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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 22 juin 2026 36 min

Retailleau, « c’est possible » ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Intervenant

On va parler de la canicule, puisqu'évidemment, ça a fait la une de la grande majorité de nos quotidiens régionaux ce matin. Et oui, on commence par le journal Sud-Ouest, qui propose une plongée dans l'enfer des villes, sous la canicule, et notamment à Bordeaux. Les journées sont difficiles, mais également la nuit dernière, il a fait plus de 20 degrés. À cette température, les corps ne peuvent plus récupérer. Bordeaux reste une ville très minérale. Alors, certains Bordelais ont pu migrer ce week-end vers le bassin d'Arcachon. Mais pour ceux qui craignaient de tomber dans les embouteillages, il y avait le brumisateur XXL installé, place Paul Doumer, à Bordeaux.

Une eau vaporisée qui est salvatrice pour les habitants de ce quartier bordelais. On va aller dans l'aube maintenant, ou comme partout en France, les écoles doivent s'adapter à cette chaleur historique. Oui, dans ce département de l'aube, 24 écoles et 4 collèges sont fermés ce lundi. Pour les établissements qui restent ouverts, il y a des aménagements qui sont prévus. Les parents peuvent récupérer leur enfant au début de l'après-midi. Dans les écoles, des pauses fraîcheurs sont organisées. Les activités en extérieur sont annulées. Et puis, l'Académie recommande aux écoles de regrouper les élèves dans des salles ombragées ou dans des lieux de repli hors de l'école.

Et parmi les 49 départements placés en vigilance rouge, il y a Lyon, où on va te rendre tout de suite. On va à 11h. Bonjour Alain Chabotot. Merci d'être avec nous. Vous êtes le rédacteur en chef de l'indépendant de Lyon. Et Alain, cette canicule a des répercussions dans votre département ? Oui, une répercussion assez inattendue, puisque la visite du ministre délégué à l'industrie, Sébastien Martin, est annulée en raison de la canicule. C'est dommage, quelque part, mais ainsi va la vie. Le ministre devait se rendre chez Prismian, qui fait partie des 150 projets stratégiques engagés par le Premier ministre pour redonner un peu de puissance et de capacité industrielle à la France.

Alors, Prismian, c'est un investissement de 200 millions d'euros. C'est engagé depuis 2021 et jusqu'en 2027. C'est pour passer l'outil industriel de 30 000 tonnes par an de câbles électriques, puisque Prismian, je rappelle quand même, c'est le leader mondial du câble électrique haute et moyenne tension. Donc, pour passer cette capacité de production de 30 000 à 80 000 tonnes par an et doubler ou tripler pratiquement les bâtiments bâtis. Ce plan d'investissement va aussi permettre l'embauche de près de 200 salariés nouveaux, dont une trentaine de cadres. Alors, ça, c'était pour ce matin.

Et pour cet après-midi, c'était direction Auxerre, non pas le stade Abbé-des-Champs, mais les laboratoires Macor, où, là encore, il s'agit de relocaliser une ligne stratégique de médicaments pour assurer la souveraineté sanitaire de la France. Alors, cette ligne de médicaments stratégiques, c'est de la Colchicine. Voilà, je m'applique pour le prononcer. C'est un médicament qui était jusqu'alors fabriqué en Roumanie. Il est rapatrié sur le site d'Auxerre.

Et c'est plutôt une bonne chose pour ce site qui, en novembre dernier, a connu quelques petits problèmes, puisqu'une trentaine de salariés ont fait l'objet d'un plan social à la suite d'une perte d'un gros contrat de travail, si je puis me permettre de m'exprimer ainsi. Ce regain d'activité a permis aussi le réembauchage de quelques salariés. Et il est prévu de sortir 3 millions de plaquettes de Colchicine chaque année sur cette nouvelle unité de production. Voilà. Merci beaucoup. Merci Alain Chabotot d'avoir été avec nous, rédacteur en chef de l'Indépendant de Lyon. Alexandre continue à parler page spéciale Canicule.

Alors, question que se posent tous les gens qui n'ont pas la clim chez eux. Comment on fait pour rafraîchir notre logement ? Alors, il y a des astuces. Toutes les idées sont bonnes pour éviter que son logement ne devienne un four. Des idées astucieuses et peu coûteuses comme installer des couvertures de survie sur les fenêtres des toits ou des filtres anti-UV. Cela permet de faire baisser de quelques degrés la température du logement. D'autres choisissent par exemple d'utiliser leur pare-soleil de voiture sur leur fenêtre. Alors, ce n'est peut-être pas esthétique, mais ça marche. Autre astuce, utiliser son ventilateur, mais à l'envers. C'est-à-dire avec les pales tournées vers la fenêtre.

Cela permettrait de brasser de l'air et de repousser l'air chaud vers l'extérieur. C'est en tout cas une astuce qu'a utilisée Benoît à Bulli-les-Mines. Et selon lui, il a baissé de 4 degrés la température de son logement. Voilà, c'est des astuces à lire à la une de la Voix du Nord. Il faut les essayer. Là, vu les températures, on a renoncé à toute considération esthétique dans nos logements. Alors, cette canicule, elle a aussi un impact sur l'agriculture. Coup de choses sur les moissons. Titre le journal L'Union dans le département de la Marne, Beaucoup d'agriculteurs ont décidé de lancer aujourd'hui la moisson céréalière car le bon niveau de maturité du grain est atteint.

