Construire l’autonomie des jeunes : quelles politiques de rupture ? | #Amfis2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 35 %Défensif 5 %
Temps de parole
- ?99 %
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Merci beaucoup à toutes et à tous de participer à cette conférence sur la question de l'autonomie des jeunesses et sur la question quelle politique de rupture menée. C'est une conférence qui est vraiment très très importante. Premièrement parce que elle essaie d'apporter une contribution dans le débat public.
Vous le savez, à chaque rentrée, on a toujours les mêmes débats, c'est-à-dire que tout le monde s'indigne de l'état de la précarité étudiante, tout le monde s'indigne de voir combien de lycéennes et lycéens n'ont rien eu sur Parcoursup, tout le monde s'indigne de voir le prix des fournitures scolaires et puis après avoir versé des larmes de crocodile, tout le monde oublie la jeune génération et elle disparaît du débat politique et la France insoumise cherche chaque fois que c'est possible de mettre les questions qui sont propres à la jeune génération au centre du débat public et c'est le sens de cette conférence.
Et donc du coup, pour commencer, on a l'honneur d'avoir deux organisations qui sont très très importantes dans les batailles pour la jeunesse. Donc on a d'abord Riyad de l'Union syndicale lycéenne que l'on peut applaudir très très fort.
[applaudissements]
Et nous avons aussi Sabrina de l'Union étudiante que l'on peut aussi applaudir très très fort.
[applaudissements]
Et du coup, ce que je vous propose, c'est que on va d'abord commencer par avoir un petit propos introductif des deux organisations et ensuite d'avoir un temps d'échange avec la salle avec la grande difficulté que avoir un débat sur la jeunesse ça prendrait 12h si jamais on voulait à peine réussir à faire correctement une introduction. Donc on va essayer d'être de développer le plus possible et en même temps d'être le plus concis possible et donc je vais commencer par laisser la parole à Riyad pour l'Union syndicale lycéenne. Vous m'entendez ? Bah merci Louis pour l'invitation à cette conférence.
Alors aujourd'hui on a la conséquence de 10 ans de macronisme et de néolibéralisme dans l'éducation nationale et notamment dans nos lycées. Alors en réalité, c'est 10 ans mais c'est 40 ans de conséquences politiques en passant euh par toutes tous les gouvernements euh qui les ont précédés euh l'arrivée de monsieur Macron, mais monsieur Macron, il y a quand même fait beaucoup de choses, il a ancré durablement euh les inégalités euh dans l'éducation nationale à travers la loi de 2019 de monsieur Blanquer sur Parcoursup euh avec monsieur Attal et le choc des savoirs et euh et voilà.
Alors pour introduire un petit peu cette conférence qui est euh qui est très intéressante, euh on peut voir que la les politiques de rupture qui devraient euh être amenées euh sont pas si difficiles que ça. En réalité, il faut juste plus de moyens et il faut prioriser. Quand on voit qu'un gouvernement euh préfère euh prioriser euh la militarisation que l'éducation euh populaire.
Quand on voit que par exemple, on a euh comme projet le service national universel qui a coûté euh plusieurs millions d'euros qui euh servait juste de faire la propagande la propagande de dès le plus jeune âge euh de l'armée et revendiquer euh euh que voilà, quand on est jeune, c'est bien de protéger son pays et d'aller euh faire la guerre. Voilà. Alors euh, on a Parcoursup en 2019 qui est arrivé euh qui a euh encore plus ancré euh les inégalités parce que Parcoursup, c'est une plateforme, c'est un algorithme qui va euh décider de l'avenir de milliers de lycéens et lycéennes. Alors avec soi-disant un truc assez transparent euh or qui est pas du tout transparent.
Parce que quand on regarde, euh ça se base pas sur des compétences, ça se base sur aucun critère. Euh de temps en temps, on n'examine même pas votre dossier. Or, on a beaucoup de lycéens et lycéennes qui ont mis euh comme lettre euh comme CV euh une recette de cuisine et euh pourtant tous ses vœux étaient acceptés euh alors qu'elle a mis une recette de cuisine. C'est pour vous dire à quel point euh ils ne ils ne s'intéressent pas à la jeunesse de ce pays. Alors Parcoursup, alors quelques chiffres euh en 2025 Parcoursup c'est un lycéen ou une lycéenne sur 7 qui a aucun vœu accepté le 1er jour de Parcoursup. Alors ça fait à peu près 74 % ont été refusés dans au moins un de leurs vœux.
Or si on traduit ces chiffres, c'est 32,1 % dans qu'ils ont été refusés dans quelques vœux, 34,9 dans plus de la moitié et 32,1 dans la totalité de leurs vœux. Alors c'est-à-dire qu'on a 31 % de lycéens et lycéennes à la sortie de 2025 qui n'avaient aucune proposition pour l'entrée au au supérieur. Or pareil, il y a des chiffres sur la santé mentale qui sont désastreuses, qui sont des conséquences politiques. Or quand on voit par exemple le combat mené par Louis sur le 8h-18h qu'on mène aussi également à l'Union Syndicale Lycéenne, qui a qui a quand même assez de conséquences sur la santé mentale.
Or le plus le récent le plus le chiffre le plus récent, c'est le rapport En Classe de 2024 où 15 % des lycéens et lycéennes ont un un risque important de dépression et 24 % rapportent des pensées suicidaires. Voilà aujourd'hui la conséquence des politiques macronistes depuis depuis 2017 mais bien avant avec les gouvernements précédents.
[applaudissements]
Bonjour à toutes et à tous. Du coup, je suis Sabrina de l'Union étudiante. L'Union étudiante, c'est 1er syndicat étudiant de France, on est présent sur tout le territoire. Et si on prend la parole sur l'autonomie de la jeunesse, c'est parce que il faut partir d'un constat qu'on fait toutes et tous, c'est que aujourd'hui être jeune en France, c'est trop souvent dépendre dépendre de ses de ses parents pour payer son loyer, dépendre d'un emploi alimentaire pour faire les courses, c'est dépendre d'aides sociales qui sont souvent très faibles et parfois inaccessibles, c'est dépendre du bon vouloir d'un propriétaire, d'un employeur ou d'une administration pour poursuivre ses études.
Et cette dépendance, bah elle a rien de naturel. C'est euh elle est organisée par des choix politiques et l'autonomie, ça veut pas dire "Débrouille-toi seul." C'est euh ne pas survivre avec un contrat précaire, c'est euh compter chaque euro à la fin du mois ou devoir appeler ses parents quand le compte est vide. L'autonomie, c'est avoir les moyens matériels de vivre dignement, de faire des études qu'on a choisies, de se former, de se loger, de se nourrir, de se soigner. En bref, des droits fondamentaux qui permettent de vivre dignement.
