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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 2 septembre 2024 9 min

Premier ministre : Bernard Cazeneuve de retour à Matignon ? Mathilde Panot est l’invitée des 4V ce lundi 2 septembre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bienvenue dans les 4V, Mathilde Panot. Merci d'être avec nous ici ce matin devant l'Arc de Triomphe. Alors, on commence avec la photo de celui qui sera peut-être l'homme du jour, Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre de François Hollande, qui sera reçu dans tout juste une heure au Palais de l'Elysée par Emmanuel Macron. Son nom circule parmi les favoris pour occuper à nouveau l'hôtel Matignon. Pourquoi rejeter, avant même qu'il se soit exprimé, finalement le fait qu'il puisse devenir le futur Premier ministre ?

0:38
Mathilde Panot

Eh bien, tout simplement par loyauté pour les électeurs et les électrices du Nouveau Front Populaire. Monsieur Cazeneuve n'a pas participé au Nouveau Front Populaire, il est opposé au programme du Nouveau Front Populaire. Et vous n'avez qu'à voir ce qu'ont dit vos collègues et révélé vos collègues de l'humanité, qui explique que si Emmanuel Macron n'a pas nommé Lucie Casté qui reste notre candidate pour Matignon, c'est parce qu'il ne voulait pas qu'elle fasse le SMIC à 1600 euros, qu'elle abroge la réforme de la retraite à 64 ans, ou encore, motion spéciale pour aujourd'hui, qu'elle fasse l'école réellement gratuite. Donc c'est un problème de programme.

Monsieur Cazeneuve ne portera pas notre programme. Et je vous le réannonce ici, nous censurerons tout autre gouvernement qui ne serait pas mené par Lucie Casté.

1:21
Présentateur

– Bernard Cazeneuve aurait confié pendant l'été, en échangeant avec ses proches, qu'il souhaiterait suspendre la réforme des retraites jusqu'à la prochaine élection présidentielle. S'il met cette proposition sur la table, est-ce que vous lui donnez sa chance ?

1:34
Mathilde Panot

– Mais non, je ne lui donne pas sa chance. Et d'ailleurs, nous savons déjà ce que fait M. Cazeneuve, qui a d'ailleurs gouverné avec M. Macron, qu'a fait M. Cazeneuve. Il a notamment été là lorsqu'il y a eu la mort de Rémy Fraisse, lorsqu'il y a eu la répression au moment des mouvements sociaux contre la loi travail, lorsqu'il y a eu la création du CICE, vous savez le crédit d'impôt compétitivité emploi, qui a donné 20 milliards d'argent public aux grandes entreprises sans aucune contrepartie. Donc M. Cazeneuve appartient à l'ancien monde du hollandisme, dont nous voulons, nous, avec le nouveau Front populaire, tourner la page.

2:09
Présentateur

– Mais si très concrètement, il mettait ses propositions sur la table, s'il reprenait certaines propositions de votre programme, pourquoi ne pas discuter avec lui ?

2:17
Mathilde Panot

– Mais parce que le nouveau Front populaire a gagné. Il s'agit de respecter la souveraineté et la volonté populaire qui s'est exprimée massivement.

2:26
Présentateur

– Vous avez un tiers des députés de l'Assemblée nationale.

2:28
Mathilde Panot

– Oui, nous avons une majorité relative, comme les macronistes avaient une majorité relative à l'époque. Et donc nous, nous voulons que ce pourquoi les Français et les Françaises ont porté leur voix haut et fort, c'est-à-dire vouloir une rupture, notamment avec la politique qui est menée par Emmanuel Macron, puissent se faire. Et je crois que M. Cazeneuve est celui qui continuera une politique macroniste.

2:48
Présentateur

– Mais est-ce qu'un tiers de l'Assemblée nationale, ça veut dire appliquer 100% de votre programme ?

2:53
Mathilde Panot

– Non, vous savez, ce qui se passe habituellement, vous avez un gouvernement qui arrive devant les assemblées, devant le Parlement, qui propose des textes et ensuite, à partir de ces textes-là, il y a des débats démocratiques, des débats parlementaires, qui amènent parfois à faire des compromis sur des choses. Mais la base de ce que nous proposons, c'est le programme et tout le programme. Et je vous assure que sur beaucoup de sujets, nous aurions des majorités. Nous, nous sommes toujours pour abroger la réforme de la retraite.

3:19
Présentateur

– Alors dans ce nouveau Fonds populaire, il y a les socialistes également. Est-ce que vous ne craignez pas que certains de vos collègues du Parti Socialiste puissent être séduits par cette hypothèse de Bernard Cazeneuve à Matignon et pas forcément vous suivre dans l'hypothèse où vous proposeriez une motion de censure si Bernard Cazeneuve était à la tête d'un gouvernement ?

3:35
Mathilde Panot

– Je crois que les quatre formations du nouveau Fonds populaire sont alignées pour dire que nous censurions tout autre gouvernement que celui de Mme Lucie Casté. Et donc, j'ai entendu par la voix d'Olivier Faure, qui est à la direction du Parti Socialiste, qu'il n'aurait le soutien des socialistes, en disant cela à M. Macron, qu'il n'aurait le soutien des socialistes qu'avec un gouvernement de la candidature de Lucie Casté elle-même.

3:58
Présentateur

– Alors Emmanuel Macron ne recevra pas que Bernard Cazeneuve aujourd'hui, il recevra les anciens présidents justement François Hollande, Nicolas Sarkozy, mais également Xavier Bertrand. Xavier Bertrand, ça change quelque chose à vos yeux ?

