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Entretien d'actualité n°79 - 23/07/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:15
Présentateur

Bonsoir à tous. Bienvenue dans cet entretien numéro 79 avec François Asselineau. Nous sommes le 23 juillet 2019. Bonsoir, M. Asselineau. Que pensez-vous du nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson ?

0:30
François Asselineau

Eh bien bonsoir à toutes et à tous. Je suis heureux de vous retrouver à cet entretien que, comme je l'avais annoncé, je vais essayer de maintenir tous les 15 jours pendant la période estivale pour vous donner le maximum d'informations sur l'actualité. Alors là, quelle actualité ! C'est une actualité tout à fait remarquable aujourd'hui, puisque Boris Johnson, en effet, va être Premier ministre. Alors je rappelle quand même pour ceux qui n'auraient pas une très bonne connaissance des institutions britanniques que Boris Johnson vient en fait d'être élu à la tête du Parti conservateur.

C'est ça qui s'est passé au cours des derniers jours et que l'on a appris tout à l'heure en fin de matinée, ce 23 juillet 2019. On a appris que donc les membres du Parti conservateur, à jour de cotisation, ont été amenés à choisir entre Boris Johnson, premier ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Mme Theresa May et ancien maire de Londres. Il fallait le départager entre lui et Jeremy Hunt, qui était le deuxième ministre des Affaires étrangères de Mme Theresa May. Eh bien les électeurs du seul Parti conservateur se sont prononcés. Ils ont choisi, avec 92 153 suffrages, pour être précis, ils ont voté pour Boris Johnson.

Seulement 46 656 ont voté pour son rival Jeremy Hunt, c'est-à-dire que Boris Johnson a eu deux tiers des voix. Deux tiers des voix de qui ? Deux tiers des voix des membres du Parti conservateur. On est bien d'accord là-dessus. Donc ce qu'il faut bien comprendre sur les institutions britanniques, c'est qu'il n'y a pas eu d'élection générale. Il y a eu simplement au Royaume-Uni un système qui existe depuis très très longtemps. C'est que le Premier ministre, celui qui assure la réalité de l'exécutif sous l'autorité formelle et officielle du souverain de la reine d'Angleterre en l'espèce, sous cette autorité, celui qui assure la réalité du pouvoir exécutif, c'est le Premier ministre.

Or, le Premier ministre est toujours le chef du parti ayant la majorité... Fût-elle une majorité relative à la Chambre des communes au Parlement britannique ? Voilà. Donc en fait, il n'y a pas eu des élections générales. On n'a pas demandé à l'ensemble de la population britannique de voter contre Boris Johnson. Ça s'est réduit à une affaire à l'intérieur du Parti conservateur. C'est néanmoins une affaire très importante. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, il y avait deux visions de la suite des événements qui étaient représentées par les deux compétiteurs.

Jeremy Hunt, qui avait succédé – je viens de le dire – à Boris Johnson lorsque Boris Johnson, Premier ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Theresa May, avait démissionné. Si Boris Johnson avait démissionné à l'époque, c'est parce qu'il considérait que l'accord de Brexit auquel Mme Theresa May était parvenue avec les institutions européennes, notamment avec le négociateur Michel Barnier et toute la structure de Bruxelles, que cet accord n'était pas bon, n'était pas viable. Et donc il avait claqué la porte en estimant que c'était une trahison de ce que souhaitaient les électeurs. En revanche, Jeremy Hunt, lui, avait succédé à Boris Johnson.

Donc lui, il avait avalisé l'accord de Theresa May. En d'autres termes, les électeurs du Parti conservateur avaient à choisir entre soit Jeremy Hunt, qui eût été une Theresa May bis. Il avait d'ailleurs déjà fait savoir qu'il était favorable à reporter encore les négociations qui devait... Le Brexit qui devait avoir lieu le 29 mars, qui avait ensuite été reporté au 31 octobre de cette année. Et M. Hunt avait annoncé qu'il reporterait ça encore plus loin.

Boris Johnson, lui, en revanche, a toujours dit que s'il donnait Premier ministre, la date légale – parce qu'il y a une loi qui a été votée pour ça – la date butoir du 31 octobre, il la tiendrait coûte que coûte, quoi que cela puisse coûter et quoi qu'il puisse arriver, le Royaume-Uni sortira de l'UE avant ou le 31 octobre 2019. Alors c'est évidemment très, très important, ce qui est en train de se passer, parce qu'on peut gloser sur la personnalité de Boris Johnson. Beaucoup de médias britanniques et de médias internationaux, comme par hasard, ont tapé sur Boris Johnson, l'ont présenté comme un individu fantasque, mal coiffé. Ça, c'est sûr qu'il est mal coiffé.

Un individu fantasque qui a fait parfois des déclarations qui étaient limite racistes, tout ce genre de choses. Certains le comparent à Donald Trump. Enfin bon, bref, tout ce qu'on a pu entendre. Moi, ce que je vois, en tout cas, c'est que s'il est ainsi brocardé dans les grands médias occidentaux et en particulier dans les grands médias français, c'est qu'il gêne terriblement, parce que maintenant qu'il est élu, il va mettre en œuvre définitivement le Brexit. Ou alors s'il ne le faisait pas, si d'aventure, à son tour, il trahissait les électeurs... Il faut jamais rien exclure. Dans la vie, tout peut arriver.

Mais s'il faisait ça, à ce moment-là, c'est la mort du Parti conservateur, le Parti conservateur qui est tombé à la 5e place des partis politiques britanniques lors des élections européennes, avec 9 petits pourcents, alors que le parti du Brexit créé par Nigel Farage quelques semaines auparavant a caracolé à 34 ou 35 %, je m'en rappelle plus exactement, si d'aventure Boris Johnson trahissait de nouveau les électeurs, à ce moment-là, le Parti conservateur, je pense, serait moribond ou peut-être mourrait tout simplement. C'est dire que Boris Johnson n'a pas à l'esprit uniquement la contrainte juridique de la date du 31 octobre.

Il n'a pas uniquement à l'esprit la nécessité démocratique minimum de donner au peuple ce qu'il a voté, de répondre à la décision du peuple. Il a aussi à l'esprit le sort même du Parti politique auquel son nom est attaché désormais, le Parti conservateur, dont un vieux parti qui a plus de 2 siècles d'existence. Et donc c'est de ça qu'il s'agit aussi. Alors ce qui est intéressant dans cette affaire, c'est que l'oligarchie a tout fait pour empêcher le Brexit d'avoir lieu. C'est ça que l'on peut mesurer maintenant avec le recul du temps. Rappelez-vous ce qui s'est passé. Le référendum sur le Brexit a eu lieu le 23 juin 2016.

Et Mme Theresa May, qui a succédé à David Cameron dans les jours suivants, puisqu'elle avait une adversaire pour la finale, si j'ose dire, comme Boris Johnson avec Jeremy Hunt, sauf que son adversaire avait en fait jeté l'éponge. Donc ça avait accéléré le processus de nomination de Mme Theresa May. Mais Mme Theresa May, normalement, enfin pour quelqu'un qui est démocrate, à partir du moment où il y a un score sans appel, comme le référendum du 23 juin 2016 et qui se solde par 52% de Britanniques votant pour le Brexit, normalement. Mme Theresa May, me semble-t-il, aurait dû lancer la procédure de sortie de l'UE qui ne fonctionne que d'une seule façon du point de vue juridique.

C'est le déclenchement de l'article 50 du traité de l'UE. J'en ai suffisamment parlé, notamment pendant la campagne présidentielle, pendant la campagne législative et depuis lors. Eh bien Mme Theresa May aurait dû lancer la procédure de l'article 50, c'est-à-dire envoyer une notification aux autres États de l'UE comme quoi le Royaume-Uni avait décidé de sortir de l'UE. Et normalement, Mme Theresa May aurait dû faire ça, peut-être pas le lendemain même du référendum, mais le temps d'organiser juridiquement les choses, d'organiser son nouveau gouvernement, une semaine après. Elle aurait dû l'envoyer. Ça n'est pas du tout ce qu'elle a fait. Elle a attendu 9 mois.

Elle a attendu le mois de mars 2017 pour lancer la procédure de l'article 50. Alors déjà, pourquoi cette tergiversation ? On a beau dire « Oui, mais parce qu'ils s'étaient pas préparés. Ils avaient jamais pensé que... ». C'est pas un argument démocratique. Qu'est-ce que ça signifie, ça ? Il y a justement... L'article 50 prévoit 2 ans de négociations. Donc dans 2 ans de négociations, on peut négocier, justement.

J'en profite pour dire ici que comme je l'avais dit pendant la campagne présidentielle, comme je l'ai redit pendant la campagne législative de 2017 et comme je le dis toujours depuis lors et comme je le confirme de nouveau aujourd'hui, si un jour nous arrivons au pouvoir en France, si je suis élu président de la République en 2022, je n'attendrai pas 9 mois avant de lancer la procédure de l'article 50. Je ne serai pas un référendum non plus parce que j'aurais été élu sur ce programme. J'aurais la légitimité démocratique. Et donc dans les jours suivants, l'installation à l'Élysée... Il y a en général une dizaine de jours entre le président qui s'en va et le président qui arrive. Eh bien...

Enfin 10 jours après l'élection, le jour où le président s'en va et le nouveau président arrive, eh bien nous nous lancerons la procédure de l'article 50 dans la quinzaine de jours suivant le deuxième tour de l'élection présidentielle. Voilà. Alors la première chose à dire, c'est que Mme Theresa May avait donc pour le moins tardé. 9 mois, c'est beaucoup. Ensuite, pendant 2 ans... Donc elle a lancé la procédure de l'article 50 le 29 mars 2017. Et donc les 2 ans de négociation, qui est un délai maximum prévu par l'article 50, aboutissaient au 29 mars 2019. Rappelez-vous, nous avons organisé le 29 mars 2019 justement une opération qui s'appelait « La France libre de nouveau à Londres ».

On avait une grande manifestation. On a eu plus de 700 Français, dont la majorité des Français venus de France. Il y avait également un certain nombre de nos adhérents du Royaume-Uni, qui étaient allés à Londres justement pour fêter le Brexit. Or, la fête a été douchée, puisque finalement Mme Theresa May a obtenu du Parlement de reporter cette date au 31 octobre prochain. Avec le recul du temps, on s'aperçoit de quoi ? On s'aperçoit que ce que j'avais dit d'ailleurs depuis plusieurs mois, même depuis plusieurs années, c'est qu'en fait Mme Theresa May était... Je l'ai comparée. Je refais cette comparaison, parce que je la trouve assez éclairante. Elle est comparable...

