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interviewyoutube.com· 18 février 2022 13 min

François Asselineau invité sur LCI - 18/02/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour, vous aviez fait 0,92% et on se souvient de vous comme le candidat du Frexit, le Brexit à la française. Alors c'est toujours votre leitmotiv. Pourtant, François Asselineau a l'impression qu'il n'y a pas de demande dans l'opinion, même après le Brexit. Vous l'expliquez comment ?

0:14
François Asselineau

Je l'explique d'abord parce qu'il n'y a pas de débat. Et justement, si je suis candidat de nouveau, c'est parce que je voudrais que le débat puisse avoir lieu sur les chaînes de télévision et de radio. C'est un débat absolument fondamental. Et notez bien que tous les autres candidats dont on parle refusent tous de sortir de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Moi, je propose d'en sortir. Je ne propose pas que ça. Et pourquoi je le propose ? Je le propose pour rendre aux Français et au gouvernement les marges de manœuvre à la fois juridiques et budgétaires dont ils ont besoin et pour répondre aux soucis des Français.

Parce que quand les Français veulent par exemple lutter contre les délocalisations, lutter contre la privatisation des services publics, lutter contre l'immigration incontrôlée, lutter pour avoir un hôpital public qui soit digne de ce nom, etc. En réalité, ce que j'explique, c'est qu'à chaque fois se cachent derrière des directives venues de la Commission européenne de Bruxelles ou venues de la Banque centrale européenne de Francfort. Donc c'est extrêmement important. Et là, je me permets de lancer un appel solennel au maire, puisque je suis à peu près à mi-chemin du nombre de parrainages nécessaires.

1:19
Invité

— Combien en avez-vous précisément ?

1:20
François Asselineau

— J'en ai 217 qui sont validées. J'ai des centaines de promesses supplémentaires. Mais les maires, comme vous le savez, sont en fait sujets à beaucoup de pressions, des pressions qui sont d'ailleurs tout à fait scandaleuses, venant du président de tel conseil régional ou de tel conseil départemental. Ou bien ils ont simplement peur du candidaton, parce que pour militer pour le Brexit ou le Frexit, ça paraît parfois un peu étonnant. Donc les maires sont assez pusillanimes sur cette question. Et là, je lance vraiment un appel solennel. Si je n'étais pas candidat, ce sujet absolument fondamental que l'on trouve d'ailleurs en Pologne, en Hongrie, en République tchèque, au Royaume-Uni...

2:00
Présentateur

— Vous ne pouvez pas sortir de l'UE, la Pologne et l'UE.

2:02
François Asselineau

— Le Premier ministre Viktor Orban, pour la première fois il y a quelques jours, à évoquer la sortie de l'UE. Donc c'est un sujet qui doit être traité par les Français et que l'on puisse expliquer sereinement aux Français que c'est ce qui permettra de redonner de la marge de manœuvre dans tous les domaines.

2:18
Invité

— Vous avez raison. Il n'y a plus de débat, puisque même Marine Le Pen, par exemple, qui a 5 ans, prenait une sortie de l'euro, est revenue sur cet objectif-là, en parlant maintenant d'Europe des Nations. Juste sur le Brexit...

2:30
François Asselineau

— Vous dites qu'il n'y a plus de débat, mais il y a un débat.

2:32
Invité

— Alors juste sur le Brexit, puisque maintenant on a le recul suffisant pour voir les effets sur nos voisins outre-manche. Il y a quand même eu un effondrement des exportations vers l'UE. Il y a eu une inflation aujourd'hui à 5,5%. Ça ne sonne pas une petite alarme dans votre tête sur l'expérience des Britanniques ?

2:46
François Asselineau

— Ah non, pas du tout, parce que vous retenez certains éléments à charge, comme on pourrait dire. L'inflation est supérieure en Allemagne. Donc déjà, c'est un premier point. Deuxièmement, le taux de chômage au Royaume-Uni est de 4,5%. On est quasiment au plein emploi, alors qu'en France, il est de l'ordre de 8 à 9%.

3:02
Invité

— Oui, on ne part pas du même niveau.

