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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 5 novembre 2025 6 minAutoproduit

Prime de Noël : le gouvernement Lecornu s'attaque aux plus pauvres

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour. Bon, vous suivez comme moi, je suppose, le débat qui a lieu à l'Assemblée nationale à propos du budget de l'État. Voilà une mauvaise nouvelle de plus.

On apprend que les 2 millions de personnes qui bénéficient soit du RSA, soit de la location que reçoivent ceux qui sont arrivés au bout de leur allocation chômeur, enfin bref, plus de 2 millions de personnes se voi supprimer une prime qu'elle touchait au mois de décembre et qu'on a appelé prime de Noël. Alors aussitôt il y en a qui ont dit "Ah bon, il y a une prime des jouets aux enfants ?" Pourquoi les gens ont-ils dit ça ?

Parce que la décision qui a été prise par le gouvernement, c'est suppression de la prime de Noël pour ceux qui n'ont pas d'enfants. Alors ça m'oblige à vous faire un peu d'histoire pour que vous sachiez de quoi on parle. Cette prime, elle a été décidée en 1998.

Depuis 1998, elle est payée à tout le monde. Elle n'a jamais été revalorisée. Hélas.

S'il fallait la revaloriser aujourd'hui, il faudrait l'augmenter de 53 % pour qu'elle soit au même niveau que ce qu'elle était en 1998. D'accord ? Donc c'est pas une espèce de super faveur qu'on ferait à des gens qui n'en auraient pas besoin.

Au contraire, ce sont des gens qui en ont besoin. Et ça tomba Noël parce que à Noël, il y a dans toutes les familles des dépenses supplémentaires. Soit parce qu'on voyage pour rejoindre la famille et passer Noël ensemble, soit parce que c'est l'occasion où on fait le bon repas de du mois ou des fois même du trimestre et aussi parce que il y a les cadeaux.

Voilà la raison pour laquelle c'est une prime qui a une grande importance dans la vie des gens. C'est difficile de le comprendre quand on est à l'aise soi-même, qu'on ne prend pas la mesure de l'état de d'énumement dans lequel peuvent être nombre de compatriotes. Là, je vous parle de plus de 2 millions de personnes.

Il faut pas que vous oubliez que le RSA, c'est 646 €. Il faut vivre avec ça tout un mois. Et les personnes qui vivent du RSA et qui n'ont pas d'enfants, une sur deux, a un sentiment de solitude extrême parce que c'est le cas.

La pauvreté vous isole. La pauvreté, c'est pas seulement que vous manquez de sous, c'est que ça vous prive de toutes sortes de relations, toutes sortes de rencontres, toutes sortes de visites que vous faites. La pauvreté, c'est des privations sans fin, des privations de nourriture.

C'est le cas pour un sur C dans tous ceux qui sont euh concernés par le RSA. C'est la privation, n'en parlons pas de sorties culturelle ou autre. De tout ça, il y en est plus question.

Il y en a plus, ça disparaît. La pauvreté, c'est tout ça. Et nous sommes un grand pays avec des gens très riches, des gens moins riches mais qui vivent à l'aise.

C'est mon cas. Et nous n'avons pas le droit de nous désintéresser de ceux qui n'ont rien ou si peu. Nous ne pouvons pas nous dire "Ah, bah tout ce qu'on leur donne, c'est des cadeaux." Non, nous devons être solidaires les uns des autres dans une société car personne n'est au RSA par choix.

Ce n'est pas vrai. Personne n'est au chômage par choix. Ou alors évidemment vous trouverez ici ou là eu une exception.

Mais pour le reste, les gens subissent la misère. Ils sont emprisonnés par la misère. Et quand vous êtes dans la misère, c'est très dur d'en sortir.

Parce que pour sortir de la misère, il faut faire plein de choses. Il faut faire des démarches, il faut écrire, il faut aller et tout ça. Ce sont des choses qui rapidement sont hors de portée pour plein de gens.

Par conséquent, quand on est une société développée, une société riche, on a l'obligation, pas la possibilité de s'occuper de tout le monde. L'obligation, nous devons obligatoirement nous préoccuper de ceux qui sont dans cette situation de dénuement dans notre pays. Vous savez maintenant d'où ça vient.

Vous savez maintenant que pour des raisons bizarres, on décide que ceux qui n'ont pas d'enfants, avant tout le monde le touchait, mais ceux qui n'ont pas d'enfants, on décide que ils ne pourront pas eux-mêmes faire des cadeaux aux enfants des autres. Par exemple, si à vos petits enfants, par exemple aux enfants si vous vivez en couple, occasionnel ou permanent, de la personne avec qui vous êtes en relation d'affection et d'amour. et ainsi de suite que vous n'irez pas avec le train au repas de famille parce que vous n'avez pas le moyen de vous payer ce voyage.

Je voulais vous le dire parce que il est absolument incroyable de voir la brutalité, la cruauté, l'indifférence aux autres qui gagne à l'intérieur du gouvernement l'autre jour. le ministre qui a décidé d'augmenter les conditions dans lesquelles on expulse des gens. Il y a donc eu cette année un record d'expulsion de personnes, des familles entières qui se retrouvent à la rue de leur logement parce qu'ils n'arrivaient plus à payer.

Et il a dit "J'assume." Et bien cette année, sachez qu'il y a 900 personnes de plus qui sont déjà mortes de la rue et dans la rue. Une telle cruauté, une telle indifférence aux autres ne rapporte strictement rien à la société.

À chaque fois, on vous présente tout ça comme étant bénéfique pour les autres membres de la société. Vous ne gagnez rien à ce qu'il y ait des gens privé de tout, jeté à la rue, dont les enfants sont à la rue en même temps que vous savez que cette année, il y a eu un nombre record de bébés qui sont morts à la rue. Comment pouvons-nous accepter une situation pareille ?

Quel genre de société sommes-nous devenus ? Savez-vous ce que scouterait cette prime de Noël aux gens qui n'ont pas d'enfant ? C'est 0,067 % des grandes des 10 premières grandes fortunes du pays.

Alors, c'est à eux peut-être que j'ai envie de m'adresser pour leur dire "Ben, cotisez-vous, donner cet argent à l'État pour qu'on puisse continuer à semer." Ha ! Je ne dis pas beaucoup, un petit peu, un petit peu de joie, un petit sourire au moment où c'est Noël parce que c'est Noël pour tout le monde et pas seulement pour ceux qui peuvent se le payer.