Négociations à gauche pour les législatives, problème d'incarnation au PS... Le "8h30 franceinfo" de François Hollande
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour François Hollande. Bonjour Marc Fauvel. On va parler de la situation politique en France, du quinquennat qui débute, de l'avenir du Parti Socialiste. D'abord un mot de la guerre en Ukraine. Personne ne sait aujourd'hui ce que Vladimir Poutine est vraiment capable de faire. Hier, il a même laissé entendre qu'il pourrait utiliser l'arme nucléaire si nécessaire. Est-ce qu'il faut le croire ?
Il faut l'écouter en tout cas. Ce qu'il dit ne le fait pas nécessairement, mais ce qu'il dit a un sens. Il veut dissuader les occidentaux, les démocraties, d'aider l'Ukraine, d'apporter des équipements militaires pour que les Ukrainiens puissent résister, se défendre et repousser l'offensive russe. On doit continuer à le faire ? Il faut le faire. Car si nous cédions à la menace de Vladimir Poutine, nous aurions à ce moment-là une responsabilité. Nous aurions laissé l'écrasement de l'Ukraine. Est-ce que pour autant nous devons prendre des risques incalculables pour la sécurité de l'Europe ? Non.
Donc il faut continuer à aider militairement l'Ukraine sans bien sûr envoyer de soldats en Ukraine. Et aucun pays d'ailleurs ne revendique cette position. Donc il est très important de montrer de la force face à ce que Vladimir Poutine veut faire, c'est-à-dire d'une certaine façon nous soumettre à l'idée que l'Ukraine appartient pour une part à la Russie, qu'il va donc continuer à bombarder un certain nombre d'infrastructures et élargir la zone qu'il contrôle, Donbass et le sud de l'Ukraine, pour ensuite proposer une négociation sur ces bases-là qui seraient pour les Ukrainiens, comme d'ailleurs pour nous tous, inacceptables.
Ça voudrait dire que le coup de force, l'invasion, auraient réussi.
François Hollande, pour faire plier Vladimir Poutine, vous faites partie de ceux qui disent qu'il faut arrêter d'acheter du gaz et du pétrole à la Russie. Mais est-ce qu'on est vraiment prêt à le faire aujourd'hui ?
D'abord la France devrait le faire, oui, parce qu'elle peut le faire. Elle est moins dépendante que d'autres pays.
Elle peut le faire seule, sans ses alliés européens ?
C'est mieux de se concerter, ce qui d'ailleurs a été fait, avec les alliés européens. Mais il faut d'abord commencer par les pays qui sont les moins dépendants et qui peuvent se fournir ailleurs. Ensuite, les Allemands vont être pris progressivement dans cette contradiction de vouloir infliger des dommages importants à la Russie et continuer à lui acheter du gaz et du pétrole. Et vous voyez bien que Vladimir Poutine aussi utilise l'arme du gaz et du pétrole, puisqu'il a suspendu les livraisons à la Pologne et à la Bulgarie. Donc n'attendons pas que Vladimir Poutine nous fasse ce type de contrainte. Anticipons, préparons la suite.
C'est difficile, c'est coûteux, puisque ça a des conséquences sur le prix du gaz et aussi du pétrole, mais c'est nécessaire. Et puis ça permet aussi d'accélérer des transitions qui, au regard des objectifs climatiques, sont nécessaires, c'est-à-dire de moins dépendre des énergies fossiles.
Et est-ce que la guerre en Ukraine, François Hollande, vous a fait changer d'avis sur le nucléaire ? Est-ce que vous dites, comme Emmanuel Macron, aujourd'hui on ne peut plus s'en passer, il faut même relancer la filière ? Il faut d'abord prolonger les centrales existantes.
Toutes ? Oui, toutes, de manière à ce que nous puissions garder une production d'électricité d'origine nucléaire. Ensuite, pour relancer la filière, il faudra du temps, puisque les réacteurs ne seront là que les nouveaux réacteurs. Dans 10 ou 15 ans ? Dans 10 ou 15 ans.