Et euh depuis 2017, les gouvernements de de Macron ont mené, comme disait Riyad, une offensive continue contre contre ces droits, une offensive contre le droit d'étudier, contre le droit de se nourrir, contre le droit au logement, et cetera. Et ce qu'on vit, ça relève d'une série de décisions, ça relève pas d'une série de de décisions isolées, la sélection à l'université, la précarité, le manque de logement, la hausse des frais, la mise en concurrence des établissements et le développement du privé, hein, ça c'est le projet de Macron quand il dit que les universités c'est pas possible qu'un étudiant euh ne Enfin, en gros, que ça coûte énormément à l'université euh un étudiant.
Et tout ça, bah notre rôle à l'Union étudiante, c'est d'organiser la riposte et c'est aussi de proposer un autre projet, celui d'une université publique, gratuite, euh écologique, émancipatrice, aux valeurs auxquelles on croit. Et euh ça, ça commence par le droit aux études. Parce que avec Parcoursup, avec la loi ORE, avec le gouvernement qui a imposé une logique de sélection à l'entrée dans l'enseignement supérieur, bah on on on on nous présente Parcoursup comme un outil d'orientation, mais en réalité, c'est d'abord une machine à tri sociale et raciste. C'est une machine à créer de l'angoisse qui met en concurrence les étudiants et les étudiantes entre eux.
Et euh si on parle de sélection sociale et raciste, notamment de sélection raciste, c'est pas c'est parce qu'il y a une étude, notamment de l'ANDES, qui est l'Observatoire national des discriminations dans l'enseignement supérieur, qui montre que à dossier égal, une personne qui a un nom, un prénom à consonance nord-africaine ou ouest-africaine a beaucoup plus de chances en moins d'être recalée euh à l'entrée de l'université. Et ça, c'est simplement le fait de déposer un un un de de demander des renseignements à l'université, on nous ouvre même le mail n'est pas ouvert. C'est ça que d'être une personne euh racisée en France.
C'est aussi une sélection sociale, parce que quand on est étudiant, il faut se demander combien de jeunes renoncent à une formation parce qu'elle est trop loin de chez ? Combien renoncent parce que on n'a pas les les moyens de payer un logement dans une autre ? Combien de nous acceptent une formation qu'ils n'ont pas choisie parce qu'on n'a pas reçu d'autres ? Parcoursup, ça traduit simplement les inégalités, ça ça ça les traduit concrètement dans les dossiers, dans les classements, dans les algorithmes, ça rend la sélection et les inégalités, ça les rend administratives. Et la sélection elle se poursuit ensuite en master par l'intermédiaire euh de la plateforme Mon Master.
Et ça se traduit par des capacités d'accueil totalement insuffisantes. Chaque année, on ferme des filières entières. Chaque année, euh on coupe dans le budget de l'enseignement supérieur, on fait face à un sous-financement qui est structurel des universités. Puis cette sélection, elle se prolonge dans le le développement des écoles privées qui prospèrent sur la pénurie organisée dans le public. Et le message qui est envoyé à la jeunesse, il est violent. C'est si tu n'obtiens pas ta place dans l'université publique, bah tu vas tu vas payer. Et si tu peux pas payer, tu dois renoncer, tu dois travailler, tu dois accepter une orientation qui est subie.
Et si vraiment tu es pris nulle part, bah on t'envoie à l'armée. Voilà, c'est ça être étudiant dans la France de Macron. Et ça c'est inacceptable. Le baccalauréat, nous on pense à l'Union étudiante que le baccalauréat il doit donner automatiquement l'accès à l'enseignement supérieur.
[applaudissements]
Chaque jeune doit pouvoir étudier dans la formation de son choix sans être trié selon son dossier, selon son lycée d'origine, selon son nom de famille et cetera. Et c'est pour cela qu'il faut l'abrogation de Parcoursup et de Mon Master, la fin de la sélection, c'est pour cela qu'il faut des moyens réels dans l'enseignement supérieur parce que le problème c'est pas qu'il y aurait trop de jeunes à l'université. Non, le problème, c'est que il y a pas assez de place, c'est qu'il y a pas assez de personnel, c'est qu'il y a pas assez de moyens investis pour répondre aux besoins de la jeunesse. Et être admis à l'université, ça suffit pas, encore faut-il y rester.
Sauf que pour trop d'étudiants, la vie quotidienne est devenue c'est devenue une lutte permanente. Le loyer, les charges, les transports, les courses, le matériel pédagogique et cetera. Chaque dépense, c'est un obstacle de plus dans le parcours d'un étudiant. Être étudiant, c'est vraiment un parcours du combattant. Trop de jeunes doivent travailler à côté de leurs études. Quand un étudiant saute des repas, c'est pas un problème de gestion, c'est pas un manque d'organisation individuelle de l'étudiant, c'est la conséquence directe d'un système qui refuse de garantir les conditions matérielles minimales pour étudier.
Quand un étudiant renonce à une formation parce qu'il peut parce qu'il peut pas payer le loyer dans la ville où il est admis, c'est pas un libre choix, c'est une exclusion méthodique. Quand euh les euh les APL viennent de On vient d'être de supprimer les APL pour les étudiants étrangers, et là le gouvernement, il préconise la suppression des APL pour plus de 200000 étudiants, ça c'est une volonté politique de faire payer les étudiants parce que Macron déteste en réalité les étudiants.
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Et c'est pour cela que l'Union étudiante on défend notamment un revenu d'autonomie. Nous défendons donc à terme un revenu étudiant de 1288 euros par mois, c'est le niveau c'est le seuil de pauvreté. Et ça c'est sans condition, sans dépendre des revenus parentaux, sans euh c'est un revenu qui permettra de vivre et pas simplement de survivre dans cette société. Et ce revenu, il doit permettre à chaque jeune de choisir sa formation sans être contraint de se sacrifier à un emploi alimentaire, il doit donner le temps de se former, de se soigner, de se cultiver, de participer à la vie collective, de construire son avenir.
Et donc, on propose que ce euh ce revenu étudiant repose sur une nouvelle branche de la sécurité sociale qui serait dédiée à la jeunesse, financée par la cotisation sociale et par une contribution des plus hauts profits. Et
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Et ça c'est concret, c'est parce que on refuse que les jeunes portent le coût de leur formation. L'autonomie, c'est un droit social et ça doit être financé par la solidarité parce que on doit penser aussi à nous pour nous et par nous. Et donc pour euh je laisserai ensuite je pense les questions des débouchés euh dans une dans un second temps et voilà, merci.
[applaudissements]
Merci beaucoup euh pour vos interventions. De La France insoumise euh au moment de l'actualisation du programme, euh elle s'est posé beaucoup de questions sur ce qu'elle devait faire à partir de 2027 dès lors que euh, on parlait de la jeune génération. Avec déjà une première difficulté, c'est que la jeunesse, ça n'existe pas. Il existe des jeunesses. Vous ne vivez pas la même jeunesse selon votre classe sociale, selon le territoire où vous avez grandi, selon votre genre, selon votre religion, selon votre couleur de peau ou toute une autre série de paramètres. Donc du coup, parler de la jeunesse, c'est quand même difficile.
