Ségolène Royal estime qu'"un litre d'essence ne doit pas dépasser 1,70 euro" et promet d'agir contre un "cercle vicieux"
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:32OuverteRéponse directe
Mais vous pensez pouvoir l'incarner, cet avenir ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Alors justement, puisque vous voulez remettre de l'ordre, les Français qui font le plein régulièrement constatent que les prix des carburants flambent.
- 3:00FerméeRéponse directe
Vous baissez quoi ?
- 4:54RelanceRéponse partielle
Donc, vous bloquez, vous baissez la TVA ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'on a encore les moyens de demander des comptes aux Etats-Unis dans la situation qui est celle de la France aujourd'hui ?
- 7:27OuverteRéponse directe
Vous proposez quoi, vous, sur cette question des retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:50Invité politiqueChiffre
« Il y a 60% de taxes sur le prix du litre d'essence. »
- 3:51Invité politiquePromesse
« Moi, je pense qu'un litre d'essence ne doit pas dépasser 1,70€. »
- 4:05Invité politiquePromesse
« Les règles européennes, on les change. »
- 6:10Invité politiqueChiffre
« un pays qui a 6 000 milliards de dettes, effectivement... »
- 7:22PrésentateurFait
« quelqu'un qui entre dans la vie active à 23-24 ans, ça voudrait dire travailler jusqu'à 70 ans. »
Temps de parole
- Ségolène Royal70 %
- Présentateur21 %
- ?6 %
- Auditeur3 %
≈ 26,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et l'invité d'RTL Matin à 7h42, elle est candidate à la primaire socialiste, assure d'ailleurs avoir obtenu déjà tous les parrainages nécessaires. Candidate à la primaire et donc à l'Elysée, après avoir atteint déjà le second tour de la présidentielle,
c
'était en 2007. Bonjour Ségolène Royal. Bonjour. La France tranquille, c'est votre slogan qui renvoie à la force tranquille de François Mitterrand. L'ordre juste, c'était déjà votre mantra il y a 20 ans. Cette année-là, votre plateforme, c'était désir d'avenir. Aujourd'hui, dans la tonalité, ça ressemble un petit peu à envie de passer, non
? Au
contraire,
d
'abord ce qu
'on
vient d'entendre sur la situation économique de la France montre qu'il faut reconstruire ce désir d'avenir. Et en particulier pour les jeunes générations.
Et
c'est la motivation même de mon engagement dans cette campagne. Je n'accepte pas que nous laissions à la génération qui vient, aux générations qui viennent, cette dette générationnelle.
La
dette climatique d'abord,
on
le voit, la dette financière, la dette sur le doute dans le maintien de la qualité du service éducatif en particulier. La dette morale d'une certaine façon. Et cette dette qui se traduit, ce poids que l'on transmet aux nouvelles générations, se traduit par la diminution accélérée du nombre de naissances en France. Et ça, je ne veux pas m'y résoudre. Parce qu'un pays qui commence à perdre confiance en son avenir, au point que les jeunes ne puissent plus réaliser leur désir d'enfant, puisqu'il
y a
un gros écart entre le désir d'enfant et les naissances effectives, montre que le pays va très mal, qu'il est mal dirigé.
Mais vous pensez pouvoir l'incarner, cet avenir ? Je voudrais que vous écoutiez ce message que Franck nous a laissé, Franck Denos, dans l'Orne.
Madame Royal, bonjour. Ça fait 45 ans que vous faites de la politique. Est-ce qu'il n'est pas temps de faire valoir vos droits à la retraite politique ? L'abstention en France peut être aussi parce qu'on en a marre de toujours voir les mêmes personnes à droite comme à gauche.
Je crois que c'est tout le contraire, monsieur. Parce qu'aujourd'hui, vu la situation,
il
faut des gens d'expérience. Vous savez, moi, je n'ai plus rien à prouver, comme vous venez très justement de le dire. Je n'ai pas de carrière à faire. Je suis là pour transmettre à la génération qui viendra et qui prendra ses responsabilités politiques.
Et transmettre, c'est forcément en candidatant à la majorité du système ? Les Français ont essayé
des gens sortis de nulle part. Ils ont essayé Macron. Ils ont essayé Emmanuel Macron. Regardez ce que ça a donné. En
l'affluence,
il n
'est
pas candidat à Emmanuel Macron. Non, mais regardez la situation de la France. Donc, regardez ce que donnent des gens sans expérience, qui ne connaissent pas en profondeur le pays. Alors, bien sûr, l'expérience non plus ne suffit pas, bien évidemment. Mais quand même, elle est là quand on a exercé des responsabilités dans l'appareil d'État. C'est quand même mieux que de ne
pas
du tout, puisqu'il faut remettre de l'ordre dans l'État.
