Gabriel Attal propose "un parquet national contre la pédocriminalité et les violences sexuelles"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
ÉBFM TV. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Apolline de Malherbe.
Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes ancien Premier ministre bien sûr et désormais candidat à l'élection présidentielle. De très nombreuses questions à vous poser ce matin sur la politique en France, les suites de l'affaire Liana, le « tu casses, tu payes, tu salis, tu répares », qui est en train peut-être de se mettre en place.
Mais d'abord bien sûr votre réaction à l'accord de paix cette nuit. Donald Trump qui dit ça y est l'accord avec la République islamique d'Iran est désormais achevé. Félicitations à tous, j'autorise par la présente l'ouverture gratuite du détroit d'Hormuz.
Simultanément à cela, j'autorise la levée immédiate du blocus naval des Etats-Unis, navire du monde, démarrez vos moteurs, laissez le pétrole couler. Est-ce que ça y est vous l'accueillez avec soulagement ? Il faut être pragmatique dans ses affaires.
Quels sont les intérêts de la France ? Les intérêts de la France c'est évidemment que la guerre s'arrête, notamment pour des raisons économiques. On a vu l'impact de la fermeture du détroit d'Hormuz sur l'économie internationale et notamment sur l'économie française, le prix du carburant pour les Français.
Et puis il faut être lucide. On a vu des attermoiements par le passé. On a vu des protocoles, des projets qui n'allaient pas à leur terme.
Il faut être lucide aussi sur l'impact à plus long terme sur la sécurité régionale et évidemment le fait que le régime des MOLA ne peut pas être mis sur un piédestal, alors qu'on parle d'un régime évidemment qui tyrannise son peuple, qui l'a réprimé dans la barbarie et dans le sang. Donc pour vous, la vigilance sera aussi sur ce que fera l'Iran ? Il y a toujours une vigilance à avoir bien sûr, d'abord sur les suites qui seront données à ce préaccord qui a été signé et ensuite évidemment sur l'avenir.
Quelles seront les conditions de sécurité qui auront été trouvées dans cet accord ? Est-ce que ce sera mieux que la situation précédente avant la guerre ? Vous Vous savez, quand cette guerre a été déclenchée par Donald Trump, je m'étais exprimé en expliquant que cette guerre ne pouvait avoir du sens que s'il y avait un véritable plan pour libérer le peuple iranien et désarmer le régime des Mollah.
On verra si sur le désarmement du régime des Mollah, l'accord permet d'y parvenir, en tout cas sur la libération du peuple iranien, force est de constater qu'aujourd'hui on a un peuple qui est toujours tyrannisé et martyrisé. Emmanuel Macron a salué cet accord. Il devrait accueillir dans les heures qui viennent un certain nombre de chefs d'État, évidemment, avec le G7, mais Donald Trump en particulier, qui s'apprête à décoller du sol américain pour rejoindre le G7 à Evian.
Quel doit être le rôle de la France désormais ? Je pense que le rôle de la France, ça doit être de participer aux discussions qui sont ouvertes pour garantir que cet accord puisse s'appliquer et ça doit être de participer à la libération, à l l'ouverture du détroit d'Hormuz. La France avait pris une initiative que j'avais saluée avec notamment le Royaume-Uni et un certain nombre d'autres pays pour organiser une force conjointe pour participer à la libération et à la sécurisation du détroit d'Hormuz une fois qu'un accord aurait été conclu.
Si l'accord est conclu, évidemment que la France doit pouvoir participer à cette sécurisation pour que le commerce international puisse reprendre dans de bonnes conditions. La France a un rôle à jouer en particulier là dans les trois jours qui viennent autour de ce G7 et jusqu'à mercredi soir à Versailles avec ce dîner avec Donald Trump ? La France a toujours un rôle à jouer.
D'abord, c'est sa mission, c'est son destin. Et ensuite, vous l'avez dit, cette semaine se tient le G7 en France. Et évidemment, sur la question iranienne, mais pas seulement.