Vous savez, dans le livre d'Homère, un des plus anciens ouvrages, romans de l'histoire de l'humanité, il y a l'Iliade et l'Odyssée. Dans l'Odyssée, il y a Homer qui décrit le fait qu'Ulysse a fait tout un périple à l'intérieur de la Méditerranée, qui prend plusieurs années. Et pendant ce temps-là, dans son île d'Ithaque, dont il est le roi, eh bien comme les gens pensent qu'il a disparu, eh bien sa femme Pénélope a promis de se marier avec l'un des prétendants. Mais elle a dit « Je me marierai lorsque j'aurai terminé la tapisserie que je suis actuellement en train de faire ». Et la rouerie de Pénélope, c'est qu'elle faisait semblant de tisser le jour.

Et la nuit, elle défaisait la tapisserie, toujours dans l'espoir que Ulysse arriverait. Si vous prenez cette image, vous avez compris ce qu'a fait Mme Theresa May pendant plus de 3 ans, sous son air bonnasse. En fait, elle a agi... Elle et les 2 tiers du cabinet britannique, les 2 tiers des membres du gouvernement qui étaient anti-Brexit, ils ont agi de façon délibérée, en fait, en sous-main pour torpiller ce qu'ils étaient censés négocier. On le sait d'ailleurs de façon certaine, puisque Martin Selmayer, qui est le secrétaire général de la Commission européenne... J'ai parlé dans un entretien d'actualité antérieur, l'entretien 78 alinéa 1.

Martin Selmayer, qui d'ailleurs va quitter ses fonctions, il est passé à table il y a quelques jours. Et il a expliqué que, justement, il avait été sidéré de voir que les négociateurs britanniques, en fait, ne voulaient pas vraiment la sortie du Brexit. C'est normal. 2 tiers du gouvernement Mme Theresa May était anti-Brexit. Mme Theresa May, pendant 3 ans... Donc ça fait plus de 3 ans. 26 juin maintenant. Nous sommes fin juillet 2019. Pendant 3 ans et 1 mois... Et ça va durer jusqu'au mois d'octobre. Pendant donc plus de 3 ans et 6 mois, on aura attendu, attendu, attendu. Et Mme Theresa May défaisait ou torpillait en sous-main ce qu'elle était censée négocier.

Ça prête d'ailleurs à plusieurs réflexions. La première réflexion, c'est que ça n'est pas normal en démocratie qu'un référendum ne soit pas suivi des faits dans les mois qui suivent. Il n'est pas normal qu'au bout de 3 ans et 1 mois, les Britanniques attendent toujours que soit mis en œuvre et concrètement le vote du référendum de 2016. C'est d'ailleurs là-dessus que s'est fait élire Boris Johnson. Il a dit qu'il allait « deliver » comme on dit en anglais, c'est-à-dire mettre en œuvre concrètement le Brexit le 31 octobre. Ça prête donc à Annelies.

Pour ce qui nous concerne, quand nous, nous serons concernés pour la sortie de la France, pour le Frexit, nous mettrons en œuvre l'article 50, parce que c'est nécessaire d'un point de vue juridique. Mais ensuite, nous accélérerons les discussions. Et si au bout des 2 ans fatidiques, nous ne sommes pas parvenus à un accord, eh bien nous sortirons de plein droit. Rien ne nous empêche d'ailleurs de sortir de plein droit plus tôt. Parce que ce que nous ferons également, c'est que nous, nous utiliserons une arme qui est l'arme financière, puisque la France est contributrice nette de façon très importante à l'UE.

Et nous dirons aux eurocrates de Bruxelles que si d'aventure, ils ne veulent pas accélérer les négociations, si d'aventure, ils ne font pas un accord de sortie qui nous soit mutuellement favorable, eh bien à ce moment-là, nous arrêterons de leur verser des fonds. Parce que le montant des fonds n'est pas un accord contractuel en termes de droit international. C'est un accord qui est trouvé entre les États. Mais il n'y a pas de traité qui fixe le montant des fonds que doit verser la France. Eh bien si vous reprenez l'exemple britannique, Mme Theresa May s'est toujours refusée à annoncer cela.

Elle a tout de suite dit « Oui, oui, je vais vous payer les 39 milliards de livres sterling que nous vous devons ». En fait, qu'ils ne doivent pas du tout. C'est simplement les engagements financiers qui avaient été pris par son prédécesseur David Cameron. Et elle a donc dit « Bon, je vous donne les 39 milliards d'euros de livres sterling, ce qui doit faire quelque chose comme au moins 41 milliards d'euros. Passons à un autre sujet ». Non. Boris Johnson, lui, il a dit « Attention. Si vous ne voulez pas renégocier l'accord de sortie, comme vous l'avez refusé à Mme Theresa May, eh bien nous sortirons sans accord le 31 octobre.

Et les 40 milliards d'euros, eh bien vous pourrez en faire votre deuil. Nous ne les verserons pas ». C'est-à-dire que Boris Johnson commence déjà à utiliser l'arme financière. Donc la première chose qu'il faut retenir de ça, c'est que nous, lorsque ça sera de nos affaires, nous nous fixerons une date butoir grand maximum de deux ans et si possible avant. Il y a une deuxième chose qu'il faut retenir. C'est qu'effectivement, les élites euro-atlantistes sont extrêmement embêtées par toute cette affaire. Pourquoi est-ce qu'ils passent leur temps à dénigrer Boris Johnson ? Bien sûr que Boris Johnson, c'est un homme qui a des positions qui ne correspondent pas forcément à celle de l'UPR.

Mais Boris Johnson, il a un mérite du moins aujourd'hui. C'est qu'il a pris un engagement ferme et définitif de faire sortir le Royaume-Uni de l'UE, point barre. Et c'est ça, le problème pour les élites euro-atlantistes, parce qu'elles craignent par-dessus tout que le Royaume-Uni sorte de l'UE.

Ils craignent par-dessus tout que dans les semaines, les mois, les semestres qui suivent, on s'aperçoive que non seulement le Royaume-Uni ne sombre pas dans le désastre, mais qu'au contraire, il connaît une renaissance dans tous les domaines, en matière économique, en matière diplomatique, en matière militaire, en matière internationale, en matière sociale, en matière de services publics, en matière de renationalisation de services publics, parce qu'ils ont déjà commencé à le faire. Et c'est ça qui fait très très peur à l'oligarchie, qui a peur de l'effet d'exemplarité que cela peut avoir sur les autres peuples d'Europe.

Bien sûr, pour nous, c'est évidemment tout bénéfice, puisque la pire des choses eût été que Jeremy Hunt fût élu, parce que si Jeremy Hunt avait été élu, il avait laissé entendre qu'il renégocierait la date du 31 octobre. Et l'on a appris également ces jours-ci, toujours par des indiscrétions venues de Bruxelles, que le même Martin Selmayer, dont je parlais tout à l'heure, a organisé avec les négociateurs britanniques à l'été 2018 un déjeuner confidentiel, déjeuner dans lequel il avait proposé aux négociateurs britanniques de mettre au réfrigérateur, de mettre sous le boisseau, comme on dirait en bon français, les négociations du Brexit pendant 5 ans. C'est-à-dire que ce technocrate, M.

Selmayer, qui va quitter ses fonctions parce qu'il s'est brouillé avec la nouvelle présidente de la Commission européenne, Mme von der Leyen, pour d'autres sujets, ce technocrate, en fait, conseillait aux négociateurs britanniques tout simplement de duper la souveraineté nationale britannique, duper les 52% britanniques qui avaient voté pour le Brexit, en prévoyant un système qui, pendant 5 ans, on aurait mis ça de côté, on aurait passé à d'autres choses. L'objectif, c'était quoi ? L'objectif, c'est qu'évidemment, les populations par lassitude auraient fini par faire leur deuil en se disant « Bon ben tant pis, on l'aura pas ».

On a donc affaire ici à quelque chose d'exceptionnellement grave, la politique menée par la Commission européenne visant à reporter sans cesse à plus tard la sortie effective. D'ailleurs, Mme Merkel l'a dit il y a quelques jours. Elle était favorable à un nouveau report. Cette politique, en fait, est une politique très exactement dictatoriale. Elle consiste à ne pas évidemment dire de front aux Britanniques votre référendum. Eh bien vous savez où on le met ? On le met au panier. Non. Elle consiste à plier l'échine. Oui, oui, oui, oui, on va le faire et ne rien faire en espérant que les gens se lasseront.

C'est la raison pour laquelle, quel que soit ce que l'on peut reprocher à Boris Johnson, la raison pour laquelle il faut se féliciter, se réjouir aujourd'hui du fait que Boris Johnson devienne Premier ministre. Si d'aventure, il trahit les électeurs, eh bien à ce moment-là – je le disais tout à l'heure – le Parti conservateur sera détruit aux prochaines élections nationales, c'est certain. Mais le pire n'est jamais sûr dans la vie. Il peut aussi... Et la fonction crée l'organe, comme le dit le dicton. Il peut aussi... Lui qui est un grand admirateur de Winston Churchill... Il a fait d'ailleurs... Il a rédigé une biographie de Winston Churchill.

Il peut, dans ses fonctions, prendre toute la dimension d'un homme d'État et d'un seul coup laisser sa marque dans l'histoire du Royaume-Uni, mais pas seulement du Royaume-Uni, la marque dans l'histoire de l'Europe et même l'histoire du monde, comme c'est arrivé tout au long de l'histoire britannique. On disait de Winston Churchill lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 1940... On disait aussi de lui que c'était un type fantasque, qui fumait des gros cigares, qui était ventripotent, qui ci, qui ça... Voilà, qui était un peu original, comme le sont parfois les aristocrates britanniques. Tout ça, on l'a dit de Churchill. Sauf que lorsque Churchill est arrivé au pouvoir... Avec d'ailleurs...

Il y avait des gens qui tiraient dans son gouvernement, qui lui tiraient dans les pattes au début. Il y avait notamment le ministre des Affaires étrangères de Churchill au tout début du premier gouvernement de Churchill, Lord Halifax, qui était en fait tout à fait favorable à des négociations avec Hitler. Il était tout à fait dans la lignée de Chamberlain et dans les négociations comme à Munich en 1938. Et quand Churchill était Premier ministre, il avait un ministre des Affaires étrangères, Lord Halifax, qui continuait à négocier en sous-main avec Adolf Hitler. Il faut le savoir, tout ça. Ce sont des... Mais eh bien l'histoire a fait que tout le monde a oublié Lord Halifax.

En revanche, le monde entier connaît Winston Churchill, parce que Winston Churchill, si l'on peut dire, a été transcendé par le personnage politique qu'il a dû revêtir. Il est devenu le symbole même de la résistance à la dictature venue du continent. Eh bien je pense qu'il y a une possibilité. Je n'en suis pas sûr. Mais je pense que malgré toutes les phrases qu'on reproche à Boris Johnson, malgré son originalité, comme on reprochait à Churchill d'être original, peut-être que Boris Johnson, qui a pour modèle Winston Churchill, qui a écrit une biographie de Churchill, peut-être. Il faut l'espérer.

