Bonjour chez vous ! du 12 octobre 2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 35 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:48OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche ?
- 6:04OuverteRéponse directe
Quels sont les médicaments les plus touchés par les pénuries et pourquoi ?
- 7:38OuverteRéponse directe
Quels sont les produits qui connaissent le plus de ruptures ?
- 8:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique ces chiffres de pénuries ?
- 9:35OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que signifie une augmentation du volume des ventes de médicaments ?
- 10:32OuverteRéponse directe
La relocalisation des médicaments fonctionne-t-elle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53Invité politiqueFait
« Raphaël Glucksmann sera donc le candidat de la gauche social-démocrate à la présidentielle après sa victoire à la primaire dès le premier tour. »
- 2:15Locuteur 5Chiffre
« Avec plus de 66% des voix, Raphaël Glucksmann a emporté dès le premier tour la primaire de la gauche socialiste-démocrate qui a réuni 120 000 électeurs. »
- 4:15Invité politiqueFait
« L'un des enjeux pour les constructeurs européens est de montrer qu'ils peuvent résister à la concurrence chinoise galopante. »
- 6:52Invité politiqueChiffre
« Je crois que 100% des médecins ont été confrontés à ce problème. »
- 7:15Invité politiqueFait
« Des neuroleptiques, des médicaments aussi importants, majeurs, manquent régulièrement. »
- 7:56Invité politiqueFait
« Il y a même en oncologie des ruptures thérapeutiques. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Un des principaux facteurs, c'est la perte de la production de médicaments sur le sol européen. Les principes actifs et même ce qui sert après à fabriquer les médicaments ont été massivement transférés en Chine et en Inde. »
- 9:38Invité politiqueFait
« Il y a une part de bonnes nouvelles. C'est-à-dire que de plus en plus de personnes sur la planète ont accès aux médicaments. »
- 10:32Invité politiqueFait
« Sur une partie des produits sur lesquels on identifie un besoin de renforcer nos sources d'approvisionnement. »
- 35:44Invité politiqueFait
« aujourd'hui, vous me diriez sans doute aussi, la question des méga-héritages, la question que le travail paie, qu'on revienne à une méritocratie, plutôt qu'une héritocratie. »
- 35:53Invité politiqueFait
« j'espère qu'on en parlera, de la cause de la jeunesse, la question climatique et l'urgence avec Yannick Jadot. »
- 37:02Invité politiqueFait
« L'extrême droite, elle a neuf orteils et demi à l'Élysée. »
- 38:02Invité politiqueFait
« Le scénario le plus favorable à Marine Le Pen, c'est le scénario Mélenchon-Le Pen. »
- 38:30Invité politiqueFait
« Soit vous continuez avec le macronisme, avec un ex-premier ministre de Macron, ça c'est Édouard Philippe, soit vous allez à l'extrême droite, soit vous avez Jean-Luc Mélenchon. »
- 38:54Invité politiqueFait
« avec toutes les conséquences et tout ce que cela ouvrirait dans le pays de haine et de violence. »
- 42:30PrésentateurChiffre
« Il a fait 18 000 voix hier, c'est ça ? »
- 42:57Invité politiqueFait
« Olivier Faure a perdu, c'est un fait. »
- 44:24Invité politiqueFait
« La ligne, elle est clarifiée par cette primaire. »
- 44:40PrésentateurFait
« Est-ce que là, il doit dire, il n'y aura plus d'alliance avec la France insoumise, et aux législatives, il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise ? »
- 48:15Invité politiqueFait
« Vous avez des gens de plus en plus pauvres. Moi, je suis maire d'une commune populaire, Rouen, industrielle. »
- 51:19Invité politiqueChiffre
« Les intercommunalités, c'est 20% de la dépense publique. Les intercommunalités, elles sont ponctionnées à hauteur de 50% aujourd'hui. »
- 54:20Invité politiqueChiffre
« on chiffre aujourd'hui aux alentours de 2 millions d'euros. »
- 55:30Invité politiqueChiffre
« nous lui avons demandé très clairement de réduire de 500 millions l'effort demandé aux régions dans le cadre de la préparation du budget. »
- 1:05:33Locuteur 6Fait
« ça rajoute un candidat dans ce qu'on pourrait appeler l'extrême centre. »
- 1:05:37Locuteur 6Fait
« Moi, je suis convaincu qu'il y a des millions de Françaises et de Français qui attendent ce moment, qui attendent de pouvoir voter sans sacrifier une partie d'eux-mêmes. »
- 1:07:32Locuteur 3Fait
« Je suis convaincu qu'il y a des millions de Françaises et de Français qui attendent ce moment, qui attendent de pouvoir voter sans sacrifier une partie d'eux-mêmes. »
- 1:10:11Locuteur 6Fait
« c'est potentiellement la fin du Parti Socialiste. »
- 1:11:13Invité politiqueFait
« Le score d'Olivier Faure est une vraie déception, c'est une vraie gifle pour lui. »
- 1:12:20Invité politiqueFait
« la dernière fois qu'il s'est confronté aux Insoumis, en l'occurrence Manon Aubry, il l'a emporté assez nettement. »
- 1:14:34Locuteur 4Fait
« il se fait exclure, manu militari, par des militants, qui étaient des militants LFI et communistes. Et on le traite de sionistes, de génocidaires, etc. »
- 1:14:39Locuteur 4Fait
« il sort une charte contre l'antisémitisme et il dit aux insoumis, aux communistes et aux écologistes, soit vous signez, soit ce sera sans nous. »
- 1:15:47Locuteur 6Fait
« son pari, c'est de rassembler les électeurs. Il a bien compris que ça ne va pas passer par les partis. »
- 1:16:44Invité politiqueChiffre
« Dans les enquêtes actuelles, il arrive à capter 10 à 15% de l'électorat Macron 2022. »
- 1:17:01Invité politiqueFait
« Le score formidable de Jean-Luc Mélenchon de 2022, les 21,5%, il y avait quand même beaucoup d'électeurs écologistes, d'électeurs de centre-gauche, d'électeurs socialistes qui, par vote utile, ont choisi Jean-Luc Mélenchon. »
- 1:22:25Invité politiqueChiffre
« on était à 52-48 dans une enquête IFOP, ceux de Jean-Luc Mélenchon, ceux de Raphaël Glucksmann, pour savoir celui qui est, auprès de cet électorat anti-RN, le plus à même de battre le rassemblement. »
- 1:23:22Locuteur 3Fait
« Tiens, la priorité du logement, quand tant de Français ont du mal à se loger. »
- 1:24:46PrésentateurFait
« Je me suis préparée toute ma vie pour ce moment où les démocraties devraient affronter leurs ennemis et montrer qu'elles sont fortes. »
- 1:26:36Locuteur 6Fait
« Jean-Luc Mélenchon qui, ce week-end encore, a dit qu'il serait bien qu'il y ait des nouvelles élections en Ukraine. »
Temps de parole
- Bernard Jomier58 %
- Présentateur17 %
- Locuteur 49 %
- Locuteur 66 %
- ?4 %
≈ 18,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour cette nouvelle semaine. Comme tous les jours,
on
va faire le tour des sujets qui font votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On regarde le programme de ce lundi 12 octobre. La gauche social-démocrate a son candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann, élu dès le premier tour de la primaire avec plus de 66% des voix. Ce résultat lui donne-t-il l'élan nécessaire pour la campagne ? Peut-il rassembler à gauche et jusqu'où ? Analyse dans une heure avec nos éditorialistes Thiep Jourdain, Camille Girère et Frédéric Dhabi. Et puis les réactions politiques dans une demi-heure. On recevra Nicolas Maillard-Rossignol, le premier secrétaire délégué du PS, responsable du programme présidentiel de Raphaël Glucksmann, avec son score de 14%.
Olivier Faure peut-il rester premier secrétaire du PS ? On lui posera la question. Et puis réaction également du sénateur Bernard Jomier. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes l'un des deux sénateurs Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Vous nous direz comment vous avez accueilli ce score. Et puis on va parler de ce qui se passe au Sénat et du premier texte examiné en cette rentrée parlementaire. Un texte qui doit contribuer à éviter les pénuries de médicaments. 27% des Français y ont été confrontés ces derniers mois.
A
tout de suite. Et puis notre reportage en région nous emmène dans les deux sèvres à la rencontre d'un agriculteur touché par les canicules et qui réfléchit à abandonner. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et d'abord le journal avec Alexandre Poussard. Bonjour Alexandre.
Bonjour Riane.
À la ligne de ce lundi 12 octobre, la très large victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche.
Raphaël Glucksmann sera donc le candidat de la gauche social-démocrate à la présidentielle après sa victoire à la primaire dès le premier tour. Flora Sauvage.
Il
en avait rêvé. C'est désormais officiel. Avec plus de 66% des voix, Raphaël Glucksmann a emporté dès le premier tour la primaire de la gauche socialiste-démocrate
qui
a réuni 120 000 électeurs.
Un
score au-delà de tous les pronostics.
Je pense que le résultat de ce soir est clair et que la gauche démocratique aura conscience de sa responsabilité historique.
Après
une primaire, émaillée de débats parfois houleux entre les cinq candidats, l'eurodéputé de place publique va devoir rassembler la famille socialiste.
Avec cette primaire, nous avons
redonné
de la force à la gauche. Il s'agit maintenant pour nous, toutes et tous, de redonner de la puissance à la France.
Avec
un peu moins de 6% des voix, Emmanuel Morel et Jérôme Gedge ont tout de suite apporté leur soutien à Raphaël Glucksmann.
Le
résultat, il est assez cinglant. Il y avait un désaccord majeur avec Olivier Faure et Séguel & Royal qui considéraient qu'il y avait la possibilité d'envisager le cas échéant des alliances électorales et législatives avec la France insoumise. Je crois que le message, là, il est extrêmement clair et que c'est sur cette base que la gauche doit et peut se reconstruire.
Face
à la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a félicité son adversaire du bout des lèvres.
Cher Raphaël Glucksmann, tu as su convaincre une majorité des votants
et
je respecte trop le processus démocratique de la primaire que j'ai voulu
pour
ne pas l'accepter avec sagesse.
Séguel & Royal regrette, quant à elle, qu'il n'y ait pas de candidat socialiste à la présidentielle.
Moi, je suis très déçu, bien évidemment, mais en même temps, je suis pour celui qui a gagné ce soir les primaires, bien évidemment, à condition, comme je l'ai dit, qu'il y
ait
un rassemblement à gauche qui se fasse.
Donc je lui souhaite, je
lui souhaite toute la force pour faire ce rassemblement à gauche
qui
sera difficile.
C'est dans cette ambiance que Raphaël Glucksmann va devoir rassembler. Loin de féliciter le vainqueur, Marine Tondelier, la chef de file des Verts, a fustigé le choix du repli.
Emmanuel Macron inaugure aujourd'hui le Mondial de l'Auto.
Le 91e Mondial de l'Auto ouvre ses portes ce lundi à Paris. L'un des enjeux pour les constructeurs européens est de montrer qu'ils peuvent résister à la concurrence chinoise galopante. Dans son discours d'inauguration, le président de la République devrait défendre la préférence européenne.
Sébastien Lecornu réunit, lui, les distributeurs de carburant.
Une réunion pour étudier de nouvelles solutions à la crise du prix de l'essence. Le Premier ministre qui a annoncé ce week-end une dotation de 50 millions d'euros aux communes rurales dont les habitants sont davantage dépendants de la voiture. Le Premier ministre a également assuré qu'il apporterait une réponse spécifique aux petites stations-service des campagnes pour qu'elles puissent baisser le prix du gazole.
Volodymyr Zelensky dit ne pas être au courant du cessez-le-feu énergétique annoncé par Donald Trump.
Et encore une fois, le président américain a suppris tout le monde en annonçant dimanche un cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie, assurant que les deux pays avaient donné leur accord pour ne plus frapper leur infrastructure énergétique. De quoi susciter un soutien étonné du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le
président des États-Unis a annoncé un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques. C'est une bonne nouvelle pour tout le monde et il est important que cela devienne une réalité. L'Ukraine soutient tous les formats sincères et fiables de cessez-le-feu et de fin de la guerre. L'Ukraine est prête à s'abstenir de frapper les infrastructures énergétiques russes, mais nous comptons sur la même disposition de la part de la Russie ainsi que sur l'accord obtenu par le président des États-Unis.
Une
Française a été blessée dans l'attaque contre l'aéroport de Riyad.
Cette ressortissante française figure parmi les 309 blessés de l'attaque de l'aéroport de Riyad en Arabie saoudite, perpétrée par les rebelles outils du Yémen, une attaque qui a fait 12 morts, on le rappelle.
Merci Alexandre, on se retrouve dans quelques instants. Vous allez nous détailler, nous expliquer la loi examinée au Sénat sur les stocks stratégiques de médicaments. On parle tout de suite de cette question de la pénurie de médicaments. Bernard Jomier, vous êtes sénateur de Paris, désormais vice-président du Sénat.
Vous
siégez au groupe écologiste et vous êtes membre de Place Publique, le parti de Raphaël Luxman dont on parlera à la fin de cette interview. Mais d'abord, la question des pénuries de médicaments qui prennent de l'ampleur, le nombre de ruptures et de risques de ruptures a été multiplié par 20 en 12 ans en 2026.
C
'est plus d'un cas des Français qui ont été confrontés à une pénurie. D'abord Bernard Jomier, en tant que médecin, où est-ce que vous avez été confronté directement à ce problème
?
Je crois que 100% des médecins ont été confrontés à ce problème. Il est récurrent, ça dure depuis plusieurs années, avec une intensité particulière dans certains domaines. La santé mentale est une grande cause. Rendez-vous compte, rendons-nous compte que des patients n'ont pas leurs médicaments dans le domaine de la psychiatrie. Des neuroleptiques, des médicaments aussi importants, majeurs, manquent régulièrement. Donc oui,
c'est un problème.
