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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 12 janvier 2026 26 min

Christian Cambon : « L’Europe n’a pas les moyens d’empêcher l’annexion du Groenland »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour, vous êtes sénateur à l'herbe du Val-de-Marne, envoyé spécial du président du Sénat pour les relations internationales. On va revenir sur l'Iran, mais également sur les velléités de Donald Trump sur le Groenland. Mais d'abord, on commence par les unes de la presse régionale. On a sélectionné trois titres. D'abord, la une du Télégramme. La Bretagne peut-elle profiter du Mercosur ? Produits laitiers, machinisme agricole, l'accès à un marché de plus de 700 millions de consommateurs sud-américains ouvre des opportunités aux entreprises bretonnes. Deuxième une, celle de l'Est républicain.

Ce que la chute des naissances va changer. L'INSEE qui publie demain son bilan démographique qui confirmera un niveau de naissance en France au plus bas historique. Les conséquences économiques et sociales de cette dénatalité se font déjà sentir. Et puis, Lyon républicaine qui fait sa une sur les tarifs des médecins. Le grand malaise, les dépassements d'honoraires ont explosé. Les médecins qui réclament leur maintien quand les patients peinent à suivre financièrement « Est-ce la fin d'un système ? » demande le journal. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:09
Invité

Un des trois sujets sont évidemment importants. Je pense que celui qui est peut-être le plus grave, c'est celui de l'Est républicain. La chute des naissances qui va changer beaucoup, bien évidemment, et qui est effectivement déjà ressentie. car une nation qui enregistre plus de décès que de naissances est une nation qui va perdre sur tous les plans. Sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan international. Et je crois que là, il y a certainement la conséquence d'une politique familiale qui est quand même très négative depuis des années.

1:46
Présentateur

Emmanuel Macron qui tente de prendre des mesures pour réamorcer ce qu'il appelle un réarmement démographique. Pas suffisant, pas les bonnes ?

1:55
Invité

Pour l'instant, on ne voit pas grand-chose. On voit beaucoup d'actions de la part des collectivités locales qui essayent effectivement d'offrir aux parents, aux futurs parents, des moyens d'accueillir des enfants. Mais je pense qu'économiquement, socialement et politiquement, c'est quand même un phénomène très important et assez grave.

2:13
Présentateur

On va parler de la mobilisation des agriculteurs qui se poursuit, on l'a vu dans le journal, notamment les agriculteurs qui s'opposent au Mercosur, qui a donc été adopté malgré l'opposition de la France, qui a échoué donc à réunir une minorité de blocage. Que pouvait faire de plus Emmanuel Macron ?

2:32
Invité

Je pense qu'il y a eu pendant longtemps un double langage, car la complexité du Mercosur, c'est le fait qu'un certain nombre de secteurs économiques profitent et vont profiter de la mise en œuvre de ce traité. Et une autre partie, beaucoup plus sensible et qui se fait fortement entendre, à juste titre, va souffrir. Parmi les secteurs qui vont gagner, on pense aux services, on pense à l'industrie, on pense au secteur vini-viticole, des filières comme le lait, etc., profitent déjà. Et ces gens-là ne parlent pas et ne disent rien, bien évidemment. Et d'un autre côté, il y a des secteurs, notamment, on a parlé du miel, mais je pense que le plus grave, c'est le secteur de l'élevage.

Et là, si vous voulez, le retentissement de cet affaire est très important parce que c'est la qualité de nos assiettes, de ce que nous mangeons. Et ce qui ne colle pas dans cette histoire, c'est qu'on n'impose pas aux exportateurs sud-américains les conditions sanitaires de production que l'on impose à nos propres agriculteurs. Et donc, nous sommes tous pour le développement du commerce international, mais à conditions égales. Il n'y a aucune raison d'accueillir, en quantité importante, des tonnages de viande qui, par exemple, auront supporté des traitements aux hormones, aux antibiotiques, etc. Toutes choses qui sont interdites ou fortement réglementées.

