Au chevet d'une France qui craque avec François-Xavier Ménage
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
beaucoup merci bonne [Musique] journée et notre invité ce matin c'est François Xavier ménage bonjour merci beaucoup d'être avec nous vous êtes grand reporter et auteur de ce livre ça craque plongé dans une France silencieuse mais explosive on va en parler c'est chez Robert Lafond ce livre c'est le fruit de 5 ans de reportage de votre part c'est un tour de France finalement de ces français qu'on nentend jamais dans les petites villes dans les bandlieux dans le monde rural vous êtes allé à la rencontre de tous les territoires et vous en avez fait un état de la France d'aujourd'hui elle va mal la France de 2023 elle va pas très bien je crois que c'est pas du breaking news que de le dire pour autant le constat mon métier c'est pas de dire que la France va s'écrouler dans 10 ans personne d'ailleurs dans dans dans ce livre ne le dit en revanche et c'est ce qui est frappant et et je crois que c'est constaté par beaucoup c'est qu'aujourd'hui vous avez beaucoup de Français qui lutte l'inflation est un des ingrédients malheureusement de cette lutte et puis vous avez aussi une une multitude de casquettes qui sont portées par beaucoup d'acteurs de de la France que ce soit parce qu'il faut pas de populisme dans le constat évidemment tel qu'on le donne que ce soit en haut ou en bas de la pyramide et et moi c'est c'estes multiples luttes qui à mon avis dit quelque chose de la France éant entendu par ailleurs que et je pense que c'est aussi quelque chose qui est frappant on a de plus en plus de mal à comprendre ce que vit notre voisin ce que vit par exemple la commune à côté voire même évidemment ce qui se passe à l'autre bout de la France et parce que on est dans un pays qui est fragmenté tous les politologues le disent je pense qu'il faut aller sur le terrain raconter cette fragmentation essayer de comprendre comment chacun lutte comment chacun avance parce que la France elle avance très vite et qu'on est parfois un peu paumé on va y revenir évidemment dans le détail puisque vous abordez plusieurs sujets on a beaucoup parlé de cette France périphérique au moment des gilets jaunes est-ce que cette France périphérique c'est toujours l'opposition à la France des métropoles est-ce qu'elle est juste cette analyse ou est-ce qu' aujourd'hui c'est plus compliqué que ça j'aurais envie de vous dire que c'est plus compliqué que ça mais je prends soin de préciser que pour TF1 moi j'avais ouvert les les gilets jaunes et les premières manifestations les les samedis enfin je l'ai fait pendant 3 mois et j'étais frappé de voir d'abord que des Français s'exprimaient pour la première fois sur leurs difficultés n'avaient pas peur de dire qu'il vivaient avec 500 600 700 € par mois et surtout s'étonnent de s'exprimer s'étonnait devant la caméra de dire ce que je suis en train de dire je pensais jamais que j'allais le dire publiquement et et cette parole là si on prend un petit peu de distance déjà était un élément quand même constitutif de de cette France silencieuse qui concerne énormément de personnes et par ailleurs ement sur sur le constat tel qu'on le qu'on l'expliquait il y a la France périphérique mais d'une certaine manière moi c'est ce qui me frappe aussi la périphérie peut être à l'intérieur d'une ville je prends plusieurs exemples notamment aras où il y a beaucoup d'habitants qui disent attendez il y a les trottoirs des riches les trottoirs des pauvres les trottoirs qui sont privilégiés où les commerces peuvent s'installer et être aidés justement dans leurs installations et puis vous avez quelques rues plus loin ce sentiment de décrocher c'est-à-dire que en terme de territorialité j'ai ce sentiment que la périphérie peut être partout et là aussi c'est un constat qu'on ne faisait peut-être pas il y a 10 ans et qui moi en tout cas en tant que journaliste he je ne suis que journaliste m'interpelle lors de sa campagne présidentielle il y a 6 ans Emmanuel Macron il avait promis de