Sur la question ukrainienne, je rappelle qu'il y a toujours la guerre en Ukraine, que cette nuit, il y a eu des tirs de missiles de la Russie sur Kiev et sur l'Ukraine. Sur un certain nombre d'autres désordres internationaux, la France a évidemment un rôle majeur à jouer. La question aussi des conséquences économiques, finalement si le pétrole il a baissé évidemment cette nuit sans que ça n'ait pour l'instant de conséquences à la pompe mais si le pétrole continue de baisser et si l'on revient effectivement à des prix à peu près convenables ou raisonnables, est-ce qu'il leur a donc été finalement la bonne décision de ne pas faire de baisse sur les taxes ?
Moi ce que j'avais demandé, en tout cas ce à quoi j'avais appelé, c'était à une aide ponctuelle et ciblée sur ceux qui travaillent et qui ont besoin de leur voiture pour travailler. Et c'est ce qui a été proposé, c'est ce qui a été fait. Après, on peut toujours discuter des critères, etc.
Mais j'ai fait partie de ceux qui qui appelait « est-ce qu'il n'y ait pas de mesures générales très coûteuses ? » parce qu'à la fin, et les Français je pense le savent maintenant, à la fin les Français finissent toujours par le payer. Quand il y a des aides extrêmement importantes qui sont mises en place, ils le payent en impôts supplémentaires ou en dettes à plus long terme pour leurs enfants.
Donc le choix a été le bon d'attendre ? Oui, bien sûr, moi j'avais salué cette décision qui avait été prise. Gabriel Attal, retour en France avec de très nombreuses questions.
Mais d'abord, ce qu'a annoncé Sébastien Lecornutard il hier soir, qui semble répondre un peu à votre tucasse-tu-paye qui avait été cette formule que tout le monde retient de votre discours de politique générale. Sébastien Lecornu l'annonce donc cette nuit après les violences et les destructions qui ont suivi la victoire du PSG en ligue des champions le gouvernement présentera dès juillet en conseil des ministres un projet de loi visant à assumer à faire assumer directement aux auteurs le coût des dégradations commises dans l'espace public l l'idée c'est aussi une responsabilité collective c'est à dire que si vous participez avec un groupe à de la détérioration à des pillages au fait de casser les abribus ou ou des morceaux de rue et bien l'ensemble tant pis que vous ayez vous-même jeté un pavé ou pas l'ensemble sera tenu pour responsable y compris financièrement bien sûr moi je salue cette proposition qui a été faite et avec mon groupe parlementaire on l'accompagnera à l'assemblée vous l'avez rappelé quand j'étais premier ministre j'avais affirmé dans ma déclaration de politique générale qu'il fallait en revenir à tu casses tu répares tu salis tu nettoies tu défies l'autorité on t'apprend à la respecter j'avais rédigé un projet de loi en ce sens avec mon gouvernement la dissolution l'avait interrompu c'est une mesure qui vient quelque part concrétiser en partie ce à quoi j'avais appelé j'avais réussi à faire passer une mesure et j'ai vu que certains préfets sont en train de l'appliquer ce qui est une bonne nouvelle c'est la possibilité de rendre les parents responsables financièrement des actes qui sont commis par leurs enfants bien sûr je l'ai fait voter cette mesure je l'ai proposé comme je suis revenu au parlement en tant que député avec mon groupe on a fait adopter cette mesure et j'irai même plus loin dans le droit précédent il était dit que c c'était le parent chez qui l'enfant réside, qui était responsable des dégâts commis par un délinquant mineur. Bien souvent dans ces situations-là, c'est des familles monoparentales, c'est une mère seule qui parfois est dépassée par les événements et il y a un père qui est parti qui ne se préoccupe pas de ce qui se passe avec son enfant.