Ça veut dire
quoi ? Des interruptions
de traitement ? Des impossibilités de débuter un
traitement ? Ça veut
dire des interruptions de traitement, des sauts d'un médicament à l'autre, médicaments qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Ça veut dire courir dans toutes les pharmacies pour les patients pour essayer de trouver une boîte du médicament. C'est une situation qui est intolérable.
Quels sont les produits qui connaissent le plus de ruptures, de risques de ruptures
? Alors,
il n
'y a
pas une classe thérapeutique, mais il y a des médicaments en psychiatrie, il
y
a des médicaments pour le cœur, par exemple, des médicaments qui servent à prévenir les infarctus ou à les soigner. Donc, vous voyez, des médicaments qui sont majeurs. Il y a même en oncologie des ruptures thérapeutiques. Vous avez un cancer et non seulement vous devez faire face à l'angoisse, de la maladie, tout ce qui va avec le traitement, mais en plus, vous êtes sur-angoissé parce que le médicament n'est pas forcément disponible. Donc, c'est un problème majeur de santé publique.
Avec une perte de chance de guérir du cancer, de s'en sortir ?
On
n'a pas pu les quantifier. On n'a pas pu, mais on peut estimer, effectivement, que quand vous avez des ruptures de traitement, que vous avez des difficultés à prendre de façon régulière vos traitements, oui, il y a des conséquences.
Qu'est-ce qui explique ces chiffres ? Qu'est-ce qui explique ces pénuries et le fait qu'elles prennent une telle ampleur
?
Alors, d'abord, la pénurie, elle n
'est
pas française. Elle est mondiale. Il y
a
une hausse mondiale de la demande de médicaments.
Et
puis, en ce qui concerne l'Europe, parce que l'Europe s'est saisie du sujet. Ici, à la Commission des affaires européennes du Sénat, avec mes collègues Pascal Grunier et Katia Poursopouli, on a beaucoup travaillé sur ce sujet depuis deux ans. L'Europe essaye d'apporter des réponses. Parce qu'un des principaux facteurs, c'est la perte de la production de médicaments sur le sol européen. Les principes actifs et même ce qui sert après à fabriquer les médicaments ont été massivement transférés en Chine et en Inde. Et donc, il y
a
un enjeu de relocalisation de la production et puis il
y a
un enjeu de meilleure gestion des stocks.
On va revenir sur l'enjeu de la relocalisation et de la gestion des stocks. Mais vous avez publié un graphique, la Commission des affaires sociales du Sénat, où vous dites que 34% est expliqué par une augmentation du volume des ventes. Qu'est-ce que ça veut dire qu'on consomme plus de médicaments
?
Aujourd'hui, on en consomme trop
? Non,
il y a une part de bonnes nouvelles. C'est-à-dire que de plus en plus de personnes sur la planète ont accès aux médicaments. Ce n
'est
pas une mauvaise nouvelle, ça en soi. Le fait que le niveau de vie monte, que des pays se développent et que leur population puisse se soigner. Pour l'exemple des vaccins, les vaccins sont considérablement développés parce que, par exemple sur le continent africain, des enfants qui n'étaient pas vaccinés contre la rougeole le sont maintenant et sont protégés de cette maladie. Donc, il y a une hausse de la demande qui est très forte. Et face à cette hausse de la demande, les capacités de production ne suivent pas. Et il y a par ailleurs des tensions parce qu'il y a des pays qui peuvent payer plus et qui payent plus cher et d'autres qui payent moins cher.
Et donc, les fabricants vont orienter, on va dire, leur vente de médicaments. Et la France est un pays qui ne paye pas très cher les médicaments.
Et
puis, vous l'avez dit, il
y a
une question d'approvisionnement. Dès juin 2023, c'était en Ardèche, Emmanuel Macron annonçait une liste de 450 médicaments essentiels. On va réécouter le chef de l'État à cette époque.
Sur
une partie des produits sur lesquels on identifie un besoin de renforcer nos sources d'approvisionnement.
Là,
on se dit, on doit absolument continuer de relocaliser
la
matière première ou le produit fini, parfois les deux,
pour
sécuriser l'approvisionnement en stock du territoire.
Et
si je puis dire, au sein de ces 450,
il
y
a
une liste cœur.
On
se dit là, la diversification ne suffit pas.
Même
doublonner nos chaînes d'approvisionnement ne suffit pas. Il faut relocaliser.
150 médicaments en juin 2023. Depuis, on est passé à 650 pour prioriser cette sécurisation. Ça marche ou ça ne marche pas
? La
relocalisation de la production se fait extrêmement lentement.
Pour
le moment, il
y
a même des choix qui ne sont pas les bons choix. Quand vous communiquez pour dire,
on
va ouvrir une usine de doliprane en France, paracétamol.
Bon,
très bien, mais enfin, c'est un médicament, d'abord, qui ne soigne aucune maladie, je tiens à le dire. C'est un médicament du quotidien. C'est bien quand on a mal à la tête. Bon, très bien, c'est utile. Mais le véritable enjeu, c'est sur les traitements qui soignent des maladies.
C
'est sur les innovations. On appelle tout le champ de
l
'innovation thérapeutique. Vous avez vu ces traitements, par exemple, qui permettent, quand vous avez un cancer, de vous traiter avec un traitement personnalisé. L'enjeu, c'est ça, c'est de développer et de réimplanter sur notre territoire une production de médicaments qui permettent de répondre aux enjeux actuels des maladies. Voilà. Alors, il y a eu beaucoup de communication, mais derrière, pour le moment, il n'y a pas eu beaucoup d'actes.
Parce que c'est quelque chose dont on parle depuis le Covid. C'est-à-dire, ça a fait 6-7 ans qu'Emmanuel Macron est sur ce dossier. Pour vous, ça n'a pas suivi ? Il y avait, quand il s'est emparé du dossier, une cinquantaine de médicaments qui devaient être relocalisés. 8 projets de relocalisation, soutenus d'ailleurs par France 2030. Ça n
'a
pas été efficace, cette politique ? Il faut une double volonté.
Il faut une volonté française et européenne. Parce que la réglementation, elle est aussi européenne. Et l'Europe a trop laissé son industrie partir à penser qu'en faisant du moins-disant environnemental et social, on arriverait à garder une industrie. Mais on ne sera jamais aussi mauvais que l'Inde ou la Chine en la matière, si je peux me permettre. C'est-à-dire, c'est un combat qui est perdu d'avance. Non, il faut instituer un véritable souverainisme européen. Il faut protéger nos frontières pour échapper à la dégradation des conditions sociales et environnementales de production. Et donc, c'est ce qui est en train, doucement, mais beaucoup trop lentement, d'être fait.
La dernière réglementation européenne, qui a été adoptée l'année dernière, prévoit effectivement des mécanismes qui protègent le marché européen. Et c'est dans ce marché européen que la France doit reprendre un rôle plus actif sur la production de médicaments. Il y a 20 ans, notre pays était un pays producteur, un grand producteur de médicaments. Il a perdu ce statut-là. Et ça, c'est le défaut d'une politique nationale couplée à une politique européenne.
Alors, justement, puisqu'on parle de politique nationale, de politique européenne, il y a aussi des questions intra-européennes. On va le voir. C'est le cas, notamment, du côté de la Bretagne. On parle de relocalisation. On apprend que Sanofi va céder des sites de production à une entreprise allemande. On va aller à Rennes. On retrouve Stéphane Bénier. Bonjour, Stéphane. Merci beaucoup d'être avec
nous, directeur de l'information de TVR.
Stéphane, une usine Sanofi en Bretagne pourrait être cédée ?
Oui,
on l'a appris. Aujourd'hui, cette usine qui est un peu emblématique en région de Bretagne, qui emploie 65 salariés, pourrait être cédée à une usine du groupe allemand chez Plafarm. Alors, c'est un peu un site stratégique pour cette usine créée en 1981. Sanofi est l'un des 19 sites de la marque. Site industriel stratégique qui fabrique de l'héparine. C'est un anticoagulant essentiel à partir de matières premières issues de l'industrie porcine. Le site produit chaque année entre 40 et 50 tonnes d'héparine, ce qui représente environ 50% du marché mondial. Alors, monsieur le sénateur, bonjour. J'ai une question à vous poser sur cette pénurie.
Comment accepter que la France manque de médicaments essentiels alors qu'elle dispose encore de sites de production sur son territoire ? Est-ce que c'est un véritable paradoxe
? C
'est surtout, bonjour monsieur, le résultat, la résultante de ce que j'ai expliqué, c'est-à
-dire
un défaut de politique industrielle en matière de médicaments. On a laissé notre industrie partir, on n'est pas les seuls, l'Europe entière est concernée, on a laissé les chaînes de production s'en aller largement vers des pays asiatiques et aujourd'hui, on se retrouve à ne plus produire et à ne plus disposer, ce qui est vraiment problématique pour les malades de médicaments aussi essentiels que l'héparine, par exemple, qui est un anticoagulant absolument fondamental.
Eh bien, il est temps, il est urgent, et c'est le travail qui est fait depuis deux ans au niveau européen, mais qui encore une fois est beaucoup trop lent, de mettre en place des mécanismes qui nous permettent de protéger cette industrie et de ne pas être dépendant d'une production d'héparine qui sera située à Chandernagore ou à Wuhan en Chine et qui sera soumise aux aléas, d'abord de la production dans ces pays, du transport et, in fine, le résultat de cette politique de laisser-aller d'ultralibéralisme, en fait, où c'est juste la loi du marché qui dicte les conditions de production et les prix de vente. Eh bien, le résultat de cette politique-là, c'est que
des
patients français
n
'ont pollué le médicament
que
leur état de santé nécessite.
Stéphane, vous avez une deuxième question. Oui,
une deuxième question, parce que vous avez parlé tout à l'heure, monsieur le sénateur, de souverainisme européen. C'est très important. On a envie que des sites comme Plohermel puissent encore demain garantir notre indépendance. Est-ce qu'on n'est pas trop dépendant, aujourd'hui, justement, des productions étrangères ?
On
est extrêmement dépendant des productions étrangères. Mais
ça
n'est pas forcément problématique. Je veux bien préciser les choses. On ne peut pas tout produire sur le sol français. C'est ce que je veux expliquer. Mais on doit avoir, avec nos partenaires de l'Union européenne, une capacité à produire ce dont on a besoin.
On
ne peut pas résoudre le problème, nous, tout seuls, en France. Une politique industrielle uniquement française serait vouée à l'échec, pour de multiples raisons, et notamment en termes de matières premières, de principes actifs nécessités pour produire les médicaments. Mais nous devons impérativement, avec nos partenaires de l'Union européenne, mettre en place cette politique. Et c'est ce défaut, encore une fois, de conjonction de volontarisme européen et de politique industrielle française qui a produit ce résultat, qui fait que nous ne sommes plus en capacité d'avoir les médicaments dont nous avons besoin. Donc,
pas
de réponse isolée, nous, tout seuls, sur le territoire français. Ça, c'est une blague. Ça, ça n'est pas possible. Mais une politique coordonnée avec les autres États de
l
'Union européenne, oui, ça garantirait l'approvisionnement aux médicaments pour notre population.
Mais est-ce que là-dessus, on a suffisamment tiré les leçons du Covid ? Parce que cette politique coordonnée au niveau européen, il en a beaucoup été question en 2020, en 2021. Depuis, toutes ces belles promesses ont été un peu oubliées
?
Je ne sais pas si elles ont été oubliées. Il y a un règlement, la législation pharmaceutique européenne a beaucoup changé et ce travail est bien issu du constat qu'on était démunis. Par ailleurs, l'Union européenne a mis en place un organisme que les citoyens ne connaissent pas mais qui s'appelle ERA, qui joue un rôle maintenant dans la réponse aux crises sanitaires et qui est doté de moyens. Mais vous avez raison, c'est un enjeu pour les années à venir, justement, de développer ces mécanismes de coopération et de travail en commun parce que sinon, à la prochaine crise sanitaire, on se retrouvera complètement démunis.
Merci Stéphane Beignet d'avoir été avec nous, directeur de l'information de TVR. Et afin de mieux éviter ces pénuries de médicaments, la droite sénatoriale propose donc de piocher dans les stocks de sécurité des laboratoires pharmaceutiques. Alex, vous allez nous expliquer ça.
Oui, Auriane. Rappelons d'abord que la loi actuelle oblige les groupes pharmaceutiques à constituer des stocks de sécurité de médicaments, justement en cas de pénurie ou de tension d'approvisionnement. On va regarder ce que dit aujourd'hui le Code de la santé publique. Toute entreprise pharmaceutique exploitant un médicament constitue un stock de sécurité qui ne peut excéder quatre mois de couverture des besoins en médicaments. Mais pour la droite sénatoriale, ces stocks peuvent aller à l'encontre de l'objectif recherché.
Selon ces sénateurs, notamment les Républicains, si vous obligez les labos pharmaceutiques à constituer ces stocks de sécurité sous peine de sanctions financières, ces entreprises vont rechigner à commercialiser davantage de produits et cela peut créer des pénuries. On va lire l'exposé des motifs de cette proposition de loi qui est déposée par les sénateurs de la majorité sénatoriale. L'application des obligations de stock peut fragiliser la disponibilité des médicaments et dissuader certains acteurs de couvrir les besoins du marché en période de tension.
Ce texte permet donc aux entreprises pharmaceutiques d'utiliser temporairement une partie de ces stocks stratégiques pour répondre à la demande.
Puiser dans les stocks de médicaments mais sur certaines conditions, Alex.