Alors, ce n'est pas forcément plus tôt que les années précédentes. L'impact de la canicule sur l'agriculture concerne le risque incendie dans les champs. Un risque qui est beaucoup plus élevé quand on moissonne par de fortes chaleurs car tout dépend de l'entretien des machines pour éviter que la paille s'accumule dans la batteuse. C'est ça qui peut lancer un incendie. Voilà, merci Alex pour cette page spéciale canicule. On continue, évidemment, parce qu'il y a un autre sujet à la une de nos journaux régionaux. Ce matin, c'est l'affaire Liana, à la une de la dépêche du midi parce qu'il y a une psychose qui se développe en Ariège. Oui, tout part d'une rumeur.

Le père et le frère de Jérôme Barrella, qui est suspecté du meurtre de Liana, se seraient réfugiés dans un petit village de l'Ariège. Joël et Yannick Barrella, on le rappelle, sont aussi accusés de violences sexuelles sur mineurs. Et aujourd'hui, dans ce village Ariégeois, tout le monde ne parle que de ça, même si le maire et les gendarmes n'ont pas confirmé l'information. Un habitant témoigne, je le cite, aujourd'hui, ce qu'on entend surtout, c'est l'inquiétude des parents. Beaucoup ne comprennent pas comment on peut les accueillir dans notre village. Et c'est aujourd'hui qu'est remis au gouvernement le rapport d'inspection dans cette affaire, Liana.

Et avant même ce rapport, le garde des Sceaux, Gérald Darmana, a demandé que soient revues les plaintes concernant les violences sur enfin. Alors comment la justice s'organise pour répondre à cette demande ? On parle de 70 000 plaintes réexaminées d'ici le 14 juillet. C'est une véritable course contre la monde qui est engagée. Le procureur de la République de Libourne, en Gironde, a ouvert ses portes à TV7. On regarde ce reportage de Tristan Lambert. Loïs Rachel est le procureur de la République de Libourne et il n'a pas une seule minute à perdre.

D'abord, nous allons faire ce travail au sein de la juridiction qui est de retrouver l'ensemble de ces procédures et d'essayer de comprendre à chaque fois où est-ce que nous en sommes dans chacun de ces dossiers. Et puis ensuite, nous allons prendre procédure par procédure avec les services d'enquête pour retravailler ces dossiers et voir à chaque fois ce que nous pourrons faire pour essayer de faire en sorte d'aller au plus vite. Épaulé par cinq magistrats, le procureur doit revoir en intégralité près de 200 dossiers impliquant des violences sexuelles sur mineurs. Vous avez là les procédures qui sont arrivées au tribunal tout récemment, qui sont en attente d'enregistrement.

Et puis vous avez ici des procédures qui ont fait l'objet d'une décision, qui ont été classées et qui également vont passer entre les mains des agents du bureau d'ordre. Donc là, vous avez commencé à enregistrer des procédures ? Oui, on a commencé à enregistrer les classements. Là, normalement, je suis sur les classements. Les classements. Au total, quatre agents travaillent depuis ce jeudi sans relâche. Ça nécessite une réorganisation immédiate de nos services. Mais nous faisons face aux greffes à des déficits d'effectifs depuis longtemps et ça nécessite une réorganisation en interne de nos ressources pour répondre à la demande du ministre.

Dans les coursives du tribunal à l'abri des regards, chaque procédure est reprise individuellement avec l'appui de la gendarmerie. Tout est mis en œuvre pour ne pas passer à côté d'un dossier. Nous avons à la fois les chiffres justice, c'est un logiciel cassiopée qui répertorie les procédures en cours et puis à côté de cela, nous avons les procédures qui sont en stock chez les gendarmes. Il faut évidemment additionner ces chiffres pour avoir une vision d'ensemble des différentes procédures que nous devons traiter. Comme tous les parquets de France, celui de Libourne a jusqu'au 14 juillet pour reprendre l'ensemble des plaintes qui touchent les mineurs.

Allez Alex, on termine par le don d'organes. C'est aujourd'hui la journée nationale du don d'organes, un geste qui peut sauver des vies. Avec dans la presse régionale beaucoup de témoignages de personnes qui ont été sauvées grâce à un don d'organes et notamment dans le journal de Saône-et-Loire, Christine Tachon, 41 ans, atteinte de cardiomyopathie. Elle a été greffée du cœur en urgence en 2014 et elle a tout de suite senti le basculement de sa vie. Je la cite, je sentais mon sang circuler correctement dans mon corps. Depuis, elle va bien. Elle a pu avoir un deuxième enfant en 2019 et elle ne remerciera jamais assez la famille du donneur. Je la cite, sans elle, je ne serais plus là.

– Merci beaucoup, merci Alex pour cette revue de presse. Place maintenant notre débat d'éditorialistes. Est-ce encore possible pour Bruno Retailleau ? Bruno Retailleau, le président des LR et candidat, a donc lancé sa campagne présidentielle samedi lors d'un grand meeting au Parc floral à Vincennes. Bruno Retailleau qui s'est présenté lors de ce meeting en défenseur des classes moyennes. Il a défendu des mesures de radicalité. Il en a aussi profité pour fustiger LFI. Est-ce encore possible pour lui d'aller au bout ? On va en débattre avec nos éditorialistes. Bonjour Yves Tréa. – Bonjour Auriane. – Merci d'être avec nous, directeur-agent de la rédaction du Figaro. Bonjour Nathalie Moret.