La loi que j'avais changée permet maintenant de rendre responsable, y compris le père, même s'il est parti depuis des années, ce qui permettra aussi peut-être d'impliquer un certain nombre de pères dans l'éducation de leurs enfants et dans la lutte contre la délinquance. Donc la question des pères, la question des parents, la question des prestations sociales, Sébastien Lecornu précise donc dans le projet de cette loi, les prestations sociales pourront également être sollicitées dans des conditions prévues par la loi avec vraiment l'idée aussi que ça puisse durer sur des années l'idée qu'il y ait une petite somme peut-être régulière pendant longtemps qui soit soit prélevé sur les visiblement sur les prestations sociales soit prélevé sur les... visiblement sur les prestations sociales soit prélevé sur les futurs salaires s'il s'agit de jeunes.
Oui bien sûr c'est dans la lignée de ce pourquoi je plaide et de ce que nous avions prévu de faire avec mon gouvernement donc ça va vraiment dans le bon sens encore une fois c'est très difficile aujourd'hui quand vous avez des manifestations, vous avez quelques personnes qui sont identifiées, d'établir leur lien entre les personnes qui ont été interpellées et les dégradations qui ont été commises. Là il s'agit de dire si jamais vous avez participé à un attroupement qui était interdit, qui a donné lieu à des dégradations, vous êtes solidairement avec les autres personnes qui ont participé tenu responsable. Et si vous n'avez pas les moyens de rembourser ou de payer des amendes très élevées tout de suite, ça se fera de manière échelonnée sur du plus long terme.
Mais l'essentiel c'est que les gens soient tenus responsables de leurs actes. Avec une question quand même, Gabrielle Attal, c'est que ça existait. Ça existait jusqu'en 1981, ça a été aboli, supprimé par l'arrivée de François Mitterrand parce qu'on considérait que cette responsabilité collective, eh elle niait une éventuelle non-responsabilité individuelle de certains qui se trouveraient là un peu par hasard.
Je pense que ceux qui d'abord sont identifiés comme immédiatement en lien avec les dégradations seront toujours tenus davantage responsables que les autres. Et la deuxième chose, Apolline de Malherbe, c'est qu'on voit aujourd'hui qu'il y a une forme de phénomène de masse. Je veux dire, on ne peut pas accepter maintenant qu'à chaque victoire, que ce soit le Paris Saint-Germain ou l'équipe de France ou je ne sais, qu'à chaque victoire, on n'anticipe à l'avance, on sait déjà à l'avance qu'il va y avoir des dégradations.
Comme si finalement, on avait intégré cette situation. Et donc, on doit revoir notre arsenal. Et peut-être que si un certain nombre de lois n'avaient pas été supprimées, on n'en serait pas là où on en est aujourd'hui en termes malheureusement de délinquance dans ces Justement, justice et autorité.
Une question aussi sur les suites du drame de la mort de Liana. Vous avez proposé immédiatement un certain nombre de décisions comme par Par exemple, la suppression du juge d'application des peines, estimant qu'une peine qui a été énoncée doit être appliquée telle quelle. Et puis un certain nombre d'idées, notamment effectivement que les pédocriminels soient jugés ou considérés presque comme des terroristes.
Et dans un entretien au Figaro que vous aviez dit, ce matin Edouard Philippe dans Le Parisien vous répond « Il est interrogé par mes confrères qui leur demandent s'il est d'accord Avec votre proposition, voilà la question. Gabriel Attal veut aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes, êtes-vous d'accord ? Et voilà la réponse d'Edouard Philippe.
Je comprends que face à l'émotion, on cherche la formule choc pour montrer sa détermination, mais ce parallèle traduit une forme d'incompréhension de ce que c'est que la pédocriminalité. Comment vous réagissez ? Vous ne comprenez rien.
Je ne veux pas faire de la politique politicienne sur un sujet comme celui-là. Ce que j'ai dit, c'est qu'on doit appliquer le même suivi aux pédocriminels que celui qu'on applique aux terroristes. Ce que j'ai dit, c'est qu'on a bâti une organisation dans les services de l'État et les services judiciaires sur la question du terrorisme avec un parquet national de lutte contre le terrorisme, avec ensuite toute une chaîne pénale qui est adaptée et un suivi qui est adapté.
