Message d'Emmanuel Macron à la World Policy Conference 2026
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« Nous avons constaté début 2025 que les États-Unis d'Amérique, nous n'étions plus totalement sûr de savoir s'ils allaient continuer d'aider l'Ukraine durablement, s'ils n'allait pas pousser à la capitulation. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Nous nous défendons ce cadre depuis le début en même temps que nous sommes allés au côté des États du golf avec lesquels nous avons des accords de défense pour les aider à se protéger. »
- 8:39Invité politiqueFait
« Nous devons consolider notre souveraineté sur le plan industriel, alimentaire, technologique et de recherche. »
Temps de parole
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Mesdames et messieurs, cher Thierry, c'est un honneur pour notre pays d'accueillir la World Policy Conférence à Chantill. À l'heure où le principe même de coopération internationale est remise en cause par certains, votre mission qui consiste à penser à un monde plus ouvert, plus prospère et plus juste dans le respect de chaque nation est une nécessité absolue. Alors, je ne peux pas être à vos côtés aujourd'hui, mais je tenais à vous dire quelques mots sur les grands axes diplomatiques de notre action. Nous vivons un moment de bascule, c'est une platitude de le dire et beaucoup de ce qui était des évidences sont remises en cause.
Nous l'avions vu avec les guerres impérialistes menées par des membres permanents du Conseil de sécurité, la guerre d'agression russe en Ukraine. Nous l'avions vu par un commerce international bousculé. Nous le voyons aujourd'hui avec la guerre lancée en Iran. Mais la fragmentation, la multiplication des crises, le retour décomplexé des logiques de puissance et des empires très clairement redéfinit beaucoup de cet ordre international et le définit, je dirais, sur une forme d'anomie. Alors, face à ce désordre justement qui est autour de nous, la France refuse d'être simplement commentatrice.
Nous tentons d'agir avec une ambition claire que je déploie, que j'ai essayé d'expliquer à nos ambassadrices et ambassadeurs depuis au fond le premier discours que j'ai pu leur faire en parlant ce concept d'être une puissance d'équilibre qui contribue à la paix et à la stabilité, c'est-à-dire au fond une puissance qui refuse l'alignement systématique qui prône son indépendance, l'indépendance d'une voie française et européenne, ce qui suppose une souveraineté, une autonomie stratégique et beaucoup de choses qui relèvent de la technologie, de l'industrie de la défense mais qui aussi cherch à composer font une troisème voie avec des solutions coopératives là où d'autres imposent des blocs mais une troisième voix qui repose sur des intérêts bien compris de chacun mais au fond au service aussi de du droit international et donc qui refuse les doubles standards.
Je crois que cette voix est cohérente et qu'elle est en train de révéler sa force. Et au fond, par petite touche qu'on a fait ces dernières années, une Europe plus forte, une politique indo-pacifique qui incarne cette troisème voie, une politique avec l'Afrique reprosant sur un partenariat nouveau, une politique de réengagement avec les puissances émergentes, politique de respect et de développement de de partenariat d'avenir avec nos grands partenaires historiques du Japon au Canada. Tout ça dessine une carte de ce qui est au fond la coalition des indépendants à laquelle nous croyons. Et je crois que c'est ça qui doit peser dans l'ordre international tel que nous le vivons.
Cette coalition des indépendants, c'est celle au fond qui veut bâtir ensemble des solutions face à ces crises au moment même où ceux qui devraient nous être les garant en dernier ressort de l'ordre international ne jouent plus ne jouent plus leur jeu, leur rôle. Je vais prendre à cet égard trois exemples très simples. L'Ukraine. En Ukraine, au fond, nous avons constaté début 2025 que les États-Unis d'Amérique, nous n'étions plus totalement sûr de savoir s'ils allaient continuer d'aider l'Ukraine durablement, s'ils n'allait pas pousser à la capitulation.