– Bonjour Auriane. – Merci également d'être là. Vous étiez présente lors de ce meeting. Vous allez tout nous raconter. Journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra. Et Pablo Pinovizien, bonjour Pablo. – Bonjour. – Merci également d'être avec nous, rédacteur en chef de la revue Regards. Avant de vous entendre, on va vous emmener dans les coulisses de ce meeting avec Audrey Vuettas et Emma Fabre. S'il veut gagner, Bruno Retailleau sait qu'il doit d'abord créer une dynamique, un défi, devant quelques milliers de militants, en pleine après-midi caniculaire. – Je suis venu du Morbihan en car, parce que c'est le lancement de la campagne de M.

Retailleau et c'est le candidat naturel de la France. Une candidature validée par 73% de militants LR en avril dernier. Pourtant, l'option Retailleau peine à décoller. Les sondages, le crédit de 8% d'intention de vote. Alors, ils se montrent bien entourés avec un invité surprise, l'écrivain franco-algérien Boilem Sansal et des cadres du parti au premier rang, Michel Barnier, Valérie Pécresse, François Baroin et le président du Sénat, Gérard Larcher. – Tout naturellement, parce que je soutiens Bruno Retailleau.

– Une manière de faire oublier les absents, Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand, qui rêvent eux aussi d'un destin présidentiel et tous les membres du gouvernement exclus temporairement. – Écoutez, on ne les remarque pas. – Il a eu un petit coup de moins bien avec la sortie du gouvernement et donc il faut qu'il retrouve cet élan, finalement aussi cet espoir qu'il incarne. – Pour cela, Bruno Retailleau a fait le choix d'un discours essentiellement programmatique, sans note. Il assène quelques coups à la Macronie. – Après dix ans d'en marche, plus rien ne marche. – Avant de charger la France insoumise.

– Cette nouvelle France, c'est un nouvel antisémitisme qui s'abreuve aux sources de l'islamo-gauchisme. – Je le trouvais très efficace, il a fait ce que les militants attendaient de lui, je pense, et maintenant, à suivre. – Je me devais d'être là, je me devais d'être là pour lui parce qu'il a été là pour moi. On le sait bien à la fin, si on veut éviter la tenaille LFIRN, il faudra qu'on soit tous rassemblés et qu'il n'y en ait qu'un.

12:15
Présentateur

Mais aujourd'hui, Bruno Retailleau a un message à porter. Et ce message, il était fort, il était sincère, il était intéressant et il l'apporte à la France.

12:27
Intervenant

Un message que Bruno Retailleau devra amplifier pour rester dans la course à droite. – Est-ce que Bruno Retailleau a réussi son lancement de campagne ? – Écoutez, c'est difficile à mesurer, mais il fallait qu'il rentre en campagne de toute manière. Alors, il y avait la canicule, c'est le mois de juin, les esprits sont peut-être un peu dissipés ailleurs. Il fallait qu'il… De toute manière, c'est une course contre la monde pour lui parce que vous avez ce qu'on appelle le bloc central. Alors, je sais bien qu'il ne se considère pas comme étant partie prenante du bloc central. Mais enfin, actuellement, ils sont trois au milieu à occuper le terrain.

Il a quand même un retard certain par rapport notamment à Edouard Philippe. Donc, et on voit d'ailleurs qu'il tape beaucoup sur Gabriel Attal parce que ça va se jouer à l'heure d'aujourd'hui entre Attal et lui, contre Edouard Philippe. Vous savez, c'est une course de fond à plusieurs étapes. Et donc là, on est, je dirais, dans les 16e ou 8e de finale. Et puis après, il y a les quarts de finale, après il y a les demi-finales et après il y a la finale. Il en est loin et il n'est pas sûr d'être en finale. Très loin de la finale. Et donc, il faut absolument que la chose se clarifie, à mon avis, avant la fin de l'année, dans cet espace politique-là.

Sinon, je donne guère de chance à un candidat se revendiquant, je dirais, de cette droite du centre au 2e tour de l'élection présidentielle. – Nathalie, vous étiez à ce meeting samedi, vous l'avez couvert pour les journaux du Gompébras. Est-ce que vous avez le sentiment que c'était un meeting réussi et que vous ont dit les militants qui étaient présents sur place ?

14:10
Présentateur

– Alors, c'était un meeting réussi sur la forme parce que LR sait faire des meetings. C'est un parti de gouvernement, ils en ont fait tout le temps et il sait faire sur la forme, c'était plutôt bien. Là où, à mon avis, j'ai quand même une grosse réserve, c'est sur la performance, entre guillemets, de Bruno Retailleau qui a parlé pendant une heure, sans notes, de façon, j'ai écrit dans les journaux, enfin, professoral et érudite. C'est-à-dire qu'il n'a pas laissé la place aux militants de dire on va gagner, de les laisser applaudir, etc. Donc, on sent que ce n'est pas un tribun comme… – C'est une manière polie de dire qu'il n'a pas soulevé les foules. – Non, je ne dirais pas ça.