Je propose de faire la même chose. Je propose un parquet national contre la pédocriminalité et d'une manière générale les violences sexistes et sexuelles pour le haut du spectre, le haut du réseau. Et ensuite, je propose effectivement que dans la chaîne pénale, on organise les choses en matière de suivi, en matière de culture de l'urgence, comme on le fait sur la question du terrorisme.
Ce qu'il faut, Apolline de Malherbe, c'est que quand il y a une plainte, il y a immédiatement un acte de procédure en moins de 48 heures. Mais est-ce que vous réagissez face à l'émotion en cherchant la formule choc ? D'abord je pense que tous les français ont été non seulement émus mais bouleversés par ce qui s'est passé.
Ensuite moi ça fait plus d un an que je fais des propositions. Il y a un an j'ai fait un certain nombre de propositions sur les questions de justice, c'est des propositions que je reprends aujourd 'hui, j'ai pas attendu évidemment un drame pour faire un certain nombre de propositions mais voilà en tout cas ce qui est certain et et je pense que les Français en sont conscients avec ce drame, et surtout le fait qu'il aurait pu être évité, c'est ça qui est terrible. C'est qu'on a besoin d'une nouvelle justice.
On doit garder les grands principes de notre droit et de notre justice, mais on doit avoir une nouvelle organisation de notre système judiciaire, pour plus de fermeté et pour un certain nombre de priorités, comme la lutte contre la pédocriminalité, évidemment un suivi particulier. Vous mettez une sorte de parallèle en effet entre la manière dont il faut traiter la pédocriminalité et le terrorisme. Il y a eu un grand débat autour des attentats à partir de 2015 en France sur la question de est-ce que les radicalisés pouvaient être déradicalisés ?
Est-ce qu'on pouvait traiter ? Est-ce qu'on pouvait, au fond, une fois qu'on On avait purgé sa peine, être réintégré dans la société. Ce débat-là, il se pose, et c'est une forme de parallèle sur la question des pédagogues criminels.
Est-ce qu'une fois qu'ils ont purgé leur peine, ils peuvent revenir dans la société ? Est-ce qu'il faut les ficher ? Est-ce que vous considérez qu'à vie, un pédocriminel doit avoir l'étiquette pédocriminelle sur son front ?
Il y a beaucoup de débats, y compris d'experts, de scientifiques, sur ces questions-là. Ce dont je suis sûr et certain, c'est qu'il doit y avoir un suivi qui ne s'arrête jamais. C'est pour ça que dans les propositions que je fais pour appliquer le même traitement et le même suivi aux pédocriminels qu'aux terroristes, je propose par exemple qu'on mette en place un service de renseignement dédié.
On a pour le terrorisme, évidemment des services de renseignement dédiés qui suivent des terroristes ou des personnes qui manifestement sont en train de préparer un attentat terroriste. Il faut qu'on ait de la même manière un service de renseignement dédié à la pédocriminalité pour traquer les grands réseaux pour prendre des mesures administratives quand elles sont nécessaires pour enquêter et ça fait partie de ce parallèle que je propose. Avant de passer à la suite, je rajoute quand même que dans cet entretien aux Parisiens, Edouard Philippe, il est dur avec vous mais alors par contre, il fait les yeux doux à Gérald Darmanin parce que quand on l'interroge sur la responsabilité du ministre de la Justice, il dit je le soutiens totalement.
Il y a des histoires quand même d'alliances, de signaux. Est-ce que vous pouvez me décrypter cette histoire ? Non, moi je ne suis pas là pour faire du décryptage politique et surtout moi je vous ai dit je ne veux pas faire de politique politicienne autour de ces sujets, ils sont beaucoup trop graves.
