieu à des condamnations, on doit être en capacité de pouvoir dire ce que l'on souhaite. Et c'est ce débat d'opinion qui est nécessaire. Parce qu'il n'y a que dans les dictatures où on n'a pas le droit de tenir tel ou tel propos.

Et vous comprenez ce qu'il élève en martyr aujourd'hui ? S'il partage ses opinions aujourd'hui, et dans tous les cas, il est quand même un martyr de la liberté d'expression. C'est-à-dire qu'il a quand même été tué en plein direct. Les images sont quand même d'une violence et ont choqué de tous bords. C'est-à-dire que tout le monde, j'entendais Mme Tondelier, qui est quand même qui ne peut pas être accusé, je crois, d'être favorable à M. Kirk, dire que voilà, on ne doit pas mourir pour ses opinions. Donc aujourd'hui, on doit avoir un hommage unanime et ça pourrait être quelqu'un qui serait encore plus à l'opposé de mes opinions politiques. Je condamnerais de la même manière.

La violence aux politiques n'a pas sa place, quelle que soit la personne qui est ciblée.

12:58
Présentateur

Déplorer son assassinat, c'est une chose. Lui rendre hommage, c'en est une autre. J'étais dimanche à votre entrée politique à Bordeaux. Il ne m'a pas échappé que Louis Alliot, sur scène, en a profité pour rendre hommage à l'influenceur américain et attaquer la gauche. Il ne conteste pas seulement une idée ou un adversaire. Il conteste le droit même de l'autre à exister politiquement. Et on peut voir jusqu'où ces dégâts peuvent aller comme ce pauvre influenceur américain, conservateur, Charlie Kirk, dont je salue la mémoire aujourd'hui. Alors, saluer la mémoire de Charlie Kirk. Louis Alliot, il sera d'ailleurs dimanche aux Etats-Unis pour un hommage à cet homme.

Est-ce que vous, vous y seriez allé ?

13:46
Thomas Ménagé

Possiblement, mais de la même manière que s'il y avait eu un démocrate qui avait été ciblé de la même manière ou quelqu'un, je vous dis, qui partageait des idées, comme c'est le cas de M. Kerr, qui ne sont pas forcément les miennes. Pardon,

13:59
Présentateur

vous dites un démocrate, mais c'est juste une question de liberté ou c'est parce que vous vous sentez proche de ces idées ? Parce que quand une élue démocrate justement du Minnesota, Melissa Ortman, a été tuée avec son mari, c'était en juin, il n'y a pas très longtemps, parce qu'elle soutenait, parce qu'elle défendait la cause de l'IVG, on ne vous a pas entendus au Rassemblement National. Moi, j'avais été interrogé

14:15
Thomas Ménagé

et j'avais dénoncé de la même manière. Je pense qu'il y a eu plus des mois, mais même de votre part, parce que les images ont été plus violentes. C'est parce qu'on est dans une société de l'image et les images de M. Kerr sont violentes. C'est juste parce que les images, c'est une question d'images. Peu importe qui est ciblé, je veux dire, moi, il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon a une maison sur ma circonscription. Quand j'ai été au courant que sa maison avait été attaquée, j'ai été le premier à le défendre, à dire que c'était inadmissible et quand bien même je suis un opposant total aux idées et à ce qu'est Jean-Luc Mélenchon. Mais à un moment, il faut aussi qu'on soit cohérent.

On a aussi des liens. Louis Alliot a été invité parce que c'est notamment le parti qui est en place actuellement aux Etats-Unis. Demain, si Marine Le Pen est élue présidente de la République, elle aura pendant quelques années au moins à échanger avec M. Trump, on a des relations. Mais si les démocrates nous avaient invités, je pense qu'on y serait allé bien entendu de la même manière.

15:12
Présentateur

Ce sont des alliés,

15:12
Thomas Ménagé

les soutiens de Donald Trump

15:14
Présentateur

aujourd'hui ?

15:14
Thomas Ménagé

L'administration de Donald Trump, ce sont des alliés du RL ? Vous savez, c'est des Américains, donc ce ne sont pas des alliés. Ce sont, comme M. Trump, on le voit bien dans la guerre que nous menons et qui existe en matière économique aujourd'hui, ça peut être des alliés sur certains sujets. Même si l'agence Reuters a révélé que deux diplomates

15:29
Présentateur

de Donald Trump avaient rencontré visiblement des dirigeants du RL lors d'une visite à Paris fin mai.

15:33
Thomas Ménagé

Mais oui, on échange avec un certain nombre de partis au pouvoir dans tous les pays du monde. Je veux dire, c'est la plus grande démocratie au monde, c'est la plus grande puissance mondiale. Demain, on ne pourra pas couper les ponts. Mais de la même manière qu'Emmanuel Macron, et c'est tant mieux, échange avec M. Trump, il faut échanger avec toutes les puissances et nous, comme on a vocation à arriver au pouvoir, on doit créer un certain nombre de liens pour demain, peut-être se battre pour nos entreprises, dans un bras de fer parce qu'aujourd'hui, il n'est pas fait avec M. Trump.

16:02
Présentateur

Emmanuel Macron, vous reparlez de lui justement lundi, il sera à l'ONU pour reconnaître l'état de Palestine. Bonne ou mauvaise idée ?

