Mobilisation lycéenne, budget, J-L. Mélenchon : le regard de Jean-Pierre Raffarin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
On a tous été marqués par les images de violences, mais sur le fond, est-ce que vous comprenez les revendications de ces jeunes lycéens ?
- 0:36RelanceÉludée
Vous visez LFI ? Parce que Matignon parlait d'LFI et de proxy de la France insoumise dans les quartiers et dans les villes.
- 1:57OuverteRéponse partielle
On a l'impression que dans le projet qui a été présenté par le gouvernement, tout le monde va y passer, si j'ose dire, avec des économies de 54 milliards d'euros. Est-ce que vous parleriez d'un budget d'austérité ou juste d'un rafistolage en attendant l'élection ?
- 2:53FerméeRéponse directe
Vous dites à Sébastien Lecornu, il faut donc s'accorder avec le Rassemblement national ?
- 3:56FerméeRéponse directe
en 2003 ?
- 9:14OuverteRéponse directe
Edouard Philippe qui a présenté cette semaine sa réforme des retraites. Il propose d'allonger, de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans. Est-ce que d'après vous, Jean-Pierre Raffarin, ça c'est la bonne solution ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11Invité politiqueFait
« Je comprends les revendications, mais je ne comprends pas la violence. Et je ne comprends pas la période. »
- 0:16Invité politiqueFait
« Parce que quand on est avant une élection, en général, on attend de l'élection les solutions. »
- 1:37Invité politiqueFait
« qu'il y a très peu de moyens budgétaires, et qu'au fond, tous ceux qui nous prêtent de l'argent nous regardent. »
- 2:20Invité politiqueFait
« un budget qui va être quand même peu cohérent et dont la seule cohérence sera le pouvoir d'être voté. »
- 2:29Invité politiqueFait
« La Ve République, c'est la majorité. La Ve République, elle est fondée sur un fait majoritaire. »
- 3:33Invité politiqueFait
« On n'a pas de marge de manœuvre. Ne faisons pas comme s'il y avait des caisses et qu'on allait rentrer. Aujourd'hui, il n'y a pas de soutien. »
- 4:06PrésentateurChiffre
« Notre dette a été multipliée par 3. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Qui est-ce qui a demandé aux Français de travailler une journée de plus ? Vous. Hein ? »
- 5:32Invité politiqueChiffre
« C'est-à-dire que ça fait 40 milliards qu'on a pu trouver comme ça, ni par l'impôt, ni par la dette. »
- 5:43Invité politiqueFait
« le gouvernement, tel qu'il est, il n'a pas de majorité, il n'a pas d'argent. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Si on prend bien conscience... On va prendre conscience que ce qui est terrible, c'est la lutte entre les extrêmes tous les deux. »
- 9:17InvitéChiffre
« Il propose d'allonger, de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans. L'âge de départ en retraite est à 65 ans. »
- 10:28Invité politiqueFait
« la vie politique a changé. Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans un univers de communication. Nous sommes dans un univers de polémique. »
Temps de parole
- Jean-Pierre Raffarin74 %
- Présentateur12 %
- ?6 %
- Invité4 %
- Invité 23 %
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Jean-Pierre Raffarin, c'est l'autre actualité de la semaine, la mobilisation des lycéens et maintenant des universités. On a tous été marqués par les images de violences, mais sur le fond, est-ce que vous comprenez les revendications de ces jeunes lycéens
?
Je comprends les revendications, mais je ne comprends pas la violence. Et je ne comprends pas la période. Parce que quand on est avant une élection, en général, on attend de l'élection les solutions.
Et
là, je suis assez surpris de cette agitation et de cette violence. Tout se passe comme s'il y avait dans le pays des forces
qui
veulent court-circuiter l'élection,
qui
souhaitent que les choses se passent autrement que par l'élection.
Vous visez
qui
?
Vous
visez LFI ? Parce que Matignon parlait d'LFI et de proxy de la France insoumise
dans les quartiers et dans les
villes.
Matignon a des informations que je n'ai pas. Moi, j'ai tout simplement 50 ans d'expérience.
J
'ai rarement vu
de
l'agitation sociale violente juste avant une élection ou juste après une élection. Car en général, dans la démocratie, les gens comptent sur l'élection.