Mais là est-ce qu'il y a une alliance qui est en train de se dessiner contre vous ? Mais si votre question par ailleurs c'est si j'apporte mon soutien au ministre de le fait que Gérald Darmanin il va falloir quand même à un moment soit qu'il décide d'y aller, soit qu'il décide de soutenir l'un de vous deux. Je ne dis pas que c'est un combat de MMA mais il y a quand même un peu de ça.
On se demande lequel des deux il va choisir. Vous savez Apolline de Malherme j'espère pas vraiment qu qu'on fait de la politique politicienne ou des questions présidentielles sur ce sujet qui est un drame absolu. En tout cas moi je le dis, ce sujet-là peut être un sujet autour duquel il y a une union sacrée des politiques, quel que soit leur parti.
Parce qu'on parle de nos enfants, c'est c'est-à-dire les plus vulnérables, les plus fragiles. Et le rôle de la République, notre rôle à tous, c'est d'assurer leur protection. Avec quand même une question, c'est comment vous ferez à un moment pour décider qui y va ?
Je veux dire, vous êtes candidat à l'élection présidentielle Edouard Philippe est candidat à l'élection présidentielle. Vous êtes à peu près sur la même famille, en tout cas originellement vous êtes tous les deux d'anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment ou à un autre, il y en a un qui va dire je lâche l'affaire et je laisse l'autre ?
J'ai fait des propositions en ce sens parce qu'évidemment moi j'appelle au rassemblement, je veux qu'on évite un deuxième tour entre la France insoumise et le Rassemblement national. Et pour ça il faudra probablement se rassembler au début de l'année 2027. Donc j'ai fait une première proposition qui est une instance qui permette aux différents partis politiques que vous avez évoqués d'échanger, de travailler.
Il y a déjà eu plusieurs réunions sur le sujet. J'ai fait une deuxième proposition. Si on n'arrive pas à départager par la dynamique, par les sondages entre les différents candidats, qu'il puisse y avoir l'organisation d'une primaire.
C'est des propositions que j'ai mises sur la table, que je fais pour le rassemblement. Mais je vais vous dire, Apolline de Malherbe, indépendamment des questions arithmétiques, de savoir si on ajoute tel candidat avec tel candidat, indépendamment des questions de barrage contre la France insoumise, contre le Rassemblement national. L'enjeu, c'est d'aller convaincre les Français.
L'enjeu, c'est de parler d'un projet politique pour le pays. On n'arrivera pas à convaincre les Français en leur disant « Votez pour nous parce qu'on a réussi à se mettre d'accord entre nous mais ils se mettent d'accord, pourquoi ? Donc moi j'avance, je m'exprime devant les Français.
Je leur parle, je leur dis quelles sont mes priorités. École, salaire, frontière, IA. C'est les quatre chantiers capitaux que j'ai affirmés au lancement de ma candidature. si on arrive à relever ces défis école, salaire, frontière IA, la France peut redevenir la première puissance d'Europe en 10 ans ça doit être ça notre objectif pour les français qui nous regardent, pour la puissance du pays pour leur salaire.
Je m'exprime, je viens devant les Français, par contraste le fait qu'Édouard Philippe soit davantage dans une forme de retrait il répond à des interviews par écrit c'est ça ce que je dis chacun sa formule. Non en fait ce que je dis c'est que plutôt que de se parler entre partis politiques, il faut plutôt parler avec les Français, il faut plutôt leur dire ce qu'on a envie de faire, il faut plutôt leur donner notre vision. Moi ma vision elle est claire, je veux qu'à nouveau les Français puissent se dire que leurs enfants et leurs petits-enfants auront une meilleure vie que la leur.
Comment est-ce qu'on y arrive en redevenant la première puissance d'Europe. Comment est-ce qu'on redevient la première puissance d'Europe en ayant des priorités, école, salaire, frontières, IA ? Je le dis parce que c'est très important et c'est sur ça qu'on sera jugé et qu'on pourra redevenir la première Là, justement, ce week-end, Donald Trump a coupé une partie de l'IA aux Européens et au reste du monde, estimant qu'il y avait des dangers pour la souveraineté américaine.