parler à cette France périphérique de recoudre le lien entre cette France périphérique et cette France des métropoles les Français que vous avez rencontré sur le terrain 6 ans après est-ce qu'ils se sonent toujours oubliés alors par rapport au au au dialogue avec la politique là encore sans généraliser et et sans faire de populisme moi ce qui me marque c'est que j'ai rencontré des centaines de personnes dans ce livre et et et j'ai ce privilège de vraiment avoir pu parler à à toutes sortes de personnes qui bien souvent avancent dans leur coin sans faire de bruit et à chaque fois qu'on parle de politique c'est parce que moi j'ai posé la question moi c'est une matière qui m'intéresse à tout point de vue mais ça ne vient jamais de mes interlocuteurs que ce soit une directrice d'école que ce soit un ouvrier que ce soit quelqu'un qui travaille dans l'agroalimentaire voit même un avocat la question politique telle qu'on la conçoit je trouve y compris dans les médias n'est pas toujours perçu de la même manière je donne juste un exemple quand c'est vrai on dit par exemple parce qu'il y a une crise je laisse le covid de côté à cause du du confinement bien sûr mais quand on dit attention on va voir quel sera la parole du gouvernement du premier ministre ou du président à 20h quand il va s'exprimer oui ça nous interpelle nous journalistes mais moi sur le terrain je vois personne à me dire ah j'attends de savoir ce que dira le président pour ensuite me faire ma propre opinion comme si parce que pour eux c'est plus la solution le politique je ne sais pas mais en tout cas c'est dans la pièce d'à côté ça n'est plus dans le champ de vision de beaucoup de Français là encore généralisons pas mais mais pour beaucoup c'est effectivement dans la pièce d'à côté et quand ça s'extirpe de ce champ de vision et de ce champ lexical je pense qu'évidemment c'est c'est c'est pas forcément une bonne nouvelle alors comment retisser moi c'est pas mon métier de donner les réponses mais déjà commençons par ça mais ils ont probablement besoin de ça on a tous besoin de ça évidemment de retisser oui vous avez divisé votre livre en plusieurs thématiques hein évidemment alors il y en a des nombreuses on va pas pouvoir parler toutes même même si elles sont toutes passionnantes on en a sélectionné certaines a commencé par la santé le système de santé céit un un peu la fierté de la France en tout cas la la France se targaet d'avoir le meilleur système de santé au monde et puis il y a eu le covid et là on a vu que ce n'était pas le cas on a vu les difficultés des soignants des médecins dans les hôpitaux est-ce que la France aujourd'hui est devenue un immense désert médical oui alors il y a des chiffres qui circulent qui évoquent 800 % de déseres médical il y a quand même 6 millions de Français qui n'ont pas de médecins généralistes et en 2023 moi c'est peut-être ce qui m'a le plus frappé c'est que on va vers une rupture qui n'est pas globale bien entendu mais aujourd'hui on va être très concret et et c'est là où j'ai fait le le reportage pour parler des médecins qui se déréférencent on connaît le secteur 1 le secteur 2 et aujourd'hui vous avez plusieurs centaines de médecins qui sont secteur 3 ça veut dire hors remboursement de la Sécurité sociale ça veut donc dire que quand vous allez voir ces médecins vous n'êtes pas remboursé alors que vous cotisez bien entendu pour la sécurité sociale et à nior il y a notamment un médecin qui a dit moi j'ai arrêté d'être référencé parce que parce que burnout parce que j'en pouvais plus de faire de l'abattage de patients ce sont ces mots et donc le plus intéressant c'est de voir ensuite quels sont les patients qui viennent le voir et ceux qui viennent le voir sont en grande majorité issu des classes moyennes ont des difficultés pour boucler leur fin de mois mais se disent tout de même que parce qu'ils n'ont pas pu avoir de médecins généraliste parce que ils n'ont pas eu de médecin tout simplement parce qu'il y a pas de rendez-vous et bien ils prennent le risque d'aller voir un