Il va être le nouveau Churchill, celui qui va prendre conscience que la liberté, la souveraineté, l'indépendance des Britanniques – qui sont un peuple insulaire, il ne faut jamais l'oublier, c'est extrêmement important –, que ce peuple britannique a créé une nation à nul autre pareil depuis plus d'un millénaire, eh bien que maintenant, c'est à lui qu'il appartient, que le destin lui a fixé à lui le rôle d'être le nouveau Churchill, celui qui va en effet faire sortir le Royaume-Uni de l'UE. De ce que je crois savoir, le Parlement, même s'il est truffé d'anti-Brexit, de Remainers, n'aura pas vraiment les moyens de s'y opposer. J'insiste sur le fait que le 31 octobre, c'est très bientôt.

Nous sommes déjà pratiquement au début du mois d'août. Au mois de juillet-août, début septembre, le Parlement britannique est en congé. Il va donc rester en fait les mois de septembre et octobre pour même pas deux mois, pour aboutir à un nouvel accord, au moment même où l'on a appris – je crois – de M. Timmermans à la Commission européenne que de toute façon, il était hors de question de renégocier l'accord de sortie qui avait été négocié avec Mme Theresa May.

En d'autres termes, aujourd'hui, ce soir, 23 juillet, alors que Boris Johnson sera officiellement Premier ministre lorsqu'il se présentera à la Rennes demain à Buckingham Palace le 24 juillet 2019, ce soir, des informations qui nous parviennent de Londres, en particulier par notre correspondant de l'UPR, Dimitri Devim, qui est en contact étroit avec des responsables à Westminster. Les gens anticipent raisonnablement qu'on va très probablement avoir une sortie le 31 octobre sans accord. C'est d'ailleurs la loi qui le prévoit. Et si aucune des deux parties ne bouge, eh bien le Royaume-Uni sortira le 31 octobre, selon toute probabilité. Voilà ce qu'il faut dire.

C'est évidemment une date marquée d'une pierre blanche aujourd'hui, a fortiori si ça a bien lieu le 31 octobre, parce que qu'est-ce qui va se passer ensuite ? Eh bien il va se passer que toute la propagande imposée aux autres peuples d'Europe, et en particulier à la France, va s'effondrer. Dans les grands médias français, on va arrêter... On a déjà pas mal... Ils ont déjà mis quand même sacrément le ralenti sur les critiques faites à l'UPR et à moi-même par rapport à la présidentielle. On ne nous considère plus vraiment comme des farfelus. Ils essaient encore de nous faire croire, des extrêmes... Mais on ne le dit plus vraiment. Maintenant, la politique, c'est surtout de nous cacher.

Mais nous sommes le parti du Frexit. Ce que dit Boris Johnson, c'est ce que je dis moi depuis des années, du moins s'agissant des questions européennes. Notre programme, par ailleurs, est différent, bien sûr, de celui de Boris Johnson, puisque lui, c'est un programme marqué nettement à droite, alors que vous savez que l'UPR a un programme qui est au-dessus du clivage droite-gauche et qui veut redevenir vie au Conseil national de la résistance.

Mais lorsque je vois ce soir qu'Emmanuel Macron s'est fendu d'un télégramme de félicitations à Boris Johnson pour son arrivée au poste de Premier ministre britannique, eh bien je me dis que la logique des choses veut qu'au cours des semaines, des mois et peut-être des années qui viennent, eh bien le parti du Frexit, l'UPR, ait davantage la voie à la parole et soit d'autant plus et d'autant mieux perçue par la population française que les nouvelles venues du Royaume-Uni seront des nouvelles qui seront bonnes et qui démentiront toutes les prophéties d'apocalypse. C'est aujourd'hui une grande chose que d'être parvenu à cette élection de Boris Johnson.

24:36
Présentateur

Aujourd'hui également à l'Assemblée nationale, il y a eu deux événements. D'abord l'intervention de Greta Thunberg et le vote du CETA. Qu'en avez-vous pensé ?

24:46
François Asselineau

– Pour faire simple, je trouve que c'est deux scandales l'un après l'autre. Premier scandale, cette Greta Thunberg sortie d'un chapeau. Elle est une jeune fille – bon, très sympathique sans doute – mais qui n'a même pas 16 ans, qui a commencé à être connue à l'âge de 12 ans, et qui arrive et qui prend la parole devant l'Assemblée nationale, devant les députés français du haut. C'est une suédoise. Elle n'est pas citoyenne française. Elle est suédoise. Elle n'a pas 16 ans. Elle doit avoir 15 ans et quelques. Et elle parle au nom des enfants du monde et dans un parfait américain. Il y a un petit truc qui cloche. J'entendais sur une radio où c'était le grand titre.

L'arrivée de Boris Johnson comme Premier ministre britannique était reléguée au rang 3 ou 4, derrière la canicule, Greta Thunberg, le CETA, etc., comme si c'était... C'est vraiment se moquer du monde. Bon. Greta Thunberg, reparlons-en dans 10 ans. On verra dans 10 ans quel a été le fait important le 23 juillet 2019. Est-ce que c'est l'arrivée de Boris Johnson à Audis Downing Street comme Premier ministre ? Ou est-ce que c'est l'allocution d'une gamine de 15 ans devant les parlementaires français dont d'ailleurs les députés du RN et les députés du Républicain, à juste titre, avaient boycotté le discours ? Parce que tout ça pue à plein nez évidemment la manipulation.

Vous faites comment quand vous avez 12 ou 13 ans, que vous êtes une jeune suédoise pour d'un seul coup arriver à parler devant la tribune de l'ONU et parler ensuite devant les parlements du monde entier ? Ça veut dire... Ça veut dire qu'il y a un petit truc. Il y a l'évidence des réseaux derrière, à l'évidence des réseaux puissants, des réseaux qui ont de l'argent et qui essayent de mettre en œuvre, de faire mousser une jeune fille comme ça. C'est une politique de manipulation médiatique. Voilà. Tout le monde l'a bien compris. Enfin tous les gens, un petit peu éveillés à la politique, ont bien compris qu'il y a quelque chose qui cloche. Voilà.

Pour le reste, du haut de ses 15 ans, elle ramène les sujets sur le réchauffement climatique, les experts scientifiques du GIEC. Bon ben d'accord. On est au courant, Mme Thunberg, tout le monde est au courant de ce que dit le GIEC. On est au courant également des critiques qui sont faites par un nombre certes très inférieur mais qui n'est pas non plus négligeable de scientifiques qui remettent en cause les conclusions du GIEC. Ce n'est pas une jeune Suédoise de 15 ans qui va expliquer à des centaines de scientifiques de la planète, des climatologues, des météorologues et puis des scientifiques, ce qu'il faut en penser. Voilà. On est en fait dans la politique de l'émotionnel.

C'est une manipulation d'un certain lobby, probablement de lobby écologiste. C'est une manipulation. Je ne dis pas pour autant que ça soit faux et qu'il ne faille pas sauver la planète. Mais c'est là où le bas blesse. C'est qu'on en arrive au deuxième scandale de cette journée. C'est qu'après avoir écouté religieusement Mme Thunberg et certains députés l'ayant applaudi comme s'ils avaient vu la Sainte Vierge, on est passé aux choses sérieuses, c'est-à-dire la ratification du CETA, le CETA étant cet accord général de... Comment dirais-je ? C'est la CEG avec le Canada. Le CETA, qui est une espèce d'accord de libre-échange généralisé avec le Canada. Or, le CETA... J'en ai parlé ici.

Nous avons appelé d'ailleurs à signer une pétition pour demander aux députés de refuser la ratification du CETA. Le CETA, c'est un accord donc de libre-échange entre le Canada et l'UE. Je vous rappelle d'ailleurs cette particularité juridique absolument ahurissante. C'est que lorsque l'UE a signé cet accord avec le Canada, l'accord a été mis en œuvre sans même avoir encore été ratifié par les États de l'UE. C'est un pur scandale en matière de droit. Bon. Maintenant, on en arrive aux ratifications de tous les États membres de l'UE. C'était donc le cas de la France.

Eh bien cet accord qui a été négocié par l'UE ne va apporter que des choses négatives ou pratiquement que des choses négatives à l'agriculture française notamment. Ça a été beaucoup ainsi... On a beaucoup insisté dans les médias sur le fait que notamment la viande ou la production de viande, la filière bovine notamment au Canada, n'offre pas du tout les mêmes conditions de sécurité dans l'UE. Encore faudrait-il d'ailleurs qu'il y ait des conditions de sécurité dans l'UE. On a souvenir il y a quelques mois de la viande avariée venue de Pologne et que la traçabilité avait été trafiquée par les viandes venues des pays de l'Est. On peut en tout cas être certain qu'en France en tout cas...

Mais c'est le niveau national. C'est normal. En France en tout cas, on a globalement une bonne traçabilité de la viande bovine. En revanche, au Canada, nul n'en sait rien. Et au Canada, dans la filière de l'élevage, on peut utiliser notamment les hormones, notamment aussi les farines animales, ce qui est interdit en UE. Or, ça veut dire qu'actuellement, avec cet accord, comme rien n'est prévu pour empêcher l'importation de viande bovine, par exemple, nourrie aux farines animales au Canada, eh bien on peut avoir maintenant des viandes bovines nourries avec des farines animales...

Vous savez, qui avaient été responsables de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, appelée aussi la tremblante, ou bien la maladie de la vache folle, qui avait défrayé la chronique il y a quelques années. Eh bien on va pouvoir avoir cette viande venue du Canada. C'est un scandale. Alors j'ai vu ce que répondent les députés En Marche, certains d'entre eux du moins, qui disent « Mais non, mais non. Ça va être parfait. Ça change rien ». Alors c'est toujours la même chose. Ça change rien. Je trouve tout ça extraordinaire. Tous ces gens qui nous signent des traités en disant « Mais on comprend pas pourquoi vous êtes contre, puisque ça ne change rien ».

Vous vous rappelez que c'est ce que nous avait fait. Ça avait été le... Comment dirais-je... Le bobard qu'on nous avait raconté lorsque Macron avait signé le traité d'Aix-la-Chapelle avec Mme Angela Merkel, où en fait, on a pris un désengagement. On a mis le doigt dans l'engrenage sur la cession du siège permanent au Conseil de sécurité, sur le partage de l'arme nucléaire, sur le fait qu'on allait apprendre l'allemand en Alsace. Ça a été suivi d'ailleurs ensuite par la réforme sur la collectivité européenne d'Alsace. Si, ça change. Ça change quelque chose. Sinon, on le fait pas. De la même façon, M. Macron a signé le pacte de Marrakech sur les phénomènes migratoires.

Et là aussi, on nous a dit que ça ne change rien. Si, ça change. Eh bien là, de la même façon, la ratification du CETA, ça va changer quelque chose, quoique puisse vous dire votre escroc de député En Marche qui vous dit « Ça ne change rien ». J'ai vu aussi un autre député En Marche qui aura répondu à un de nos adhérents, qui l'avait saisi, qui a dit « Mais s'il va y avoir à partir de 2022 une meilleure vérification... » Alors je sais plus si c'est au sujet de la nourriture en fonction des farines animales ou si c'est avec des élevages aux hormones. Qu'est-ce que c'est que cette histoire qui consiste à dire aux gens « Écoutez, on signe un traité qui vaut rien. Mais ne vous inquiétez pas.

