Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 24 septembre 2024 17 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéSantéÉconomie & entreprises

On verra si Bruno Retailleau assure l’ordre dans le pays ! - P. BALLARD (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse partielle

    Ça a sonné comme du miel à vos oreilles, les premiers mots de Bruno Retailleau, le nouveau ministre de l'Intérieur ?

  • 1:11OuverteRéponse directe

    Amendine Atalaya, la question qui se pose aussi quand on écoute Brune Retailleau, c'est sa capacité d'action.

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Sur cette question de l'aide médicale d'État, rappelons le fait de rembourser les soins pour les étrangers en situation irrégulière.

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Bonsoir François Broun. Bonsoir M. Duhamel. Vous étiez au gouvernement il y a encore, quoi, quelques mois, un peu plus d'un an, c'est ça ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Sur la question de la suppression, ou du moins de la réduction de l'aide médicale d'État, vous, au gouvernement, vous avez toujours plaidé pour qu'elle soit maintenue.

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Étienne Gernel, sur cette question de l'aide médicale d'Éternel, le sentiment que c'est une sorte de serpent de mer du débat public français.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « Quand M. Retailleau et Brice Tinturier le signalent il y a quelques instants, à côté de M. Darmanin dit qu'il faut rétablir l'ordre, sous-entendu, il n'y avait pas d'ordre avant, sinon il n'y aurait pas besoin de le rétablir. »
  • 0:33Invité politiqueChiffre
    « une agression gratuite toutes les 40 secondes. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « il s'est prononcé, quand il était député socialiste, contre les peines planchées et contre le délit de solidarité. »
  • 2:15InvitéPromesse
    « je ne sais pas, citons par exemple la suppression de l'AME »
  • 3:27InvitéFait
    « remettre en cause l'aide médicale d'État serait complètement stupide, pour la santé publique, mais également pour les finances de l'assurance maladie. »
  • 4:20InvitéFait
    « Elle a été supprimée au bout d'un an parce qu'on a vu une explosion, non pas des bénéficiaires, ça diminuait, mais une explosion des frais hospitaliers et des frais de santé. »
  • 5:46InvitéFait
    « En Espagne, en 2012, avait été adopté justement une loi qui mettait fin à cette aide médicale d'urgence. Qu'est-ce qu'a fait le gouvernement espagnol ? Et bien, quelques années plus tard, en 2018, ils sont revenus dessus parce qu'ils ont constaté une augmentation de la mortalité de 20%. »
  • 9:57Invité politiqueChiffre
    « Un tiers des logements sociaux sont occupés par des immigrés. Moi, je ne dis plus rien, ce sont les chiffres officiels. »
  • 10:12Invité politiqueFait
    « Et c'est pour ça que nous, on est pour la priorité nationale. »
  • 13:50InvitéChiffre
    « Nous sommes les premiers en Europe et d'assez loin sur le taux de prélèvement obligatoire. »
  • 13:57InvitéChiffre
    « La moyenne de l'Union européenne, c'est 41,1%. »
  • 14:13InvitéChiffre
    « France, 57,3% du PIB. Union européenne, 49,4%. »
  • 14:54InvitéFait
    « C'est une hausse d'impôt déguisée, qui ne dit pas son nom. »

Temps de parole

  • Présentateur30 %
  • Invité16 %
  • Bruno Retailleau12 %
  • Invité 212 %
  • Invité 311 %
  • Invité 410 %
  • Invité 56 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir. Merci d'être avec nous dans Tout le monde veut savoir. Ça a sonné comme du miel à vos oreilles, les premiers mots de Bruno Retailleau, le nouveau ministre de l'Intérieur ?

0:10
Bruno Retailleau

Déjà, quand M. Retailleau et Brice Tinturier le signalent il y a quelques instants, à côté de M. Darmanin dit qu'il faut rétablir l'ordre, sous-entendu, il n'y avait pas d'ordre avant, sinon il n'y aurait pas besoin de le rétablir. Bon, bref, je referme la parenthèse. Après, un ministre de l'Intérieur, quand il parle, en même temps qu'il parle, il gonfle les muscles. Alors, on va tout simplement attendre les résultats de M. Retailleau pour gommer ses chiffres, une agression gratuite toutes les 40 secondes. Oui, mais sur le papier, Philippe Ballard, ça vous va plus tôt ? Ah ben, c'est mieux qu'un ministre à l'EFI, oui, ça je vous confirme. Oui, ben merci, oui, c'est d'accord.