médecin dééréférencé qui effectivement leur donnera un rendez-vous dans les 48 heur mais je parle de risque parce que c'est leur pouvoir d'achat qui est entamé et quand ils répondent à ma question je leur dis pourquoi vous faites ça pourquoi vous allez perdre 50 € alors que vous pourriez effectivement les gagnés ailleurs ils me répondent c'est comme ça c'est comme ça c'est mon choix et je trouve que c'est quand même un un constat qu'il faut mettre en avant étant entendu par ailleurs que vous avez 1500 à 2000 médecins qui sont pour l'instant conventionnés qui sont sur le point d'appuyer sur le bouton et de dire on se déconventionne voilà la santé en France en 2023 c'est une partie de cette dé avec un risque de médecine à deux vitesses forcment avec un risque mais qui a donc démarré qui pour l'instant est un filme il faut là aussi garder un peu de distance mais en tout cas qui commence à à prendre de l'ampleur et puis vous racontez aussi ceux qui font tenir le système hein vous parlez notamment de cette infirmière libérale à Oudan à Poline qui travaille 7 jours sur 7 euh elle ne fait pas que les pansements les piqûes elle fait aussi les courses c'est c'est grâce à des gens comme ça que notre système de santé tient encore aujourd'hui en tout cas elle l'estime elle que elle est dans une sorte de mission elle le fait sans jamais tirer la couette à elle moi je l'ai rencontré par le plus grand des hasards elle avait pas levé la main pour dire j'ai envie qu'on parle de moi et ça c'est très important je pense en terme de représentation et et Apoline effectivement a travaillé 360 5 jours nonstop sans un samedi sans un dimanche où elle pouvait s'arrêter elle a trois enfants à la maison et donc sa vie est basée effectivement sur l'aide aux patients parfois elle peut passer 1 heure dans les maisons de personnes qui pour le reste du temps ne discutent avec personne elle ne fait pas toute la paperacee qui est nécessaire pour être remboursé mais elle dit voilà j'y vais j'avance ils ont besoin de moi et ce qu'elle dit aussi qui je pense est symptomatique de de l'état actuel malheureusement du système de santé même si certaines choses s'améliorent c'est qu'elle dit à ses patients si vraiment c'est grave et qu'il faut aller aux urgences mentez exagéré dites que vous avez vraiment très très mal parce que sinon vous ne serez pas pris en charge et donc se dessine une certaine France de la débrouillardise contrainte et et souvent malheureuse mais cette desbrouillardise là aussi elle raconte quelque chose de de la France plastique de 2023 je crois vous parlez aussi beaucoup des élus dans votre livre on va venir mais notamment sur cette question de la santé vous racontez l'histoire de ce maire qui pour décrocher un médecin fait appel à un détective privé racontez-nous des années des années de de bataille on est en Centre-Bretagne pour espérer avoir un un médecin de campagne et alors là c'est une vérité qui va parler à beaucoup d'élus mais ça ne marche pas et donc parce qu'il y a un détective dans le coin qui travaille pour en règle général résoudre plutôt des des histoires d'adultère ou alors des des des espionnages dans les petites entreprises et ben il appelle ce détective et il dit est-ce que vous pourriez nous trouver un médecin de campagne et c'est la suite qui est la plus intéressante c'est-à-dire que il y a ensuite une décision qui est prise en conseil municipal il y a une ligne budgétaire qui est voté par les élus de la République et donc 2000 € sont alloués à ce détective pour qu'il trouve un médecin de campagne et c'est la suite encore qui est la plus intéressante il trouve un médecin c'est un parfait et ce médecin de campagne va partir et c'est un autre qui va venir après mais il y a d'autres communes ensuite qui appelle ce détective et qui disent ah oui mais nous on a besoin aussi d'une infirmière et on a besoin d'un oftalmo et on a besoin d'un kiné et donc là encore d'une certaine manière une France de la débrouillardise qui travaille dans son coin avec des problèmes locaux des