Mesures sanitaires localisées, reconnaissance par la France de l'assassinat d'Ali Boumendjel... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli
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Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Ercine, bonjour à tous.
Notre invité est le porte-parole du Rassemblement National, Laurent Jacobelli. Bonjour à vous. Bonjour. Emmanuel Macron continue d'écarter la piste d'un reconfinement national. Le Pas-de-Calais, Nice, la région de Dunkerque sont les seuls à être concernés. Est-ce que vous saluez le choix, la stratégie du président de la République sur ce point ?
Avec Marine Le Pen, nous disons depuis le début de cette crise sanitaire qu'il faut éviter à tout prix le confinement, que le confinement c'est la dernière des solutions quand tout le reste a raté. Et nous prenons aussi une territorialisation des mesures. Donc sur ce point-là, nous sommes satisfaits. En revanche, on voit bien que la territorialisation est purement punitive et purement négative. C'est-à-dire qu'on accroît la restriction de liberté dans certains territoires, comme dans le Pas-de-Calais, mais jamais, jamais, on ne rouvre les portes et les fenêtres. Donc jamais, on aère un peu la vie de nos concitoyens.
Moi, quand je vois par exemple que dans les Pyrénées-Orientales ou que dans l'Ouest de la France, le taux d'incidence du virus est relativement faible par rapport au reste de l'Hexagone, eh bien on pourrait là-bas rouvrir des salles de spectacle, on pourrait rouvrir des cinémas. Et avec des protocoles sanitaires très exigeants, on pourrait rouvrir les restaurants.
Donc allégé par endroit.
Mais bien sûr, il faut que ça aille dans les deux sens. Et puis se poser la question aussi de ce couvre-feu qui, excusez-moi, est un peu ridicule. Effectivement, on ne peut plus circuler le week-end et on ne peut plus circuler après 18h. Ce qui veut dire que dans les magasins, eh bien il y a foule dans les autres moments de liberté.
Le gouvernement explique quand même qu'il porte ses fruits en s'appuyant sur les données de Santé publique France.
Ça fonctionne, manifestement. Alors c'est ce que dit le gouvernement. Moi, j'ai lu aussi une étude du CHU de Toulouse qui montre l'inverse. Mais très franchement, quand est-ce qu'on va changer de braquet ? Quand est-ce que ce gouvernement va prendre les mesures réellement efficaces ? Ça fait un an qu'on est en crise sanitaire. Il n'y a toujours pas eu la création d'un seul lit de réanimation supplémentaire. Ça fait maintenant des mois que l'on sait que le vaccin va arriver et on est toujours à la traîne en termes de vaccination et en termes d'achat de vaccins. Pourquoi on n'achète pas en direct des vaccins aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Russie ?
On va en parler. Vous allez un peu vite en besogne. On y va sur la vaccination. Le gouvernement passe la vitesse supérieure. Ce week-end devrait être un grand week-end de vaccination avec du AstraZeneca notamment qu'il reste à écouler en nombre. Écoutez les objectifs du Premier ministre. D'ici la mi-avril, nous devrions avoir vacciné en première injection au moins 10 millions de personnes, soit la totalité des personnes vulnérables volontaires aujourd'hui éligibles à la vaccination. D'ici mi-mai, nous devrions avoir vacciné au moins 20 millions de personnes, soit la quasi-totalité de la population volontaire de plus de 50 ans.
Voilà, vaccination de masse et pour y parvenir, on va vacciner désormais 7 jours sur 7 dans les centres, dans les cabinets de médecine, à l'hôpital et bientôt au coin de la rue, dans les pharmacies à la mi-mars. Vous y croyez à cette montée en puissance ?
