ABOUBAKAR CISSÉ TUÉ DANS UNE MOSQUÉE / RACISME, ISLAMOPHOBIE : LES MOTS QUI DÉRANGENT LA MACRONIE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteÉludée
Pourquoi le terme islamophobie crispe-t-il autant dans les rangs du gouvernement ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Les députés macronistes préfèrent parler d'acte antimusulman. Pourquoi cette gêne ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Le RN nie l'existence de l'islamophobie. Comment analysez-vous cette position ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Ces réactions politiques semblent minimiser le phénomène. Qu'en pensez-vous ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les responsables politiques évitent-ils le terme islamophobie ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur a refusé de rencontrer la famille d'Aboubakr Cissé. Quel message cela envoie-t-il ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Sophie PrimasFait
« Je pense que l'acte antimusulman qui a été proféré dans le gare cette ce weekend mérite toute la dignité et toute la mobilisation de l'État du ministre de l'intérieur. »
- 6:00Julien OdoulFait
« L'islamophobie est un concept des frères musulmans qui vise à criminaliser toute critique de l'islam. »
- 10:00Fatma Bouvet de la Maison NeuveChiffre
« 1 million de personnes selon la CNCDH, 1 million de personnes dans le rapport de 2024, le rapport de 2025 va sortir bientôt disait que 1 million de personnes en France se déclaraient victimes de racisme. »
- 12:00Fatma Bouvet de la Maison NeuveFait
« Il n'y a aucune structure étatique aujourd'hui, aucune structure officielle qui se penche sur la question du racisme. »
- 18:00Aurore BergerFait
« La République ne trie pas selon ses victimes parce que l'essence même de la fraternité, c'est d'avoir autant mal quand on a une personne qui est assassinée parce qu'elle est musulmane qu'une personne qui est assassinée parce qu'elle est juive. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247, et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Au cœur de l'actu, l'émission d'actualité du soir sur le média diffusée du lundi au jeudi à 19h en direct sur le canal 165 de la Freebox sur Molotof et sur le médiatv.fr.
FR et pour m'accompagner dans cette émission, comme tous les mardis, l'excellent Bellir Nabli, professeur des universités en droit public et cfondateur de Chronique, un collectif engagé dans le débat public, également auteur de multiples ouvrages dont l'état, droit et politique aux éditions Armand Colin et relations internationales, aux éditions pédon et aujourd'hui l'actualité actualité oblige. Le sujet du racisme et de l'islamophobie sera le fil rouge de cette émission après le meurtre d'Abouakar Sissé, violemment assassiné vendredi dernier dans une mosquée de la grande combe dans le Gare. Et pour analyser les ressorts racistes de cet acte, mais aussi d'une France en perpétuel tiraillement sur son rapport à l'altérité et à la différence, Bellir et moi sommes accompagnés de Fatma Bouvet, maisonneuve, écrivaine et psychiatre, autrice de l'ouvrage Debout, tête haute manifeste de pour répondre au racisme aux éditions carton rouge.
Voilà pour le décor de cette émission Place à au cœur de l'actu. [Musique] Bonjour Fatma, bonjour Bellir. Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors, avant de vous donner la parole à tous les deux pour analyser euh les événements des derniers jours aux média, nous avons tenté depuis hier de confronter les politiques à la réalité de l'islamophobie, parfois niée, sinon encouragé par certains à travers des déclarations. Euh lundi matin, lors du compte-rendu du conseil des ministres, notre collègue Lisa Lap a interrogé Sophie Prima, la porte-parole du gouvernement sur l'islamophobie.
Pourquoi le fait et le terme crispe autant dans les rangs du gouvernement ? Écoutons la réponse quelque peu gênée de la ministre. Je crois que tout ça mérite beaucoup de dignité et ne mérite pas que nous nous échapions les uns et les autres sur du vocabulaire.
Je pense que l'acte antimusulman qui a été proféré dans le gare cette ce weekend mérite toute la dignité et toute la mobilisation de l'État du ministre de l'intérieur. Mais vous savez que le premier qui a réagi, c'est le premier ministre. puis le président de la République, le ministère le ministre de l'intérieur, l'ensemble du gouvernement.
