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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 20 septembre 2026 28 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesDéfenseImmigration & asile

Blocage de Bab-el-Mandeb par les Houthis : quelles conséquences sur l’économie mondiale et la géopolitique régionale ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:05OuverteRéponse partielle

    Est-ce la raison pour laquelle Donald Trump a plié bagage rapidement cette nuit, retour à la Maison-Blanche ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Ce qui s'est passé ces dernières heures et la réaction américaine à six semaines des mid-terms, ça donne l'impression d'une panique côté américain. C'est aussi votre lecture les uns les autres ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Votre regard sur l'escalade, les dix jours qui viennent de s'écouler, et sur la réponse américaine : que devient cette protection américaine ?

  • 10:30OuverteRéponse directe

    Quel est le rôle de l'Iran dans ce qui s'est passé ?

  • 15:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est par le biais de la stratégie énergétique européenne que vous voulez y aller ?

  • 22:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il faut attendre de la semaine centrale à l'ONU ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:45InvitéChiffre
    « Les exportations de pétrole, évidemment, font flamber le baril de brut, ce qui ne descend plus en dessous des 100 dollars. »
  • 4:08InvitéFait
    « Cette Arabie saoudite qui a investi des années et des milliards de dollars dans sa relation avec les États-Unis pour se sentir protégée. »
  • 9:25InvitéFait
    « Sa fameuse vision 2030 qui devait en faire une vraie puissance est complètement remise en cause. »
  • 12:10PrésentateurFait
    « Le canal de Suez a été fermé pendant 8 ans entre 1967 et 1975. »
  • 15:36InvitéChiffre
    « On en est à plus de 110 000 personnes déplacées, des centaines de morts. »
  • 19:50InvitéChiffre
    « Les Européens dépendent à 13% du pétrole du Golfe. »
  • 20:28InvitéChiffre
    « On est à plus de 75% aujourd'hui on produit de l'électricité décarbonée en Europe. »

Temps de parole

  • Invité26 %
  • Invité 223 %
  • Invité 317 %
  • Invité 417 %
  • Présentateur15 %
  • ?3 %

≈ 13,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:16
Locuteur non identifié

Les

0:16
Invité

forces armées yéménites, avec l'aide du Tout-Puissant, ont mené deux opérations militaires en utilisant un grand nombre de missiles balistiques et de croisières ainsi que des drones.

0:27
Locuteur

La

0:28
Invité

première a visé des sites sensibles dans la capitale de l'ennemi saoudien, Riyad.

0:32
Locuteur

La

0:33
Invité

seconde a visé à Ramko, à Yanbou. Les deux opérations, avec l'aide du Tout-Puissant, ont réussi et ont provoqué d'importants incendies sur les sites ciblés.

0:44
Locuteur

Voilà,

0:45
Invité

c'est ce que dit ce matin Yaya Saré, c'est le porte-parole militaire des outils, qui déclare que les forces outils ont mené deux opérations visant des sites sensibles

0:58
Locuteur

et

0:59
Invité

des installations, notamment d'Aramko, on va parler de pétrole. Déclaration arrivée forcément jusqu'à Camp David.

1:05
Locuteur

Est

1:05
Invité

-ce la raison pour laquelle Donald Trump a plié bagage rapidement cette nuit, retour à la Maison-Blanche ? Washington dit redouter, en tout cas officiellement, une escalade rapide. De fait, il aura suffi,

1:17
Locuteur

si

1:17
Invité

je puis dire, d'une offensive éclair de ces rebelles soutenus par l'Iran il y a dix jours pour prendre le contrôle du sud de la côte yéménite de la mer Rouge et donc ce détroit de Bab el-Mandeb qui sépare la péninsule arabique de la corne de l'Afrique. Détroit indispensable au commerce mondial pour aller d'Europe en Asie, surtout depuis le blocage de l'autre détroit, celui d'Hormuz. Les hostilités avec le voisin saoudien ont déjà perturbé le trafic maritime. Les exportations de pétrole, évidemment, font flamber le baril de brut, ce qui ne descend plus en dessous des 100 dollars. Quelles conséquences pour l'économie mondiale ? Qui va souffrir le plus ?