Et pour autant, on a dans euh, l'imaginaire collectif une définition qui certes a des bords flous, mais on voit de quoi on parle quand de quoi on parle quand on parle de jeunesse. Et notamment, cette jeune génération, c'est peut-être là où Macron a été le plus profondément dans toutes les réformes. S'il y a un secteur dans lequel Macron a profondément changé les choses, c'est bien quand il s'agit de la jeunesse. Je peux donner l'exemple par exemple à partir du lycée. Je vous en donne un exemple très concret. À l'époque, vous aviez les filières euh, S, ES, L générale et compagnie. Aujourd'hui, vous avez euh, plus d'une dizaine de différentes filières.
Ce qui fait que comme vous avez euh, euh, le entre trois et deux choix ensuite en terminale, en fait, tous les élèves ont des compositions filières différentes. Ce qui fait que du coup, vous n'avez jamais la même classe et que vous vous retrouvez à avoir des lycéennes et des lycéens qui à la fin de l'année scolaire ne connaissent même pas tous les élèves dans les dans les classes dans lesquelles ils sont. Et c'est ça qui crée un qu'il y a un qui a créé un phénomène au lycée, c'est que la socialisation, les amitiés longues, elles sont devenues de plus en plus difficiles et ça, ça a été un des leviers qui a affecté la santé mentale des jeunes. Mais aussi, ce système de sélection permanente.
C'est-à-dire que Parcoursup, on sait tout ce que tout ce que ça traîne de péjoratif et d'inquiétant pour un élève. Sauf que à partir de la seconde, ils sont mis en compétition les uns avec les autres pour savoir qui aura la filière qui ensuite déterminera la filière Parcoursup qui déterminera ensuite la formation qui déterminera ensuite le domaine de travail de tout le reste de sa vie. Et on est déjà on a déjà une première question pour cette jeunesse scolarisée, c'est est-ce que c'est sain de mettre en compétition des adolescents de 14 à 19 ans pour savoir qui exercera quelle filière, qui définira le métier du reste de sa vie.
Et là déjà, on a un début d'analyse qui nous permet de comprendre pourquoi est-ce que vous avez l'explosion de problèmes de santé mentale des jeunes. Et ben nous, on a déjà une première proposition qu'on met sur la table, c'est la liberté d'orientation totale pour les lycéennes et les lycéens et l'abrogation de la réforme du baccalauréat du lycée pour répondre à cette première problématique.
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La deuxième, c'est sur celle des apprentis. Parce que vous avez maintenant près de 1 million d'apprentis. Et en fait, pour beaucoup de jeunes, il y en a qui se disent l'apprentissage, ça a quand même un avantage, c'est que moi dans le système scolaire, dans le système secondaire et dans le système supérieur, je n'arrive pas à trouver ma place parce que les formations sont très mandarines. Les les professeurs, ils aimeraient beaucoup pouvoir faire des débats mouvants, pouvoir vraiment travailler ça. Mais le problème, c'est que on a trop d'élèves dans les universités. Regardez, en début d'année, vous en avez qui sont littéralement assis sur les bancs.
Et dans un certain nombre de lycées, vous avez jusqu'à 40 élèves dans les classes. Donc du coup, c'est pas possible de pouvoir faire autrement que de faire une longue conférence comme malheureusement vous obligez à la subir aujourd'hui. Encore une fois, problème, on est beaucoup trop nombreux dans ces amphis. Mais ça, c'est une bonne nouvelle, c'est pas une bonne nouvelle quand il s'agit des lycées et des universités. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, on a beaucoup de jeunes qui sont envoyés dans l'apprentissage avec une difficulté, c'est que parfois, ces formations d'apprentissage, elles sont qualifiantes. Vous avez un diplôme à la fin.
Le problème, c'est que si jamais vous ne trouvez pas l'apprentissage, vous ne validez pas votre diplôme. Et vous vous avez alors que vous avez 20 % de chômage des jeunes, vous vous retrouvez à avoir des jeunes qui ne valident pas leur diplôme parce qu'ils n'arrivent pas à trouver un apprentissage. Et dans tout ça, vous vous retrouvez aussi à avoir toutes les discriminations qui sont les discriminations racistes dans l'accès à l'emploi, qui sont les discriminations sexistes dans l'accès à l'emploi. Et là encore, c'est une violence sociale supplémentaire pour ces jeunes. Et pour les jeunes du supérieur, encore une fois, la même chose.
Parce que et on se retrouve dans un problème, c'est que les bourses, elles ont jamais été compensées avec l'inflation. Vous avez les 2/3 des étudiants qui ne touchent pas la bourse. Et même quand vous touchez la bourse à l'échelon maximal, vous n'êtes même pas à la moitié du seuil de pauvreté. Et là, on touche du doigt le problème qu'on a dans la jeunesse. C'est que aujourd'hui, la jeunesse, elle dépend de la solidarité familiale. Et au moment où on réfléchit au programme, à qu'est-ce que la jeunesse dans la nouvelle France, on se dit mais en fait, qu'est-ce qui peut définir la ? C'est pas une classe sociale, ça dépend trop des territoires.
Mais par contre, il y a peut-être une définition matérialiste qu'on peut trouver sur la jeunesse. La jeunesse, c'est un temps social. C'est le temps où vous construisez votre autonomie pour sortir de la solidarité familiale et être vous-même autonome. Et c'est intéressant de voir que en 1958, les jeunes, ils étaient autonomes en moyenne à 21 ans, 22 ans. Aujourd'hui, les jeunes, ils sont autonomes à partir de 27 ans. Et pendant cette période euh de à peu près après 18 ans jusqu'à vos 27 ans, vous êtes dans un moment où vous serez forcément précaires si la solidarité de votre famille n'est pas suffisante. Je vous donne un exemple. Dans les études, les bourses ne sont pas suffisantes.
Dans l'apprentissage, vous êtes payés moins que le SMIC. Et même quand vous êtes dans les stages et toute cette période de précarité. Et c'est là du coup où on comprend pourquoi est-ce qu'on a une telle précarité dans la jeunesse. C'est parce que vous avez un problème, nous la jeunesse est dépendante de la solidarité familiale, alors que les familles sont de plus en plus précarisées à cause de l'inflation. Et donc du coup, nous on dit, il faut passer, comme on a fait pour les retraités qui à l'époque dépendaient du fils ou de la fille pour subvenir à leurs besoins quand ils ne pouvaient pas travailler, comme pour les retraités, on va faire avec la jeunesse la même chose.
