Face à Face : Manuel Bompard - 10/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bombard. Vous êtes député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône. On a beaucoup de choses à voir ce matin, notamment sur la question des retraites, sur la question de la marche à laquelle vous appelez dimanche prochain. C'est la question aussi de la situation chez la France Insoumise. Mais je voudrais qu'on parle d'abord carburant, station essence bloquée et grève, puisqu'on l'apprend à l'instant. La grève se poursuivra, au moins aujourd'hui. Ce sont les délégués CGT qui viennent de l'affirmer, notamment sur RMC. Est-ce que vous soutenez la poursuite de ce mouvement ?
Moi, ce que je soutiens, c'est les revendications des salariés de ces différentes entreprises qui demandent, dans une période dans laquelle les groupes en question, je pense à Total par exemple, ont fait des bénéfices extraordinaires, qui demandent tout simplement d'en récupérer une partie et de pouvoir aussi profiter de ces bénéfices extraordinaires. Ils ont demandé 10% d'augmentation de salaire. Ça me semble être des revendications justes. Et je vois bien la volonté de leur faire porter la responsabilité des situations de pénurie qui se multiplient dans les stations-service. Mais je rappelle que c'est le groupe Total qui initialement a dit pas de négociation salariale avant le 15 novembre.
Et puis seulement hier, Total commence à bouger parce qu'il a compris qu'il n'avait pas le choix.
Ce que vous dites, c'est qu'on essaie de leur faire porter le chapeau qui ?
Je vois bien que le groupe Total lui-même, après avoir refusé pendant des jours et des jours d'ouvrir des négociations salariales, maintenant essaye d'expliquer qu'ils sont responsables des situations et des difficultés que vont avoir les Françaises et les Français à retrouver du carburant. Alors que s'il y a 15 jours, ils avaient ouvert les négociations salariales que demandaient les salariés, on n'en serait pas là aujourd'hui.
Alors maintenant, ils disent, en effet, vous le dites, c'était hier après 10 jours de non-dialogue entre les grévistes et la direction de Total. La direction de Total hier dit « Bon, allons-y, mettons-nous autour de la table, on est prêt à avancer ces négociations annuelles salariales qui devaient avoir lieu en novembre et les avancer probablement dès cette semaine. » Ça, ça ne suffit pas pour vous à lever la grève au moins là, maintenant, le temps de discuter ?
Mais dès qu'ils ouvrent les discussions, qu'ils fassent des propositions, et sur cette base-là, j'imagine, moi je ne suis pas un responsable syndical chez Total, j'imagine que les responsables syndicaux et les salariés, puisque c'est les salariés qui décident de se mettre en grève, prendront les mesures nécessaires. Et si leurs revendications sont satisfaites, je pense qu'ils arrêteront la grève immédiatement. Écoutez, franchement, demander 10% d'augmentation de salaire pour un groupe comme Total, dont le patron s'est lui-même augmenté de 50%, et un groupe qui a réalisé 18 milliards d'euros de bénéfices sur le premier semestre de l'année 2022, ça ne me paraît quand même pas extraordinaire.
Donc c'est quand même légitime que les salariés puissent récupérer une partie des bons résultats de l'entreprise.
Manuel Bompard, c'est important de donner aussi les deux informations, c'est-à-dire celle que donnent les grévistes, mais aussi celle que donne Total, la direction de Total, qui affirme qu'ils ont fait participer les salariés à l'intéressement de l'entreprise avec une moyenne de 7 250 euros, 9 108 euros de participation pour les salariés et un montant minimum de 7 250 euros. Et ils affirment que la rémunération mensuelle moyenne d'un opérateur de raffinerie chez Total Énergie en France est de 5 000 euros par mois.
Brut.
Oui. Non, c'est bien de le préciser,
parce que sinon les gens pensent que c'est 5 000 euros net. Mais la question n'est pas de savoir si les rémunérations chez Total, par rapport à l'année dernière, étaient déjà satisfaisantes. En tout cas, la question est de savoir si les salariés profitent ou pas des bons résultats de l'entreprise. Et il y a un deux poids de mesures extraordinaire sur le sujet. Je vous le disais, vous avez un patron qui s'augmente de 50%. Vous avez déjà Total qui a annoncé 3 milliards d'euros d'avance sur le versement des dividendes et les salariés à qui on concède, si je me rappelle bien, sur l'année 2022, à peu près 3% d'augmentation. 3,5% d'augmentation.