4:07
Présentateur

Mais la France n'a pas réussi à s'entendre, n'a pas réussi à bloquer cet accord. Est-ce que c'est le symbole, le signe de son affaiblissement au sein de l'Union européenne ?

4:14
Invité

Je pense que c'est un signe indiscutable d'affaiblissement. Nous n'avons pas réussi à obtenir de la part de pays qui sont aussi concernés, je pense à l'Irlande et à un certain nombre de pays. L'Italie avait une position un petit peu proche de celle de la France et puis a retourné son point de vue. Cela montre que, mais nous en étions convaincus depuis un certain temps, la position de la France à Bruxelles est en mauvaise posture. Et je crois que Mme van der Leyen devra quand même répondre de la manière dont elle conduit les choses, au profit évidemment d'intérêts d'autres pays, ce qui pose quand même des difficultés.

4:54
Présentateur

C'est-à-dire qu'elle défend trop l'Allemagne ?

4:56
Invité

Je pense qu'elle défend trop l'Allemagne, parce qu'on sait par exemple qu'un des grands succès du Mercosur s'il est mis en route, c'est le développement des exportations de l'industrie automobile. On sait combien l'Allemagne est sensible à ce secteur. Et je crois que là, son rôle, alors que démocratiquement, elle n'est pas la mieux placée pour parler, son rôle eut été justement d'obtenir, notamment sur l'élevage, des conditions équivalentes ou proches en tous les cas de ce que l'agriculture européenne doit produire. Parce qu'encore une fois, c'est notre santé et c'est la qualité de ce que nous mangeons.

5:31
Présentateur

Est-ce que pour vous, ça vaut censure ? Est-ce que vous souhaitez que les députés LR votent l'émotion de censure du RN et de la France insoumise ?

5:37
Invité

Non, je ne pense pas. Je crois, vous savez, moi je reviens d'un week-end de vœux dans tout le département et tout ce que l'on entend, c'est écoutez, trouver un moyen de vous entendre sur ce budget et une motion de censure qui risquerait d'entraîner d'autres effets constitutionnels puisque le Premier ministre a menacé d'une dissolution. Alors là, je crois qu'on serait au sommet de l'affaiblissement de notre pays.

6:05
Présentateur

Donc il ne faut pas de censure. – Mais la question du budget, elle dépend aussi beaucoup du Sénat puisque c'est le texte du Sénat qui va être à nouveau examiné à l'Assemblée. Est-ce que vous êtes prêt à revenir sur ce que vous avez voté, vous majorité sénatoriale ?

6:15
Invité

– Pour l'instant, c'est le texte du Sénat qui sert de base puisque le Sénat, lui, a exercé ses responsabilités et a voté un budget, ce que n'a pas encore fait l'Assemblée nationale. – Comme tout le monde le sait, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot. Donc il faut voir à travers les premières consultations qui vont avoir lieu dès aujourd'hui si des voies de passage sont possibles. Nous nous restons, enfin la majorité sénatoriale reste sur ces grands principes, à savoir qu'il faut arrêter de dépenser l'argent que nous n'avons plus. On a vu cette affaire au niveau des retraites, on s'est exprimé très clairement sur ça.

J'ose espérer que la bonne volonté des uns et des autres se manifestera et que le gouvernement n'entendra pas qu'une seule voix, à savoir le groupe socialiste, pour essayer de trouver un compromis car qui dit compromis dit que chacun fasse un effort, chacun doit faire un effort.

7:07
Présentateur

– Donc y compris vous, vous êtes prêt à revenir sur ce que vous avez voté ?

7:10
Invité

– Je laisse mes collègues qui suivent ces problèmes avec beaucoup plus d'acuité que moi mais je pense effectivement qu'il faudra trouver une voie de passage car la France a absolument besoin d'un budget. Vous vous rendez compte que nous sommes le 12 janvier, c'est risible sur le plan international.