Dans 3 ans, ça sera mieux ». Si quelque chose ne va pas, ça va pas. Et on le signe pas. On le ratifie pas. Et on attend que ce soit en œuvre. Voilà. C'est aussi simple que ça. Parce que ça, c'est le système... Ça fait partie des manipulations de l'opinion où l'on prend des mesures. Et on annonce toujours que leur effectivité aura lieu beaucoup plus tard, dans un an, deux ans, trois ans. Et qui, dans 3 ans, se souciera de l'état du CETA s'il est en œuvre depuis 3 ans ? Toutes ces critiques qui ont été faites contre le CETA sont justifiées et notamment mettent en péril l'agriculture familiale traditionnelle française, en particulier dans l'élevage.

Je voudrais ici m'adresser à tous les agriculteurs qui m'écoutent, et en particulier ceux qui sont dans l'élevage, notamment de viande bovine. Eh bien je voudrais leur dire que les députés qui ont voté pour le CETA ont voté – si ce sont des agriculteurs traditionnels – ont voté en fait leur mort. C'est aussi simple que ça. Alors surtout, n'allez pas continuer à voter pour En Marche ni pour les députés qui ont voté pour. Ce que je dis est tellement vrai qu'il y a eu un score très inhabituel de défection à En Marche. Les députés... Je crois que 30% des députés de En Marche ont refusé de ratifier le CETA, ce qui prouve que ça a pu se traiter.

Aujourd'hui, il y a eu 553 votants à l'Assemblée nationale, qui comptent 577 députés. Sur ces 553 votants, il y a eu 266 voix pour, c'est-à-dire une majorité relative et non pas une majorité absolue par rapport au nombre de députés. Il y a eu 213 députés qui ont voté contre. Et il y a eu 74 abstentions, c'est-à-dire que c'est un score très mauvais pour le gouvernement. La ratification est passée ric-rac. Ça n'est pas glorieux. Mais au-delà du fait que ça ne soit pas glorieux pour le gouvernement, le fait est que nous avons maintenant le CETA sur les bras.

Il faut espérer que sur les 27 autres pays de l'UE, l'un d'entre eux va peut-être refuser de ratifier, ce qui bloquerait un petit peu le système. En attendant, eh bien je m'adresse ici à tous mes compatriotes pour leur dire, qu'ils soient agriculteurs ou pas, que cette journée a donc été marquée par un double scandale. Parce que le CETA a pour objectif en définitive de promouvoir les échanges internationaux à des milliers et des milliers de kilomètres. Les grandes plaines de l'Ouest canadien sont peut-être à 10 000 kilomètres, 9 000 kilomètres de Paris.

Donc le CETA, par sa définition même, a vocation à multiplier les transports, l'émission de gaz de CO2, a pour vocation d'accélérer la course à la compétitivité de l'agriculture, va donc avoir pour conséquence la disparition des petites exploitations familiales agricoles en France, la constitution de grandes structures, de fermes de mille vaches, etc., l'augmentation des herbicides, des engrais, toujours plus de compétitivité en matière agricole. C'est de ça qu'il s'agit.

Comment peut-on, en l'espace de quelques minutes, donner la parole à une gamine de 15 ans suédoise que l'on met comme si c'était une nouvelle égérie, une nouvelle Jeanne d'Arc qui se battait pour l'environnement et l'applaudir à tout rompre, pour quelques minutes après ratifier un traité, le CETA, qui va accélérer encore la destruction de l'environnement planétaire ? Nos députés se moquent du monde. Il est grand temps, il est vraiment grand temps que les Français comprennent que toute cette affaire est une affaire de manipulation et qu'il faut arrêter le CETA, il faut arrêter le TAFTA. Il y a déjà beaucoup trop de commerce international. Il faut au contraire aller dans le sens inverse.

Il faut désormais promouvoir la production locale, promouvoir les cultures ancestrales parce qu'on peut pas à la fois vouloir défendre l'environnement et défendre la construction européenne qui est fondée sur la primauté absolue de la loi du profit et de la loi du fric. Voilà la conclusion de la journée.

36:08
Présentateur

En France toujours, avez-vous écouté l'audition d'Arnaud Montebourg à la commission d'enquête du Sénat sur la suppression des 1 000 emplois suite au rachat d'Alstom par Général Électrique ?

36:18
François Asselineau

Oui, j'ai écouté... C'est une petite vidéo qui a beaucoup circulé sur Internet. Et mon attention a été attirée par un certain nombre de nos adhérents. Donc j'ai écouté Arnaud Montebourg. J'ai été à la fois ravi et un petit peu estomaqué aussi. Ravi parce qu'en fait, M. Montebourg, dont je rappelle qu'il a été ministre du redressement productif, je crois, sous François Hollande et Manuel Valls, Arnaud Montebourg, donc qui a été ministre de l'Industrie, on pourrait dire, et qui n'est pas arrivé à grand-chose, c'est le moins que l'on puisse dire, eh bien à l'évidence, a viré sa cutie définitivement sur l'Europe, puisqu'il avait toujours été assez eurocritique.

Et comment ne pas l'être quand on est ministre de l'Industrie et que l'on constate que les traités européens, notamment l'article 63, qui ouvre la voie aux délocalisations industrielles torrentielles, comment peut-on être pour la construction européenne lorsque l'on constate que l'UE, en fait, ne cesse que de détruire l'industrie française ? C'est impossible, sauf à avoir une capacité de mensonge et de cynisme éhonté. Or, je crois que ça n'est pas le cas d'Arnaud Montebourg, que je pense être un homme qui a quand même des convictions ou certaines convictions. Quoi qu'il en soit, il faut écouter ce passage où M.

Montebourg, devant le Sénat, donc devant la commission du Sénat, a dit très exactement ce que je dis depuis plus de 12 ans. Pendant 9 minutes, il a fait une espèce de réquisitoire contre l'appartenance à l'UE. Et il a dit très exactement ceci. « L'Europe ne nous protège pas. Elle nous met à nu ». Il a fait un plaidoyer pour justement en revenir à la nation. Écoutez le passage qu'on a choisi pour mesurer ce que dit exactement l'ancien ministre.

38:19
Invité

« Donc nous n'avons pas de process de décisionnaire européen. C'est une grande paralytique, l'Union européenne, sur la question économique. » Donc il faut revenir aux États. Et puis tant pis. Nous prendrons nos mesures et nous tenterons. La France en a vu d'autres. Elle pourra prendre les moyens de se défendre et de reconstituer son potentiel économique. Ça prendra 10 ans. C'est l'œuvre d'une génération à venir, qui n'est à l'évidence pas celle-là. Il va falloir prendre notre courage à deux mains, affronter le monde, seul. Pas passer notre vie à dire que l'Union européenne nous protège. Elle ne nous protège pas. Elle nous met à nu face à l'adversité. C'est le cas dans l'agriculture.

C'est le cas de l'industrie. Les chevaux de trois sont multiples grâce à l'Union européenne. Au lieu de nous protéger, elles nous empêchent de nous organiser. Donc moi, je n'ai pas du tout la croyance que l'Union européenne pourrait nous protéger. Ça, c'est une fable qui a été racontée pour entretenir une fausse religion. Mais pour moi, la réalité, c'est que nous n'avons plus besoin. Nous avons une urgence nationale qui est la défense de nos intérêts.

39:32
François Asselineau

Alors moi, je voudrais dire ici que je suis heureux que M. Montebourg tienne ses propos. Mais je ne voudrais que ça aille au-delà. Je voudrais que M. Montebourg en tire des conséquences. Parce qu'on ne peut pas dire « L'Europe ne nous protège pas. Elle nous met à nu. Elle nous détruit. Notre participation à la construction européenne est en train de défaire la France, de détruire l'industrie française ». Et puis ça n'est arrêté là. On n'est pas un commentateur. C'est pas quelqu'un qui rédige le guide Michelin et qui met des médaillons, puis dire « Voilà, ben ça, c'est bon. Ça, c'est pas bon ». Point bas.

Quand on est un responsable politique, du moins que l'on a exercé des fonctions ministérielles et des fonctions politiques, ensuite, on s'engage. On prend parti. Alors je voudrais dire ici, devant toutes les personnes qui m'écoutent, que je propose à Arnaud Montebourg de venir à UPR TV pour que l'on débatte devant les Français. Voilà. Et qu'il nous explique ici ce qu'il a expliqué au Sénat. Et je voudrais le faire rencontrer par exemple ici à UPR TV.

Je voudrais le faire rencontrer avec notamment une personne qui a également défrayé, qui a fait un buzz, comme on dit maintenant sur Internet ces derniers jours, qui est ce cadre de Alstom, qui est responsable des questions d'exportation des questions internationales, qui s'appelle Frédéric Pierucci, et qui a été emprisonné pendant plus de 20 mois aux États-Unis d'Amérique, qui a été interviewé par la chaîne YouTube Thinkerview, et qui a exposé les méthodes de gangsters qu'utilisent les États-Unis d'Amérique pour essayer de s'approprier les sociétés à succès des autres pays, en particulier la fameuse affaire Alstom. Donc moi, je lance ici un appel à M. Montebourg, à M.

Pierucci, qu'ils viennent ici avec moi. On va discuter tous devant les Français. Et puis on va leur faire débattre justement sur la stratégie industrielle américaine, par exemple. Si d'aventure, ils n'avaient pas le temps de venir à UPR TV, je leur propose également comme autre choix de venir à notre prochaine université d'automne, dont je me permets de rappeler à ceux qui m'écoutent qu'elle aura lieu au début du mois d'octobre, le 4 et le 5 octobre, jeudi de mémoire. Et donc pendant le fameux samedi où nous avons des tables rondes, eh bien j'aimerais que nous ayons une table ronde sur les questions industrielles et sur les questions de l'UE, où l'on aura notamment...

En tout cas, j'invite... J'invite ici officiellement Arnaud Montebourg et Frédéric Pierucci pour venir. On a d'ailleurs commencé à saisir le secrétaire de M. Montebourg. Puisque j'en suis à parler de politique industrielle, je voudrais à cette occasion souligner à toutes les personnes qui m'écoutent le grand intérêt d'un article – d'un petit dossier même, on peut dire – en tout cas un long article que nous avons mis en ligne il y a quelques jours sur le site de l'UPR qui parle des start-up. Il se trouve que parmi les adhérents de l'UPR, on a des talents très nombreux. On va bientôt atteindre... Ça s'est beaucoup ralenti au cours de l'été. On devrait bientôt atteindre les 38 000 adhérents.

