Abayas, uniforme : le style Macron #cdanslair 05.09.2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 28 %Attaque 42 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
298 élèves se sont présentés en abaya, 67 ont refusé de l'enlever. Ces chiffres ont été communiqués ce matin par le ministre de l'Éducation nationale.
- 0:57OuverteRéponse directe
Comment est reçu l'interdiction de l'abaya sur le terrain ? Les profs sont-ils en mesure de la faire appliquer ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron propose une tenue unique. Quelle est la différence avec l'uniforme ?
- 3:15RelanceRéponse partielle
François Bayrou rappelait ce matin qu'on n'a jamais eu l'uniforme dans l'école publique française.
- 6:10OuverteRéponse directe
Ce serait un sujet qui fédérerait la majorité ?
- 8:12OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que cela raconte le fait qu'Emmanuel Macron et Gabriel Attal décident de faire la rentrée avec l'uniforme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11PrésentateurChiffre
« 298 élèves se sont présentés en Abaïa, 67 ont refusé de l'enlever. »
- 0:44PrésentateurChiffre
« 80% des Français favorables à cette interdiction selon un tout dernier sondage de l'IFOP. »
- 2:17Invité politiqueFait
« L'uniforme, c'est la même chose pour tout le monde à l'identique, avec généralement un blason avec le nom du collège. »
- 11:47PrésentateurChiffre
« Il insiste beaucoup sur l'idée de remettre davantage de sport à l'école. Et puis, 5 000 terrains de sport construits d'ici à 2026. »
- 17:32Invité politiqueChiffre
« 298, c'est peu. Sur 500 et quelques lycées ou établissements surveillés, qui étaient considérés comme sensibles, donc c'est 0,5 cas par établissement. »
- 37:11Invité politiqueFait
« D'abord, comment résister à la force du numérique ? Parce qu'il y a 20 ans, 50 ans, avant qu'un élève tombe sur un livre obscurantiste, nihiliste ou révisionniste, il y avait peu de chance. »
- 37:49Invité politiqueFait
« Il faut très vite mettre le haut là au pouvoir pris par les parents d'élèves sur l'école. »
- 37:54Invité politiqueFait
« Je paye, donc j'ai le droit de décider si mon fils redouble ou pas, si ma fille a eu le droit à une remontrance ou pas, qu'est-ce qu'il faut enseigner et comment. »
- 40:26InvitéChiffre
« nous avons 4 enseignants sur 10 qui considèrent que l'affaire Samuel Paty, les mots en un sens, a influencé leur manière de mettre en œuvre leurs enseignements. »
- 46:12Invité politiqueFait
« Vous voyez, si on avait écouté le FN et le RN, on l'aurait fait depuis longtemps. »
- 46:44Invité politiqueFait
« La gauche s'est fait voler la défense de la laïcité par la droite et par l'extrême droite. »
- 47:34Invité politiqueFait
« Le parti communiste français ne cédera pas un pouce de terrain à l'obscurantisme. »
- 51:57Invité politiqueFait
« Si c'est une partie, c'est une partie insuffisante. »
- 56:10Invité politiqueFait
« Le SNU s'en est un. L'immigration, pourquoi pas ? La fin de vie, ça peut l'être aussi. »
- 58:34Invité politiqueFait
« il avait dit à une jeune fille voilée : on peut être voilée et être républicaine, je trouve ça beau »
- 59:24InvitéChiffre
« Il y a 7 lycées sur 10 qui peuvent être concernés par ça et 4 collèges sur 10 »
- 1:01:51Invité politiqueFait
« l'islam est en expansion démographique d'abord parce qu'il y a de plus en plus de gens concernés par cette religion dans notre pays »
- 1:02:17Invité politiqueFait
« il y a des républiques islamiques où le droit est un droit religieux »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Invité18 %
- Gabriel Attal17 %
- Invité 216 %
- Invité 33 %
- ?2 %
≈ 9,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour à
toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. 298 élèves se sont présentés en Abaïa, 67 ont refusé de l'enlever. Ces chiffres ont été communiqués ce matin par le ministre de l'Éducation nationale qui craint de voir ces données monter dans les prochains jours avec l'entrée en cours des lycéens. Sur les réseaux sociaux, les conseils aux jeunes filles pour contourner la loi, au nom, je cite, de la pudeur, se multiplient et les chaînes du monde arabe dénoncent déjà une décision raciste de la France. Mais sur ce sujet, le gouvernement tient une ligne de fermeté soutenie par 80% des Français favorables à cette interdiction selon un tout dernier sondage de l'IFOP.
En première ligne sur le sujet, Emmanuel Macron propose même de réfléchir de nouveau à l'uniforme ou à une tenue unique, un sujet qui alémente le débat politique depuis des années. Alors comment est reçu l'interdiction de l'Abaïa sur le terrain ? Les profs sont-ils en mesure de la faire appliquer ? craignent-ils des tensions ? Vous entendrez le témoignage d'une professeure qui raconte comment certains de ses collègues, au fil du temps, ont peu à peu lâché sur le sujet de la laïcité. Abaïa, uniforme, le style Macron, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique, conseiller éditorial de la rédaction de Franc-Tireur.
À la une du numéro, apparaître demain, Abaïa, fini la récré. Nathalie Chuc est avec nous ce soir, vous êtes grand reporter pour le magazine Le Point. Le Point qui signait un grand entretien où il était beaucoup question d'éducation avec Emmanuel Macron. En cette rentrée, nous y reviendrons également. Ève Roger, vous êtes journaliste spécialiste des questions de société et d'éducation. Frédéric Dhabi, vous êtes le directeur général opinion de l'Institut de sondage IFOP. Je rappelais ce tout dernier sondage pour Charlie Hebdo, selon lequel 8 Français sur 10 sont favorables à l'interdition de l'Abaïa à l'école. Beaucoup de données précises dans ce sondage, là aussi nous y reviendrons.
Et
puis votre livre, La Fracture, publié aux éditions Les Arènes. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci
de
participer à ce C'est dans l'air en direct. On va parler de l'Abaïa, mais je voudrais qu'on dise quand même un mot. Sur la toute dernière proposition d'Emmanuel Macron, il appelle ça une tenue unique. Non, ce n
'est
pas l'uniforme,
c'est
la tenue unique. Il y
a
une nuance ? Ah oui, c'est plus qu'une nuance. L'uniforme, c'est la même chose pour tout le monde à l'identique, avec généralement un blason avec le nom du collège. C'est vraiment totalement similaire d'un élève à un autre. La tenue unique,
c
'est un cadre de recommandation vestimentaire, par exemple jean, t-shirt, veste ou jupe. Et puis on peut faire un peu ce qu'on veut dans ce cadre-là. On peut préciser par exemple que ça doit être des couleurs sombres, on peut préciser des limites. Mais chaque établissement détermine plus une esthétique qu'une unicité. Donc entre l'uniforme et la tenue unique, il y a peut-être aussi la différence qui fait la modernité. Parce que l'uniforme, ça fait franchement retour à l'époque des choristes ou des disparus de Saint-Agile. Ce n
'est
pas dans le passé qu'on va trouver les solutions pour répondre aux défis d'aujourd'hui. Masquer les différences sociales entre les riches et les pauvres, entre ceux qui ont les dernières marques à la mode et ceux qui n'ont pas les moyens de se les payer. Évidemment, éviter les marques d'appartenance religieuse ou politique, ça peut se faire à travers une tenue unique qui donne l'impression d'un groupe homogène, mais pas d'un groupe uniforme.
Mais j'ai l'impression que c'est tellement un débat qu
'on
traîne depuis si longtemps. François Bayrou rappelait d'ailleurs ce matin, on n'a jamais eu l'uniforme dans l'école publique française, jamais. Il a insisté, on a eu la blouse. C'était une blouse effectivement et qui était destinée initialement à empêcher des tâches d'encre. Ce n'était pas du tout pour gommer des différences sociales ou éventuellement religieuses. Plus qu'une proposition d'Emmanuel Macron, j'aurais tendance à dire que c'est une proposition de Gabriel Attal qui me paraît beaucoup plus déterminée que le chef de l'État sur ce sujet. Je rappelle quand même qu'Emmanuel Macron nous avait parlé de l'uniforme en mars 2017.
Donc ça remonte un petit peu en nous disant « je réfléchis ». Son précédent ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, était lui-même favorable à l'uniforme en parlant d'expérimentation. Ça n'a jamais eu lieu. Si on remonte un tout petit peu plus loin, un des premiers ministres a parlé d'expérimentation de l'uniforme à l'école.
C
'était Xavier D'Arcos en 2003. Ça remonte à plus de 20 ans.
Autant
dire que c'est une arlésienne et que les propos d'Emmanuel Macron, quand on le regarde un petit peu dans le détail, c'est assez filandreux, assez ambigu. D'ailleurs, il ne donne aucune date pour commencer les expérimentations.
Brigitte Macron, oui. Voilà, exactement.