7:26
Présentateur

– Et notamment pour nos armées, on va en parler tout de suite, incertitudes budgétaires sur le plan national, tensions géopolitiques mondiales, quelles conséquences pour notre défense et nos armées ? Emmanuel Macron sera jeudi à Istres pour présenter ses voeux aux armées et on va justement aller à Istres. Bonjour François Bernardini, vous êtes le maire d'Hivergauche d'Istres, vice-président de la métropole ex-Marseille-Provence. D'abord, est-ce que vous savez pourquoi Emmanuel Macron a choisi de présenter ses voeux chez vous sur la base militaire d'Istres ?

7:52
Invité

– Pas particulièrement, mais je me doute quand même que dans le contexte international et compte tenu de l'effort de la France sur son budget vers l'armée, il avait besoin d'avoir une audition la plus large possible dans le lieu symbolique de la défense nationale et la ville d'Istres, avec sa base militaire, présente bien sûr tous les symptômes pour justifier cette présence.

8:19
Présentateur

– Qu'est-ce que ça représente juste, monsieur le maire, le poids de l'armée dans votre ville ?

8:24
Invité

– C'est considérable. D'abord, au niveau identitaire, il y a une communauté de vie, d'union entre l'armée et la population civile, il y a une identité tout à fait commune, partagée, et à travers l'histoire de nos générations passées, on a pu effectivement voir cet enchevêtrement très positif. Et puis, statistiquement, la base représente 5 000 âmes qui travaillent sur son site, 3 500 militaires, 1 500 civils, c'est un aspect fondamental pour l'aspect identitaire de notre commune.

9:09
Présentateur

– Qu'est-ce que vous attendez, jeudi, du chef de l'État, des propos d'Emmanuel Macron ?

9:16
Invité

– Écoutez, j'attends une chose qui soit véritablement liée à son déplacement, et une autre qui soit liée aux responsabilités de l'exorçon, et qui sont quelquefois très difficiles.

Sur l'aspect militaire, je suis heureux de voir qu'après le Premier ministre, qui était mis des armées à l'époque, les moyens qui ont été donnés à la base aérienne, qui sont considérables, puisqu'il y a eu la création d'un aéroport militaire, puisqu'il y a eu l'arrivée des MRTT, en fait, il y a effectivement une confirmation du degré d'importance de la base, et je souhaite que cela soit confirmé, à travers, bien sûr, également, l'élément majeur d'assistance que nous représentons, nous, la ville, qui est le pôle Jean-Saraï, que nous avons mis à disposition des armées, pour effectivement être le théâtre d'accueil des structures industrielles qui peuvent les servir, notamment l'entreprise Abena, notamment l'entreprise Thalès, et bientôt l'entreprise Aeron pour la sécurité civile.

Donc tout ça est fondamental pour la ville, en création d'emplois, en énergie, en animation, et c'est pour ça que je suis très heureux que cette forme de constatation, de confirmation, puisse se faire aujourd'hui. Et le deuxième aspect, qui m'intéresse plus particulièrement aussi, en tant que vice-président de la métropole chargée des problèmes industriels dans ce territoire, c'est d'avoir enfin un message clair de simplification sur toutes les procédures administratives qui nous sont demandées pour l'éclosion de nos projets, des projets qui sont fondamentaux pour la sécurité nationale et des projets qui sont fondamentaux aussi pour nous sur l'aspect de notre développement propre.

Et j'aimerais, on dit souvent ici, qu'on est dans un territoire d'exception, car effectivement avec la zone électricielle au portuaire de Foss, avec la branche aéronautique sur Istres qui se développe considérablement, on a besoin de facilité, on a besoin d'énergie, on a besoin de rapidité, et c'est pour ça que j'aimerais que le président puisse donner des directives pour qu'effectivement, à la fois au niveau de l'Assemblée, on ait des textes plus simplificateurs, et au niveau des procédures préfectorales, des aménagements.

11:54
Présentateur

– Christian Combon, pardon monsieur le maire, je vais laisser répondre. Christian Combon, vous entendez ce que dit le maire d'Istres, qu'est-ce que vous vous attendez du chef de l'État ?