Et parmi nos adhérents, nous avons des jeunes qui travaillent dans toutes les professions possibles et imaginables. Et nous avons également des jeunes qui travaillent dans des start-up. Et parmi ceux-là, il y en a un qui est un adhérent de l'UPR, qui a 30 ans, qui a créé lui-même sa propre start-up et qui, au bout de quelques années, maintenant, a créé 15 emplois, 15 emplois avec une société qui se développe vite et très rapidement dans le domaine des start-up. Eh bien il s'appelle Paul Vallier. Enfin c'est un pseudonyme. Il n'a pas voulu donner son nom officiel, parce que malheureusement, nous sommes dans un univers où il y a des tracs sur Internet.

S'il faut en croire des gens comme Mme Schiappa, la ministre, il faudrait traquer en permanence qui a écrit quoi sur quoi. Je rappelle que Mme Schiappa avait par exemple demandé et obtenu que les 7 000 personnes qui avaient versé de l'argent pour le boxeur sur le pont de la Seine, eh bien que ces 7 000 personnes soient en fait faits l'objet d'une délation officielle. Bref, nous avons donc un de nos adhérents qui a fait un article que je vous conseille sur les start-up, parce que ce qui est très intéressant dans cet article, c'est de montrer qu'il y a des start-up qui se développent en France.

On est même pratiquement un des leaders en matière de développement de nouvelles start-up sur le continent européen. Parce qu'en France, les Français, traditionnellement, c'est un peuple d'inventeurs, un peuple qui a beaucoup d'imagination et d'invention. Malheureusement, souvent, la difficulté, c'est de passer au stade industriel et c'est de trouver des financements. Or, nous sommes ainsi faits en France – c'est notre génie national – que depuis Charles VII et Jacques Coeur, pour remonter simplement déjà au XVe siècle, eh bien l'État est là en France pour fédérer les initiatives et être un peu un amorceur de financements.

C'est comme ça que ça marche, pour qu'ensuite, ça soit d'ailleurs transféré au privé. Je ne dis pas que l'État a toujours fait des choses formidables, bien entendu. Mais l'État a fait des choses formidables en France et c'est comme ça que ça marche. Je ne dis pas non plus que le secteur privé fait toujours des choses mauvaises, mais le secteur privé fait aussi des choses mauvaises dans tous les domaines. En France, comme disait Charles de Gaulle sur les grands projets, il faut mettre l'État – disait le général –, il faut mettre de l'État dans les grands projets, sinon ça merdoie.

Dans ce dossier que nous avons publié sur les start-up qui dit que ça marche à condition de respecter le génie national, eh bien il est fait cette comparaison qui porte à réflexion. Cette comparaison, elle concerne Francky Zapata. Francky Zapata, c'est celui qui a stupéfié non seulement les gens qui ont assisté au défi du 14 juillet, mais le monde entier, si l'on peut dire. Dans la tribune officielle le 14 juillet à Paris, à côté de Macron, il y avait notamment Mme Merkel.

Il y avait aussi un certain nombre d'ambassadeurs représentant toutes les puissances accréditées à Paris, auprès du gouvernement français, qui ont assisté à ce spectacle qui a stupéfié toutes les personnes qui l'ont vu et qui a stupéfié Internet. C'est la prestation de Francky Zapata, qui a mis au point tout seul – c'est un inventeur – qui a mis au point tout seul une petite plateforme individuelle avec des réacteurs qui lui permettent de s'élever dans les airs et de se mémouvoir – on se croirait tout à fait – dans un film de science-fiction. Il me plaît de lui rendre hommage. Et c'est un homme qui a une trentaine d'années, un peu plus, je crois, 35, 36.

Il me plaît de lui rendre hommage avec ces quelques images que l'on va voir maintenant. Alors cette vidéo, elle est impressionnante. On a l'impression d'entrer de plein pied dans le XXIe siècle. On voit les utilisations. On est encore au stade du prototype. C'est encore une machine qui ne fonctionne, si j'ai bien compris, qu'une dizaine de minutes maximum. Quoique dans quelques jours – peut-être pour fêter l'arrivée de Boris Johnson au Royaume-Uni – dans quelques jours, Francky Zapata va tenter – je crois que c'est le 25 juillet, c'est après-demain – il va tenter pour la première fois de traverser la Manche depuis Sangatte ou depuis Calais jusqu'à Douvres de l'autre côté.

Il a quand même des problèmes, parce que justement, pendant des questions de réglementation, on lui a refusé de faire un ravitaillement en vol côté français. Donc il a estimé – si j'ai bien vu – à simplement 30% sa perspective de succès. Ça me fait penser un peu à Clément Hadère. Il est le premier qui avait traversé la Manche avec un avion les débuts de l'aviation, dont je rappelle que ça a eu lieu en France. Eh bien ce qu'il faut bien comprendre, c'est que même si c'est encore un prototype, même si l'autonomie de vol n'est pas encore suffisante, c'est exactement ce qui s'est passé au début de l'aviation, nous tenons ici quelque chose qui est potentiellement une invention prodigieuse.

Ce qu'il faut savoir, c'est que Francky Zapata a failli être obligé de se vendre aux Américains, parce qu'en France, il n'y avait pas d'argent. Voilà. Il n'y avait pas d'argent. Il a fallu – comme c'est un patriote et qu'il a dit « Non, non, je veux pas aller ». Il était courtisé par d'autres États d'autres pays. Et non, non, je veux que ça soit resté en France. Et finalement, il a fini par décrocher une cagnotte – tenez-vous bien – de 1,2 million d'euros du ministère de la Défense. 1,2 million d'euros, c'est une misère pour développer un projet de cette nature.

Je rappelle qu'au même moment – c'est ce qui est écrit dans cet article que nous avons publié – au même moment, la France verse chaque année 9 milliards d'euros de plus à l'UE qu'elle n'en reçoit. Parmi ces 9 milliards d'euros, j'ai suffisamment eu l'occasion de l'expliquer. La France a par exemple payé 65 millions d'euros à la Croatie pour que la Croatie se paye un pont flambant neuf de 2 km de long, construit par une entreprise de BTP publique chinoise, financée par l'État chinois, d'ailleurs. On marche sur la tête.

Si ces 65 millions d'euros que le contribuable français a donnés par l'intermédiaire de l'UE sans que la Croatie le sache, sans que les Français le sachent, si ces 65 millions d'euros que nous avons donnés aux Croates pour qu'ils se payent un pont chinois, si nous les avions gardés pour nous, si nous en avions consacré ne serait-ce que la moitié ou un tiers, 20, 30 millions d'euros, c'est-à-dire 30 fois plus que ce que le ministère de la Défense a donné chichement à Francky Zapata, eh bien nous aurions peut-être d'ores et déjà non pas un ou deux prototypes, mais nous aurions peut-être 30 prototypes des progrès techniques fondamentaux qui auraient été faits.

C'est dans les débuts qu'il faut les faire. Et peut-être même un début d'industrialisation. C'est la raison pour laquelle notre appartenance à l'UE, comme l'a dit Arnaud Montebourg, ne nous protège pas. Non seulement elle nous met à nu, mais en plus, elle nous nuit. Elle nous nuit parce que les marges de manœuvres budgétaires de l'État sont tellement faibles. Nous avons un tel endettement. Les marges de manœuvres budgétaires sont tellement faibles qu'elles sont entièrement siphonnées par l'UE qui finance des projets qui sont le contraire même de nos intérêts nationaux. On a d'ailleurs tous les jours... On apprend que des inventeurs en France ont des idées géniales.

On apprenait hier qu'un ingénieur a réussi à mettre au point – un ingénieur français – des bouteilles... Vous savez, les bouteilles d'eau, là, comme on utilise pour boire comme ça, ces bouteilles qui sont en plastique et qui polluent les océans, qui polluent la nature. Eh bien on a un ingénieur en France qui a réussi à mettre au point une bouteille entièrement biodégradable qui se détruit elle-même, qui n'est pas en plastique, en matière périssable. Cette invention est absolument géniale. Qui va le payer ? Que va faire l'Agence pour l'innovation, qui a 3 francs 6 sous ? C'est à ça que nous devrions consacrer notre argent.

On apprenait également ces derniers jours qu'une entreprise, une start-up de fabrication de robots qui s'étaient installés à Limoges vient de déposer son bilan. Faute de financement, il lui manquait 2 millions d'euros. Mais c'est normal que lorsque vous créez des activités totalement nouvelles, dans les premiers temps, eh bien vous êtes obligés de dépenser de l'argent. Vous n'avez pas encore les clients. Vous n'avez pas encore mis au point tous les prototypes. Il faut donc investir de l'argent pour qu'ensuite, l'entreprise puisse se développer. Si nous, nous arrivons au pouvoir, eh bien nous, nous sortirons de l'UE. Nous récupérerons une manne considérable.

Nous continuerons à servir aux agriculteurs les fonds, les subventions. Mais cette fois-ci, elles ne seront plus européennes. Elles seront versées directement par l'État. Nous continuerons à verser... La plupart de ceux qui reçoivent des subventions dites européennes continuera la même chose. Mais en plus de ça, nous récupérerons 9 milliards d'euros. Ces 9 milliards d'euros, nous les utiliserons notamment à développer le logement social. Je l'ai suffisamment expliqué. Mais nous l'utiliserons également à d'autres secteurs. Et en particulier, nous mettrons le paquet pour le développement des start-up parce que, comme l'avait dit, je crois, Napoléon, impossible n'est pas français.

Lorsque la France sera libérée de la construction européenne, nous n'allons pas nous refermer sur nous-mêmes, comme le disent les gens qui nous critiquent stupidement en ressassant toujours les mêmes propagandes. Au contraire, nous allons rouvrir la France sur le monde. Et nous mettrons le paquet sur toute cette jeune génération de Français qui n'attend que ça. C'est de pouvoir exercer ses talents dans le cadre d'un pays qui est fier de lui-même et fier de son avenir.

52:40
Présentateur

Autre affaire de fonds publics. Que pensez-vous de l'affaire De Rugy ?

52:45
François Asselineau

Alors l'affaire De Rugy a beaucoup agité Internet et les grands médias au cours des 15 jours qui se sont écoulés depuis mon dernier entretien d'actualité. Qu'est-ce que je peux dire ? Je trouve que cette affaire à la fois... Alors d'abord, M. Goulet De Rugy a été pour le moins extrêmement maladroit. Pour le moins. On apprend ces jours-ci que l'enquête menée par l'Assemblée nationale et celle menée par le gouvernement aurait tendance à le blanchir sur un certain nombre de points. À l'Assemblée nationale, on lui a reproché à M. De Rugy d'avoir... Tant qu'il était président de l'Assemblée nationale, d'avoir commandité 12 dîners luxueux, somptueux.