Alors que vous avez une inflation de 5 ou 6%, c'est-à-dire 3,5% d'augmentation. Il faut comprendre que c'est une baisse de salaire quand il y a 6% d'inflation. Donc c'est quand même normal que les salariés puissent avoir une augmentation au moins au-delà de l'inflation. Ça me paraît légitime.
Quand il y a une grève comme ça, est-ce que vous estimez que c'est la responsabilité du gouvernement de libérer les stocks stratégiques comme ils sont en train de le faire ou la responsabilité de Total d'aller chercher du coup de l'essence à l'étranger pour permettre grève ou pas grève finalement qu'il y ait quand même de l'essence à la pompe ?
Non mais la responsabilité du gouvernement, elle devrait être de dire à Total maintenant arrêtez de pourrir la situation comme vous l'avez fait depuis plusieurs semaines. Vous disiez le dialogue était bloqué. Attendez, attendez, c'est pas que le dialogue était bloqué. les salariés demandaient l'ouverture de négociations salariales et la direction le refusait en disant il n'y aura pas de négociations salariales avant le 15 novembre. C'est ça le point de départ de la situation. Ce n'est pas un dialogue bloqué, c'est une direction qui ne veut pas discuter. Et donc les salariés ont été contraints de se mettre dans un mouvement de grève pour que ces négociations s'ouvrent.
Ma question, elle concerne tout simplement le fonctionnement du pays. C'est-à-dire quand on se retrouve avec parfois des médecins comme SOS Médecins qui dit ce matin, attention, on n'a plus d'essence, on n'a plus réussir à aller voir nos patients. Est-ce que vous considérez qu'il est légitime et normal qu'en effet, pour pallier aux conséquences de la grève, le gouvernement débloque les stocks stratégiques ?
Mais le gouvernement, il a la possibilité effectivement de débloquer des stocks stratégiques, de lever des quotas d'importation. Très bien, mais en attendant, la principale responsabilité, parce que ça ne peut être que des solutions temporaires, les stocks stratégiques ne sont pas illimités, par exemple. Donc, la principale responsabilité du gouvernement maintenant, ça doit être d'agir auprès de la direction de Total pour leur dire maintenant, vous ouvrez ces négociations pour de bon et vous cédez du terrain. Parce que si vous ne cédez pas du terrain, on va se retrouver dans une situation de blocage. Et les stocks stratégiques en France, ils sont pour faire face à des situations de pénurie.
Ils ne sont pas là pour contourner des grèves des salariés, des raffineries.
C'est une manière de minimiser les conséquences de la grève ?
Non, je ne crois pas.
Non, mais quand vous dites contourner, ce n'est pas fait pour ça.
Je pense que j'ai été très clair sur mon propos. Le gouvernement doit...
Il ne casse pas la grève en remettant de l'essence à la peau.
Non, mais ceux qui ont joué la situation de pourrissement, c'est la direction de Total. Je peux le redire si vous voulez. Parfaitement entendu. Mais je pense que j'ai été assez clair sur le sujet. Maintenant, le gouvernement a la possibilité de lever des stocks stratégiques très bien. S'il ne fait que ça, ça veut dire qu'il joue aussi le pourrissement. Donc, je lui dis maintenant, vous convoquez Total et vous dites à Total d'ouvrir ses négociations et de lâcher quelque chose pour les salariés qui le demandent parce que c'est légitime.
Manuel Bompard, dimanche 16 octobre, vous vous appelez à une grande marche. À une grande marche contre la vie chère pour l'augmentation des salaires. C'est ça les slogans ? Quels sont les objectifs ?
La marche, c'est une marche contre la vie chère, contre l'inaction climatique. Oui, effectivement, dans les revendications, c'est notamment des revendications salariales. Ça a été dit, c'est une bataille qu'on a menée pendant l'été où vous avez aujourd'hui une inflation qui est une inflation qui atteint 6-7% sur certains produits alimentaires. C'est même au-delà de 10%. Et vous ne pouvez pas répondre à cette situation uniquement en versant quelques primes ou quelques chèques. Il faut des augmentations salariales dans ce pays. Et le gouvernement a un levier pour commencer à agir, c'est le SMIC. Donc nous, on demande l'augmentation du SMIC à 1 500 euros net.