Et comment cela recompose-t-il les équilibres géologiques dans la région ? Vous allez me dire,

1:58
Locuteur

ça

1:58
Invité

fait beaucoup de questions pour la demi-heure, la deuxième demi-heure de l'esprit public. On est toujours avec le professeur de relations internationales Bertrand Baddy, la journaliste Sylvie Kaufman, la spécialiste de l'Europe économiste Sylvie Mattelli et l'historien Thomas Gomart.

2:12
Locuteur

Ce

2:12
Invité

qui s'est passé ces dernières heures et la réaction américaine à six semaines des mid-terms, ça donne l'impression d'une panique côté américain. C'est aussi votre lecture les uns les autres, Sylvie Kaufman

2:24
Locuteur

? Alors,

2:25
Invité

ce qu'on a vu ces derniers jours, en réalité, c'est l'ouverture d'un second front dans cette guerre du Golfe. On avait donc la fermeture du détroit d'Hormuz, qui était déjà un énorme problème, pas seulement pour la région, mais aussi pour l'Europe. Et maintenant, on a le détroit de Bab el-Mandem, qui n

2:46
Locuteur

'est

2:46
Invité

pas complètement fermé. Il est fermé aux navires saoudiens, disent les outils, mais en réalité, qui créent une instabilité, une insécurité, qui explique aussi la montée des prix, parce que les armateurs, évidemment, ne sont pas très rassurés. Et tout ça,

3:03
Locuteur

ça va être pris

3:03
Invité

sur les prix... Il y a un risque énorme à engager des navires, quels qu'ils soient, dans ce défunt. Voilà. Et donc, on a une nouvelle dimension de ce conflit, qui, en fait, est déclenchée par l'Iran. L'Iran a sorti la carte outil, puisque les outils sont donc ces rebelles yéménites, sont... Alors, Bertrand Badi va nous expliquer ça avec plus de précision que moi, mais ce sont quand même des... Ils sont sous influence iranienne, très clairement, et approvisionnés par l'Iran. Donc, là, il y a ce nouveau front qui est ouvert,

3:41
Locuteur

qui

3:41
Invité

fait basculer ce conflit dans quelque chose d'encore plus grave, et surtout, qui fait peser, qui plonge maintenant l'Arabie saoudite au cœur du conflit. Et là, ce qui est très intéressant, c'est de voir à quel point l'Arabie saoudite, tout d'un coup, se trouve démunie. Cette Arabie saoudite qui a investi des années et des milliards de dollars dans sa relation avec les États-Unis pour se sentir protégée. Ça,

4:08
Locuteur

on

4:08
Invité

peut remonter même à l'épisode du Quincy en 1945, avec le croiseur Quincy, sur lequel Roosevelt avait rencontré le roi d'Arabie saoudite. Et donc, cette protection américaine, théoriquement, on peut la faire remonter là. Mais surtout, Mohamed Ben Salman a vraiment énormément investi dans sa relation avec les États-Unis. Et on voit ces pays du Golfe, à commencer par le plus grand, l'Arabie saoudite, se poser réellement des questions, et de manière tout à fait à juste titre, sur que vaut maintenant cette protection américaine. Voilà.

Et c'est dans ce sens-là que, non seulement, cet élargissement du conflit par l'intervention des outils, non seulement nous pose d'énormes problèmes à nous, Européens, puisque ça provoque une flambée des prix de l'énergie, mais ça remet en question aussi toute cette composition, tout cet ordre, si je puis dire, régional dans la région du Golfe. Professeur Badi, on pourrait faire trois heures sur les outils, mais on ne

5:12
Locuteur

va

5:12
Invité

pas le faire. Si vous voulez. Je sais. Vous ne dites pas outils, d'ailleurs. Vous dites aussi. Aussi, oui, c'est leur nom.

5:18
Locuteur

Bon,

5:19
Invité

vous nous autorisez, nous, à rester sur outils, peut-être, mais faites comme bon vous semble, et comme juste vous semble. Simplement, votre regard sur l'escalade, là, et sur les dix jours qui viennent de s'écouler, et sur la réponse américaine, la question,

5:35
Locuteur

c

5:35
Invité

'est évidemment de savoir, comme le disait Sylvie Kaufman, ce que devient cette protection américaine.