Il aurait pu les soulever parce que les militants étaient très enthousiastes, sauf qu'il ne leur a pas laissé l'espace de le faire. Les militants qui étaient là samedi au Parc Floral, ils étaient extrêmement convaincus. Ils étaient convaincus, ils ont envie de gagner. Ils sont convaincus par Bruno Retailleau. Ils ne sont pas convaincus qu'il ira au bout. Et c'est là où je rejoins Yves, ce meeting qui était quand même réussi parce que réunir 3 000 personnes un samedi 2 juin, c'est quand même pas mal. Je trouve qu'il faut qu'ils convainquent qu'il ira jusqu'au bout. C'est quand même ça aujourd'hui. Et pour ça, il faut avoir une dynamique et avoir un espace politique.

Et pour l'instant, il n'y est pas. – Mais est-ce que les militants étaient autant convaincus en arrivant qu'en repartant ? – Oui, parce que quand on est militant, on est convaincu, quoi qu'il arrive. Évidemment, après, certains, il a quand même beaucoup épargné, peut-être qu'on en parlera, Édouard Philippe dans son discours. Et vraiment, parce qu'il a beaucoup cogné LFI et Gabriel Attal, Édouard Philippe, et on voit bien que ça marche de manœuvre, elle l'est vers ceux qui, pour l'instant, sont sur Édouard Philippe.

15:59
Intervenant

– Il y avait des présents, il y avait des ténors, des LR. – Il y avait des absents. – Et on va en parler. Il y avait Gérard Larcher, François Barron, Michel Barnier, Valérie Pécresse, on les a vus dans le sujet. Mais comme vous le dites, Nathalie, il y avait aussi des absents et non des moindres. Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, qui dirige le groupe à l'Assemblée, Jean-François Copé. Pablo, comment on interprète ce choix ? Et est-ce que c'est possible de rassembler le pays quand on n'arrive pas à rassembler son parti ?

16:22
Bruno Retailleau

– Effectivement, ce sont des prolégomènes importants que de pouvoir commencer par rassembler les plus proches de soi. À gauche, c'est aussi un problème pour les différents candidats et candidates à la présidentielle de ce côté-là, de l'échiquier politique. Non, j'aime beaucoup les litotes et les euphémismes de mes camarades pour expliquer que franchement, pour Bruno Retailleau, aujourd'hui, à ce stade, à la suite de ce meeting, ça ressemble plus à une candidature de témoignage que veut faire Bruno Retailleau parce qu'il est à la tête, effectivement, d'un parti qui se veut de gouvernement, mais qu'aujourd'hui, on ne voit pas très bien le chemin pour réussir à accéder à l'Élysée.

Donc, il fait une proposition qui n'est pas très bien ficelée. Je veux dire, quand on écoute son discours, ça part un peu dans tous les sens. Il n'y a rien, il n'y a aucune proposition très forte, il n'y a aucune colonne vertébrale très identifiée, si ce n'est que…

17:20
Intervenant

– Il y en a payé pour vous sur l'immigration, sur l'autorité ?

17:22
Bruno Retailleau

– Oui, alors il dit, je ne veux pas l'immigration, sur l'autorité. – Exactement, c'est un discours à droite. Donc, pour un parti de droite, ça paraît quand même la base. Vous avez dit qu'il a épargné Édouard Philippe, il a aussi largement épargné le Rassemblement National, il n'a pas parlé de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, de quelconque candidat de ce côté-là de l'équipe politique.

Moi, ce que je pense, c'est que Bruno Retailleau, il attend, il se dit, bon, si Marine Le Pen est empêchée de se présenter à la présidentielle, si c'est Jordan Bardella qui est le candidat, et que Jordan Bardella, parce qu'il est trop jeune, parce qu'il est, je ne sais pas quoi, et qu'il n'arrive pas à faire une campagne, comme ça se dit, dans les bruits de couloirs un peu partout, peut-être que je peux être l'alternative du côté de cette droite radicale-là. Donc, effectivement, il fait un discours où il parle, genre de l'immigration, bon, on va en faire un référendum, alors qu'aujourd'hui, on n'a pas le droit constitutionnellement, l'État de droit…

– Non, mais il faut redonner la parole au peuple. – Oui, oui, il y a un référendum, alors qu'on n'a pas le droit, je le répète, et constitutionnellement, il veut, pareil sur l'État de droit, il dit, je ne suis pas contre l'État de droit, mais quand même, l'État de droit et la démocratie, il faut remettre ça en marche, enfin, il faut remettre ça au carré. – Remettre la France à l'endroit. – Remettre la France à l'endroit, voilà, bon, ça ressemble vraiment à un discours que le Rassemblement national pourrait tenir. Donc, moi, je pense qu'il attend d'être l'alternative à l'échec pendant la campagne de Jordan Bardella. Est-ce qu'il va réussir son pari ?

Moi, je ne le pense pas, parce qu'on ne peut pas réussir à devenir président de la République lorsqu'on n'a pas un projet qui est… Enfin, il n'a pas la popularité aujourd'hui du Rassemblement national. Et quand je dis popularité, c'est le rapport au populaire. Le LR, c'est un parti de… Il s'est adressé aux classes moyennes, non, c'est un parti, pas de classe moyenne, c'est au-dessus des classes moyennes. Et il n'arrive pas justement à parler de ses classes moyennes, à ses classes populaires, comme arrive à le faire le Rassemblement national. Lui, il s'est adressé aux classes moyennes, samedi. Oui, c'est super, il peut s'adresser, mais ce n'est pas un parti de classe moyenne.