On pense que c'est une mesure qui est une mesure de justice et elle est au cœur des revendications qui sont celles de cette marche. Et puis, bien évidemment, parce que le sujet est venu dans l'actualité depuis, c'est aussi une marche contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron. Clairement, Emmanuel Macron veut reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans, 65 ans. Et il faut l'empêcher. Et pour l'empêcher, il faut qu'il y ait une mobilisation populaire. Et bien, ça commence ce dimanche, dimanche 16 octobre, c'est à 14h sur la place de la Nation. Allez-y, c'est le moment de lancer votre salaire.
Et que j'appelle celles et ceux qui nous écoutent, je leur dis, venez manifester, c'est important. S'il n'y a pas de rapport de force populaire, Emmanuel Macron va faire ce projet de loi. Alors qu'il y a 80% des Français qui sont contre le report de l'âge de départ à la retraite, il y en a 20% d'entre eux qui ont dit qu'ils étaient prêts à participer à une manifestation. Je leur dis, c'est le moment de commencer.
Et Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, justement la CGT, la même CGT qui fait grève aujourd'hui sur Total, trouve que vous leur faites un peu concurrence et que c'est dommage de ne pas bosser ensemble. Il l'a dit, la mobilisation sociale, c'est du ressort des organisations syndicales. Ça fait très longtemps que c'est comme ça. Que des formations politiques soutiennent des mobilisations sociales, il y en a besoin certes, mais il ne faut pas de mélange des genres.
Je ne partage pas ce point de vue, c'est-à-dire que nous, nous avons bien évidemment soutenu les appels à mobilisation des organisations syndicales. Il y avait une manifestation le 29 septembre.
Mais lui, il ne soutient pas votre appel à la marche.
Lui, il ne le fait pas, mais je sais d'ores et déjà qu'il y a beaucoup de syndicalistes eux-mêmes qui seront présents à cette marche. Il y a même des structures syndicales, alors pas des confédérations à ce stade, mais des fédérations professionnelles, des fédérations locales qui appellent à participer à cette manifestation. Il y a une trentaine d'associations aussi qui ont appelé à participer à cette manifestation. Ce n'est ni la marche de Jean-Luc Mélenchon, ni la marche de la France Insoumise, contrairement à ce que j'ai entendu ici ou là. C'est une marche collective dans laquelle se retrouvent des organisations politiques, des associations, des syndicalistes.
Et tout le monde est le bienvenu. Et M. Martinez est le bienvenu également.
Manuel Bompard, il y a eu ce tweet de Jean-Luc Mélenchon à propos de cet appel à la marche. Il dit le 5 et le 6 octobre 1789, les femmes marchent sur Versailles contre la vie chère. Elles ramènent le roi, la reine et le dauphin de force à Paris sous contrôle populaire. Faites mieux le 16 octobre. De nombreux partenaires, y compris Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, se sont désolidarisés. Désolidarisés de l'expression.
Non, il ne s'est pas désolidarisé. Il a dit, et je suis d'accord avec lui sur ce sujet, que notre objectif, c'était une marche pacifique. Il a dit, Jean-Luc,
tu as déjà fait mieux.
Oui, mais écoutez, franchement, ce qui m'a le plus frappé, c'est qu'Olivier Véran, par exemple, explique que c'était un appel à la violence sociale. Mais écoutez, franchement, s'il y a quelque chose qui est de la violence sociale dans ce pays, c'est la situation qu'on connaît. C'est la politique qui a été mise en place par le gouvernement auquel participe M. Véran depuis maintenant plusieurs années. Ça, c'est de la violence sociale.
Olivier Véran, c'est votre opposant. Olivier Faure, c'est votre partenaire et il a parlé de provocation.
D'accord, mais je crois qu'Olivier Faure...
Il regrette ces mots.