Alors justement,
puisque vous voulez remettre de l'ordre, les Français qui font le plein régulièrement constatent que les prix des carburants flambent. On en parlait aussi il
y
a quelques minutes. Hier, on a encore appris que le prix du gaz allait augmenter de 6% le mois prochain pour 6 millions de ménages. Vous promettez, vous, présidente, de baisser les prix de l'énergie. Vous allez faire comment
?
Je baisse les taxes,
immédiatement. D
'ailleurs, ça devrait être fait
de... Quelles
taxes ?
Sur le
carburant, vous baissez quoi ? Vous baissez la TVA, ça nous rapporte 10 milliards d'euros par an, on peut s'en passer ?
Oui, parce que ça rapporte, figurez-vous, d'empêcher les faillites d'entreprises. Parce que là, on est dans un cercle vicieux. C'est-à
-dire
que le gouvernement ne veut pas baisser les taxes. Résultat, il y
a
même des gens qui ne se déplacent plus pour aller travailler. Les entreprises ferment, les bourses-centres se dévitalisent, et donc ça nourrit la
décroissance. La dévitalisation
des centres-bourgs, elle ne date pas de la crise au Moyen-Orient et de la montée
récente des prix du pétrole. C'est un dossier très ancien. C'est pas vrai.
Interroger les boulangers, les artisans, les restaurateurs, tout ce qui fait la vitalité des centres-bourgs, c'est le coût de l'énergie, bien évidemment, qui les met sur la paille. Enfin, ça fait des années qu'on parle de ce problème dans le pays. Non, mais pas au niveau que nous subissons aujourd'hui. Il y a 60% de taxes sur le prix du litre d'essence. Moi, je pense qu'un litre d'essence ne doit pas dépasser 1,70€. 1,70€.
Donc,
vous baissez
la TVA ? Je plafonnerai et je
baisserai. Mais bien sûr. Et deuxièmement, aujourd'hui, quand on voit la
structure... Les
règles européennes font qu'on ne
peut
pas la baisser en dessous de 50%.
Les
règles européennes, on les change. Ça suffit, à un moment. Et deuxièmement, quand on voit sur le processus de construction du prix de l'énergie, il y a aussi des interventions au niveau de la diplomatie internationale à faire et de la réglementation internationale. Puisque chaque fois que le prix du Brent augmente, il a augmenté de 30% depuis le mois d
'août. En 8
dollars, le baril ce matin. Voilà. Vous avez ensuite, en pourcentage, l'augmentation des marges du raffinage, qui n'a jamais autant gagné d'argent qu'aujourd'hui. Donc, c'est ça qui choque les gens.
C
'est que sur la filière de construction du prix de l'énergie jusqu'au consommateur, il y en a qui s'enrichissent. C'est ça qui ne va pas. Or, comment se fait-il ? Puisque, en effet, ça frappe l'économie mondiale, qu'il n'y ait pas de décision internationale disant nous allons aussi bloquer la marge des raffineurs, bloquer la marge des transporteurs, bloquer la marge des distributeurs.
Donc, vous bloquez,
vous baissez la TVA.
La
difficulté, c'est qu'on ne sait pas combien de temps cette crise au Moyen-Orient va durer. Eh
bien, voilà. Ça veut dire qu'on fait un pari et qu
'on est prêt à perdre des recettes fiscales sans savoir jusqu'à quel montant,
jusqu'à quand. Ça veut dire qu
'il faut aussi que la diplomatie se bouge pour arrêter cette guerre.
Mais ça, personne n'ose le dire.
Eh bien, oui, mais c'est ça la politique. C'est d'avoir des gens qui sont capables d'agir. Vous avez aujourd'hui des gens inertes. Où sont les
efforts de... Je ne m'imagine
pas sur le plan international
aujourd'hui.
Où sont les efforts de... Vous avez entendu la France dire qu'il faut arrêter les guerres ? Vous avez
entendu l'Europe... Je n'ai pas entendu,
en tout cas, Emmanuel Macron dire qu
'il
faut faire des guerres.
Non, mais vous n'avez pas entendu non plus. Les guerres sont là. Il faut les arrêter. C'est insupportable. Il y a déjà tellement de défis à relever qu'en plus, on a des guerres qui sont déclenchées par d'autres que nous et qu'on n'est pas capable d'intervenir et de peser sur le plan diplomatique pour arrêter ces guerres, pour demander des comptes. Mais qu'est-ce qui se passe ? Mais on pèse comment aujourd'hui ? Comment vous allez
peser, vous, demain ?
Mais par la diplomatie. Vous avez entendu l'Europe dire qu'il faut arrêter cette guerre, demander des comptes à Donald Trump, qui déclenche des guerres sans avoir la solution
politique.
Mais est-ce qu'on a encore les moyens de demander des comptes aux Etats-Unis dans la situation qui est celle de
la France
aujourd'hui, dans la situation de déclin européen ? On en parlait avec le prix Nobel d'économie, Jean Tirole, ici même hier.
On
n'a plus les moyens de
peser.