12:04
Invité

– D'abord, je crois qu'effectivement, comme le maire d'Istres, que je salue, vient de le dire, le choix d'Istres est un très bon choix, moi j'ai eu l'occasion d'aller à plusieurs reprises sur le site d'Istres, c'est effectivement l'aéroport militaire de nos forces, c'est de là que partent les OPEX, les fameuses opérations extérieures, dans un effort de confort, d'accueil et d'efficacité, qui effectivement est tout à fait remarquable, et donc Istres devient un des endroits les plus importants, notamment pour l'armée d'air, mais bien au-delà, puisqu'encore une fois, c'est une plateforme.

Les soucis, alors moi ce que j'attends du discours du président de la République, c'est qu'effectivement, il fixe le cap, alors c'est évidemment compliqué pour lui, puisque malheureusement, pour lui, son mandat va bientôt arriver à terme, et que, vous savez, la défense d'une manière générale est une activité de long terme, et singulièrement son industrie, et donc il faut que les choix qui soient posés puissent être mis en œuvre pendant plusieurs années.

Mais je pense que, moi je serai du reste présent à Istres pour écouter avec attention ce discours, et puis aussi par égard pour nos forces armées, qui seront présentes et qui seront toutes représentées, l'important c'est de savoir où l'on va, alors même que le monde est dans une phase de déstabilisation et de crise qui est quand même très inquiétante, toutes les voies importantes, et je dirais qu'il y a un très grand consensus là-dessus, demande un renforcement de nos moyens.

Moi j'ai eu l'honneur de porter deux lois de programmation militaire en tant que rapporteur, nous avons déjà franchi une étape, et je rends au moins ce point au Président de la République, ces lois de programmation ont été exécutées, mais je pense qu'il faut aller au-delà, il n'y a pas de comparaison avec les États-Unis, mais vous avez vu le chiffre que le Président Trump a lancé pour les États-Unis, c'est 1 500 milliards, passer de 1 000 à 1 500 milliards. Bon évidemment la France est très très très loin de tout ça, mais les efforts doivent être absolument multipliés, parce que c'est notre indépendance, c'est notre souveraineté qui est en jeu.

14:05
Présentateur

– Et il y a l'argent, il y a aussi les hommes, hier Catherine Vautrin disait objectif 275 000 soldats à l'horizon 2030, aujourd'hui est lancée la campagne de recrutement pour le service national volontaire, est-ce que c'est une bonne idée, ça va marcher, est-ce que ça va vraiment aider nos armées ?

14:18
Invité

– Alors comme toujours les idées sont bonnes, on avait eu la même chose au niveau du service national universel, puis finalement cette opération a capoté, parce qu'elle n'a peut-être pas été suffisamment préparée, j'observe du reste qu'une fois de plus le Parlement est absent de ce sujet, puisqu'on n'a pas eu l'occasion d'avoir de véritables débats.

14:40
Présentateur

– Vous en demandez un ?

14:41
Invité

– Je pense que la moindre des choses serait d'avoir un débat, parce que c'est une mesure quand même très importante, même si c'est un service volontaire, c'est de l'argent public, et moi ma crainte c'est qu'on se tourne une nouvelle fois vers les collectivités territoriales pour assurer la logistique, car où va-t-on loger ? Pour l'instant 3 000 c'est facile à faire, quand on sera 30 000 ou 50 000, je rappelle qu'on a vendu quand même 47 casernements, il y a de ça un certain nombre d'années, et où va-t-on les loger ? C'est une des questions parmi lesquelles nous devons bien évidemment intervenir au titre du Parlement.

15:13
Présentateur

– Merci François Bernardini d'avoir été avec nous, maire d'Istre, vice-président de la métropole ex-Marseille-Provence, on suivra bien sûr les voeux d'Emmanuel Macron jeudi sur la base militaire d'Istre. Merci beaucoup, et dans ce contexte international compliqué, on va parler du Groenland, puisque Alexandre, Donald Trump semble déterminé à prendre le contrôle du Groenland, même si c'est un territoire européen.

15:34
Christian Cambon

– Oui, le président américain veut annexer le Groenland par tous les moyens, on l'écoute.