réponses locales et ça dit non pas un divorce avec les élites bien sûr mais mais ça raconte aussi quelque chose qui est un petit peu du du détachement d'une certaine façon cette France est aussi évidemment la France qui a des difficultés de pouvoir d'achat la France de la précarité notamment précarité énergétique notamment Zili qui habite à ames qui se prive de chauffage est-ce que ces derniers mois avec la guerre en Ukraine vous avez constaté encore une aggravation de cette précarité énergétique dans le pays alors elle s'est aggravé bien entendu cette cette précarité énergétique lors de l'hiver dernier tout le monde de la vie générale est d'accord pour dire que ça va probablement encore s'accentuer mais ce qui était intéressant avec ce cas qui là encore est symptomatique c'est que cette femme qui est donc donc une mère de famille qui se bat effectivement pour pour les fins de mois dès le 10 du mois cette femme sollicite des aides qu'elle n'obtient pas et ensuite tente par tous les moyens de trouver des des solutions courttermistes parce qu'elle a du mal à se projeter à horizon 2 3 4 5 ans et derrière cela il y a effectivement un décrochage qui se généralise parce que je suis allé voir ensuite le Secours Catholique de de meurthosel qui nous dit qu'eectivement il y a une accélération très importante de de ceux qui décrochent qui sont obligés de choisir on le sait entre le logement et la nourriture et donc et bien les associations disent on est en train de faire le travail de trait d'union que l'État a du mal à faire sur le terrain et ce qui est intéressant aussi parce qu'il y a beaucoup d'espoirs dans ce livre tout de même c'est que les associations ce qui se faisaient jamais avant en mort etmosel se sont toutes mises autour de la table pour dire comment on fait pour aider ceux qui n'y arrivent pas dans leur démarche mais comment on fait pour le faire ensemble donc il y a une structuration des associations qui se met en place localement c'est vrai en meuriselle c'est vrai ailleurs aussi et là aussi qui répond localement à des problèmes locaux oui vous fait bien de le dire parce que c'est aussi une France solidaire qu'on découvre dans ce livre mais ceux qui sont censés venir en aide aux plus pauvres les associations les assistante sociale elle-même se retrouve en difficulté cque et craque aussi et là peut-être je pense qu'un exemple alors qu'on parle de la bagnole en ce moment depuis depuis dimanche dernier moi j'aime la bagnole dit le président de la République c'est vrai que beaucoup lui répondront moi la bagnole j'en ai besoin je ne peux pas faire autrement et là aussi dans la France de 2023 me semble-t-il un élément très important c'est qu'aujourd'hui les bénévoles d'association par exemple famille rurale en nor dans des petites villes où ces bénévoles viennentaider ceux qui ne peuvent pas se déplacer parce qu'il y a pas de transport public parce que la voiture coûte trop cher et bien ces bénévoles font des déplacements notamment pour les personnes âgées pour aller voir par exemple des des médecins ou aller à l'hôpital et bien les bénévoles disent eux-même c'est plus possible il faut nous aider nous à mettre de l'essence dans la voiture pour continuer à aider donc quand on voit que le tissu associatif local et ce sont des associations qui ne font pas de bruit là encore quand ces associations disent on a vraiment besoin de l'aide de l'État pour continuer pour faire le boulot que l'État pourrait peut-être faire on voit qu'on est dans un cercle vicieux et que là aussi ça doit interroger bien sûr parce que c'est ça vous dites il y a ceux qui répondront au président de la République moi j'ai besoin de ma bagnole mais il y a aussi ceux qui disent ben moi j'aimerais bien me servir de ma bagnole sauf que je peux pas et vous parlez notamment de Nathalie adreux elle a une expression elle parle de confinement carburant confinement carburant alors là aussi rencontré par le les trésors si je puis dire de du du terrain je la rencontre par hasard est en train de discuter avec une de