Un autre monde est encore possible ! - Discours du 1er mai à Paris
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci à toutes, à tous, j'espère que le camion ne va pas s'écrouler. Mes amis, nous voici pour le 1er mai. Le 1er mai marque pour nous la fidélité à l'histoire la plus profonde, celle qu'ont mené nos arrières-grands-parents pour la dignité des travailleurs et leur droit d'avoir une vie humaine. Le 1er-1er mai eut lieu aux États-Unis d'Amérique et se conclut par une fusillade contre les manifestants. Puis deux ans plus tard, à l'appel de l'international, ce fut le 1er mai en France. Et immédiatement, la forme de répression aveugle que connaissons toujours, chaque fois que les nôtres ouvrent une nouvelle porte de liberté et d'espérance, ce fut un massacre à fourmis.
Mais, pour autant, de 1er mai en 1er mai, parce que chacun fit l'effort d'apporter à la lutte ce qu'il pouvait apporter, d'effort, de participer, d'entraînement, de conviction, dans un monde qui souffrait tant à l'époque où les travailleurs étaient si dispersés. Mais avec leur syndicat, ils ont construit à la fois leur conscience et la victoire. Puis, ce fut le terrible et plus grand accident industriel de l'histoire en France, à Courrières. 1 300 morts. Déjà enfouis dans la mine. Parce que déjà, pour faire plus vite, pour que ça profite davantage, on avait diminué les installations de sécurité.
À cette suite, pour la première fois, il y eut un ministère du Travail qui ne nous a pas été accordé, mais que nous avons, en quelque sorte, arraché. Parce que c'est de là que sont venues les premières législations interdisant le travail des enfants et le travail de nuit, pour certaines. Il n'est d'autre chemin pour nous que parcouru dans la lutte et dans le rassemblement. Ne l'oubliez jamais. Rien ne vous a jamais été accordé. Tout a toujours été arraché. Aujourd'hui, bien plus nombreux et bien plus divers sont nos engagements et les frontières de liberté et de dignité qu'il nous faut faire respecter.
Puisque c'est à nous, les êtres humains, de porter en quelque sorte la responsabilité qui nous revient du fait de notre capacité de conscience vis-à-vis de la nature, vis-à-vis des animaux. Toutes ces tâches, nous les accomplirons avec ce même esprit. Mais aujourd'hui, parce que c'est le 1er mai, rappelons-nous que le 1er mai est la date de se retrouver pour la diminution du temps de travail. La diminution du temps de travail ne signifie qu'une seule et unique chose. la part qui revient au capital doit être moins grande et celle qui revient au travail doit être plus grande. Ce n'est que cela qui se discute aujourd'hui.
En quelque sorte, la société se rend justice à elle-même quand elle permet aux gens de vivre dignement, de pouvoir faire autre chose que travailler, même si pour beaucoup, le travail est une manière d'accomplissement, puisqu'il est aussi au service des autres. le 1er mai porte son mot d'ordre plein et entier. Et à cet instant, nous nous retrouvons. Pourquoi ? Parce que la diminution du temps de travail, c'est dans la journée, dans la semaine. Rappelez-vous que la journée du 8h était le mot d'ordre du 1er 8 mai. Que la journée... Où il est passé ? Donne-le-moi. Merci, Daniel.
La première fois qu'a été fait le 8 mai en France, les ouvriers portaient le triangle en cuir rouge qui voulait dire 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de repos. C'est la lutte pour la diminution du temps de travail et dans la semaine qui nous a conduits, après la grève générale de 1936, aux 40 heures par semaine. Là encore, rien n'a été concédé. Et des lustres, des décennies plus tard, on continuait à nous dire, dans certains hémicycles particulièrement réactionnaires, c'est à cause de vos 40 heures qu'on a perdu la guerre. Comme si ça n'était pas à cause de la trahison de ceux qui déjà préféraient Hitler au Front Populaire que nous avons dû le perdre.
C'est la diminution du temps de travail dans la journée, dans la semaine, dans l'année. Dans l'année, avec les congés payés. D'abord, les 15 premiers jours qui parurent comme un cadeau inouï que la vie faisait tâcheux qu'ils pouvaient pour la première fois disposer librement d'eux-mêmes, de leur corps, de leurs loisirs, avec ces 15 premiers jours. Et puis, à chaque fois, la date correspond à de grands événements. Si nous avons eu la journée de 8 heures, ce fut en 1919. Et pas parce qu'ils étaient d'accord pour nous la donner, mais parce qu'ils avaient peur de la révolution qui se répandait dans toute l'Europe. La bataille est entre le temps contraint et le temps libre.