5:40
Locuteur

Oui,

5:41
Invité

pas seulement. Je crois qu'il y a trois éléments absolument indispensables à mettre en avant. Premièrement, les dirigeants iraniens, et ensuite les Houthis, j'y reviendrai dans un instant, ont compris que pour s'attaquer à un acteur puissant, il fallait taper sur le système.

5:59
Locuteur

Et

6:00
Invité

là,

6:01
Locuteur

ça

6:02
Invité

paralyse complètement l'acteur. C'est-à-dire, plus personne ne peut militairement et par la puissance débloquer Hormuz et Bab el-Mandeb.

6:10
Locuteur

Et

6:10
Invité

donc, le coup de génie, avec beaucoup de guillemets, mais enfin, il faut quand même l'admettre, c'est d'avoir compris que la guerre moderne n'était pas la guerre contre un acteur, contre un gladiateur, mais contre un système. Et à partir du moment où vous mettez le système hors d'état de fonctionner, eh bien, vous dévalorisez, dévaluez complètement la puissance de l'adversaire présumé plus puissant que vous. Deuxième élément, il faut aussi bien regarder en face ce que sont les Houthis. Les Houthis, ce n

6:41
Locuteur

'est

6:41
Invité

pas seulement des proxys, je suis content qu'on n'ait pas employé le terme ici, mais on l'entend souvent, des proxys iraniens, des marionnettes entre les mains de terrain. Ils ont une ambition au Yémen. Ils ont

6:53
Locuteur

d

6:53
Invité

'abord un agenda politique yéménite. Et il

7:00
Locuteur

ne

7:00
Invité

faut pas oublier que depuis qu'il existe, l'état yéménite est un état failli. Alors, petite anecdote, les Houthis sont des Haïdites,

7:09
Locuteur

c

7:09
Invité

'est-à-dire une branche du chiisme, qui était celle de l'imam qu'un pouvoir d'inspiration nassérien avait renversé.

7:16
Locuteur

C'est qui

7:16
Invité

défendait à l'époque les Houthis, c'est-à-dire les Haïdites, c'était l'Arabie Saoudite. Bon, maintenant, il

7:23
Locuteur

y a

7:23
Invité

une espèce d'enversement d'égences qui prouve d'ailleurs que la vision facile qui consiste à dire ces sunnites contre chiites, c'est absolument, c'est totalement absurde. Bon, ils ont un plan, ces gens-là, les Houthis, qui est effectivement de prendre le contrôle total de l'État et du territoire yéménite. Comme ils ont vu que l'Arabie Saoudite était en situation de péril et d'isolement, ils ont considéré que c'est le moment ou jamais. L'occasion, l'herbe tendre, voilà, ça leur a permis, effectivement, de conquérir le port de Mokka et de jouer, eux aussi, la pression systémique à travers le Babel Mandel.

8:04
Locuteur

On

8:04
Invité

vous dit que c'est le moment, c'est le blocage d'Hormuz, enfin, c'est les frappes américaines... Absolument.

8:09
Locuteur

C'est l'affaiblissement

8:10
Invité

militaire des États-Unis sur le plan des munitions, leur impossibilité de venir massivement en aide au pouvoir saoudien. Et c'est, effectivement, l'incroyable isolement du pouvoir saoudien qui croyait se rétablir en allant chercher l'alliance du Pakistan et de la Turquie. Nouvelle preuve qu'aujourd'hui, les alliances, ça ne marche pas et ça ne fonctionne pas et qui, effectivement, constate jour après jour qu'ils n'ont plus la protection américaine. Ce qui m'amène à mon troisième point, qu'on ne dit, à mon avis, presque jamais et pas suffisamment, c'est que derrière toutes ces guerres, Hormuz, Bab el-Mandeb, aussi République islamique d'Iran, il y a une lutte

8:55
Locuteur

pour,

8:56
Invité

non pas tant chasser l'impérialisme américain, pour avoir le leadership régional qui va être la puissance régionale au Moyen-Orient. Il y avait quantité de candidats qui ont été éliminés, l'Égypte, la Syrie, l'Irak. Il reste deux pays non arabes que sont la Turquie et l'Iran et l'Arabie saoudite. L'Arabie saoudite, depuis le 28 février, du haut de son piédestal, est tombée complètement à terre. C'est-à-dire, son économie se trouve ruinée, sa fameuse vision 2030 qui devait en faire une vraie puissance est complètement remise en cause.