Oui, alors les auteurs de cette proposition de loi prévoient quelques garanties. Ce stock de sécurité doit être reconstitué au plus vite par le groupe pharmaceutique dans un délai fixé par voie réglementaire. Le marché national doit être approvisionné au niveau habituel. Pas question d'inonder le marché. Et puis la Commission des affaires sociales du Sénat, qui a étudié le texte avant le débat cette semaine en séance publique, a quand même rajouté quelques garde-fous. C'est l'Agence nationale de sécurité du médicament qui pourra autoriser cette diminution des stocks stratégiques. Et puis il sera interdit de puiser dans ses réserves juste pour des fins commerciales.
Et enfin, chaque entreprise devra toujours conserver un stock de sécurité supérieur à un mois de besoin du médicament en question. Bernard Jaumier, est-ce que vous êtes favorable à cette proposition de loi
? La
question des stocks, vous savez, c'est le Sénat qui s'en est préoccupé le premier. En 2018, c'est un amendement que j'avais déposé et qui a été adopté par le Sénat, qui prévoyait des stocks de 4 mois pour ce qu'on appelle les médicaments d'intérêt thérapeutique majeur, des médicaments très importants. Depuis, la situation a évolué. Là, nos collègues de la majorité sénatoriale proposent de donner la main, en fait,
aux
fabricants, aux industriels. Parce que les industriels n'aiment pas, en fait, les stocks et ils ont été soumis à des sanctions assez importantes ces deux dernières années pour non-respect de la législation.
Le
problème de la proposition, et vous l'avez bien rappelé, c'est qu'il excluait, en fait, l'Agence de sécurité du médicament, qui est le gendarme qui veille à ce que la loi soit respectée. Il disait,
ben
non, alors comme il y
a
eu trop d'amendes, en gros, on va retirer le gendarme. Non, ça, c'est pas possible. Donc, la Commission des affaires sociales a commencé, on va dire, à
corriger
cette situation, mais ça n'est pas satisfaisant. Parce que quand on donne trois semaines à l'Agence de sécurité du médicament pour dire non, la dérogation n'est pas possible, c'est ce qui est prévu dans le texte, c'est beaucoup trop court. Une agence qu'on a privée de moyens, on va lui demander de travailler en trois semaines. Et on dit que si elle ne rend pas son avis en trois semaines, eh bien, la dérogation est accordée. On ne peut pas laisser des stocks de médicaments s'effondrer avec une agence qui n'a pas le temps de dire non, il faut conserver le stock. Il y
a
un risque, il y a un risque de pénurie. Il faut dire que depuis que la législation a changé, l'année dernière, les pénuries ont plutôt diminué.
Plutôt
diminué alors que, ça a été rappelé, depuis 15 ans, elles augmentaient sans cesse. Donc, le dispositif est efficace. Ça veut dire que vous ne comprenez pas l'argument de la droite sénatoriale qui affirme que, finalement, ces stocks, ils peuvent créer, justement, des tensions sur le marché.
Ce
que tout le monde comprend bien, c'est que pas de stock, ça s'appelle du flux tendu et c'est un facteur du pénurie, et trop de stock, vous immobilisez inutilement. Donc, tout le monde est d'accord là-dessus. Après, laisser la main aux industriels, c'est ça que veut faire la droite sénatoriale. Et moi, je dis, nous, nous disons, non, il faut que le gendarme régule réellement et soit celui qui a le pouvoir de décision en la matière. C'est meilleur pour l'intérêt collectif.
En
fait, c'est une proposition de loi qui est plutôt inspirée par le lobby pharmaceutique qui voudrait se desserrer de certaines contraintes ?
Je
pense surtout qu'elle est un peu étonnante parce qu'en fait, il y
a
un décret qui a été pris au mois de juin et qui prévoit la souplesse qui est demandée par la loi. Que les dispositifs soient ajustés, c'est plutôt intelligent. Il ne faut pas être figé. Il faut regarder comment évolue le marché du médicament. Et l'objectif, c'est qu'il n'y
ait
plus de pénurie pour notre population. C'est ça l'essentiel. Alors, il y
a
un décret qui a été pris en juin qui met un peu cette souplesse.
Et
cette proposition de loi, elle dit un peu la même chose, mais en moins bien. Donc, au fond, on se demande pourquoi elle est présentée aujourd'hui.
Et
on la suivra demain, examen de ce texte puisque c'est la rentrée en séance pour les sénateurs. Et ce sera donc le premier texte examiné en séance demain. On va terminer en parlant politique puisque vous êtes l'un des deux sénateurs Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Et on va regarder justement cette image de Raphaël Glucksmann qu'il a postée lui-même sur ses réseaux lorsqu'il apprend hier le résultat de la primaire.
66,17%.
Alors,
on a l'impression, il y a la joie évidemment de Raphaël Glucksmann, mais on a aussi l'impression d'une forme de sidération face à ce score de 66,17% au premier tour. Vous étiez dans le même état
? J
'étais tout à fait heureux d'abord parce que le message, en fait, vous savez, il y avait cette boîte noire de dizaines de milliers de Français qui s'étaient inscrits pour voter et n'on ne savait pas, au fond, ce qu'ils souhaitaient.
La boîte noire, c'est ceux qui
s'étaient inscrits sur le site Choisir 2027 et qui n'étaient donc ni membres de Place Publique,
ni de
GRS, ni du PS. Exactement. 40 000 personnes,
à peu près. Voilà. Et le message qu'ils ont envoyé, qui est très clair, c'est qu'ils ont voté pour Raphaël Glucksmann très massivement. Et donc, ils disent, nous, on veut une gauche nouvelle qui se ressource, qui est claire dans ses choix, qui répond aux problèmes des Français. Et qui rassemblent pour gagner cette élection présidentielle. Et donc, qui a eu ce mouvement aussi fort, c'est une bonne surprise, bien sûr. Parce que la gauche, elle n
'est
pas morte. Parce que la gauche, ça n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Parce que la gauche, ce sont ces dizaines-là de milliers et plus de 100 000 participants qui ont dit, voilà, ce que Raphaël Glucksmann a proposé lors des élections européennes précédentes et qui fait qu'il a largement rassemblé, n'est pas une fiction, c'est une réalité politique du pays. Et cette réalité politique, eh bien maintenant, on doit la faire grandir.
– Vous qui êtes membre de Place Publique, Raphaël Glucksmann, pour avoir 79 000 voix, il a forcément eu un nombre conséquent de voix du Parti Socialiste. Est-ce que c'est aussi la victoire de Place Publique sur le PS
? –
C'est, vous savez, on est à un instant de l'histoire où la gauche, elle doit se repenser.
Parce
que les appareils actuels ne correspondent plus
aux
électeurs.
Et
vous savez, il y a une gauche démocratique qui est sociale, qui est écologiste, qui est claire sur ses choix, qui est intransigeante sur ses valeurs. Et cette gauche-là, vous la retrouvez dans le Parti Socialiste, vous la retrouvez à Place Publique, vous la retrouvez chez des écologistes, vous la retrouvez au PRG, etc. Donc vous la retrouvez dans différents appareils de la gauche. Aujourd'hui, nous avons collectivement, avec le Parti Socialiste et avec bien d'autres, la responsabilité de faire vivre cette gauche-là. Et ça n'est pas un affrontement. Si affrontement il y a, ce sera avec l'extrême droite à la présidentielle. Mais au sein de la gauche, nous devons repenser nos organisations.
Et c'est ça aussi le message des électeurs. Ils ont balayé ce que pouvaient être les consignes ou la place des uns et des autres dans les appareils politiques. Ils ont envoyé un message clair à nous de le respecter et de le faire grandir.
Pour terminer sur vous, Bernard Jomier, puisque je le rappelle, vous êtes donc l'un des deux sénateurs Place Publique, vous siégiez jusque-là au groupe socialiste avant le renouvellement du Sénat fin septembre. Vous avez choisi de le quitter pour aller au groupe écologiste. Pourquoi ce choix
? J
'aurais continué, mais alors sans aucune difficulté à siéger au groupe socialiste, mais avec mon collègue Grégory Blanc. Nous sommes deux sénateurs Place Publique et nous souhaitions siéger dans le même groupe. Écologistes ou socialistes, vous savez, il va falloir qu
'on
se retrouve.
Et Grégory Blanc ne pouvait pas venir
siéger chez les socialistes ?
Les socialistes n'ont pas souhaité que Grégory Blanc vienne siéger dans leur groupe. Pourquoi ? Je le regrette. Ils n'ont pas su tendre la main, simplement. Ils n'ont pas su accepter notre autonomie politique, le fait que nous avons un message singulier. J'ai été neuf ans apparenté au groupe socialiste sans aucune difficulté. J'aurais pu l'être trois ans de plus. Maintenant, on va tous ensemble se tourner vers l'avenir, je crois.
Comment ça a été perçu chez Place Publique, le fait que vous quittiez le groupe socialiste en pleine primaire PS Place Publique
? Il
me semble sans difficulté. Vous avez vu un communiqué qui rappelle les règles internes, mais je pense que ce communiqué était plus le fait de vouloir calmer les choses pendant la séquence de la primaire. Comme on l'a vu, vous savez, ce que font Bernard Jomé et Grégory Blanc, ça n'a aucun impact sur la primaire. Ça
n'a eu aucun impact sur la primaire. Mais il y aura des sanctions Place
Publique parce que vous avez quitté le groupe PS ou pas
? Je
suis prêt à prendre le pari que tout ira bien demain. Parce
que Raphaël Glucksmann
a gagné ?
Non
seulement parce que Raphaël Glucksmann a gagné, mais parce qu'au fond, le message politique qu'on a porté, c'est encore une fois qu'on devait rassembler au-delà de ces clivages de groupe.
Même si votre siège en moins, ça coûte la deuxième place au PS qui n'est plus deuxième dans l'ordre des groupes du Sénat, mais pas ce troisième derrière les centristes ?
Moi,
ce qui me chagrine, vous le savez, c'est qu'à l'occasion du renouvellement sénatorial, la gauche, elle a reculé au Sénat. C'est ça qui est le plus chagrinant. Pourquoi ? Pourquoi elle a reculé ? Elle a reculé. Elle a perdu quelques sièges. Et donc, c'est ça qui est problématique et c'est ça qui doit nous obliger. Quand on croit à nos valeurs, ce qui doit d'abord nous motiver, c'est de faire progresser nos idées et c'est de gagner les élections.
Merci Bernard Jomier. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin. Alex, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale ?
Oui, on parlera de la crise du pouvoir d'achat et de ces nombreux Français qui sont obligés de cumuler plusieurs emplois pour pouvoir joindre les deux bouts.
C'est effectivement à suivre dans la revue de presse et puis on va revenir, nous, sur les résultats de cette primaire de la gauche avec Nicolas Maillard-Rossignol qui nous rejoint. Merci beaucoup. Allez, à bien.
Ça
va
?
66%, c'est le score sans appel de Raphaël Glucksmann qui remporte donc la primaire dès le premier tour. Et maintenant, comment peut-il rassembler la gauche et au PS ? Olivier Faure est-il un premier secrétaire à Fébi ? On va en parler avec Nicolas Maillard-Rossignol. Bonjour.
Bonjour. Merci
d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le maire de Rouen, premier secrétaire délégué du PS et responsable du programme présidentiel de Raphaël Glucksmann. Interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Aurélien, Nicolas Maillard-Rossignol. Bonjour. Bonjour.
66,17% pour Raphaël Glucksmann. Nicolas Maillard-Rossignol, est-ce que dans vos rêves les plus fous, vous aviez imaginé un tel score en premier
tour
? C'est un score très élevé. Et moi, j'avais vu beaucoup de... Même
vous, vous ne l'aviez pas vu. ...de
schtrontf grognons. Les schtrontf grognons, c'est ceux qui disaient que la primaire, ça allait faire pchit, qu'il n
'y
aurait personne qui irait voter. Vous avez vu la participation, elle est très élevée.
Elle
est beaucoup plus élevée que tout ce que les commentateurs prédisaient. Et puis, peu de gens ont parié sur un score aussi élevé de Raphaël Glucksmann. Donc oui, c'est une vraie satisfaction. Maintenant, c'est une première étape.
Pardon, vous attendiez, vous, un tel score ?
Moi, je savais que c'était possible. Après une élection, vous savez, on ne sait
jamais. Mais vous
pensiez qu'il allait faire 66% en premier tour ?
Je suis maire
de Rouen. Que Raphaël
Glucksmann... Que Olivier Faure allait faire moins de 15% ?
Je suis maire de Rouen.
Honnêtement, sur le terrain, je vais vous dire.
Vous
savez ce que me disaient les gens ?
On
est d'accord ou on n'est pas d'accord avec Raphaël Glucksmann. Mais je n'entendais personne
qui
contestait le fait que Raphaël Glucksmann, il est sincère,
il
est clair
et
ça fait du bien. Et on avait besoin de ça. Donc il y
a
un espoir qui se levait, manifestement. Il y a beaucoup de gens qui sont venus voter pour dire on veut ce retour d'une gauche claire, d'une gauche sincère, d'une gauche pro-européenne qui n'a pas peur de s'affirmer. Et cet espoir qui se lève maintenant, je suis venu aussi pour le dire sur ce plateau, rejoignez-nous. C'est maintenant que la vraie bataille face à l'extrême droite pour réorienter le pays, pour la France, pour les Français, commence. Rejoignez-nous, on a besoin de tout le monde.
– Que
Raphaël Glucksmann l'emporte et qu'il l'emporte au premier tour, vous vous y attendiez. Mais quand même, 50 points d'écart entre Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, c'est énorme. Ça, vous ne vous attendiez pas.