Vous avez raison. Moralement, on n'a plus beaucoup de moyens dans la mesure où un pays qui a 6 000 milliards de dettes, effectivement...
Et donc, si on n'a plus les
moyens, peut-être
comment
?
Ne pèse plus beaucoup sur la scène internationale. Ça, c'est vrai. Eh bien, il faut quand même essayer, si vous voulez. Quand on n'essaye, même pas. Vous savez, quand on n'essaye, ce n
'est
pas parce que c'est impossible que nous ne le faisons pas. C'est parce que nous ne le faisons pas que c'est impossible. Vous connaissez cette belle phrase de Nelson Mandela ? On y est. C'est parce que nous n'essayons pas que c'est impossible. Eh bien, il faut essayer. Il n'y a jamais d'impasse pour la volonté politique et pour la volonté humaine. Parce que là, il faut remettre de l'humain dans la politique aussi. Vous voyez, il faut remettre... Parce que là, on souffre énormément de cela.
Et en plus, comme on est déjà un pays affaibli par la dette, affaibli par la désindustrialisation, parce que rien n'a été fait pour saisir les opportunités de la crise climatique, et le levier essentiel aujourd'hui pour remonter la pente,
c'est de
relever la crise climatique parce que c'est là où il y a des opportunités industrielles.
Vous
parliez de la dette, Ségolène Royal. C'est vrai que c'est une question cruciale qui va s'imposer à tous les candidats à la présidentielle dont vous faites partie. Dans ce débat, la question des retraites, elle sera cruciale. Le Haut-Commissariat au plan préconisait hier d'allonger la durée du temps de travail, 3-4 ans de plus. Pour être très clair, quelqu'un qui entre dans la vie active à 23-24 ans, ça voudrait dire travailler jusqu'à 70 ans. Vous proposez quoi, vous, sur cette question des retraites ?
Je propose d'arrêter de faire peur aux Français en les menaçant sur les retraites.
Vous
voyez, il y a déjà tellement à faire. Ce n
'est
pas les retraits qui ont creusé les 1 500 milliards de déficits supplémentaires que Macron a creusés.
Sauf
que si on ne
change rien, tous les économistes vous disent que le système
des retraites...
Non, il
faut
relancer la croissance et l'activité économique. Et comment
on décrète de relancer la
croissance, Mme Royale-Claude
? On le
fait... Écoutez, je ne
vous
écoutais pas ce que je vous disais. J'essaye, si, je vous assure. Si, on relance l'industrie, comme on relance l'industrie par les opportunités industrielles, où sont les opportunités industrielles ? C'est dans la lutte contre le dérèglement climatique. Exemple, la filière aéronautique, c'est une filière puissante en France. C'est une filière qui avait mis au point un prototype d'avion pour arrêter les incendies, pour éteindre les incendies. Vous ne croyez pas que ça aurait été malin, il y a 4 ans, de lancer des appels d'offres pour que cette industrie aéronautique puisse construire des avions ? Il
y
a un marché mondial sur le problème des incendies. Tout le monde semble que découvre les incendies. Mais on l'avait dit à la COP21 que j'ai présidée, la conférence de Paris sur le climat. On avait dit, attention, les incendies vont devenir de plus en plus violents, attention, les inondations vont devenir de plus en plus violentes. Il y a dans le défi climatique les opportunités de relance économique. Et c'est cela qui doit devenir la colonne vertébrale de la reconquête industrielle de la France. Donc,
vous
ne
touchez pas aux retraites, vous ne
dites
pas aux
Français qu'il faudra
travailler plus longtemps ? Non, parce que chaque fois qu'il y a un problème, on s'en prend. Ça fait 4 ou 5 fois qu
'ils
nous font une réforme de retraite. À chaque fois, en nous disant que c'est... Peut-être parce qu'on ne
va
pas assez loin. Mais où sont les marges d'action ? Si vous frappez les retraités, là, même ce discours qui consiste à dire que la solution miracle idéologique de droite, c'est de toucher aux retraites. Ça suffit. Parce que, du coup, ça fige la consommation. Donc, ça creuse encore le ralentissement économique. Ça fait peur aux gens. La retraite, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas. C'est la solidarité intergénérationnelle. C'est la sécurisation de la consommation. Et donc, si vous fragilisez encore la famille, d'une certaine façon, vous fragilisez les fondements d'une société.
Et donc, vous, présidente, vous ne touchez pas
aux retraites.
Merci. Je ne touche
pas aux retraites tant que je n'ai pas réindustrialisé le pays. Et je pense que c'est possible.
Merci beaucoup, c'est Golan Royale. Restez avec nous, s'il vous plaît. Regardez Alex Vizorek qui vient de s'installer en
studio. Golan Royale ! Et dans un instant, c'est à lui.
Participez à RTL Matin. Laissez un message vocal sur l'application RTL.
Ségolène Royal