Et comme voici que s'avance devant nous une élection qui peut nous permettre de vaincre ceux qui ont l'intention de vous maintenir jusqu'à 65 ans au travail. Pas un jour, pas une heure, nous leur ferons la moindre concession. Le sens de l'union populaire, c'est la liberté des salariés. C'est leur droit. C'est le droit à la vie. Voilà de quel droit à la vie nous parlons, nous. Eh bien, nous sommes dans le combat. Pas un seul des instants n'est en jeu. Alors, vous avez droit à des explications avant que le cortège ne démarre sur le point où nous en sommes. Des discussions qui se mènent en ce moment-ci. Nous avons pris la décision, mûrie, réfléchie, de tout sacrifier aux objectifs du combat.
De passer par-dessus des rancunes dont certaines étaient fondées, qu'on me permette de le dire. Nous avons décidé de passer par-dessus des divisions qui avaient une raison profonde. Et que nous n'avons pu surmonter que parce que vous êtes intervenus avec vos bulletins de vote pour décider de quel côté vous vouliez que les choses aillent. Parce qu'il y a un enjeu concret. À l'issue de cette élection, vous avez quatre blocs. Le premier, c'est celui de la droite et des libéraux. Le second, c'est celui de l'extrême droite. Le troisième, c'est nous, le bloc populaire. Et le quatrième, ce sont les 12 millions de personnes qui ne sont pas allées voter.
Mettons qu'il y en ait la moitié qui était mal inscrite. Il en reste 6 millions. Ces 6 millions-là peuvent faire la décision. C'est à nous, premièrement, de rassembler de nouveau toutes nos forces pour qu'on se retrouve dans le bulletin de vote, pour qu'on se retrouve dans les urnes, pour qu'on se retrouve avec la possibilité de la victoire qui dorénavant se présente devant nous contre tous les prophètes de malheur qui nous annoncent sans arrêt que tout est perdu d'avance, que le combat ne sert à rien, et qu'il s'agisse d'élections comme de la journée de 8 heures, comme de la semaine de 35 heures.
À chaque fois, c'est par la lutte, par la volonté, par la conscience, par le refus de la résignation, par la certitude que demain peut être meilleur, si nous y mettons les mains sans abandonner notre sort, à je ne sais qui, à je ne sais quelle puissance aveugle.
Par conséquent, si vous le voulez, vous avez la capacité, comme chacun d'entre nous, là, d'entraîner autour de lui vers l'union populaire, celle ou celui qui doute, celle ou celui qui hésite, celle ou celui qui ne sait pas vraiment pourquoi il devrait aller le faire, et tous ceux qui n'ont pas compris que c'est le troisième tour, en quelque sorte, et que pour que nous ayons un gouvernement d'union populaire, il faut qu'ils élisent le député qui se présente sous l'étiquette de la nouvelle union populaire à laquelle nous sommes en train de travailler.
Oui, elle est nouvelle parce qu'eux peuvent entrer dans la lutte aux côtés de l'immense force que vous avez constituée et qui vous appartient, cette force de l'union populaire, ces 22% à l'élection présidentielle, la masse immense de ceux qui peuvent, en regroupant, faire une majorité et emporter la victoire. Elle est nouvelle au sens de ceux qui la rejoignent.
Bien sûr, vous avez droit à des explications, je vous en donne ce que je peux vous en donner, car vous êtes toutes et toutes femmes et hommes assez habiles pour comprendre que quand on est dans une discussion, on s'efforce d'emménager les conditions de la réussite et que des fois, il peut suffire d'un mot pour tout envoyer dans le mur. Je sais bien que c'est souvent difficile, je ne comprends pas pourquoi les camarades du Parti communiste ont annoncé ce matin qu'ils se retiraient des négociations. Nous ne savons pas pourquoi. Personne ne nous a informés. Je forme le vœu qu'ils reviennent vite, là où est leur place, car les communistes sont nos amis, nos alliés, partout sur le terrain.
Oui, la discussion a lieu. Et comme vous le savez tous, le plus facile, c'est d'exercer des pressions en disant, l'hégémonisme, enfin, sachez-le et répétez-le, tel que nous sommes, dans la situation qui est la nôtre, qui aurait pu permettre, parce que nous l'avons rencontré dans le passé, à notre ton et d'autres manières de faire, nous avons donné la garantie à chacun de ceux qui viennent discuter avec nous qu'ils auront un groupe à l'Assemblée nationale. Nous avons donné la garantie que tous les points sur lesquels il y a interrogation du moment qu'on cherche à les dénouer positivement, alors on peut le faire. Et nous l'avons fait. Je pense par exemple à la question de l'Union européenne.