15:39
Invité

– J'aimerais conclure un accord par la manière douce, mais si nous n'y arrivons pas, nous utiliserons la manière forte.

15:47
Christian Cambon

– Réponse des Européens dans une déclaration conjointe signée la semaine dernière à l'Elysée par la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Pologne et le Danemark, je la cite, le Groenland appartient à son peuple, il appartient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland.

16:07
Présentateur

– Et pour bien comprendre, par exemple, quel est le statut du Groenland ?

16:10
Christian Cambon

– Alors cette immense île dans l'océan Arctique n'est peuplée, on le rappelle, que de 57 000 habitants, et c'est une ancienne colonie danoise qui a depuis 1979 le statut de collectivité autonome constitutive du royaume du Danemark. Ça veut dire que l'île est dirigée par un gouvernement autonome local, avec beaucoup de compétences, par exemple l'éducation, la santé, la politique sociale et le contrôle de ses ressources naturelles. Le Groenland reste néanmoins soumis à la constitution du royaume du Danemark, et l'État danois conserve des prérogatives sur ce territoire, notamment en termes de défense, de sécurité et de relations internationales.

En revanche, contrairement au Danemark, le Groenland ne fait plus partie de l'Union Européenne. Depuis 1985, il fait partie des 13 pays et territoires d'outre-mer de l'Union Européenne. Cela veut dire que les Groenlandais disposent de la citoyenneté européenne et d'un passeport de l'UE.

17:05
Présentateur

Et pour quelles raisons Donald Trump convoite le Groenland ?

17:07
Christian Cambon

Alors première raison officielle invoquée par Donald Trump, la sécurité nationale des États-Unis. Le président américain assure que s'il ne fait rien dans le futur, la Chine et la Russie vont occuper le Groenland, et ce serait alors problématique pour les États-Unis. En effet, on le regarde sur cette carte, les États-Unis, dans l'océan Arctique, sont à portée de missiles de la Russie. La Russie qui a de nombreuses bases militaires au nord de son territoire, et donc le Groenland est un territoire stratégique. D'ailleurs, les États-Unis ont déjà une base militaire au nord-ouest de cette île, à Pitufik, une base essentielle dans le système de défense antimissile américain.

Et puis, le réchauffement climatique va ouvrir dans l'Arctique de nouvelles voies navigables, et notamment pour les navires chinois. Mais la seconde raison de l'intérêt américain pour le Groenland, ce sont ses ressources minières immenses, mais peu exploitées. Le Groenland dispose d'hydrocarbures, de nombreux métaux, comme le fer, le plomb, le zinc, le nickel, l'or et le platine. Et puis, le Groenland dispose de métaux rares, les fameuses terres rares, essentielles dans le secteur de l'armement et dans la fabrication des batteries de voitures électriques. Le Groenland abrite entre 12 et 25 % des ressources mondiales de terres rares, et cela intéresse beaucoup Donald Trump.

Christian Cambon, est-ce que l'Union européenne a concrètement les moyens d'empêcher une annexion américaine du Groenland ?

18:30
Invité

C'est assez triste ce que je vais dire, mais je ne crois pas. Je ne crois pas. Je crois que, malheureusement, si Donald Trump va au bout de son projet de manière offensive, et je reviendrai peut-être sur ce point parce que je crois qu'il y avait d'autres solutions, je pense que l'Europe ne peut pas faire grand-chose. Concrètement, il faut dire la vérité. Est-ce que le Danemark va partir en guerre contre les États-Unis ? Ce n'est pas possible. Est-ce que l'Europe tout entière va partir en guerre contre les États-Unis ? Alors qu'une partie importante des pays de l'Europe compte sur les Américains eux-mêmes pour leur propre défense ?

Prenez un pays comme la Pologne, qui attend du reste la livraison de ces systèmes de défense antiaérien qui doivent être livrés par les États-Unis. Est-ce que vous pensez sincèrement que la Pologne va partir en guerre et en hostilité ? Je crois qu'il va y avoir des communiqués où l'Europe va montrer combien elle souffre de cette politique d'intimidation du président américain. Mais concrètement, je ne vois pas très bien comment les choses peuvent se passer. Alors quelle pourrait être la solution pour régler ce problème du gouvernement avec les États-Unis ?