On va passer de la solidarité familiale à la solidarité sociale et nationale. Et c'est de ça dont on parle quand on parle de garantie d'autonomie. Et je terminerai sur un dernier point. On peut pas dire qu'il n'existe pas de politique jeunesse en France. Il existe énormément de politique jeunesse en France. Le problème de ces politiques je vous donne un exemple hors scolarité, ? Hors secondaire, hors supérieur. Vous avez 53 milliards d'euros qui sont alloués à la jeunesse. Bon, déjà on voit que c'est sous-financé parce que c'est représente 14 % de tout le budget de l'État alors que la jeunesse c'est 15,6 % de la population.
Donc on voit déjà que alors que c'est une population qui a des gros besoins, on voit que la part du budget, elle est moindre par rapport à sa part dans la population générale. Mais surtout l'autre difficulté, c'est que la jeunesse, c'est plein de politiques dispersées. Je vous donne un exemple, à l'échelle gouvernementale, vous avez 28 administrations différentes qui s'occupent de mener une politique jeunesse. Et elles sont censées être coordonnées dans un comité interministériel à la jeunesse qui s'est réuni trois fois en 42 ans. Je vous jure. Et ce problème-là, vous l'avez à le même problème à l'échelle de la région. Les régions, elles mènent des politiques régionales.
Sauf que chaque délégation mène sa propre politique jeunesse. C'est vrai à l'échelle du département, c'est vrai à l'échelle de la commune. Et en fait, on se retrouve à avoir 53 milliards qui sont dispersés entre l'État et les collectivités. Mais en fait, comme ces politiques, elles ne sont pas cohérentes et que surtout elles ne partent pas du principe qu'il faut faire l'autonomie de la jeunesse, et ben en fait, on se retrouve à avoir une politique jeunesse qui est déstructurée, qui est pas coordonnée et qui est sous-financée. Et c'est pour ça que dans le meeting de Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon, il a parlé de l'Office national de l'autonomie des jeunesses. Et là, vous avez le plan global.
Une analyse de ce qu'est la jeunesse, c'est pas une classe sociale. Par contre, c'est un temps social, une politique d'État, celle de sortir de la solidarité familiale pour passer à la solidarité sociale et nationale. Un moyen de financement, regrouper tout ce qui aujourd'hui est disséminé et en même temps avoir de la taxation sur sur ultra-riches pour financer une politique jeunesse au global. Et à partir du moment où vous faites ça, vous avez deux avantages.
C'est que les jeunes, quand ils ont euh un revenu d'autonomie, en vérité, avec cet argent, ils payent le loyer, ils payent les factures d'électricité, ils payent la nourriture, ils payent des sorties des sorties culturelles, ils payent ce dont ils ont moyen pour cons- pour construire leur autonomie. C'est-à-dire que tout ça, ça retourne dans l'économie réelle et donc ça retourne dans un circuit qui vous permet de le refinancer derrière. Et puis surtout, ça vous permet de mettre fin au système de classe qui règne aujourd'hui dans les politiques jeunesse. Et c'est comme ça que vous faites l'égalité réelle et c'est comme ça que vous faites la lutte des classes.
Voilà un peu quelle est la politique jeunesse qui est portée par la France insoumise. Mais du coup, pour ça, vous devez aussi le faire avec les jeunesses. Et c'est pour ça que c'est important pour nous d'avoir des discussions régulières avec l'Union étudiante, avec l'Union syndicale lycéenne et aussi avec les organisations de jeunes travailleuses et jeunes travailleurs qu'on a essayé d'avoir autour de la table, mais malheureusement, c'était un peu difficile de pouvoir caler ça du point de vue agenda.
Et donc du coup, ce sera ma première question pour vos organisations sur ces 10 ans de Macron, alors qu'il a profondément touché les politiques jeunesse, quel a été le les rapports que le président de la République et ses différents ministres, dont pour la plupart on a oublié le nom, quel a été le rapport des différents gouvernements Macron vis-à-vis des organisations de jeunesse et vis-à-vis de la jeunesse tout ? Bah du mépris. Le
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Emmanuel Macron n'a eu que du mépris pour la jeunesse de ce pays depuis le début. En nous forçant à plusieurs choses, notamment le SNU, comme je l'ai évoqué précédemment. Euh aujourd'hui, euh faut savoir que on est un syndicat 100 % indépendant, l'USL, aucun financement de l'État. Et qu'aujourd'hui, nos rapports avec eux sont conflictuels parce que ben bien évidemment, quand le ministère de l'Éducation nationale triche à des élections lycéennes, bah bien évidemment qu'on le va les condamner et qu'on a gagné le procès il y a quelques semaines. Voilà aujourd'hui une victoire
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parmi tant d'autres. On les a fait céder sur le SNU, on les a fait céder sur l'interdiction du téléphone portable pour les moins de 15 ans. En voulant surveiller la population française sous couvert de la protection des mineurs. Voilà aujourd'hui euh euh ce que Macron a a commencé à faire et de ce qu'il a fait et de ce qu'il compte faire encore pendant un an parce que comme le dirait bien lui euh Emmanuel Macron aime bien tout casser et c'est l'année pour tout casser pour lui parce que c'est son seul objectif, on l'a bien vu déjà avec ce rapport notamment sur les appels pour les étudiants.
Alors entre les chocs des savoirs pour les collégiens parce que faut savoir le choc des savoirs annoncé par Gabriel Attal, c'est trois phases.
La première c'était euh en primaire avec plus d'heures de français, plus d'heures de maths et moins d'heures d'activités culturelles et la deuxième phase c'était au collège où on va faire des groupes de niveau où on va vous dire vous vous êtes forts, vous vous êtes moins forts, vous vous êtes vous vous êtes moyens euh et il a vu que bah ça a pas fonctionné parce que les enseignants euh dignement se sont rebellés contre cette proposition de monsieur Attal et du coup ça les a fait reculer et ça les a évité d'aller jusque dans le secondaire au lycée ce qu'il voulait aussi appliquer.
Euh alors voilà nous on a on a des revendications qu'on a apporté au gouvernement qu'ils ont à chaque fois balayé d'un revers de main. Alors notamment la revendication d'un repas à 1 euro aussi pour les lycéens et lycéennes parce que avant tout être quand on sait que quelques beaucoup de lycéens et lycéennes le repas dans le milieu scolaire c'est leur seul vrai repas de la journée. On peut pas étudier en on peut pas étudier dans des conditions dans des conditions correctes si on n'a pas le ventre rempli et si on n'est pas rassasié.
Euh Parcoursup voilà c'est un débat depuis longtemps, je sais pas si vous savez mais dans la démocratie lycéenne, on a les CVL, on a le conseil académique de la vie lycéenne, on a le conseil national de la vie lycéenne. Or, ils font semblant de nous consulter bien évidemment, on a un titre consultatif. Ils ont consulté à plusieurs sujets sur la santé mentale, sur Parcoursup. Or, on est assez nombreux à leur avoir dit que Parcoursup générait beaucoup de de de problématiques au niveau de la de la santé mentale.
