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interviewBFM TV (sur YouTube)· 28 juin 2025

Canicule en France: l'interview en intégralité du ministre de la Santé Yannick Neuder

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Retrouvons à présent le ministre de la Santé. Bonsoir Yannick Noder, merci d'être avec nous ce soir dans Newsbox. Vous êtes en direct du Festival Solidays dans l'Ouest parisien.

D'abord une question. 2003 et la catastrophe des 15 000 morts d'une canicule restée évidemment dans toutes les mémoires planes à chaque fois qu'un épisode de cette nature surgit. Vous nous dites ce soir, la France sait faire face à une canicule aujourd'hui en 2025.

En tout cas, on s'est mobilisés et anticipés pour pouvoir faire face à ce sujet et à cet été qui va être caniculaire. Demain, c'est 73 départements qui seront en alerte orange canicule. Donc l'important, c'est de pouvoir rappeler les mises à l'abri, les gestes importants, notamment de rappeler aux personnes les plus vulnérables, enfants, personnes âgées, de ne pas s'exposer à la chaleur, particulièrement entre 11h et 16h, de ne pas faire d'activité sportive pendant la grosse période de chaleur, de bien isoler son logement, de fermer les volets, de sortir avec des chapeaux, des lunettes, de la crème.

C'est des mesures extrêmement importantes. Le ministère a mis un numéro de téléphone vert, une ligne verte en route, qui est le 0800 06 66 66. Je répète, le 0800 06 66 66, de 8h du matin à 19h pour pouvoir informer, orienter, et puis surtout de rappeler que les municipalités, et je leur ai fait un courrier dans ces dernières semaines, pour justement pouvoir anticiper, s'organiser, se mobiliser avec la Croix-Rouge, avec la sécurité civile, avec les sapeurs-pompiers.

Je sais que les municipalités sont fortement mobilisées. J'entendais l'exemple de Montpellier. Les centres communaux d'action sociale vont pouvoir aussi proposer de l'aller vert pour les personnes qui sont isolées, qui sont en difficulté, pendant ces périodes qui sont très éprouvantes.

Et puis vous l'avez dit, je suis à Solidez, donc j'ai un dernier message à faire passer, c'est qu'il faut limiter la consommation d'alcool. L'été, il y a beaucoup de manifestations festives, mais attention, l'alcool et la chaleur ne font pas bon ménage, donc limitons, limitons notre consommation d'alcool pendant ces fortes jageurs. Il faut s'hydrater, il faut boire, il faut se rafraîchir, mais pas avec de l'alcool.

Avez-vous, Yannick Noder, une idée de l'ampleur des fermetures de locaux, administratifs, publics ? On parlait il y a quelques instants ici même des écoles. En début de semaine prochaine, à l'échelle du territoire métropolitain, va-t-on vers des fermetures d'écoles en raison d'une canicule et des températures extraordinaires qui l'accompagneront ?

Alors vous savez que nous avons au sein du ministère de la Santé un centre de crise, le Corus, qui récupère l'ensemble de ces informations. Et nous allons faire un travail avec les agences régionales de santé et les préfectures, avec également toujours les maires, les départements, pour justement envisager chaque situation. On sait que beaucoup de professions, je pense aux bâtiments, je passe notamment à toute la partie paysagiste, ont décalé leurs horaires.

Sur les écoles, c'est plus compliqué parce qu'il y a la difficulté de ne pas pouvoir aérer les bâtiments la nuit. Donc naturellement, l'idée, c'est de pouvoir mettre à l'abri les populations avec des situations qui sont effectivement très variables d'une situation à l'autre, d'un département à l'autre, en fonction aussi de l'état bâtimentaire. On a également aussi ce souci dans les crèches.

À partir de quelle température maximale en intérieur prend-on la décision de fermer une école ? C'est très concret. Ça dépend.

En fait, s'il y a des endroits où les personnes peuvent se rafraîchir, donc il n'y a pas une température qui définit et qui enclenche. Ça dépend si on a possibilité ou pas de pouvoir se mettre dans un temps de la journée, dans un espace plus frais. C'est valable également aussi dans les EHPAD.