Et donc, notamment pour Claude, on n'y a plus accès au niveau supérieur. Est-ce que ça veut dire que désormais, nous sommes les vassaux de l'Amérique ? Ça veut dire qu'on est quelque part dans une guerre technologique et qu'il y aura les gagnants et les perdants.
L'IA, on peut en penser ce qu'on veut, elle est et là, elle sera de plus en plus là. La question c'est est-ce qu'on se donne les moyens de la dominer ou est-ce qu'on l'a subi ? Mais qu'est-ce qu'il faut dire à Donald Trump quand il arrive sur le sol français ?
Vous savez, indépendamment de Donald Trump, Apolline de Malherbe, la réaction à avoir, c'est faire en sorte que la France et l'Europe puissent maîtriser elle-même l'intelligence artificielle. Je suis le seul candidat à mettre dans mes priorités depuis le début, je n'ai pas attendu cette affaire, la question de l'intelligence artificielle. Il y a deux priorités.
Un, il faut évidemment avoir les meilleurs modèles. Deux, il faut diffuser l'IA dans notre économie. Les États-Unis font la course au meilleur modèle, la Chine fait la course à la diffusion de l'IA dans son économie.
Pourquoi c'est important ? Parce que c'est la supériorité technologique qui fait la supériorité économique et militaire. Il faut le dire autrement.
Et bien sûr, il faut être totalement indépendant d'eux. Et pour le dire autrement, Outlook, Apple, Google, les iPhone, si demain il veut faire pour ceux-là ce qu'il a fait sur Claude son week-end. On paye, à Pauline de Malherbe, des décennies, des décennies pendant lesquelles les gouvernants européens ont décidé de sous-traiter notre défense aux Etats-Unis, notre industrie à la Chine, notre énergie à la Russie et au pays du Golfe.
Et sur les questions technologiques, on paye le fait qu'on a raté la révolution numérique au début des années Vous avez peut-être entendu Raphaël Glucksmann en meeting ce week-end, il a dit notre ennemi a un visage et il a un nom, il s'appelle Elon Musk ou Sam Altman Non mais notre ennemi c'est nous-mêmes, si on n'est pas capable de prendre les mesures qu'il faut pour nous aussi être capables de maîtriser cette technologie. Mais est-ce que c'est nos ennemis Elon Musk et Sam Altman ? Encore une fois, c'est des concurrents, c'est des leaders, pour certains des grands entrepreneurs qui ont permis de créer des géants internationaux, c'est pour certains des politiques ou quasiment politiques, qui cherchent à faire de l'ingérence et en cela évidemment qui sont des ennemis.
Mais l'important encore une fois c'est de regarder le principal ennemi qui est nous-mêmes si on n'est pas capable de prendre conscience de l'urgence qu'il y a à faire tout ce qu'il faut pour dominer cette guerre technologique qui s'ouvre, c'est les salaires des Français demain. Vous savez si aujourd'hui les salaires des Français sont plus faibles que les salaires des Américains ? C'est parce que les Américains ont gagné la révolution numérique au début des années 2000.
Ce qui leur permet d'avoir de meilleur salaire et de dominer aujourd'hui la question de l'IA, 3 milliards d'euros par jour sont investis par les GAFAM en recherche sur l'IA. Si on rate la révolution de l'intelligence artificielle, c'est l'appauvrissement généralisé de la France et de l'Europe demain. Et oui, nos enfants, nos petits-enfants pour travailler auront le choix entre servir du café aux Américains ou du thé aux Chinois quand ils viendront en France et en Europe visiter notre patrimoine.
Et pour le reste, on sera effectivement colonisés. Gabriel Attal, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Candidat à l'élection présidentielle et ancien Premier ministre, bien sûr, il est 8h47.
Gabriel Attal qui est revenu évidemment sur cette information de la nuit,
Gabriel Attal