Nous avons dit que notre intention n'est pas, en ayant un président comme celui qu'on a, de provoquer une crise de plus, mais que, par conséquent, nous ne sortirons pas de l'Union européenne pendant la durée de ce mandat, mais que, nous disons clairement, la désobéissance, elle n'est pas en général, ce n'est pas une posture idéologique. Je n'irai pas dire au gouvernement allemand, coucou, voilà les désobéissants. Je viendrai leur dire, écoutez, faites comme vous voulez, mais nous, sur tel, tel, tel, tel, tel, tel point que le peuple français a décidé d'appliquer dans son pays, nous désobéirons si les règlements et les traités européens nous interdisent de le faire.
Et sur ce point, je crois, compte tenu des progrès qui ont été faits dans l'écriture, que nous sommes à quelques millimètres de nous entendre tous. Je crois bien que je peux dire à cette heure que ce n'est pas là que ça bloque le plus. Mais en tout cas, ça avance. Soyez certains que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ça avance. Parce que nous sommes des gens déterminés. Quand nous décidons une chose, nous le faisons. Si nous décidons de faire l'union, nous faisons l'union. Mais si nous décidons qu'on ne la fait pas parce que c'est à rebours de nos principes ou de nos engagements, on ne le fait pas. Nous mènerons la lutte parce que notre objectif, ce n'est pas nous-mêmes.
Nous n'avons pas d'intérêt différent de ceux de tout le grand peuple salarié qui essaye de vivre dignement de son travail. Nous n'avons pas d'intérêt distinct. Cette formule que j'emprunte au manifeste communiste, je propose que chacun la fasse sienne. Nous n'avons pas d'intérêt distinct. C'est pourquoi nous faisons tout pour nous avancer, non pas vers le renforcement de notre groupe. Figurez-vous qu'à 17, on arrive parfois à faire plus de bazar qu'à 200 pour d'autres. Ce n'est donc pas le sujet. Le sujet, c'est de savoir si, oui ou non, on se donne pour objectif la victoire, pas le témoignage, la victoire. Alors, vous avez compris la peur que ça leur fait ? Vous avez vu M.
Bardella donner des conseils à la gauche. La gauche traditionnelle, il leur dit « Ah, si vous vous entendez avec le diable, c'est nous le diable, vous vous déjugez ». Alors, vous avez eu sous les yeux, et comme vous êtes maligne et malin, retenez-le bien pour le raconter aux autres. Quand on commence une discussion, ils nous traitent d'hégémonistes dans la presse. Mélenchon veut être le chef. Mais qui vous a mis dans la tête que j'ai l'intention d'être le chef de quoi que ce soit d'autre que ce dont je suis pour l'instant ? L'homme le plus apprécié, peut-être ? Je n'ai aucun titre, aucune responsabilité.
J'ai juste été votre candidat, et vous m'avez porté à bout de bras, et des fois, vous aviez du mérite. Alors, vous avez vu, après nous avoir dit Mélenchon veut être le chef de tout, ce qu'il ne demande pas. Alors, quand ça commence à se faire, catastrophe, ça n'a pas servi, il faut inventer autre chose. Alors, ils ont inventé, ah, vous avez peut-être vu ça à la télé hier soir, si vous n'arrivez pas à dormir, j'étais dans une émission, alors je me demandais, je croyais qu'ils allaient me prendre par l'hégémonie, ils m'ont appris de l'autre côté en me disant, mais quand même, alors, quoi, il faut avoir des convictions. C'est pas trop drôle ?
Vous voyez des gens qui n'en ont aucune, et qui en changent à chaque coup de vent, vous donnez comme conseil d'avoir des convictions. Bref, attendez-vous à ce que ce soit compliqué. Pourquoi ? Parce qu'ils ont peur ! Voilà pourquoi ! Et pour rien d'autre ! parce qu'ils savent que nous sommes capables de gouverner le pays, ils savent que les gens n'ont pas encore envie de souffrir comme ils ont souffert, et comme on leur annonce qu'ils vont encore souffrir si jamais M. Macron et ses amis retrouvent la majorité. Le pays sait qu'il a avec nous une grande force sociale. Je ne parle pas de nos étiquettes d'organisation. Ils savent que vous êtes là.
Vous, des quartiers qui êtes descendus par milliers pour aller voter. Vous, des universités, des villages, des villes, de partout, la grande force, la voici qui s'avance, tranquille et sûre d'elle-même. Oui, tout ça est à portée de nos mains. Et pas un instant ne sera perdu à je ne sais quelle nostalgie, angoisse. Non que nous soyons incapables de nostalgie ou d'angoisse. Non que je ne sois pas capable de me rendre compte à quel point la situation a abouti à cette absurdité. À 420 000 voix près, nous n'avons pas été au deuxième tour. Mais jeter la rancune à la rivière.