ses voisines et ce qu'elle dit là encore je pense raconte tristement quelque chose elle dit moi ma mère est malade dans le nord de la France c'est de 200 à 300 km pour aller la voir je n'ai pas pu depuis 3 mois parce que j'ai dû faire des choix et cette même personne nous dit il y aura pas de vacances sa copine à côté dit moi non plus il y a pas de vacances mes enfants non plus donc tout est effectivement compté et quand on en vient effectivement à compter ses déplacements qu'une colère s'installe qui est parfois nourrie parfois qui ne l'est pas là aussi effectivement je pense qu'il faut raconter ce quotidien là partir du terrain pour ensuite comprendre un petit peu mieux où nous-même on habite cé en tout cas l'idée de ce livre savoir où habitent les les les voisins les français pour ensuite réussir à se définir aussi et vous racontez aussi la galère dans les TER notamment vous prenez l'exemple d'Hakim qui à cause des retards des annulations de train doit dépenser des sommes en en nuit d'hôtel c'est aussi ça la galère des Français aujourd'hui et son quotidien à Hakim c'est d'avoir un sac de sport dans lequel et bien il y a toujours des affaires au cas où il ne rentre pas chez lui le soir il a 150 km à faire en train du nord de la France jusqu'à la banlieue parisienne et donc tous les matins depuis sa maison il part avec un sac de sport parce qu'il ne sait pas s'il pourra rentrer parce qu'il y a des trains qui sont annulés en pagaille et que c'est un réseau qui est malheureusement é véuste et qui manque d'investissement et où les les pannes sont fréquentes et donc là aussi ce quotidien là où on dit je continue j'avance mais tout ça est difficile évidemment il faut pouvoir le souligner et par ailleurs il y a auensite les mécanismes politiques locaux qui se mettent en place qui s'occupe de ce réseau on voit la bataille entre le Conseil régional et la SNCF c'est ensuite ce contexte-là journalistique que je que je donne à chaque fois dans les chapitres pour là aussi comprendre les mécanismes qui sont plus macroéconomiques mais on part du terrain pour ensuite comprendre quelles décisions sont prises est-ce qu'elles sont bonnes est-ce qu'elles ne sont pas bonnes c'est pas à moi d'en juger mais ensuite on essaie de comprendre un petit peu plus à chaque fois en partant de d'exemples précis et on a l'impression que malgré les difficultés il y a une forme de résignation euh vous parlez souvent des gens qui vous disent ben on a pas le choix elle est résignée cette France là alors moi c'est vrai que c'est quelque chose qui me marque aussi c'est que souvent c'est une colère qui est renfermé voir éteinte il y a pas tant de colère que ça chez tous ceux que j'ai pu rencontrer sur le terrain qui sont tous dans l'action he personne ne reste chez lui devant sa télé à dire c'est foutu on va tous crever et la France c'est terminée c'est pas du tout ça ils sont tous dans l'action dans plusieurs actions c'est ce que je disais tout à l'heure avec les multicasquettes mais leur colère est souvent éteinte j'entends pas parler de révolution j'entends pas parler de faut renverser la table j'entends parler de comment je fais demain et et là aussi ce champ de vision qui n'est peut-être pas toujours celui qu'on perçoit nous quand quand on évoque les choses autour de la table dans les plateaux télé je pense que c'est important aussi de de le mesurer parce que on n'est pas tant dans la colère que dans l'acceptation même si c'est très dur avec toujours quand même cette idée de se dire comment je vais trouver des solutions au niveau local et comment moi qui souffre j'essaie aussi par la débrouillardise bien souvent de de trouver des solutions vous nous racontez aussi les la transformation de nos ville et notamment de nos centre-ville alors il y a évidemment la question des petits commerces qui ferment et de cette désertification dans les centres-villees et puis il y a la question de la drogue du trafic de drogue qui s'installe maintenant dans de nombreuses villes de France est-ce que les Français que vous