Écoutez, je l'espère en tout cas. Voilà, pour être honnête et il faudrait que tous les Français qui veulent se faire vacciner puissent le faire. J'ai des doutes. D'ailleurs, les jauges ont changé. On nous avait dit 70 millions de Français. D'ailleurs, je ne sais pas où on les trouve parce qu'on est que 67 millions qui seront vaccinés avant l'été. Puis on nous a dit que ce sera 15 millions. Maintenant, d'autres chiffres arrivent. Très honnêtement, le gouvernement navigue à vue. Il navigue à vue parce qu'il ne maîtrise rien. C'est l'Union européenne qui achète ses vaccins. C'est l'Union européenne qui a très mal géré ses négociations.
Et je le répète, il faudrait maintenant que la France reprenne sa liberté de négociation et sa liberté d'achat pour vacciner massivement les Français puisque le gouvernement a tout misé sur la vaccination. Tout le monde navigue à vue dans cette crise. Vous avez raison, mais d'autres pays s'en sortent mieux que d'autres. On est bien obligé de constater aujourd'hui que...
Lesquels en Europe ?
Dans l'Union, hein ? Oui, j'ai bien compris. Dans l'Union européenne, d'abord, nous sommes à un point en dessous de la moyenne de l'Union européenne en termes de vaccination de la population. Nous sommes, je crois, les sixièmes avant-derniers dans l'ensemble des pays de l'Union européenne en termes de vaccination.
Mais quel pays, selon vous, s'en sort vraiment mieux que la France avec davantage d'anticipation puisque c'est ce que vous réclamez, visiblement ?
Mais sur la vaccination, toute l'Europe s'en sort mal, mais on s'en sort parmi les plus mal au sein de l'Union européenne. Mais excusez-moi de ne pas prendre ça comme modèle. Moi, je vois ce qui se passe dans votre pays.
Donc vous voulez vous affranchir de la commande commune ?
Mais attendez, juste un mot. Le Chili a commencé à vacciner bien après nous. Le Chili a aujourd'hui vacciné, je crois, 20% de sa population. On en est à 7%. Vous comprenez bien qu'il y a un problème.
Le Chili, ce n'est pas exactement l'Europe. Pardon de vous dire, on était sur les exemples européens.
D'accord, mais tout le système de l'Union européenne n'a pas marché. Vous voulez acheter du vaccin russe et chinois comme les Hongrois et les Tchèques ? C'est ça l'idée ?
Ecoutez, si un vaccin est homologué, il faut l'acheter en direct. Il faut se sortir de cette emprise européenne. Elle s'est affaiblie elle-même par son incapacité et son incompétence. Combien de vies humaines va-t-on sacrifier sur l'autel de l'idéologie européiste ?
Mais vous pensez qu'on aurait eu plus de doses si on avait commandé seul ?
Franchement ? La France seule ? Oui, bien sûr, c'est évidemment ce qui s'est passé pour tous les pays qui ont commandé seul.
On ne peut pas être perdant si on instaure une concurrence avec les autres pays qui eux aussi vont commander seul. On ne risque pas d'y perdre très très gros ? Vous savez, les faits sont têtus. Aujourd'hui, nous sommes perdants.
Nous sommes le pays qui vaccine pratiquement le moins dans une Union européenne qui est l'entité occidentale qui vaccine le moins.
Mais est-ce qu'on peut à la fois toucher les 40 milliards, par exemple, du plan de relance de Bruxelles et en même temps dire « je m'affranchis complètement des contrats communs ».
Non, mais là encore, il faut dire la vérité à ceux qui nous écoutent et ceux qui nous regardent. Ce plan de relance européen est une fumisterie. Voilà, ces 40 milliards vont nous coûter beaucoup plus cher puisque nous contribuons à hauteur de 20%, je crois, au budget européen. C'est-à-dire que ces 40 milliards vont nous coûter beaucoup plus cher et on aurait pu investir directement. Donc il faut en sortir de cette idéologie européiste. Donc on sort de l'Union. Nous sommes en situation de crise. La priorité, c'est la relance de l'économie française et l'état sanitaire des Français. Point barre. Et c'est la seule chose qui devrait occuper Emmanuel Macron.