–
Oui,
oui, oui,
bien sûr, le score de, je ne
vais
pas se cacher derrière le petit doigt, bien sûr que le score de Olivier Faure est très faible. Mais je crois que ce qu'on a vu sur le terrain, c'est qu'en fait, il y a beaucoup de sympathisants qui sont venus, c'est pour ça que la participation est plus élevée qu'attendue, qui sont venus pour dire cette envie d'une gauche claire et d'une gauche forte. Qui est-ce qui porte ça ? C'est Raphaël. – Alors, la participation est forte, tout le monde se disait, enfin, moi le premier, que vous n'atteindriez pas 100 000 votants, là vous avez 120 000 votants, c'est beaucoup plus que ce qu'on pouvait, enfin, ce à quoi on s'attendait, ça c'est vrai.
Par contre, ça reste une petite base électorale, en fait. C'est une primaire fermée, quand même, malgré tout. Même si elle était ouverte, sous cotisation, 15 euros, etc. Enfin, 120 000 votants, c'est pas énorme. Est-ce que Raphaël Glucksmann devient vraiment le candidat de la gauche ou est-ce qu'il reste le candidat choisi par un petit cercle
?
– Mais vous voyez, je parlais des chevaux grognons tout à l'heure,
je vous mets pas dans le lot. – Si, j'en suis un, je l'avoue. – Vous l'avez dit vous-même,
personne n'attendait une telle participation. Je vais le dire autrement, vous connaissez un autre processus démocratique où il y
a
eu plus de monde
qui
aurait désigné quelqu'un, là,
dans
cette élection présidentielle 2016 ?
–
Non,
mais c'est pas les scores, c'est pas les scores des dernières primaires.
– Oui, si vous vous rappelez, par exemple,
de Mme Royal en
2006, vous avez fait combien de voix, Mme Royal, en 2006 ? – Oui.
–
Vous vous souvenez
?
– Le nombre de voix, pas exactement, mais
c'était pas 2 millions.
– Environ 100. – Voilà, c'était pas 2
millions.
– Donc c'est le même ordre de grandeur, en réalité, que la primaire en 2006. –
Oui, mais c'est pas
les
dernières
primaires. – Non, mais en fait, c'est pas ça qui compte. – C'est-à-dire que
les dernières primaires, il y avait 2 millions de votants.
–
Si
vous voulez, mais ce que je veux dire, c'est que c'est pas ça qui compte. Ce qui compte, c'était, non pas juste de gagner la primaire, mais de la gagner clairement. Est-ce que le résultat est clair ? J'espère qu'on sera d'accord pour dire que le résultat est clair. Maintenant, c'est pas du tout suffisant, parce que Raphaël Glucksmann le dit depuis le début, l'objectif, c'était pas de gagner la primaire, c'est de gagner l'élection présidentielle. Le seul adversaire,
on va
dire, le seul ennemi, non pas de Raphaël Glucksmann, mais de la République, c'est l'extrême droite.
– Il a redire, mais pardon, juste comment vous analysez cette victoire ? Est-ce que c'est une victoire personnelle de Raphaël Glucksmann, ou est-ce que c'est la victoire de la ligne anti-LFI à gauche ?
–
Moi, je suis en charge du programme. Je porte le projet pour Raphaël. Je pense que c
'est
d'abord la victoire de la clarté et de la sincérité.
On
l'a bien vu à gauche, que les zigs et les zags, un coup c'est ça, un coup c'est autre chose, on sait pas bien la ligne, ça c'est pas possible. Et les gens sont venus voter pour dire, on veut cette gauche claire, qui n'a pas peur de dire, voilà nos valeurs, on est républicains,
on
est pro-européens, on est social-écolo, on veut non pas la continuité et un Macron 2, on veut pas l'extrême droite, on veut cette gauche claire.
– Mais pardon, Olivier Faure, il n'est pas républicain, social-européen ? –
Je pense que beaucoup de gens ont considéré qu'il n'était pas suffisamment clair, et notamment, vous l'avez dit vous-même, sur les alliances. Objectivement, c'est ce qu'on a vu ces dernières années. Mais c'est pas le seul sujet, c'est la question européenne, c'est le rapport à l'Ukraine, c'est le rapport à Poutine, c'est la place de la France dans la mondialisation, c'est l'impératif et l'urgence écologique. Et Raphaël Glucksmann porte cela. Regardez, il y a trois mois, si je vous avais demandé de quoi Raphaël Glucksmann est le nom, vous m'auriez dit sans doute, l'Ukraine, les Ouïghours,
l
'international, l'Europe. Et c'est toujours le cas. Clarté, sincérité. Aujourd'hui, vous me diriez sans doute aussi, la question des méga-héritages, la question que le travail paie, qu'on revienne à une méritocratie, plutôt qu'une héritocratie. La question de
l
'école publique, de l'éducation, des lycées, j'espère qu'on en parlera, de la cause de la jeunesse, la question climatique et l'urgence avec Yannick Jadot. Il y a déjà un rassemblement. Donc vous voyez, cette clarté-là, sur le fond, en portant un projet clair, ça, je crois que c'est une grande force. C'est le début du renouveau de la gauche et surtout de sortir de cet esprit de défaite. Parce que cette gauche-là avait pris pour habitude de s'excuser et de perdre. Et nous, nous n'avons pas à nous excuser et nous voulons gagner. Parce que c'est la bataille de toute une génération militante face à l'extrême droite.
On va parler du programme. Mais d'abord, Raphaël Glucksmann, il est au défi du rassemblement. Vous l'avez dit, le plus dur commence pour lui. Rassemblement de la gauche. Marine Tondelier, hier, qui écrit sur les réseaux sociaux, c'est la victoire de celui qui a fait le choix du repli en refusant toute perspective d'alliance large de toute la gauche et des écologistes. Qu'est-ce que vous lui répondez
? Je
pense que ce n
'est
pas tout à fait le propos qui serait à la hauteur du moment. Qu'est
-ce
que veut Marine Tondelier ? Je lui dis amicalement. Est-ce qu'on veut être les plus riches du cimetière
?
Ou est-ce qu'on veut barrer la route à l'extrême droite ? C'est quand même un moment de responsabilité pour tous les militants et tous les responsables politiques de la gauche. Parce que qui sinon la gauche pour empêcher
l
'extrême droite d'accéder au pouvoir ? L'extrême droite, elle a neuf orteils et demi à l'Élysée. Neuf orteils et demi. Donc, les petites phrases sur le repli, l'aigreur, etc. Raphaël Glucksmann a été désigné démocratiquement. Il n'y a pas de processus plus large que celui-ci. Je n'en connais pas. Je ne crois pas que Marine Tondelier ait été désignée avec plus de militants, il me semble. ni Jean-Luc Mélenchon, ni personne d'autre. Et donc, maintenant, la vraie question, pour Marine Tondelier, comme pour tous ceux qui ont le cœur à gauche, c'est est-ce qu'on s'engage avec Raphaël pour que cette gauche-là gagne ou est-ce qu'on joue
la médecinité et les écrits ?
Vous la connaissez, la vraie question qui est sous-entendue derrière ce message de Marine Tondelier. C'est est-ce que pour battre Marine Le Pen, on s'unit tous à gauche, y compris avec Jean-Luc Mélenchon, qui pour le moment est devant dans les sondages et est le premier candidat de la gauche ?
Alors, je ne suis pas d'accord avec vous.
Je
ne
suis
pas d'accord avec vous parce que les mêmes sondages dont vous parlez testent aussi la possibilité de victoire. Quel est le scénario le plus favorable à l'extrême droite
?
Quel est le scénario le plus favorable ? Ce n
'est
pas moi qui le dis. Tous les sondages le disent depuis des mois et des mois. Le scénario le plus favorable à Marine Le Pen, c'est le scénario Mélenchon-Le Pen.
C
'est le scénario Mélenchon-Le Pen. Donc, la question qui est posée à Marine Tondelier comme responsable politique, c'est une question très difficile, mais très importante, à Marine Tondelier comme à moi, comme à tous les responsables et les militants de la gauche qui ne veulent pas que l'extrême droite gagne. Est-ce qu'on veut favoriser le scénario où l'extrême droite aurait la plus haute probabilité de l'emporter ? Bien sûr que non. Il n
'y
a pas 150 solutions. Soit vous continuez avec le macronisme, avec un ex-premier ministre de Macron, ça c'est Édouard Philippe, soit vous allez à l'extrême droite, soit vous avez Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire le scénario où Mme Le Pen a la plus de probabilité de l'emporter, et ce serait une catastrophe absolue pour le pays, avec toutes les conséquences et tout ce que cela
ouvrirait
dans le pays de haine et de violence. Soit vous avez Raphaël Glucksmann qui aujourd'hui est dans cette dynamique. Mais rejoignez-nous, rassemblons-nous. En plus, sur le fond, franchement, quel programme plus social-écologiste que celui de Raphaël Glucksmann
? – Juste
une précision, avant de faire l'union avec les écologistes, voire avec les communistes, rassembler la gauche, êtes-vous bien sûr que tous les participants à cette primaire vont effectivement se ranger derrière Raphaël Glucksmann et faire campagne avec lui ? Ils se sont engagés pour ça, mais on a vu dans le passé des précédents, moi je pense à la primaire socialiste de 2017, où Benoît Hamon, en fait, à peine élu, a été lâché par ceux qui devaient le soutenir, dont Manuel Valls, par exemple. Est-ce qu'on peut avoir le même scénario cette année,
? –
Évidemment que je souhaite que tous les candidats, candidates, respectent leurs paroles et leurs signatures. Ils se sont toutes et tous engagés,
les
quatre autres donc,
à
soutenir le vainqueur. Et l'ont répété d'ailleurs hier.
Donc
je n'ai pas de doute sur le fait qu'ils vont tenir parole, sinon ce serait ajouter à la défaite l'inélégance. – Ça veut dire qu'ils s'engageront dans la campagne, aux côtés de Raphaël Glucksmann
? – Je viens de le dire, on a besoin
d'un rassemblement le plus large. Votre question c'est, est-ce qu'ils vont respecter leurs paroles ? Je n'en doute pas.
–
Mais quand vous entendez hier soir Ségolène Royal sur France 2 dire « le stagiaire a gagné la primaire malheureusement
»,
il y
a
mieux comme soutien,
non ? –
Je voudrais surtout qu'encore une fois, elle regarde
les
petites phrases, vous savez, sur les campagnes. Visiblement ça ne lui a pas servi, elle n
'a
pas gagné, elle a perdu. Bon, maintenant il faut regarder devant. Est-ce qu'elle veut contribuer à ce que la gauche l'emporte ou pas
? Est
-ce qu'on veut laisser l'extrême droite gagner ? Je rappelle que c'est toujours Marine Le Pen qui est ultra devant dans tous les sondages et qu'aujourd'hui le vrai enjeu c'est que cette primaire que Raphaël Glucksmann vient de gagner
avec
clarté, avec netteté, génère cette dynamique. Pour cela on a besoin de rassemblement. Donc sortons des petites phrases et avançons ensemble.
–
Et
puis il
y
a celui qui n'était pas candidat à la primaire mais dont l'ombre plane, c'est François Hollande. Est-ce que vu le score de Raphaël Glucksmann, vous lui dites ce matin qu'il peut fermer ses locaux de campagne ?
–
Je crois surtout que François Hollande, là encore, a une responsabilité peut-être plus encore,
plus
éminente encore, parce que c'est un ancien président de la République et tous les mots comptent dans ma phrase.
Il
a cette responsabilité parce qu'il sait le moment, la gravité du moment. Ce n
'est
pas un jeu l'élection présidentielle, ce n
'est
pas un jeu. C'est une élection évidemment singulière dans notre République mais c'est aussi la place de la France dans l'Europe, la place de la France dans le monde.
–
Mais
il a félicité Raphaël Glucksmann, François Hollande
? – Je ne sais pas, j'espère. Je crois qu'en tout cas il a conscience de cet enjeu et qu'il sait qu'aujourd'hui il n'y
a
pas 50 options.
– Mais vous pensez que là il va renoncer à sa probable
rétive candidature ? – Ah mais moi je ne sais rien, je ne suis pas
spécialement… –
Mais
vous lui
demandez quoi ? – Je n'ai
aucune information particulière ni intime sur
les choix politiques
de François Hollande. –
Je
vous dis une chose simple, aujourd'hui chaque responsable politique qu'il s'appelle Marine Tondelier, François Hollande, qui vous voulez, doit se poser cette question simple. On est face, je le dis gravement parce que c'est grave, on est face au péril le plus grave qu'ait connu notre 5ème République. Pour la première fois l'extrême droite est aux portes du pouvoir comme jamais elle ne l'a été. Donc on va arrêter avec les petites phrases et les petites aigreurs et les petites ambitions. La seule et unique question, c'est comment on fait pour redresser le pays, apporter un espoir aux Français et empêcher l'extrême droite ?
Et aujourd'hui, il y a une incarnation pour cela, c'est Raphaël Glucksmann. – On va quand même vous poser des questions sur d'autres sujets, notamment Olivier Faure, la situation du Parti Socialiste. Il a quoi ? Il a fait 18 000 voix hier, c'est ça ? – Oui, je crois à peu près, oui. – Ça veut dire que c'est moins de la moitié des adhérents du Parti Socialiste à cette primaire ? C'est clairement un désaveu pour lui ?
– Je
ne
vais
pas vous dire que c'est une victoire, c'est une défaite.
–
Qu
'est
-ce qu'on fait ? Est-ce qu'il peut rester premier secrétaire du Parti Socialiste
?
–
Non mais enfin,
je vais vous dire. – Tout le monde posait la question hier en fait,
personne n'y répond.