Il a à côté de M. Migaud. Et M. Migaud, le garde des Sceaux, numéro 2, donc très important dans l'ordre hiérarchique, il s'est prononcé, quand il était député socialiste, contre les peines planchées et contre le délit de solidarité. C'est un petit peu le « en même temps ». Avant, il y avait Darmanin qui avait un discours très ferme, et puis M. Dupond-Moretti, voilà, je ne vous ferai pas l'histoire. Bon, ben là, on va avoir Retailleau d'un côté et Migaud de l'autre. C'est un gouvernement macroniste, ce n'est pas étonnant.

1:11
Présentateur

Amandine Atalaya, la question qui se pose aussi quand on écoute Brune Retailleau, c'est sa capacité d'action. S'il veut faire une nouvelle loi, il y a des mesures qu'il portait qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel, il y a des mesures qui ne seront jamais acceptées par la majorité aussi relative soit-elle, parce que le bloc central, comme on dit, les macronistes, ne sont pas alignés avec Bruno Retailleau sur les sujets migratoires. Donc ça sera quoi, un ministre de l'Intérieur impuissant ?

1:33
Invité

Il peut essayer de viser quelques mesures symboliques, mais il y a deux grosses limites pour Bruno Retailleau. D'abord, il y a que Gérald Darmanin n'a pas rien fait, on peut considérer que ça n'est pas suffisant, mais par exemple, sur la question des visas, Gérald Darmanin, et on le sait, ça a créé une crise avec l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, avait réduit le nombre de visas accordés, considérant que ces pays ne délivraient pas assez de laisser passer consulaires pour reprendre une partie de leurs ressortissants. Sur la lutte contre la drogue, on peut citer beaucoup de domaines, l'embauche de 10 000 policiers et gendarmes.

Enfin, il y a eu des choses faites sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, donc il n'arrive pas après non plus le vide, la déshérence, et Gérald Darmanin était lui-même de droite.

Donc déjà, il y a ça, et après, sur ce qu'il peut faire, je ne sais pas, citons par exemple la suppression de l'AME, qui a toujours porté Bruno Retailleau et Michel Barnier à dire, il n'y a pas de tabou, on ne voit pas très bien qui va voter la suppression de l'AME, parce que toute une partie de la Macronie, même au-delà de l'aile gauche, l'aile centre de la Macronie, n'en veut absolument pas, considère que c'est une mesure sans queue ni tête, choquante, le modem serait contre, donc y compris la propre majorité aujourd'hui de Bruno Retailleau voteraient contre, et on peut étendre ça à beaucoup d'autres mesures.

2:44
Présentateur

Sur cette question de l'aide médicale d'État, rappelons le fait de rembourser les soins pour les étrangers en situation irrégulière, pour qu'ils puissent être soignés sur le territoire français. Je voudrais qu'on pose la question à un ancien acteur, ancien ministre de la Santé. Bonsoir François Broun. Bonsoir M. Duhamel. Vous étiez au gouvernement il y a encore, quoi, quelques mois, un peu plus d'un an, c'est ça ? Je ne me trompe pas ? Voilà, c'est ça, vous m'entendez bien ? Je vous entends, oui, très bien. Sur la question de la suppression, ou du moins de la réduction de l'aide médicale d'État, vous, au gouvernement, vous avez toujours plaidé pour qu'elle soit maintenue.

Est-ce que quand vous entendez le nouveau Premier ministre, Michel Barnier, dire que ce n'est pas un tabou, est-ce que ça vous inquiète ?

3:24
Invité

Ça ne m'inquiète pas spécialement, tant qu'il dit que ce n'est pas un tabou, mais remettre en cause l'aide médicale d'État serait complètement stupide, pour la santé publique, mais également pour les finances de l'assurance maladie. Pourquoi totalement stupide ? Alors, stupide, parce qu'en termes de santé publique, ça permet de soigner les gens. Par exemple, on a bien vu, pendant le Covid, pendant des épidémies, les épidémies ne vous demandent pas votre carte d'identité, le virus non plus.

Ça fait partie d'un droit, j'oserais dire, inaliénable français, qui est le droit à la santé pour tous, mais surtout, en termes de maîtrise des dépenses, refuser de soigner des gens qui ont des pathologies chroniques, pour la plupart, et ils sont globalement plus malades que les Français, refuser de les soigner, c'est in fine arriver à des maladies qui se compliquent, venir à l'hôpital, et ça coûtera beaucoup plus cher. Vous savez, on avait essayé dans les années, ça devait être la loi de finances de 2012, autant que je me souvienne, qui mettait un espèce de ticket d'entrée de 30 euros par personne.