L'initiative que nous avons prise dès le mois de février à Paris puis que nous avons structuré en franco-britannique a permis de construire cette coalition des volontaires pour l'Ukraine, assurant les garanties de sécurité de celle-ci le jour où une paix sera assignée pour que cette paix soit durable. Cette coalition des volontaires rassemble les Européens, les Canadiens. Quand je dis les Européens, je parlais également des Britanniques, des Norvégiens qui sont très grands contributeurs. Les Canadiens donc, les Balkans, mais également la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Australie qui sont à nos côtés.
Cette taxe permet véritablement de produire des solutions utiles et pour la première fois, nous avons planifié ensemble justement des opérations pour apporter ces garanties de sécurité. Nous avons pesé dans les discussions à coup sûr durant cette année 2025 et au début de cette année 2026 pour éviter le détricotage et nous avons su début 2026 réengager les Américains pour apporter leur contribution, c'est-à-dire un soutien mais sans être en première phase et nous avons agrégé cette cette réponse diplomatico militaire.
Deuxième exemple que je voudrais prendre, c'est ce que nous sommes en train de faire au Moyen-Orient avec justement le la réunion qui s'est tenue il y a quelques jours à Paris pour ouverture du D3 d'Ormouse. Depuis le premier jour, la France en Iran a une position très simple, très claire. Nous sommes pour le respect du droit international, pour le retour à la paix le plus rapidement possible, pour la reprise des négociations traitant de la question du nucléaire, du balistique, des déstabilisations régionales pour intégrer évidemment aussi un cadre international et respectueux qui soit tenu sur hormous et donc la liberté de navigation.
Nous nous défendons ce cadre depuis le début en même temps que nous sommes allés au côté des États du golf avec lesquels nous avons des accords de défense pour les aider à se protéger. Ce cadrelà est le bon et sur Hormous, nous avons réuni 49 états. 49 qui étaient là là aussi sous pilotage franco-britannique avec l'Union européenne, avec l'Organisation Maritime internationale. Et l'objectif a été de bâtir le cadre diplomatique militaire mais strictement défensif en déconflictant avec l'Iran le jour venu et dans le si le cas se présenter mais aussi technique financier d'assurance pour pouvoir assurer une reprise du trafic à travers cet axe. C'est une avancée importante.
C'est aussi ce qu'on veut ce cadre là qu'on veut promouvoir pour continuer à soutenir le Liban, défendre son intégrité territoriale et sa souveraineté. Mais je veux ici souligner que cette mission adoc, cette réunion que nous avons tenue, elle vient bousculer au fond toutes les fausses évidences qu'on voulait nous présenter, un sud global qui serait face au nord. Pas du tout. Vous savez, il y a des gens qui veulent continuer à croire au droit international, qui veulent la paix, qui veulent remettre en place les routes maritimes pour leurs économies souvent parce qu'ils sont très impactés.
Mais de l'Asie, du Sud-Est à l'Afrique en passant par le Pacifique, l'Europe, le Canada une fois encore ou le continent latino-américain, tout le monde était là. Et c'est une là aussi une avancée. C'est exactement la même chose à laquelle je crois sur les questions commerciales. Je pense que beaucoup de pays et en particulier l'Union européenne, cette alliance qui est le CPTPI, j'associerai aussi volontiers l'Inde à une telle initiative, croit dans un commerce ouvert, libre, équitable, respectueux du droit international et qui correspond à la plateforme qui est l'EMC sans doute amélioré et plus efficace.
Nous devons essayer d'avancer là-dessus sur un agenda commercial mais aussi un agenda stratégique, un agenda sur les miner critiques, les terres rares au sein de cette coalition des indépendants. Parce que si nous savons bâtir des règles communes pour avancer, et bien nous serons trouvés des solutions et en quelque sorte nous sommes dans une position à ce moment-là beaucoup plus confortable à l'égard et des États-Unis des Chinois. Nous ne sommes les vassaux d'aucun. Nous ne voulons l'hégémonie d'aucun. Nous avançons. Voilà la ligne qui est la nôtre et que nous poursuivons.