– Oui, je comprends que la question se soit posée, mais c'est secondaire. Olivier Faure a perdu, c'est un fait. On va dire qu
'il
avait déjà perdu en juillet, si vous vous souvenez du référendum interne sur… –
C'était
la méthode, c'était le même sujet, puisqu'en réalité c'était la clarification de la ligne de la stratégie. – Du coup,
s'il y a une
clarification sur la ligne,
est-ce que ça veut dire qu'il
faut un nouveau congrès ? – Écoutez, règlement de compte, non. Revenir aux ambiguïtés d'hier, non plus. Donc c'est à lui de dire ce qu'il souhaite faire. Moi, ce que je crois, c'est qu'on a besoin d'avancer, rassembler dans la clarté.
– Donc c'est-à-dire que
vous allez laisser les querelles internes au PS ?
–
Ce
n'est pas
le sujet… –
Sous le tapis, pardon, jusqu'au 2 mai 2027.
–
Pardon d'être trivial, franchement, les querelles internes du PS, on s'en fout, la seule chose qui compte.
– Vous
n
'êtes pas le dernier opposant au sein du
Parti socialiste à Olivier Faure. – Et chacun sait mes combats, et chacun sait ce que j'ai porté. – Est-ce que là, ce matin, vous dites qu'il est
encore légitime à être Premier secrétaire du PS
? – Mais il
est surtout légitime à se regarder, comme tous les militants et comme tous les responsables politiques, dans une glace, et se dire, comment je peux être utile, dans la clarté,
pour
que Raphaël Glucksmann gagne cette élection présidentielle. Et c'est à lui de dire, quelle est la meilleure place pour cela, qu'il se sente à l'aise dans cette place-là. Moi, je ne
suis
pas là pour demander la tête de qui que ce soit. En revanche, je suis là pour porter un programme avec Raphaël, et pour que cette gauche sorte de cette résignation et de cet esprit de défaite, cet esprit de défaite.
– Non, mais est-ce que vous lui demandez de clarifier la ligne du PS, compte tenu du résultat de Raphaël Glucksmann ? – La ligne
est clarifiée, Olivier Faure est minoritaire, il a
perdu… – Donc pour lui,
il doit dire, il n'y aura plus d'alliance avec la
France insoumise ? – Donc
la ligne, elle est clarifiée par cette primaire.
– D'accord, donc lui, c'est pas
ce qu'il a dit pendant les débats,
pardon. Est-ce que là, il doit
dire, il n'y aura plus d'alliance avec la France insoumise, et aux législatives, il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise
?
–
Il doit respecter le mandat que viennent de trancher tous les citoyens qui ont participé à cette primaire. Et je crois que le résultat est sans aucune contestation possible.
soit
il est à l'aise avec ça, soit il n'est pas à l'aise avec ça. Mais moi, je souhaite que tous les socialistes, et qu'au bien au-delà, tous ceux qui ont le cœur à gauche, se retrouvent, se rassemblent, parce que c'est l'enjeu d'une génération entière, et qu'on ne peut pas rester aux médiocrités des petites querelles d'appareils. L'enjeu, c'est de battre l'extrême droite, et de redresser le pays, et d'offrir un avenir aux Français qui nous attendent. C'est
le seul enjeu qui compte. –
Juste sur l'avenir du PS, avant de parler de l'avenir des Français, c'est, à votre place, on avait Ségolène Royal, mercredi, qui dit, si Raphaël Luxemann gagne, le PS est mort.
– Oui, mais c'était encore une argussie de campagne, là encore.
– Mais pas que, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de
candidat, membre du PS, ou de ce qu'était le PS à l'époque, candidat à la présidentielle. C'est la première fois.
–
L'année dernière, vous défendiez le principe de l'affirmation socialiste, en disant, il faut qu'on ait un candidat. Là, votre candidat, il n
'est
pas parti socialiste.
–
Mais pardonnez-moi, mais moi je trouve que Raphaël… – Ça a quand même un effet, non ? – Mais non, parce que Raphaël…
–
Ça n
'a
pas l'incidence. – Mais ce que vous avez vu, pourquoi il y a eu tant de gens qui sont venus voter
?
Vous croyez qu'il
n'y a
pas des gens qui se sentent socialistes,
et
de fibres, socialistes ou social-démocrates, ou de la gauche socialiste républicaine, si vous préférez, ou social-écolo, qui sont venus voter ? Ce que ça a dit, là, c'est qu'en fait, les appareils sont trop petits,
ils
sont trop étriqués, c'est ça qu'on a vu. Quand vous faites des petits congrès avec un petit périmètre, les résultats, vous les avez vus, je suis bien placé pour le savoir, ils sont serrés,
ils
sont médiocres, c'est pas ça qui est intéressant. Quand vous avez une primaire plus large, c'est ce qui s'est passé là, les gens viennent en force pour dire une gauche claire. Les argusies de campagne, c'est caricatural, pourquoi ? Parce que dans ces campagnes, il faut se démarquer, alors tout d'un coup, vous avez la vraie gauche, et de l'autre, celui qui serait de droite, c'est ridicule. Raphaël Glucksmann est l'homme le plus à gauche.
– Non mais vous comprenez que… – Je vais
vous dire pourquoi. Parce que la gauche, la vraie gauche, c'est celle qui dit ce qu'elle fait, qui fait ce qu'elle dit, qui ne fait pas des hologrammes pendant la campagne pour promettre la Lune, alors qu'elle sait pertinemment que quand elle est au pouvoir le lendemain, eh bien elle va faillir à ses promesses.
– Non mais juste sur le parti, – Moi je veux une gauche qui conduite l'idéal
et la crédibilité du
réel. – Vous êtes le premier secrétaire délégué
du PS, Nicolas Mersignol. Quand en 2022, vous faites 1,74%, quand en 2027, vous n'êtes pas capable d'avoir un candidat issu des rangs du Parti Socialiste, est-ce qu'à un moment, la question de la pérennité du Parti Socialiste se pose ?
– Ça veut dire évidemment que le Parti Socialiste, mais je l'ai dit à plusieurs congrès, doit se réinventer, c'est clair, bien sûr. Je l'ai toujours dit, le PS ne va pas bien, on a vu les résultats, ils étaient mauvais, on le sait. Bon, maintenant il y a un espoir…
–
Ça passe quoi, par un changement de nom
? –
Je pense que le Parti Socialiste doit se réinventer, mais ce qui compte beaucoup plus que le Parti Socialiste, c'est le socialisme. Et autant un parti peut être, et c'est son cas, cabossé, fatigué, en difficulté, autant les idées du socialisme,
c
'est-à-dire la justice, la justice sociale-écologique, la justice dans le monde, la primauté du droit sur la force,
ce
que porte Raphaël en réalité, vous le voyez bien, et ce que les électeurs ont plébiscité, eh bien ces idées-là, elles n'ont jamais été aussi pertinentes, elles n'ont jamais été aussi nécessaires. C'est pour ça qu'on a besoin de se rassembler. Les appareils, c'est l'outil, c'est l'instrument, c'est évidemment secondaire par rapport aux idées et aux valeurs.
–
Sur les idées, puisque vous êtes chargé du programme, quel sera le principal thème de campagne de Raphaël Luc
?
– La justice.
Ce
pays est devenu profondément inégalitaire.
On
a dix ans de macronisme qui ont aggravé les inégalités. Vous avez des gens de plus en plus pauvres. Moi, je suis maire d'une commune populaire, Rouen, industrielle. Je peux vous dire que je le vois au quotidien. Les parents solos, vous voyez, par exemple, un thème largement invisibilisé, on pourrait se dire que ça ne devrait pas être le cas. 85% des mamans,
les
mamans solos qui triment, pour trouver de quoi garder les enfants, qui garder les enfants à des horaires qui sont compliqués, tout le matin, tard le soir, pour pouvoir bosser et que le travail paye. On a un pays qui est devenu de plus en plus inégalitaire. La justice, elle est à la fois sociale, fiscale, écologique et démocratique.
Et
c'est ce que nous portons avec Raphaël Guxman. – On a une parole, des engagements, des promesses concernant la mobilisation lycéenne, parce qu'en fait, la
primaire fait qu
'on n
'en
a pas beaucoup parlé. –
Là encore, quelle
injustice ! Moi, je trouve ça fou, je trouve ça fou. Vous avez une jeunesse
qui
n
'est
pas en train de demander la lune, elle est en train de demander qu'il y ait des profs dans les classes. Elle est en train de demander que les toits dans les salles ne fuient pas. Elle est en train de demander que la première priorité
pour
une nation qui se prétend civilisée, développée,
comme
la France, soit l'éducation. Et pardon, mais si vous trouvez, vous connaissez cette phrase, si vous trouvez que l'éducation coûte cher, mais essayez deux secondes l'ignorance,
vous
allez voir le coup derrière. Elle ne demande donc pas la révolution du monde, elle ne demande pas la lune.
Et
on vient la caricaturer et la stigmatiser, mais toute la société, toute la société, devrait être attachée à faire en sorte que nos enfants soient notre priorité. Ce que nous disons avec Raphaël Gluxman,
c
'est que la première, là encore, on est dans l'injustice, dans l'inégalité, la première priorité de notre pays, c'est le redresser par l'éducation, parce que c'est là que tout commence.
–
Son premier déplacement de campagne, il sera où ?
De nouveau
candidat
?
–
Non, ça, je ne vous le dirai pas. Vous n'aurez pas de scoop aujourd'hui, Auriane,
là
-dessus.
– Quand même !
Ça sera quand
? –
Je ne vous le dirai pas.
– Mais vous le savez déjà.
–
Je ne vous le dirai pas.
– D'accord, vous ne voulez rien nous dire ? Ce
n'est pas la dernière question. – Le
budget, l'examen du budget commence en commission sur la Sécu aujourd'hui, à l'Assemblée, demain en séance publique sur le budget général. Qu'est-ce que Raphaël Gluxman demandera aux députés du Parti Socialiste, est-ce qu'il demandera aux députés PS de censurer Sébastien Lecornu sur le budget,
comme
le laissait entendre Olivier Faure ? – Le problème, c'est que, comme Massorane, on ne voit rien venir. Et là encore, on est dans l'injustice la plus flagrante. Alors, je vais vous donner juste un exemple. Mais on est sur Public Sénat, beaucoup de sénateurs s'en émeuvent d'ailleurs. C'est l'injustice sur les collectivités locales. Là encore, je suis maire, je peux vous dire. J'ai une réunion d'ailleurs aujourd'hui avec les maires de mon agglomération, de la métropole rouennaise. Qu'est-ce que tous les maires d'ailleurs de tous les bords politiques disent ? D'ailleurs, c'est la même chose dans d'autres territoires de France.
C'est que c'est profondément injuste et complètement, comme on dit, contracyclique. C'est-à-dire qu'au moment où on aurait besoin d'investissements publics, notamment pour la transition sociale-écologique, d'agir pour le pouvoir d'achat des gens, eh bien, on ponctionne, on coupe, on attaque les collectivités locales qui sont justement les premiers artisans de l'investissement public. C'est une catastrophe. Évidemment que c'est complètement contre-productif.
C
'est totalement injuste.
Un
chiffre.
Les
collectivités telles que les intercommunalités, c'est 20% de la dépense publique. Les intercommunalités, elles sont ponctionnées à hauteur de 50%. Aujourd'hui,
j
'ai plus de 40 à 50% de mon épargne qui est prise par les coupes. Évidemment que ça a des conséquences sur les politiques publiques qu'on porte pour soutenir les Français. Donc c'est catastrophique. Donc de deux choses l'une. Soit le gouvernement
peut
toujours attendre et espérer, l'espoir, pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. Bon, soit le gouvernement entend, soit il n'entend pas. J'espère qu'il va entendre. Pour l'instant, il n'entend pas.
Et
s'il n'entend pas
? Il
faudra s'en sûrer. Qu'est
-ce
que je vous dis ? On ne
peut
pas faire autrement. C
'est
la démocratie. Et c'est aussi la clarté. Mais encore une fois, sans a priori. On ne dit pas en censure a priori. On regarde sur pièce. Mais pour l'instant, le moins qu
'on
puisse dire, c'est que le compte n'y est pas.
Merci Nicolas Maillé-Rossignol. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. La une de West France. Vaccin, Covid, grippe, coup d'envoi de la campagne. Mardi, Stéphane. Merci d'avoir été avec nous. Allez, on va regarder ce qu'est la une de nos autres quotidiens régionaux.
Il
y
a
la une de la presse régionale et c'est la crise du pouvoir d'achat.
La Provence, aujourd'hui, que ce soit à la pompe ou au supermarché, la hausse des prix met en difficulté de nombreux Français. Certains sont obligés d'utiliser leur carte ticket restaurant pour faire leurs courses alimentaires. Alors c'est possible depuis 2022. Et les députés proposent cette semaine de pérenniser ce système avec une proposition de loi examinée à partir de ce lundi. Et cela fait la une du journal Le Bien Public. Dans ce contexte, plus de 2 millions de Français sont forcés de cumuler plusieurs emplois pour s'en sortir.
Et c'est à lire dans un article du journal La Provence avec notamment le portrait de Claude, une quinquagénaire qui touche seulement 1 000 euros par mois en cumulant 3 activités. AESH,
c
'est-à-dire accompagnante d'élèves en situation de handicap jusqu'à 16h30, garde d'enfants jusqu'à 19h et vente à domicile le week-end.
Allez, inquiétude autour du pouvoir d'achat et une nouvelle semaine de mobilisation qui s'annonce du côté des lycéens avec une journée d'action prévue demain.
On
va en parler avec François Bonneau. Bonjour, merci d'être avec nous. Président socialiste de la région Centre-Val-de-Loire, président de la Commission éducation des régions de France. D'abord, François Bonneau, un point spécifique sur votre région. Quel est le point sur la mobilisation ? Est-ce qu'il y a eu des dégâts ? Combien vous les chiffrez si c'est le cas ?