3:03
François Asselineau

— Non, non. Attendez. C'est quand même très important. Par ailleurs, le Royaume-Uni, la place financière de Londres... On nous avait expliqué que des centaines de milliers de personnes allaient s'enfuir du Royaume-Uni, que ça allait être l'apocalypse. La place financière de Londres reste la première place financière d'Europe. Et s'il y a des problèmes migratoires, c'est plutôt des immigrés qui veulent aller au Royaume-Uni que l'inverse. — Ça, c'était déjà le cas avant. — Comment ?

3:23
Présentateur

— C'était déjà le cas avant. — Oui, d'accord. Mais attendez.

3:25
François Asselineau

On nous avait expliqué que ça allait être une catastrophe. On nous avait expliqué que le Royaume-Uni serait isolé du monde. — Boris Johnson, c'est un grand leader. — Attendez. En réalité...

3:32
Présentateur

— Vous savez qu'il est en très mauvaise posture.

3:34
François Asselineau

— Non mais attendez. Ne confondons pas un Premier ministre conjoncturel avec un choix structurel qui a été fait par les Britanniques. Ce que je veux dire, c'est qu'en matière de diplomatie internationale, les Britanniques ont noué des relations, renoué des relations avec les pays du Commonwealth. Ils nous l'ont fait à l'envers, si j'ose dire, avec l'Australie. Vous l'avez vu avec les États-Unis et l'Australie. Ils nous ont fait perdre le marché des surs marins australiens. Et d'ailleurs, les pays d'Europe n'ont pas levé le petit doigt pour soutenir la France.

3:58
Présentateur

— Vous l'avez dit, vous voulez aussi sortir de l'OTAN. C'est intéressant parce qu'il y a évidemment un débat important en ce moment sur l'OTAN avec ce qui se passe du côté de l'Ukraine. Les bombardements, semble-t-il, sont en train de reprendre dans l'est de l'Europe. Emmanuel Macron était à Moscou la semaine dernière. Il n'a pas réglé le problème, Emmanuel Macron, d'après vous ? — Non, vous plaisantez. Non, non. — C'est une question que je vous pose.

4:14
François Asselineau

— Non, non, non. Mais M. Macron a été traité d'une façon extraordinairement humiliante. Vous savez, lorsque les maires décident de parrainer un candidat, ils devraient s'intéresser au curriculum vitae des candidats qui se présentent. Il se trouve que moi, j'ai pendant 4 années été dans des cabinets ministériels. Et j'ai accompagné, sous la cohabitation, François Mitterrand en Corée et au Kazakhstan, Édouard Balladur en Arabie saoudite, et Jacques Chirac au Japon, en Chine, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine. — Alors sur l'Ukraine. — Non, mais attendez. Je me permets donc de dire que les Français devraient se poser la question et les maires au premier chef.

Est-ce que je dois donner mon parrainage à quelqu'un qui sera capable de parler en tête-à-tête avec Vladimir Poutine, avec le président Xi Jinping, avec le président Biden ? C'est quand même la première chose à faire, puisque le président de la République, il n'est pas ministre de la Santé, il n'est pas ministre de l'Environnement. Il est le président de la République. Et sa fonction, fixée par la Constitution, c'est d'être le garant de l'indépendance nationale. C'est écrit dans la Constitution. Le garant de l'indépendance nationale... — Et vous me dites toujours pas ce que vous auriez fait sur l'Ukraine. — Je vais y venir.

Le garant de l'indépendance nationale, le garant de l'intégrité territoriale et le garant du respect des traités. Sur l'Ukraine, nous sommes entraînés, et beaucoup de Français pensent comme moi, nous sommes entraînés dans un risque de conflit très grave, avec la première ou deuxième puissance militaire mondiale. La Russie, sur certains éléments, comme par exemple les missiles antimissiles, a 10 ans ou 15 ans d'avance sur les États-Unis. Nous risquons d'être entraînés vers un conflit qui n'est pas le nôtre. Voilà. Ce que veulent, si j'ai bien compris ce que veulent les Russes, c'est qu'on garantisse une marge de sécurité autour d'eux.

Que diraient les États-Unis si les Russes avaient installé des quantités de matériel militaire au Mexique, le long de la frontière du Rio Grande ? On l'a vu d'ailleurs. C'était en 1962, avec la crise des missiles à Cuba. Et on a vu comment Kennedy avait haussé le ton. Et d'ailleurs, Charles de Gaulle, qui militait toujours pour l'indépendance de la France, avait su prendre le parti des États-Unis. Il faut donc que la France redevienne une puissance d'équilibre, d'équilibre entre les nations et une puissance de paix.