Brigitte Macron, janvier dernier, fait une longue interview dans Le Parisien où elle parle de l'uniforme, expliquant qu'elle l'a elle-même porté quand elle était jeune femme pendant 15 ans. Et elle dit « mais moi j'y suis très favorable, à condition que ce soit une tenue, elle dit, une tenue simple et pas tristoune ». Donc c'est sûr que, voilà, le ministre de l'Éducation… Et il y avait eu
un débat au sein même de
la majorité sur les propos à l'époque de Brigitte Macron. Oui, d'autant plus que
cette interview
était sortie pile au moment où le Rassemblement national avait déposé une proposition de loi pour proposer l'uniforme au collège et à l'école. Pourquoi ça revient tout le temps ? À chaque fois qu'on fait la rentrée, il y a des propositions autour du retour de l'uniforme à l'école. Il a tous les
avantages comme ça sur le papier. C
'est
-à
-dire
qu'on a parlé de la lutte pour la laïcité, des égalités sociales, de gommer les inégalités sociales. On parle même aujourd'hui du coût de la rentrée, donc ça pourrait éviter peut-être de payer moins cher les fournitures de la rentrée. Il y a le racket, ça peut éviter le racket. Si vous regardez sur le papier, il y
a
tous les avantages à l'uniforme. Après, on l'a dit, il y
a
très peu d'expérimentation. La seule ville qui l'a expérimentée en 2017,
c
'est Provins. Je ne
sais
pas si vous vous souvenez. C
'est une
seule ville en Seine-et-Marne et ça a commencé en 2018. Alors,
ils
ont commencé la fleur au papier dans les écoles primaires. Et puis, petit à petit, tout le monde a abandonné. Parce que c'était pas obligatoire. C'était difficile de le rendre obligatoire. Et puis, les enfants, tout à fait naturellement, n'ont eu marre d'être toujours habillés de la même façon. C'est ce qu'ils disaient dans les reportages qu'on faisait au moment où ça s
'est
arrêté. Le seul endroit où ça fonctionne,
c
'est en Nouvelle-Calédonie. Mais là, il y a vraiment une situation particulière puisqu'on sait que la Nouvelle-Calédonie est faite de plusieurs peuples. Et que de faire peuple avec, faire pays, comme ils disent là-bas, entre les Kanaks, les Kaldosh, les enfants de Wallis et Futuna et puis les Asiatiques. Et bien, ça a enfin un objectif. Et je ne
suis
pas sûre que la situation de Nouvelle-Calédonie peut se transporter ici en métropole. –
Juste, ce serait un sujet qui fédérerait la majorité ? Il y aurait toute la Macronie derrière cette proposition si elle était menée à son terme, Nathalie Chuc ? – Ça me paraît compliqué.
– Bon, et
Sacha Oulier. – Oui, non,
non,
c'est assez contradictoire avec l'ambition assez libérale d'une partie de la majorité. Mais je ne suis pas sûre que ça prospère. Quand le président commence à ne pas donner de date et à rentrer dans les détails, c'est qu'en général, ça va être prestement enterré. – Donc quel intérêt il a politiquement de sortir l'uniforme en cette rentrée ? – C'est Gabriel Attal qui le sort. Lui, il
a parlé
d'expérimentation à l'automne. Là, on peut imaginer qu'il va quand même tester les
détails. – Il se le
réapproprie. Vous le disiez qu'il l'avait déjà défendu en 2017, que Brigitte Macron le portait également. Vous avez le sentiment que la vraie volonté politique, elle est davantage du côté du ministère de l'Éducation nationale. Frédéric Dhabi, sur
ce
sujet, vous avez des sondages sur
ce
sujet. – Oui, parce
que, comme vous l'avez dit, c'est un véritable sapin de merde. Le dernier sondage probant,
c
'est mars 2017, au moment où il y a la proposition d'Emmanuel Macron. On a une opinion qui est extrêmement partagée, c'est du 53-47.
Ce
qui est intéressant, c'est de voir les différents clivages. C'est fortement rejeté chez les femmes par rapport aux hommes. Peut-être se voir imposer un vêtement. C'est très partagé dans la jeunesse. On aurait pu imaginer des jeunes vent debout contre un uniforme à l'école. Il ne
faut
pas oublier l'imaginaire de la jeunesse qui s'intéresse à toute une série de sujets, une jeunesse plus mondialisée qui regarde, par exemple, l'Asie, le continent où tout le monde est en uniforme, l'attrait pour les mangas. Il y
a
aussi, sur un autre sujet, le fait que c'est très peu coûteux, même si, du côté de la sympathie partisane, ce
sont
les sympathisants de gauche qui sont les plus opposés. Ça date de 2017. Il y a d'autres enquêtes où on est plutôt à 55-60%. Mais il faut bien mettre les sondages à distance.
On
connaît la critique de Pierre Bourdieu sur l'imposition de thématiques à travers des sondages qui est une critique très pertinente. Est-ce que c'est le sujet pour les Français en cette rentrée d'uniforme ? C'est non. Par contre, la BAYA, dans notre enquête du jour, il faut un fiducial pour Paris Match, la polémique sur la BAYA,
ça
a été un des sujets les plus discutés par les Français en cette rentrée.
Qu'est-ce que cela raconte, si on reste sur l'uniforme, et nous allons aussi ce soir parler de la BAYA, et rentrer dans le détail qui est vraiment passionnant de votre sondage, qu'est-ce que cela raconte le fait qu'Emmanuel Macron et Gabriel Attal décident de faire la rentrée, avec la BAYA c'est une chose, mais avec l'uniforme. Est-ce que ça fait écho à ce qu'il disait dans le journal Le Point ? Il parlait d'une espèce de retour à une forme de conservatisme, je résume comme ça sur la question de l'école, il disait qu
'il
n'y a aucune forme d'accommodement avec les principes à l'école, l'autorité, les savoirs et l'autorité des maîtres, c'est le seul moyen pour que l'État
tienne. Je pense que ça répond à trois choses. D'abord quand même un peu d'opportunisme, c'est un signe envoyé à la droite, dans une période où la Macronie compte sur le soutien de la droite. Deuxième chose, ça participe de la quête un peu erratique et un peu dans le désarroi du président de
la
République pour faire nation. Il a réuni les partis politiques autour de ça. Faire nation, est-ce que l'uniforme à l'école, le fait que dans une école, dans une classe, les enfants ne se distinguent pas, ça ne va pas les rapprocher pour faire nation ? Puis la troisième raison, c'est celle qui transparaît à travers cette réflexion que vous avez citée. C'est, on doit rétablir l'autorité ? Où est-ce que ça commence ? Dans les familles et à l'école. Alors l'autorité c'est quoi ? C'est peut-être des enfants qui comme jadis se lèvent quand le professeur rentre, ont un uniforme ou une tenue égale et respectent les règles. Ce n
'est
pas tant quelles règles ils respectent, mais on en édicte et doivent les respecter. Et il se trouve qu'avec la polémique de la Baya, on a pu mettre sur le terrain du vêtement et de ce qu'il exprime ce rappel à la règle et ce retour espéré de l'autorité. C'est l'école de Blanquer ? Bien sûr. Non,
enfin je veux dire, est-ce qu
'on n'est pas très éloigné de ce que disait Jean-Michel Blanquer, non ?
J'allais vous le dire, l'état de grâce qu'a connu Jean-Michel Blanquer de 2017 à 2019, le tournant c'est l'agression de Créteil où un élève avec un faux revolver menace une professeure et on a le sentiment que Jean-Michel Blanquer ne bouge pas. L'état de grâce c'est cette idée de retour aux fondamentaux.
C
'est une école Amélie Poulain si je puis dire, où on a le sentiment qu'on revient au réel, au basique. Il y avait la question de la marseillaise de chanter en classe, l'augmentation des heures de cours d'éducation psychique. Ça a été le très fort ressort du bon de notoriété de M. Blanquer qui était bien sûr inconnu en avril-mai 2017 et le fait qu'il ait reçu un fort soutien de la part des parents jusqu'au tournant 2019-2020.
Le
Covid a
été produit. Cette période d
'état de grâce parce qu'il y avait une attente dans l'opinion de cette école-là,
du retour de cette école-là. On avait aussi
le sentiment qu'il mettait en œuvre des mesures plus symboliques que des mesures structurelles qui permettaient de revenir vers, j'ai envie de dire, ce paradis perdu. Oui, c'est exactement ça ce que je voulais dire. C'est une école imaginaire en réalité. Ça appuie sur... On a un fantasme d'une école magique, parfaite, type Troisième République, qui en réalité n'a jamais existé. Pourquoi vous dites ça ? Parce qu'il n
'y
avait pas d'égalitarisme, enfin, c'est pas exactement... C'est pas ce qu'on veut dire.
C
'est-à-dire qu'on apprenait à lire et écrire et compter. Aujourd'hui, on apprend à lire et écrire et compter de la même façon. On est même dans les pays où on apprend et on lit en compte le plus longtemps de tous les pays de l'OCDE. Donc, il y a un imaginaire qui sert la cause politique et sur lequel Emmanuel Macron appuie. Mais en réalité, personne n'a jamais été dans cette école de Jules Ferry. Pour cette...
Oui, non, c'est important quand on regarde les copies de ceux qui avaient le certificat d'études il y a 50 ou 100 ans. Il y
a
moins de fautes d'orthographe que ceux qui arrivent en sixième maintenant. Et
c'est l'objet d'une tribune
qui est signée aujourd'hui dans Le Monde. Et on va y revenir. Juste pour être très honnête, dans cette prise de parole, il s'est exprimé face à un youtubeur, Emmanuel Macron. Il propose aussi, puis il a fait une sortie aujourd'hui dans un établissement scolaire. Il y a d'autres mesures et pas uniquement l'uniforme. Donc, le fait que les collégiens plantent un arbre, une demi-heure de sport. Il insiste beaucoup sur l'idée de remettre davantage de sport à l'école. Et puis, 5 000 terrains de sport construits d'ici à 2026. En tout cas, il se pose dans cette rentrée comme un super ministre de l'Éducation nationale. Emmanuel Macron fait du sujet sa priorité et multiplie les prises de position.
Hier, il a répondu en entretien à Hugo Décrypte.
C
'est un youtubeur dans lequel il propose notamment d'expérimenter, on l'a dit, une tenue unique, une sorte d'uniforme. Un autre moyen de lutter contre les atteintes à la laïcité au moment où son ministre fait interdire les abayards. Magali Lécroze et Christophe Roquet.
Une
rentrée présidentielle, forcément très médiatique. Sous le soleil du Sud-Ouest, un président accueilli par des écoliers heureux de rater quelques heures de cours.
Ça
va bien ? Bonjour ! Ça va, le moral est bon ? Oui, ça
va,
et
vous, ça va
?
L
'école, Emmanuel Macron en a fait le sujet politique de cette fin d'été.
Notre
objectif, c'est dans les dix ans de pouvoir ainsi
rénover
40 000 écoles. 40, 44 000 écoles.
Depuis
des jours, lui aussi prépare sa rentrée, sa première dans ses habits tout neufs de ministre de l'éducation nationale, Gabriel Attal à l'école. Gabriel Attal, invité de toutes les matinales, en mission commandée par l'Elysée.