Alors il va falloir vacciner et notamment avec du AstraZeneca parce qu'il reste entre 300 et 400 000 doses dans les fricots. Faut-il décréter le vaccin obligatoire pour les soignants ?
Mais avant de rendre obligatoire, avant de contraindre, avant de faire des amendes, il faut une politique cohérente. Pourquoi est-ce que le personnel hospitalier, en tout cas certains, ne veulent pas se faire vacciner ? Parce qu'il n'y a pas de confiance dans la parole du gouvernement. Tout cela a commencé de travers avec des mensonges, avec des approximations, avec des objectifs qui variaient tous les jours. Comment voulez-vous créer un climat de confiance ?
Vous diriez quoi pour créer de l'enthousiasme sur l'AstraZeneca qui présente dans de rares cas des effets indésirables ? Qu'est-ce que vous diriez aux Français sur l'AstraZeneca ?
La vérité. C'est-à-dire que depuis le début, nous aurions joué la carte de la transparence. Nous aurions dit exactement ce qui se passait pour chaque vaccin. Mais on n'avait pas toutes les informations sur l'efficacité de ce vaccin. Nous aurions fait des études indépendantes pour rassurer les Français. Mais nous n'aurions pas tout misé avec Marine Le Pen sur le vaccin. Nous aurions aussi, et je le répète, misé sur les traitements. Nous aurions laissé la liberté de prescription aux médecins. Nous aurions essayé aussi de faire en sorte qu'on crée un vaccin en France. Parce que les Français auraient beaucoup plus confiance dans un vaccin, par exemple, de l'Institut Pasteur.
Or, on voit bien que les budgets de recherche et développement n'ont pas été mis sur la table en France. Contrairement, par exemple, aux États-Unis qui ont mis des milliards pour aider Pfizer.
Déclencher tout cela dans l'urgence. C'est ce que vous auriez fait.
Alors, il aurait fallu le faire avec anticipation.
Mais on en revient à l'anticipation qui est impossible dans un cas pareil.
Mais c'est possible. Je ne suis pas d'accord avec vous. Aujourd'hui, la France investit 2,2% de son PIB dans la recherche. C'est la moitié de ce que fait la Corée ou Israël. C'est beaucoup moins que la plupart des pays industrialisés. Il faut remettre en place une recherche française, une souveraineté médicale, et croire enfin en nos chercheurs et nos industries.
Laurent Jacobelli, invité du 830 France Info, marque une pause dans cette interview. C'est le Fil Info à 9h moins 20, Diane Ferschit.
Les hôpitaux militaires en renfort pour la vaccination. Quatre de ces établissements accueillent les personnes éligibles. Ce week-end, il suffit de prendre rendez-vous en ligne. Précise sur France Info le porte-parole du ministère des Armées. Les doses sont déjà dans nos congélateurs, affirme-t-il. 23 départements sont sous surveillance renforcée. Un seul entièrement confiné. Ce week-end, il s'agit du Pas-de-Calais. Un confinement de fin de semaine qui s'applique également à nouveau au littoral des Alpes-Maritimes et à la métropole de Dunkerque. Un deuxième suspect en garde à vue à Reims, une semaine après l'agression d'un photojournaliste du journal L'Union.
Le principal suspect est un jeune homme de 21 ans. Il a déjà été mis en examen pour tentative de meurtre aggravé. Il est actuellement en détention provisoire. Le secrétaire général de l'ONU se dit très préoccupé par la situation au Sénégal. Il appelle à éviter une escalade alors que depuis deux jours et l'emprisonnement de l'opposant Ousmane Sonko, le pays est en proie aux tensions. Quatre manifestants ont été tués lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. Toulouse et Boulogne, les deux premiers qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe de France. Neuf matchs sont à suivre aujourd'hui, notamment Brest-PSG, le treizième du classement de Ligue 1 face au deuxième.