On a fait des propositions alternatives, bien évidemment balayées d'un revers de main par monsieur Attal, ensuite madame Borne qui était Première ministre et on l'a mise là parce que fallait la mettre là. Voilà. Alors, c'est c'est assez insultant et et méprisant de de leur part. Je [grognement] pense que voilà, j'ai fait assez le tour sur ça. Je vais laisser la la parole à Sabrina.
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Alors, oui, évidemment, il y a il y a du mépris. Macron déteste les étudiants, on l'a dit. Macron et son et ses gouvernements successifs, c'est que des attaques. C'est d'abord Bienvenue en France, là, le projet cynique Bienvenue en France qui fait des frais d'inscription, ça soit plus cher pour les étudiants étrangers et étrangères en présentant ça comme un meilleur accueil des étudiants étrangers alors même que c'est une sélection par l'argent, c'est une sélection raciste, c'est une sélection sociale. On a ensuite la suppression des appels pour les étudiants étrangers. On a encore maintenant la suppression l'annonce de la suppression des appels pour tous les étudiants.
Mais plus qu'une question de mépris, c'est d'abord Macron qui a peur de la jeunesse, qui a peur de la solidarité que les jeunes organisent. Il a peur que les que les jeunes s'organisent entre eux et c'est pour ça qu'on va le mettre au pas. C'est pour ça qu'on va rien laisser passer. [applaudissements][acclamation] Euh,
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Macron, on va le faire plier et ça ça va se faire dès cette année, dès la rentrée avec le fait d'être présent partout, sur tout le territoire, dans nos universités, dans nos lieux de travail, on va s'organiser et on va évidemment faire plier ce ce son projet, faire plier son son gouvernement libéral et face à son projet destructeur, nous ce qu'on défend c'est un véritable service de l'enseignement supérieur et on va le mettre en place en espérant avoir une gauche de rupture dès 2027 au pouvoir.
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Et d'ailleurs sur la question du rapport entre Emmanuel Macron et ses différents gouvernements et la jeunesse, il y a déjà quelque chose que ils n'ont pas compris et que par ailleurs beaucoup ne comprennent pas, c'est que cette jeune génération est la génération la plus politisée de l'histoire. Alors souvent on se retrouve à avoir des gens qui nous disent "Non mais les jeunes ils sont dépolitisés, non mais les jeunes ils votent pas." Et en fait il faut faire une distinction entre être politisé et être connecté aux institutions. Parce que c'est la jeune génération la plus désinformée de l'histoire du fait qu'elle soit la plus connectée.
Et en fait quand on regarde par exemple des jeunes sur les réseaux sociaux qui ne suivent pas forcément du contenu politique, ils entendent constamment parler de l'actualité. Et c'est pas parce que ils ne savent pas forcément s'ils sont de droite ou de gauche parce qu'ils ne savent pas ce qu'est la droite ou la gauche, ils ne savent pas forcément ce qu'ils vont faire aux différentes élections parce qu'ils connaissent pas les différentes institutions, c'est pas pour autant qu'ils sont pas politisés. Parce que quand vous leur demandez "Qu'est-ce que vous pensez du dérèglement ? Qu'est-ce que vous pensez du meurtre ? Qu'est-ce que vous pensez de la montée du racisme en ?
Qu'est-ce que vous pensez du ? Qu'est-ce que vous pensez de ?" En fait les jeunes ils ont un avis sur ça. Les jeunes ils sont ultra informés, ultra politisés parce qu'ils ont une opinion sur ces choses. La le seul pas qu'on doit passer, c'est celui de la connexion aux institutions. Et en fait c'est ça nous notre travail de militantes et de militants politiques, c'est de faire un travail de pédagogie qui n'est pas fait dans le milieu scolaire parce que dans le dans les écoles de Macron on forme pas des citoyennes et des citoyens. Et donc du coup, il faut bien faire la distinction entre être politisé et être connecté aux institutions.
Et en fait, il y a une autre chose avec Macron qui est assez intéressante, c'est son rapport à l'engagement de la jeunesse. Il le fait beaucoup moins, mais à partir de 2017, ils ont fait énormément de choses pour dire aux jeunes "C'est super important, engagez-vous, engagez-vous, engagez-vous. Il faut absolument que la jeunesse s'engage." Mais par contre, à une condition, il ne faut pas que la jeunesse s'engage dans la conflictualité. Et c'était ça le service national universel. C'était encourager les jeunes à aller dans des associations qui ne prônaient pas la conflictualité. Et l'USL, c'est un très très bon exemple.
Euh dans la longue histoire du syndicalisme lycéen, il y avait un syndicat dans lequel j'étais qui s'appelait l'Union Nationale Lycéenne, parce qu'on s'est trop opposé à Blanquer, il nous avait cassé les subventions. Ils truquent les élections lycéennes aujourd'hui. Et ils subventionnent massivement des associations lycéennes qui ne prônent pas la conflictualité et qui disent "Non, on n'est pas dans la conflictualité et c'est ça notre principale caractéristique." Pareil, quand il s'agit des mobilisations étudiantes. C'est-à-dire que les étudiants, c'est bien beau qu'ils s'engagent.
Par contre, quand les étudiants ils commencent à bloquer leur université, alors là, ils disent "C'est absolument pas acceptable." D'accord, mais alors vous allez me dire comment les étudiants peuvent se faire entendre, si jamais c'est pas en bloquant ? Si vous nous donnez un moyen, il y a pas de souci, mais en attendant, les étudiants ils vont bloquer les universités et la France insoumise va continuer de les soutenir. Et donc, c'est là où aussi il faut comprendre le rapport entre cette cette bourgeoisie qui euh devient qui euh devient de plus en plus réactionnaire, c'est que pour elle, la seule jeunesse légitime est la jeunesse qui n'est pas en conflictualité avec le pouvoir en place.
Et c'est là où aussi euh un gouvernement insoumis aidera, via euh toute une série d'institutions qui seront financées, qui seront soutenues, particulièrement dans leur autonomie et dans leur indépendance.
C'est là où nous on reconnaîtra la légitimité dans euh la conflictualité de la jeunesse et on donnera aussi les clés aux jeunes pour pouvoir avoir cette connexion aux institutions qui leur permettent ensuite d'exercer pleinement leurs droits de citoyennes et de citoyens et par exemple, le droit de vote à 16 ans permettra à cette jeune génération, si elle a envie de voter, elle permettra pour ces jeunes de pouvoir participer aux élections parce que ouais, quand on a 16 ans, on peut les politiser et on a le droit de donner son avis sur le [applaudissements] ce qui se déroule dans la cité.