Euh la loi protège la foi. La fin de la phrase étant que la foi ne dicte pas la loi, mais la loi protège la foi. Et donc nos compatriotes musulmans dans l'exercice de leur religion doivent être protégés comme tout un chacun dans l'exercice de sa religion ou dans sa sécurité s'il n'a pas de religion.
Donc je ne veux pas faire de polémique sur les mots et je ne m'arrêterai sur euh ce cette volonté de ne pas faire de polémique. Nous sommes dans un cas qui mérite de la dignité, de la gravité. Alors un peu plus tard dans la même journée, nos reporters Lisa Lap et André Manivit se sont rendus à l'Assemblée nationale pour prendre le pou du côté des députés.
Ils ont posé la question aux députés ensemble pour la République, la majorité euh macroniste. Pierre Alexandre Anglade, le malaise est quasiment le même et se déporte sur le débat sémantique. Il préfère parler d'un acte antimusulman.
J'appartiens à un groupe du bloc central ensemble pour la République quel groupe du président de la République et de Gabriel Atal. Et moi, j'ai pas de problème à dire qu'il y a de la haine envers les musulmans dans notre pays comme il y a de comme il y a de l'antisémitisme. Et ce qui est important, c'est de ne pas instrumentaliser au fond ces fléaux qui heurent la sensibilité et même qui impactent très directement la vie de millions de nos concitoyens.
La France, c'est le pays d'Europe qui a la plus grande communauté juive et qui est en même temps la plus grande communauté musulmane. Et dans la vie de tous les jours, ces communautés, elles arrivent à vivre de manière souvent apaisée dans beaucoup de coins de notre pays. Il faudrait pas que le débat politique vienne défaire ce que la République a été capable de faire pendant des années.
Et donc moi, je me méfie des discours incendiaires qui peuvent exister parfois à l'extrême droite ou à droite et parfois à l'extrême gauche ou au sein de la gauche comme on peut le voir sur d'autres sujets. C'est à nous responsable politique d'essayer de de préserver cet idéal républicain qui malheureusement s'abîme aujourd'hui en France. Je note que vous dites pas le mot islamophobie, vous dites haine antimusulman.
Il y a est-ce qu'il y a une gêne ou il y a pas il y a pas de gène, il y a une controverse sur cette définition qui peut parfois être alimentée. Moi, j'ai pas de problème à vous dire islamophobie mais j'entends que certains veulent veulent l'instrumentaliser. Donc moi, je veux pas verser dans l'instrumentalisation.
Il y a de l'antisémitisme, il y a de la antimusulman qui peut être qualifié d'islamophobie. Il y a pas de problème sur les termes. Du côté du Rassemblement national, pas de surprise, l'islamophobie n'existe pas.
C'est une invention islamiste. Écoutez Julien Odoule, député Ren au micro de Lisala Pandri Manifi. Ce n'est pas islamophobe.
L'islamophobie encore une fois n'existe pas. L'islamophobie est un concept des frères musulmans qui vise à criminaliser toute critique de l'islam. Donc que ce soit un drame atroce qui doit être condamné, que ce soit de la haine anti-musulman si c'est le cas effectivement ça doit être condamné extrêmement durement.
J'observe que nos compatriotes de confession musulmanes ne sont pas les seules. Malheureusement que toute la société est soumise à ce climat de violence. Vous avez un rabin qui est agressé devant sa synagogue.
Vous avez des catholiques qui ont été égorgés à Nice ou à Sainté du Rouger comme le le père Amel. Vous avez un un un prêtre qui a été qui a été égorgé. Donc vous voyez que toute notre société aujourd'hui est en proie à cette violence, une violence totalement débridée, il faut savoir la nommer mais rentrons pas dans des concepts qui visent justement à diviser et qui vise à faire avancer une idéologie qui est ennemie de la République qui s'appelle l'islamisme.
Alors Fatma Bouvet de la Maison Neuve, que vous inspirent ces ces réactions politiques qui ont quand même l'air de euh essayer de contrebalancer de de dire qu'en fait il n'y aurait pas de phénomène systémique euh qui presque qui s'agirait d'un fait divers. Moi je vais vous dire une chose, toutes ces contorsions sémantiques et le fait de dire qu'on n'est pas pour le terme pour utiliser le terme islamophobie parce que ce serait instrumentalisé mais qu'on préférerait utiliser le terme antimusulman parce que le terme islamophobie a été toute cette polémique n'est pas digne du moment. 1 2 c'est un phénomène assez classique en psychologie.