C'est à suivre sur France Info à partir de 21h10. France Info.
C'est Laurent Jacobelli, le porte-parole du Rassemblement National, qui est l'invité du 8.30 France Info, Myriam Ancawa.
On va parler de l'insécurité et d'abord de l'Île-de-France, qui a été théâtre de plusieurs rixes entre bandes rivales qui ont fait deux morts, des blessés souvent très jeunes, 14, 15 ans, deux dans l'Essonne, une à Ivry. D'abord, est-ce que vous pensez véritablement que ces phénomènes de bandes et de violences entre bandes sont nouveaux ?
Non, ils ne sont pas nouveaux, mais ils s'accélèrent, ils se multiplient et ils se propagent.
Ils se multiplient vraiment ? Vous êtes certain de ça ?
Oui, il y a eu l'année dernière à peu près un jour sur deux en France des meutes. Aujourd'hui, presque tous les jours, oui, oui, en moyenne, il y a aujourd'hui pratiquement tous les jours... On n'avait pas tous remarqué, pardon. Écoutez, tous les jours dans les actualités, on voit qu'il y a des voitures brûlées, des policiers agressés, des rixes avec des mineurs qui sont soit coupables de tentatives d'homicide, soit victimes de ces tentatives d'homicide. Il est temps de changer, il est temps d'arrêter avec ces décennies de laxisme, de logique de l'excuse.
Marine Le Pen propose la répression. Plus de prison, plus de peine et qu'elle soit véritablement mise en œuvre. Mais bien souvent, plus de prison, c'est plus de récidive dans ces cas-là.
Non, mais il faut arrêter avec ça, honnêtement. Marine Le Pen veut faire de la sécurité une grande cause nationale et je pense qu'elle a raison. Aujourd'hui, on voit que des récidivistes sont en liberté et agressent. Dans le Grand Est, région qui m'est chère, il s'est passé quelques jours quelque chose de terrible. Un journaliste photographe a été grièvement attaqué par des voyous. Qui sont ces voyous ? Vous venez de le dire, l'un des deux avait déjà été accusé et aurait dû être en prison, or il était en liberté. Le deuxième était un Algérien multirécidiviste qui avait déjà été condamné huit fois et qui aurait dû, depuis très longtemps, être expulsé.
Vous dites qu'il faut arrêter avec ça. Arrêter avec quoi ?
Arrêter avec cette délinquance, arrêter avec le laxisme. Et moi, j'en ai marre qu'on m'explique... Mais la prison crée de la récidive. Je me permets de continuer ma phrase. C'est ce que vous dénoncez. Je me permets de continuer ma phrase, mais j'en ai marre qu'à longueur de plateau, on vient de nous expliquer que ces voyous sont des victimes. Victimes de la société, victimes de la France, victimes de l'histoire de la France. Ces gens-là sont des coupables. Ce n'est pas que nous disons que la prison crée de la récidive. Ce qui est un fait. La prison crée de la sécurité. Et de la récidive. Il faut maintenant prendre des mesures. Il faut d'abord ramener la majorité pénale à 16 ans.
Il faut effectivement appliquer les peines de prison. Combien de fois les policiers ou les gendarmes nous expliquent qu'ils se retrouvent le lendemain de l'arrestation d'un délinquant ? Il faut réduire les délais aussi entre l'acte et la sanction pénale ? Il faut maintenant responsabiliser les familles en coupant les aides sociales des parents de délinquants. Et il faut avoir une politique ferme d'expulsion, de retour à la frontière de tous les étrangers dès le premier acte de délinquance.
Alors on va revenir sur Reims parce que vous ne nous avez pas dit exactement ce que vous souhaitez pour l'agresseur présumé pour le moment de ce photographe. Mais puisque vous évoquez les parents et coupez les aides sociales, écoutez le maire socialiste de Boussy-Saint-Antoine dans l'Essonne où se sont produits ces risques mortels. Romain Collas. Je suis d'accord avec le ministre de l'Intérieur quand il dit que la police, les institutions, mes collègues maires ne peuvent pas tout.