On a aussi beaucoup de municipalités qui ouvrent des salles de rafraîchissement, que ce soit dans des bibliothèques, des médiathèques, parfois des salles communales. Et je crois que c'est au cas par cas qu'il faut prendre la décision avec les maires quand ils sont en responsabilité de ces bâtiments publics pour protéger un maximum. Et puis de rappeler aussi que quand les gens ont des symptômes de coups de chaleur avec des nausées, des vomissements, des douleurs, des crampes, il faut consulter son médecin traitant.

Sinon, on peut faire santé.fr pour avoir une solution de proximité ou sinon appeler le 15 avant de se rendre aux urgences pour être orienté, régulé par le service d'accès aux soins. Donc je crois que c'est tout le sens du ministère avec l'ensemble des autres ministères.

Est-ce que les hôpitaux, Yannick Neller, peuvent faire face aux éventuelles conséquences dramatiques d'une canicule ? Alors il faut une bonne organisation entre...

Alors on a malheureusement cette canicule dramatique avec plus de 15 000 morts en 2003. L'année dernière, c'était quand même 3 700 décès. C'était tout le sens des réunions que j'ai diligentées ces 15 derniers jours avec les professionnels de santé de l'hôpital, mais également de la ville, cliniques privées, cliniques hôpitaux publics, pour que l'ensemble des professionnels, avec les forces de sapeurs-pompiers, de Croix-Rouge, la sécurité civile, puissent se mobiliser.

Parce qu'il faut aussi que nos professionnels de santé puissent prendre leurs congés. Moi, je suis le ministre de la Santé des Français, et donc je les protège de la canicule. Mais il faut aussi que les professionnels de santé puissent aussi avoir des jours de congés.

Donc c'est cette analyse département par département qui va nous faire tout faire pour pouvoir avoir un maximum de capacité d'accueil dans les urgences et avec des lits un maximum ouverts. Yannick Noder, vous êtes en direct du festival parisien Solidaise. Dans une semaine, débute le Tour de France.

D'où ma question. Est-ce qu'il est encore sérieux, responsable d'organiser de tels événements à une période où de plus en plus la France, pas que la France, mais la France en particulier, va vivre des épisodes de canicule à répétition ? Je crois que le Tour de France fait partie de l'identité nationale.

Donc le Tour de France est suivi par des millions de téléspectateurs et sur site. Quand les villes sont villes étapes, maintenant il faudra peut-être dans le temps s'adapter en fonction du changement climatique. Mais ça reste quand même une tradition française.

C'est un sujet de santé publique quand même. Est-ce que cette tradition-là, on ne peut pas la décaler à février ou mars ? Voilà, c'est ce que je vous dis.

Il y a des discussions peut-être à avoir si effectivement, on voit qu'avec le réchauffement climatique, on se retrouve à des températures qui sont beaucoup plus importantes. Je regardais pour la fête de la musique, le jour de la fête de la musique, le 21 juin, il y avait 10 degrés de plus que l'an passé. Donc je crois que c'est des décisions qui ne se prennent pas d'un coup d'un sol et à votre antenne sur BFM qui doivent se discuter avec les autorités sanitaires et avec les organisateurs du Tour de France.

En tout cas, ça fait partie des sujets qu'il faudra évoquer pour naturellement ne pas mettre non plus en danger les coureurs qui montent d'école par de très fortes températures. C'est fini 2003. Vous prenez vraiment la mesure de la situation ?

Je crois que c'est bien le rôle du ministre de la Santé de pouvoir anticiper un maximum. C'est bien le sens de la concertation que j'ai menée. Un courrier est fait à l'ensemble des élus locaux pour pouvoir justement anticiper, s'organiser, communiquer sur ces mesures-là.

Parce qu'il va falloir que l'on puisse passer cet été et on sait très bien que c'est à haut risque pour notre population. Donc le rôle, c'est bien de protéger et de rappeler encore la mise à l'abri de ne pas s'exposer pendant les horaires.