On
ne
peut
pas tergiverser avec la laïcité à l'école. Donc oui, j'assume la décision que j'ai prise de dire que l'Abbaya, le Camis, ne peuvent être portés à l'école. Je suis conscient que derrière l'Abbaya, le Camis, il y a des jeunes filles, des jeunes garçons, parfois leur famille, à qui il faut expliquer les choses. Une jeune fille qui se présenterait aujourd'hui
dans un établissement scolaire vêtu d'une Abaya ne pourra pas rentrer en classe.
Et voilà le terrain préparé pour son président. Hier soir, dans une longue interview sur Youtube, destinée notamment à un public plus jeune, Emmanuel Macron parlait de laïcité à l'école.
Je ne stigmatise personne,
ce
n
'est
pas des sujets sur lesquels je montre du doigt,
je
suis pour que tous les enfants de la République soient dans
l'école. C'est la façon
dont ça a été ressenté par
beaucoup de jeunes. Oui, mais qui stigmatise ?
Les gens qui poussent l'Abbaya. Ça peut être un choix aussi de certaines
personnes de porter ou non. C'est un choix
religieux, c'est un choix qui convie quelque chose,
qui
est
le
fait de dire, moi je suis différent et je viens dans cette école comme ça.
Et
on doit respecter dans l'école publique ce principe qui est important de laïcité.
Épinglant au passage l'ancien ministre de l'Éducation, qui contrairement au nouveau, n'aurait pas été assez ferme.
Je
dis juste aujourd'hui, vous avez une minorité de gens, vous l'avez très bien dit, il y
a
environ 500 établissements qui sont les plus soumis à cette pression. Mais que si le ministre de l'Éducation nationale, et moi en répondant à votre question aujourd'hui,
n
'est pas clair et courageux.
Le
risque,
c
'est que s'installe l'impression en France,
qu
'en quelque sorte nous abandonnons les professeurs aux avant-postes.
Après
ces avertissements officiels, hier pour la rentrée des classes, moins de 300 élèves en Abaya ont été recensés, 67 ont refusé de l'enlever. De quoi agacer l'opposition qui accuse le gouvernement d'avoir voulu faire diversion
?
Maintenant, quand vous allumez une télé ou vous ouvrez le journal, ce dont on parle prioritairement sur les enjeux de l'école et de cette rentrée, c'est de l'Abaya. Donc c'est un écran de fumée. Pendant ce temps-là, à l'extrême droite, certains se frottent les mains.
Enfin, enfin, on écoute le Rassemblement national. Enfin, ce que nous prenons depuis des années pour le respect de la laïcité, pour freiner l'offensive islamiste, est entendu.
Et voilà qu'un autre sujet de débat refait surface. Évoqué par le président hier.
On
peut dire, vous vous mettez en jean, t-shirt et veste.
Le vêtement unique à l'école ? Vous en pensez quoi ? À droite, on adore l'idée et certains voudraient même aller plus loin.
Je
propose qu'on avance vite et qu'on généralise le retour de l'uniforme. Ce sera la meilleure réponse contre ceux qui cherchent à contourner la loi et une façon d'atténuer les différences sociales.
Début janvier, c'était la première dame, elle-même qui vantait les mérites de l'uniforme à l'école dont elle aurait gardé un très bon souvenir.
Cela
gomme les différences. On gagne du temps et de l'argent par rapport aux marques. Donc je suis pour le port de l'uniforme à l'école, mais avec une tenue simple et pas tristone.
Deux jours après la reprise des cours, l'école est décidément le sujet de la rentrée qui ravive les marqueurs politiques.
Aujourd
'hui, dans une tribune au monde, un collectif d'artistes et d'intellectuels demande un débat sur le fond, disent-ils. Une refondation profonde de l'école.
Oui,
cette tribune aussi, on en parlait tout à l'heure. Ils disent au ministre Gabriel Attal, il faut au fond apprendre à nos enfants à
mieux lire et à mieux écrire. Leur proposition qui était sympathique, je crois que c'est en CM1, il dit une demi-heure chaque jour, écrire un texte d'imagination. Un récit, un dialogue. Je crois quand même que même dans les annonces qui ont été faites, il a été dit que dans la CM1, on travaillerait des textes longs, qu'on donnerait des périodes d'écriture aussi. Ils sont
au
fond
très inquiets dans cette tribune de l'abandon de l'écriture et de la lecture d'autre chose que de l'écran, du rapport à l'écran. C'est ça. Il y a cette phrase, savoir écrire ne se réduit pas à aligner des phrases, mais à donner du sens à ce que l'on écrit. Ça aussi, c'est peut-être une école rêvée ?
C
'est l'école où non seulement on sait lire et on sait écrire, mais on comprend les textes qu'on lit. Et la difficulté aujourd'hui, c'est qu'arrivé en sixième, il
y
a un pourcentage d'élèves qui ne comprennent pas les textes qu'ils lisent. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, ce n
'est
peut-être pas la réponse de la tribune, mais qu'aujourd'hui,
il
y a des soutiens pour toutes les sixièmes en maths et en français.
Si l'on revient sur les abayas, 298 élèves se sont présentés en abayas, 67 ont refusé. C'est beaucoup ? C'est pas beaucoup ?
298, c'est peu. Sur 500 et quelques lycées ou établissements surveillés, qui étaient considérés comme sensibles, donc c'est 0,5 cas par établissement, et seulement 67 qui s'obstinent et qui préfèrent rentrer chez elles. Pour moi, c'est une grande victoire, et c'est-à
-dire
quelque chose de très très simple, c'est que la communauté musulmane modérée, quant à l'instigation des prêcheurs, on leur dit, essayez d'afficher votre religion de cette manière-là dans une école, elle le fait, tant que ce n
'est
pas interdit. Quand la République dit non, halte là, on a réfléchi,
c
'est interdit, on préfère la République et l'école au respect de la loi islamique,
c
'est-à-dire qu'on n'est pas la loi de Dieu au-dessus de la loi de la République. On préfère que la jeune fille soit scolarisée plutôt qu'elle fasse plaisir à un influenceur islamiste des réseaux sociaux. Et ça, ça me paraît une victoire très importante. Le combat n'est pas fini, il y a d'autres rentrées scolaires devant nous, ça va continuer. Ça va se tendre ou pas ? Moi, je suis quand même heureusement surpris qu'il y
ait
eu si peu d'incidents après un week-end de provocations, quand même, où de nombreux prêcheurs sur les réseaux sociaux sont venus dire, contournez la loi, trichez, imposez-vous. Ce qui a d'ailleurs démontré pendant le week-end que c'était bien un vêtement religieux ou au moins un vêtement utilisé à des fins religieuses par des intégristes. Et ce qui fait tomber à plat complètement l'argumentation de la France insoumise nous disant, non, non, c'est un vêtement féminin.
Nathalie Chucan, vous voyez qu'en Seine-Saint-Denis, il
y a
des professeurs et des lycéens qui sont en grève contre l'interdiction de la Bayard.
C
'est tombé cet après-midi, considérant au fond que l'interdiction gouvernementale, c'est une politique islamophobe et il souhaite se désolidariser de cette politique islamophobe. Est-ce que, quand vous entendez ce que peuvent dire certaines chaînes du monde arabe qui parlent de racisme de la politique française avec des mots extrêmement durs, on est allé écouter ce qui était dit sur certaines de ces chaînes, c'est la manifestation d'une hostilité, d'une haine, le quotidien à l'Arabie transforme, la France transforme les écoles en arènes de conflits identitaires. Est-ce qu'il
y a
une crainte au sommet de l'État qui
est
une crispation ? Évidemment qu'il
y a
une crainte.
D
'ailleurs, Gabriel Attal lui-même disait qu'il s'attendait à ce que les chiffres des infractions augmentent dans les jours qui viennent. Il faudra d'ailleurs regarder ce que ça a donné aujourd'hui, ce que ça va donner demain, car comme vous l'avez rappelé très bien en préambule, tous les lycéens ne sont pas encore rentrés. Donc on va voir quels sont les chiffres précis. Et par ailleurs, on voit bien que ça peut être instrumentalisé politiquement, ça peut être instrumentalisé aussi dans une partie du monde arabe. Je rappelle quand même ce qui s'était passé au moment de la loi de 2004. C'est la loi qui a interdit les signes religieux ostensibles justement à l'école.
C'était Jacques Chirac qui a été président de la République. C'est intéressant de regarder comment ça avait été accueilli dans le monde arabe à l'époque. On avait les mêmes propos, loi raciste, loi sévérate. C'est exactement ce qui était dit. J'ai même retrouvé quelque chose d'assez édifiant qui montre à quel point c'était arrivé.
Vous vous souvenez qu'à l'époque, Georges Malbrunet ou Christian Chénaud étaient retenus en otage en Irak et avaient été obligés face caméra de réclamer la suppression de ce débat parce que la loi était en cours de vote, parce que c'était arrivé à un point de crispation extrêmement important, d'autant plus que Jacques Chirac à l'époque était considéré comme le président ami des pays arabes. Donc oui, l'exécutif surveille ça comme le lait sur le feu,
mais une
des raisons pour lesquelles il y
a
peut-être eu peu d'incidents à ce stade, c'est que pour une fois, l'exécutif a été d'une très grande fermeté. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas louvoyé, pas tergiversé.
Claire, très clair sur les...
Et vraiment, il
y
a un côté blitzkrieg. J'annonce,
la circulaire est prête, poum, on applique. Dans le propos de ces enseignants grévistes, il
y
a une contradiction intellectuelle. Ils disent que
c
'est islamophobe. Donc ça veut dire que la baïa est l'expression de la religion musulmane. Donc ça veut dire que si on respecte la loi de 2004, porter la baïa à l'école enfreint cette règle sur les signes ostensibles. Donc il faut qu'ils aillent jusqu'au bout et qu'ils demandent l'abrogation de cette loi de 2004. Il mettra dans son programme l'abrogation de
cette loi. Je vais dans le détail, puisque vous
le commentez, je vais dans le détail de leur communiqué. Il dit pour nous, tous les élèves doivent être accueillis. Nous n'avons pas à faire la police du vêtement. Nous refusons de stigmatiser les élèves. Qui fait écho à un communiqué cet après-midi du Conseil français du culte musulman qui dit attention, ça va être une forme de discrimination. Le CFCM dit craindre un contrôle au faciès arbitraire ou que les critères d'évaluation de la tenue des jeunes filles reposent sur l'origine supposée, le
nom de famille ou la couleur de peau. Non, c'est le vêtement. Donc, il n
'y
a pas de discrimination. La discrimination, c'est au contraire quand on rentre dans une école et qu
'on
peut être distingué par son vêtement ou l'expression d'une appartenance religieuse ou politique. À ce moment-là, on est reconnu, on est distingué. On peut être pointé du doigt. À lui, c'est un communiste. Elle, c'est une musulmane. Donc, se fondre dans le droit à l'indifférence, c'est protéger les élèves contre la discrimination.