Pour autant, il ne faut pas se soulager à bon compte en responsabilisant à outrance les parents parce qu'en l'occurrence, pour les deux victimes, on a des parents, en tout cas des mères, qui sont particulièrement engagés. Donc c'est à la fois important de responsabiliser les parents, mais ça ne règle pas tout le problème. Coupez les aides, vous pensez que ça peut arranger, ça va arranger les choses ? On voit bien que souvent il s'agit de mères isolées, dépassées, impuissantes.
Mais pas seulement, ce n'est pas la seule mesure que nous proposons, mais c'est un ensemble de mesures, toute une panoplie, et c'est une des mesures. Mais objectivement, il est temps de ramener l'autorité de l'État dans certains quartiers de France. Il est temps de ramener l'ordre républicain dans certains quartiers de France. Quand j'entends que des brigades de gendarmerie ou des policiers vont être mobilisés pour donner des amendes à des pauvres gens qui vont arriver chez eux à 18h05 après le couvre-feu, au lieu de 18h, ces forces de police ou de gendarmerie seraient plus utiles dans certains quartiers. Vous savez, aujourd'hui...
Une tolérance quand même sur le couvre-feu.
Écoutez, ce sont les annonces martiales, et un peu anachroniques, permettez-moi de le dire, qui ont été faites. Je pense que ces annonces martiales, elles auraient dû être faites pour régler les problèmes de délinquance et de violence dans certaines banques.
Donc vous dites répression, possibilité de mettre les gens en prison dès l'âge de 16 ans, combien faut-il construire de prison en France avec ce programme sécuritaire ? J'imagine que vous avez cette estimation.
Il faut d'abord au moins construire immédiatement 10 000 places de prison. D'ailleurs, le président de la République s'y était engagé, mais il ne l'a pas fait. Il faut aussi libérer des places de prison. Je vous rappelle qu'un détenu sur cinq est un étranger. Et très clairement, il faut aussi une politique de retour au pays pour tous ceux qui violent la loi de la France. Aujourd'hui, il y a en France des zones où l'autorité de l'État a été remplacée par l'autorité des chefs de gang de dealers ou par d'autres formes de dealers d'ailleurs qui sont des dealers de haine, qu'elles soient religieuses ou qu'elles soient de la haine de la France. Tout ça doit être fini.
En laissant ouvertes nos frontières extérieures, on a créé des frontières intérieures, à l'intérieur de la France, avec des vaux.
Le gouvernement rajoute de la police dans ces zones en particulier.
Écoutez, on saupoudre de la police. Quand il y a un problème, effectivement, M. Darman arrive et dit demain matin, il y aura 10 policiers en plus, mais c'est trop tard.
Sur ce qui s'est passé à Reims, vous ne nous avez pas répondu. Après, évidemment, enquête si l'agresseur présumé d'origine algérienne, avec une carte de séjour espagnole, je crois ne pas dire d'erreur.
Non, c'est la vérité.
Il était condamné. Qu'est-ce que vous proposez ? Il faut l'expulser ?
Dehors. Dehors, il aurait dû être expulsé il y a déjà bien longtemps, parce que je le rappelle, c'est la huitième fois qu'il commet un délit et aujourd'hui, il y a un photographe entre la vie et la mort. Il faut arrêter maintenant d'excuser tout le monde et de se culpabiliser. Les victimes...
Ce ne sont pas forcément des excuses, mais parfois des explications. Si le pays refuse d'accueillir cette personne que vous voulez expulser, vous en faites quoi ? Mais ce n'est pas mon problème. Mais vous en faites quoi, concrètement ? Vous le mettez où ?
Nous, nous sommes là pour protéger les Français. Mais vous le mettez...