Mais vous souhaitez qu'on construise de nouveaux réacteurs aujourd'hui ?
Oui, cette recherche, elle est nécessaire. Il faut continuer à avoir une capacité d'ouvrir des centrales avec des réacteurs sans doute plus petits, qui produisent moins de péchés, mais le nucléaire civil, je parle, est absolument nécessaire. Vous avez changé d'avis sur cette question ? Non, je n'ai pas changé d'avis. Moi, j'avais voulu fermer des centrales vieillissantes. Fessenheim ? Fessenheim, une. Et continuer à avoir de nouvelles centrales, et notamment l'EPR de Flamanville, qui, on le constate, a quand même quelques difficultés. Mais qui aurait dû ouvrir sous votre mandat et qui n'a toujours pas ouvert aujourd'hui. Et qui n'a toujours pas ouvert aujourd'hui.
Donc, ça veut dire que notre capacité industrielle a été ralentie, a été affaiblie, et qu'il est nécessaire de continuer à investir dans la filière nucléaire.
Un second mandat pour Emmanuel Macron. C'est la première fois qu'un président sortant est réélu, hors cohabitation. Est-ce que vous avez félicité le président réélu ?
Oui, j'ai fait ce que le devoir d'un ancien président appelle, c'est-à-dire féliciter le président élu, en l'occurrence réélu. Ça ne veut pas dire que je partage ses choix, mais j'ai voté pour Emmanuel Macron au second tour. J'ai même appelé ceux qui peuvent m'entendre à le faire. Parce que, face à Marine Le Pen et à ce qu'elle représente, il n'y avait pas de doute à avoir, pas de nuance à émettre. Il n'y avait qu'un seul vote, qui était celui d'Emmanuel Macron. Maintenant, c'est une victoire, on le voit bien, sans enthousiasme. Puisque c'est une addition de vote utile au premier tour, et de vote de rejet au second tour. Vous dites comme Jean-Luc Mélenchon, il a été mal élu ? Non.
Le président est élu, il est pleinement légitime, et mettre en cause ou laisser penser qu'il serait mal élu, voudrait dire alors que tous les élus de France, qui, aux élections municipales, départementales, régionales, ont eu des taux de participation faibles, seraient des mal élus aussi. Et ça voudrait dire aussi que pour les élections législatives, ceux qui vont s'y présenter, si les taux de participation sont faibles, seraient des députés de second ordre ? Non. Le président a été élu, il est pleinement légitime.
Lionel Jospin dit qu'il a joué avec le feu, avec l'extrême droite. Vous êtes d'accord avec ça, vous ?
Je pense que le président et sa majorité sont dans la situation de bénéficier, comme en 2017, d'une fracture de l'opinion, et d'une montée des extrêmes. Donc tant qu'il y aura une extrême droite forte et une gauche radicale qui campe sur le terrain de la gauche et empêche finalement les deux familles politiques traditionnelles, la droite et la gauche, c'est-à-dire les républicains et ce qui étaient les socialistes, eh bien le pôle central a toutes les raisons de penser qu'il peut, comme ça, se prolonger.
Et je le dis très clairement, s'il n'y a pas une renaissance des partis politiques qui représentaient jusqu'à présent l'essentiel de l'échiquier politique, eh bien en 2027, vous aurez toujours Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon candidat et un candidat du bloc central qui dira, vous voyez, on ne peut prendre ni l'un ni l'autre, donc vous n'avez pas le choix.
Est-ce que vous pourriez, François Hollande, travailler d'une certaine façon avec Emmanuel Macron ? On lit ce matin dans l'Obs qu'il vous aurait proposé de diriger la commission transpartisane pour réformer les institutions. Est-ce que c'est exact ? Non, il ne m'a été rien proposé.
