INTÉGRAL I Violences sexuelles: discours très fort de Clémentine Autain
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« J'avais 22 ans quand un inconnu m'a plaqué au mur. Il m'a mis un couteau sous la gorge m'a conduite en plein jour dans un sous-bois et m'a violé. »
- 1:11Invité politiqueChiffre
« 95 % des violences sexuelles et 88 % des violences conjugales sont commises par des hommes et nous victimes, sommes des femmes et des enfants dans l'écrasante majorité. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« leur dévoilement intervient en moyenne à l'âge de 44 ans. »
- 4:40Invité politiqueChiffre
« l'année dernière, on a encore comptabilisé 164 féminicides. »
- 5:23Invité politiqueChiffre
« les coûts induits par toutes ces violences s'élèvent à près de 90 milliards d'euros chaque année. »
Temps de parole
- Clémentine Autain98 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
le budget là et le nerf puis la joie de vivre de Giselle Péico se résol pardon ceci
[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]
tu se révolter ensem emble de la dimension industrielle des agressions sexuelles sur des enfants au sein de l'Église catholique comme du nombre de victime de Joël le Squarnec PPDA ou Patrick Bruel chanter Balanceon. J'avais 22 ans quand un inconnu m'a plaqué au mur. Il m'a mis un couteau sous la gorge m'a conduite en plein jour dans un sous-bois et m'a violé. J'étais en état de choc. C'est une amie qui m'a emmené déposé plainte. Le lendemain, je me suis retrouvée dans ce même sous-bois avec des policiers à chercher ensemble le préservatif usager. Au procès, alors que l'auteur avait avoué entre 20 et 30 viols, nous étions trois plaignantes.
Je ne vous parle pas de de mon intimité, mais de sa violation. La sexualité n'est que le lieu le prétexte à inoculer la mort. Le viol ne relève pas de la pulsion biologique d'un besoin irrépressible. C'est le fruit d'une culture, d'une histoire, celle du patriarcat. Comme la violence conjugale et l'agression sexuelle, c'est l'expression ultime de la domination du masculin sur le féminin, de l'adulte sur l'enfant.
[applaudissements]
C'est un acte 95 % des violences sexuelles et 88 % des violences conjugales sont commises par des hommes et nous victimes, sommes des femmes et des enfants dans l'écrasante majorité. Et après après nous nous débattons avec la mort. Une charge destructrice rôde lancinante s'agrippant à nos corps malades, à nos psychés dévastés. Il y a un avant et un après. Et pour revivre et non simplement survivre, nous ne sommes pas à égalité. Nous n'endurons pas seulement la violence des faits. Nous subissons la violence du regard sur ces faits. La violence de l'impunité systématique, la violence d'une machine judiciaire inadaptée, la violence du mépris à l'égard de nos souffrances.
Quel est ce crime où c'est la victime qui ressent de la honte ? Quel est ce crime où nous sommes suspectés de mensonge, de complicité, de l'avoir bien cherché ? Quel est ce crime que nous avons tant de mal à pororter devant les tribunaux ou même à évoquer dans un dîner en famille ou entre amis ? Plus tard me sont revenus avec insistance des flashes d'enfance et d'adolescence. Ces scènes d'abord enterrées dans ma mémoire réapparaissaient sans que je puisse les qualifier ni même ressentir consciemment la douleur, la brutalité. Elle relevait de l'agression sexuelle et du viol. Rien d'originalité. Rien d'original. C'est plutôt la banalité du mal.
Car plus de sep viols sur 10 sont le fruit d'une personne connue de la victime et près d'un enfant sur 5 subit des violences sexuelles. Et leur dévoilement leur dévoilement intervient en moyenne à l'âge de 44 ans. Ce dont je peux témoigner c'est que l'affecte, le lien, l'emprise, la sidération sont des armes des armes aussi redoutables qu'un couteau. Le mouvement de la société a pris sa part, mais les politiques publiques, c'est la honte. La non assistance à personne en danger, le bal des tartufes. Les gouvernements n'ont pas pris leur responsabilité. Jamais de grande loi comme en Espagne, pas le moindre milliard supplémentaire inscrit au budget.
Nous avons eu droit à du blabla, à des mesurettes, à du en même temps avec un président Macron capable de déclarer que Gérard de Pardieu rend fier la France. [applaudissements] La grande cause du grande cause du quinquena ne fut qu'un mirage. 10 ans après le lancement de l'ashtag mitou j'en rage toutes les 3 minutes, un enfant est victime d'un sieste, de viol ou d'agression sexuelle. Seulement un viol sur 10 débouche sur une plainte qui de toute façon est classé s'ensuite dans 94 % des cas. L'année dernière, on a encore comptabilisé 164 féminicides. Qu'avons-nous fait depuis 30 ans, 20 ans, 10 ans ?
Suite à mon appel pour préparer notre une chose est sûre, on ne peut plus dire qu'on ne sait pas, on sait. Et c'est pourquoi des députés dans un cadre transpartisan ont déposé cette proposition de loi dite intégrale inspirée des 140 propositions de la coalition féministe et enfantiste et des travaux de la civis auxquels nous disons merci [applaudissements] et merci. La justice doit cesser de produire de la victimisation. secondaire. Le soin spécialisé psychotraumatique est inaccessible aujourd'hui à la à la majorité des victimes.
Il faut de l'argent public pour former des professionnels, assurer leur répartition géographique et rembourser le coût des séances dans l'enfance comme à la gestulte. C'est simple, sans budget intégral, la loi dite intégrale ne sera pas appliquée. Avec la taxe Zucmane, un impôt sur les super profits ou les superhéritage, les milliards cruellement manquants sont à porté de main et je rappelle que les coûts induits par toutes ces violences s'élèvent à près de 90 milliards d'euros chaque année. Si nous mettons l'argent dans la prévention et le soin, nous ferons ailleurs des économies et surtout nous diminuerons le nombre de victimes comme le temps de leur réparation.
Quand on des députés qui auront voté cette loi seront-ils capables ensuite de valider le budget de l'État dans lequel rien n'est prévu pour sa mise en œuvre. En réalité, seule une grande loi de programmation budgétaire et non venant du gouvernement aurait permis que nous soyons au rendez-vous de l'histoire. Je le dis avec force et notamment au ministre, l'inaction et le cynisme sont des crachats au visage des victimes qui vous le dit, chaque lundi, une loi intégrale suppose un budget intégral. Merci. Go!
Clémentine Autain