Parait-il que, d'après l'Assemblée nationale, sur les 12 dîners en question, il y en a 9 qui étaient motivés par des raisons totalement professionnelles. Il est normal que le président de l'Assemblée nationale – dont je rappelle qu'il est le numéro 3 de la hiérarchie protocolaire de l'État, puisqu'en 1, c'est le chef de l'État, en 2, c'est le président du Sénat, en 3, le président de l'Assemblée nationale, en 4, le Premier ministre – il est normal que le président de l'Assemblée nationale, dans son mandat, soit amené à recevoir des délégations étrangères, par exemple, ou bien des corps constitués. Sur les 12 repas, il y en a 3 qui ont fait grief, où M.

De Rugy avait utilisé les fonds de l'Assemblée nationale pour servir de la bonne chair et des bons vins à certains de ses proches sans nécessité de service. Et puis on lui a reproché d'avoir dépensé 63 000 € de frais de rénovation de l'appartement de fonction qu'il avait. Il semble-t-il que l'appartement de fonction était en mauvais État. Pour ce qui me concerne, en tout cas, j'ai pu voir, lorsque j'étais en cabinet ministériel, des appartements de fonction de plusieurs ministres que j'ai connus. Je peux confirmer que les appartements de fonction des immeubles de l'État ne sont pas toujours dans un État très rutilant. Voilà. Il est évident que M.

De Rugy aurait mieux fait quand même de faire attention parce qu'on ne peut pas, au moment où on exige du peuple français des restrictions, toujours, toujours plus de restrictions, on ne peut pas se permettre, si peu que ce soit, de donner l'impression de dilapider les fonds publics si peu que ce soit. En plus de ça, il y a des affaires symboliques, comme par exemple cette affaire de sèche-cheveux plaqués or à 499 €. Tout ça fait évidemment très mauvais effet. Que M. De Rugy ait été obligé de démissionner, finalement, c'est la conséquence de l'insouciance avec laquelle il a géré ses affaires. Mais moi, j'aime bien la vérité et l'honnêteté et la justice.

La justice consiste à préciser d'ailleurs, au passage, que si j'ai bien vu la défense de M. De Rugy, il avait lui-même singulièrement diminué les dépenses de fonctionnement du président de l'Assemblée nationale de son prédécesseur. On aurait pu quand même le souligner. Et puis surtout, ce que je tiens à souligner aussi, c'est qu'on s'acharne sur M. De Rugy parce qu'il a dépensé 63 000 € pour refaire son appartement.

Mais on s'est pas beaucoup acharné contre le couple Macron qui, moyennant 500 000 €, a fait refaire la salle des fêtes de l'Élysée pour 500 000 € en échangeant les teintures cramoisies qui dataient de la Troisième République, je crois, qui avaient été rénovées dans les années 70, contre un truc gris-perle, etc., qui d'ailleurs est tout à fait hors de propos, des photos que j'ai vues en tout cas, n'a pas du tout la majesté des lieux. Bref. Mais pourquoi n'a-t-on pas hurlé ? On l'a un petit peu dit, mais on a l'air de considérer ça comme normal. Est-il normal que Mme Macron dispose de tout un secrétariat, dispose de je sais plus combien, de 2, 3, 4, 5 personnes, etc.? Est-ce que c'est normal ?

Moi, je ne le pense pas. Est-ce qu'il est normal que Mme Macron et M. Macron aient décidé de refaire toute la vaisselle de l'Élysée ? C'est beaucoup plus cher que ce qu'a dépensé M. de Rugy. Alors si M. de Rugy est acculé à la démission, pourquoi le président de la République lui-même n'a-t-il pas été obligé de démissionner lorsqu'on a révélé aux Français ça ? D'où vient cette différence de traitement ? Et puis j'irai plus loin. Parce que quitte à surprendre un peu toutes les personnes qui m'écoutent, toutes ces dépenses, c'est quand même pas grand-chose par rapport à l'importance du budget de l'État et par rapport à l'importance des dilapidations des politiques publiques par ailleurs.

J'ai rappelé dans un dossier qu'on a publié que chaque année, vous le savez, la France verse à peu près 9 milliards d'euros de plus à l'UE qu'elle n'en reçoit. Les Français n'arrivent pas à très bien comprendre ce que c'est que 9 milliards d'euros. Mais si vous divisez ça par le poids du homard au kilo, puisqu'on a reproché à M. de Rugy d'avoir fait servir des homards géants... Je sais pas ce que c'est qu'un homard géant. Moi, j'ai vu ça que dans Pixar Animation ou Walt Disney. Je sais pas ce que c'est qu'un homard géant. Disons un homard de 1 kilo. C'est déjà un bon gros homard, un homard de 1 kilo. Eh bien le kilo de homard, ça vaut à peu près 30 euros le kilo minimum.

Prix maraîcher, donc minimum. 9 milliards d'euros que la France verse chaque année à l'UE en pure perte, ça représente 300 millions de homards géants. Alors on a reproché à M. de Rugy d'avoir fait servir 4 ou 5 homards à ses invités. Mais ce que fait le gouvernement et ce que fait la France en appartenant à l'UE, c'est que chaque année, on balance 300 millions de homards géants. Ou pour prendre une autre image, si on divise ça par le nombre de ménages en France, ça veut dire que chaque ménage en France pourrait avoir un homard par ménage et par mois, un homard géant. Il faut rappeler un peu les proportions.

De la même façon qu'on s'est taxité sur le sèche-cheveux à 499 euros le sèche-cheveux plaqué or choisi par Mme de Rugy. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que le pont dont je parlais, les 65 millions d'euros que la France a donnés à la Croatie pour payer un pont construit par les Chinois en Croatie, ça représente la bagatelle de 52 millions de sèche-cheveux plaqués or. Donc moi, c'est ça qui me dérange dans cette affaire de Rugy. C'est que j'aimerais que Mediapart, j'aimerais que M. Edoui Plenel, puisqu'il joue les justiciers de le bon usage des emplois publics, j'aimerais que maintenant, il s'intéresse au vrai sujet, au sujet qui concerne des sommes considérables. M.

Edoui Plenel, Mediapart, pourquoi n'allez-vous pas enquêter sur l'utilisation des fonds qui est fait des fonds européens lorsqu'ils sont envoyés en Bulgarie, en Roumanie, où ils sont captés par la mafia ? Pourquoi n'allez-vous pas enquêter sur les fonds qui sont ensuite versés à des entreprises chinoises de BTP publics subventionnées par la République populaire de Chine sur notre argent ?

Pourquoi ne démontez-vous pas publiquement comme nous, nous le faisons, ce discours scandaleux tenu par des gens comme Jadot, tenu par Glucksmann, pendant les européennes, tenu par Mme Loiseau, tenu par Bellamy, tous ces gens qui vous disent que la construction européenne a vocation à s'opposer ou à faire contrepoids aux entreprises, à la Chine, à la puissance de la Chine, alors qu'au contraire, nous les subventionnons ? M. Edoui Plenel et Mediapart, pourquoi n'allez-vous pas regarder très attentivement, faire une comparaison entre ces sommes que nous donnons à des gouvernements comme dans les Pays-Baltes où l'on commémore les Waffen-SS ?

Et pourquoi ne faites-vous pas une comparaison entre ces sommes qui sont dilapidées dans les pays de l'Est ou ailleurs, avec par ailleurs les besoins criants que nous avons en France de maintenir nos infrastructures nationales ? Ou bien avec ces besoins criants dont je parlais à l'instant, de soutenir l'innovation en France et de favoriser une éclosion de centaines et de milliers de start-up ? Ça, ce serait une analyse judicieuse.

Et comme nous n'avons pas attendu, nous, Mediapart, ni le canard enchaîné, pour faire ce genre d'études, parce que nous savons qu'elles n'auront pas lieu, puisqu'en France, dès que l'on commence à critiquer la construction européenne sur le fond, aussitôt vous avez une espèce d'omerta mafieuse qui vous interdit de parler, eh bien nous, nous faisons ces études. Et je vous renvoie à tout ce que nous avons publié sur le sujet. Pour le reste, M. De Rugy a démissionné. Eh bien tant pis pour lui. Maintenant, passons à autre chose.

1:01:58
Présentateur

Que faut-il penser du nouveau système des retraites ?

1:02:02
François Asselineau

Alors je vais essayer d'être bref et d'aller droit au but. Les retraites sont menacées. Ça n'est pas nouveau. Beaucoup de gens le savent. Beaucoup de gens le disent. Moi, je l'ai dit pendant la campagne présidentielle. Je rappelle que lors du dernier prétendu débat qui a eu lieu sur France 2, il y avait animé par David Pujadas et Léa Salamé, j'avais expliqué que les retraites allaient être remises en cause puisqu'il s'agissait d'appliquer le rapport des grandes orientations des politiques économiques. Je l'avais même montré devant le public. Regardez ce passage.

C'est le rapport des grandes orientations de politique économique que publie la Commission européenne chaque année et qui fixent chaque année ce que doit être la politique économique et sociale de la France. Par exemple... Ce sont des objectifs qui ne sont souvent pas respectés. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Au contraire, c'est ce que les anglo-saxons appellent la soft law, c'est-à-dire on n'est pas obligé d'en respecter une année, bien sûr. Mais année après année, on revient sur la même chose.

Et ce qui est demandé, c'est la hausse de la TVA, c'est la baisse de l'impôt sur les grandes sociétés, c'est le gel du SMIC, c'est la mise en pièce de toutes les professions réglementées, les artisans-taxi, les médecins, les avocats, les huissiers, les notaires, etc., qui vont tous se faire ubériser. C'est la réforme du droit du travail avec la baisse de l'assurance-chômage, c'est le déremboursement de la Sécurité sociale avec une médecine à deux vitesses. Eh bien ça, moi, je fais ça. Voilà ce que je propose aux Français de faire. Donc les retraites sont menacées. Les retraites sont menacées.

On nous dit que l'âge de la retraite doit être prorogé, prolongé, que désormais les retraites sont en difficulté d'équilibre financier, etc. Là-dessus, il faudra qu'on y revienne de façon plus approfondie. Il y a beaucoup de choses à expliquer sur cette affaire. Pour ce qui me concerne, je ne suis pas aveugle. Il faut effectivement bien comprendre qu'on ne peut pas toujours rester dans les mêmes systèmes. Mais l'idée d'un âge minimum de départ à la retraite qui serait reporté à 64 ans me paraît une idée assez scandaleuse. Pourquoi ? Parce que tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne. Je prends par exemple un Français qui a commencé à travailler à 16 ans.

Il y en a qui, à partir de 16 ans, ont commencé à travailler. Et parfois, souvent, les gens qui commencent à travailler à 16 ans ont des emplois souvent pénibles, avec une forte pénibilité, soit parce que c'est des travaux extérieurs soumis aux intempéries, soit parce que ce sont des tâches très répétitives dans l'industrie, ou bien des travaux de force dans le bâtiment, etc., eh bien ces personnes... Ou dans des métiers insalubres, ces personnes, au bout d'une quarantaine d'années, ils n'ont que 56 ans. Mais parfois, ils sont vieillis avant l'âge.