J'aurais pu vous parler des initiatives que nous avons prises évidemment sur Gazade, ce que nous voulons continuer à faire au proche Moyen-Orient. J'aurais pu vous parler aussi de notre politique africaine.
J'aurai l'occasion dans quelques semaines de la défendre lors du sommet Africa forward à Naerobi puisque là-dessus nous avons vraiment voulu porter une un nouveau partenariat avec le continent africain et qui je crois depuis 2017 et le discours de Wagadougu en passant par notre politique qui je crois était assez atypique en lien avec l'Union africaine pendant le pendant la période de Covid de coproduction vaccinale ou l'initiative farme que nous avons prise pour la la sécurité alimentaire pendant la guerre. On a montré que là aussi l'Afrique était pour nous un partenaire et qu'on l'intégrait dans cette coalition des indépendants parce qu'on veut que l'Afrique gagne en souveraineté.
Mais au fond, le message principal que je voulais partager avec vous pour vos travaux, c'est de vous dire que nous vivons dans un moment de vérité pour notre France. être plus indépendante. Diplomatiquement, nous le sommes. Militairement, nous le sommes par un modèle complet d'armée parce que nous avons pris nos responsabilité depuis 10 ans. Nous aurons doublé le budget de nos armées et par notre dissuasion et par notre souveraineté technologique militaire. Nous devons consolider notre souveraineté sur le plan industriel, alimentaire, technologique et de recherche. C'est vital.
Et ce rôle dont je parle, cette capacité de traction que nous avons, nous ne pourrons la préserver que si nous savons faire ces efforts. Ensuite, [grognement] c'est au niveau européen qu'il faut continuer d'avancer pour une Europe plus souveraine. C'est ce que je défends depuis 2017. Je vois l'adjournamento idéologique qui est maintenant à l'œuvre assez clairement depuis 2022. Et au fond, le doute qui s'est installé sur la fiabilité du partenaire américain conduit beaucoup, y compris des plus translantique, à s'engager plus résolument vers une politique plus européenne.
Mais là aussi, le diable est dans le détail et il nous faut dans tous les domaines du jeu assumer assurer la préférence européenne, la production européenne, les opérations communes. C'est fondamental. Nous sommes à un moment de sortie de l'état de minorité géopolitique pour les Européens et de pratique d'une politique de puissance. Elle est indispensable. Et puis nous devons bâtir des partenariats nouveaux. C'est cette coalition des indépendants à laquelle nous croyons.
C'est aussi pour cela que lorsque dans quelques semaines nous aurons à organiser le sommet du G7 à Évian, et bien nous avons décidé de de réunir autour du du G7, son format classique, quelques puissances démocratiques émergentes qui participent de cette philosophie. L'Inde, la Corée du Sud, le Kenya au titre de sommet commun que nous menons à Nérobille. et qui rassemblera, si je puis dire, la voie africaine et le Brésil. Ça n'est pas exhaustif mais ce sont des partenaires importants pour avancer et consolider cette coalition des indépendants à laquelle nous croyons.
Au fond, en effet, une France puissance d'équilibre, une France plus indépendante dans une Europe plus forte et plus indépendante qui est prêt à bâtir avec des d'autres démocraties et d'autres puissances respectueuses une politique commune qui aura des accords et des désaccords mais qui nous permet de défendre nos intérêts, de consolider le droit international et de réduire la volatilité et le désordre. C'est ça qui nous permettra de mettre en œuvre un multilatéralisme efficace, celui que nous défendons sur chacune de ces questions, celui que nous défendons aussi sur les questions climatiques ou les questions de santé comme nous l'avons montré il y a quelques semaines encore à Lyon.
J'ai sans doute été trop long, pardonnez-moi, mais c'était les quelques convictions que je voulais partager avec vous. Je serais heureux d'avoir le retour de vos travaux, de vos propres réflexions. Bon courage à tous et à très bientôt. Merci beaucoup. M.
Emmanuel Macron