Que va t'il advenir de la nouvelle pauvreté ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:04InvitéChiffre
« On sert environ 350 à 400 personnes par jour. »
- 0:14InvitéChiffre
« On donne entre 70 à 80 familles. »
- 0:57InvitéChiffre
« 'est 2000 repas qu'on donne. »
- 3:39InvitéChiffre
« un tiers de leurs résidents n'arrivent pas à payer leurs redevances »
- 4:05InvitéPromesse
« nous avons mis en place une aide spécifique pour les familles qui ont des petits revenus »
- 4:55InvitéPromesse
« on aurait eu besoin, par exemple, que la trêve hivernale soit prolongée jusqu'au mois d'octobre. »
- 5:00InvitéFait
« Le gouvernement a annoncé que la trêve hivernale serait prolongée jusqu'au mois de juillet. »
- 5:15InvitéPromesse
« on aurait besoin d'une revalorisation des minimas sociaux et des petits salaires, notamment le SMIC »
- 5:24InvitéFait
« ce sont quand même les SMICAR, on le voit en ce moment, qui tiennent la France debout »
Temps de parole
- Invité52 %
- Invité 218 %
- Invité 318 %
- Invité 47 %
- ?5 %
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On sert environ 350 à 400 personnes par jour. Beaucoup de migrants, beaucoup de SDF. On donne entre 70 à 80 familles. Cela nous engage aussi à préparer des paquets de familles qui sont beaucoup plus consistants.
Ce
sont des gens qui n'ont jamais pensé que dans leur vie, ils arriveraient à cette situation, à venir gonfler les rangs des SDF ou des personnes en grande, grande difficulté. Ce sont des gens qui travaillaient jusqu'à il n
'y a
pas si longtemps que ça, à mi-temps, peu importe.
Mais
ils avaient toujours quelque chose dans le frigo. Ils arrivaient à s'en sortir. Aujourd'hui, ils font la queue. Et on voit dans leur regard, on voit dans leurs gestes
qu
'ils sont peinés de venir et qu
'ils
n'ont pas d'autre choix que de venir. Il faut savoir que
c
'est 2000 repas qu'on donne. Un peu plus de 2000 entre la solidarité Saint-Bernard et la table ouverte. Où vont aller ces gens-là ? Qu'est
-ce
qu'on a préparé pour eux après le 11 mai ? Parce que tout le monde parle du 11 mai. Mais le 11 mai,
il
n
'y
aura rien de nouveau.
Ces
gens-là ont toujours faim, les frigos sont toujours vides, les comptes en banque vont... Qu'est-ce qu'ils vont devenir ces gens
-là ? Il
faut que l'État prenne leur responsabilité dès maintenant pour mettre en place des mesures concrètes et réelles face à la misère réelle qu
'est
ce terrain. C'est grave. Aujourd'hui, on est en France en 2020. Si on n'était pas là, il faut que vous sachiez qu'il
y a
des enfants qui ne mangeraient pas. Il y
a
des familles qui ne mangeraient pas.
Vous
avez un logement ? Je suis en colocation avec un ami. Donc au moins, vous avez un toit.
Oui, c
'est ça.
Nous,
on agit de manière complémentaire. On a réussi à créer un réseau à l'occasion de cette crise. Et la grande problématique aujourd'hui,
ça
va être de savoir comment on arrive au sein de ce réseau à dialoguer avec les pouvoirs publics territoriaux et avec l'État. Ces associations, habituellement, n'avaient pas accès à un certain nombre de fonds publics, à un certain nombre de subventions. Elles avaient beaucoup de mal à rentrer dans des partenariats pour rentrer, par exemple, dans le cadre de la politique de la ville. Et aujourd'hui, nous sommes en train de réfléchir à ce que nous pouvons faire dans le long terme pour justement avoir accès à ces crédits de la politique de la ville en 2020, 2021, 2022.
On
a la suite,
c
'est ce que
vous dites. C'est vraiment
qu
'on
s'organise pour durer dans le long terme
et pas
seulement avoir une action d'urgence. On a une période qui est difficile. On a beaucoup de gens qui n'étaient pas tout à fait dans la pauvreté et qui tombent dans la pauvreté avec les bêches de revenus
liées
à la crise sociale qu'on a en ce moment.
Et
c'est vrai qu'on a aussi, comme souvent dans ce quartier, de très beaux élans de solidarité.
Et
il me paraît important de les saluer et de redire aussi,
on
regarde les caricatures qu'il y
a
eu sur le 18e arrondissement et sur la Goutte d'Or, que ce quartier, cet arrondissement valent beaucoup mieux que ce que certains se plaisent à en dire sur les écrans de télévision très régulièrement. Et on voit bien que la crise sanitaire
se
double d'une crise sociale. Le gouvernement insiste beaucoup sur le sort des entreprises. Ce serait bien aussi qu'il se penche sur cette nouvelle pauvreté qui éclate avec la crise
qu'on connaît.
Moi, je le vois aussi en tant qu'élu en charge du logement. Tout à l'heure, les gestionnaires de foyers de jeunes travailleurs me disaient qu'un tiers de leurs résidents n'arrivent pas à payer leurs redevances, ce qui est énorme. Un tiers, beaucoup de jeunes qui travaillaient dans l'hôtellerie, dans la restauration, dont le CDD n'a pas été renouvelé, ou alors qui étaient en intérim, qui n'ont plus de mission. Et donc on a toute une partie de la population qui est en train là de basculer dans la précarité.
La mairie de Paris a pris le sujet à bras-le-corps très vite, puisque comme d'autres départements, comme le Val-de-Marne d'ailleurs, nous avons mis en place une aide spécifique pour les familles qui ont des petits revenus, les familles qui correspondent à nos plus petits quotients familiaux pour les cantines, parce que ces familles dont les enfants allaient à la cantine jusqu'à présent ne bénéficient plus des tarifs de cantine et elles ont du mal à se nourrir. Et donc pour ces familles, nous avons versé directement par le biais de la CAF une aide spécifique qui peut aller jusqu'à plusieurs centaines d'euros.
Et
puis par ailleurs, nous avons mis en place des paniers repas qui permettent d'alimenter les plus fragiles. Donc nous, en tout cas, on est très attentifs à cette situation. Simplement, l'action de la municipalité ne suffira pas à pallier les insuffisances de l'État. On aurait besoin aujourd'hui de toute une série de mesures d'urgence sociale
on
aurait eu besoin, par exemple, que la trêve hivernale soit prolongée jusqu'au mois d'octobre. Le gouvernement a annoncé que la trêve hivernale serait prolongée jusqu'au mois de juillet. Enfin, qu'est-ce qui va se passer au mois d'août ? Est-ce qu'on ne risque pas d'avoir des milliers de familles qui se retrouvent à la porte
avec
l'impossibilité de retrouver une solution d'hébergement ou de logement derrière
? Par
ailleurs, on aurait besoin d'une revalorisation des minimas sociaux et des petits salaires, notamment le SMIC, parce qu'après tout,
ce
sont quand même les SMICAR, on le voit en ce moment, qui tiennent la France debout et qui ne sont pas reconnus à la hauteur de ce qu'ils apportent à notre pays. Merci beaucoup. Ça marche.