Vous savez bien que l'Algérie refuse de récupérer entre guillemets pendant la crise sanitaire.
Je vais bien répondre, parce que je veux bien répondre à vos questions, mais il faut me laisser un peu de temps. Vous le mettez où, vous le mettez où, monsieur ? C'est des problèmes compliqués, on ne peut pas dire oui ou non. Aujourd'hui, on a des relations avec l'Algérie, des relations économiques, des relations d'aide, des relations diplomatiques. Eh bien, on doit les mettre dans la balance et dire maintenant clairement à l'Algérie, ainsi qu'à tous les pays qui refusent de reprendre le ressortissant criminel, eh bien, les aides, les relations économiques, c'est fini. Il faut maintenant que vos délinquants rentrent chez vous. Nous devons protéger systématiquement les Français.
Et pour protéger les Français, il faut reconnaître qu'il y a un problème. Moi, quand j'entends le Président de la République chauffer à blanc certains jeunes de mon lieu en disant que la police commet des délits de faciès, que la police est souvent coupable de violences policières...
Chauffer à blanc ? Chauffer à blanc ? Les mots sont forts, hein ?
Oui, les mots sont forts. Il y a une logique de l'excuse. Quand le garde des Sceaux explique qu'il faut éviter pour ces gens-là la prison à tout prix, que le premier acte qu'il fait, c'est d'aller jouer au baby-foot avec un multirécidiviste mineur, il envoie un signal négatif. Et quand on a un ministre de l'Intérieur dont la seule puissance est de faire des tweets et non pas de ramener l'ordre dans les quartiers, eh bien, on envoie un signal déplorable.
Et quand le garde des Sceaux, Laurent Jacopéli, fait voter un nouveau code pénal des mineurs, le Rassemblement National le vote à l'Assemblée.
Mais une fois encore, on peut voter tous les codes possibles tant qu'il y aura derrière... C'est lié, c'est le sujet lié. Tant qu'il y aura derrière des juges encouragés par le garde des Sceaux qui excusent les racailles et les délinquants, nous n'en sortirons pas. Et je vais vous dire, les habitants de ces quartiers, ceux qui sont honnêtes, ceux qui travaillent et qui payent leurs impôts et qui veulent vivre en prêt, comme de le quartier de Croix-Rouge à Reims, eh bien, ils attendent cette réponse de l'État.
Laurent Jacopéli, invité du 8.30 France Info, on reprend cette discussion juste après le fil en faux, puisqu'il est 9h moins 10, Diane Ferschit.
Après les heures à la Duchère près de Lyon, jeudi, des violences urbaines à Rieux-la-Pape, cette nuit, 13 véhicules incendiés, au moins 6 personnes interpellées. Nous sommes sur une ligne de crête, estime sur France Info la vice-présidente de la région Île-de-France. Nous demandons une accélération de la vaccination, une gestion de stock de vaccins à flux tendu et nous lançons un appel à revenir au maximum au télétravail pour éviter un reconfinement total, mettant garde Alexandra Dublanche alors que des centres de vaccination sont ouverts ce week-end. Notamment 4 hôpitaux militaires et le Pas-de-Calais est confiné pour le week-end.
Le département fait partie de 23 territoires sous surveillance renforcée face à l'épidémie de coronavirus. Le taux d'incident s'y élève à 400 contaminations pour 100 000 habitants. Deuxième fin de semaine aussi de confinement pour les habitants de Dunkerque et du littoral. des Alpes-Maritimes. A noter que les centres commerciaux non alimentaires de plus de 10 000 mètres carrés vont garder le rideau baissé dans les départements sous surveillance. Une rencontre inédite ce samedi pour le pape François en Irak. Il rencontre le grand ayatollah Al-Sistani, plus haute autorité religieuse de nombreux musulmans chiites.