Le parapluie américain n'existe plus, donc cette puissance est en train de tomber et là, il y a une convergence d'intérêts entre Téhéran et Sanaa dans la mesure où, effectivement, pour les Houssis, c'est un moyen d'établir leur contrôle sur l'ensemble du territoire yéménite et pour les Iraniens, c'est une façon de viser après-guerre ce statut de puissance régionale honoré du fait que ce régime a tenu tête au grand Satan américain. Et en tout cas, là, les outils redeviennent proxy iranien. Vous êtes d'accord, là ? Non, mais non !

10:06
Locuteur

Écoutez,

10:07
Invité

quand on

10:08
Locuteur

analyse...

10:09
Invité

Quand vous dites... L

10:09
Locuteur

'idée, c'est de

10:10
Invité

redistribuer les cartes dans

10:11
Locuteur

la région...

10:11
Invité

Ni le Hezbollah,

10:12
Locuteur

ni le Hamas

10:14
Invité

ne sont des proxys. Ce sont des acteurs qui ont leur implantation

10:18
Locuteur

dans la société...

10:20
Invité

Non, mais ils ont

10:21
Locuteur

des gouvernements. La région

10:22
Invité

nationale est

10:23
Locuteur

très intéressante et vous l'avez bien explicité. Ils sont un peu aidés,

10:25
Invité

peut-être aussi, non ? Ils sont aidés ! Quand vous avez des convergences, vous vous aidez mutuellement.

10:30
Locuteur

Quel est le rôle de l'Iran dans ce qui s'est passé, Bertrand Bally

10:32
Invité

? Thomas Gomart et Sylvie Matéli sont les bienvenus. Mais ce qui est intéressant de comprendre aussi,

10:38
Locuteur

c

10:38
Invité

'est quel est le rôle de l'Iran dans l'opération éclair des derniers jours. Mais l'Iran, c'est tout le profit qu'il peut tirer de

10:46
Locuteur

cette opération

10:47
Invité

yéménite. Ils disent

10:48
Locuteur

que ce n'est pas nous.

10:50
Invité

Personne n'est dû. Bien sûr qu'il y

10:51
Locuteur

a

10:51
Invité

une aide militaire et des conseillers. On sait qu'il y a des conseillers iraniens qui sont Hassanah. On sait que les cadres des Houssi ont été formés à Khom, à Mashhad, à Téhéran. Tout ça, on le sait. Mais ce que je veux dire, c'est que quand on dit proxy, on dit instrument. Ce n

11:07
Locuteur

'est

11:07
Invité

pas ça. C'est convergence. Parce qu'ils ont leur existence, leur autonomie, leur logique, leur rationalité, leur plan. c'est des êtres humains, les Houssi. Ce n

11:17
Locuteur

'est

11:17
Invité

pas seulement des machines à exécuter la volonté de Téhéran. C'est la même chose pour le Hezbollah,

11:24
Locuteur

c

11:24
Invité

'est la même chose pour le Hamas,

11:25
Locuteur

c

11:25
Invité

'est la même chose même pour les groupes irakiens. Vous savez, les groupes que l'on dit pro-iranien en Irak, ils sont majoritaires au Parlement irakien. Donc, elle n

11:34
Locuteur

'a

11:34
Invité

pas raconté que c'est les agents... L'Iran est le seul pays à reconnaître le pouvoir outil quand même.

11:41
Locuteur

Oui,

11:41
Invité

bien sûr.

11:42
Locuteur

C

11:42
Invité

'est un ambassadeur. Mais entre reconnaissance, Sylvie, et

11:45
Locuteur

proxy,

11:47
Invité

il n

11:48
Locuteur

'y a

11:48
Invité

pas de proximité. Le regard de l'historien, Thomas Gomart.

11:52
Locuteur

Au

11:53
Présentateur

-delà du regard de l'historien, c'est peut-être un rappel quand même utile, c'est que

11:57
Locuteur

quand

11:57
Présentateur

on a des chocs énergétiques et on a souvent aussi des chocs financiers, au-delà même de l'impact de l'inflation, sur l'ordre financier international, le rappel historique que je voudrais faire, c'est que le canal de Suez a été fermé pendant 8 ans entre 1967 et 1975. On l'a oublié.