C'est là où l'affaire est étrange parce qu'on me rend les accords de 1951 qui étaient intervenus au lendemain de la guerre donnaient aux États-Unis et donnent toujours aux États-Unis toute liberté, non seulement en termes de défense, mais aussi en termes d'implantation et de développement de l'économie. Les textes sont absolument clairs.

Et je pense qu'il pourrait y avoir tout à fait une négociation car la dimension géostratégique du Groenland existe et votre carte est tout à fait significative car de l'autre côté du Groenland, si j'ose dire, on est effectivement en face de la Russie est de base très importante puisque depuis Arkhangelsk jusqu'à Mourmansk, il y a tout un chapelet de base où sont notamment stationnées une partie des forces sous-marines nucléaires de la Russie. Donc ça, ça me semble tout à fait important et on sait que s'il devait y avoir, Dieu fasse que ça n'existe pas, une attaque de la Russie contre les États-Unis, les missiles passeraient par le pôle et non pas au-dessus de chez nous. Bien.

Donc ça, cette affaire, et je comprends, on peut tout à fait comprendre que la situation du Groenland nécessite sans doute un renforcement des forces. Mais je ne crois pas personnellement que l'utilisation de la force par les États-Unis puisse être mise en œuvre et je crois que là, l'Europe peut effectivement se faire entendre pour appeler à la négociation. Mais il faut de toute façon arriver à ce terme pour éviter une confrontation qui n'aurait pas de sens parce que ça aurait de telles conséquences. Je rappelle tout de même que le Danemark fait partie de l'OTAN. Donc, si ce sont deux pays au sein de l'OTAN qui commencent à s'attaquer.

Par ailleurs, le Danemark, je le dis quand même au passage, plutôt que d'acheter des armes françaises, je pense notamment à Norafal, a préféré confirmer sa commande de F-35. Alors, vous voyez, ils attendent des fournitures américaines en matière de défense. Ils ne vont pas les utiliser contre les Américains. Enfin, vous voyez, il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette histoire.

21:30
Présentateur

Un mot sur ce qui se passe en Iran où les manifestations contre le régime prennent de plus en plus d'ampleur. Donald Trump qui n'exclut pas une intervention militaire. Est-ce qu'il a raison ?

21:42
Invité

D'abord, ce qu'il faut dire, c'est que c'est absolument effroyable et qu'à l'heure où nous parlons, le drame, l'épousante continue puisque maintenant, ce sont par centaines et peut-être par milliers, car nous ne connaissons pas la vérité, de victimes de la répression féroce de ces molles-là qui ont perdu toute notion d'humanité. Je rappelle que c'est le pays qui a pendu plus de mille de ses citoyens au cours de l'année dernière. Donc, on voit à qui on a affaire. Alors, une intervention, bien évidemment, le premier réflexe que l'on a quand on voit ça, c'est de dire qu'on leur tape dessus et qu'ils s'en aillent. Ceci posé, l'expérience récente de l'histoire doit nous faire réfléchir.

On a vu ce qui s'est passé en Irak, on a vu ce qui s'est passé en Libye, on a vu ce qui s'est passé en Afghanistan. À chaque fois, c'est assez facile de faire disparaître les leaders, surtout lorsque ce sont des bourreaux. Le problème, c'est le lendemain, c'est-à-dire comment les choses s'organisent le lendemain. Et là, si vous voulez, il me semble que s'il y a quelque chose à faire, c'est aider l'opposition à se structurer, car c'est une des difficultés de l'opposition iranienne, c'est qu'il y a plusieurs clans, plusieurs sensibilités, plusieurs directions.

Je pense qu'il faut plutôt aider l'opposition et que cette solution doit intervenir par les Iraniens eux-mêmes, qui du reste, je crois, cette fois-ci, se soulèvent en masse, puisque ce n'est pas simplement à Téhéran, mais sur l'ensemble du territoire.