Ce déplacement de 4 jours en Irak, c'est la première visite d'un souverain pontife dans le pays. Il fut l'une des étoiles qui brilla le plus fort sur la scène de l'Opéra de Paris. La réaction d'Emmanuel Macron après l'annonce de la mort du danseur étoile Patrick Dupont, la légende de la danse, disparue hier à l'âge de 61 ans des suites d'une maladie foudroyante.
Laurent Jacobelli, le porte-parole du Rassemblement National, est l'invité du 8.30 France Info. On parlait de l'Algérie il y a une minute. Alors sur un tout autre sujet, la France a reconnu officiellement, ça vous fait déjà sourire ?
Eh oui, c'est terrible, c'est tellement, on en parlait tout à l'heure.
Alors, je termine juste pour ceux qui n'auraient pas eu cette information. La France reconnaît officiellement la torture et l'assassinat par l'armée française de l'avocat nationaliste algérien Ali Boumenjel, assassinat maquillé en suicide en 1957. Dites-nous pourquoi vous en souriez ?
Non, je ne souris pas. J'en ai marre de cette autoflagellation, j'en ai marre de cette repentance permanente. Ce n'est pas de la repentance, dit le Président. Oui, ben écoutez, d'accord, mais pourquoi maintenant et pourquoi ça ? Et pourquoi on ne demande pas la réciprocité ? Tous les attentats horribles commis par le FLN, la situation des harkis, la situation des pieds-noirs, c'est ça qui devrait prendre le temps du Président de la République.
Aucun crime ne peut être occulté, a dit Emmanuel Macron, mais sans repentance ni excuse. Ça ne vous semble pas équilibré comme position ?
Au moment où, on en parlait tout à l'heure, des banlieues sans flammes, au moment où on apprend à des jeunes que la France les a maltraités, qu'ils ont été victimes de la colonisation, eh bien une fois encore, on ne leur donne pas l'amour de la France, on leur apprend à s'en méfier, on leur apprend même parfois à la haïr. Mais c'est l'histoire ! Mais monsieur, l'histoire, c'est aussi le roman national. Donc il faut cacher certaines parties. Si je peux terminer une phrase ? Oui, allez-y. L'histoire, c'est aussi dire à tous ceux qui sont issus de l'immigration, vous faites partie de la communauté française, voilà notre bien commun, qu'est notre culture, notre histoire, et que sont nos valeurs.
A toujours essayer de battre sa culpe, on met le doute dans l'esprit de jeunes, qui se sentent au final plus algériens, que français, et qui même en veulent à la France. Eh bien, il faut arrêter avec ça, il faut arrêter avec ça, je le dis, en arrêtant cette logique de la repentance, et en arrêtant aussi, je le dis devant vous aujourd'hui, l'immigration massive, qui est en train de détruire le modèle d'assimilation français, et qui est en train d'aboutir à des guerres communautaires.
À ce moment-là, l'immigration, il y en a peu, non ?
Non, non, on a encore l'année dernière eu plus de 400 000 migrants légaux, et je crois, de l'aveu même de M. Darmanin, il y aurait 600 000 clandestins en France. Non, je pense qu'on ne peut pas dire que l'immigration s'arrête, et le quotidien de nos concitoyens le montre chaque jour, ils voient la réalité, vous savez.
Alors, il y a une campagne qui se prépare dans tous les états-majors, il y a les régionales, vous êtes candidat dans le Grand Est, mais il y a aussi déjà la présidentielle. Vous avez vu la une de libération et la polémique qui s'en est suivie, cette fois, le barrage s'est fini, sur tous ces électeurs de gauche, qui ne veulent pas voter Macron face à Marine Le Pen, en cas de duel au second tour. Merci la gauche.
Je crois que beaucoup de Français ont ouvert les yeux, vous savez, cette histoire du barrage, qui est une légende, une tactique, c'est celle qu'avait utilisée Emmanuel Macron, il avait dit, c'est moi ou le chaos, depuis Emmanuel Macron, on vient de parler des émeutes, on vient de parler de la crise sanitaire, le chaos et l'anarchie, on connaît. Je pense que cette excuse-là ne marche plus.