12:18
Locuteur

Mais

12:18
Présentateur

évidemment, ça a été la période pendant laquelle il y a eu la rupture financière de la fin de

12:23
Locuteur

l

12:23
Présentateur

'enconvertibilité entre l'or et le dollar et il y a eu le choc pétroli de 1973 et la guerre de Kipour. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut peut-être désormais comprendre que la vision que nous avions de Détroit par lesquels on transitait sans aucune difficulté appartient au passé et qu'il faut se préparer économiquement, militairement à avoir un Détroit d'Ormousse plus ou moins ouvert, plus ou moins fermé et pour Babel Mandèbe également. Et ça, ça a des conséquences évidemment très lourdes sur le plan des approvissements énergétiques mais plus largement sur l'idée d'une liberté de navigation qui correspondait à l'image que nous avions de la mondialisation.

En fait, cette phase-là est probablement derrière nous. Deuxième observation, on a eu en 2022 un choc énergétique avec l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie qui s'est traduite par beaucoup d'inflation en Europe et qui a été effectivement, je dirais, atténuée avec le temps par deux éléments. D'abord, l'accélération de la diversification et de la transition énergétique par les Européens et je pense que ce point, effectivement, Sylvie Matéli, le mentionnait brièvement, est très important.

C'est-à-dire qu'au fond, on est dans des systèmes beaucoup plus souples, beaucoup plus agiles que dans les années 70 parce qu'on a des énergies alternatives et qu'on a, dans le cas de la France, un parc nucléaire qui fonctionne aujourd'hui à plein par rapport à sa situation en 2022. Donc ça, c'est un élément, à mon avis, à intégrer et intégrer également la transformation générale de ce qu'on pourrait appeler la géopolitique de l'énergie.

13:59
Locuteur

C

13:59
Présentateur

'est-à-dire que, là aussi, pour un pays comme la France aujourd'hui, son principal fournisseur de matières fossiles, le pétrole et le gaz par GNL, ce sont les États-Unis.

14:08
Locuteur

Et

14:08
Présentateur

ça, c'est quand même une évolution tout à fait spectaculaire par rapport à la situation qui était la nôtre dans les années 70. Dernier point sur proxy, pas proxy, proche, lointain. En fait, moi, je lirai les choses de la manière suivante. Le 7 octobre a provoqué la réaction d'Israël avec une capacité d'Israël de frapper sur 7 fronts et par, on l'avait commenté à ce micro, une capacité momentanée, c'est là où je voudrais arriver, de démanteler ce que l'Iran appelle l'axe de la résistance.

C'est-à-dire, effectivement, un certain nombre d'acteurs, plus ou moins proches, avec leur autonomie, effectivement, et leurs ambitions propres, mais qui bénéficient d'un soutien et qui partagent une vision du monde avec Téan. Eh bien là, c'est un succès pour l'Iran sur un plan régional, c'est-à-dire qu'il reconstitue un élément de cet axe de la résistance et avec une capacité pour l'Iran, effectivement, d'arriver à avoir, à porter au niveau stratégique son attitude de guérilla, en réalité.

C'est ça que l'Iran parvient à faire et qui embarrasse, évidemment, au plus haut point, non seulement les États-Unis et Israël qui sont dans une impasse et qui nous impactent très directement par l'attention sur les prix d'énergie.

15:22
Invité

Alors, Sylvie Matéli, je me tourne vers vous parce que les conséquences économiques, c'est pour vous, c'est pour tout le monde, mais c'est pour vous. Au passage, si je puis dire, on ne le dit pas, mais c'est aussi une catastrophe pour les populations yéménites. On en est à plus de 110 000 personnes déplacées, des centaines de morts. Bon, ça c'est dit et on y reviendra peut-être une autre fois. Mais c'est aussi donc une catastrophe économique planétaire. Disons-le, le commerce mondial a besoin de ce passage on l'a compris.

15:52
Locuteur

Est

15:52
Invité

-ce que c'est par le biais de la stratégie énergétique européenne que vous voulez y aller ? Ça éclaire ça, c'est peut-être intéressant de regarder ça. Je conclurai peut-être plus par la stratégie énergétique. Je voulais rebondir là-dessus sur la fin de cette mondialisation fluide que l'on a connue en fait depuis la fin de la guerre froide et depuis les années 90. et je crois que ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient est un élément supplémentaire qui s'ajoute en fait à d'autres crises et je crois que depuis 2020 et la pandémie de Covid le monde et la mondialisation est quand même confrontée.