On ne peut pas être à la fois dans l'OTAN ou dans l'Union européenne, puisque l'Union européenne est assujettie à l'OTAN pour sa politique étrangère de sécurité et de défense, et en même temps vouloir jouer les bons offices.

6:31
Invité

Alors voilà pour vos convictions, votre programme. On vous retrouve tous les 5 ans, depuis 2012. Que faites-vous entre les élections, François Clino ? Qui êtes-vous ? Je charge Frédéric Delpèche de dresser votre portrait, vous y répondrez après.

6:46
Présentateur

Alors rapidement, effectivement, vous l'avez dit il y a un instant, vous avez passé par les cabinets ministériels, vous avez une formation assez classique, vous êtes énarque, haut fonctionnaire, et puis vous avez, en 1999, rejoint Charles Pasqua dans son parti le RPF. Ensuite, on vous a retrouvé sur une liste de Jean Tibéry en 2001 à Paris, dans un arrondissement. Et puis après, vous avez adhéré à l'UMP pendant deux ans, me semble-t-il, que vous avez quitté pour fonder votre parti en 2007, l'UPR, l'Union populaire républicaine, avec une première tentative de candidature à la présidentielle, mais qui n'a pas abouti à cause des parrainages en 2012.

Et puis, en 2017, vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Les Français se rappellent, effectivement, de la sortie du Brexit, le Frexit que vous défendiez à l'époque. Et puis, ils se rappellent aussi de vos discours fleuves. Lorsque vous avez présenté votre programme en 2017, 3h20, vous êtes intervenu. C'était, pour les journalistes qui vous écoutaient, assez long et assez complet. Et puis, on se souvient aussi, quand même, de votre sens de la formule. Vous avez une certaine facilité à l'oral. Écoutez, par exemple, comment vous présentiez.

7:55
François Asselineau

Je suis un peu comme un médecin de famille, si vous voulez, qui vient dire, voilà, des choses qui ne sont pas très agréables, un diagnostic médical qui n'est pas très agréable. Donc, moi, je fais le bon diagnostic et je donne ensuite les médicaments pour s'en sortir.

8:09
Présentateur

Alors, le bon diagnostic, peut-être, mais on a un peu plus de mal à vous définir politiquement. Certains disent que vous êtes de droite, d'autres de l'ultra-droite. Vous-même, vous vous présentez comme gaulliste, mais farouchement anti-Le Pen. Vous le répétez souvent, vous êtes contre le rassemblement national. Et puis, d'autres disent carrément que vous êtes un conspirationniste anti-américain parce que vous avez dit que l'Union européenne avait été faite sur ordre, en gros, des États-Unis. On vous a même laissé entendre que Jean Monnet, un des artisans de l'Europe, aurait pu être un agent de la CIA. Bref, ma question est toute simple.

Où est-ce qu'on peut vous poser sur l'échiquier politique ? Est-ce que vous êtes plus proche de Nicolas Dupont-Aignan, de Florian Philippot ou même d'Éric Zemmour, la révélation de cette campagne présidentielle ?

8:53
François Asselineau

Alors, la révélation de cette campagne présidentielle qui a bénéficié, au cours des 4 derniers mois de 2021, de 14% du temps de parole, quand moi, j'ai eu 0,002%.

9:02
Invité

C'est pour ça que vous êtes avec nous, entre autres.

9:03
François Asselineau

Voilà. Vous avez la gentillesse de m'inviter, mais vous m'avez posé une petite pique, quand même, quand vous dites qu'est-ce que je fais pendant les 5 ans. Ce n'était pas une pique, c'était de la curiosité. Mais pendant les 5 ans, figurez-vous que je conduis mon mouvement politique. Nous avons un très grand succès sur Internet. Notre site upr.fr compte maintenant de très nombreux abonnés. Notre chaîne de télévision UPR TV sur YouTube a plus de 220 000 abonnés. J'ai fait des vidéos qui ont dépassé les 1,5 million, les 2 millions et même les 2,8 millions vues. Au même moment, je ne suis pas invité sur les grands médias. C'est là qu'est le problème.