Du coup, j'ai dressé un certain nombre de propositions, mais comme la France insoumise sera au pouvoir dans 1 an parce qu'on va gagner l'élection présidentielle, est-ce que vous pouvez nous dire qu'est-ce que vous, en tant qu'organisation lycéenne et étudiante, qu'est-ce que vous vous attendez du futur gouvernement ? On attend beaucoup. Alors Alors déjà, l'abolition du stage 2de parce que en 2 ans, 6 adolescents sont morts pendant leur stage 2de. 6 6 ça leur a coûté la vie parce que il y a aucun encadrement, aucun suivi, rien du tout et ce stage 2de Alors déjà, faut faut faut recontextualiser pourquoi il avait été mis en place, hein.
Le stage 2de euh quand il a quand il a été mis en place, c'était pour les élèves qui ne voulaient pas faire le SNU, leur dire "Ah, vous avez une alternative, c'est les stages." Sauf qu'on sait très bien que les stages sont très inégalitaires parce que si on n'a pas euh des parents euh qui sont dans une catégorie socioprofessionnelle supérieure, qu'ils ont pas un réseau, bah c'est compliqué de trouver un stage.
Du coup euh ce stage avait été mis en place comme alternative et il est resté bien après la fin du SNU et en fait euh bah c'était un peu la la garderie euh du euh du gouvernement parce que en fait, pendant ce temps-là, les enseignants, ils sont en pleine correction, plein plein en plein examen du du baccalauréat, le bac de français pour les premières et le le le reste du bac en en terminale et du coup euh faut bien trouver une solution pour pour les secondes.
Euh du coup euh euh ce ce stage, il faut l'abolir et en tout cas, je tiens à saluer le travail de Paul Vannier euh à l'Assemblée nationale et d'Anthony Smith au Parlement européen qui ils ont déposé des propositions de loi pour abolir ce stage définitivement.
[applaudissements]
Alors ce qu'on attend aussi du gouvernement insoumis insoumis, c'est d'abolir l'école privée parce que pour nous [acclamation]
[applaudissements]
parce que pour nous l'école, c'est le temple républicain des valeurs républicaines et la religion ne doit pas être mélangée à ça surtout quand on voit que 80 % des lycées privés en France sont catholiques et que les autres religions ont très peu de de lycées privés. Alors je vous dis pas ça qu'on va le faire en un claquement de doigts et ça je le sais, ça doit être progressif parce que le privé s'il est autant installé, c'est parce que il compense le manque de l'éducation nationale. Ensuite abolir Parcoursup. Abolir Parcoursup
[applaudissements]
parce que Parcoursup est facteur d'inégalité parce que vous savez je suis en terminale et j'ai rempli mes vœux mes vœux comme tout le monde et à la fin du 3e trimestre, j'ai regardé et je n'avais jamais vu vous savez que dans votre classe quand vous êtes 23 élèves, il y a 23 rangs. Or ça veut dire que on vous il y a le 1er, il y a le 2e, il y a le 3e, il y a le 4e alors ça veut dire que vu votre niveau, vous classe. Du coup entre guillemets cette sélection casse la solidarité et les valeurs humanistes que normalement l'école publique doit doit nous apprendre.
Alors ensuite la fin du 8h-18h parce que le 8h-18h c'est une volonté politique pour que les jeunes n'aient pas le temps de se politiser, de lire, de s'intéresser, d'aller voir des des des musées, faire des des des visites culturelles et cetera et et et plein d'autres choses voilà mais mais et aussi avoir une vie sociale tout simplement. Alors euh ce 8h-18h on nous dit que c'est impossible que c'est trop compliqué mais tous les rapports de l'OCDE le disent nous sommes en France les les établissements qui font le plus d'heures et où les niveaux sont les quasi les plus faibles par rapport au nombre d'heures qui sont attribuées.
C'est-à-dire que euh en fait, un élève de de lycée, de seconde, première, terminale, a à peu près 3h de réflexion active où il enregistre tout et ensuite c'est partiel et ensuite c'est plus rien du tout. Alors quand on fait 8h-18h, c'est beaucoup trop pour des jeunes entre euh 15 ans et euh et 18 ans. Euh alors que bien évidemment on a des systèmes alternatifs hein. Euh Monsieur Macron a arrêté euh et son gouvernement les subventions très très récemment à un lycée qui s'appelle le Cleps, qui est un lycée alternatif où ils font du euh du 10h-14h et de 14h à 16h où il y a des euh activités qui sont proposées.
Or il y a de la cuisine, il y a des ateliers politiques, il y a des du sport, il y a de tout. Voilà, mais ça permet aussi d'un peu s'évader, de rester dans la dans la structure euh scolaire. Et surtout avec le temps de trajet aujourd'hui qu'on a pour se rendre euh au lycée ou dans son lieu d'enseignement. Alors la troisième, c'est mieux rémunérer les apprentis. Parce qu'aujourd'hui c'est de la main d'œuvre bon marché hein. Quand on paye quand on paye 800 euros pour quasi un plus de 35h, euh c'est c'est Moi j'appelle ça de l'esclavage moderne. Excusez-moi, je trouve qu'il y a pas d'autres termes.
[applaudissements]
Ensuite, la cantine gratuite pour tous les lycéens et lycéennes, pour tous les collégiens et collégiennes. Parce que bien manger, ça doit être un droit. Un un bien manger doit être un droit. Ça doit pas être euh ça va pas être un un privilège aujourd'hui de payer 6 euros en moyenne pour pouvoir manger euh à la cantine.
Euh et aussi favoriser l'accès à la culture parce que quand on voit que Madame Dati, ministre de la culture, a supprimé une partie euh du Pass Culture qui permettait aux jeunes euh euh des quartiers populaires de pouvoir euh accéder euh à à de la documentation, aller voir euh euh aller au cinéma, vu le prix de la place de cinéma aujourd'hui, je sais Je sais on s'en rend compte hein, mais 10 euros, 11 euros pour aller voir une séance, euh quand on voit un livre où le prix est la moyenne c'est 10 euros pour des livres euh en général. Alors voilà, il faut favoriser la culture, favoriser le sport et aussi euh favoriser l'émancipation et ça passe par tout ça.
Et aujourd'hui, c'est ce que le gouvernement Macron a tout détruit euh autour de lui. Voilà.
[applaudissements]
Un. Alors euh pour répondre à la question qui a été posée, j'ai envie de dire d'abord que nous, on n'est pas dans une posture d'attente, les jeunes. On est proactif et donc euh bah on attend pas, on va chercher et conquérir nos droits. Et dans tous les cas, euh que ce soit euh la France insoumise ou pas au pouvoir, on sera dans la rue et on va imposer nos mots d'ordre et on va aller conquérir nos droits.
[applaudissements]
Et et il faut absolument être dans la rue, quoi qu'il se passe. Et donc, nous, ce qu'on veut et ce qu'on va aller chercher, c'est le revenu d'autonomie, qui doit s'accompagner de services publics à la hauteur. Et je tenais à te parler aussi du repas à 1 euro qui est une avancée qui a été obtenue grâce aux mobilisations étudiantes, on s'en fait on s'en félicite et c'est la preuve que la lutte collective, bah elle elle paye, elle permet d'arracher nos droits.