Non, mais je crois qu'Olivier Faure, il a prévu de participer à cette manifestation. D'accord ? Donc, pour le reste, moi, je m'honore de faire référence à la Révolution française qui est un bon moment de notre histoire. Et la marche des femmes, en l'occurrence, était une marche totalement pacifique. Il y a eu zéro mort lors de la marche des femmes qui sont allées chercher le roi à Versailles. Donc, vous voyez quelques références historiques. C'est bien. Ce qui nous a en commun... Non, la marche des femmes. Non, pas la marche des femmes. Et si vous voulez maintenant qu'on ne célèbre plus les moments de notre histoire qui ont commis de la violence, je vais vous dire, on va arrêter.
Non, mais attendez. Je vous souhaite trop intelligent pour jouer la suite. On va arrêter de célébrer le 14 juillet, par exemple, la prise de la Bastille.
Dites-le à Olivier Faure. Mais Olivier Faure, en l'occurrence, quand il se désolidarise et quand il parle de provocation, vous savez bien, vous jouez un peu sur les mots, vous jouez toujours un peu sur le fil. Quand Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas par hasard, quand ils disent qu'ils ont été cherchés de force, le roi, la reine et le dauphin et faites mieux...
Qu'est-ce que vous voulez me faire dire ? Vous êtes tous en train
de faire de l'explication de texte depuis ces liens qu'il y a eu un truc qui n'était pas clair.
Non, c'était très bien. Ça nous a permis de parler de cette marche que manifestement un certain nombre de personnes n'avaient pas envie d'évoquer. Donc, c'est une très bonne chose qu'on ait pu en parler. Pour le reste, je vais vous dire les choses franchement. Nous avons toujours été, Jean-Luc Mélenchon, le premier des partisans de l'action non-violente. Nous n'avons jamais appelé à la violence et cette manifestation qui va avoir lieu dimanche, j'espère qu'elle sera massive. Elle sera déterminée, ça c'est clair, mais elle sera pacifique et non-violente.
Manuel Bompard, vous parliez de cette question des retraites que vous avez donc rajoutée dans les revendications de cette marche, marchée contre la réforme des retraites. Vous avez entendu Edouard Philippe hier. Edouard Philippe qui, dans le journal Le Parisien, dit qu'il faut aller encore plus loin sur la réforme des retraites. Il ne parle pas de 64 ou 65 ans. Il dit qu'il faut reporter l'âge de départ à 65, 66, voire 67 ans.
Oui, pourquoi pas 70 et puis peut-être aussi 75 ans. Écoutez, franchement, il faut un peu penser aux gens. On parle de gens qui, aujourd'hui, le taux d'emploi en France entre 60 et 64 ans, le taux d'emploi en France est à peu près 35%, 36%. Donc, vous allez aller voir des gens qui, aujourd'hui, ont déjà beaucoup de difficultés à avoir un emploi quand ils arrivent à l'âge de 60 ans, 62 ans. Vous allez leur dire non, vous allez travailler 3 ans, 5 ans, 6 ans de plus. Écoutez, franchement, ce n'est pas raisonnable. Vous avez un quart des Français les plus pauvres, les hommes, en l'occurrence, cette statistique concerne les hommes, qui meurent avant l'âge de 62 ans.
Et vous allez dire aux gens d'aller travailler encore plus longtemps. Ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas sérieux. On a suffisamment d'argent dans ce pays pour faire en sorte que des gens qui aient travaillé toute leur vie, ils puissent partir à la retraite et profiter un petit peu des bons moments de la vie quand on attend 60 ans.
Et vous parliez à l'instant de la question de l'emploi des seniors. Vous avez le ministre du Travail qui propose notamment d'étendre la possibilité du cumul emploi-retraite pour justement favoriser le travail des seniors. Est-ce que ça, vous êtes...
Mais non, mais d'abord, ça existe déjà, se faire hors de ma part. Et pour le reste, ce n'est pas la solution. Vous voyez bien que la difficulté aujourd'hui, c'est que quand vous arrivez à 60 ans, vous avez déjà du mal le dernier mandat disait lui-même que reporter l'âge de départ à la retraite, je le cite, ce serait hypocrite. Parce que les gens, quand ils arrivent à 60 ans ou 62 ans, ne le seront pas un emploi. Vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron ?
Enfin, Emmanuel Macron d'avant.