Enfin, le parti des classes moyennes et des classes populaires, aujourd'hui, je n'en sais pas, ils vont plutôt du côté du Rassemblement national lorsqu'ils sont de droite. Donc, il n'arrivera pas à faire ça. Et je ne vois pas comment LR peut réussir à choper les voix du Rassemblement national sur ce…

19:28
Intervenant

Oui, enfin bon, la messe n'est pas dite, on en est loin. Il peut très bien réussir. C'est une course d'obstacles qui va durer longtemps. Non, si on regarde bien ses adversaires, ils ne sont pas très très forts non plus. Mais juste sur le RN, Yves, est-ce que le 7 juillet va changer les choses pour lui ? Est-ce que ce n'est pas la même campagne pour Bruno Retailleau, si c'est Marine Le Pen ou si c'est Jordan Bardella ? Ce n'est pas la même campagne pour lui ? C'est une nouvelle campagne qui commence pour tout le monde. C'est-à-dire que tout se fixe en fonction de ce qui va se passer le 7 juillet.

Soit c'est Jordan Bardella, et à ce moment-là, le discours, évidemment, notamment à droite, va être probablement nécessairement ajusté. Et puis… Ajusté pour quoi ? Pour ramener les électeurs du RN ? C'est possible, ça ? Oui, je pense que si Jordan Bardella a pris un positionnement qui est un positionnement de droite. Ce qui n'est pas le cas de Marine Le Pen. Marine Le Pen a fait, jusqu'à présent, un tout autre discours. Elle a un discours qui est ni de droite ni de gauche. D'ailleurs, elle le dit elle-même. Donc, ça change beaucoup de choses pour tout le monde, sauf éventuellement pour… Don Bruno Retailleau dit qu'il est socialiste sur le plan économique. Pardon ?

Don Bruno Retailleau dit qu'il est socialiste sur le plan économique, le discours du RN. Oui, non mais, effectivement, si c'est Marine Le Pen, le discours est quand même assez étatiste, effectivement. Beaucoup plus que si c'est Jordan Bardella. Mais il ne faut pas du tout enterrer, contrairement à j'écoutais Pablo, moi je pense qu'il ne faut jamais enterrer un candidat. Jamais. Parce qu'il peut se passer n'importe quoi. Imaginez que l'été soit dominé, je ne sais pas moi, par un thème tel que la canicule, que le gouvernement ne s'en sorte pas, que les autres candidats ne disent rien. Enfin, il peut se passer plein de choses qui changent la donne.

Et donc, je crois que c'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a un empressement qui est très fort. On le voit, Édouard Philippe fait aussi un meeting au début du mois de juillet. parce qu'ils veulent marquer, ils veulent cranter, comme on dit aujourd'hui, je déteste ce mot, mais ils veulent cranter avant les vacances et l'été. Parce que ça va se jouer à l'automne, ça c'est clair, c'est très clair. Mais le 7 juillet va être déterminant. Nathalie, avant de vous entendre, on va écouter Marion Maréchal, qui était hier l'invité de BFM et qui appelle Bruno Retailleau à se rapprocher de son camp.

Si j'écoute Bruno Retailleau et qu'il est sincère dans ce qu'il dit, ce que je crois, qu'est-ce qui aujourd'hui est irréconciliable entre lui et moi ou lui et le camp national au sensage ? Objectivement, rien. Je veux dire, à certains égards, parfois je me sens même plus proche de lui sur la ligne que d'autres au sein du camp national. C'est un peu le baiser de la mort,

22:06
Présentateur

ça, pour Bruno Retailleau, ce genre de déclaration, Nathalie ? Complètement, mais ce n'est pas nouveau. C'est-à-dire qu'on voit bien que l'extrême droite a totalement pris les voix des Républicains. Aujourd'hui, les Républicains, ils ont fait, je vous rappelle, moins de 5% lors de la dernière présidentielle et depuis, les scrutins, et c'est ça qu'il faut regarder, depuis, ils ne se sont pas remis. C'est-à-dire qu'ils ont fait, de mémoire, 8 ou 9% aux Européennes. Donc non, ils ont beau dire on revient par...

22:40
Intervenant

Moins de 5% que la dernière présidentielle.

22:41
Présentateur

Voilà, c'est ça. Donc, objectivement, c'est ça le problème. Aujourd'hui, l'électorat de droite, il est allé, traditionnel, il est allé, lors de la dernière présidentielle, majoritairement chez Éric Zemmour et au Rassemblement national. Donc, tout l'enjeu aujourd'hui de Retailleau, avec ce discours très fort, où il a reparlé de la tronçonneuse, donc avec un discours très libéral, et en même temps un discours très anti-assistanat, ça aussi, c'était en direction du Rassemblement national, tout l'objectif, c'est de récupérer l'électorat perdu. Or, au Rassemblement national, ce qu'ils disent, c'est mort.

C'est-à-dire qu'à partir du moment où les électeurs sont allés chez le Rassemblement national, c'est pas au moment où le Rassemblement national apparaît comme le favori, qui vont retourner vers un parti qui est objectivement moins en dynamique. C'est très compliqué.