avez rencontré ils se sent en sécurité aujourd'hui alors sur les deux exemples que vous avez donné c'est très intéressant et je vous remercie parce que ça permet là encore de je pense évoquer une France qui évolue sur les petits commerces d'un mot on a des solutions vous avez des managers de ville aujourd'hui c'est-à-dire que vous avez des communes qui voient que les commerces ferment en pagaill saint-briux 20 % de commerce fermé voire parfois plus et et par exemple cette ville dit OK et ben on va on va embaucher chez des personnes dont le métier est justement d'essayer de rgénérer en quelque sorte la marque ville comme on pourrait le faire dans le marketing chez L'Oréal ou d'on et concernant le la drogue et bien là aussi le rapport est en train de s'inverser il y a de nouveaux concepts de nouveaux mots qui arrivent à Avignon qui est donc gangrené par le trafic de drogue avec des points deal où on peut jusqu'à 30000 € on peut gagner jusqu'à 30000 € quand on est dealer par jour sur ces boins de Deal et bien en face vous avez la police qui dit on va faire du harcèlement moi dans mon inconscient à moi je pensais que harcèlement c'était du côté des dealers et bien les policiers vous disent non on on a du mal à à démanteler ces trafics qui sont très modulables et donc ce qu'on fait c'est que tous les soirs et il faut raconter ce quotidien vous avez des policiers qui font des patrouilles qui bien souvent n'arrivent pas à intercepter les dealers mais qui en faisant ses patrouilles c'est ce que eux disent je les cite et bien ça leur permet de ne pas perdre de mètres carrés de territoire et donc ils disent notre stratégie c'est le harcèlement donc on voit également des mots surgir comme ça des actions qui là encore raconte un petit peu la France de 2023 sur le plan insécuritaire notamment c'est assez étonnant est-ce que vous avez constaté un sentiment d'inquiétude chez les Français et tout à l'heure vous nous disiez les Français ils voient pas forcément ce qui se passe chez le voisin ils en tiennent pas forcément compte est-ce que de ce sentiment d'inquiétude peut nître la tentation du repli sur soi alors c'est là encore une très bonne question souvent je précise je je je considère et je m'inclus dedans que comme cette France est effectivement éclatée et politiquement et socialement et économiquement on a de plus en plus de mal peut-être pas à s'intéresser mais à comprendre ce qui se passe parfois juste à côté de chez nous et c'est la raison de ce livre mais euh ce qui est vrai aussi c'est que il y a surtout de l'incompréhension et et je compare ça effectivement à à un tableau d'art moderne on pourrait dire un tableau de Nicolas de Stal où on voit tous une perception différente selon l'endroit où on est à 1 m à 10 m à gauche à droite et et et je pense que puisqu'on parle de narration puisqu'on parle de du grand récit de la France euh aujourd'hui ce qui est certain c'est qu'on ne voit pas le même tableau et et c'est pour ça je justement que je le fais expliquer à beaucoup de Français parce que c'est ce qu'il me disent c'est ce qu'il me disent vous parlez aussi du rôle des élus hein c'est vrai que c'est un peu une AE aux élus quand même votre livrein qui aide évidemment ces Français qui sont un peu le le pilier de la France un élu c'est quelqu'un qui se bat au quotidien est-ce que c'est pas un peu dommageable aujourd'hui qu'un élu doiv se battre mais c'est dommageable pour eux parce que dans le morbillan qui est pas le département le plus en crise de France vous avez l'association des mes de France départementale donc qui a décidé il y a peu de temps de calculer le taux de démission des élus depuis les dernières élections municipales et ce taux de démission moi c'est probablement peut-être un des chiffres qui m'a le plus marqué ce taux de démission il est de 15 % ça veut donc dire aujourd'hui que dans un département j'insiste qui est pas celui qui est le plus en crise et bien les élus démissionnent cinq fois plus que dans le secteur privé alors qu'on parle de la grande démission