4:10
Mathilde Panot

– Non, vous pourriez me dire les Power Rangers, je vous dirais aussi que nous ferions de la censure. Je vais vous dire, c'est Emmanuel Macron qui a décidé de faire une dissolution juste avant les Jeux Olympiques et qui maintenant nous explique qu'il faudrait faire une trêve pour les Jeux Olympiques, une trêve pendant la rentrée scolaire, une trêve pendant les Jeux Paralympiques et qui refuse depuis maintenant 48 jours d'un gouvernement démissionnaire, ce qui est le record de la 5e mais aussi de la 4e République, de reconnaître le résultat des urnes. Donc je le dis maintenant, ça suffit.

Vous voyez que le président de la République reçoit aujourd'hui l'ancien monde, on pourrait dire cela comme cela. Eh bien nous, nous sommes républicains, nous sommes démocrates et nous demandons à ce qu'on respecte le résultat des urnes. Et c'est pourquoi nous manifesterons ce samedi. Et j'invite toutes celles et ceux qui veulent défendre la démocratie, qui veulent défendre la République, à se joindre aux organisations de jeunesse, au planning familial, à Attaque et à beaucoup des organisations politiques.

5:03
Présentateur

Parmi vos ripostes politiques à Emmanuel Macron, il y a cette mobilisation du week-end prochain. Il y a aussi cette procédure de destitution que vous avez annoncé avoir lancée en déposant justement et en envoyant à vos collègues députés cette volonté de destituer le chef de l'État. Il faut qu'il y ait des signatures. Pourquoi vous obstinez maintenant alors que, quand on regarde, ça n'a aucune chance d'être adopté, puisque l'un des éléments, c'est qu'il faudrait qu'il y ait les deux tiers de l'Assemblée nationale qui, au final, adoptent cette volonté de destitution ?

5:32
Mathilde Panot

Et vous remarquerez que les macronistes représentent moins d'un tiers des députés aujourd'hui de l'hémicycle.

5:37
Présentateur

Oui, mais par exemple, les écologistes, les socialistes ont dit que ce n'était pas leur priorité, alors que ce sont vos alliés.

5:41
Mathilde Panot

Eh bien, vous avez peut-être vu que, lorsque nous avons fait cette proposition dans l'été, en avertissant à Emmanuel Macron que s'il ne respectait pas le résultat des urnes, alors nous enclencherions cette procédure de destitution pour manquement grave au devoir du chef de l'État, puisqu'il doit, selon l'article 8, nommer et non choisir le Premier ministre et respecter le résultat des élections qu'il a lui-même demandées. Donc, pourquoi est-ce que nous faisons cela ? D'abord, parce que nous voulons que le chef de l'État respecte la volonté populaire. En République, ce n'est pas le monarque qui est souverain, mais bien le peuple qui est souverain. Ça, c'est la première chose.

La deuxième chose, c'est que nous voulons rappeler, et c'est pour ça que je l'ai envoyé aux différents parlementaires, qu'il y a, en quelque sorte, une indépendance du Parlement vis-à-vis du pouvoir exécutif, mais aussi, singulièrement, du président de la République. Donc, nous lançons cette procédure, et je le dis à nos partenaires du Nouveau Front Populaire, s'ils laissent passer, au moins pour le bureau en vous temps pour, au moins en commission des lois, et bien cela nous permettra d'avoir un débat dans l'hémicycle, et je crois que c'est sain d'avoir ce débat-là.

49% des Français interrogés disent qu'ils sont favorables à des destitutions, et nous avons lancé avant-hier, il y a moins de 48 heures, une pétition qui a déjà 150 000 signatures, que tout le monde peut signer sur macron-destitution.fr.

6:58
Présentateur

Mathilde Panot, les affaires courantes sont gérées par le gouvernement démissionnaire. Il y a 12 millions d'élèves, dont certains nous regardent peut-être avant de partir au collège, au lycée ou à l'école, qui font leur rentrée aujourd'hui. Le gouvernement assure que la rentrée est gérée, et que, gouvernement démissionnaire ou pas, la rentrée va bien se passer.

7:15
Mathilde Panot

Eh bien, malheureusement, non, la rentrée n'est pas gérée. Alors déjà, je voudrais souhaiter évidemment une bonne rentrée aux 12 millions d'élèves, vous en parlez, aux professeurs, mais aussi aux personnels de l'éducation. Parce que les syndicats, notamment des enseignants, expliquent qu'il n'y aura pas un professeur devant chaque classe, ce qui est quand même d'une indignité absolue pour la septième puissance économique au monde.

Et je veux avoir une pensée particulière, puisque nous sommes dans les Jeux paralympiques, vous parliez tout à l'heure de l'UNAPI, qui dénonce depuis des années le fait que des milliers d'enfants en situation de handicap se retrouvent sans solution de scolarisation, puisqu'il n'y a pas d'accompagnants d'élèves en situation de handicap. Et je le dis, dans notre programme, il y a la titularisation des accompagnants d'élèves en situation de handicap pour qu'enfin elles aient une vraie formation, un vrai salaire, et qu'elles puissent exercer dignement ce métier indispensable pour des milliers d'enfants de ce pays.

L'UNAPI disait en 2023 qu'il y avait 23% des enfants en situation de handicap qui se retrouvaient sans solution de scolarisation, ce qui est, je crois, une indignité totale pour notre pays.

8:15
Présentateur

Merci beaucoup Mathilde Panot d'être venue dans les 4V ce matin. Vous restez, bien sûr, sur France 2 Télématins et de retour dans quelques instants. C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv. Sous-titrage Société Radio-Canada