Je
me souviens avoir perdu des élections, quand j'étais Premier ministre, des élections régionales. On m
'a
dit que ça allait être quelque chose de terrible. On perd les élections et là, on a six mois tranquille. Pourquoi ? Parce que les gens nous ont donné un coup de pied aux fesses. Ils sont contents de nous avoir donné un coup de pied aux fesses. Et maintenant, ils regardent comment on va réagir. Et ils ne poursuivent pas leurs choses. Ils ont donné leurs leçons. Ils voulaient donner une leçon. Là,
c
'est assez étonnant qu'avant une élection présidentielle, on demande de l'argent, mais on brûle l'argent dans la rue. Comment on va avoir de l'argent si on la brûle ? On veut des constructions et on déconstruit. Tout ça est quand même assez paradoxal. Donc c'est quand même assez étonnant. Alors qu'on sait très bien qu'on est en train de discuter d'un budget, qu'il y a très peu de moyens budgétaires, et qu'au fond, tous ceux qui nous prêtent de l'argent nous regardent. Et ces images que l'on voit derrière vous d'incendie, vous croyez que ceux qui nous ont prêté de l'argent, ça va les conduire à faire baisser notre taux ? Alors justement, il
y a
une autre
agitation sociale à propos du budget ou des projets de budget. On a l'impression que dans le projet qui a été présenté par le gouvernement, tout le monde va y passer, si j'ose dire, avec des économies de 54 milliards d'euros. Les retraités, les fonctionnaires, les collectivités territoriales, les entreprises, même les produits sucrés. Est-ce que vous parleriez d'un budget d'austérité ou juste d'un rafistolage en attendant l'élection ?
C'est
un
budget
qui
va être quand même
peu
cohérent et dont la seule cohérence sera le pouvoir d'être voté.
Pourquoi
?
Parce
que nous n'avons pas de majorité. La Ve République, c'est la majorité. La Ve République, elle est fondée sur un fait majoritaire.
L
'autorité d'un préfet,
l
'autorité d'un ministre, l'autorité... C'est sa majorité qui, à l'Assemblée nationale et à la présidentielle, peut donner une puissance à une action. Donc depuis qu'on n'a plus de majorité, ni à l'Élysée, ni à la République, ni au Parlement. C'est
pour ça qu'il faut qu'il y ait un budget.
Vous dites à Sébastien Lecornu,
il
faut donc s'accorder avec le Rassemblement national ? J'ai dit qu'il faut faire voter le budget.
Parce que si on n'a pas de budget... À n'importe quel prix ?
Il faut faire... Sans budget, on connaîtra une crise terrible. Avec notre niveau de dette, vous verrez les taux d'intérêt. Sans budget, on connaîtra une crise. Donc il faut qu'avec le maximum d'habileté, avec le maximum d'écoutes des uns et des autres, de tous les petits groupes, ils puissent faire voter son... Mais ce budget, il n'aura pas forcément la cohérence d'une dynamique. Il n
'a pas l'air
incohérent,
il
y a un tour de vise partout. Parce qu'il faut le faire voter, ce budget. Mais parce que de toute façon, il faut faire des économies. On n'a pas de marge de manœuvre. Ne faisons pas comme s'il y avait des caisses et qu'on allait rentrer. Aujourd'hui, il n'y a pas de soutien. Rendez-vous compte que moi, j'avais plus de 450 députés, j'avais
plus
de 80 personnes avec le président de la République, dans son équipe, avec le secrétaire d'État aux relations du Parlement, pour travailler avec le Parlement. On arrivait avec des commissions qui avaient mis des amendements négociés.
À l'époque, c'était
en 2003 ?
2003-2005.
Alors, vous vous rappelez,
en 2003, vous étiez Premier ministre, et c
'est
la première fois que la dette publique passait le cap des 1 000 milliards d'euros. Regardez. Notre dette a été multipliée
par 3. On a reporté sur nos enfants 60% aujourd'hui d'une trichesse nationale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la dette d'aujourd'hui, c'est l'impôt pour les jeunes. Et donc, aujourd'hui, il ne faut pas faire la même chose avec la retraite. Il faut donc assumer notre retraite.
À
l'époque. À l'époque. À l'époque. Mais 2003, la dette, c'est pas moi qui l'ai fait. C'est ceux qui sont avant. C'est les 35 heures. Parce que moi, je dis ça. Mais non, mais je trouve ça formidable.
