Une humanité en train de s'effondrer - Catherine Conconne
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Entre 2500 et 4000 âmes manquent à l'appel chaque année en Guadeloupe et en Martinique. Sol démographique déjà négatif, vieillissement massif. Voici la triste réalité que vivent ces deux pays depuis plus d'une décennie.
À très court terme, c'est une épopée humaine qui sera définitivement rayée de la carte du monde, des siècles d'histoire, de résistance, de lutte contre tout, y compris l'ignoble réduite à néant. Dans les années 60 et pour faire terre la rébellion contre misère et sous-développement, le pouvoir d'État n'avait rien trouvé d'autre à proposer que l'expédition massive de nos jeunes compatriotes en France. Il fallait dégonfler au plus vite la légitime et vive contestation réprimée dans le sang. 45000 des nôtres sont ainsi partis.
Adieu foulard, adieu Madras. Nous refusons la réalité. Nous refusons cette fatalité car cette flamboyante humanité ne doit pas être inexodablement vouée à l'extinction.
Il y a 3 ans, le passeport retour a été voté. C'était un tout petit début d'inversion au passeport le plus souvent aller sans retour du bumidom, des enfants de la Creuse et autres célératesses. Qu'en est-il aujourd'hui, 3 ans après, où en sont les arrêtés d'exécution tant attendu ?
Parmi les dispositifs pour encourager les jeunes à se réinstaller dans leur territoire, vous l'avez évoqué, c'est l'aide au retour. Ce dispositif, il a été adopté à l'Assemblée nationale. Je veux dire que il n'y a pas une mais plusieurs aides ciblées et calibrées en direction de public différent.
Il y a les actifs qui ont des projets d'installation professionnelle, il y a les salariés, il y a les porteurs d'entreprises innovantes, les stagiaires aussi, les alternants. Mais vous avez raison madame la sénatrice, tout ça prend beaucoup trop de temps. Ça ne va pas assez vite.
Ce n'est pas normal d'autant qu'on sait l'attente l'attente sur le terrain effectivement pour ceux qui vivent ces réalités. Les choses ont néanmoins avancé, je veux le dire, ces dernières semaines puisque les dispositifs d'ador retour ont été précisés dans un décret qui date du 6 septembre dernier. Les choses sont ce qu'elles sont.
Il faut un arrêté. Effectivement, vous l'avez évoqué. Il faut un arrêter pour fixer le montant des aides.
Je peux vous indiquer que mes services en lien avec la ministre des comptes publics, Améline Monchalin sont en train de le finaliser. Tout ça va aller très très vite. C'est une question de semaine en tout état de cause madame la sénatrice avant la fin de l'année.
Et donc nous disons bien la même chose. Nous voulons avancer ensemble pour concrétiser nos engagements vis-à-vis des jeunes ultramarins.
Catherine Conconne