et que pour plein de raisons différentes que j'explique dans le livre ces élus n'y arrive plus et disent je lâche bien là aussi il faut essayer de comprendre ce ce contexte là mais est-ce que si ces élus finissent par lâcher il commence à le faire vous l'avez très bien dit et vous le racontez la France va craquer encore plus alors je suis pas astrologue je n'en suis pas sûr parce que une fois de plus l'un des piliers c'est quand même aussi la débrouillardise à tous les étages et je prends soin de préciser que ça doit pas être simple d'être homme ou femme politique peu importe l'étage aujourd'hui en France mais mais mais ce qui est certain c'est que en tout cas ça interroge un modèle ça va très vite notre pays il a avance beaucoup plus vite qu'on le comprend tous je pense c'est difficile de saisir ce qui se passe et cette accélération comme un TGV qu'on a du mal à on narrive pas à compter les les wagons ben je pense que c'est un petit peu la même chose et donc ben ce qui se passera après j'en sais rien du tout mais en tout cas je suis sûr qu'il ne se passe jamais ce qu'on croit ce qui va se passer vous vous vous avez couvert de nombreux conflits hein évidemment est-ce que vous terminez ce livre en parlant de la question des émeutes notamment de de ce qui s'est passé à à greini enfin vous parlez de greini et du coup ça nous renvoie évidemment à la question des émeutes vous parlez de ce volcan et vous nous l'avez dit le mot qui qui qui revient en tout cas qu'on retient dans ce livre c'est la question de débrouillardise est-ce que cette France justement elle tient grâce à la débrouillardise et est-ce que cette débrouillardise elle va empêcher ce volcan dont vous parlez d'exploser à grininy c'est ce qui s'est passé soyons très concrets Grini est à une vingtaine de kilomètres de Paris Grini ville tristement la plus pauvre de France 30000 habitants greini n'a pas de supermarché parce qu'autour vous avez d'autres supermarché dans les villes alentour qui disent non on veut pas que celui-ci s'installe sinon ça va faire baisser notre notre chiffre d'affaires et donc il y a une bataille judiciaire qui dure depuis des années et des années et bien la débrouillardise consiste effectivement d'abord pour les habitants à faire parfois des kilomètres pour aller trouver des produits pas chers dans les rayons des super marché à côté et il a des brouillardis aussi ce sont pour les élus locaux ce sont pour les parents d'élèves aussi notamment de faire un travail quand il y a les émeut qui consiste à dire attention attention attention si on casse l'école là on va tous être dans la merde pardonnez-moi l'expression c'est ce que j'ai j'ai beaucoup entendu et donc vous avez des parents qui ont campé pendant des nuits dans les écoles rejoints par les élus locaux et effectivement greini n'a pas basculé alors que lors des précédentes émeutes ça avait été un des centres névralgiques de de la crise des banlieux et donc on le voit il y a au niveau local mais partout d'ailleurs il y a des choses qui se mettent en place maintenant quelle réponse de l'État comment coordonner tout ça comment mieux comprendre aussi ce qui se passe autour de nous bon on termine par une autre d'espoir quand même François Dav ménage ça craque mais ça tient ça tient ça tient ça tient et et il y a vraiment il y a des des des dizaines et des dizaines de héros dans ce livre dont on peut saluer le boulot parce que ils avancent ils avancent et ils font tenir la France et effectivement vous êtes allé à la rencontre sans populisme j'insiste que c'est vraiment pas le principe c'est du terrain c'est le terrain qui décide et vous êtes allé à la rencontre de cette France silencieuse dont on a envie d'entendre parler votre livre est passionnant et riche en en témoignage et très humain merci beaucoup merci François Xavier ménage d'avoir été votre invité on le revoit votre livre he ça craque un reporter de guerre dans une France explosive c'est aux éditions Robert Lafond merci d'avoir été notre invité on passe au club de territo
Thomas Ménagé