Pour l'instant, de toute façon, la décision est entre les mains du Conseil d
'État. Alors, justement, regardez à cette question pour vous. Si le Conseil d'État retoque la décision de Gabriel Attal, ne risque-t-il pas d'ouvrir la porte à toutes les provocations de ce type ? Alors,
il y a effectivement un risque. Mais le Conseil d'État, plusieurs fois, a déjà donné raison au gouvernement en disant, ou à ceux qui... au gouvernement, quand une jupe longue sur un pantalon a été considérée comme un signe ostentatoire religieux. Un bandana trop large sur la tête a été considéré par le Conseil d'État comme signe ostentatoire religieux. Donc, la loi est ainsi rédigée qu'il
y
a, je pense, assez peu de chances que le Conseil d'État retoque cette interdiction. Puisqu'il y a quand même des critères pour déterminer si la baïa est un vêtement religieux ou non. Et ces critères, ils sont très précis, qui sont la permanence. Est-ce que l'élève met toujours la baïa tous les jours, tous les jours, tous les jours. Et la résistance ou le refus de l'enlever. Et bien, ces deux critères-là, ils sont très importants. Et je pense que le Conseil d'État peut considérer effectivement que la baïa est un signe ostentatoire. Et vous parliez de blitzkrieg. La décision
du Conseil d'État interviendra assez vite. Avant jeudi dans l'ESSA. Avant jeudi. Et alors, je me tourne vers vous puisque vous avez sondé les Français sur ce sujet-là. Pour Charlie Hebdo, les chiffres sont sans ambiguïté.
Exactement. Ils sont massifs. Et il
y
a un décalage entre un consensus très fort et les controverses dans le champ politico-médiatique. Vous le disiez, 8 Français sur 10 favorables à l'interdiction. En lien avec une enquête IFOP pour le Comité national d'action laïque, on avait trois quarts des enseignants qui étaient aussi favorables à l'interdiction. Parce que les enseignants, comme les Français, veulent une règle claire. Ils ont refusé la politique du cas par cas qui mettait notamment les directeurs d'établissement en difficulté. Et donc c'est dans ce cadre-là qu'on a le sentiment que le politique reprend la main quand bien même ce n
'est
pas un sujet prioritaire. Mais ce qui frappe dans cette enquête, c'est l'absence de clivage politique. Une majorité de sympathisants de la France insoumise, 58% je crois, c'est favorable à l'interdiction. Plus de trois quarts des sympathisants de l'Europe que je dis les verts. Une fois de plus, un peu comme pour la fameuse phrase « la police tue », un peu comme l'idée qu'il y
ait
un racisme systémique. On a un décalage entre le centre de gravité idéologique du peuple de gauche et les prises d'opposition personnelles de personnalités de la NUPES, notamment de la France insoumise. Et du côté des jeunes, ce que je trouve très intéressant, on a posé cette question un peu d'une autre manière avant la circulaire à TAL, c'était au mois de juin. On avait les jeunes qui étaient des moins de 25 ans, qui étaient la seule catégorie de population favorable à une autorisation massive de la BAYA. Dans cette enquête, ils sont un peu plus nombreux à être favorables à l'interdiction parce que peut-être c
'est
le respect. Mais
il
y a
une fracture générationnelle sur ce sujet.
Il reste une fracture générationnelle parce que ça renvoie à la vision de la laïcité pour les jeunes qui est assurer l'égalité, voir une forte visibilité des religions. C'est le fameux « venez comme vous êtes » d'une marque bien connue. Alors que chez les plus anciens, en tout cas chez les plus de 35 ans, les plus de 40 ans, qu'est-ce que c'est que le respect du principe laïc ? C'est séparer le politique du religieux et faire reculer l'influence des religions. Ce n
'est
pas une question de sondage, c'est une enquête qualitative où les gens se sont exprimés spontanément sur ce qu'est la religion. Mais même si, du côté des enseignants, ce qui me frappe, c'est que pourquoi il y a un soutien si fort alors que vous avez dit qu'il n
'y
avait que 500 établissements, c'est parce qu'ils ont le sentiment de vivre une attaque tous azimuts à l'égard du principe de laïcité. 64% dans cette enquête pour le CNAL auprès de 1000 enseignants ont le sentiment qu'il y a une contestation en augmentation et un enseignant sur trois a vu des contestations de la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux. De
fait, les atteintes à la laïcité ont augmenté.
Oui, clairement. C'était même les chiffres qui étaient oubliés par le ministère.
Juste, j'ai vu en préparant cette émission que pour faire cette enquête, l'IFOP a passé au crime l'intégralité des annonces de vente d'Abaïa sur Internet. Pourquoi vous avez fait ça ?
On est sorti d'une logique de recueil des données de perception pour confronter avec le réel. On fait ça aussi quand on travaille sur le sentiment d'insécurité dans un territoire donné. On voit si, objectivement, il y a une puce de crimes et de délits. Et c'est vrai que dans tout le travail qu'on a fait, on a 79% des points de vente des sites que l'on a trouvés qui étaient des sites où il y avait une dimension religieuse musulmane forte. Donc, l'argument, ce n'est pas un vêtement religieux et en tout cas démenti par les lieux où on peut se procurer une Abaïa.
L'argument de ces jeunes filles, c'est parfois de dire que ce sont des vêtements
pudiques. Il y
a
la mode pudique, ça existe, le terme. Et puis, la question aussi de la mode, c'est la mode, simplement. C'est une jolie robe et elle est à la mode, donc je la mets. Donc, ça, c'est un autre argument. Et c'est vrai que c'est très récent, en fait, ça date du printemps 2022 où vraiment, c'est à ce moment-là où je suis exposée. Donc, ça fait un an, un an et demi. Donc, on connaît les effets de mode. Et puis, il
y
a l'argument aussi de la pudeur, de ce qu'on a dit tout à l'heure. Et puis, des complexes. La robe cache éventuellement d'éventuelles rondeurs qu'une jeune fille n'a pas envie de montrer à cet âge-là.
C'est des convictions personnelles que porte Gabrielle Attal
? Alors,
c'est des convictions personnelles et politiques aussi. C'est quand même un ministre qui a envie d'exister, qui a, on va dire, une grande ambition pour l'avenir et qui, depuis son accession au gouvernement, a envie de laisser son nom sur un texte, sur une loi, sur une mesure. Donc, ça, il le tient enfin. Jusqu'à maintenant, c'était le service national universel. Donc là, il aura sa mesure. Et je pense que c'est lui qui a beaucoup contribué à convaincre Emmanuel Macron qu'il fallait avancer sur ce sujet. Il y
a
une conversion sur les questions de la laïcité, sans mauvais jeu de mots, chez Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, qui critique Pepe Ndiaye dans l'extrait que vous avez montré, c'est
quand même...
De
manière assez sévère. C'est
quand même lui qui l'a nommé et laissé en poste. Enfin, rappelons-nous quand même que c'est lui qui l'avait choisi expressément. Je pense que les émeutes ont beaucoup joué dans l'esprit du chef de l'État sur la nécessité d'un retour de l'autorité, de mesures régaliennes assez fortes, notamment à l'école. Ça explique aujourd'hui sa fermeté. Et son ministre, depuis longtemps, cherche un objet régalien sur lequel il existe. Vous savez que Gabriel Attal rêve de devenir ministre de l'Intérieur. Donc là, il a trouvé sa mesure. Donc en fait, il transforme l'éducation nationale en petit place Beauvau, d'une certaine façon. Ça ne
va
pas suffire avec les enseignants et avec le monde de l'éducation. Mais sur ce sujet, on a eu tout un débat ces derniers jours sémantique sur le fait que le chef de l'État avait mis Gabriel Attal sur l'éducation sous tutelle. Dans cette affaire très précise de la baïa, je me demande si ce n
'est
pas l'inverse. Ce n
'est
pas plutôt le chef de l'État qui est sous tutelle
Y compris sur la question de
l'uniforme. C'est
ce
que vous nous disiez au début de l'émission.
Sur la baïa et sur
l'uniforme.
Le ministre est
beaucoup plus pressant. Après, ça va être difficile d'échapper à la question de l'uniforme parce que vous le disiez très bien avec la question de la pudeur. Si vous dites on interdit la baïa, c'est compliqué d'autoriser des tenues extravagantes, très courtes, le crop top, etc. Donc, c'est un petit peu le pendant du débat de
l
'interdiction de
la baïa. Parce que
vous parlez du crop top, un des mots utilisés par Emmanuel Macron hier soir c
'est
la décence. Pour faire un petit pas de côté, l'entourage d'Elisabeth Borne s'est cité dans un des articles que j'ai lu ce matin dans la presse dit à propos d'Atal, Atal c'est Blanquer qui n'hystérise pas la gauche. C'est ça ? C'est assez juste. Macron dit c'est mon meilleur ministre.
Alors, sur les syndicats, moi j'ai rarement vu des syndicats se féliciter d'une mesure. Le report du BAC, unanimisme des syndicats qui disait que c'est formidable. Et sur la baïa,
ils
n'ont pas été... Certains disaient bon,
c
'est peut-être pas la priorité, il
y
a les salaires et les problèmes de poste. Mais moi j'ai rarement vu les syndicats...
Depuis Jacques-Clan peut-être.
Peut-être. Et comment vous l'exploriez ? Parce qu'il fait de la politique. Il fait de
la
politique.