Ni cette commission, ni autre chose. Ça ne veut pas dire que l'idée d'une commission transpartisane pour réformer les institutions soit mauvaise. Elle vous intéresserait ? Non, mais moi je ne cherche aucun intérêt.
Qu'on y associe les anciens chefs d'État, les anciens premiers ministres par exemple ?
Le président a le pouvoir de prendre cette décision, de lancer cette initiative. Faut-il encore que ce soit transpartisan, que toutes les sensibilités y figurent ? Mais moi je ne demande rien, je suis simplement, comme ancien président, au service de mon pays.
Il est 8h40. François Hollande est l'invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil Info avec Solène Cressan.
Patrick Poivre d'Arvor porte plainte pour dénonciation calomnieuse contre 16 femmes qu'il accuse de violences ou harcèlement sexuel. Ses accusations de mensonges sont délirantes, dit sur France Info Cécile Delarue, ancienne journaliste de TF1, visée par cette contre-attaque de l'ancienne vedette du JT. Une nouvelle femme a porté plainte hier pour viol, révèle l'émission complément d'enquête diffusée ce soir sur France 2. Après sa visite à Moscou, le chef de l'ONU, Antonio Guterres, est à Kiev. Il doit se rendre à Boucha, Irpin et Borodyanka, des villes qui ont subi des exactions sous l'occupation russe.
Vladimir Poutine lui met en garde sur de nouvelles livraisons d'armes américaines ou européennes. Il promet une riposte rapide et foudroyante. Des câbles de fibre optique coupés en Ile-de-France et dans l'Est, des perturbations sur Internet pour de nombreux foyers. Une enquête est ouverte pour ces actes de malveillance. Si les connexions sont rétablies, les travaux de réparation s'annoncent long. Les cas de rougeole ont bondi de près de 80% dans le monde en janvier et février dernier en cause des retards de vaccination des enfants à cause de la pandémie de Covid. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec l'ancien président de la République, François Hollande. Vous entendez le nouveau Macron, celui qui dit qu'il écoutera davantage les Français lors de son deuxième quinquennat, qu'il va nommer un Premier ministre attaché à la question sociale, environnementale. Vous qui l'avez accusé d'avoir déchiré les Français comme jamais, vous pensez qu'il a retenu la leçon ?
J'espère, dans l'intérêt du pays. Mais il hérite, si je puis dire, d'une société qui est son propre lègue. C'est-à-dire une société qui est divisée, on l'a vu à travers cette élection, inquiète par rapport à son avenir, est fatiguée sur le plan démocratique. Donc il est nécessaire qu'il prenne un nouveau style peut-être, mais une nouvelle méthode qui serait celle qui a manqué précisément, du dialogue, de la consultation, du respect, à la fois avec les partenaires sociaux, les élus des territoires et les Français eux-mêmes. Parce que les défis sont immenses. Nous ne sommes plus dans la même situation économique qu'il y a quelques mois.
Il y a aujourd'hui le retour de l'inflation, d'où la question première, qui est celle du pouvoir d'achat, et notamment d'une conférence salariale qu'il faudrait réunir, comme je l'avais fait sous mon quinquennat. Le deuxième défi, c'est celui du climat. On a maintenant un nouveau rapport du GIEC, donc il est absolument nécessaire. Il a pris des engagements là-dessus, qu'il y ait une impulsion nouvelle. Et troisièmement, il y a des services publics comme l'école et la santé qui doivent être la priorité, avec des moyens budgétaires forcément limités, car le dernier défi, c'est celui de la dette.
Et dans un contexte où les taux d'intérêt vont remonter, il y aura des arbitrages à faire, et donc une justice fiscale et sociale à faire respecter.
Vous disiez pendant le quinquennat précédent qu'il était le président des riches, des très riches même. Là, en regardant son programme, celui qui lui a permis d'être élu par les Français, est-ce que vous dites que ça va changer ?