Euh c'est un phénomène manipulatoire en fait parce que il tourne autour de quoi ? qui tourne autour d'une réalité qui est niée, qui est dans dénier depuis depuis les indépendance qui est cette ce racisme ce racisme à l'encontre des personnes issues des anciennes colonies qui se transforme depuis un certain nombre d'années en effectivement racisme et islamophobie. C'est le sujet central de la France aujourd'hui réellement et on essaie de le noyer avec cette espèce de dispute sémantique mais en évoquant toujours le mais il y a eu des actes antisémbites mais il y a eu des actes antichrétiens mais évidemment évidemment mais il se trouve qu'aujourd'hui on les interroge sur un sujet précis qui est le racisme. anti-arabe, antinoir, antimusulman, le rejetes, des noirs, des musulmans.
Pourquoi n'en parle-ton pas aujourd'hui en France très clairement ? D'ailleurs, il n'y a aucune structure étatique aujourd'hui, aucune structure officielle qui se penche sur la question du racisme. 1 million de personnes selon la CNCDH, 1 million de personnes dans le rapport de 2024, le rapport de 2025 va sortir bientôt disait que 1 million de personnes en France se déclaraient victimes de racisme. uniquement 4 % porte plainte et très peu de plaintes aboutissent et c'est sous-estimé parce que vous savez comme moi, comme on peut l'entendre, les freins qui peuvent être posés lorsque on a besoin de porter plainte, lorsqu'on est en souffrance.
Hm. Donc 1 million, mais est-ce que vous imaginez 1 million de personnes qui se déclarent victimes de racisme sans compter tous les rapports qui se qui tombent régulièrement, qui se ressemblent, qui se répètent, d'élite faciè, discrimination à l'embauche, discrimination à l'hébergement, euh tout un tas de choses, à la promotion et cetera. Ce sont des éléments dont on dispose.
C'est des choses concrètes dont on dispose mais on on ne veut pas aller droit sur le sujet de du racisme et de l'islamophobie. On y reviendra. On y reviendra et sur le cœur de ce bouquin que de ce livre, ce petit livre que vous avez écrit, bélir les réactions politiques comme le disait Fatma, essae de contrebalancer à chaque fois en ressortant les autres actes à la fois antisémites ou antichrétien qui peuvent être commis.
Mais cela nourrit un deux poids de mesure évident aussi. Il y a deux trois choses à dire vraiment de manière très très claire. Premièrement, s'il y a une telle méfiance vis-à-vis du terme islamophobie de la part d'un certain nombre de responsables politiques, c'est parce qu'il y a eu tout un travail idéologique euh de nourri par le confusionnisme qu'incarne un certain nombre d'acteurs publics incarnés notamment par Caroline Forest, mais pas seulement puisque sa parole et ses faux arguments sont prolongés par des portees-paroles du Rassemblement national Et avec ce résultat infiné, c'est que finalement un terme qui a été euh qui est né historiquement il y a plus d'un siècle dans les écrit officiel de haut fonctionnaires français euh et de scientifiques, notamment un anthropologue, monsieur Marti, qui a écrit un livre sur euh dont le chapitre porte dont un des chapitres porte sur l'islamophobie pour reprendre le terme qu'il utilise lui-même il y a plus d'un siècle.
Et bien voilà, en 2025, on s'interroge encore sur euh la nature et la portée de ce terme qui veut bien dire ce qu'il signifie, à savoir cette haine contre l'islam et ceux qui l'incarnent humainement, à savoir les musulmans. Deuxièmement, effectivement, ça a été dit s'il y a une telle défiance par rapport à l'utilisation du mot, c'est parce que ce qui pose problème, c'est la chose qu'il recouvre, à savoir finalement le fait de ne pas vouloir assumer politiquement le phénomène de haine contre les musulmans en France. Voilà, c'est ça tout simplement.