Alors je pourrais remonter aussi à la guerre commerciale de Trump mais donc 2018 peu importe. En tout cas en moins de 10 ans l'économie mondiale et la mondialisation traversent des chocs majeurs. Ça commence par un choc d'offres très clairement avec la pandémie de Covid et la prise de conscience en Europe assez étonnante qu'il existe des chaînes de valeurs et que ces chaînes de valeurs quand elles sont internationalisées elles sont fragiles et vulnérables surtout quand on est beaucoup plus dépendant qu'interdépendant. Donc ça c'est le premier élément. Et Hormuz c'est encore une prise de conscience supplémentaire que oui il

17:05
Locuteur

y

17:05
Invité

a des détroits et que ces détroits c'est assez facile à bloquer et qu'au fond ça crée encore plus de vulnérabilité. Donc ça c'est le choc d'offres. Je crois qu'on a eu également depuis Donald Trump 2 on a également un choc de volatilité. Je vais appeler ça comme ça les économistes ne reconnaîtraient pas le vocable et ce n

17:23
Locuteur

'est

17:23
Invité

pas le vocable qu'on emploie mais je pense que ça permet de bien comprendre de quoi il s'agit. Et au fond regardez au mois de juin quand Donald Trump parvient à un accord avec les Iraniens on croit que ça y est c'est derrière nous et le prix du pétrole baisse très rapidement. Donc on voit que ces allers et retours cette indécision ce chaos créé par Donald Trump a des conséquences économiques qui ne sont pas uniquement sur l'augmentation des prix qui sont aussi sur la volatilité. Et ça la volatilité c'est très très dur à gérer pour les entreprises par exemple. c'est de la volatilité que sont nés les marchés à terme et les nécessités de se couvrir contre la volatilité. Et puis

18:03
Locuteur

on

18:03
Invité

a qui s'amplifie de mois en mois depuis le retour de Donald Trump un véritable choc de confiance également. Alors on a cité plusieurs éléments autour de cette confiance et c'est peut-être plus ce qui se joue à Babel Mandeb aujourd'hui parce qu'on peut à la différence du détroit d'Hormuz on peut contourner cet obstacle-là ça va prendre beaucoup plus de temps mais ça va coûter plus cher et ça va coûter plus cher en assurance. Donc on est bien sur un enjeu de confiance. On peut contourner vous dites ? On peut contourner par le cap de Bonne Espérance en

18:32
Locuteur

fait. Ça met 10 jours de plus. C'est loin. Très logistique c'est loin. C'est pas le détroit d'Hormuz c'est clair

18:37
Invité

mais c'est pas le détroit d'Hormuz en réalité. Mais il y a ce choc de confiance c'est-à-dire le prochain c'est quoi en réalité. Et ce choc de confiance il est aussi fortement impacté par ce dont vous avez tous parlé c'est la question de la protection américaine. Si vous regardez depuis la fin de la seconde guerre mondiale tous les pays qui ont été sous parapluie américain sous protection américaine ont connu une prospérité un développement économique et une stabilité sans précédent dans leur histoire. Donc ça c'est extrêmement important parce que c'est également ça qui est complètement questionné et remis en jeu par la fin de cette protection américaine.

Et non seulement vous perdez la protection américaine ce serait déjà une première chose mais en plus vous avez un pays les Etats-Unis dont les dirigeants s'évertuent à créer à déstabiliser à créer le chaos en particulier dans les régions qu'il protégeait jusque-là. Donc vous imaginez quand vous prenez un petit peu de recul que vous êtes un acteur financier et effectivement c'est aussi pour ça que toutes ces crises économiques peuvent conduire à une crise financière majeure il est bien évident que vous avez un petit peu du mal à parier dans le retour de la croissance à l'avenir. Alors pour les Européens

19:48
Locuteur

c

19:49
Invité

'est vrai que Les Européens dépendent à 13% du pétrole du Golfe D'ailleurs 13% quand on dit 13% juste le reste vient d'où ?