Je suis d'accord avec Emmanuel Macron quand il disait que reporter l'âge de départ à la retraite, c'était hypocrite. Malheureusement, le problème, c'est qu'il a changé d'avis aujourd'hui. Et en plus, il a l'intention de passer en force contre l'ensemble des organisations syndicales. Il me semblait qu'il y avait une nouvelle méthode. Alors là, pour le coup,
sur le budget, mais il y aura peut-être un 49-3 sur les retraites après Noël, mais un 49-3 peut-être dès cette semaine sur le budget. Comment vous viviez ça ? Vous vivriez ça ?
Ça sera un passage en force. À nouveau, pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron et son gouvernement ne sont pas en mesure aujourd'hui de convaincre une majorité des députés à l'Assemblée nationale de voter le budget qu'ils proposent pour le pays. Et pourquoi ? C'est un mauvais budget. C'est un budget d'austérité, de compression de la dépense budgétaire et un budget qui s'assoit sur des recettes qui seraient pour autant nécessaires.
Mais la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brande-Pivet, ici même la semaine dernière, minimisait en quelque sorte la portée du 49-3. Elle disait, c'est un des outils, c'est un des outils pour faire avancer les choses. On y a droit. C'est dans la boîte à outils. Pourquoi ne pas l'utiliser ?
Mais c'est dans la Constitution. J'en suis conscient. D'ailleurs, moi, je suis pour sa suppression du 49-3. Mais aujourd'hui, c'est dans la Constitution. Et ce n'est pas pour une raison pour autant c'est en force un projet de loi budgétaire qui est un projet de loi déterminant. Donc, voilà, si le gouvernement s'entête dans cette voie-là, il ne faut pas qu'il s'étonne à ce que ça crée de la colère et qu'il y ait des gens qui participent notamment à des manifestations.
Dans les outils, il y a aussi la question du référendum. François Ruffin, un de vos collègues à la France Insoumise, dit, les retraites, chiche, faisons un référendum. Vous êtes pour ?
Bien sûr. Pourquoi pas ? Écoutez, il s'agit, selon Emmanuel Macron, de faire une nouvelle méthode. On veut écouter les Français. J'ai entendu qu'ils proposaient un Conseil national de la refondation. Bon, bah, chiche. Alors, allez-y, écoutez les Français. La première manière d'écouter les Français, c'est de leur proposer à un référendum de reporter ou pas l'âge de départ à la retraite. Mais il ne le fera pas. Vous savez très bien pourquoi il ne le fera pas. Parce que vous avez 80-85% des Français qui sont opposés au report de l'âge de départ à la retraite. Donc, il ne rentrera pas dans cette voie-là. Donc, autant qu'il renonce dès maintenant à sa réforme.
Mais comme il n'a pas l'intention de le faire, c'est pourquoi c'est très important d'être très nombreuses et très nombreux dans la rue. Et ça commence ce dimanche.
Vous êtes pour la taxe sur les super-profits. Mais c'est quoi un super-profit ? Quels seront les critères pour vous ?
Dans la proposition de loi que nous avons formulée, on qualifie de super-profits les profits qui sont de 25% supérieurs cette année à la moyenne des profits réalisés entre 2017 et 2019. Jusqu'à peu, Bruno Le Maire disait les super-profits, je ne sais pas ce que c'est. Puis maintenant, il s'est rallié à la proposition de la Commission européenne. Et la Commission européenne, elle, elle considère qu'un super-profit, c'est de 20% supérieur à ce qui a été réalisé sur les 4 années précédentes.
Pourquoi pas ?
Là, il faudrait peut-être interroger M. Le Maire puisqu'il nous disait qu'il n'y avait pas de super-profit. Maintenant, il est d'accord pour dire qu'il y en a et qu'il faut les mettre à contribution. Donc maintenant, il faut aller au bout de la logique et donc il faut mettre en place une taxe sur les super-profits. En France, on considère qu'on peut récolter entre 15 et 20 milliards d'euros. C'est conséquent. C'est un tiers du budget de l'éducation nationale pour que les gens comprennent de quoi il s'agit. Vous avez des entreprises qui s'en sont mis plein les poches. Le patron de CMA, CGM a vu sa fortune personnelle passer de 6 milliards à 36 milliards d'euros.