C
'est-à-dire qu'il prend des mesures... On n
'a
pas du tout parlé de harcèlement, là vous avez remarqué, on n'en a pas parlé. Il ne prend pas des mesures qui vont contre le monde enseignant. Au contraire. La décision d'interdiction de la baïa, c'est venir au secours des enseignants. Le BAC,
c
'est venir au secours des enseignants qui se lamentaient de ne
plus
voir les élèves.
Ce que vous voulez dire, c'est qu'ils ne
réclament pas que des moyens supplémentaires. Les enseignants, il y avait aussi une attente et on
va en parler dans un instant. Mais
les moyens, je crois que les syndicats et les enseignants, ils savent très bien qu
'on
ne
va
pas mettre 10 milliards sur la table pour eux en une seule fois. Ils sont un peu blasés sur ces sujets-là. Oui, je partage votre point de vue. Il envoie des signaux clairs aux enseignants, mais symboliquement, sa première prise de position forte, sa première prise de décision, c'est la question du harcèlement. Et là, il envoie un message aux parents. C'est un sujet qui est maintenant en top des préoccupations, des inquiétudes des parents quand on parle d'école, quel que soit le niveau scolaire, quel que soit le milieu social. Et donc, de ce point de vue-là, c'est aussi bien joué.
C'est vraiment un ministre qui essaye d'envoyer des signaux plutôt homogènes et notamment envoyer des signaux aux différentes strates de la communauté éducative avec sa première mesure. Ça a été l'idée de faire partir les élèves
harcèleurs.
Oui, on parle des mesures et puis après, il
y
a l'application. Et en première ligne, on retrouve naturellement les professeurs qui seront chargés de faire interdire au quotidien le port de la Baïa. Écoutez le récit de cette professeure qui a passé près de 20 ans en Seine-Saint-Denis. Elle a été référent laïcité. Au fil des années, elle a vu la situation se durcir avec les élèves, mais aussi avec les parents. Et certains profs sont parfois tentés, c'est ce qu'elle raconte, de laisser passer les atteintes à la laïcité. Laura Radeau et Pierre Deron.
La
Baïa, une tenue qui a fait récemment irruption dans le débat public. Carole Zerbib, elle, ne l'a pas découverte avec l'actualité. Proviseur pendant 17 ans en Seine-Saint-Denis, désormais à Paris, elle a vu le phénomène prendre de l'ampleur, notamment sous l'influence des réseaux sociaux.
On
donne aux élèves l'argumentaire à utiliser en cas de dialogue avec... Voilà, si on dit aux élèves que
c
'est une tenue religieuse, on leur dit que tu dis que non, ce n
'est
pas une tenue religieuse, que c'est une tenue pudique, que tu as acheté chez H&M. J'ai même vu aussi récemment des espèces de défis où on incite les élèves à se filmer dans l'établissement scolaire avec une abaya ou avec un voile. On ne peut pas nier et qu'il y
a
quand même une offensive d'incitation comme une instrumentalisation en fait de ces jeunes filles.
Plus
préoccupant encore pour Carole Zerbib, le discours des parents d'élèves a radicalement changé. Il
y
a 10 ans, quand je pouvais voir des familles à ce sujet, souvent, ils ne voulaient pas être en rupture avec l'école. Le discours était de dire si c'est la loi, si c'est la règle, on va s'y plier. L'évolution aujourd'hui, c'est qu'il y a parfois, un peu plus souvent, des familles qui disent qu'elles ne comprennent pas, qui eux-mêmes justifient la contestation en disant « Oui, c'est vrai, la religion, elle ne dit
pas
ce que vous dites ou ce qui a été dit en classe. » Cette chef d'établissement a aussi vu progresser au sein du corps enseignant ce qu'elle estime être un esprit de défiance vis-à-vis des principes républicains.
Dans notre travail sur la laïcité, on part aussi avec une armée, c'est-à-dire les enseignants qui ne sont pas toujours convaincus de la nécessité de cette laïcité, c'est-à-dire qui pourraient être tentés par un autre modèle qui serait par exemple le modèle anglo-saxon. J'entends parfois des enseignants qui me disent « Mais pourquoi est-ce qu'on embête ces jeunes filles ? On pourrait bien les laisser s'habiller comme elles veulent ? »
Il
pourrait y avoir cette tentation d'un autre modèle.
Et
quand la religion s'invite dans la salle de classe, de nombreux profs avouent parfois pratiquer l'autocensure.
J
'ai pu connaître des professeurs d'histoire-géo au cours de ma carrière qui m'ont dit qu'il y a des sujets en histoire qu'ils abordaient à peine sur lesquels ils passaient moins de temps parce qu'ils ne supportaient plus certaines réactions des élèves, notamment sur la Seconde Guerre mondiale. Voilà, l'histoire de la Shoah, c'est parfois compliqué à enseigner. Il m'avait été rapporté par des professeurs de SVT que des élèves contestaient la théorie de l'évolution en disant « Eh ben non, il n
'y a
pas d'évolution, Dieu a créé l'homme tel qu'on le connaît aujourd'hui, Adam et Ève sont arrivés sur Terre et ce n'étaient pas du tout des hommes préhistoriques qui ont évolué. »
Vous
voyez, il
y
a le dogme qui l'emporte sur la science. C'est-à-dire que la laïcité qui devait quand même protéger tout le monde de certaines pressions politiques ou religieuses est mise en échec puisqu'il y a un phénomène d'autocensure. En fait, ça contrevient complètement à ce que doit être l'école de la République. Il y a quelque part, oui, un constat d'échec.
Je
voudrais avoir votre réaction
à ce témoignage. C'est frappant.
On
se dit que
c
'est horrible l'école étant dans une situation dramatique mais il y a 300 cas qu
'on
a vu aujourd'hui,
il
y a 12 millions d'élèves. Donc ça veut dire que cette femme, effectivement, elle était en Seine-Saint-Denis. Ça fait partie des nœuds de l'école de la République. Il
y
a la Seine-Saint-Denis, il
y
a les grandes métropoles, Marseille, Lyon, Vénitieux, etc. Donc je ne nie pas le problème mais il se trouve que cette situation-là, elle est réelle mais que là aussi, il y a un grand plan formation qu'a lancé Jean-Michel Blanquer parce qu'on parle des enseignants qui eux-mêmes ont des doutes. Et bien ce grand formation, il y a 800 000 profs et aujourd'hui, il y a 300 000 profs qui ont été formés. Donc ça veut dire que le plan est en cours aussi d'installation. Et puis cette volonté politique affichée aujourd'hui par Emmanuel Macron et Gabriel Attal, ça va reposer la question de qu'est-ce que c'est exactement la législité à l'école ? À quoi elle sert en réalité ?
Ça vaut pour les enseignants comme pour les élèves. Elle sert juste à l'élève de rentrer dans une classe sans ses oripeaux de l'endroit d'où il vient pour avoir, à qui on apprend l'esprit critique. On lui dit, ok, tu laisses tout à la maison, tout ce que tu as appris à la maison. Et ici, pendant l'école, pendant ce temps de l'école... Ça c'est théorique. C'est théorique. Mais il n'empêche que les enfants ne le comprennent pas. Les adolescents, ils comprennent la laïcité comme le juste, la liberté de penser. Avec une contestation
des élèves pour certains enseignements et aussi parfois des familles qui est très compliquée pour les professeurs.
Elle l'a dit quand même que les familles, elles ne veulent pas non plus être en rupture de banc. Et ça, moi je suis certaine, quand on lit les études, dans 9 cas sur 10, les situations se règlent en dialogue avec la famille. Christophe Barville.
Avec pour moi deux inquiétudes et deux chantiers. D'abord, comment résister à la force du numérique ? Parce qu'il y a 20 ans, 50 ans, avant qu'un élève tombe sur un livre obscurantiste, nihiliste ou révisionniste, il y avait peu de chance. Maintenant, c'est un peu un barrage contre le Pacifique, comme dirait Duras, qu'on essaie de dresser. Vous pouvez en un clic avoir une vidéo vue par des millions de gens qui vous racontent que la Terre est plate ou que Adam et Ève vont débarquer. Comment un enseignant peut lutter contre ça ? Mais monsieur, vous avez tort. Regardez, il
y
a des millions de gens qui me disent que... Donc évidemment, pour les enseignants, ça devient difficile et ne pas pouvoir enseigner la Seconde Guerre mondiale, de plus en plus, paraît-il aussi, la guerre d'Algérie. Les enseignants seuls par rapport à des enfants nourris, gorgés de tout ce qu'ils ont pu trouver sur les réseaux sociaux, c'est compliqué. L'autre chantier, c'est les familles. Il faut très vite mettre le haut là au pouvoir pris par les parents d'élèves sur l'école. Je paye, donc j'ai le droit de décider si mon fils redouble ou pas, si ma fille a eu le droit à une remontrance ou pas, qu'est-ce qu'il faut enseigner et comment.
Il faut redéfinir des règles là aussi pour que les parents soient informés, bien sûr, qu'ils ne soient pas décideurs, qu'ils ne puissent pas imposer leur loi, quelle qu'elle soit. Mais quelles règles on peut leur imposer
?
Ils ont le droit de savoir pourquoi l'enseignant a pratiqué ainsi. Stop. Quand un arbitre sur un terrain dit voilà, je vais siffler tout franc ou au carton jaune parce
que ça, là, par le dialogue plutôt. Là, il y a les équipes Valeurs de la
République qui vont en arrière Je
vais vous parler des dialogues.
En tout cas, vous parliez des réseaux sociaux.
Je
voudrais vous montrer cette petite vidéo récupérée par les équipes de Cédent en L'Air cet après-midi. Vous allez voir que le combat continue concernant la baille. Regardez.
Donc, vu qu'on n
'a
plus le droit à Ravaya, je vais vous montrer les alternatives de vêtements que vous pouvez mettre en tant que voilée ou même en tant que musulmane qui veut s'habiller avec la pûteur. Je vais vous montrer et je vous jure les filles,
il y a
tellement, tellement d'alternatives. Tellement, tellement, tellement. On peut commencer par la robe que j'ai sur moi. C'est une robe. Sonny Fazina Ravaya. C'est une robe. En matière, je ne
sais
pas trop comment on appelle ça. Et c'est une robe.