Et donc il est très injuste de les mettre sur le même plan qu'un étudiant qui a fait des études supérieures, qui est resté chez papa-maman jusqu'à l'âge de 27 ou 28 ans, et qui commence leur labie active à 28 ans, et qui ensuite va avoir une activité de cadre supérieur ou de profession libérale dans un bureau, loin de tout phénomène d'intempéries, de travaux de force, etc. Ils n'ont pas les mêmes conditions de travail. Eh bien dans ce cas-là, malheureusement, on a des statistiques officielles venues notamment de l'Institut des études démographiques, de l'INSEE. On sait que ces deux catégories de Français, qui sont à deux bouts de l'échelle sociale, n'ont pas la même espérance de vie.

Donc normalement, il ne doit pas y avoir une date pour tout le monde, la même date de départ à la retraite. J'ajoute que d'ailleurs, il y a parmi les Français qui travaillent – c'est particulièrement vrai chez les professions libérales – des gens qui n'ont pas envie de partir à la retraite à 62 ou 60 ans, 62 ou même 64 ans. Il y a des gens qui ont envie de partir à 67, 68, 70. Il y a beaucoup d'hommes politiques. À 70 ans, il faudrait déjà les pousser dehors. Bon. Donc il y a objectivement des métiers où les gens n'ont pas envie de partir. D'où l'imbécillité d'avoir une date comme ça, un âge limite. Ça, c'est le premier point.

Le deuxième point dans ces réformes de retraite, c'est que c'est l'idée d'avoir une unification du système de retraite avec un système par points. Ce qui se cache derrière... Ce n'est pas moi qui le dis. C'est M. Fillon lui-même qui l'a dit il y a quelques années. Il avait expliqué que le système uniformisé avec une retraite par points est un système formidable dont le vice est ainsi conçu. C'est qu'il suffit de baisser le point de retraite, une seule variable, ou de ne pas le révaloriser à due proportion de l'évolution de l'inflation pour que d'un seul coup, on fasse baisser les retraites de la France entière. Écoutez ce passage de François Fillon.

1:07:00
Invité

— Le système de retraite par points, j'y suis favorable. Mais il faut pas faire croire aux Français que ça va régler le problème des retraites. Le système par points, en réalité, ça permet une chose qu'aucun homme politique n'avoue. Ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points, et donc de diminuer le niveau des pensions. Voilà. Et puis il y a aussi autre chose sur ces systèmes de retraite.

1:07:24
François Asselineau

On aura l'occasion d'y revenir. Mais je voudrais m'adresser ici aux professions libérales. En particulier, j'ai à l'esprit spécialement les avocats. Les avocats, mais aussi les notaires, etc., toutes ces professions libérales qui... Je suis obligé de le constater, en tout cas d'après les études sociologiques. Ce sont des professions qui souvent sont très aisées et qui ont souvent majoritairement, très majoritairement, voté pour Macron et pour En marche, et encore plus majoritairement, qui veulent rester dans l'UE, parce que nous connaissons un peu le profil sociologique de nos adhérents.

Et nous savons bien que ce sont dans ces catégories sociales de la population les notaires, les avocats, etc., que nous avons... Alors on a des adhérents qui sont avocats, qui sont notaires. Mais ce n'est pas là... Ce ne sont pas les professions où nous sommes les plus représentés, les dentistes, etc.

Je voudrais dire à toutes ces professions, en particulier aux avocats, qu'elles ont vraiment, vraiment du souci à se faire avec la réforme à Macron, et que peut-être, peut-être, elles vont commencer à se poser des questions dans les mois, les années qui viennent, sur les choix électoraux qu'ils ont faits et sur leur refus d'intégrer les informations que nous leur donnons et que je leur donne depuis 12 ans, de refus d'examiner à la loupe le rapport des grandes orientations des politiques économiques annuelles publiées chaque année, donc par la Commission européenne.

On apprend sur les retraites des avocats, par exemple, qu'il est prévu qu'il va y avoir une augmentation des cotisations avec un équivalent par salarial plus par patronal, c'est-à-dire peut-être les cotisations pour les avocats, cotisations de retraite, pourraient à terme – excusez la bagatelle – être en gros multipliées par 2. Deux fois plus de paiement de cotisations de retraite, c'est ça qui pend au nez des avocats. Ça, c'est le point numéro 1. Le point numéro 2, c'est qu'il est prévu également qu'il y aurait une baisse des retraites qui frapperaient les avocats, avec notamment le système des carrières, puisque les carrières des avocats sont désormais beaucoup moins linéaires.

Il y a beaucoup plus de changements. Et désormais, les retraites qui devaient être calculées sur les meilleures années... Alors dans la fonction publique, c'est les 6 meilleurs mois. Dans les professions libérales, c'était je ne sais plus combien, les 4 ou 5 ou 10 meilleures années. Désormais, ça sera sur l'ensemble de la carrière. Or, les carrières étant moins linéaires, eh bien il y a très probablement une baisse des retraites. C'est la deuxième cerise sur le gâteau des avocats. Et puis la troisième cerise, si j'ai bien compris... On est encore dans les prolégomènes. On va voir à quelle sauce tout ceci va être accommodé.

Mais si j'ai bien compris également, c'est qu'il est prévu qu'il y aurait une réversion au régime général de l'assurance-vie collective constituée par les avocats. Ce qui signifie... Alors déjà, cette affaire soulève une bronca dans le milieu des avocats. Ça veut dire qu'en fait, l'assurance-vie collective, qui a été constituée tout au long de leur vie par les avocats, au lieu qu'ils en bénéficient eux-mêmes, ça serait reversé en fait au régime général de retraite. C'est-à-dire c'est en fait la triple peine qui attend le monde des avocats. Et puis au-delà, j'imagine que la même chose va s'appliquer aux notaires, à toutes les professions libérales diverses et variées. Voilà. J'avais...

Depuis plusieurs années, notamment dans des conférences publiques, j'avais comparé la construction européenne à l'instauration progressive d'une dictature qui commence par s'attaquer à des catégories sociales les unes après les autres, avant de s'attaquer à toutes. Et j'avais cité notamment le pasteur allemand Niemöller qui, pendant les années 1940, faisait partie de l'opposition au régime nazi, qui avait d'ailleurs été en fait interné en camp de concentration. Et le pasteur Niemöller avait eu ce poème – alors que je cite de mémoire – mais qui était un peu... Comment dirais-je ? Il disait... Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes... Ils... Ils... C'étaient les nazis.

Je n'ai pas bougé. Je n'étais pas communiste. Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs... Je n'ai pas bougé. Je n'étais pas juif. Lorsqu'ils sont venus chercher... Je sais pas... Les handicapés... Je n'ai pas bougé. Je n'étais pas handicapé. Lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour me défendre. La construction européenne agit de la même façon. Et je voudrais dire à toutes les personnes... Les professions libérales qui m'écoutent, les avocats, les notaires, qu'ils méditent bien ce que je vais dire. Lorsqu'ils sont allés détruire l'agriculture française, vous n'avez pas bougé parce que vous n'êtes pas agriculteur.

Lorsqu'ils sont venus détruire l'industrie française et le droit du travail des ouvriers, vous n'avez pas bougé. Vous n'êtes pas ouvrier. Lorsqu'ils sont venus détruire les petites communes de France, vous n'avez pas bougé. Vous n'êtes pas maire d'un petit village. Et là, maintenant, lorsqu'ils viennent vous chercher, qui va vous défendre ? C'est pour ça qu'il est minuit moins deux. Et c'est pour ça que l'UPR s'adresse au peuple français tout entier. Pour nous, il n'y a pas d'avocats, de notaires, d'ouvriers, d'agriculteurs. Il y a des citoyens français qui doivent être reliés entre eux par la solidarité nationale et qui doivent comprendre qu'ils ne doivent pas se faire...

Comment dirais-je ? Curiasser, comme on dit, comme les Horaces et les Curiasses. Ils ne doivent pas se faire traiter les uns après les autres. Il faut que nous soyons tous solidaires pour défendre non seulement notre liberté, notre souveraineté, notre indépendance nationale et notre démocratie, mais tout simplement aussi notre niveau de vie et notre système de retraite, quitte à maintenir encore pour un temps les régimes spéciaux de retraite.

1:13:21
Présentateur

Merci. Cet entretien touche à sa fin. Auriez-vous un dernier mot pour conclure ?

1:13:27
François Asselineau

Pour conclure, un petit mot en matière internationale. Il y a beaucoup de choses qui se passent au Venezuela avec les coupures d'électricité que le régime de Maduro impute à une attaque sournoise avec des systèmes électromagnétiques venus des États-Unis. Je n'en sais rien. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il y a eu à Caracas, dans la capitale vénézuélienne, il y a quelques jours, une réunion – je crois – des ministres des Affaires étrangères, des pays membres du mouvement des non-alignés, c'est-à-dire 120 pays sur les 193 États membres des Nations unies. Ce que l'on appelle les non-alignés, c'est ce que l'on appelait naguère, les pays en voie de développement.

Le mouvement des non-alignés s'est réuni pour la première fois en Indonésie, à Bandung, en 1955. Et donc vous avez dans ce mouvement des non-alignés la plupart des pays latino-américains, la plupart des pays africains, la plupart des pays du Moyen-Orient, la plupart des pays d'Asie du Sud et d'Asie du Sud-Est. Voilà. Rien à moins. Il y avait donc des représentants de 120 pays présents à Caracas, capitale du Venezuela, il y a donc quelques jours, les ministres des Affaires étrangères, qui ont adopté une résolution qui soutient le régime de Maduro, ou plus exactement, qui dénonce l'ingérence des États-Unis d'Amérique. J'en profite pour rappeler d'ailleurs au passage que s'agissant de M.

Guaido, qui s'était autoproclamé président du Venezuela – rappelez-vous, c'était il y a quelques mois –, on ne sait plus où on en est. Nous sommes dans une pleine pantalonnade dans cette affaire. Et malheureusement, la France, grâce – si j'ose dire – à Macron, comme un toutou derrière les États-Unis, la France a reconnu la légitimité de M. Guaido comme président de la République bolivarienne du Venezuela. On marche sur la tête. La France est complètement déconsidérée au Venezuela, comme elle est complètement déconsidérée en Syrie, en Libye, en Iran, comme elle est de plus en plus déconsidérée d'ailleurs en Russie, en Chine. Et on en passe. Voilà ce que je voulais dire.

À propos de l'Iran, deuxième sujet. La tension n'a pas baissé. Elle a au contraire augmenté, puisqu'il y a une dizaine de jours, les Britanniques ont arraisonné près du Gibraltar, au passage entre la Méditerranée et l'océan Atlantique. Les Britanniques ont arraisonné un navire qui transporte des hydrocarbures iraniens au motif que celui-ci transporterait des armes pour je ne sais quelle faction musulmane, islamique présumée, comme si on avait besoin des Iraniens. En réalité, comme on le sait de plus en plus, les langues se sont déliées là aussi. On sait de plus en plus que Daesh était en fait armé par des transferts d'armes venant d'Occident.