Là aussi, je le souhaite, mais je ne vois rien venir sur le plan de la fiscalité. Or, ces dernières années, nous avons vu les dividendes progresser significativement, les rémunérations des dirigeants s'élever de manière presque provocante. Nous avons vu des écarts se produire et nous avons aussi observé que les réformes fiscales fin de l'ISF et les revenus du capital qui ont été moins fiscalisés ont eu des conséquences d'aggraver encore les inégalités. Donc, s'il y avait sûrement des arbitrages à faire, puisque j'évoquais les choix difficiles qu'il faut faire sur le plan budgétaire, c'est d'appeler une contribution à l'égard des plus fortunés ou des plus hauts revenus.
François Hollande, des discussions ont débuté hier entre les Insoumis et le Parti Socialiste. À la sortie, écoutez ce qu'en disait Manuel Bompard, celui qui a été le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.
Ces discussions, elles ont été sérieuses. Ce qu'on a observé, c'est qu'il y a clairement une volonté d'afficher une rupture avec le bilan qu'a été celui de François Hollande, de telle sorte qu'honnêtement, on n'avait pas l'impression de discuter avec le même Parti Socialiste qu'il y a deux ou trois ans de ça. Le Parti Socialiste a honte de vous et de votre bilan ?
Le Parti Socialiste, il doit être fidèle à sa propre histoire. Je ne parle pas à mon bilan. Je parle de l'histoire de la gauche et du Parti Socialiste, qui a permis d'avoir deux présidents de la République et un Premier ministre de Cohabitation, Lionel Jospin. Cette histoire, elle est celle aussi des rapports au sein de la gauche. Le Parti Socialiste a toujours voulu l'union, a toujours voulu la discussion, le rassemblement. Et là, il a fait 2%. Oui, mais ce n'est pas le problème. Un petit peu quand même. J'y reviendrai. Il a toujours prôné l'union et le rassemblement. Sous quelle forme ?
Accord électoral pour les élections législatives et accord programmatique, quand il y a une perspective d'accès au pouvoir. Or, sur ces deux sujets, ce n'est pas une discussion qui était en cause. C'est une disparition. Discuter, c'est nécessaire. Disparaître, c'est impossible. L'accord électoral, si j'ai bien suivi, c'est de dire, on part des résultats de l'élection présidentielle. Et pour la première fois dans l'histoire de la gauche, il n'y aura plus de candidatures plurielles. Il y aura des candidatures uniques de l'Union Populaire.
Ce qui voudrait dire que dans la trois quarts des circonscriptions de France, il n'y aurait plus au premier tour de candidats socialistes, pas davantage de candidats d'ailleurs écologistes ou communistes, il n'y aurait que des candidats dans ces circonscriptions-là de l'Union Populaire. Enfin, jamais dans l'histoire de la gauche, on a eu ce type de comportement, y compris quand le Parti Socialiste faisait 25 ou 30% et que ses alliés supposés ou réels faisaient 5 ou 6%. Ensuite, j'arrive à l'accord programmatique. Il s'agit simplement de rompre avec le quinquennat de François Hollande. Finalement, ce serait un moindre mal.
Mais là, en l'occurrence, si les programmes sont faits pour être appliqués, ça voudrait dire quoi dans l'état actuel de la négociation ? Ça voudrait dire que le prochain gouvernement serait amené à mettre en cause les traités européens, à désobéir aux traités européens ? Le prochain gouvernement, s'il était constitué, s'il avait une majorité, serait amené à quitter l'OTAN, à ne plus aider les Ukrainiens en leur fournissant des équipements militaires ? C'est la position de Jean-Luc Mélenchon et des Insoumis. Ça voudrait dire que le prochain gouvernement serait dans l'idée de faire une retraite à 60 ans. Je rappelle que la retraite à 60 ans en France, c'est François Mitterrand.