Et c'est une robe. C'est ça qui va se passer à l'entrée des établissements.
D
'abord, on voit bien que c'est religieux, que c'est une offensive religieuse puisqu'elle dit musulmane. Elle ne dit pas vous, les filles qui voulez être pudiques ou qui avez des formes qui vous gênent, qui vous complexent, mettez ce vêtement. Ensuite, je pense que pour un proviseur à l'œil, ça gace. Ce vêtement, il ne passe pas la porte. Et puis enfin, non, ce n'est pas une robe. On voit bien qu'il faudra complètement être vigilant parce que la bataille va être perdue. Mais on a eu le burkini pour les piscines municipales. Qu
'est
-ce qu'on aura demain ? On aura d
'autres offensives
avec d'autres...
C
'était exactement ça. L'offensive va continuer et en première ligne, on retrouve les professeurs dont on a compris qu'ils sont parfois démunis, qu'ils ont parfois peur de mener ces combats-là. Et du coup, je me tourne vers vous. C'est vrai qu'Emmanuel Macron a été critiqué parce qu'il avait rapproché ce débat sur les abayas à celui de Samuel Paty. Déjà avec vous, est-ce qu'il a fait ? Il a eu tort de rapprocher ces deux sujets. C'est une belle maladresse. Oui, c'est sûr. Vous voyez que son ministre a essayé d'être pondéré en disant que ce n'était pas du tout une mesure qui visait à stigmatiser une communauté, une religion.
Quand Emmanuel Macron fait ce rapprochement malheureux avec la question terroriste, évidemment, ça crispe.
Oui, même si il ne faut pas négliger le fait que pour les enseignants et comme pour l'ensemble des Français, il reste un traumatisme. Samuel Paty, la caravane fait médiatique part, on en parle de manière récurrente mais de manière espacée. Dans l'enquête pour le CNAL,
le
comité national d'action fédélique, j'ai été frappé par un chiffre. nous avons 4 enseignants sur 10 qui considèrent que l'affaire Samuel Paty, les mots en un sens, a influencé leur manière de mettre en œuvre leurs enseignements. C'est quoi le chiffre ? 42%. 16%, ça les a beaucoup influencés et ce qui est très intéressant, c'est le clivage entre réseau d'éducation prioritaire, les anciennes ZEP et les non ZEP, on passe à 56% en REP. Ça a été un véritable traumatisme. Il ne faut pas oublier quelques jours après l'assassinat de Samuel Paty dans une enquête IFOP pour Marianne. On avait un tiers des jeunes de moins de 30 ans qui considéraient qu
'au
-delà de l'horreur du crime, il avait eu tort de montrer des caricatures pour illustrer la liberté d'expression. Et puis, le phénomène dont vous parliez d'autocensure est réel. 48% des enseignants interrogés se sont déjà, alors ce n
'est
pas facile à restituer dans une enquête à post-servis, mais se sont déjà censurés pour éviter des incidents. Mais ce qui est intéressant, c'est le référent par rapport à une enquête identique faite en 2018 avant l'assassinat où c'était 11 points de moins.
Là
où le président de la République peut avoir un peu de pertinence dans son jugement, mais il aurait fallu plus de temps que ce qu'il a eu hier, c'est que la méthode d'embrigadement d'un côté des jeunes filles pour défier l'école en portant la baillard, de l'autre d'intégristes prêts à tuer pour décapiter Samuel Paty, cette mécanique d'embrigadement par les réseaux sociaux, par l'influence à tous les sens du terme, c'est comparable. D'un côté, il y
a
une méthode douce, pacifique, un peu sournoise pour porter un vêtement à l'école. C'est un débat polémique, c'est un conflit de laïcité, mais voilà, il
n'y a
pas plus de dégâts. De l'autre, il y
a
la recherche de tueurs pour tuer quelqu'un. Ce n
'est
pas comparable, mais dans les mécaniques de fonctionnement, ça doit nous alerter pour lutter contre ces phénomènes.
Ils seront outillés, ils seront armés, ce n
'est
peut-être pas le bon terme, les profs pour faire appeler et pour faire appliquer cette mesure-là. Les profs et les chefs d'établissement, ils ont une procédure. Alors, juste, on peut signaler que Gabriel Attal a fourni une lettre, c'est-à-dire qu'une fois qu'une personne est renvoyée chez elle parce qu'elle ne porte pas la baïa, il
y
a une lettre qui est adressée également à la famille pour expliquer pourquoi cette décision a été prise.
Le principe, le modus operandi, c'est la jeune fille arrive, elle n'est pas immédiatement envoyée chez elle si elle ne
veut
pas enlever son abaya, elle est reçue à l'intérieur de l'établissement et à l'intérieur de l'établissement lui explique pourquoi il faut qu'elle l'enlève. Ensuite, elle l'enlève, elle ne
l
'enlève pas. Si elle ne
l
'enlève pas, effectivement, elle rentre chez elle et les parents reçoivent cette lettre de Gabriel Attal. Je ne
suis
pas sûre que ce soit très utile de recevoir une lettre, mais disons que le dialogue s'instaure entre l'éproviseur et la famille après Samuel Paty.
C
'est-à-dire qu'avec Samuel Paty, la peur a été terrible chez les enseignants, d'où l'autocensure, etc. Et vous
l
'envie, vous qui suivez ces sujets-là ? Oui, mais il y a cette idée que personne ne va être le prochain Samuel Paty. Donc, ça veut dire qu'on fait machine arrière sur certains enseignements. On a parlé des SVT. Quand il y a une jeune fille qui ne
veut
pas aller à la piscine, quand un autre élève ne veut pas visiter une église lors d'une sortie
scolaire... On
arrondit les angles. Voilà. Mais dans le même temps, de ce mouvement-là de peur, il y a le mouvement du gouvernement et de Jean-Michel Blanquer quand même qui ont décidé, même avant Samuel Paty, c
'est
en 2018 quand même ces décisions, de former ces équipes qu'on appelle Valeurs de la République pour essayer de cortiquer l'école, cortiquer le discours de l'école et aider les enseignants. Et là, les proviseurs, on a vu, ils sont en demande de ce soutien, de cette aide. Et moi, je sens un vrai changement pour eux que tout d'un coup, le président de la République et leur ministre leur disent « Allez-y les gars, on va vous soutenir, on va vous aider ». Et ça, c'est très important.
– Nathalie Chuc, ils se sont rendus sur le terrain justement pour… Alors, c'est de
l
'image, c'est habituel qu'un ministre se
rend
sur le terrain pour accompagner, mais c'est l'idée de dire « On est là, on sait que ça ne
va
pas être simple, on est là ».
–
Oui, mais de toute façon, il ne
peut
pas se permettre de perdre politiquement parlant. Gabriel Atta, il a un agenda personnel.
– Il joue gros là, c'est
ça
que vous voulez dire
? – Bien sûr qu'il joue très gros. Après, comme on l'avait dit, ça a été extrêmement bien mené, extrêmement bien exécuté sur le plan de l'annonce, de la mise en œuvre. Donc, c'est déjà une forme de victoire. Après, il va falloir surveiller parce que la question de la laïcité à l'école, c'est quand même une bataille pied à pied, quotidienne, tous les jours où il va falloir… Vous aviez utilisé ce mot, effectivement, ce n
'est
pas forcément le mot, mais je reprends le même, réarmer les enseignants, les aider à combattre parce qu'effectivement, il y
a
eu beaucoup de terrain de lâcher en quelques années. – Est-ce qu'il coupe l'herbe sous le pied d'une partie de la droite, d'une partie de l'extrême droite sur ces sujets-là ?
–
Évidemment qu
'il y a des
arrières-pensées. Ça permet de se rapprocher un peu de la droite qui avait proposé des choses et sur l'uniforme et sur les signes religieux ostensibles. Ça permet de récupérer aussi des propositions du Rassemblement national parce que le Rassemblement national, il fait une proposition de loi sur la question de l'uniforme. Ça n
'a
pas échappé que Marine Le Pen était aussi pour l'interdiction du voile dans la rue et puis ça divise la gauche. – Justement, pardonnez-moi pour parler de Marine Le Pen puisque vous l'évoquez à
l
'instant, ce sondage encore, ce n
'est
pas vous, mais c'est à la ligne de libération ce matin avec cette progression de 8 points quand on demande aux Français. Marine Le Pen peut-elle apporter des solutions aux Français plus 8 points ? Est-elle présidentiable ? Plus 14 points. Et elle ne dit rien. –
Oui.
– Moins elle en dit, plus elle
en dit.
–
Elle ne dit rien. Elle a eu un été extrêmement discret. Elle a fait quelques tweets sur l'augmentation du prix du timbre, sur la mort de Mme Carrère-Dancos, sur la fête du 15 août. Mais elle prospère sur les erreurs de la gauche,
sur
les déchirements de la gauche. On est dans une guerre de trois blocs. Le bloc central, le bloc NUPES et le bloc RN. Et les opposants à Emmanuel Macron se disent à qui on confierait les clés du pays en 2027. Et sur tous les indicateurs, même s'il y a toujours un doute sur la compétence, les traces du débat de 2017 restent là, elle est perçue comme la plus crédible et comme l'alternative.
– Mais elle est gênée par cette proposition et cette mesure prise par le gouvernement
? – Non, parce qu'elle le
récupère, on l'a entendu, en disant, vous voyez, si
on
avait écouté le FN et le RN, on l'aurait fait depuis longtemps. Attention, c'est un été qui s'est ouvert avec les émeutes dans les banlieues et qui s'est terminé avec l'affaire Médine. Il ne
faut
pas s'étonner qu'elle progresse dans des sondages qui ne veulent pas dire que tous ces gens qui la trouvent de plus en plus présidentiable vont voter pour elle. Attention, là il faudra proposer des choses concrètes dans tous les domaines. Ce qui est incroyable, c'est qu'on se pose cette question. Est-ce que Gabriel Attal vient sur les brisés de l'extrême droite ? La laïcité,
on
devrait
dire,
ou de la droite, on
devrait dire que c'est la gauche. De
1870 à au moins 1990, ça a été la gauche. La gauche s'est fait voler la défense de la laïcité par la droite et par l'extrême droite. Pas
toute la gauche. Allez, il y a une gauche qui défend ce gouvernement et qui le défend sur la question de la laïcité. Au parti communiste, Fabien Roussel approuve l'interdiction de l'ABAIA mais dénonce les conditions des enseignants et le manque de moyens générales sur la question scolaire et c'est sur le social, lui, qu'il veut reconquérir l'électorat populaire et l'électorat de gauche. Anne Macquignon, Mathias Garnier et Nicolas Bidard.