Parce
que, naturellement, je me plains de niveau de la dette. Mais je vous dirai que quand je suis parti, pour la première fois,
c
'est Thierry Breton, c'est Jean-François Copé qui sont affaires, la dette baisse. Donc,
nous
avons fait baisser la dette. Et nous avons constaté, parce qu'avant 2003, on était en situation de dette excessive. Et mon gouvernement, grâce à l'action de mes ministres, notamment…
Mais qui est passé depuis en 22 ans
? Ce qui est passé, c'est le coût d'un certain nombre de décisions.
C
'est la retraite.
C
'est tout ce qui s'est
passé.
On est à 3 595 milliards de dettes. Je suis bien d'accord là-dessus. Je sais bien que, quoi qu'il en coûte, je sais bien que le Covid a coûté beaucoup de choses. Je sais bien que les 35 heures ont beaucoup coûté. Je sais que tout ça, on peut faire le bilan de tout ça. Ce que je vous dis, c'est que déjà, à ce moment-là, on était complètement conscient. Qui est-ce qui a demandé
aux
Français de travailler une journée de plus ? Vous. Hein ? Vous. Bon, et que cette journée, c'était ni un impôt, ni une dette. Oui. On a trouvé, aujourd'hui, c'était à raison d'à peu près de 2 milliards. C'est-à-dire que ça fait 40 milliards qu'on a pu trouver comme ça, ni par l'impôt, ni par la dette. Donc, on était complètement conscient. Mais il y
a
eu un certain nombre de dérives. Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que le gouvernement, tel qu'il
est,
il n'a pas de majorité, il n'a pas d'argent. Alors, on peut lui dire qu'il faut qu
'il
nous fasse un budget très sexy. Il est quand même dans une situation...
Il dit qu'il est réversible et que c'est l'avantage. C
'est-à
-dire
qu
'en
gros, on a ça pendant quelques mois et puis après autre chose.
Voilà. Jean-Pierre Raffarin, on est à moins de 100 jours du premier tour de l'élection présidentielle. Aujourd'hui, je ne
vous
demande pas de retrouver le ton ou la voix de tribun que vous aviez il
y a
quelques minutes, mais aujourd'hui, un duel se profile au second tour, entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ce duel... Nous refaisons de la science politique.
Non, mais alors... On va
faire de la science politique.
Alors, faites-la. Mais en tout cas, j'ai l'impression que vous étiez au pouvoir, que vous soutenez aujourd'hui Hader Philippe.
C
'est
complètement envisageable de l'empêcher. Je crois qu'on peut éviter, bien sûr, que ce n'est pas si... Si on prend bien conscience... On va prendre conscience que ce qui est terrible, c'est la lutte entre les extrêmes tous les deux. Parce que
les
gens, au départ, ils ne sont pas forcément fous furieux. Ils ont des raisons, ils ont des convictions. Mais quand on va voir que si c'est Mme Le Pen qui est élue, que M. Mélenchon va bloquer le pays, des braves gens vont dire qu
'il
faut soutenir Mme Le Pen et d'autres vont dire qu
'il
faut radicaliser. Et ce sera un monde de violence. L'affrontement des extrêmes ne peut conduire aux violences. Ce tandem, il faut absolument l'empêcher. C'est le tandem de la violence et c'est la dérive. Est-ce que vous avez vu beaucoup de gens extrémistes qui redevenaient modérés ? L'extrémisme, il évolue toujours dans la même direction. Donc, il faut absolument casser cette perspective. C'est pas à nous qu
'il
faut le dire. C'est pour ça. Non, mais...
Non, mais Nathalie a raison. Je
vous parle, mais je parle aussi aux autres.
Non, mais vous parlez...
Je constate
qu
'il
y
a
des gens qui nous regardent. Donc, je pense...
Non, mais il n'y a pas
que les gens qui nous regardent. Nathalie a raison. Jean-Pierre Afar, là, vous parlez aux Français. Mais il faudrait parler aussi aux gens que vous côtoyez ou que vous croisez parfois dans les petits dîners politiques, bien évidemment, ou dans les rendez-vous politiques. Je pense... Non, mais vous avez choisi Edor Philippe. Vous avez choisi Edor Philippe pour cette campagne 2027. Attendez, non, je
n
'ai
pas choisi... Vous avez choisi de soutenir. J'ai choisi de soutenir celui qui, entre les deux extrêmes, se rassemblera. Pour le moment, et je crois que c'est comme ça, c'est Edor Philippe. J'ai des droits de Philippe. Oui. Mais je peux voter, très franchement, je pourrais voter pour celui qui sera le mieux placé face aux extrêmes. Aujourd'hui, donc, je ne suis pas un intégriste. Je pense que c'est Edor Philippe qui est le mieux placé. Alors, sans
être intégriste,
c
'est
ce que vous dites aux autres. Maintenant, ça suffit, on arrête de jouer. C'est
ça. Est-ce que quand vous le faites à la fin de la récré ? Vous nous retayez au Gabriel Attal ?