Mais on refuse que ça serve d'alibi au gouvernement parce que aujourd'hui, nous, euh on a un repas à 1 euro qui ne remplace pas euh le repas à 1 euro ne remplace pas une bourse insuffisante, ça remplace pas les APL, ça remplace pas un logement accessible et surtout, on refuse que cette avancée, elle soit mise en balance avec le recul d'autres droits, notamment pour les étudiants étrangers parce qu'on sait que le Parti socialiste, il a dealé le repas à 1 euro contre la suppression des APL pour les étudiants étrangers et étrangères, ça c'est une honte et on ne veut pas de ce repas à 1 euro.
On défend donc la gratuité des repas dans les restaurants universitaires parce que manger correctement, comme le disait le camarade de l'USL, c'est un besoin essentiel pour que parce que aucun étudiant ne devrait devoir faire la queue à l'aide alimentaire pour pouvoir continuer d'étudier dans de bonnes conditions. Donc nous, ce qu'on défend, c'est aussi un véritable plan pour le logement.
Aujourd'hui, les résidences CROUS, elles sont trop elles sont trop dans trop d'endroits, les loyers parcs privés sont insupportables, les logements sont insalubres, on trouve des des des logements dans des conditions mais mais exécrables avec des nuisibles, de la moisissure avec on l'a vu notamment cet été avec des bouilloires thermiques, aucun plan face face à la situation climatique, aucun plan face à la chaleur excessive. Et donc, il faut construire massivement des logements publics, des loyers qui soient réellement accessibles, mais il faut aussi rénover les logements existants et les bâtiments universitaires.
La bifurcation écologique, elle doit pas se faire contre les jeunes, ni de leur demander de nous demander de vivre moins bien. Elle doit améliorer concrètement nos conditions de vie. Les politiques sous Macron, elles touchent aussi plus durement celles et ceux qui cumulent déjà plusieurs obstacles, les jeunes des classes populaires, les jeunes qui sont dits racisés, les jeunes en situation de handicap et cetera et cetera. Et aujourd'hui, les frais différenciés qui sont imposés aux étudiants étrangers sont emblématiques de cette politique. Nous dénonçons cette politique comme je vous l'ai dit comme étant raciste.
Raciste parce que elle touche en premier lieu les étudiants issus de continent africain, issus d'Afrique du Nord parce que on le sait quand à la moindre moindre problème géopolitique, c'est assez c'est aux étudiants issus des pays dits du Sud global qu'on va s'attaquer. Mais notre réponse, ça sera jamais de mettre la jeunesse en concurrence entre elles. Parce que nous, on refuse d'opposer les étudiants français et étrangers. On refuse d'opposer les boursiers et les non boursiers. On refuse d'opposer les étudiants qui viennent des villes ou qui viennent de la ruralité. Parce qu'on partage les mêmes salles de cours.
[applaudissements]
On partage les mêmes conditions d'études. Et on a le même intérêt, défendre une université gratuite, accessible, émancipatrice. Parce que quand le gouvernement s'attaque à un seul une seule d'entre nous, c'est tous les étudiants qui sont concernés, c'est tous les étudiants qui sont attaqués et c'est tous ensemble qu'on doit riposter.
[applaudissements]
Alors, la précarité étudiante et la sélection, ça peut ça peut pas être des questions qui doivent être pensées séparément d'une transformation plus profonde de l'université. Parce que depuis près de 10 ans, le gouvernement Macron pousse l'enseignement supérieur et la recherche vers des logiques de marché, avec une mise en concurrence des établissements, avec des appels à projets, avec une course aux labels là pour les les classements Shanghai là, les classements internationaux qui visent à mettre les établissements en concurrence entre eux, avec des financements temporaires, des grands établissements et cetera.
Et c'est une recherche constante de performance des établissements avec la recherche de partenariat privé, ça on n'en veut pas. Nous, on veut une université publique, accessible à toutes et tous. Parce que l'université, c'est pas une entreprise, le savoir, c'est pas une marchandise. C'est pas une marchandise, pardon. Le diplôme, c'est pas un label qu'on achète euh comme une marchandise, enfin voilà, une marchandise comme je le disais. Les étudiants, c'est pas des clients. C'est pas une main d'œuvre. L'université, ça doit être un lieu de transmission, de recherche, de débat, de création, d'émancipation collective.
Ça doit nous donner les outils pour comprendre le monde, pour exercer notre esprit critique, pour participer pleinement à la société. Or, lorsque les établissements sont sous-financés, qu'on est poussé vers les financements privés, lorsque les établissements manquent de place, lorsque la sélection apparaît comme la seule solution, lorsqu'on est mis en concurrence entre nous, bah nous on refuse cette logique et on veut sortir du paradigme concurrentiel qui organise aujourd'hui l'université selon laquelle il faudrait toujours prouver que nous sommes les meilleurs, les plus rentables, les plus employables.
On refuse de réduire les études à une accumulation de compétences euh immédiatement vendables. Alors que les connaissances ont une valeur en elles-mêmes, elles permettent de comprendre l'histoire, la société, les sciences, de développer son esprit critique. Elles permettent de débattre, de créer, d'inventer, de s'émanciper. Et nous, ce qu'on veut, c'est également repenser les modes d'évaluation. Une note, ça doit pas euh être un outil de tri. L'évaluation, elle doit accompagner les apprentissages, elle doit permettre de progresser et donner le droit à l'erreur. Plutôt que de classer et d'exclure comme c'est le cas actuellement.
Notre projet, c'est donc celui d'un véritable service public de l'enseignement supérieur, gratuit, accessible, comme je l'ai répété plusieurs fois. C'est aussi défendre une université de proximité. Parce que aujourd'hui, il y a trop de personnes, trop de jeunes qui sont contraints de quitter leur ville, leur famille, leurs proches pour accéder à la formation de leur choix. Beaucoup renoncent parce que ils peuvent pas financer un déménagement, ils peuvent pas acheter un loyer sur Paris, ils peuvent pas ils peuvent pas se payer un loyer sur Paris, ça coûte beaucoup trop cher.
Alors, nous, ce qu'on veut, c'est développer des formations publiques dans tous les territoires, c'est garantir le droit d'étudier à toutes et tous proches de chez soi. Et c'est aussi à permettre à une aux universités d'avoir suffisamment d'enseignants formés, de personnel formé, de psychologues, de médecins, d'assistants sociaux pour accompagner réellement les étudiants et les étudiantes dans leur parcours. Nous, ce qu'on veut, c'est un service de santé universitaire accessible. Nous voulons des personnes qui euh dans les campus, on peut on veut étudier, vivre et s'organiser dignement.