19:57
Locuteur

Etats-Unis Norvège

20:00
Présentateur

Nigeria

20:03
Invité

Ce qui est très intéressant c'est que depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine les Européens ont profondément alors je vais dire verdi leur électricité je ne

20:17
Locuteur

suis

20:17
Invité

pas sûre que les antinucléaires considèrent que ce soit verdir mais en tout cas on est devenu plus autonome on a décarboné tout à fait c'est le bon mot merci on a décarboné notre électricité ce qui permet je crois que on est à plus de 75% aujourd'hui on produit de l'électricité décarbonée en Europe les plus fragiles par contre ça c'est intéressant les plus fragiles dans cette équation sont les Allemands et les Italiens dont le le tissu industriel dépend et l'électricité dépend encore largement des hydrocarbures

20:46
Locuteur

maître

20:47
Invité

Amadie lève le doigt

20:47
Locuteur

oui

20:48
Invité

je suis d'accord avec ce que dit Sylvie mais je voudrais ajouter un petit amendement c'est à dire que c'est pas la mondialisation qui est touchée c'est l'illusion naïve d'une gouvernance mondiale c'est à dire de la mondialisation comme mode de régulation du système international ça ça s'est effondré mais si tous ces chocs autant le Covid que l'histoire des détroits aujourd'hui fait tellement de mal c'est la preuve par neuf que la mondialisation est très forte que tout est mondialisé que quand il y a un battement d'aile quelque part tout le monde en prend dans la figure et donc le véritable problème je vous rejoins mais peut-être je ne

21:27
Locuteur

sais

21:27
Invité

pas si vous serez d'accord avec ma formulation c'est de dire que la mondialisation d'instruments illusoires de pouvoir ou d'hégémonie est devenue maintenant un instrument privilégié de contestation et de conflictualité c'est ça le renversement Sylvie Matavi il y a deux éléments effectivement dans cette mondialisation deux effets pervers ou deux deux imprévus ou deux choses qu'on n

21:55
Locuteur

'a

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Invité

pas voulu voir la première c'est effectivement les sociétés civiles la mondialisation a généré beaucoup de prospérité elle n'a pas été répartie correctement et on paye aujourd'hui le retour de bâton de cette histoire le deuxième élément c'est que on a sous-estimé la capacité de la Chine à partir de 2001 et son entrée à l'OMC à devenir le cœur le réacteur nucléaire de cette mondialisation et là pour le coup on ne crée plus des interdépendances on crée des dépendances qui sont extrêmement dangereuses écouteuses moi j'avais envie de vous demander mais on n'a plus forcément le temps en un mot mais après tout ce qu

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Locuteur

'on

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Invité

s'est dit qu'est-ce qu'il faut attendre parce que là il y

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Locuteur

a

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Invité

une semaine centrale à l'ONU la grande semaine annuelle et avec le président iranien qui sera là qui s'exprime mardi ça va être extrêmement intéressant parce que là il y a énormément de sujets mais on peut en attendre une clarification pas dans les

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Locuteur

médias je ne pense pas il y aura

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Invité

évidemment beaucoup de contacts et de comme on dit de bilatéral de rencontres bilatérales je ne suis pas sûre que ça puisse déboucher sur quelque chose de vraiment concret il y a aussi la Russie et l'Ukraine qui doivent reprendre normalement après les élections de Russie pardon des entretiens à Abu Dhabi avec les américains je ne

23:14
Locuteur

sais

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Invité

pas en tout cas je pense qu'on est dans une situation qui a été parfaitement décrite autour de cette table qui est gravissime mais

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Locuteur

au

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Invité

Moyen-Orient les coups de coeur

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Locuteur

livres,

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Invité

spectacles, événements tout ce que vous voulez la semaine dernière Olivier Hamant a même choisi le jardinage votre coup de coeur Thomas Gomart

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Locuteur

c

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Présentateur

'est un coup de coeur très sérieux de manière inhabituelle peut-être ce sont les 13 leçons données par Raymond Aron en pleine crise énergétique en 1973 au Collège de France et réunies sous le titre théorie de l'action politique publiée chez Calmen Lévy

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Locuteur

et

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Présentateur

ces leçons ont été données au moment où Raymond Aron préparait son livre Pensez la guerre Clausewitz qui paraîtra en 1976 qui rappelle le principe de la subordination de l'instrument militaire à la politique