Elle a été supprimée au bout d'un an parce qu'on a vu une explosion, non pas des bénéficiaires, ça diminuait, mais une explosion des frais hospitaliers et des frais de santé.

4:34
Présentateur

Étienne Gernel, sur cette question de l'aide médicale d'Éternel, le sentiment que c'est une sorte de serpent de mer du débat public français, défendu par la droite depuis plusieurs années. Désormais, le Premier ministre dit, c'est pas un tabou. Est-ce que c'est pas typiquement, pardon, mais l'exemple parfait de la fausse bonne idée quand on a à côté la question de l'immigration avec effectivement un certain nombre de sujets pas réglés, les obligations de qualité de territoire français non exécutées. Est-ce que c'est pas là typiquement la fausse bonne idée ? On est un peu dans le symbole.

5:00
Invité

C'est un symbole, c'est un marqueur, c'est un point de friction. C'est précisément ce genre de choses dont il faut sortir dans le débat sur l'immigration, qui est un débat qui oppose, comment dire, d'un côté des aboiements, si je puis dire, de part et d'autre. Il y a des indignations souvent qui viennent de la gauche, il y a des excès souvent qui viennent de la droite. Il faut peut-être essayer de sortir de ce genre de choses de manière à pouvoir avoir un débat sur un. Et c'est pas facile sur ce sujet. Vous voyez, on n'y arrive pas. C'est impressionnant comment on n'arrive pas à avoir un débat normal.

5:30
Présentateur

Rapidement, on a déjà de valeurs vacations, puisqu'après je veux vous montrer un autre extrait de ces passations.

5:34
Invité

Non mais plus qu'un serpent de mer ou un symbole, j'ai envie de vous dire, c'est d'une paresse intellectuelle absolument confondante. Franchement, il faudrait se renouveler un peu. Parce que c'est pas très compliqué d'aller voir chez nos voisins européens ce qui s'est passé. Par exemple, en Espagne, en 2012, avait été adopté justement une loi qui mettait fin à cette aide médicale d'urgence. Qu'est-ce qu'a fait le gouvernement espagnol ? Et bien, quelques années plus tard, en 2018, ils sont revenus dessus parce qu'ils ont constaté une augmentation de la mortalité de 20%. Parce que, comme le disait François Braune, oui, voilà, c'est une population qui est sujette à ça.

Les maladies sont transmissibles. La dernière fois qu'on en a parlé, il y a 3000 soignants en France, des médecins, etc., qui ont signé une tribune pour dire « Ne faites surtout pas ça, vous allez engorger les urgences ». Pourquoi la droite remet le couvert sur le sujet, en fait ? C'est insupportable.

6:21
Présentateur

Avec d'ailleurs un rapport qui avait été coéquilé par Patrick Stéphanini, qui n'est pas spécialement un gauchiste, qui lui-même proposait un certain nombre d'amodiations, mais pas la suppression du dispositif. Bristin Thuré, je voudrais vous faire réagir à deux extraits qui nous ont frappés ici à BFM TV. Vous avez Gérald Darmanin, ministre sortant de l'Intérieur, et Prisca Tevenot, ancienne désormais porte-parole du gouvernement. Regardez.

6:42
Invité

« Je m'appelle Gérald Moussa Jean Darmanin. Il est assez évident, si nous sommes honnêtes, que si je m'étais appelé Moussa Darmanin, je n'aurais pas été l'humair et député, et sans doute n'aurais-je pas été ministre de l'Intérieur du premier coup. Je m'appelle Prisca Tevenot, ça je pense que vous le savez largement, mais je m'appelle aussi Prisca Balasso-Brahmanin. Je suis la fille de deux immigrés qui m'ont appris l'amour de la France. Je suis la preuve qu'on peut être binationale et profondément patriote française.

7:17
Présentateur

Pour un gouvernement qui a fait passer la loi immigration, ils découvrent le jour de leur passation de pouvoir qu'on peut comme ça envoyer un signal à une partie de la gauche. C'est quand même assez étonnant, non ?