16:09
Thomas Ménagé

Mauvais timing. Sur le principe, nous, on a toujours défendu une solution à deux États. Aujourd'hui, c'est plus qu'une mauvaise idée au vu du timing. Et le communiqué de presse qui avait suivi, le communiqué de presse du Hamas qui avait félicité Emmanuel Macron en est la preuve. Pour pouvoir reconnaître l'état de Palestine, il faudra, il faut trois conditions selon nous. Il faut un, un démantèlement total du Hamas de la libération des otages. Il y a encore dans des geôles aujourd'hui des Israéliens, des otages israéliens qui sont en train de mourir de faim, qui sont dans un état catastrophique. Et puis, il faut assurer la sécurité d'Israël.

16:43
Présentateur

Mais Thomas Ménager, c'est exactement ce qu'Emmanuel Macron entend porter dans la résolution. Elle s'accompagne de conditions, de conditions très défavorables au Hamas, notamment ce que vous dites, le démantèlement complet du Hamas et la libération des otages.

16:57
Thomas Ménagé

Maintenant qu'il aura reconnu, il n'y a plus l'effet levier. C'est-à-dire que lundi, il va reconnaître, il fallait dire nous reconnaîtrons, nous prenons l'engagement de reconnaître une fois que les conditions sont remplies. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas offrir la contrepartie avant d'avoir eu les résultats de vos lignes rouges et de vos demandes. Ça n'a plus aucun sens. Qu'est-ce qui va se passer lundi ? Rien du tout.

17:19
Présentateur

Thomas Ménager, on fait quoi ? Le secrétaire va complètement détruire Gazette ? Si on ne se dit pas la voie diplomatique.

17:27
Thomas Ménagé

Aujourd'hui, il doit y avoir un travail avec la voie diplomatique, avec un certain nombre de pays du Golfe qui ont des capacités de relations et d'échanges pour qu'il y ait la libération de l'ensemble des otages. Mais l'objectif, il est clair, il faut que le Hamas rende les armes, qu'il y ait l'extermination totale de ce mouvement terroriste dont les alliés tuent sur notre sol, qui n'est pas un mouvement de résistance comme certains à l'Assemblée nationale, comme la France Assoumise parfois le dit. Et donc, rien ne pourra se faire tant qu'il n'y aura pas la libération de ces otages.

17:58
Présentateur

Et il faut sanctionner Israël économiquement ? La Commission européenne y semble favorable depuis quelques jours ?

18:04
Thomas Ménagé

Aujourd'hui, il faut qu'Israël réponde aux droits humanitaires, aux droits de la guerre, pour que les civils palestiniens, qui pour une majorité ne soutiennent pas le Hamas, mais pour une partie sont victimes aussi du Hamas, puissent avoir toute l'aide humanitaire, qu'Israël ne fasse pas n'importe quoi, c'est respecte le droit de la guerre. Et il y a des instances internationales, si jamais c'était le cas, qui doivent être là, et ce n'est pas à moi de le faire, je ne suis pas historien, je ne suis pas juriste, de condamner éventuellement s'il y a des choses qui ne respectent pas le droit de la guerre.

Mais aujourd'hui, il faut donner la possibilité à Israël de se défendre, donner à Israël la possibilité de se défendre.

18:38
Présentateur

Une agence internationale de l'ONU reconnaît le génocide. Là, on sait qu'en ce moment, des Palestiniens continuent de fuir Gaza, l'armée israélienne s'apprête à frapper la ville avec, je cite, une force sans précédent. Qu'est-ce qu'on fait ?

18:49
Thomas Ménagé

Aujourd'hui, il n'y a pas de reconnaissance de génocide. C'est une agence de l'ONU

18:53
Présentateur

cette semaine qui a déclaré.

18:54
Thomas Ménagé

Une agence de l'ONU de la même manière qu'il y a la représentante de l'ONU aux droits humains mais qui était à la fête de l'humanité qui reconnaît aussi qu'il y a un génocide. Aujourd'hui, on verra quand il y aura une définition définitive, juridique, ça s'est fait. En attendant, on ne fait rien. Mais en attendant, on appelle au respect du droit de la guerre, au respect du droit humanitaire et on donne les moyens à Israël de se protéger parce qu'on oublie quand même de dire que ceux qui ont été victimes le 7 octobre du pire progrombe... Personne n'oublie. Oui, mais si, certains, je ne vous cible pas vous mais aujourd'hui, on a l'impression qu'Israël est le problème.

Il n'y aurait pas eu la guerre, il n'y aurait pas eu cette situation si le 7 octobre, il n'y avait pas eu des bébés qui avaient été égorgés, des femmes qui avaient été éventrées et qu'il n'y avait pas eu ce pire progrombe que nous avons connu depuis la Seconde Guerre mondiale.

19:39
Présentateur

Et on en est aujourd'hui à plus de 64 000 palestiniens qui sont décédés, tués par l'armée israélienne. C'est une guerre et c'est horrible. C'est bien entendu. Effectivement, la guerre se poursuit. Merci Thomas Ménager, porte-parole du Rassemblement National, député du Loiret. Merci Camille, on se retrouve demain. On vous lit également en attendant dans le Nouvel Obs. Cette interview est à retrouver en intégralité en vidéo sur YouTube.