Et aussi, on refuse l'idée selon laquelle la jeunesse doit attendre son tour parce que on n'est pas que les travailleurs ou les travailleuses de demain, on n'est pas les citoyens de demain, les votants et les votants de et les votants de demain. On étudie on étudie aujourd'hui, on travaille aujourd'hui, on subit la sélection, la précarité, euh les discriminations, les difficultés, tout ça, on les subit maintenant, tout de suite. Et donc, c'est maintenant, tout de suite, qu'il faut s'organiser. C'est pas demain, là, il y a urgence. Il y a urgence à se mobiliser. Et [rires] et c'est parce que nous avons des intérêts communs que nous avons une force collective.
Il y a pas d'un côté ce qui se passe dans les universités et de l'autre ce qui se passe lorsque on rentre chez nous. Il y a pas d'un côté la sélection dans les études et de l'autre les loyers impossibles, la difficulté à se nourrir et tout. Tout est lié, donc c'est globalement qu'il faut penser le projet. On peut pas défendre le droit des études de des études sans défendre le droit au logement, sans défendre le droit à un service public financé et et et et qui fonctionne. Notre projet, c'est donc un projet de démocratisation de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Il s'agit pas seulement de permettre d'entrer à l'université, il s'agit de permettre à toutes et tous les étudiants de réussir au sein de l'université et de s'y émanciper.
[applaudissements]
Et ça et ça, c'est pas qu'une question de moyens, c'est une question de choix politique. Parce que en 2026, le budget de la défense, notamment, il a augmenté, pardon, de 6,78 milliards d'euros et après on nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour financer les universités. Enfin, c'est du foutage de gueule complet. Et donc, face à la sélection, nous on défend le droit aux études, face à la précarité, on défend le droit à un revenu d'autonomie, face à la marchandisation, on défend un véritable service de l'enseignement supérieur et face aux divisions de face aux personnes qui voudraient diviser la jeunesse, bah nous on défend la solidarité de toutes et tous. Merci.
[applaudissements]
Merci beaucoup. Euh du coup, je vais avoir une dernière question avant de pouvoir prendre le temps d'échanger avec la salle. Quelles sont les différentes mobilisations sociales que vos organisations prévoient pour la ? Bah du coup, à la rentrée, on lance une grande campagne de de mobilisation, une grande campagne de syndicalisation. Je vous incite fortement à vous syndiquer parce que le syndicat, c'est l'outil de mobilisation dans les dans nos lieux d'études et dans nos lieux de travail.
Et donc, on lance une grande rentrée sociale avec l'Union Syndicale Lycéenne et nous, l'Union Étudiante et l'ensemble des acteurs et des actrices qui se battent pour l'accès à l'éducation publique, gratuite et émancipatrice. Alors, retenez bien, ouvrez vos agendas, le 15 septembre, il faut noter cette journée, c'est un une journée de mobilisation appelée par euh l'intersyndicale de l'enseignement supérieur qui euh les mots d'ordre, c'est c'était globalement lutter contre enfin pour l'abrogation de Bienvenue en France, pour assurer les appels pour tous et toutes les étudiants et globalement pour un meilleur investissement dans l'enseignement supérieur.
Et pour lutter contre les projets de Macron, on doit avoir faire on doit on va devoir faire bloc toutes et tous ensemble. Donc, venez, soyez nombreux et nombreuses à la date du 15. Euh je tiens à dire que ces victoires, elles seront pas offertes évidemment par le gouvernement, par les gouvernements, elles seront gagnées par le rapport de force tout le temps. Il faut être dans la rue pour imposer notre rapport de force, pour imposer nos mots d'ordre, pour faire de la bataille culturelle partout, tout le temps.
Et ça à ça que servent les syndicats étudiants, lycéens, c'est un outil de défense immédiate pour accompagner euh les étudiants dans leur demande de bourse concrètement à l'université, le syndicat c'est aussi un outil de transformation sociale, il permet de comprendre que les difficultés individuelles elles ont des causes collectives et donc c'est collectivement qu'on doit riposter. Parce qu'un autre un parce qu'un autre monde est possible, alors une autre université est possible.
Alors face à la sélection sociale, raciste, face aux conséquences politiques décidées par nos gouvernements et on répond que on va combattre politiquement et ensemble, on va pouvoir changer euh ce monde de misère qui nous est proposé et bah pour parce que le savoir est un bien commun, parce que les universités nous appartiennent, parce que notre notre avenir se décide par nous et pour nous, bah mobilisons-nous euh tous ensemble et massivement le 15 septembre. Merci.
[applaudissements]
Étudiants, étudiantes, lycéens, lycéennes, Français, Françaises, travailleurs, travailleuses, le 15, venez tous dans la rue parce que le 15, vous êtes toutes et tous concernés. Quand on s'attaque à un droit et qu'on ne riposte pas, c'est l'ouverture au gouvernement pour s'attaquer à tout le reste. Alors, oui, le 15, on sera dans la rue, l'Union Syndicale Lycéenne rejoint l'Union Étudiante et l'enseignement euh les syndicats de l'enseignement supérieur pour appeler à la mobilisation le 5 euh le 15 pardon avec toutes les revendications qu'on a pu énoncer depuis tout à l'heure. Comme l'a dit Sabrina, un autre monde est possible. En vous, gardez cette flamme. Partout où vous êtes, luttez.
Luttez, luttez, luttez, luttez, parce que la lutte paye. Parce que la lutte, elle paye. On l'a vu avec l'interdiction du téléphone portable pour les moins de 15 ans. On l'a vu avec la l'arrêt du SNU. Tous les exemples nous le disent. Quand on lutte, quand on s'organise, quand on riposte, on gagne. Alors, je compte sur vous le 15, tout le monde dans la rue.
[applaudissements]
Et j'ajoute aussi que du côté des jeunes insoumis, nous avons aussi une mobilisation qui est prévue, euh puisque nous avons euh un tract qui est sorti qui annonce le plan d'urgence qui est proposé par la France insoumise pour la jeunesse. Dans ce plan d'urgence, vous avez notamment la garantie d'autonomie, vous avez la construction de 15000 logements étudiants par an, vous avez la rémunération des stages au SMIC, vous avez le remboursement des séances de psychologue pour les moins de 26 ans et toute une série d'autres mesures.
Vous pourrez retrouver euh ce matériel sur le site de la France insoumise et nous serons euh et nous lançons avec les jeunes insoumis une grande campagne devant les foyers jeunes travailleurs, devant les CROUS, devant les universités, devant les CFA, une campagne d'inscription sur les listes électorales, parce que je le rappelle, si jamais les jeunes votaient autant que les autres générations, on gagnerait cette élection et je rajoute encore une autre chose, on va convaincre les jeunes et ensuite on va convaincre les jeunes d'aller convaincre leurs parents qui eux-mêmes vont aller convaincre les grands-parents et après on fera 70 % au 1er tour.
[applaudissements]
Et on pourra commencer le chantier.
[applaudissements]