7:28
Invité

D'abord, ces deux déclarations, ces deux personnes ont totalement raison sur le fond. Bien sûr. Elles s'appellent Gérald Darmanin. Ensuite, c'est quand même stupéfiant de voir à quel point on est maintenant dans des autoprésentations identitaires. C'est-à-dire qu'on en passe par là. Ce n'est plus ce que je vais faire, ce que j'ai fait. C'est qui je suis. C'est qui je suis. Donc ça nous donne quand même une petite indication sur comment le débat public et politique a dérivé. Et puis pardon, mais je fais le pont aussi avec l'AMD. C'est qu'effectivement, à force de faire des symboles, de jouer sur des symboles comme l'immigration ou l'identité, vous en arrivez à ce type de situation.

Et je reviens sur le rapport de Patrick Stéphanini, qu'il faut lire quand même. Patrick Stéphanini, directeur de campagne de Jacques Chirac, directeur de campagne de Valérie Pécresse, spécialiste de ces questions, et qui conclut que non, ce n'est pas une bonne mesure. Donc sur ces sujets-là, il ne faut non pas être grandiseur et petit faiseur, mais l'inverse. Et ma crainte, c'est qu'à force de faire beaucoup de déclarations sur l'AMD ou sur ces sujets-là, vous faites monter le sujet, vous le faites monter dans la société, et ça profite en réalité au Rassemblement national qui est le plus crédible, et ça ne résout pas surtout les problèmes qui peuvent être réels.

8:36
Présentateur

– Étienne Gernel, sur ce qu'a dit Gérald Darmanin, qui est beaucoup commenté, c'est ce que disait Olivier Faure tout à l'heure, le patron du Premier secrétaire, qui dit, au fond, il découvre le jour où il quitte la Place Beauvau qu'il y a des discriminations en France. C'est une mauvaise foi ?

8:46
Invité

– Non, il l'a dit avant. Très franchement, il en a déjà parlé avant. Là, il en a fait un cas. Mais de toute façon, comme tout le monde marque un peu son territoire, d'ailleurs, dans ses passations de pouvoir, il en a fait un cas vis-à-vis de Retailleau, oui, et puis qui d'ailleurs lui a répondu, l'ambiance n'est pas bonne. Clairement, l'ambiance n'est pas bonne. Mais effectivement, de manière aussi spectaculaire, c'est la première fois. Il l'a dit, plein de fois, il en a parlé très souvent.

9:11
Présentateur

– Philippe Ballard, j'ai vu sur les réseaux sociaux la réaction de votre patron, le patron de votre formation politique. Il serait intéressant que Gérald Darmanin explicite ses propos qu'il considère-t-il comme racistes, les invitants de Tourcoing, les membres de l'institution policière, les Français en général, cette déclaration est une injure à la France qui lui a tout donné et qui donne leur chance à tous ceux qui la respectent. Alors là, je vous avoue que je ne comprends pas la réaction.

Gérald Darmanin rappelle que s'il avait eu un prénom à consonance étrangère, il aurait eu plus de difficultés pour faire la carrière qu'il a eu, ce qui est juste une évidence statistique quand on voit les difficultés d'accès à l'emploi, d'accès au logement, quand on a un prénom qui n'a pas une consonance française, si j'ose dire. Qu'est-ce qui vous choque dans ce qu'a dit Gérald Darmanin ?

9:51
Bruno Retailleau

– Non, alors déjà, je ne suis pas du tout d'accord avec ce que vous venez de dire. – Ah bon ? – Si vous prenez les logements sociaux, ah oui, c'est les statistiques officielles. Un tiers des logements sociaux sont occupés par des immigrés. Moi, je ne dis plus rien, ce sont les chiffres officiels. Après, ce qu'a voulu dire Gérald Darmanin… – Il n'y a pas de discrimination, Philippe Ballard ?

10:05
Présentateur

Il n'y a pas de discrimination à l'égard de ceux qui ont un prénom à consonance étrangère ?

10:10
Bruno Retailleau

– Ah ben, quand on veut avoir un logement social, non, sûrement pas. Et c'est pour ça que nous, on est pour la priorité nationale. Alors, on fera ça en douceur, évidemment, à la fin du bail, mais on préfère donner les logements sociaux aux Français, tout simplement. – Philippe Ballard, pardon, mais là, vous faites, je crois,

10:25
Présentateur

si vous me permettez, vous faites une confusion entre la… Philippe Ballard, Philippe Ballard, vous faites une confusion entre la nationalité et le prénom. On peut être français, et d'ailleurs, il y a beaucoup de Français qui ont des prénoms à consonance étrangère. Non, non, mais juste parce que là, c'était quelque chose d'assez singulier dans ce que vous disiez.