23:37
Intervenant

Et pour le moment, Bruno Retailleau et les cadres des LR maintiennent une digue avec le RN à l'image de ce que disait Valérie Pécresse ce matin, invité d'RTL.

23:46
Présentateur

La droite républicaine, elle est aujourd'hui le rempart entre une gauche qui se mélanchonise et le Rassemblement national, l'extrême droite. La seule question, M. Soto, celle que vous me posez en filigrane, et je l'entends, c'est que, bien sûr, si on veut échapper à cette tenaille LFIRN, il faudra un seul candidat, il faudra se rassembler. Et oui, je le crois, il faudra se rassembler.

24:13
Intervenant

Est-ce que, Nathalie, les militants LR sont sur cette ligne de Valérie Pécresse ou est-ce qu'il y a des militants samedi qui disaient qu'il faut l'union des droites, il faut une candidature commune avec Jordan Bardella, Marine Le Pen, le camp de Marion Maréchal ?

24:27
Présentateur

Les deux. Les deux. Alors, majoritairement, ils étaient tous, enfin, ceux que j'ai vus, étaient sur, bon, s'il faut aller chez Édouard Philippe, on ira voir Édouard Philippe. Mais certains ne sont pas loin du Rassemblement national. Je vous rappelle que l'ancien patron du DLR, Éric Ciotti, il a créé un parti, il s'appelle l'UDR, qui est aujourd'hui un formidable marche-pied pour le Rassemblement national. Donc, on voit bien que, de plus en plus, notamment dans le Sud, il y a des élus LR qui rejoignent l'UDR. Et encore une fois, c'est une histoire de dynamique.

C'est vrai que ce meeting était plutôt globalement réussi, même si ce n'était pas le meeting du siècle, mais il va falloir beaucoup plus qu'un meeting où vous réunissez 3 000 personnes pour être en dynamique. Parce que, je vous rappelle que Bruno Retailleau, il a, depuis le 12 février, date de sa déclaration de candidature, émaillé plusieurs propositions. je vous mets au défi d'en citer une. C'est-à-dire que ça n'imprime pas. Donc, c'est une vraie difficulté. Et un certain nombre de personnes qui étaient au premier rang samedi le pensent aussi.

Et Valérie Pécresse, quand elle dit oui, c'est bien, je soutiens Bruno Retailleau, mais au bout d'un moment, il va falloir qu'un seul candidat, c'est l'exact contraire de ce qu'a dit Bruno Retailleau en disant samedi au Parc Floral, je serai là jusqu'au bout.

25:40
Intervenant

– Est-ce que c'est possible pour reprendre le titre de ce débat et pour reprendre l'anaphore de Bruno Retailleau, est-ce que c'est vraiment possible pour lui d'aller jusqu'au bout ? Quand on a Valérie Pécresse, Gérard Larcher, pas des moindres, chez les LR, qui prônent une candidature unique à l'automne, quand on a de l'autre côté une partie de ses troupes qui poussent vers un rapprochement avec le Rassemblement national, c'est possible pour lui de maintenir sa candidature jusqu'au mois d'avril prochain ? – Non, mais attendez, il ne va pas vous dire que j'ai… Attendez, deux secondes, il ne va pas vous dire je vais me retirer au mois d'octobre. Non, jamais.

Ils vont tous vous dire qu'ils iront jusqu'au bout. Sauf que la réalité va faire que peut-être que ça sera un écrémage par les sondages, on sait qu'il n'y aura pas de primaire. Mais évidemment qu'il y en a qui vont jeter les ponts. – Mais vous, ça vous paraît possible pour Bruno Retailleau, au vu des sondages, au vu du poids des LR aujourd'hui, d'aller jusqu'au bout ? – Pour le moment, il n'a pas la dynamique. Une élection présidentielle, c'est une question de dynamique. Si vous avez une dynamique, eh bien, vous pouvez être en passe de gagné.

La dynamique, on voit très bien que c'est celle du Rassemblement National, notamment de Jordan Bardella puisque dans la tête de beaucoup, Marine Le Pen est disqualifiée. On voit qu'il y a une petite, il y a une dynamique certaine du côté de Jean-Luc Mélenchon. Au centre, qui est-ce qu'a la dynamique aujourd'hui ? Édouard Philippe, un petit peu, un petit peu. Mais il n'y a pas de dynamique chez… Mais cette dynamique, elle peut arriver. Elle peut… À partir du moment où la dynamique, eh bien, ne vient pas, vous jetez l'éponge et vous pensez… Est-ce que vous croyez que les Républicains vont avoir les moyens ?

Parce que c'est une histoire de pognon aussi pour parler comme le président de la République. – Parce qu'il faut faire 5% pour être remboursé. Ils n'ont déjà pas fait 5% la dernière fois.

27:23
Bruno Retailleau

– Ils ont quand même le souvenir qu'ils ont fait moins de 5% la dernière fois. – C'est-à-dire qu'ils n'ont pas été remboursés ? C'est-à-dire que là maintenant, il va falloir faire des prêts en disant « la fois dernière, on n'a pas été remboursés ». Cette fois-là, on n'est pas sûrs, mais quand même, prêtez-nous des… – Vous avez fait appel aux dons des militants aussi. – Exactement. Mais moi, juste pour rebondir sur ce que disait Yves, je suis complètement d'accord. La présidentielle, c'est une affaire de dynamique. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, lorsqu'on regarde le peuple de droite, on voit que les dynamiques, elles ne sont pas du côté du candidat LR de Bruno Retailleau.