30 milliards d'euros dans une année. Imaginez quand même que c'est légitime de dire qu'il doit partager un petit peu.
Manuel, c'est compliqué quand même pour LFI en ce moment.
Je ne crois pas. Écoutez, il me semble que tous les sujets dont j'ai parlé aujourd'hui qui sont des sujets sur lesquels la France Insoumise est à l'avant-garde de ces vraiment-indications-là depuis le début de l'interview.
Vous vous dites sans doute bon, pour l'instant, elle ne m'a pas parlé de l'affaire Quatre-Nins.
Non, moi je ne veux pas. Mais écoutez, moi je vais vous dire ce qui m'intéresse et ce qui est important pour les Françaises et les Français aujourd'hui. Or, la réalité, c'est que les gens sur le terrain aujourd'hui, leur problème c'est comment je vais finir à la fin du mois ? Comment je vais faire mon plein d'essence ? Comment je vais pouvoir je vais au supermarché ? Et ma note, elle a augmenté de 50% ou de 100%. C'est ça les sujets. Donc la question, c'est comment on répond à ça ? Comment on répond à ces revendications ?
Vous ne pouvez pas nier que c'est quand même extrêmement compliqué. On ne va pas se raconter d'histoire. On a presque l'impression même que vous cherchez quand même en donnant des phrases. Je voudrais qu'on écoute ce que Jean-Luc Mélenchon a dit hier pour défendre Adrien Quatre-Nins. Écoutez.
C'est un non. C'est un ligne charge. C'est une sorte de répétition de gifles politiques qui lui sont donnés du matin au soir dans tous les médias. Alors moi j'ai dit mon affection pour lui c'est un des plus brillants et ce n'est pas un violent parce qu'il a été violent une fois. Vous dites il peut revenir à l'Assemblée nationale il doit même revenir à l'Assemblée nationale et il peut s'exprimer à l'Assemblée. Évidemment.
Des gifles politiques sérieux ?
Depuis plusieurs semaines maintenant clairement il y a eu sur le cas d'Adrien Quatre-Nins une focalisation médiatique qui de mon point de vue est excessive. Je l'ai toujours dit et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon l'a dit également une gifle est toujours inacceptable. C'est une évidence d'ailleurs nous avons pris une réponse qui est une réponse qui se prend des gifles politiques. Attendez laissez-moi terminer. C'est là-dessus que je vous interroge. Oui mais moi je vous réponds Adrien Quatennin c'était co-ordinateur de notre mouvement il ne l'est plus aujourd'hui. C'est bien qu'on considère que la gifle dont il a parlé elle est inacceptable.
Bon maintenant pour le reste il me semble que tout a été dit sur le sujet. Ça fait 4 semaines qu'on en parle. Il y a une affaire judiciaire qui est en cours. Donc maintenant que cette affaire judiciaire arrive jusqu'à son terme et puis ensuite on pourra prendre ou pas des dispositions supplémentaires.
Je ne veux pas me dire que c'est nous qui cherchons mais le mot gifle pardon Jean-Luc Mélenchon dans sa réponse il n'est pas du tout obligé de dire qu'Adrien Quatennin se prend des gifles politiques. Est-ce que c'est l'inconscient ou est-ce que c'est de la provocation ?