Au moment de l'élection européenne, j'avais eu droit... Nous avons fait 1,2%. Ce n'est pas énorme. Mais sur TF1, qui est une maison que vous connaissez, d'après les données du CSA, j'ai eu droit à 8 secondes. Alors ne reposons pas, si vous le voulez bien, on peut entrer dans le décompte. C'est important quand même. Essayons de parler de vous, mais c'est très important.

9:55
Présentateur

Mais vous êtes là justement pour décliner votre rapport. Oui, d'accord, mais attendez.

9:58
François Asselineau

Vous parlez aussi, si vous le voulez bien, François Asquineau, de politique et puis... Attendez, attendez, attendez. Je réponds aux questions, parce qu'on m'en dit... Vous nous parlez du temps de parole. On vous pose une question et vous nous parlez du temps de parole. Non, non, qu'est-ce que vous faites tous les 5 ans ? Nous existons et nous défendons.

10:12
Présentateur

Comment vous définir politiquement ?

10:13
François Asselineau

Alors comment nous définir politiquement ? Le ministère de l'Intérieur a un bureau qui est fait pour ça. Il nous a classés en divers, c'est-à-dire classables ni à droite ni à gauche. Vous savez que notre ligne de conduite, c'est le programme du Conseil national de la Résistance de 43-44. Et d'ailleurs, nous avons, parmi nos adhérents, des adhérents qui viennent d'un petit peu partout, notamment des anciens gaullistes, des anciens du RPR, mais aussi des anciens communistes, du Parti communiste français, et puis tous les Français qui sont soucieux de retrouver ce qu'est la France, avec ses grands services publics, avec un autre Occident, comme je dirais...

10:44
Présentateur

Votre parcours est quand même plutôt à droite, le vôtre personnel.

10:47
François Asselineau

Je ne sais pas si le fait d'avoir été au gouvernement Balladur est une marque de droite, mais si le gouvernement Balladur était un gouvernement de droite, alors le gouvernement actuel est un gouvernement d'extrême-extrême droite. On a quand même un gouvernement qui actuellement tape sur les libertés publiques, détruit tous les acquis sociaux, est en train d'enfermer des Français dans les libertés publiques, avec des menaces qui sont de plus en plus constantes. On le voit sur ses nominations au Conseil constitutionnel. On est en train de se transformer en République bananière. Donc il faut revenir aux fondamentaux.

Nous, on propose le programme du CNE, et on a vraiment des Français qui viennent de tous les horizons, y compris, ce qui frappe beaucoup les observateurs, beaucoup de Français d'origine étrangère. Et pourquoi ? Parce qu'ils se retrouvent dans l'idée d'une France qui a de l'avenir. Il y a une vie après l'Union européenne. Regardez le drapeau bleu-blanc-rouge. Au moment des Jeux olympiques ou au moment de la Coupe du monde de football, d'un seul coup, vous avez un pays entier qui se retrouve derrière le plaisir d'être une puissance en avant.

11:50
Invité

Il nous reste une petite minute avec vous. Parmi vos propositions, il y a celui de consulter davantage les Français via des référendums. Vous, Président, quelle est la première question que vous leur posez ?

12:04
François Asselineau

Alors, la première chose que je ferai de toute façon, la toute première chose, c'est si ça existe encore, c'est la suppression de tous les contrôles sanitaires. Passport sanitaire, passeport vaccinal, vous avez vu d'ailleurs que dans tous les pays du monde, ils sont en train d'être supprimés. Et je prendrai avec eux un projet, une garantie, c'est que nous lutterons pour le maintien des libertés publiques. Par exemple, l'interdiction du puçage des êtres humains, comme c'est actuellement d'expérimenter en Suède, avec des QR codes qui seraient inclus. On a un véritable problème sur les libertés publiques.

Et la deuxième chose, c'est une réforme constitutionnelle où j'introduirai effectivement le référendum d'initiative citoyenne sur tous les sujets. Et je pense qu'il est maintenant temps d'y arriver. Ça existe en Suisse, ça existe en Californie. Il faut que ça existe également en France.

12:48
Présentateur

Merci beaucoup François Asselineau.