Alors,
une mobilisation en Centre-Val-de-Loire comme partout en France, une mobilisation dans une majorité de nos lycées, dans une majorité de nos lycées, une mobilisation pacifique, une mobilisation sur des thèmes de revendications totalement légitimes et malheureusement, dans un certain nombre de situations, des infiltrations du mouvement par des éléments agités, violents, qui ont conduit à des dégâts que l
'on
chiffre aujourd'hui sur les portails, sur les façades, sur les vitres, sur les halls d'accueil, etc., que l'on chiffre aujourd'hui aux alentours de 2 millions d'euros.
Les présidents de région, François Bonneau, qui sont en charge de la gestion des lycées, vous avez échangé avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, la semaine dernière. Qu'est-ce qu'il est sorti de cette réunion ?
Le
Premier ministre nous a écoutés.
Nous
avons dit très clairement que ce mouvement était un mouvement qui devait absolument être pris en compte. Les lycéens expriment des choses très fortes. Ils expriment des choses très fortes sur Parcoursup, ils expriment des choses très fortes sur l'orientation, ils expriment des choses très fortes sur les conséquences de la réforme Blanquer, avec un temps qui est particulièrement contraint, dans lequel ils se sentent totalement oppressés. Il faut écouter ces jeunes et écouter, y compris, leurs propositions. Du côté du Premier ministre, nous avons demandé très clairement que
la prise en compte des besoins financiers des régions pour la rénovation des lycées soit engagée. Nous voulons lancer un grand plan canicule.
Pour ça, nous lui avons demandé très clairement de réduire de 500 millions l'effort demandé aux régions dans le cadre de la préparation du budget. C'est un élément absolument déterminant pour que nous puissions continuer à végétaliser les cours, pour que nous puissions continuer à mettre des brasseurs d'air, pour que nous puissions mettre des pare-soleil, pour que nous puissions, dans certaines salles, mettre de la climatisation. Il y a un
vrai plan. Les régions sont prêtes à aller plus loin, à agir plus fort et plus vite. Pour ça, il nous faut des moyens. On ne peut pas à la fois étrangler les régions, comme nous le sommes aujourd'hui, sur le plan financier, et nous demander de faire un effort en matière immobilier. L'État doit prendre ses responsabilités. Nous lui avons dit avec force. Il a dit entendre nos revendications et que l'encre du budget n'était pas sèche. Mais il n
'y a
pas d'engagement concret. Nous voulons un engagement concret le plus vite possible par rapport à ce projet de loi 2027.
Merci François Bonneau. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, président socialiste de la région Centre-Val-de-Loire. Crise du pouvoir d'achat, crise des lycéens. Et on va parler d'une autre crise, Alex. C
'est
la crise agricole. Après, les chaleurs recordent cet été. C'est le secteur de l'apiculture qui est en souffrance.
Oui, avec ce titre à la une du journal Le Midi Libre, le déclin dangereux des abeilles. En effet, la production de miel est en chute libre cette année avec des pertes jusqu'à 30% dans certaines exploitations. En cause, la sécheresse, mais aussi les agressions de frelons asiatiques qui causent une forte mortalité parmi les abeilles. Les apiculteurs craignent un effondrement de ces pollinisateurs qui sont essentiels à notre alimentation et à la biodiversité.
Les inquiétudes des agriculteurs,
c
'est le thème de notre reportage en région, dans les Deux-Sèvres. À la rencontre d'un maraîcher bio touché par les aléas climatiques après la canicule et ses conséquences sur son exploitation, il se demande s'il va continuer. Cécile Cixou est allée à sa rencontre.
Des punaises sur les plants de tomates.
Avec
les fortes chaleurs, Rémi Lorando, maraîcher dans le bio depuis 10 ans, avancé dans les Deux-Sèvres, a constaté la présence de nouveaux habitants dans ces serres. Insectes, acariens, chenilles se sont réfugiés ici pour fuir les fortes chaleurs.
Là,
c'est une chenille qui est rentrée à l'intérieur. Les insectes, comme ils n'ont plus rien à manger
à l'extérieur, ils viennent ici parce qu'il
y
a de la nourriture à foison. La production a été impactée, on va dire, il y
a
eu à peu près 30% de pertes pour le moment.
Si les dégâts causés par les canicules à répétition sont limités dans ces serres, dans ces champs, ce n'est pas le cas.
Les poireaux, normalement, ils devraient être touche-touche.
On en a un tous les 10 centimètres.
On
a fait quelques échantillonnages. On sait que les rendements vont être catastrophiques. Moi, je suis habitué à faire une dizaine de tonnes sur un demi-hectare à l'année. Et là, je table sur du 2-3 tonnes.
Vu l'énergie qu'on y a consacrée cet été, on est désemparé. Que d'efforts, que d'efforts. Que d'efforts pour ça.
Des
efforts. C'était Thérémy à travailler tous les jours avec son salarié, souvent aux aurores, pour éviter les fortes chaleurs. Fatigué physiquement, il l'est aussi psychologiquement et s'interroge sur son avenir. Car pour survivre, il va devoir faire un nouveau prêt.
J
'ai fait des prêts à mon installation. J'avais fait plusieurs prêts pour investir dans du matériel, etc. Et je finissais les prêts. Donc, c'était pour moi un bol d'air. Là, je n'ai pas envie,
aujourd
'hui, de réinvestir pour de la trésorerie.
Prémi se donne jusque fin octobre pour se décider. Comme lui, dans les Deux-Sèvres, 64% des agriculteurs envisagent d'arrêter leur activité.
Alex, on poursuit le tour de l'une de nos quotidiens régionaux. Regarde, la lune de Corse matin, c'est le projet de loi constitutionnel sur l'autonomie de la Corse qui est en route vers le Sénat.
Ce texte qui inscrit l'autonomie de la Corse dans la Constitution française sera examiné en séance publique à la Haute Assemblée le 26 octobre prochain. Mais cette réforme risque d'être édulcorée par une majorité de droites sénatoriales pas forcément emballées par cette révision constitutionnelle et notamment les sénateurs, les républicains.
À
la lune du Télégramme, l'écho de Bretonne exposée à la flotte fantôme russe.
Et oui, cette flotte fantôme constituée de navires qui transportent illégalement le pétrole russe. Elle passe au large de la Bretagne avec des bateaux qui sont en mauvais état, mal assurés et qui représentent donc un risque majeur de pollution pour les côtes bretonnes. De quoi raviver le spectre d'une marée noire en Bretagne et replonger les habitants un quart de siècle en arrière en 1999 lorsque l'Erica coula au large de Belle-Île.
Allez, on finit toujours en parlant de bateaux mais sur une note positive.
Voilà, c'est un peu plus positif.
C
'est l'anniversaire, les 400 ans de la Marine nationale et cela fait la une du journal Sud-Ouest. Ce journal qui montre comment les paysages de la région Sud-Ouest portent l'empreinte de cette histoire de la Marine nationale à l'image de l'arsenal de Rochefort en Charente-Maritime créé à l'initiative de Colbert en 1666 pour construire la flotte de guerre de Louis XIV.
Merci Alexandre. On se retrouve demain ?
On se retrouve demain.
Allez, à demain. Et en attendant, on va parler. On va place à notre débat. Après la victoire à la primaire, Glucksmann a-t-il ses chances à la présidentielle
? Bonjour,
merci.
La
gauche social-démocrate qui a donc son candidat pour la présidentielle, Raphaël Glucksmann a applié le match dès le premier tour et remporté la primaire avec 66% des voix avec ce score. A-t-il ses chances pour la présidentielle ? Peut-il rattraper Jean-Luc Mélenchon ? Bien avancé dans sa campagne, peut-il rassembler la gauche ? Pour en parler, nous sommes avec Frédéric Dhabi. Bonjour Frédéric.
Bonjour Réane. Merci d'être là,
directeur général d'opinion de l'IFOB. Steve Jourdain est avec nous. Steve,
je
ne
vous
présente pas, mais par contre,
je vais présenter
votre livre. Les Glucksmannes, un étrange appétit du pouvoir. C'est aux éditions de l'Observatoire. Excellent livre. Et je ne dis pas ça parce que c'est vous. C'est très agréable à lire. C'est super, on apprend plein de choses. Camille Girère. Bonjour.
Ravie
de vous accueillir. Journaliste politique à France Info et réalisatrice de documentaires politiques. Frédéric, vous ne pouvez pas sonder les électeurs avec un corps électoral aussi restreint, mais quand même, vous les connaissez, ces électeurs de gauche. 66% dès le premier tour pour Raphaël Luxemann. Est-ce qu'on pouvait s'attendre à un tel score ?
C'est difficile de vous répondre. L'IFOB, comme la plupart de ses conférences, n'ont pas fait l'enquête puisque, effectivement, un corps électoral trop petit. On pouvait dire que par homothésie, les sympathisants socialistes allaient se comporter comme se sont comportés ses adhérents et ses personnes qui sont venues dans le corps électoral. Effectivement, c'est extrêmement net. C'est un record, puisqu'il y a 20 ans, la primaire socialiste est également fermée. On avait un petit peu plus voté. 160 000 personnes avaient donné sa gueule royale à 60%. Jamais, dans une primaire fermée, même ouverte, un candidat l
'a
emporté si nettement au premier tour. Alors, la question qui se pose, est-ce qu'il va y avoir un effet d'impulsion, une dynamique ? Disons-le, Oriane, dans le passé, ça s'est systématiquement produit. Après la primaire de 2021, Valérie Pécresse est montée à 18% dans les enquêtes d'attention de vote. Après celle de 2017, Benoît Hamon, pourtant peu connu des Français, a été monté à 17, 18, 19, avant de, dans notre rolling, il faut être fiducial, de perdre du terrain systématiquement. À l'époque, Jean-Luc Mélenchon était à 9, mais il y avait des possibilités de vastes communiquants. Entre ces deux gauches, c'est plus salaratoire maintenant.
Et le record, si je puis dire, les deux moments les plus forts, c'était après la victoire de François Fillon, qui était monté jusqu'à 28%, qualifié systématiquement au second tour. Et également, François Hollande avait connu ce phénomène d'impulsion. La question qui se pose, c'est est
-ce
que sur la durée, une fois l'effet de désignation, élection, est-ce que les choses, est-ce que le leadership se produit dans la durée ? On est toujours sur une incertitude énorme sur cette élection présidentielle, s'agissant de l'ordre d'arrivée, voire des qualifiés pour le second tour.
Et on va en parler, puisque Raphaël Luxemann le dit lui-même le plus dur. Comment, Steve ? Vous qui avez rencontré Raphaël Luxemann à plusieurs reprises pour ce livre, pour quelqu'un qui ne voulait pas faire de politique à la base, c'est ce qu'il vous dit, c'est plutôt une entrée en matière régie ?
Oui, c'est à la fois sa force et sa faiblesse, Raphaël Luxemann. C'est de ce côté, je reste, je demeure un militant, et en même temps, je me lance en politique, et donc j'adopte les codes de la politique, je mets le costume, je mets la cravate depuis six mois maintenant, il a une cravate à chaque fois qu
'il
sort de chez lui. Il y a ce truc-là, donc c'est à la fois sa force et sa faiblesse, sa faiblesse parce que maintenant, il va falloir se coltiner Mélenchon, Le Pen et le bloc central dans les débats, donc ce sera le plus dur, effectivement, commence pour lui. Juste pour rebondir sur ce que disait Frédéric, c'est une vraie surprise, c'est-à-dire que jusqu'à il y a deux semaines, dans l'entourage de Raphaël Luxemann, on nous disait, on va exploser tout, on va gagner au premier tour. Ensuite, il
y
a eu un changement de communication, on s'est dit, bon, il ne
faut
peut-être pas utiliser ces arguments parce que ça peut être utilisé contre nous, et en fait, il y
a
eu une surprise parce qu'il y avait ces 80 000 quand même électeurs dont personne ne savait d'où ils venaient.
Il y avait trois coréens pour l'EPS, Place Publique et ses nouveaux
électeurs. Et ces 80
000, on ne savait pas d'où, enfin, il n'y avait pas d'affiliation partisane, il fallait s'inscrire sur la plateforme, c'était changer... Choisir
2027.
Choisir 2027.
Et
on pouvait, voilà, on n'avait pas besoin de dire pour qui on penchait. Donc, il y avait cette confiance très forte dans l'entourage de Glucksmann et en même temps, cette surprise de voir, voilà,
66
% avec cet inconnu des 80 000 électeurs.
Oui, c'est une surprise, Camille Gérard, ce score. Dès le premier tour, il y a plus de 50 points
d
'écart avec Olivier Faure. Non mais c'est une surprise, il a plié le match, tout le monde le dit ce matin, c'est un plébiscite pour Raphaël Glucksmann. Et donc, en plus de l'effet qu'il y a avec la primaire en général, ce que disait Frédéric Dhabi, où en effet, on voit en général 10 points de plus pour le candidat qui l'emporte, là, il y
a
une clarification très nette. Clairement, ceux qui sont venus voter à cette primaire ne veulent pas de lien avec la France insoumise parce que c'est ce qui est affiché politiquement de manière la plus claire du côté de Raphaël Glucksmann. Mais ce qui est intéressant ce matin, c'est qu'à la fois, il y
a
une clarification. Donc, pour le Parti socialiste, très nettement, c'est ce candidat-là qui a été choisi. Et en même temps, ça rajoute du trouble au reste de la campagne parce que ça rajoute un candidat dans ce qu'on pourrait appeler l'extrême centre. Alors, même si Raphaël Glucksmann va certainement vouloir s'en départir en disant, moi, je suis un candidat de gauche et pas du centre. Mais ça rajoute aussi de la complexité par rapport à un François Hollande qui pouvait espérer être candidat, là, avec un Raphaël Glucksmann, s'il tient la ligne, s'il tient la ligne. Parce qu'après, il peut perdre des points et qu'il y
ait
de nouveau une possibilité pour François Hollande. Mais ça rajoute donc du trouble sur ces espaces-là. Et puis, Jean-Luc Mélenchon, là, il a un vrai candidat à gauche face à lui, clair aussi. Donc, c'est un moment intéressant parce que là, la campagne part véritablement.