Et lorsque Fatma rappelle la succession de rapport, ce qui est remarquable, c'est pas la succession de rapport, c'est l'inaction, la passivité de la puissance publique derrière. Ça c'est remarquable. Et enfin, troisièmement, pour répondre plus directement à ta question sur finalement le de poids de mesure, c'est que lorsque ces responsables politiques disent "Attention, il n'y a pas que des actes contre les musulmans, les autres communautés ou d'autres individus issus, d'autres communautés sont également frappées." Il y a une différence aujourd'hui remarquable, c'est que la haine de l'islam et des musulmans, elle est incarnée au sommet de l'État dans les institutions de la République, à l'Assemblée nationale, parmi la représentation nationale, ce qui n'est pas le cas ce qui n'est pas le cas de ceux qui sont tenants d'une haine contre les chrétiens, les juifs ou les athées.
Et ça c'est un fait exceptionnel et distinctif. et également dans un parti qu'on annonce potentiellement, je le rappelle, comme euh peut-être celui euh celui pour parler plutôt du RN, comme peut-être celui qui sera au aux manettes dans dans un des Oui, mais pas seulement et c'est bien le problème, il y a pas que le RN aujourd'hui qui euh assume plus ou moins clairement euh cette haine contre les musulmans ou qui porte un discours avant de venir, on a vu que à l'Assemblée nationale, il y avait deux groupes qui ont refusé de de respecter la minute de silence et bien les LR et le RN les LR sont quand même considérés comme un j'ajouterai attends pardon Fabrice c'est important cet arc islamophobe il va jusqu'à une certaine gauche il faut le dire très clairement très simplement je veux dire celui qui a normalisé qui restera dans l'histoire de la 5e République comme ayant normalisé institutionnalisé un problème républicain je dis je parle de la 5e République. Si tu remontes à la 3e République qui était un état colonial, naturellement tu retrouves cette équation.
Mais sous la 5e République quand même, c'est Manuel Vals, premier ministre socialiste qui a diffusé, normalisé, institutionnalisé un problème musulman en France. Donc ça tu vois c'est pas le Rassemblement national, c'est pas le Front National qui était encore à cette époque marginalisé ou relativement marginalisé. H donc il y a cette responsabilité historique qui se traduit aujourd'hui politiquement par le fait que l'islamophobie ne se réduit pas à un parti, à une force politique, mais au contraire constitue quelque chose de transpartisan, de consensuel au sein d'un certain bloc et qui aujourd'hui ce bloc est plus ou moins au pouvoir tout simplement soit au pouvoir au sens culturel du terme, soit au pouvoir au sens institutionnel du terme si le RN devait accéder au pouvoir avec l'appui d'autres forces politiques et d'ailleurs, on sent cette cette gêne l'Assemblée nationale, vous le disiez a rendu hommage à Aboubakar Sissé en en observant une minute de silence.
C'était ce mardi 29 avril à l'ouverture de la la séance des questions au gouvernement. Mais avant de rendre cet hommage, il y a eu un imbroglio autour de 7 minutes de silence parce que il y a Elb Bron Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, euh avait refusé dans un premier temps. Euh euh on a on sent qu'il y a un inconfort de la part.
Oui. Et puis un retard de réaction autant que euh le ministre de l'intérieur a mis du temps à réagirant que le président de la République n'a réagi que avant-hier, autant sur Twitter, en est-ce que ça suffit. Autant que le premier ministre fait un tweet, "Personne ne s'est déplacé, personne n'a fait de discours pour unir la nation. quand on est en situation de deuil, c'est quand même tragique.
C'est quand même quelqu'un qui était dans un lieu de sécurité, dans un lieu sécurisé euh et qui se fait prendre qui est en plus dans un geste de bonté parce que visiblement il devait apprendre à faire la prière à cette personne et qui se fait euh assassiner par 50 coups de couteau. Mais c'est euh comment dire ? Et tout le monde devrait avoir le cœur qui saigne.
Tout le monde devrait avoir le cœur qui saigne. Toute la nation. C'est c'est comme ça qu'on fait euh une unité nationale, la République, mais ils ont mis du temps à réagir parce que d'ailleurs ils ont commencé par dire que c'était une rix entre deux évidemment parce que parce que des musulmans euh noirs ou arabes, ça ne peut être que des délinquants qui se disputent et qui se se mettent sur la gueule ou qui s'entretue.
