Violences à Caen : la députée européenne LFI Emma Fourreau qualifie "d'hypocrite" le rassemblement prévu ce lundi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous allez y aller au rassemblement républicain à midi ?
- 1:33RelanceRéponse partielle
Mais est-ce que vous condamnez les violences ? Les violences des casseurs ? Les magasins pillés ?
- 2:00RelanceRéponse partielle
Ça veut dire que vous légitimez finalement ce qui s'est passé ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Mais est-ce que vous allez aller au rassemblement républicain qui vise aussi à défendre les institutions de la France à midi tout à l'heure devant l'hôtel de ville ?
- 3:11OuverteRéponse partielle
Est-ce que finalement, les casseurs n'invisibilisent pas les revendications des familles, des parents, des lycéens qui étaient dans les rues de Caen samedi ?
- 4:18OuverteRéponse directe
C'est la bonne méthode ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:08Invité politiqueFait
« On a par exemple un jeune homme qui a le crâne fracturé. Il a 20 ans. Il a été matraqué au visage par la police avec 7 points de suture. »
- 1:44Invité politiqueFait
« On ne peut pas se poser sur les conséquences sans jamais parler des causes. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Ça veut dire que ça fait dix ans que Macron casse le pays, que Macron violente la population et a commencé par les jeunes. »
- 4:26Invité politiqueChiffre
« C'est l'abrogation par exemple de la plateforme de tri social Parcoursup, c'est 10 milliards d'euros pour les jeunes. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Ça fait des semaines que les lycées sont bloqués, que les lycéens et les lycéennes manifestent et donc c'était honteux de prendre la parole pendant 8 minutes pour ne rien dire. »
- 4:59Invité politiqueFait
« Donc les mesures elles sont connues, elles sont portées par les mouvements sociaux, elles sont proposées aussi par la France insoumise. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Donc en réalité, quand on essore le peuple français depuis des années, forcément il y a ce genre de manifestation et c'est surtout à l'approche de Noël qui est aussi une période de violence sociale. »
- 6:04Invité politiqueFait
« Comment ça se fait qu'il y a eu justement ces casses alors que la police était présente, elle a laissé faire pendant un bon moment ? »
Temps de parole
- Emma Fourreau62 %
- Présentateur26 %
- Présentateur 29 %
- ?3 %
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Ici
Normandie,
le
réveil 100% local,
ici matin.
Il
est 7h45, c'est une matinale largement consacrée à la manifestation contre la vie chère de samedi dernier. Un 17 octobre aux deux visages avec des manifestants et des casseurs dans les rues de Caen. 25 individus interpellés après les violences et les dégradations. Nous recevons ce matin Martin Cotta, notre invité d'ici Normandie. Emma Fourreau, députée européenne de la France Insoumise et conseillère municipale à Caen. Bonjour Emma Fourreau.
Bonjour.
On
a donc d'un côté le succès d'une manifestation entre 10 et 30 000 manifestants dans la rue avec leurs revendications. Et puis de l'autre, quelques centaines d'individus qui ont saccagé des magasins, le bâtiment de la police municipale endommagée. Il
y a
un rassemblement républicain à midi devant l'hôtel de ville de Caen tout à l'heure. Est-ce que vous allez y aller
?
Déjà rappeler effectivement que c'est un immense succès.
C
'est plus de 800 000 personnes dans toute la France, plus de 20 000 personnes à Caen. Et je pense que c'est ça qu'il faut retenir, à savoir des cortèges massifs, joyeux, avec des revendications extrêmement claires. Et moi je suis un petit peu gênée par l'initiative notamment du maire de Caen parce qu'il n'a pas un seul mot sur les violences policières. On a par exemple un jeune homme qui a le crâne fracturé. Il a 20 ans. Il a été matraqué au visage par la police avec 7 points de suture. Et il n'a pas un mot pour ces vies humaines qui sont brisées à jamais. Mais par contre, il a un discours effectivement sur les dégâts matériels. Et pour moi, on ne peut pas mettre les deux sur le même plan.