23:08
Présentateur

Est-ce qu'elle ira jusqu'au bout, cette révolution ?

23:11
Invité

Je pense que cette fois-ci, il y a des chances que ça aille jusqu'au bout. D'abord parce que la crise économique a atteint des niveaux absolument effroyables, la répression a atteint des niveaux absolument effroyables. mais je pense que le fait de tirer sur des casernes, des choses comme ça, ça ne règle pas le sujet, parce que, encore une fois, le régime oppressif peut demeurer. Et le fait de, on le voit au Venezuela, le fait d'avoir enlevé le chef de l'État ne veut pas dire que le régime s'est écoulé. Enfin, tous les cas, pas au jour d'aujourd'hui.

23:45
Présentateur

On va revenir à l'actualité dans votre département. Pour terminer, on va nos jours sur Marne. Bonjour Cécile Dubois. Merci beaucoup d'être avec nous, Cécile, rédactrice en chef du Quotidien en ligne 94 Citoyens. Cécile, on va parler avec vous des municipales et des enjeux dans le Val-de-Marne.

24:01
Invité

Oui, bonjour. Oui, les municipales de 2020 vous ont permis, Républicains, de remporter d'emblématiques bastions communistes comme Champigny, Villeneuve-Saint-Georges, Valanton, etc. et d'enclencher une dynamique qui vous a fait ensuite gagner le département l'année suivante. Je voulais savoir pour 2026, quelle ville vous semble encore prenable ? Quelle ville craignez-vous éventuellement de perdre ? Et avec quelle partie vous semble-t-il opportun de faire alliance ? Et surtout, quelle est aussi votre stratégie par rapport au sénatorial qui, comme chacun le sait, se prépare aux municipales ? Je suis heureux de saluer d'abord Mme Dubois, que je connais bien.

Alors, tout d'abord, je voudrais dire que nous avons l'intention de conserver tous les acquis qu'en deux élections municipales passées, nous avons enregistré. La dernière fois, nous avons conquis des villes phares. Je pense à Champigny, je pense à Choisy-le-Roi, je pense à Valanton, qui était communiste comme Champigny depuis près de 100 ans. Et je crois que l'action de ces maires, je pense à Laurent Jeanne, je pense à Métigny, à vous, je pense à tous ces garçons, toutes ces équipes municipales qui ont fait un travail extraordinaire, je pense que nous allons confirmer nos succès.

Et puis, bien évidemment, nous ne partons pas uniquement pour conserver la situation, mais nous souhaitons pouvoir conquérir d'autres villes. Moi, je regarde de près ce qui se passe au Crème-Limbicêtre, qui est peut-être tout à fait gagnable. Il y a d'autres villes, je pense à Fresnes, où il y a beaucoup de tensions au sein de la gauche. Il y a comme ça. Et puis, bien sûr, villes juives, que nous avons perdues la dernière fois et que nous pouvons tout à fait récupérer. Vous voyez, nous avons des équipes qui sont très fortes, très mobilisées. Et puis, bien évidemment, pour arriver à ce résultat, c'est dans l'union que nous y parviendrons.

Il faut qu'avec nos collègues centristes et toutes les forces qui ne veulent pas revivre les 45 ans de domination communiste que nous avons vécu dans ce département, il faut s'unir. Et nous avons une chance cette année, c'est que l'LFI et la gauche traditionnelle ne jouent pas exactement la même partition. Donc, il faut se servir de ces divisions et montrer que nous, avec Olivier Capitanio, le président de notre département, nous avons une vraie stratégie pour faire en sorte que le Val-de-Marne redevienne un de ces départements majeurs de l'Île-de-France. Et j'y travaillerai de toutes mes forces.

26:19
Présentateur

Merci, Cécile Dubois. Merci d'avoir été avec nous. Et merci, Christian Cambon, d'avoir été notre invité ce matin pendant cette première demi-heure. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

26:38
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Christian Cambon : « L’Europe n’a pas les moyens d’empêcher l’annexion du Groenland » — Christian Cambon · Pourquijevote