Après, on a entendu d'autres hypothèses, mais que ce soit hélas un un fait aussi tragique qu'un homme qui est victime de racisme, qui est qui est qui est la victime tragique d'un acte d'un assassinat raciste, ça ne pouvait passer par l'esprit de personne. On nous a dit qu'il fallait du temps pour vérifier les infos et cetera, mais pourquoi faut-il autant de temps pour vérifier des informations au sujet d'un musulman qui est assassiné et moins de temps et plus de précipitation pour d'autres ? on va me dire, tu es dans la comparaison victimaire.
Mais il n'empêche que aujourd'hui il y a une atmosphère, il y a un bain général, un un bain politique et médiatique. Parce que moi je tiens pour responsable, je vais aller un petit peu plus loin, je tiens pour responsable des propos politiques, des propos de certains médias qui aujourd'hui sont à l'origine de cette espèce de de de passage à l'acte de passage à l'acte violent à travers une sémantique, à travers une idéologie qui est pregnante dans certains canaux de communication. Et donc je je n'ai pas envie de les citer parce que ce sont d'ailleurs des médias qui traumatisent qui traumatisent, j'ai appelé ça le médiia trauma euh et qui tourne en boucle sur euh migratoire et nourrissent cette haine.
Alors combien enfin nous serions les musulmans, les noirs, les arabes nous serions à l'origine du dérèglement climatique. Parfois c'est parfois c'est c'est d'un cynisme. Parfois ça ça nous ferait rire même, mais c'est tellement douloureux de se prendre ça dans le bide tous les jours.
Tous les jours et sans complexe jusqu'au ridicule. Et en plus, je voudrais quand même rajouter une chose parce que il faut souligner le niveau d'ignorance de ces personnes qui a à scène ce type de propos quoi, que ce soit issu de la classe politique ou issue de certains médias. C'est du c'est d'un niveau, on se moque du niveau de Trump mais vraiment vraiment on le on le concurrence bien quoi.
Mais pour pour plus rapper vos propos Fatma, on a appris cet après-midi par l'intermédiaire de de TF1 et Paul Routurou que Bruno Retaillot a refusé de de rencontrer la famille d'Abouakar Sissé. Euh ce qui illustre encore une fois le fait que la compassion à l'échelle politique n'est absolument pas de la provocation la même cherche, je pense qu'il jouera encore sur un enfin il va créer un jeu de mots, une forme de confusion sur une un malentendu. essayer de s'en sortir en mais en vérité le message il est clairement passé pas vis-à-vis de nous en fait mais vis-à-vis de son électorat et vis-à-vis du de l'électorat du RN qu'il cherche à sier dans son présidence à la fin dans une campagne interne LR et il vise 2027 et donc il vise à à siphonner le RN et il n'y a il ne se pose aucune limite dans cette perspective là et donc et donc faut faut aller jusqu'au bout de notre raisonnement. il y a une responsabilité politique d'avoir à la fois nommé un tel ministre de l'intérieur, de le laisser en exercice en fonction et s'interroger aussi sur cette partie de la gauche qui a soutenu ce gouvernement et n a refusé jusqu'à l'heure de le faire tomber eu égard à ce qu'il incarne, à ce qu'il diffuse comme message politique sur au-delà de Retaille par rapport à ce que tu disais sur le niveau d'ignorance qu'incarne les portes porte voix de cette xénophobie.
C'est ça qui est remarquable aussi, c'est souvent on assimile le racisme à des gens à l'ignorance de classe populaires qui seraient isolé et qui seraient bombardé aussi de de messages médiatiques. Mais il y a pas que ça. Il y a il y a ceux qui pensent la chose et qui sont convaincus de la chose raciste et racialiste.
Et ça donc c'est une manière de souligner la responsabilité aujourd'hui comme hier. comme hier euh de cette élite sociale qui aujourd'hui fait tomber le masque. Alors moi je parlais justement de ceux que qui se prétendent intellectuel parce que si je peux me permettre de parler de intellectuels, moi ce que je vise c'est plutôt le nouvel électorat qui fait tomber le masque, l'électorat de de Zemour en particulier, c'est des gens du de de l'Ouest parisien.
C'est des c'est des citoyens de Neïou c'est de ceuxl que je parle qui sont supposés être instruits et théoriquement l'instruction ouvre. Et c'est en cela que c'est un signe de basculement aussi. Ouais.