Et la retraite à 60 ans pour les carrières longues, c'est François Hollande. Donc ça voudrait dire quoi, faire la retraite à 60 ans, si on est sincère et franc ? Ça voudrait dire remettre 40 ans pour partir à 60 ans ? Tout le monde sait que c'est impossible financièrement. Et c'est la crédibilité qui serait en cause. Ça voudrait dire aussi qu'on mettrait la 6ème République quand chacun sait que, même si on a une majorité à l'Assemblée nationale, il n'est pas possible de changer la Constitution. Donc, c'est pas simplement par rapport au bilan de François Hollande, au quinquennat...
Mais ça vous touche quand même d'entendre les insoumis dire la loi El Khomri, qui a réformé le droit du travail, doit être retirée. C'est impréalable à l'accord aujourd'hui. Ça vous touche ?
Ce qui m'amuse, presque, c'est que qui a abrogé la loi El Khomri ? C'est Emmanuel Macron qui a abrogé la loi El Khomri en faisant les ordonnances travail, en durcissant tous les éléments du marché du travail au détriment des salariés. Donc, ce qui est en cause là, c'est pas mon quinquennat, ce qui serait déjà rien que pour les socialistes qui ont appuyé pendant des années les efforts que nous faisions. Bon, je vais pas ici répéter tous les acquis du quinquennat, mais là, c'est une remise en cause de l'histoire même du socialisme.
C'est-à-dire de François Mitterrand et ses engagements européens, de Lionel Jospin et sa crédibilité économique et des avancées sociales, et de ce que j'ai pu faire aussi durant mon quinquennat.
Sauf que le patron du PS lui-même, Olivier Faure, il dit que ceux qui ne veulent pas négocier avec la France insoumise doivent quitter le parti.
Mais personne refuse de discuter. Le principe de la discussion, c'est le fondement même de ce qu'est la gauche qui cherche l'union. Mais discuter n'est pas disparaître. Et c'est une curieuse manière. Je dis ça, j'ai été moi-même premier secrétaire du PS, quand certains ne sont pas d'accord de leur dire vous partez. Mais le premier rôle, le premier devoir d'un responsable politique qui dirige une formation, c'est de rassembler d'abord les siens, avant de penser, se rassembler avec d'autres. Si cet accord est signé dans ces termes, François Hollande, est-ce que vous resterez socialiste ? Je pense que cet accord ne sera pas accepté. Pourquoi ?
Parce qu'il est précisément inacceptable sur le plan de ce qu'il reprend électoralement, la disparition de toute candidature socialiste dans les deux tiers ou trois quarts des départements. Et deuxièmement, il met en cause des principes mêmes qui sont les fondements de l'engagement social. Mais s'il l'est, vous ferez quoi ? S'il l'est, s'il est signé ? S'il l'est, le parti socialiste aura décidé sous cette forme-là. Pas ses adhérents d'ailleurs, ses dirigeants, s'ils l'acceptaient, ils auraient décidé de disparaître. Et ce sera sans vous ce parti socialiste-là ? Je ne veux pas ici mettre ma personne en cause, parce que finalement elle est secondaire.
Ce que je représente, ce n'est pas simplement une histoire, c'est une fidélité, c'est un engagement profond des générations et des générations qui ont voulu que l'idée socialiste puisse permettre de faire avancer la République. C'est cette idée-là qu'il ne faut pas perdre. Et de toute manière, quoi qu'il se passe, et je souhaite que cet accord soit revu ou repoussé, de manière à ce que le parti socialiste puisse, avec ses partenaires écologistes, communistes, envisager une autre union. Mais quoi qu'il arrive, il faudra refonder le parti socialiste.
François Hollande, vous dites une union parallèle, en fait, sans les insoumis, avec les écologistes et les communistes ?
Si les insoumis ne veulent pas donner de la place à leurs partenaires, je ne vois pas pourquoi ces partenaires voudraient se sacrifier. Mais enfin, chacun fera ce qu'il voudra. Ce que je sais, c'est qu'au lendemain des élections légitatives, selon les choix qui auront été faits, il y aura un bilan à tirer.