Et donc cette manifestation-là, elle est assez hypocrite parce qu'elle ne parle pas de l'ensemble des dommages, à savoir quand même des violences policières.
Mais est-ce que vous condamnez
les violences ? Les violences des casseurs ? Les magasins pillés d'encance ?
Bien sûr que je le regrette. Maintenant, on ne peut pas parler de ce qui s'est passé sans parler du fond. On ne
peut
pas se poser sur les conséquences sans jamais parler des causes. Et moi, quand je vois par exemple ce Sephora qui est pillé, je vois surtout une misère sociale qui s'exprime avec un modèle hissé comme le modèle de la société consumériste.
Oui, justement, c'est la violence de l'État et du libéralisme. C'est ce qu'on entend beaucoup chez des manifestants et certains partis politiques comme le vôtre, la France insoumise. Ça veut dire que vous légitimez finalement ce qui s'est passé ?
Ça veut dire que ça fait dix ans que Macron casse le pays, que Macron violente la population et a commencé par les jeunes. Et que quand on a une mobilisation de cette ampleur, on doit répondre par des mesures sociales et urgentes. On ne doit pas répondre par la violence parce que sinon, la seule chose que fait Emmanuel Macron,
c
'est de préparer la prochaine mobilisation.
Parce que tant
que la colère sociale n'a pas de réponse politique, alors il y aura cette colère qui restera dans le pays et qui ne va faire que s'amplifier à
juste titre. Et on va parler
de
ce qu'a dit Emmanuel Macron,
le président de la République aussi hier soir. Mais est-ce que vous allez aller au rassemblement républicain qui vise aussi à défendre les institutions de la France à midi tout à l'heure devant l'hôtel de ville ?
Si j'étais à Creil par exemple,
j
'y serais allé parce que le maire insoumis Omar Yacoub appelle
à ce rassemblement.
Oui mais parce que lui, il tient les deux bouts. Il dénonce les violences policières. Il porte les revendications des jeunes. Aristide Olivier n'a pas eu un seul mot pour les jeunes qui ont été frappés dans les rues de
camp. Un seul mot sur les
revendications des jeunes.
Vous n'y serez pas ?
Moi j'y serais pas. De toute façon, j'ai plénière à Strasbourg juste après. Mais surtout, je trouve ça extrêmement hypocrite de la part du maire de Caen d'avoir des mots pour des vitrines. D'avoir des mots pour des murs tagués qui sont déjà propres aujourd'hui. Mais pas un seul mot pour les jeunes qui se font taper par la police à Caen. Encore une fois, il y
a
un jeune qui a un crâne
fracturé. Est-ce que finalement, les casseurs n'invisibilisent pas les revendications des familles, des parents, des lycéens qui étaient dans les rues de camp samedi ?
C'est le récit politique et médiatique qui met la focale sur ces casques,
qui
invisibilisent tout le mouvement social, qui est encore une fois massif, pacifique. Moi j'ai été dans les manifestations. J'ai vu des choses magnifiques avec des jeunes qui dansent, avec des jeunes qui accompagnent des personnes âgées sortir du cortège parce qu'encerclés par les lacrymogènes. J'ai vu des gestes de solidarité magnifiques et ça,
on
n'en parle pas. Donc c'est le cadrage médiatique qui choisit de
focaliser... De certains médias, il y a des récits médiatiques peut-être. Mais de
manière générale, dans les grandes chaînes d'info, on voit les mêmes images tournées.
On
voit que dès qu'une poubelle est en feu, il y a 10 caméras autour alors que dès
qu'on a des jeunes qui dansent... Mais pas à Caen, on parle de Caen par exemple.
Oui mais à Caen, c'est la même chose. La première question, c'est sur la casse alors qu'en réalité, c'est infime par rapport à ce qu'on a vu dans les rues de Caen qui étaient encore une fois plus de 20 000 personnes avec des pancartes qui sont revendicatives avec des mesures très claires.