10:40
Bruno Retailleau

– Non, mais être français, attendez, ce n'est pas une histoire de couleur de peau, ce n'est pas une histoire de religion, ce n'est pas une histoire de prénom. Peu importe sa couleur de peau, sa religion et son prénom, on est français. – Philippe Ballard, toutes les études faites sur la question des discriminations à l'emploi démontrent, Philippe Ballard, pardon.

10:58
Présentateur

Non, mais Philippe Ballard, on peut, si vous le voulez, nier l'évidence, mais toutes les enquêtes, les études qui ont été faites montrent qu'il y a des discriminations à l'emploi quand on s'appelle Mohamed ou Moussa. Donc vous pouvez dire que ça n'existe pas, c'est juste la réalité.

11:10
Bruno Retailleau

– Mais par qui sont faites ces enquêtes ? – Mais par qui sont faites ces enquêtes ?

11:14
Présentateur

– Par SOS Raciste ?

11:16
Bruno Retailleau

– Par la NICRA ? – Non, non, mais il n'y a pas de statistiques ethniques en France. Donc on ne peut pas nous ressortir des statistiques officielles. C'est faux, c'est bidon. – Bristin Thurier. – Voilà, c'est juste la réalité.

11:27
Invité

– D'abord, même s'ils avaient été faites par la NICRA, ce n'est pas en soi une disqualification. Ensuite, vous avez des organismes qui ont fait des statistiques pour savoir si quand vous faites du CV anonyme, vous avez des choses différentes que quand vous ne faites pas du CV anonyme et qui ont clairement montré que bien évidemment, si vous avez un nom d'origine étrangère, que vous soyez étranger ou pas, d'origine étrangère, vous avez un taux d'acceptation pour un rendez-vous professionnel qui est beaucoup, je n'ai plus de chiffres en tête, mais beaucoup moins important que l'inverse. Nier ça me paraît quand même tout à fait étonnant.

– Quant au contrôle au faciès, enfin je veux dire, le nombre d'études qui ont été réalisées sur les contrôles au faciès et qui démontrent…

12:08
Présentateur

– Donc vous, la phrase de Gérald Darmanin, vous considérez qu'il avait raison ?

12:13
Invité

– Non, alors soyons clairs, moi je suis très agacée en fait par le propos de M. Darmanin. – Parce que là, à l'instant, j'écoutais Philippe Ballard, donc Rassemblement national, et je me disais quand même, M. Darmanin, quand il était en responsabilité, c'était celui qui disait à Marine Le Pen, vous êtes trop molle, d'accord ? C'était celui qui régulièrement refusait de reconnaître des problèmes avérés de discrimination, de racisme ou d'actes très problématiques, y compris dans les rangs de la police. Moi j'ai un souvenir de M.

Darmanin en train d'être auditionné au Parlement au sujet d'actes commis par des forces de police très problématiques et qui répond « oh là là, mais je m'étouffe quand j'entends parler de discrimination, de contrôle au faciès ou de violence ». Donc en fait, si vous voulez, la réalité de M. Darmanin, elle est dans ses actes, elle n'est pas dans les récits à contretemps qu'il nous fait aujourd'hui. Et franchement, je trouve qu'il y a une instrumentalisation, une exploitation de ce sujet véritable des discriminations qui est insupportable.

13:14
Présentateur

– Je voudrais, il nous reste encore quelques instants, qu'on aborde la question des impôts, puisque, je ne sais pas pourquoi je regarde Etienne Jarnel quand je parle des impôts, mais c'est peut-être parce que je suis un lecteur assidu du point, mais voilà. On a entendu Michel Barnier hier soir dire qu'il n'excluait pas d'augmenter les impôts des plus aisés et des plus grandes entreprises. Quand on est un Premier ministre de droite, c'est quand même étonnant d'arriver et de dire qu'on n'exclut pas d'augmenter les impôts.

13:34
Invité

– Dans l'histoire de France, c'est assez partagé entre la gauche et l'augmentation des impôts. Mais même, on n'a pas beaucoup parlé de François Fillon, comme Premier ministre, avait beaucoup augmenté les prélèvements obligatoires, presque autant que François Hollande. – Non, mais c'est une névrose française, c'est incroyable. Nous sommes les premiers en Europe et d'assez loin sur le taux de prélèvement obligatoire. Je prends les chiffres d'Eurostat, 48%. La moyenne de l'Union européenne, c'est 41,1%. On est les champions et il y a encore des gens qui vous expliquent « Ah, mais si on a des problèmes, c'est sûrement qu'on n'a pas assez d'impôts. » Non, mais on devient fou, il faut arrêter.