On va poursuivre cet entretien dans un instant. François Hollande, le temps du fil, Info, à 8h51, avec Solène Cresson.
Le syndicat de police Alliance juge la mise en examen pour homicide volontaire d'un policier de 24 ans inadmissible après la mort de deux hommes sur le Pont-Neuf à Paris dimanche dernier. Le policier a tiré une dizaine de fois et à ce stade, la légitime défense n'est pas retenue. Le parti socialiste a toujours prôné l'union et le rassemblement, mais ce n'est pas une discussion qui est en cours, c'est une disparition, estime sur France Info François Hollande au sujet de la rencontre PS et France Insoumise en vue des législatives. Disparaître est impossible, juge l'ancien président et patron du PS qui pense qu'il n'y aura pas d'accord.
Trois plaintes déposées à Toulouse, deux à Tours après des piqûres en boîte de nuit. Des enquêtes sont ouvertes comme à Nantes, Béziers, Grenoble ou Rennes après des cas similaires de piqûres suivies parfois de malaise. L'Indonésie suspend toutes les exportations d'huile de palme. Le premier producteur mondial de cette huile très utilisée dans l'agroalimentaire fait déjà face à des pénuries alors que la guerre en Ukraine prive une partie du monde d'huile de tournesol. François Hollande, votre candidate socialiste Anne Hidalgo a réalisé le score le plus faible des socialistes sous la Ve République, moins de 2% des voix.
Est-ce que vous avez aussi votre part de responsabilité dans ce résultat ? Est-ce qu'elle paye votre bilan ?
Je ne suis plus président depuis 5 ans. Est-ce que je dois rappeler les dates ? Donc j'ai forcément une part de responsabilité. Quand on a dirigé la France et que je ne me suis pas représenté, je pense qu'il y a forcément des conséquences. Et ça revient à l'interrogation. Est-ce que j'aurais dû me représenter ou est-ce que j'ai eu raison de laisser la place à un autre candidat pour éviter que l'extrême droite et la droite puissent s'affronter ? Ça c'est ma responsabilité. Pour le reste, depuis 5 ans, un travail aurait dû être fait par le parti socialiste. Il n'a pas été.
Travail programmatique, travail également avec la société, avec les forces vives, travail de promotion d'un certain nombre de générations, ça n'a pas été fait. Ensuite, il y a eu un défaut d'incarnation. Un parti politique, une candidature, c'est une incarnation. Vous pensez ce qu'on veut des personnalités qui se sont affrontées lors du premier tour et même du deuxième tour. Il y avait là des personnalités. Le parti socialiste est sans l'incarnation.
L'incarnation n'était pas la bonne. Anne Hidalgo, ce n'était pas la bonne.
Non, je ne parle pas d'Anne Hidalgo. D'Olivier Ford. Je parle de la direction du parti socialiste. D'Olivier Ford. Un chef se présente d'abord devant les électeurs. Il y avait des élections européennes, des élections régionales. Il faut entraîner les autres. Est-ce qu'il faut, François Hollande, constater la mort clinique du parti socialiste ? Non. C'est-à-dire que ce parti n'existe plus aujourd'hui ? Peut-être. La forme partisane a sûrement vieilli. Mais l'idée socialiste, ce qu'elle représente... Je ne parle pas de son histoire là seulement, mais de ce qu'elle est aussi en Europe.
C'est-à-dire l'idée que nous puissions assumer la lutte contre le changement climatique, la justice sociale et aussi la performance économique à travers des services publics et des entreprises qui ont tous les éléments pour être stimulées. Ça, c'est une perspective qui demeure. Par ailleurs, la démocratie... Parce que notre question, elle est aussi celle, on en parlera peut-être, du pacte institutionnel. On voit bien que nos institutions ont vieilli, ont aujourd'hui une contestation qui est profonde. Donc c'est ça que les socialistes doivent continuer à promouvoir. Ils ont leur place.