Ce que vous dites est extrêmement intéressant. C'est
vrai
que c'est contre-intuitif. D'habitude, une primaire permet de clarifier l'offre électorale. C'est pour cela, d'ailleurs, que les électeurs LR,
Horizon,
Renaissance, alors même qu'ils ont chacun leur candidat, veulent, quand on les interroge, une primaire. Ils sont à quasiment trois quarts favorables au principe d'une primaire parce qu'ils veulent une réduction ad candidatum. Ils veulent factoriser l'offre électorale pour avoir celui ou celle qui va leur éviter le second tour cauchemar à leurs yeux, à savoir Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen. Là, c'est vrai que la victoire très nette de Raphaël Glucksmann, et c'est très intéressant, quand on fait l'addition Glucksmann-Gedge, le premier et le dernier, ça fait 73%.
C'est exactement à un point près le résultat d'un sondage de mes confrères de Clos 117, je crois, qui montrait que, ou plutôt des labs, qui montrait que 72% des sympathisants PS ne voulaient pas d'alliance avec la France insoumise. Il y
a
une clarification très claire sur la ligne, il n'y a pas encore de clarification, loin de là, sur cette offre électorale extrêmement compliquée.
– Et on va l'écouter, justement, Raphaël Glucksmann parler de Jean-Luc Mélenchon.
C
'est la victoire de tous ceux qui croient qu'il faut une gauche démocratique dans notre pays, que la gauche
doit
rompre avec cette hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur elle, qu'elle doit proposer un projet qui renforce la République, qui renforce la démocratie, qui renforce la justice sociale, qui renforce
l
'impératif écologique. Vous savez,
moi
je suis convaincu qu'il y a des millions de Françaises et de Français qui attendent ce moment, qui attendent de pouvoir voter sans sacrifier une partie d'eux-mêmes, sans se dire que simplement ils votent contre, mais qu'ils veulent pour ce qu'ils croient, pour ce qui constitue leur identité politique. Moi
c
'est à eux que je m'adresse, votre temps est venu, cette élection va être notre élection.
C
'est aussi le message qu'il voulait faire passer, Raphaël Luxman, ce message que la gauche et la gauche sociale-démocrate étaient de retour.
Oui,
c
'est un des thèmes de son programme, refonder la gauche. Pour l'instant on ne
voit
pas bien, c'est ce que disait aussi Frédéric, c'est qu
'on
ne
voit
pas bien dans quel espace et avec qui on va refonder cette gauche. Il va falloir parler aux écologistes, avec Marine Tourdelier, quand on voit les déclarations
hier, c'est quand même très mal parti. Et bien, elle n'a pas
l
'air
d'avoir fait
la
gauche, et David, je sois claire, elle parle du candidat
du repli.
C'est compliqué, pareil avec les communistes, Fabien Roussel, il a quand même envie d'y aller, donc on ne voit pas bien pour l'instant avec qui cette refondation de la gauche est possible. Mais il y a effectivement cette clarification de la ligne qui n'est pas accessoire, parce qu'on a beaucoup dit pendant les trois débats, oui, il parle beaucoup de l'alliance ou pas avec LFI. Alors oui, ce sera juste simplement au moment des législatives que ce sera intéressant de voir s'il
y a
des alliances dans les circos, etc. Mais il y a une clarification idéologique qui est très importante, je pense, et qui est très claire.
Et d'un retour de la gauche, parce que, Steve, pardon, mais vous
en parlez dans votre livre, vous vous rappelez un écrit de Raphaël Luxman qui date de 2015, où il parle d'une gauche qui s'était trop confortablement installée au pouvoir et après la victoire de François Hollande. Est-ce que c'était ça aussi le message de Raphaël Luxman, de relancer cette gauche-là
?
Ce qui est intéressant,
c
'est qu'il n'a jamais, ni lui ni son père, n'ont jamais été proches du Parti Socialiste. André Luxman était très anti-Mitterrandien. C'est pareil pour Raphaël Luxman, qui n'a jamais été dans la roue du Parti Socialiste, avec beaucoup de critiques, et beaucoup de critiques notamment contre Mitterrand, pour son rôle dans le génocide au Rwanda, enfin le rôle de la France dans le soutien au
génocide au Rwanda.
Il y avait vraiment ce rejet de Mitterrand. Et puis Raphaël Luxman se construit politiquement contre François Hollande, contre la politique de l'offre de 2014, contre le CICE. C'est à partir de là, si vous voulez, d'une certaine manière, que Raphaël Luxman, qui n'est pas né à gauche, qui est un libéral, disons de centre-droit, commence sa mue et sa conversion vers le socialisme ou vers le Parti Socialiste. Et après, cette conversion va s'accélérer au moment d'Emmanuel Macron en 2016-2017.
Mais d'ailleurs, ce qui est intéressant pour le Parti Socialiste, c'est ce dont on ne parle pas forcément aujourd'hui, parce qu'on est en train d'analyser la victoire de Raphaël Glucksmann, c'est
que
c'est potentiellement la fin du Parti Socialiste. Quand même, pour la première fois, le candidat à l'élection présidentielle…
François
Mitterrand, en 65, il n
'est
pas membre
du PS. Attendez, je suis jusqu'au bout de ma réflexion. C'est-à-dire
qu'à la fois, là, ce
n
'est pas un candidat socialiste. Et en plus, là, il y a en effet une ligne claire pour la présidentielle, qui est d'être à distance des insoumis. Sauf que le Parti Socialiste, ça ne va pas forcément le faire marrer, qu
'il
n
'y ait
pas d'accord aux législatives, parce que ça, ça peut faire disparaître aussi le parti. Donc, on est dans un moment où, là, il y a une unité qui est obligée d'être affichée, et dont ils vont avoir besoin pour la présidentielle. Mais en fait, il y a deux élections en parallèle, et même qui se rassemblent, et les législatives. Ça, ça peut être très compliqué de dire aucun accord avec les insoumis à aucun moment. Donc, à la fois, ça peut soit faire de la division, soit qu
'il
n
'y ait
pas d'accord, mais qu'il y ait très, très peu d'élus socialistes. –
Et la division, elle a commencé, parce que Nicolas Mayer-Rossignol, qui était sur ce plateau, premier secrétaire délégué du PS, il est numéro 2 du parti, il dit, l'élection d'hier, ça a clarifié la ligne, soit Olivier Faure la suit, c'est-à-dire une ligne anti-LFI, soit il devra en tirer des conséquences.
–
Oui,
c
'est vrai que le score d'Olivier Faure est une vraie déception, c'est une vraie gifle pour lui. Alors, il y a un cas, il y a un précédent. Martine Aubry, première secrétaire du PS, perd la
première
de 2011, et voilà. –
45% avec beaucoup plus électeurs. – On
est tout à fait d'accord. Le rapport de force est extrêmement serré, malgré tout, même si la victoire de François Hollande est nette, et avec l'effet de masse des personnes qui ont voté à la première d'octobre 2011, elle garde le parti, elle fait un accord avec les écologistes, et on sait comment les choses se passent. Alors maintenant, il
y
a une sorte d'étonnement que j'ai quand je vois certaines personnes qui disent, mais Dravet Glucksmann n'est pas socialiste, oui. Alors, comment se fait-il qu'il est dans l'écosystème, dans l'univers socialiste ? C'est simplement que la direction du PS, et Olivier Faure, qui était déjà premier secrétaire, lui offre, lui propose, la tête de liste socialiste aux européennes de 2019. Alors, le PS était dans un
état catastrophique. – Le PS est
dans un
état catastrophique après la victoire d'Emmanuel Macron. – Il a
seulement 30 députés PS, et il lui repropose, en 2024. Donc voilà,
l'atterrissage… – Oui, c'est la troisième
fois qu'il portera les couleurs du PS
et du PS. – Tout à fait, et je rappellerai
que la dernière fois qu'il s'est confronté aux Insoumis, en l'occurrence Manon Aubry, il l'a emporté assez nettement. C'est pas le même scrutin, mais on aura une sorte de revanche de ce rapport de force entre les deux gauches irréconciliables, PS, Place Publique d'un côté, les Insoumis de l'autre.
Donc,
voilà, sa présence n'est pas le fruit du hasard, mais c'est vrai, François Mitterrand, je le disais, n'était pas socialiste en 1965, la direction du PS était Guimolet, mais il l'était après, puisqu'il a été élu par les Français à deux reprises, c'est une autre question, mais c'est vrai que c'est intéressant. Ce cheminement du centre-droit vers le PS, ça rappelle un cheminement encore plus à droite en termes de points de départ, s'agissant du président Mitterrand.
– Ça a clarifié la ligne, Steve, du coup, et le rapport avec LFI, vous racontez dans votre livre de manière très détaillée, très informée.
– Je suis très content. –
Oui, bien sûr que je l
'ai
dit. Le désarroi de Raphaël Luxman en juin 2024, au soir de la dissolution, juste après sa victoire aux Européennes, et vous racontez également les coulisses des négociations avec le nouveau Front populaire. Ça, avec la victoire de Raphaël Luxman, c'est définitivement du passé ?
–
Je pense qu'il est aujourd'hui rassuré. Il y a beaucoup d'amertume chez Raphaël Luxman à propos de cette période. Donc effectivement, je raconte ce moment où les négociations du NFP s'enclenchent.
C
'est dimanche, dissolution d'Emmanuel Macron, on commence à se réunir à partir du mardi. Et il y a dans toutes ces négociations un épisode qui revient, en tout cas dans l'imaginaire de Raphaël Luxman, c'est le 1er mai 2024, où il est dans ce défilé à Saint-Étienne et il se fait exclure, manu militari, par des militants, qui étaient des militants LFI et communistes. Et on le traite de sionistes, de génocidaires, etc. Ça, ça l
'a
beaucoup marqué et ça a déterminé beaucoup de choses. Ensuite, au moment effectivement des négociations avec le NFP, où il se dit que ce n
'est
pas possible pour lui, personnellement, de donner un blanc-seing à tous ces accords avec les insoumis. Et donc, il sort quelque chose à ce moment-là. Il sort une charte contre l'antisémitisme et il dit aux insoumis, aux communistes et aux écologistes, soit vous signez, soit ce sera sans nous. Finalement, il
y
a beaucoup de négociations. Il y a un moment où je raconte où Mathilde Panot arrive dans cette salle de réunion et il dit pourquoi pas signer une charte sur les SIC pendant que vous y êtes. Enfin, quelque chose d'absolument hallucinant. Et en tout cas, ça a cristallisé beaucoup de tensions dans ces négociations. Et je pense que Raphaël Guzman est plutôt content de voir que sa ligne anti-LFI a gagné hier.
– Même si on a vu hier une espèce de bataille de partisans de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Guzman, des Mélenchons présidents face à des Raphaël présidents. On a aussi vu, alors on ne sait pas d'où ça vient et qui est l'auteur, mais Raphaël Guzman, qui a été enfariné hier au moment de quitter l'endroit où il était réuni avec ses partisans, elle va être compliquée, cette campagne qui commence pour lui.
– Oui, elle va être violente. Avoir les Insoumis en adversaire, ça va être difficile. Et puis, en effet, il y a une manière de faire de la politique chez les Insoumis qui est d'aller au contact. Pour le moment, ils ont laissé d'ailleurs plutôt tranquille cette primaire. Ils l'ont traité d'une manière… Ça n'existe pas, ça ne nous intéresse pas. Moi, je pense que ce qui est intéressant aussi dans le pari de Raphaël Guzman, parce qu'hier, il dit, voilà, en gros, mon enjeu, c'est de rassembler. Et tout le monde le regarde en disant, bah oui, mais rassembler qui ? On ne voit pas bien. On parlait de Marine Tondelier, des écologistes. Je pense que son pari, c'est de rassembler les électeurs.
Il a bien compris que ça ne va pas passer par les partis, les représentants des candidats, des ralliements forts. Et que lui, ce qu'il a en tête, c'est les 14% qu'il a fait aux européennes en 2024. Et que ce socle de 14%, s'il arrive à le reprendre et à gagner quelques points, le ticket d'entrée est assez bas pour le second tour. Alors, pareil, on est quand même dans une élection très mouvante.
C
'est-à
-dire
que Marine Le Pen, elle est donnée très haut. Mais on ne sait pas si il
y a
des conséquences de la faire barder là, s'il y
a
un effritement au fur et à mesure. Mais si elle est très haut, le ticket d'entrée est assez bas. Donc, ces 14%, là, ce trésor de Raphaël Guzman, s'il rajoute quelques points en plus, il peut passer. Donc, je pense que son pari, il est là. Il n
'est
pas avec les partis, il est avec les électeurs. Oui, je
suis tout
à
fait d'accord avec vous. Il a aussi un autre double trésor. Ce sont les électorats présidentiels. L'électorat d'Emmanuel Macron de 2022, il y avait beaucoup d'électeurs du centre-gauche. Il y avait l'effet drapeau suite à l'invasion russe en Ukraine. Dans les enquêtes actuelles, il arrive à capter 10 à 15% de l'électorat Macron 2022. Ça paraît peu, mais ça fait 2, 3, 4 points. Et puis, l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Le score formidable de Jean-Luc Mélenchon de 2022, les 21,5%, il y avait quand même beaucoup d'électeurs écologistes, d'électeurs de centre-gauche, d'électeurs socialistes qui, par vote utile, ont choisi Jean-Luc Mélenchon pour éviter Marine Le Pen.