Mais écoutez franchement Jean-Luc Mélenchon a dit je pense il l'a dit de manière très claire et dès le premier jour où Adrien Quatennin s'a fait ses révélations qu'une gifle était toujours inacceptable. Il l'a dit de manière très claire mais vous avez cherché à écouter son premier tweet pas son deuxième écoutez franchement vous n'êtes pas obligé de partager le point de vue de Jean-Luc Mélenchon et d'ailleurs lui-même a dit je sais bien que je sois critiqué sur ce sujet et il a dit je préfère un excès d'indignation un excès d'indifférence sur la question des violences sexistes et sexuelles et je suis d'accord avec lui sur ce sujet. Maintenant on va arrêter de parler que vous arriviez
à convaincre Clémentine Autain Clémentine Autain elle est quand même députée de la France mais j'ai dit hier sur BFM TV elle a dit je ne partage pas les mots
et elle en a tout à fait le droit maintenant je vais vous dire ce qui nous rassemble tous Clémentine Autain Jean-Luc Mélenchon moi-même ce qui nous rassemble tous c'est la volonté de lutter contre les violences sexistes et sexuelles et nous sommes vous l'avez dit tout à l'heure dans l'examen budgétaire nous allons faire comme nous l'avons fait à chaque reprise il y a eu une main courante écoutez laissez-moi terminer parce que peut-être que ça ça vous intéresse
la manière de lutter
peut-être que ça vous intéresse la manière de lutter concrètement contre les violences sexistes et sexuelles nous allons faire nous allons déposer un amendement dans l'examen budgétaire pour accorder un milliard d'euros à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles c'est ce que demandent les associations depuis plusieurs années et que le gouvernement d'Emmanuel Macron n'a jamais accepté j'espère puisque au moins si cette situation a pu avoir un mérite c'est de mettre cette cause juste la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au coeur de l'actualité j'espère que l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale se retrouveront autour de ces causes justes et votront en faveur de cet amendement vous reconnaîtrez Emmanuel Bompard
vous reconnaîtrez Emmanuel Bompard que quand il y a eu une main courante une plainte à nouveau la plainte est tombée la semaine dernière et que vous vous continuez à dire écoutez ça va passons à autre chose
mais j'ai pas dit ça moi en fait je n'ai jamais dit ça
Jean-Luc Mélenchon dit il peut revenir à l'Assemblée il se prend des gifles politiques
écoutez Apolline de Malherbe personne aucun d'entre nous Jean-Luc Mélenchon non plus n'a dit que les faits qui étaient reprochés à la dernière quatrième ce n'était pas grave jamais personne n'a jamais dit ça donc il ne faut pas faire dire aux gens l'inverse de ce qu'ils ont pensé moi je vous dis que cette cause la lutte contre les violences vous n'avez pas le problème
avec le mot gifle utilisé par Jean-Luc Mélenchon ça ne vous pose aucun problème
de quoi ?
gifle politique mais je n'ai même pas entendu
qu'il avait dit gifle politique mais j'écouterai si vous voulez mais si ce que vous me demandez c'est si je considère que les faits qui sont reprochés à Adrien Quatennin sont graves je vous ai répondu oui pour autant je trouve qu'il y a une forme de focalisation médiatique sur le cas d'Adrien Quatennin ce que je trouve à géométrie variable par rapport aux faits graves qui sont reprochés à d'autres responsables politiques on n'a pas parlé pendant un mois des accusations qui sont perpétrées à l'encontre de Damien Abad qui siège toujours aujourd'hui à l'Assemblée Nationale alors qu'il est sous l'objet d'accusations de viol voire de viol après avoir drogué la personne
il n'est plus dans aucun groupe Apolline de Maler ce que vous dites est faux mais là ce que vous êtes
en train de dire est faux il n'est pas dans aucun groupe Damien Abad siège à l'Assemblée Nationale au sein du groupe de La République En Marche donc je trouve qu'il y a une forme de deux poids deux mesures sur le cas d'Adrien Quatennance et Jean-Luc Mélenchon a raison de le souligner voilà pour le reste les faits qui sont reprochés à Adrien Quatennance ne sont pas mais je n'ai pas dit mais enfin je ne sais pas ce que vous voulez me faire dire mais je crois que j'ai été très clair et par ailleurs
il est apparenté Renaissance mais il n'est plus dans le groupe
Damien Abad il n'est plus dans le groupe vous vérifiez vos informations
promis je vérifierai il n'y a aucun problème Manuel Bonpas
je pense que vous vous êtes trompé mais ce n'est pas grave ça arrive tout le monde peut se tromper vous voyez moi aussi donc ça arrive à tout le monde de se tromper maintenant le sujet c'est comment on utilise entre guillemets utiliser peut-être pas le bon mot cette situation pour faire avancer cette cause juste de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles j'ai fait une proposition sur le sujet et j'espère que vous aurez la même attention médiatique pour savoir qui la vote et qui la vote pas alors là-dessus
vous pouvez parfaitement compter sur moi et c'est un mauvais procès Manuel Bonpas député de la France Insoumise de Boulgeroun
Manuel Bompard