Vous croyez que véritablement, le jour de l'élection,
certains électeurs de gauche préféreront rester chez eux
plutôt que de voter contre vous ?
Je pense qu'il y a des électeurs de gauche qui ont compris que la mondialisation, c'était la perte de l'emploi. Je pense qu'il y a des électeurs de gauche qui ne comprennent pas la réforme des retraites et la réforme du chômage que nous aussi nous combattons. Et je pense qu'il se dise que la fibre sociale aujourd'hui, clairement, elle n'est pas du côté d'Emmanuel Macron, mais de Marine Le Pen.
Alors, si Marine Le Pen est qualifiée au second tour, comme le disent pratiquement, enfin d'ailleurs tous les sondages, qui seront vos alliés ? Où sont vos réserves de voix ?
Écoutez, je pense que, au-delà des états-majors, il y a des Français, qu'ils soient de droite, de gauche, ou même qui n'ont pas d'opinion politique très déterminée, qui peuvent aujourd'hui se reconnaître dans le programme du Rassemblement National. Ils savent que la sécurité est un bien précieux et qu'elle nous protège, qu'elle protège notre démocratie. Ils savent qu'aujourd'hui, notre démocratie est un peu chancelante, manque de proportionnel, manque de représentativité. Il faut changer ça.
Mais quel parti tendrez-vous la main ?
Mais il y a tous ceux qui veulent nous rejoindre, à tous ceux qui veulent travailler avec nous. Et pour l'instant, Marine Le Pen a changé le nom du parti. Elle l'a appelé Rassemblement National. Ce n'est pas juste cosmétique, c'est pour rassembler. Il y a déjà des gens, des Républicains qui sont venus. Moi, je viens de Debout la France. Andrea Cotara, qui sera notre tête de liste en Auvergne, Rhône-Alpes, vient de la France Assoumise. Ce rassemblement, il est en marche.
Ce sont eux qui gouverneraient dans un gouvernement, si vous êtes élevé. Est-ce que vous pouvez nous donner, au fond, trois noms, Portefeuille Régalien, on va dire Le Quai d'Orsay, Bercy et Matignon ? Qui pourrait gouverner avec vous ?
Écoutez, c'est à Marine Le Pen de vous répondre. Vous l'imaginez bien. Pas à moi. Je sais qu'elle y travaille. Je sais que certains noms vont sûrement être annoncés au fil de la campagne. Ce qui est important, c'est que sur les principaux problèmes que rencontre la France, les Français disent que Marine Le Pen est la mieux à même de les résoudre. On parlait de l'insécurité, de l'immigration, même sur la crise sanitaire. Elle a montré qu'elle avait une vision pragmatique et logique des choses. Je crois qu'aujourd'hui, ce discours qui est de dire Marine Le Pen est antirépublicaine, etc., ne prend plus.
Tout le monde a compris que c'était une excuse pour essayer de nous écarter du débat parce que nous avions raison.
Laurent Jacobelli, il ne prend plus, mais il y a encore quand même quelques dérives à l'intérieur du parti. À Fréjus, par exemple, l'adjoint de David Racheline, le maire de la ville, a eu des propos racistes sur sa page Facebook en commentant une publicité sur la sécurité routière. Il a été exclu. Ça veut dire que le ménage n'est pas terminé ?
Madame, il y a des gens qui se comportent mal dans tous les partis. La différence, c'est que chez nous, ils sont expulsés dans l'heure. Dans les autres partis, parfois, ils sont mis en avant. Vous voyez, c'est la différence. Je suis très fier que nous soyons un parti qui fait attention aux propos et au comportement de ces cadres, de ces élus. Vous voyez, ça aussi, c'est un signe positif que les Français vont comprendre.
Merci Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, invité du 830 France Info ce matin.
Laurent Jacobelli