Donc, il y a quand même beaucoup de potentialité. Il y a aussi, effectivement, des fragilités parce que c'est une campagne qui va être âpre, qui va être dure. Mais il a quand même un atout que je trouve très intéressant. C'est le seul, ou presque, avec David Lysnark, qui n'est pas encore complètement candidat, le candidat nouveau. Traditionnellement, une élection présidentielle comme 2007, comme 1995, de renouvellement, on attend des candidats nouveaux. Et là, Le Pen-Mélenchon, c'est la quatrième candidature. Il y a les candidats, ils sont à deux candidatures d'Arlète Aguillet.
Il
y a les... –
Très dit
comme ça.
– Dit comme
ça, on ne peut pas. – Ça
n'est pas très
moderne.
–
Voilà, au-delà de ça, il y a les candidats du bloc central. Il y a tous ceux qui ont plus ou moins été dans le macronisme. Lui, il peut incarner, c'était le cas également aux Européennes de 2019. C'est pour ça qu'il a limité les dégâts. Il arrive à faire six ou six et demi. Il arrive à incarner une forme de nouveauté. Est-ce que c'est suffisant compte tenu des attentes des Français, compte tenu de la défiance jamais vue visée du personnel politique et du statut d'archive favorite au premier tour de Marine Le
Pen ? – Mais juste,
Frédéric, parce que Jean-Luc Mélenchon n'a pas réagi aux résultats de cette primaire, c'est une bonne ou c'est une mauvaise nouvelle pour lui ?
– Vous
savez, il est dans sa logique. Il est plutôt en dynamique. Il a une équipe, un cap, une campagne qui se déroule plutôt bien. Il peut surfer sur le mouvement étudiant. Voilà, maintenant…
–
C'est sa manière de dire la gauche chez moi. –
Je ne parle d'aucun autre candidat à gauche.
– Vous avez tout à fait raison. Il va y avoir une bataille de légitimité entre ces deux gauches réconciliables pour dire, voilà, l'État c'est moi, disait Louis XIV, la gauche c'est moi. Mais il ne suffit pas de dire la gauche chez moi. Il faut gagner l'élection présidentielle. Et quand on s'étonne de l'éparpillement de la gauche, ça a été toujours le cas à une élection présidentielle. Contre exemple, 74, la gauche est complètement unie derrière Mitterrand. Elle perd. 81, elle est extrêmement désunie. 5, voire 6 candidats, si on met la gauche, la gauche gagne. Donc ce n
'est
pas une question d'aligner des offres électorales, mais de créer une véritable dynamique.
– D'autant,
on
va juste, je vous donne la parole, mais regardez les derniers résultats de la gauche aux deux dernières présidentielles. Benoît Hamon, 2017, 6,36%. Anne Hidalgo, 2022, 1,74%.
–
C
'est parlant.
–
Non, mais c'est ça, c'est qu'il y a une question aussi de vote utile qui va se poser. Et la compétition entre Mélenchon et Glucksmann, elle va se jouer sur lequel des deux incarnera le plus le vote utile pour la présidentielle. Là, aujourd'hui, la gauche, c'est 32, 33%. – Ça fait 10 ans que
la gauche
aux élections
nationales
n'a pas dépassé 30,
32%. – Voilà. Donc il y a une compétition, pas de nain, mais en tout cas une compétition pour récupérer ce vote utile aujourd'hui. je sais qu'il y a beaucoup d'insoumis qui disent « Ah, mais c'est très bien, c'est Raphaël Glucksmann » sur les réseaux quand on regarde «
Ah,
c'est très bien,
c
'est Raphaël Glucksmann, ça nous laisse un espace à gauche ». En off, certains responsables insoumis sont moins affirmatifs parce que Raphaël Glucksmann, effectivement, il accorde cette nouveauté un peu anti-establishment politique, etc. et ça, ça peut aussi embêter certains insoumis qui, voilà, si ça avait été Olivier Faure, Ségolène Royal, bon, c'est quoi vraiment la différence entre les deux ? Voter pour la copie originale, voter pour Mélenchon et pas pour un autre. Là, ça va être un petit peu différent, surtout qu'il va
y
avoir des tirs un peu qui vont partir vers les insoumis. Avant, Mélenchon pouvait dire «
C
'est la gauche, c'est moi ». Maintenant, il va devoir un peu réviser son modèle, en tout cas changer un peu sa rhétorique.
– Pas
forcément une bonne nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon
? –
Non, c'est pas forcément une bonne nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon, mais en effet, sa stratégie pour le moment, c'est surtout de s'attaquer à Édouard Philippe et à Gabriel Attal, et d'ailleurs, de faire… –
Surtout Gabriel
Attal en ce moment. – Oui,
en ce moment, mais de faire exister les deux pour diviser le centre. Il est très fort, Jean-Luc Mélenchon, en stratégie électorale. Donc pour le moment, il s'occupe du centre, de les diviser, et puis en effet, si Raphaël Glucksmann monte, là, ce sera un problème. Par exemple, ce qui pourrait être très problématique pour Jean-Luc Mélenchon, et je ne sais pas si vous allez le tester, c'est Raphaël Glucksmann face à Marine Le Pen au second tour. Qu'est-ce que ça donne ? Parce qu'aujourd'hui, le point faible de Jean-Luc Mélenchon, c'est d'être le meilleur candidat à gauche pour aller au second tour, mais on l'a dit et redit, le pire candidat face à Marine Le Pen.
Et donc, le vote utile, il va se jouer là aussi pour beaucoup d'électeurs. Comment ne pas avoir Marine Le Pen présidente, avec en plus un Édouard Philippe, qui se fait distancer. Il y
a
eu un sondage de 57% pour Marine
Le Pen,
43% pour Édouard Philippe. Bon, c'est variable, mais si Raphaël Glucksmann arrive à faire mieux que Jean-Luc Mélenchon dans des sondages de second tour, ce sera intéressant.
Non, mais c'est vrai qu'il y a une dissociation plus faible que par le passé entre le premier tour et le second tour, et quand on interroge dans des enquêtes qualitatives des électeurs, ils sont très nombreux à dire, je vote au premier tour pour éviter tel ou tel second tour.
Et c'est vrai que les enquêtes de second tour, qu'il faut prendre de manière très distante, avec beaucoup de prudence, puisque quand on pose la question de second tour, l'IFOP n'en a pas fait au mois de septembre, c'était l'idée de, on ne connaît pas les résultats du premier tour, on ne mesure pas une éventuelle dynamique, mais effectivement, va être regardé les scores de second tour d'Édouard Philippe, on était à 52-48 dans une enquête IFOP, ceux de Jean-Luc Mélenchon, ceux de Raphaël Glucksmann, pour savoir celui qui est, auprès de cet électorat anti-RN, le plus à même de battre le rassemblement.
Donc il y aura un vote
utile dès le premier tour,
plus que jamais.
On l'a vu en 2022, il y a eu un vote utile dont on pâtit Valérie Pécresse, dont on a pâtit Éric Zemmour, et bien sûr Anne Hidalgo. Donc c'est clair que là, la question du second tour va se poser de manière très forte, y compris dans cette campagne.
Raphaël Glucksmann l'a dit hier, son premier adversaire, c'est Marine Le Pen, c'est l'extrême droite, on va écouter justement, comment réagit le rassemblement national à sa victoire. Laurent Jacobelli, le porte-parole du RN, était l'invité de France Info ce matin.
La
gauche a choisi son candidat, le candidat de Saint-Germain-des-Prés, mais maintenant il va falloir proposer des choses pour la France. J'entends beaucoup M. Glucksmann parler d'Europe, d'écologie punitive, de nouvelles taxes. Je n'entends pas parler de coûts de l'énergie, de pouvoir d'achat, de la vie quotidienne des Français. Tiens, la priorité du logement, quand tant de Français ont du mal à se loger. Écoutez, on verra bien si ce candidat hors sol arrive à rentrer dans la campagne.
–
Il a encore cette étiquette qui lui colle un peu à la peau de candidat Bobo, de candidat hors sol, et que visiblement va lui étiqueter, va lui rappeler le RN ?
– Il y a plusieurs choses dans cette critique. Il
y
a le côté fils de grande bourgeoisie, etc. Ce
n
'est absolument pas le cas. Ce sont les parents de Raphaël Glucksmann. La famille, ce n'est pas une famille qui roule sur l'or. C'est une famille de militants très engagés, une famille communiste, militante, qui a un peu changé au fil du temps. Mais en tout cas,
ce
n'est certainement pas un grand bourgeois. Il y
a
une autre étiquette, effectivement, de personnalité détachée des problématiques des Français. C'est vrai qu'il est un peu détaché. Je pense qu'il ne s'en cachait pas à l'époque. Maintenant, il va devoir s'en cacher un peu plus sur la problématique, le quotidien, l'essence, le diesel, etc. Tout ça, c'est des sujets qu
'il
ne maîtrise pas forcément. Ça force, c'est les relations internationales, c'est l'Union européenne. C'est sur ça qu'il a misé, d'ailleurs, pendant sa campagne à l'occasion des primaires. Mais il commence, il essaye d'apprendre, effectivement, à parler du quotidien des Français. On l'a vu pendant les débats, ce n
'est
pas forcément toujours très réussi. Quand il doit parler des retraites, quand il doit parler du chômage, de l'emploi, etc. Et ça, il va devoir prouver qu'il maîtrise ses dossiers.
Et essayer de le retourner peut-être à son avantage. Il a eu cette phrase hier, il l'a répété à plusieurs reprises. « Je me suis préparée toute ma vie pour ce moment où les démocraties devraient affronter leurs ennemis et montrer qu'elles sont fortes. » C'est ça, plutôt, le combat de la vie de Raphaël Luxman et de la famille de Luxman ?
– Et il essaie d'en jouer en disant, de toute façon, un président de la République, qu'est-ce qu'il fait ? Le président de la République, il doit gérer des crises internationales. Il doit s'occuper du domaine réservé, qui est précisément les relations internationales et la diplomatie internationale. Mais il ne
peut
pas gagner, on ne peut pas gagner une présidentielle. Si on ne parle pas du pouvoir d'achat des Français, alors qu'on est en pleine crise des carburants, il ne
peut
pas ne pas
parler de la crise des lycées. – Mais sur l'international, par
exemple, sur la menace Poutine, ça fait 20 ans que Raphaël Luxman
alerte là-dessus. Est-ce
que ça, ça peut être mis à son avantage dans cette
campagne
?
–
Oui,
ça, clairement, vous avez des candidats qui recréent un peu leur passé. Là, lui, clairement, depuis 15 ans, il alerte sur la menace Poutine, tel point que certains le qualifient ça d'obsession. Mais c'est vraiment quelque chose qu'il a d'ailleurs hérité de ses parents. L'obsession sur la menace russe et la menace Poutine, ça, c'est quelque chose qu'il faut mettre à son crédit. Il a alerté depuis très, très longtemps la suite.
– Ça peut jouer dans cette campagne où l'international, Frédéric, on le dit, va être très présent ?
– Ah
oui, c'est très présent. C'est vrai que c'est une rupture par rapport au passé. C'est peut-être une des tendances d'opinion les plus fortes. L'intérêt pour les Français, s'agissant des questions internationales, est très fort. Ce n'est plus cantonné, comme par le passé, à des personnes retraitées, 4 sup, à capital culturel élevé. Les Français ont pris conscience et ils ont payé pour voir que ce qui se passait dans le bureau au Val de Donald Trump, ce qui se passait en Ukraine, n'a pas sa vie quotidienne. Et c'est vrai que dans les enquêtes qualitatives, quand on demande c'est quoi le président idéal, très vite sort la dimension, il faut qu'il parle à Donald Trump, il faut qu
'il
s'oppose à Vladimir Poutine. C'est un vrai atout. Ça sera quand même moins fort, sans doute, que la question du pouvoir d'achat. Mais rappelez-vous, 2022, la campagne qui avait été percutée par l'affaire ukrainienne.
C'est un vrai atout, d'autant plus quand on entend par exemple Jean-Luc Mélenchon qui, ce week-end encore, a dit qu'il serait bien qu'il y
ait
des nouvelles élections en Ukraine, par rapport à Volodymyr Zelensky et Donald Trump, qui se fâche très fort en ce moment contre le président ukrainien, qui l'empêche un peu de faire ses deals sur le pétrole avec la Russie. Donc,
pour
dire cette ligne très claire contre Vladimir Poutine, contre ces personnalités politiques qui ne respectent pas les démocraties, oui, c'est au cœur de l'engagement de Raphaël Glucksmann. Et par rapport à un Jean-Luc Mélenchon qui n'a quand même pas une ligne toujours très claire face à la Russie, face à l'Ukraine, c'est un point fort. En revanche, là aussi où je vous suis, c'est que c'est compliqué de ne pas être aussi proche des Français et que, oui, le Rassemblement national a bien compris son point faible quand il parle de candidats hors sol. Et d'ailleurs, il n'a pas construit une histoire. Il est eurodéputé. Je veux dire, il n
'est
pas député d'un territoire. Il ne
s
'est pas ancré quelque part. Et ça, c'est vraiment un point faible dans une campagne présidentielle.
Merci. Merci beaucoup à tous les trois. Steve, je remonte votre livre, « Les Glucksmannes, un étrange appétit de pouvoir ». C'est aux éditions de l'Observatoire pour mieux comprendre la trajectoire et la ligne de Raphaël Glucksmann. Bravo pour ce livre, Steve. Merci à tous d'être venus. Merci de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée.
Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé « Bonjour chez vous ». Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Bernard Jomier