7h49, notre invitée d'ici Normandie, Emma Fourreau, députée européenne de la France Insoumise. Le président de la République a
dit
hier soir lors de son allocution que le Premier ministre allait réunir dans les prochains jours les partis politiques comme le vôtre, les syndicats, les organisations étudiantes pour construire des solutions. C'est la bonne méthode ?
C'était terrible d'entendre Emmanuel Macron hier soir, il a pris la parole pour absolument rien dire et les revendications elles sont déjà connues. C'est l'abrogation par exemple de la plateforme de tri social Parcoursup, c'est 10 milliards d'euros pour les jeunes. Donc les revendications elles sont déjà portées et donc il doit y répondre de manière immédiate. Ça fait des semaines que les lycées sont bloqués, que les lycéens et les lycéennes manifestent et donc c'était honteux de prendre la parole pendant 8 minutes pour ne rien dire. Donc ce qu'il faut c'est pas des consultations à rallonge, c'est d'agir concrètement avec des mesures sociales fortes.
C'est ce qui est demandé depuis des semaines et en réalité depuis des années parce que cette manifestation du 17 octobre était même plus large. C'était contre la vie chère, ça fait des années que les prix notamment de l'essence explosent et qu
'il
n
'y a
pas de blocage des prix. Donc les mesures elles sont connues, elles sont portées par les mouvements sociaux, elles sont proposées aussi par la France insoumise. Donc Emmanuel Macron connaît déjà les solutions politiques pour en sortir par le haut, il choisit de ne pas le faire.
Vous appelez à de nouvelles manifestations contre la vie chère le samedi, il y
a
aussi le jeudi 5 novembre qui sera une grande manifestation sociale. Est-ce que le samedi avec les fêtes de Noël qui approchent, vous n'avez pas peur de vous mettre à dos une partie de l'opinion publique, ces familles, ces commerçants qui considèrent que le samedi c'est aussi fait pour se reposer, pour aller consommer, aller dans les magasins ?
Mais vous savez,
il y a
de nombreuses familles qui n'ont même plus les moyens d'aller dans les magasins et y compris les petits commerçants le dénoncent en disant que le pouvoir d'achat en Berne, ça les impacte aussi. Donc en réalité, quand on essore le peuple français depuis des années, forcément il y a ce genre de manifestation et c'est surtout à l'approche de Noël qui est aussi une période de violence sociale où beaucoup de personnes ne peuvent pas faire des cadeaux de Noël. Donc c'est aussi une période extrêmement compliquée pour beaucoup de gens et donc c'est important de manifester parce qu'encore une fois on
parle de la vie des gens. La
civilisation ne peut pas prendre d'autres formes pour éviter les violences parce que personne ne maîtrise ces centaines de casseurs qui viennent aussi, y compris à Caen.
Mais c'est un problème que le gouvernement ne soit pas capable d'assurer la tenue des manifestations. Ça c'est un échec du gouvernement. Comment ça se fait qu'il y a eu justement ces casses alors que la police était présente, elle a laissé faire pendant un bon moment ? Donc ça interroge aussi sur les techniques de maintien de l'ordre et sur le gouvernement.
Et ça vous n'avez
pas envie de le dire tout à l'heure à midi devant la mairie de Caen, avec les élus justement discutés entre vous ?
Ce rassemblement encore une fois il est hypocrite. Moi je ne cautionne pas le fait d'avoir plus d'empathie pour une vitrine que pour des vies humaines.
Le maire Aristide Olivier a dit aussi que les revendications étaient légitimes et qu'il fallait les entendre. Il a dit ça à notre micro.
Il a aussi dit que les élus n'avaient pas leur place dans la manifestation.
Donc il
remet en cause le droit de manifester.
Merci beaucoup Emma Fourreau d'avoir été l'invité d'ici Normandie. Je rappelle que vous êtes députée européenne La France Insoumise et conseillère municipale d'opposition à la ville de Caen. Une interview à retrouver sur ici.fr.
Emma Fourreau