On a aussi les premières dépenses publiques de l'Union européenne. Je reprends Eurostat, France, 57,3% du PIB. Union européenne, 49,4%. Non, mais il faut arrêter 5 minutes. On devient fou. L'Europe nous prend pour des cinglés.

14:25
Présentateur

– Amandine Natalaya, pour rentrer dans le détail de ce qui est envisagé, la tribune dimanche, nos confrères, nos excellents confrères de la tribune dimanche, écrivaient dimanche qu'était envisagé la possibilité de geler le barème de l'impôt sur le revenu. Pour que ceux qui nous regardent comprennent, vous avez 5 tranches d'impôt sur le revenu. Si vous les gelez, ça veut dire que ces tranches-là ne prennent pas en compte l'inflation et que donc, si vous êtes assujetti à l'impôt sur le revenu, vous êtes susceptible de rentrer dans une tranche, alors que normalement, vous ne devrez pas y être.

Ça, si c'était le cas, c'est une hausse d'impôt pour les classes moyennes, pour les premières tranches de l'impôt sur le revenu.

14:54
Invité

Tout à fait, c'est une hausse d'impôt déguisée, qui ne dit pas son nom. Alors tout le monde l'expliquera, bien sûr, mais les Français, c'est moins évident que d'annoncer d'autres formes de hausse d'impôt. Après, ce qui est compliqué dans cette situation aujourd'hui, pour nous, à commenter, c'est qu'en fait, on ne sait rien et qu'on n'est même pas certain que d'ici le discours de politique générale, ou pendant le discours de politique générale, Michel Barnier en dise plus. Donc on se fonde sur quelques possibles supputations, mais sans savoir très bien où il veut aller. Et pour tout ce qu'il veut faire, Michel Barnier, il faut du temps.

Et c'est pour l'instant un Premier ministre qui n'en a pas beaucoup, peut-être quelques mois, lui-même a dit hier soir deux ans, qu'il souhaitait rester deux ans. Ce n'est pas comme ça qu'on met en place des grandes politiques de réduction des dépenses publiques.

15:45
Présentateur

Un dernier mot avec vous, Najat Vallaud-Belkacem. François Hollande avait désindexé, avait poursuivi la désindexation du barème de l'impôt sur le revenu, décidé par François Fillon, continué en 2012-2013 par Jean-Marc Ayrault à l'époque. Ça ne vous a pas franchement réussi ? Ce serait-tu une erreur de le faire ?

16:02
Invité

Non, mais moi je voudrais revenir sur le taux de prélèvement obligatoire.

16:05
Présentateur

Oui, mais là, ma question était comme sur le gel du barème de l'impôt sur le revenu.

16:09
Invité

Ce que je veux dire par là, c'est qu'en fait, les impôts, il faut cesser de considérer que c'est un mal en soi. On a un taux de prélèvement obligatoire important, mais on a aussi des services publics qui sont plus importants qu'ailleurs. Chez nous, vous n'avez pas besoin de présenter votre carte bleue avant d'être admis à l'hôpital. Chez nous, vous avez une éducation qui est a priori gratuite, etc. Donc en fait, la question, c'est plutôt comment on utilise ces impôts et comment on fait contribuer de façon plus juste. Donc je ne suis évidemment pas pour tout ce qui conduirait à élever les impôts des classes populaires ou des classes moyennes.

Moi, je suis pour une imposition très ciblée qui frappe ceux qui aujourd'hui, notamment les grandes entreprises, mais aussi les plus fortunées, payent beaucoup moins que ce qui devrait être leur charge. En quelques secondes, le bruit-tinturier... Juste pour rappeler que bien plus que la non-inversion de la courbe du chômage qui a fait perdre François Hollande... C'est le ras-le-bol fiscal. Ce qu'il a obligé à ne pas être candidat, c'est la question fiscale.

16:59
Présentateur

Merci beaucoup, messieurs, mesdames, mesdames, messieurs. Et je remercie aussi ceux qui étaient avec nous à distance, Philippe Ballard, porte-parole du Rassemblement national, et François Braune, ancien ministre de la Santé.