Et s'ils n'avaient plus leur place, imaginons, le parti socialiste ou la forme socialiste ou l'idée socialiste disparaît. Mais quelle serait donc l'alternative ? À gauche, ça serait de prendre la gauche radicale avec un programme dont on sait parfaitement qu'il n'est pas crédible. Ou ça serait de prendre l'extrême droite avec un programme dont on connaît parfaitement les dangers. Ou d'aller avec ce bloc central. Où sont allés nos électeurs ? Puisque vous parliez du résultat d'Anne Hidalgo. C'est très simple, nos électeurs. Ils ont voté au premier tour ou Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ?
Parce qu'on n'a pas été capables, et peut-être que ça c'est une démarche collective, nous n'avons pas été capables de les attirer sur une perspective crédible, une incarnation, une espérance, un projet.
Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce qu'on fait avec l'appareil ?
Il ne faut pas perdre son temps. Au lendemain des élections, tout en n'oubliant pas la décision d'envoyer le plus possible de députés de gauche à l'Assemblée nationale, au lendemain des élections législatives, il faut reprendre ce travail-là.
Donc, changement de direction, changement de nom aussi ?
Oui, de direction sûrement, mais de nom, gardons l'idée socialiste quand même. Sinon, là, il y aurait quand même un défaut de compréhension et de visibilité. Mais surtout, de rassemblement. Aujourd'hui, la plupart des militants socialistes ne sont plus au Parti Socialiste. La plupart des électeurs socialistes ne votent plus pour les candidats socialistes. Vous voyez qui pour incarner cette nouvelle génération, François Hollande ? Je vais y dire, nous avons cette chance d'avoir un réseau d'élus locaux, maires, présidents de départements, de régions. On voit que ça ne suffit pas.
Parce qu'il faut que ces élus qui représentent l'avenir du Parti Socialiste s'investissent dans leur parti et deviennent les responsables, les leaders. Donc, Carole Delga, Johanna Roland. Voilà, toutes ces personnalités doivent, avec l'aide que les plus expérimentés pourront leur apporter et le soutien des nouvelles générations, donner à ce parti... Justement, quel rôle vous comptez jouer ? Moi, je ne cherche rien à titre personnel. Je ne suis pas à la quête d'une responsabilité ou d'un mandat. Est-ce que vous serez un acteur ? Oui, j'aiderai autant qu'il est possible. Un acteur ou un conseiller ? Enfin, un acteur, conseiller, écoutez, c'est plus de mon âge, si je puis dire.
Et puis, j'en ai connu d'autres. Donc, les conseillers deviennent rapidement des acteurs.
Est-ce que, par exemple, vous serez acteur aux législatives ? Est-ce que vous serez candidat, comme on a pu le lire un peu partout dans votre département de la Corrèze ?
Aujourd'hui, je ne veux pas du tout introduire cette question personnelle dans le débat qui porte sur l'avenir de la gauche. Dans les prochains jours, c'est l'avenir de la gauche qui se joue. Mais les candidataires, elles doivent être déposées d'ici le 20 mai. Le 20 mai, j'ai bien compris. 20 mai, c'est dans trois semaines. Je connais la date. C'est en réflexion. Vous êtes enseigné ? Je suis un ancien président. Je connais les lois de mon pays, les dates des élections. Est-ce que vous l'excluz entièrement d'être candidat ? Je ne veux pas parler de ce sujet. Un mot. Est-ce que vous l'excluz ou pas ? D'être candidat de l'Union Populaire ? Oui, je l'excluz.
Et d'être candidat sous une autre étiquette législative en Corrèze ou ailleurs ? Non, je ne veux rien dire là-dessus parce que je ne voudrais pas qu'on pense que tout ce que j'ai dit jusqu'à présent puisse être rapporté à un destin individuel. Mon destin individuel n'a pas aujourd'hui d'intérêt. Merci beaucoup. Merci à vous. François Landon, bonne journée à vous.
Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
François Hollande