Je pense qu'il faudra s'infler la fin de la récré. Quand ? J'ai fait un tweet hier, avant-hier, où je disais que l'élection du président du Sénat était très importante, la réélection de M. Larcher, car le moment venu, il pourrait peut-être participer à lancer un appel. Je crois qu'il faudra le faire. Mais je sais, par définition, que les campagnes sont très, très longues. Je sais qu'il ne faut pas partir trop tôt. Qu'une campagne, ça se gagne à partir du 15 février. Et c'est l'accélération. Donc, je sais qu'il y a des choses qui doivent se passer. Mais je pense qu'il ne
faut
pas commencer parce qu'on suce très vite. Et donc, il ne
faut
pas aller trop vite. Mais ce que je crois, c'est qu'il va falloir trouver... Pour moi, il faut de la carure et il faut de la rupture. Il faut de la carure parce qu'il faut une épaisseur. Il a la carure, Edouard Philippe. Il a cette capacité-là. Et puis, il a un programme de rupture qui va pouvoir... Il y
a
des gens comme Darmanin qui sont avec nous. Il a un entourage. Il y
a
beaucoup de gens qui arrivent.
Il
y a la construction de Mauricais.
Il
y a plein de gens qui arrivent. Et donc, je crois qu'il sera le mieux placé. Mais s'il n'était pas le mieux placé et qu'un autre se déclare mieux placé, je reconnais des qualités à taille. Je reconnais les qualités.
L
'homme vertueux qui est Retailleau. Je pourrais me mettre derrière celui qui sera le mieux placé.
Edouard Philippe qui a présenté cette semaine sa réforme des retraites. Il propose d'allonger, de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans. L'âge de départ en retraite est à 65 ans. Il précise bien qu'un tiers des Français, les professions les plus pénibles, auront droit de partir avant. Est-ce que d'après vous, Jean-Pierre Raffarin, ça c'est la bonne solution ?
Je pense que c'est la bonne solution. C'est la solution la plus responsable. Les 45 années, on prolonge. C'est une étape très importante. Ça ne règle peut-être pas le problème pour l'éternité, mais ça règle le passage financier qu'il faut. Il n
'y
a
pas de plan B, comme il le dit
? Je
crois qu'il n'y
a
pas de plan B. La réforme,
par
point, est une belle idée, mais je pense qu'elle est extrêmement difficile à réaliser. Et on a vu que Delevoye a travaillé deux ans et on a vu que ça n'avait pas démarché. Macron a... Donc je pense que c'est comme ça qu'il faut... D'ailleurs, c'est ce que nous avions engagé les uns et les autres. Et c'est comme ça, je crois, qu'on peut progresser et sortir de cet appartement.
Vous êtes toujours l'un des plus grands fans de Johnny Lidé
? Qu
'on me donne l'envie,
l
'envie d'avoir envie.
C'est votre chanson
préférée, c
'est
ça ? On s'en est une.
Il a vraiment l'envie d'avoir envie, Edor Philippe
?
Écoutez... Parce que c'est toujours la question qui revient souvent. Est-ce qu'il a vraiment envie ? Est-ce qu'il n
'est
pas trop... Est
-ce qu'il donne envie ? Est-ce qu'il donne envie ?
Je vais vous dire une chose. Vous voyez bien, la vie politique a changé. Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans un univers de communication. Nous sommes dans un univers de polémique. Et donc, il faut une certaine forme de sobriété. Car plus vous êtes exposé, plus vous êtes attaqué. Et donc, Edouard, il devra naturellement se délivrer complètement de toutes les contraintes pour dire ce qu'il est. Mais ça, il faudra qu'il fasse dans le dernier moment. Aujourd'hui, il doit rassembler. Et on rassemble par la sobriété. Il ne faut pas agresser ni les uns ni les autres. Il faut être respectueux. Et c'est pour ça que je crois qu'il a la capacité à être celui qui va rassembler.
Et donc, à empêcher, vraiment ce qu'il faut empêcher, c'est ce duel Mélenchon-Le Pen.
Jean-Pierre Raffarin