La question que vous avez posée, c'est… Mais ils sont plutôt pour l'union des droites, donc avec Édouard Philippe ou avec le Rassemblement national. Bon, ben voilà. On a bien montré la partition qui existe à l'intérieur des militants LR, y compris du cœur LR. C'est-à-dire, c'est la question qui se pose déjà, c'est est-ce qu'on va plutôt aller du côté d'Édouard Philippe ou est-ce qu'on va plutôt aller du côté de Jordan Bardella ou Marine Le Pen ? Pas est-ce que Bruno Retailleau va réussir à rassembler, à mettre derrière lui Jordan Bardella ou à mettre derrière lui Édouard Philippe. Cette question, pour l'instant, personne ne se la pose.

Et c'est vrai que lorsqu'on regarde sociologiquement, on regarde les études sociologiques sur les sympathisants LR, on voit qu'ils sont coupés en deux. Il y a la moitié, en fait, qui dit, nous, on veut une alliance avec le Rassemblement national et l'autre moitié qui dit, non, nous, on appartient plutôt au camp, on va dire, libéral du centre, etc. Et cette dichotomie, la proposition de Retailleau, moi, je me souviens, quand il se présentait pour être le patron de son parti, c'était d'essayer de transcender ça. C'était une proposition, pour le coup, en dynamique et redonner une identité forte à son parti. Pour l'instant, il n'a pas réussi. Pour l'instant, son parti n'a pas d'identité.

Si ce n'est, bon, il y en a la moitié qui veulent aller plutôt version Macron 3.0 et l'autre moitié qui veut être le RN, genre, je ne sais pas quoi, un ersatz du RN. Mais ça ne fait pas une élection présidentielle.

29:18
Intervenant

Nathalie, il y a encore des gens chez LLR qui croient à une candidature de Bruno Retailleau qui irait jusqu'au bout ? Ah, vous me posez la question.

29:26
Présentateur

Non. Enfin, non. Si lui, sans doute, j'imagine qu'il est convaincu et je suis d'accord avec vous, il ne faut rien exclure. Mais si on regarde les choses de façon très clinique et très objective aujourd'hui, ça va être quand même très très difficile pour des raisons de dynamique, pour des raisons de récit, parce qu'une présidentielle, c'est une dynamique et un récit. C'est quoi le récit de Bruno Retailleau aujourd'hui ? Moi, après avoir suivi le meeting de samedi, j'ai encore du mal à le dire. Et puis après, c'est une histoire de moyens. Après, c'est une histoire de troupes aussi. Et on voit que il y a quand même, et pardon, mais les absents comptent beaucoup.

Quand vous avez le patron des députés LR qui n'est pas là, quand vous avez quelqu'un comme Jean-François Copé qui est quand même quelqu'un qui compte, et comme Xavier Bertrand qui est président de région et tous les deux, Copé et Bertrand, ont été les patrons de ce parti, ils n'étaient pas là. Ils font savoir qu'ils ne sont pas d'accord avec la ligne. Tout ça est quand même très compliqué pour avoir un discours construit qui crée une dynamique.

30:29
Intervenant

Cela dit, il a trouvé un fil rouge samedi, il l'a répété. Alors, je ne sais pas ce que ça vaut, mais vis-à-vis d'une partie des Français de droite, notamment, ça résonne, ça dit quelque chose. C'est la France, remettre la France à l'endroit. C'est-à-dire, il l'a énuméré, la justice, la sécurité. Ça ne marche plus. La justice, ça ne marche plus. La santé, ça ne marche plus. L'école, ça ne marche plus. C'est aussi une autre anaphore de son discours. La dépense publique, tout ça. Bon, c'est un thème, la France à l'endroit. Remettre la France à l'endroit, ça peut être un conducteur.

30:59
Présentateur

Et on va écouter... Ce n'est pas loin de celui du RN aussi qui disent que rien ne fonctionne. Oui, bien sûr. C'est quand même très compliqué pour eux d'avoir une singularité.

31:06
Intervenant

On va écouter un extrait de son discours et l'une de ses propositions suite à l'affaire Liana, elle concerne la castration chimique. On l'écoute. Ça suffit de voir des pédos criminels extrêmement dangereux qui, même après une peine d'emprisonnement, conservent toute leur dangerosité parce qu'ils sont soumis à des pulsions irrépressibles et qui peuvent récidiver. Je propose la castration chimique sans leur consentement. Voilà, signe d'un discours quand même très à droite, Nathalie, est-ce qu'avec un discours comme ça, il peut rassembler derrière lui le bloc central ou est-ce que là, il part trop à droite pour espérer rassembler ?

31:45
Présentateur

Aujourd'hui, il part très à droite justement pour faire en sorte que son socle le plus radical, je veux dire, soit derrière lui et ensuite, il a un petit peu commencé et ensuite, il élargira mais là, dans un premier temps, il est sur la consolidation de son socle. Oui,

32:04
Intervenant

il est un peu revenu d'ailleurs sur ses propos sur les magistrats. Il a dit ça ne sert à rien de pointer du doigt les magistrats, on sent qu'il y a eu un...