24:10
Locuteur

et

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Présentateur

il établit des liens tout à fait intéressants à relever aujourd'hui entre Clausewitz et Mao Zedong par l'intermédiaire de Lénine et puis également il y

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Locuteur

a

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Présentateur

une critique très intéressante à relever de la violence symbolique dans son débat à l'époque avec Bourdieu

24:28
Locuteur

Sylvie

24:28
Invité

Matély votre coup de coeur mon coup de coeur c'est un ouvrage que je suis en train de lire et que je n'ai pas encore terminé mais il vient de sortir c'est l'ouvrage qui est publié par Jean Tirole et Karine Van Destraten l'économie du désordre mondial alors pourquoi c'est mon coup de coeur parce que d'abord j'apprécie toujours quand des économistes s'intéressent à la géopolitique et au désordre mondial et je trouve qu'on ne s'y intéresse pas assez donc c'est particulièrement instructif les économistes ont des analyses qui sont totalement complémentaires de celles des historiens ou des personnes qui font de la science politique et puis le deuxième élément qui m'a intéressée dans cet ouvrage c'est la définition économique de puissance moyenne et je trouve que ça donne des clés pour comprendre ce que pourrait faire l'Europe en la matière rationnement Sylvie Kaufmann

25:16
Locuteur

alors

25:16
Invité

moi mon coup de coeur c'est pas un livre c'est un homme c'est Marc Carnet le premier ministre canadien pas seulement pour cette sorte d'atmosphère euphorique qu'il a créée à Strasbourg cette semaine en venant assister au discours d'Ursula von der Leyen sur l'état de l'union qui annonce

25:38
Locuteur

pour la première fois

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Invité

la proposition d'un statut dont personne ne sait en quoi il consiste d'état associé qui n'existe pas ce statut

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Locuteur

avec l'union européenne

25:48
Invité

entre le Canada et l'union européenne concrètement ça ne veut pas dire grand chose mais symboliquement et politiquement c'est très intéressant parce que Marc Carnet depuis ce discours à Davos en janvier qu'il a vraiment posé comme leader international il a dit il ne faut pas se faire d'illusions il y a une vraie rupture de l'ordre international ça n'est pas une transition c'est une rupture et il faut en prendre conscience et il faut agir en conséquence en se coordonnant entre puissance moyenne les middle powers justement dont on parlait à l'instant et il n'a pas dévié de cette ligne et il a une position extrêmement ferme vis-à-vis de Donald Trump qui prétend soumettre son pays le Canada aux Etats-Unis qui veut même en faire le 51ème état et ça le rend extrêmement populaire auprès de ses concitoyens mais c'est surtout cette fermeté en même temps teintée d'humour il est capable d'humour et c'est je crois une personnalité très intéressante Bertrand Baddy

26:45
Locuteur

moi

26:45
Invité

j'en ai deux parce qu'en matière de

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Locuteur

le premier

26:50
Invité

c'est le Ramsès qui vient de sortir et que je découvre avec beaucoup de plaisir un travail d'équipe extrêmement sérieux excellent choix et enrichissant

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Locuteur

le deuxième et le deuxième

27:01
Invité

c'est un ouvrage qui vient de reparaître en poche au cavalier bleu qui est de Jean Jacob et qui s'appelle figure de l'écologisme et qui a l'extrême vertu de montrer la diversité des sources de l'écologisme c'est pas seulement les verts il part du Matt Magandhi jusqu' Meadows et ça permet de voir que fondamentalement l'écologisme c'est le retour vers la totalité

27:31
Locuteur

il

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Invité

me reste 4 secondes moi pour le mien ce que la guerre fait aux hommes c'est le livre de notre consoeur grand reporter à

27:38
Locuteur

radio Claude

27:38
Invité

Guibald que je viens de finir qui raconte tout ce qu'elle a jamais pu faire rentrer dans les papiers d'une minute 15 parfois parce que certains veulent dire deux coups

27:44
Locuteur

de

27:44
Invité

coeur au lieu d'un mais non je plaisante la guerre à hauteur d'homme et c'est aussi une réflexion sur le métier une réflexion très honnête sur le métier de journaliste sur la bonne distance à trouver et c'est passionnant c'est chez Albin Michel

27:57
Locuteur non identifié

vous

27:58
Invité

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