Il est l'homme politique de gauche préféré des électeurs de droite.
Fabien
Roussel et c'est sans doute pour ses prises de position tranchées sur les sujets régaliens, immigration, sécurité ou encore laïcité.
Le
parti communiste français ne cédera pas un pouce de terrain à l'obscurantisme. Il prendra toute sa part dans ce combat pour notre république laïque. Ils ont transformé nos frontières en passoires. J'ai été de ce moi qui a toujours pris le parti de défendre le rôle de
la police qui sont garants de notre sécurité, de notre tranquillité publique. Sur le fond comme sur la forme, Fabien Roussel détonne, revendiquant son goût pour la gastronomie française, confiance à la recette de salade de hareng depuis ses vacances au camping.
D'abord,
un
oignon rouge,
des
pommes de terre, du hareng. Je vais mettre une petite tomate de Crimée parce qu'elles sont excellentes
et
on va la préparer ensemble.
Une
stratégie assumée pour tenter de reconquérir les classes populaires.
Sur
le terrain, au quotidien, ce sont les militants qui font le travail. Alors, le petit mot de Fabien Roussel et puis le petit ticket, voilà. Thierry Horry est militant du PCF dans l'Oise et comme chaque année, direction la plage, le temps d'une journée. Un voyage organisé par le parti pour les plus modestes, une vingtaine d'euros seulement par famille.
Si
on organise cette journée, c'est parce que malheureusement, on sait que pour des raisons souvent financières, beaucoup de gens ne peuvent pas ou pas assez partir en vacances. L 'objectif est aussi de réconcilier une partie de ces électeurs potentiels avec la politique, pas si évident en pratique.
On
est passés par la gauche, par la droite, par plein de partis et à chaque fois, il n
'y a
rien qui se change. Au contraire, c'est en pire.
Les gens, ce soir, ils auront passé une journée à la mer. Ce moment qu'on a passé ensemble, cette journée concrète qui n
'est
pas que du discours, elle reste, elle est là. Et donc, je pense que du coup, elle permet aussi que sur d'autres questions, on puisse mieux être entendus. 15 bus sont arrivés, 850 personnes vont profiter de la plage pour la journée.
1,
2, 3,
au
dieu, compte en état de dieu, ouais
!
Dont Patricia, cette mère élève seule ses deux enfants. Ils ne sont pas partis en vacances cet été. Avec 2 000 euros par mois, cette travaille sociale subit elle aussi l'inflation. Le plus compliqué, c'est les pleins d'essence. Les courses. Ouais, les courses, le caddie, comme tout le monde le dit, qui se vide en fait. La viande rouge. j'ai mis une croix sur la viande rouge. Patricia, elle, vote encore à gauche, mais d'autres ici commencent à douter. Comme Mélissa, cette femme de ménage, se dit séduite par Marine Le Pen.
ça
me tenterait,
puisqu
'il dit beaucoup de choses. Donner aux Français ce qu'ils méritent et faire revenir l'âge de la prête à l'âge où elle le dit elle.
Selon un récent sondage, Marine Le Pen serait la deuxième personnalité politique préférée des Français. Fabien Roussel arriverait, lui, bien plus loin, à la 9e place.
Et
cette question de Véronique dans l'Essonne, pourquoi la gauche semble-t-elle avoir renoncé à défendre la laïcité ? Nathalie Chuc. Ce n
'est
pas toute la gauche. Non, ce n'est pas toute la gauche. Il y a une vraie fracture à gauche entre, je dirais, une gauche gestionnaire ou qui a exercé le pouvoir et une gauche plus mélenchoniste. Donc là,
c
'est très différent. Voyez bien que ces derniers jours, des gens comme le maire de Montpellier, Mickaël Delafosse, ont soutenu le gouvernement en disant que c'était une bonne mesure. Je pense aussi à la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, certains socialistes aussi,
c
'était que lui qui ont dit clairement que c'était une bonne mesure. Donc,
la
gauche qui est passée par le pouvoir, en gros, sait qu
'on
ne peut pas lâcher cette affaire-là. Celle qui n'est pas passée par le pouvoir, pour le coup, a des positions qui sont beaucoup plus... Et elle arrive à se faire entendre, cette gauche-là ? Ou la position de la France insoumise, au fond, domine, écrase ? Je trouve de plus en plus qu'on voit bien que depuis l'été, la NUPES est en train d'exploser tout doucement. Juste à la Une du Monde, d'ailleurs, datée d'aujourd'hui, banlieue, l'attente d'une réponse à la crise sociale. Est-ce que tout ce dont nous avons parlé ce soir est une partie de la réponse d'Emmanuel Macron à ce qui s'est passé il y a deux mois dans les quartiers ?
Si c'est une partie, c'est une partie insuffisante. Bien sûr, c'est important, les valeurs de la République, la laïcité, l'autorité, c'est fondamental. Ce n'est pas l'épiderme du problème, c'est beaucoup plus profond. Mais ça ne suffit pas. Il peut parler du cœur des choses en parlant des valeurs, il faut qu'il parle aussi du reste. Il y
a
un corps à nourrir autour du cœur et ce corps, il est en souffrance économique et sociale. Donc que ce soit les moyens pour les écoles, pour les hôpitaux, que ce soit la reconstruction d'une économie où les restos du cœur ne sont pas obligés de faire la mange pour ne pas faire faillite, tout ça, ça relève aussi de l'action gouvernementale. Alors évidemment, c'est très compliqué à faire surtout avec les circonstances économiques mondiales que nous traversons, mais c'est aussi là-dessus que non seulement les macronistes seront jugés en 2027, mais que l'ordre public peut être tenu d'ici 2027.
Mais Ève Roger, l'une des réponses qui étaient attendues après les émeutes, on s'est collectivement tous tournés vers l'école en
disant...
Oui, parce qu'il y a quand même une mesure qui a été prise encore une fois par Jean-Michel Blanquer qui fait beaucoup pour les enfants des quartiers défavorisés, c'est le dédoublement des classes en grande section de maternelle, CP et CE1. Et ça, ça va continuer. Et ça, ça a fait ses preuves.
C
'est-à-dire 12 élèves par classe.
Et
c'est comme ça que... Le problème, c'est qu'il faut les accompagner jusqu'au bout. Et ce qu'on dit assez rarement dans les quartiers, c'est que les quartiers se paupérissent encore plus pauvres qu'eux. Donc, il y a quand même l'ascenseur social, même s'il ne marche pas très bien. Il marche quand même un peu et ce dédoublement des petites classes,
c
'est quand même une très bonne mesure pour les quartiers.
Frédéric Dhabi, il
y a
une attente quand même. On n
'a
pas tous oublié ce qui s'est passé avant les vacances. Il y
a
une attente des Français en volant de solutions. Alors, il y a eu une initiative politique, on peut peut-être le rappeler, d'Emmanuel Macron qui a reçu les responsables des partis politiques.
Oui, mais qui a été très peu perçue par les Français dans notre question par image sur les conversations des Français. Ce qui est perçu à tort ou à raison comme relevant d'un registre de politiciens ou bien partisans n'est pas très... Par contre, c'est vrai que la question de l'école est plus que jamais centrale. Dans notre enquête annuelle sur les priorités des Français à la rentrée, l'éducation arrive en troisième position devancée seulement par la santé et le couple, pouvoir d'achat, inflation, parce que l'éducation, c'est là où se nichent toutes les angoisses des Français à titre individuel.
Ce pessimisme de projection, on a la crainte et c'est vraiment un pessimisme spécifiquement français que ces enfants risquent de vivre moins bien que l'on vit. Et puis, à titre global, dans cette mauvaise petite musique du déclin français, il se niche sur deux institutions, l'hôpital et l'école. Donc,
il
y a une très forte attente vis-à-vis de Gabriel Attal qui connaît un petit état de grâce. Il a une code de confiance qui est presque majoritaire, mais il est fortement attendu, notamment après ce qui s'est passé lors des émeutes qui n
'étaient
pas des émeutes de banlieue, mais des émeutes urbaines. Tous
les
grands centres urbains ont été touchés et qui a vraiment traumatisé l'opinion qui en parle encore.
Nathalie Chouk, c'est la priorité d'Emmanuel Macron puisque ce soir, nous commentions le style Macron. Et vous nous avez bien expliqué, notamment vous, Nathalie Chouk, que c'était Macron et Attal et qu'il y avait une vraie initiative politique aussi du ministre de l'Éducation nationale. Elle se situe où, la réponse ? C'est le premier étage de la fusée, là, ce dont on a parlé ce soir par rapport à ce qui s'est passé il
y
a deux mois ? C'est théoriquement le premier étage de la fusée. Vous l'avez rappelé, le président a réuni des chefs de parti à Saint-Denis. L'idée, c'était de puiser des idées, d'essayer de créer des consensus. De l'avis des gens qui ont participé à cette réunion, c'était brillant, très intéressant. On a parlé tôt, on a ouvert tous les couvercles de façon très franche. C'est poursuivi tard de la nuit.
C
'est poursuivi très tard, mais avec un risque déceptif à la sortie, extrêmement important, puisque tout le monde a eu le sentiment qu'en dehors de la convention que le président nous annonçait sur les questions sociales, éventuellement les salaires, les petits salaires, il n'allait absolument rien en sortir avec le risque qui est celui qui guette le second quinquennat d'Emmanuel Macron qui soit marqué du saut de l'impuissance.
Christophe
Barbier ?
Un référendum.
C
'est la seule chose qui pourrait rendre concrète
pour les Français
cette réunion. Qu'on leur dise vous aurez sur tel ou tel sujet votre avis à donner dans telle ou telle direction et à tel ou tel moment.