32:10
Présentateur

Oui, mais en même temps, il faut quand même modifier la constitution sur l'état de droit, donc c'est un peu le en même temps.

32:15
Bruno Retailleau

Non mais c'est quand même très très populiste et y compris la classification chimique est un populisme qui, à mon sens, est dangereux. bon, c'est pas du tout possible à ce stade, mais je vois très bien sur quoi ils surfent. Ils surfent sur la peine de mort. C'est-à-dire que vous avez une partie des gens qui veulent l'appel de mort pour les pédocriminels. Aujourd'hui, aucun homme politique ou femme politique de premier plan a pris position pour la peine de mort. Il n'en a pas parlé. Oui, mais ça, c'est la version atténuée de la cassation chimique. Bien sûr, c'est la version atténuée. De toute manière, ça n'a aucun... C'est pour essayer de récupérer ceux qui veulent la peine de mort.

Il se dit, tiens, je vais leur proposer la cassation chimique. Mais la cassation chimique,

32:48
Intervenant

il a dit ça. De toute manière, ça ne fait absolument pas fuir l'électorat centriste. C'est marginal, cette histoire. Marginal. Moi, je pense que c'est central

32:56
Bruno Retailleau

dans sa pensée de ce que c'est que l'état de droit. Mais c'est pas du tout

32:58
Intervenant

la peine de mort. La peine de mort, vous savez ce que c'est que la peine de mort ? Oui. Et vous savez ce que c'est la cassation chimique ? Oui, la cassation chimique, c'est une punition qui vaut exactement la même chose que la perpétuité. Oui. Affreux. Ben voilà. C'est affreux. Ben oui, la perpétuité aussi.

33:13
Bruno Retailleau

Écoutez Badinter, relisez Badinter pour savoir ce que c'est que la perpétuité. Mais Badinter n'est pas du tout mon alpha et mon obéga. Qu'est-ce que c'est que ça ? Chacun ses modèles.

33:24
Intervenant

Il n'a pas pointé du doigt trop le Rassemblement national. Il n'a pas non plus attaqué Édouard Philippe. En revanche, il a fait de la France insoumise son adversaire principal. Est-ce que ça peut être payant politiquement, Nathalie ? Est-ce que ça sert

33:35
Présentateur

à quelque chose pour lui ? Oui, parce que comme il est dans l'objectif de réunir son socle, taper sur la France insoumise qui fait peur à l'électorat de droite, ça marche. Et il est allé, mais à plusieurs moments du discours. Et c'est habile. Et j'allais dire que c'est même classique. Quand vous voulez faire en sorte que votre socle soit derrière vous, vous tapez sur ceux qui font le plus peur et actuellement, ceux qui font peur, celui qui fait le plus peur à l'électorat de droite, c'est Jean-Luc Mélenchon.

34:03
Bruno Retailleau

Oui, ils le font un peu tous à droite, entre Édouard Philippe, Gabriel Attal, Jordan Bardella. Enfin, je veux dire, tous, ils ont effectivement mis, ils mettent... Glucksmann aussi. Glucksmann, exactement. Non, mais ils prennent tous la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon comme un épouvantail commode à agiter. Mais c'est payant ?

34:19
Intervenant

Ça veut dire qu'en agitant cet épouvantail, ça peut ramener les voix sur le bloc central ?

34:24
Bruno Retailleau

Je ne vois pas trop l'intérêt parce que... S'il veut être l'alternative précisément à Jean-Luc Mélenchon, il faut qu'il en fasse la preuve et aujourd'hui, il n'en a pas fait la preuve. Pour moi, c'est... Désolé Yves, mais pour moi, c'est comme le slogan « La France à l'endroit ». Bon, c'est super. Il ne veut pas laisser la France à l'envers. Bon, d'accord, OK. Il a dit que Jean-Luc faisait chaud, peut-être aussi. D'ailleurs, il l'a dit qu'il faisait chaud aujourd'hui. Bon, ce sont des lapalissades, des choses qui peuvent agiter mais qui ne constituent pas, d'une dynamique possible.

Mais encore une fois, Yves Arison a peut-être que demain, il va décoller parce qu'il va se passer plein de choses, je ne sais pas. Mais aujourd'hui, on ne voit pas. Mais il lui manque quoi ? Il lui manque un slogan ?

35:05
Intervenant

Il lui manque quoi ? Est-ce qu'il a une colonne vertébrale ? Le slogan, il l'a. « Remettre la France à l'endroit », ça ne me paraît pas être un mauvais slogan. Est-ce que vous connaissez le slogan du Rassemblement national ? Pas encore. On connaît celui de Jean-Luc Mélenchon ? Oui, c'est le seul. On en a un. Les autres, ils n'en ont pas. Ils sont tous à la recherche.

35:21
Bruno Retailleau

Ils ont identité. Le RN a une identité très forte.

35:25
Intervenant

Non, parce que c'est ça qui est intéressant le 7 juillet, c'est que ce n'est pas du tout la même chose, et l'un et l'autre. Donc c'est ça qu'on est encore dans une espèce de maelström pas très clair quand même. Voilà, à suivre. Et le prochain grand meeting, ce sera donc suivi d'Edouard Philippe, le 5 juillet. Merci beaucoup. Merci Nathalie, Pablo, d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.

35:51
Présentateur

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