Quoi qu'il en soit, les Iraniens, une dizaine de jours après, ont décidé d'arraisonner dans le détroit d'Ormuz un navire britannique. Alors ce qui est assez extraordinaire, c'est que l'arraisonnement du navire iranien au large de Gibraltar, pratiquement personne n'en a parlé dans les grands médias. En revanche, l'arraisonnement du navire britannique dans le détroit d'Ormuz, alors là, ça a fait les grands titres de nos médias. Rappelons ce que nous, nous disons. Nous nous disons qu'on doit faire respecter le droit international en toutes circonstances.

Et donc on doit assurer la liberté de trafic dans les détroits, que ce soit le détroit de Gibraltar, le détroit d'Ormuz, au débouché du golfe arabo-persil qui débouche dans la mer d'Oman, mais aussi les détroits des Dardanelles et du Bosphore pour sortir de la mer Noire, mais aussi le détroit de la Sonde du côté de Singapour et de Sumatra pour assurer la libre circulation du commerce mondial. Ça, c'est une chose qui est certaine. Mais je rappelle également que pour l'instant du moins, eh bien l'Iran est actuellement l'objet d'une manœuvre de déstabilisation venue des États-Unis, coup comme le Venezuela, d'ailleurs.

On a d'ailleurs appris ces jours-ci que Washington avait accusé l'Iran d'avoir détruit un nouveau drone américain. Et puis on en parle beaucoup moins, parce que l'Iran a répondu qu'il n'avait détruit aucun nouveau drone iranien. Ils en avaient détruit un. Mais là, le premier, ils avaient dit « Oui, c'est nous qui l'avons détruit ». Ils ont d'ailleurs montré le drone. Mais là, ils ont dit « Non, c'est pas nous qui l'avons détruit ». En fait, ce sont les Américains qui ont détruit leur propre drone. Ils se sont trompés. On en est là. J'ai l'impression que la version iranienne a quelques probabilités de réalité, puisque cette affaire, d'un seul coup, on n'en parle plus.

Elle est sortie des grands titres des journaux. Il faut espérer que l'affaire en Iran ne va pas continuer à s'aggraver et qu'on va en revenir à une politique de coexistence pacifique. Malheureusement, ça serait le rôle de la France de le faire, d'être en tant que puissance libre, souveraine et indépendante, hors de tout bloc, et notamment ayant quitté l'OTAN. La France, qui a une grande audience en Iran, mais aussi en Russie. La France...

Si la France était la France, si nous avions la France de De Gaulle ou même encore la France de Chirac, qui s'était opposée à la intervention militaire américano-européenne en Irak, si la France était la France, elle pourrait être de nouveau le centre du monde et le pays qui fait prévaloir le droit international et la paix dans le monde. Malheureusement, la France, comme je le disais à l'instant, est déconsidérée. Et donc la France ne pèse plus rien actuellement en Iran et dans le Moyen-Orient. Il ne dépend finalement que des électeurs, que de revenir à la France de toujours, la France que nous est. Et puis je terminerai par une petite citation politique.

J'ai remarqué un message Twitter de Louis Alliot du Rassemblement national – c'était le 11 juillet dernier – qui s'indignait du fait que le groupe qu'il a constitué avec l'italien Salvini, notamment et puis d'autres forces en Europe, ils ont constitué un groupe parlementaire au Parlement européen avec 73 députés. M. Louis Alliot a dit, a conclu... Enfin il faisait un message Twitter pour déplorer le fait que ce groupe n'avait rien obtenu du tout, aucune présidence de quelque commission que ce soit au Parlement européen. Donc en fait, ils n'ont la parole sur rien. D'un point de vue démocratique, je ne trouve pas ça normal.

Et je trouve effectivement que tous les groupes devraient avoir au moins une présidence de commission. C'est exact. Mais je voudrais... Mon propos est de m'adresser ici aux électeurs et notamment à tous les électeurs qui sont tombés dans le piège tendu par les médias qui leur ont dit qu'il faut voter utile. C'est-à-dire que si vous voulez vous opposer à Macron, il faut voter pour le Rassemblement national. Je vois autour de moi beaucoup, beaucoup de gens qui, au moment des européennes, appuyaient les analyses et le programme de l'UPR, mais ont préféré voter pour le Rassemblement national ou pour la France insoumise de Mme Blabliste, dirigée par la candidate de M.

Mélenchon, par Mme Aubry, des gens qui ont dit « Jean, j'ai voté utile ». En quoi est-il utile d'avoir voté Rassemblement national ? Que vont faire les députés du Rassemblement national au Parlement européen de plus que ce qu'ils ont fait depuis 30 ans, depuis 1984, depuis 35 ans que le Front national est présent au Parlement européen ? Rien. C'est pour ça que je suis triste de constater qu'un certain nombre de lecteurs qui nous soutiennent n'ont pas encore compris l'importance de se mobiliser pour l'UPR. Si nous avions dépassé 3% des suffrages – et on a dépassé 3% des suffrages dans des grandes villes comme à Creil, par exemple, dans l'Oise ou dans des départements...

Enfin dans des îles entières comme Saint-Barthélemy, Saint-Martin, dans les Antilles, et Futuna dans le Pacifique – si nous avions dépassé 3% des suffrages, nous aurions été remboursés de nos frais de campagne. Nous aurions 1 400 000 € supplémentaires pour embaucher des collaborateurs, pour diffuser plus d'informations. C'eût été fondamental. Et puis si nous avions dépassé 5%, nous aurions eu des députés. Un scandale est déjà qu'avec 1,2%, nous n'ayons pas de députés. Si nous étions en Allemagne, où il n'y avait pas la barre des 5%, il y aurait un député. Ce serait moi. Donc il ne faut jamais oublier ça.

C'est que c'est le système français qui est particulièrement pervers, avec cette barre de 5%. Si nous avions dépassé 5%, nous aurions eu 3 députés. Eh bien les députés... Je l'avais déjà dit dans un entretien d'actualité antérieur. Au lieu d'écouter très sagement l'hymne européen, par exemple, avec les députés de France insoumise, qui n'est insoumise à tout sauf à l'UE, donc ils sont très soumis à l'UE, où le Rassemblement national, tout ce petit monde a écouté religieusement l'hymne à la joie, le prétendu hymne européen. Eh bien nous, nous aurions fait comme le parti du Brexit de Najel Farage. Nous aurions tourné le dos. Oh, certes, ça n'aurait pas changé la face du monde.

Mais quand même, dans le monde entier, dans les télévisions du monde entier et en Europe entière, eh bien les téléspectateurs auraient pu constater qu'il y avait pas seulement les Britanniques, mais qu'il y avait aussi des Français qui tournent le dos, qui refusent la dictature de cet État européen que l'on veut nous imposer de force. Ça sera ma conclusion. Ne vous laissez plus jamais intimider par les grands médias. Ne vous laissez plus manipuler par les médias qui vous disent qu'il faut faire contrepoids. Non, non, non, non. Votez pour vos idées. Soutenez votre parti.

Soutenez le parti qui vous paraît le plus honnête, le plus compétent, celui qui ne vous a jamais menti, celui qui, depuis 12 ans, n'a jamais varié d'un iota dans sa ligne directrice et dans ses analyses. Soutenez le parti du Frexit. Soutenez l'UPR. Pour le soutenir, je lance ici un appel, parce que nous avons une situation financière qui est un petit peu ric-rac en ce moment. Bien sûr, nous franchirons ce cap sans avoir recours à des emprunts bancaires. Je m'y suis engagé. Mais nous sommes un petit peu justes. Et notamment pour préparer les élections municipales qui arrivent, eh bien je lance de nouveau ici un appel. Adhérez à l'UPR. Si vous avez du flair, adhérez à l'UPR. En plus, ça rime.

Si vous avez du flair, adhérez à l'UPR, puisque vous voyez bien que les Britanniques vont vers le Brexit. Or, les Britanniques ont toujours été à la pointe de la défense des libertés publiques et de la démocratie, à la pointe de l'histoire depuis, en fait, l'apparition... Depuis, disons, la Magna Carta de 1215, c'est-à-dire depuis plus de 800 ans. Les événements ne cessent que de donner raison à l'UPR. La scène politique française est en pleine débandade. On a appris après que Mme Chikirou, proche de M. Mélenchon, s'est fait embaucher comme porte-parole... Non, comme débattrice sur BFMTV. On a appris que la porte-parole des Républicains vient de claquer la porte de la politique.

Il est vrai que les Républicains sont en pleine débandade en pleine débandade pour se faire embaucher désormais pour être sur l'émission de Cyril Hanouna sur C8. Bon, ça veut dire qu'en fait, la nécrose de la politique française est très avancée. Regardez ce qui se passe ailleurs. Regardez ce qui se passe au Royaume-Uni. L'avenir, c'est le Frexit. L'avenir, c'est l'UPR. Adhérez à notre mouvement. Payez bien entendu vos cotisations annuelles. Faites-nous des dons. Le moment n'est pas à baisser les bras. Dès le mois de septembre, nous allons redémarrer très très fort sur les élections municipales. Ça sera mon tout dernier mot.

J'ai eu l'occasion d'organiser avec les équipes de Seine-Saint-Denis un barbecue dans la cité des 4000 à la Courneuve. Nous avons déjà une liste de 9 villes de plus de 7 500 habitants, des grandes villes en Seine-Saint-Denis, où nous allons avoir une liste UPR avec à la tête un candidat UPR. Nous avons également déjà une ville dans le Val-de-Marne. Nous annoncerons ça au mois de septembre, parce que d'ici là, je vais participer à d'autres réunions locales. Et au mois de septembre, nous allons présenter des candidats dans des grandes villes de France à travers toute la France.

Si vous voulez vous-même participer à des listes dans des grandes villes, voire pourquoi pas être candidat à la mairie dans une grande ville, ou bien participer à des listes dans des villes plus modestes, eh bien vous pouvez toujours nous écrire en nous disant qui vous êtes, votre numéro d'adhérent. Et puis vous nous écrivez à contact.upr.fr. Et puis notre délégué départemental prendra contact avec vous. Voilà. D'ici la rentrée, je vous souhaite à toutes et à tous... D'abord, on va se revoir.

Je vais faire un nouvel entretien d'actualité aux alentours du 9 août prochain pour respecter ce rythme d'une fois tous les 15 jours pendant l'été, parce que je ne veux pas vous abandonner et disparaître d'Internet, parce qu'il y a beaucoup de choses qui se passent. L'expérience le montre pendant l'été. Donc je donne rendez-vous à notre prochain entretien d'actualité qui aura lieu sans doute aux alentours du 9 août, et puis un autre qui aura lieu sans doute aux alentours du 25 ou 26 août. D'ici là, je vous souhaite de passer de bonnes vacances d'été si vous partez en vacances, et de toute façon de vous reposer si vous restez chez vous. Vive la République et vive la France ! ...

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Locuteur

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