Avancer sûrement, tranquillement, parce qu'il s'agit maintenant d'assumer le pays tout entier et les milieux sociaux que nous représentons, la classe ouvrière, les salariés, de toutes sortes, les travailleurs, ceux qui sont en formation, ceux qui sont à la retraite. C'est cela que nous représentons à cet instant. Et nous ne le représentons qu'avec un objectif, l'intérêt général humain, l'harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Voilà qui a eu notre but. Jamais nous ne sommes entrés dans une élection législative dans d'aussi bonnes conditions que cette fois-ci. Pourquoi ? La première, c'est que vous en êtes conscients. Partout, je passe. Partout, passent mes camarades.
On leur dit « Ah, c'est bientôt le troisième tour, on se retrouve. » La consigne est passée. Tout le monde a compris ce qu'on a voulu dire quand on a dit qu'il fallait que je sois le Premier ministre. J'ai vu un reproche qui m'a bien fait rigoler. Qu'on fasse une élection pour dire qu'on va désigner le Premier ministre et commencer à mettre un peu de 6e République dans la 5e, non ? Alors, il y en a apparemment que ça dérange de voir ma tête sur la fiche. Ben, ils n'ont qu'à pas mettre la leur sur la leur. Et comme ça, ça rétablira l'équilibre. Vous m'avez compris. Voilà où nous en sommes. avant tout accord, nous étions déjà assurés d'être présents dans 425 2e tours dans le pays.
Et l'Union populaire telle qu'elle était, l'ancienne Union populaire, celle de l'élection présidentielle, était déjà en tête dans 105 circonscriptions. Un sondage est paru incroyable, et je comprends que depuis, les autres se soient un peu excités, mais qui nous met à un niveau incroyable, 9 points d'avance, avec cette ouverture que nous avons fait, avec cette manière de combattre. Ce qui veut dire, mes amis, que c'est la première fois qu'on commence une élection où, si on ne fait pas les imbéciles, si on ne fait pas durer les discussions, plus que la nature humaine n'est en mesure de le supporter.
Parce que, voyez-vous, quand on dit 9 jours et nuits, on peut dire que c'est non seulement les jours, mais aussi la nuit. Et vous avez ici quelques-unes des figures que vous pouvez voir de ceux qui font le boulot. Alors maintenant, on s'approche du bout. Vous avez tous entendu ce que je vous ai dit, et je suis sûr que vous pourrez le répéter. Je recommence pour ceux qui n'ont pas pris de note. Premièrement, tous ceux qui participent auront un groupe. Deuxièmement, tout le monde aura sa propre association de financement. Troisièmement, le programme sera un programme partagé, un programme de gouvernement.
Parce que ce n'est pas un congrès qu'on est en train de faire, c'est la lutte pour le pouvoir. Et donc, on veut des choses stables et sûres. Tous ceux qui sont là obtiennent, dans la discussion avec nous, davantage, bien davantage, que la proportionnelle du résultat de l'élection présidentielle. toutes les conditions posées par Europe Écologie, les Verts, l'autre matin dans sa conférence de presse, je répète, toutes les conditions ont été acceptées par nous. Dans ce contexte, vous apprenez d'abord une chose, si vous n'en étiez pas déjà convaincu, c'est que vous pouvez faire confiance à cette équipe.
Ce ne sont pas des gens qui sont en train de magouiller je ne sais qu'à l'arrangement de bord de table. Ils sont capables, nuit et jour, de tenir bon, sans jamais perdre de vue la perspective vers laquelle nous nous dirigeons. Et la bataille pour la conquête du pouvoir, parce que c'est notre bataille. Deuxièmement, vous apprenez que nous sommes loyaux dans nos échanges avec les autres. Nous n'avons jamais cru que nous prendrions je ne sais quel avantage pour nous-mêmes. Je vous l'ai dit tout à l'heure. Je m'honore de votre confiance.
J'étais certain que le 1er mai arrivant au milieu de ces discussions qui normalement devraient finir cette nuit parce que si ça ne finit pas cette nuit c'est que ça veut dire que ça ne finira jamais. Alors nous ne nous prêterons pas à une interminable comédie qui nous ridiculiserait devant les yeux des milliers de gens qui disent mais qu'est-ce que vous faites au juste ? Et il faut entrer en campagne parce qu'il ne reste plus que cinq semaines. Et ça fait beaucoup de boulot. Je compte sur vous tous. Je m'honore de votre confiance parce que je savais qu'à l'instant où j'apparaîtrai ici je vous retrouverai nous aidant, nous épaulant, nous encourageant par vos applaudissements et par vos cris.
Vive l'Union Populaire ! Le 3 mai prochain à la mémoire du Front Populaire nous aurons signé nous aurons la nouvelle Union Populaire et dans cinq semaines la victoire !
Jean-Luc Mélenchon