Mais vous y
croyez vraiment ? Mais il y a des sujets qui peuvent s'y
présenter. mais est-ce que vous y croyez
? Ça fait des années qu'on évoque les référendums à chaque fois qu'il
y a
des situations de tensions politiques et puis on finit toujours les conversations y compris sur ce plateau pour
dire de toute
façon il ne le fera pas parce que c'est un risque politique. Je le
réclame. Dans l'indifférence générale. Il y a des sujets
possibles. Le SNU s'en est un. L'immigration, pourquoi pas ? La fin de vie, ça peut l'être aussi. Il y a beaucoup de sujets qui peuvent amener à un choix. La fin de vie, oui.
Oui, parce que c'est vraiment un sujet sur lequel les Français ont le sentiment de
ne
pas être entendus par la puissance publique. qui veulent que la loi Crest-Léonetti évolue fortement et on sent que pour l'instant la réponse est en 2030.
Ça va être extrêmement compliqué parce que lors de cette réunion de Sani, il y
a
eu un débat très précis sur pour faire des référendums il faut modifier l'article 11 de la Constitution. Pour modifier l'article 11 de la Constitution il faut avoir une majorité de 3,5ème. Ou
un référendum.
Au Parlement. Autant vous dire que ce truc-là bon, référendum à titre personnel, je n
'y
crois
pas.
Il le réclame, vous n'y croyez pas.
Les
résumés. Allez, revenons à vos questions.
Une
question de Pierre dans l'Hérault. Les enseignants sont-ils suffisamment armés on en parlait tout à l'heure pour défendre les principes de la laïcité avec détermination ?
Je
me tourne vers vous. J'aime beaucoup
la précision avec détermination. Ça c'est important. Et comme je vous le disais tout à l'heure c'est-à
-dire
qu
'il
y a un plan de formation qui a aujourd'hui... On les forme à quoi d'ailleurs ? On les forme à comprendre. Parce que non seulement les adolescentes elles ne comprennent pas pourquoi on leur demande d'enlever la baïa mais on l'a vu tout à l'heure il y a parfois des profs qui ont aussi oublié le sens de la laïcité de pourquoi on ne les laisse pas tranquilles comme disait tout à l'heure l'approviseur pourquoi on ne ferait pas un modèle communautariste comme en Grande-Bretagne donc c'est vrai que l'idée c'est de revenir à l'essentiel et donc aujourd'hui il
y
a 300 000 personnels qui sont formés il y en a 1,2 million à former et voilà.
Et
à l'instant le ministre de la Justice Éric Dupond-Meretti réclame dans une circulaire qu'il a adressée au procureur une réponse pénale ferme, rapide en cas d'atteinte à la laïcité.
Bon,
si ça va jusque
-là si ça va jusque-là si
ça va jusque-là
Valentin dans la Drôme Gabriel Attal a mené en deux mois des actions concrètes sur la laïcité et le harcèlement quelle différence avec son prédécesseur
?
Bon
Tout
est dit voilà tout est dit il
y a beaucoup de
questions de cette tonalité là mais Papendia il bloquait sur la question de l'uniforme bloquait sur la question de la laïcité parce que ce
n
'était pas ses convictions personnelles c
'est
-à
-dire
que c'est un ministre qui ne correspondait pas à... On l'avait mis pour cela en fait quand il a été nommé on savait d
'où il parlait
on savait
qui il était
Comment dire la succession entre Jean-Michel Blancard et Papendia illustrait parfaitement les revirements d'Emmanuel Macron sur la question de la laïcité
Et en plus de cette un peu schizophrénie d'Emmanuel Macron il y avait ce second tour de la présidentielle où rappelez-vous il avait voulu donner des concessions à gauche il avait dit à une jeune fille voilée on peut être voilée et être républicaine je trouve ça beau donc il était allé loin quand il a nommé Papendia quelqu'un lui a demandé qui est-ce et il a répondu c'est un risque il l'a payé
Alain dans le Val-de-Marne Quelle est la teneur de la lettre remise aux familles des élèves refusant doter leur abaya ? Qu
'est-ce
qu'il a écrit dans cette lettre ? Il
explique pourquoi il a pris cette décision pourquoi il interdit l'abaya pourquoi il considère que l'abaya est un signe religieux et pourquoi les signes religieux sont interdits à l'école c'est aussi simple
C'est de la
pédagogie avec les familles C'est
ça C'est l'explication la loi laïcité à hauteur d'homme
Et
vous le disiez tout à l'heure en début d'émission il est assez lucide Gabriel Attal puisque interrogé chez nos confrères de BFM ce matin il disait attention ça va se tendre aussi parce que les lycées vont faire leur rentrée et sans doute qu'on va avoir des
situations un
peu plus crispées Il y a 7 lycées sur 10 qui peuvent être concernés par ça et 4 collèges sur 10 Aujourd'hui c'est les collèges qui sont rentrés il reste les lycées maintenant
Même
si les français avaient pronosti que cette directive sera bien appliquée On a posé la même question que mon confrère Ipsos au moment de la loi de mars 2004 où là il y avait un scepticisme massif de l'opinion Seulement 17% des français interrogés par Ipsos avaient pronostiqué que la directive que la loi de mars 2004 serait bien appliquée dans l'établissement Donc c'est l'idée que face à la prise de conscience du danger que connaît le principe de laïcité auquel les français de droite comme de gauche sont très fortement attachés il faut des mesures claires et donc il y a l'envie d'y croire
Une question de Anne Le port de la baïa et du camis c'est vrai qu'on n'en a pas parlé c'est la version masculine c'est assez marginal Oui oui c'est ça il y en
a
un peu N'est-il pas seulement un point parmi beaucoup d'autres concernant les atteintes à la laïcité
à l'école ? Alors ce qui est intéressant c'est que les atteintes à la laïcité on a vu qu'il y avait des contestations d'enseignement de l'histoire en SVT les sorties la piscine mais petit à petit depuis printemps 2022 et 2023 la baïa et le camis ont complètement supplanté ces atteintes à laïcité qui sont devenues minoritaires dans ces atteintes-là et ça a été c'est pour ça que même Papendia il a fait une circulaire en novembre 2022 pour dire attention chaque chef d'établissement doit savoir si c'est un signe ou pas ostentatoire religieux donc il n'a pas rien fait mais il n'a pas donné comme vous disiez tout à l'heure les outils pour la mettre en oeuvre Vous vouliez dire un
mot pour les enseignements ? Oui,
dans les contestations du principe de laïcité par les enseignants dans les enseignements sort aussi la mixité garçon-fille et il y a l'enseignement cilique où on apprend les principes républicains il
y a
une enquête IFOP qui avait beaucoup marqué il
y a
quelques années où il y avait une majorité de lycéens ou de jeunes de confession musulmane qui déclaraient placer les lois de leur religion de manière supérieure mais celle de la République il ne fallait pas en tirer peut-être des conclusions hâtives mais ça voulait dire qu'il y avait une vraie compétition entre ces deux types de lois
Une
question d'Éric il semble que seuls les élèves musulmans posent des problèmes vestimentaires à l'école et pas ceux des autres religions comment cela se fait-il ? Cette question-là elle va se poser on l'a relayée tout à l'heure avec des professeurs et des élèves d'ailleurs des lycéens qui font grève en Seine-Saint-Denis il y a cette idée que la laïcité s'est surtout adressée aux musulmans
Aujourd'hui il y a 120 ans c'était l'église catholique qui résistait et sous Vichy on a essayé de rétablir des crucifiés dans les écoles ce n'était pas l'islam il se trouve que l'islam est en expansion démographique d'abord parce qu'il y
a
de plus en plus de gens concernés par cette religion dans notre pays et qu'elle est dans une volonté d'expansion et d'affirmer aussi une emprise politique c'est une religion qui fait
de la politique pas tout l'islam
mais c'est une religion qui dans son corpus a des arguments pour faire de la politique et donc il y a certains musulmans qui disent non non ça doit rester dans l'ordre du religieux du spirituel la politique c'est autre chose et il y a d'autres musulmans qui considèrent qu'il faut aussi faire de la politique c'est pas pour rien qu'il y
a
des républiques islamiques où le droit est un droit religieux donc c'est ça qu'il faut gérer mais
vous
l'entendez cette remarque de la part de certains musulmans de dire bon au bout d'un moment ça vient du harcèlement
voilà il ne
faut
pas amalgamer c'est pour ça que moi je suis assez optimiste à voir que des musulmans qui ont dit si l'abaya est permise en tant que musulmans ça me convient que ma fille porte une abaya à l'école ah ce n
'est
pas permis la république d'abord j'obéis à l'école et elle enlève son abaya ça je trouve ça cette
question
de Michel dans le Rhône en Martinique département français c'est en uniforme que la plupart des élèves ont fait leur rentrée alors pourquoi pas en métropole parce
qu'il
y
a sans doute une question de sentiment d'appartenance qui doit être plus fort là-bas ils sont très loin il faut qu'ils appartiennent ils aient le sentiment d'appartenir à cette nation qu
'est
la France
ces
problèmes de laïcité de laïcité bafouée se rencontrent-ils aussi dans les établissements privés
?
les établissements privés confessionnels sous contrat justement ils acceptent des enfants il y a une pratique de la religion elle est sous contrat avec l'éducation nationale celles qui refusent la baya peuvent aussi à un moment donné aller dans une école confessionnelle sous contrat
merci à vous tous c'est la fin de cette émission il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir bonsoir Caroline la mobilisation de la grande distribution pour sauver les restos du coeur le patron des mousquetaires et notre invité le mystère du suicide collectif d'une famille française en Suisse un an après les faits la journaliste Ariane Chemin a enquêté et puis après 20h Muriel Robin et Pierre Arditi réunis pour la première fois au théâtre et ce soir sur le plateau de CETAVOU bonne émission à vous on se retrouve demain n'oubliez pas dès 17h30 pour C'est dans l'air l'invité et puis il
y
a ensuite C'est dans l'air naturellement et vous pouvez nous retrouver quand vous le voulez en replay mais aussi en podcast très belle soirée
c'est dans l'air c'est dans l'air
Gabriel Attal