Mais quand tu disais que le que Retaillot est dans un un Je suis très très choquée hein par sa décision de ne pas vraiment je suis très choquée. Euh je pense que ça nous vise aussi. Je pense que c'est une provocation vis-à-vis de ceux qui de de nous, de ce qu'on représente, de quand même une catégorie très importante qui fait aujourd'hui euh quand même l'économie française, le fait que ce pays fonctionne, tienne encore.
Nous sommes des citoyens français, on a des enfants ici. C'est une attaque directe. on on peut faire ce qu'on veut que l'on soit pratiquant pas pratiquant mais à partir du moment où on est dans ce genre de situation on s'identifie à la personne qui nous ressemble, on s'identifie à la personne qui a été assassinée et ne pas ne pas reconnaître c'estàd quand quand il refuse d'aller symboliquement c'est une façon de mettre un trait c'est une façon de déshumaniser la personne. une façon de mettre un trait sur sa vie, sur ses sur sa famille, sur le lien qu'il a et sur la douleur des personnes qui qui pleurent cette qui pleure son enfant en fait 22 ans et mais c'est ça nous provoque aussi en fait.
Alors alors juste avant de te donner la parole Bellir dans le bal des hypocrites, on a entendu des paroles qui ont l'air plus ou moins sensé. Je vous propose d'écouter euh Aurore Berger euh ministre délégué chargé de l'égalité euh euh femme et hommes et aussi de la lutte contre les discriminations. Que la République ne trie pas selon ses victimes parce que l'essence même de la fraternité, c'est d'avoir autant mal quand on a une personne qui est assassinée parce qu'elle est musulmane qu'une personne qui est assassinée parce qu'elle est juive.
Et l'universalisme c'est dans le même mouvement condamner toutes les formes de haine et combattre toutes les formes de haine avec la même intransigence. Et c'est ce qui est mis en place évidemment par l'État à la fois pour garantir que l'auteur des faits soit appréhendé, traduit en justice en France pour sécuriser les lieux de culte quels que soient les lieux de culte et pour garantir à chaque personne vivante en France qu'il soit français ou non d'y vivre en sécurité qu'il soit qu'il pratique une religion ou qu'il n'en pratique aucune et quelle que soit sa religion évidemment. Alors Bellir quand on entend Aurore Berger, Bruno Rota Darman également, on a envie de leur ressortir leur déclaration habituelle hein ou dans une hypocrisie assez claire là aujourd'hui il nous parle de de vivre ensemble alors que dans les discours des discours habituels sur la laïcité, l'intégration, la menace séparatiste se cache souvent une stigmatisation ciblée et plutôt assumé Mais c'est clair que si on parle comment dire d'égalité de non discrimination, c'est pas berger qu'on pense instinctivement ou spontanément.
Non, pour moi, elle incarne quand même quelque chose. On a parlé de la responsabilité des acteurs publics et des responsables politiques dans l'espèce de dégradation du débat public, le confusionnisme. Là, on a un magnifique exemple obje enfin il suffit de citer un exemple objectif.
Elle a diffusé des fake news en tant que ministre et pas qu'une seule fois. Pas qu'une seule fois. Et d'ailleurs en en rappelant cela, j'établis un fait et je trouve ça extrêmement remarquable et je pense pas que je sois le seul à établir cette forme de continuité de la séquence médiatique.
Le désarroi qu'on a aujourd'hui, qu'on vit ou qu'on ressent aujourd'hui, il est de même nature que durant la séquence médiatique qui n'est pas terminée sur le traitement des massacres à Gaza. Parce qu'au cœur, il y a le même sentiment, celui de la déshumanisation de l'autre. La déshumanisation des des Palestiniens, c'est celle que subit aujourd'hui euh monsieur Sissé et d'ailleurs illustré par le mépris qu'on souvent les les pouvoirs politiques et même la même déshumanisation et derrière la même le fait de sanctionner des voies proalestiniennes qui se mobilisent en en France.
Oui, mais au-delà même de la réaction publique ou politique, à la base, tu as le même problème. Il y a ces personnes, ces responsables publics, politiques, on vivent avec un sentiment de différenciation vis-à-vis de ces Palestiniens, de ces immigrés, de ces français, d'une autre religion que et cetera. Et ça c'est le problème aujourd'hui qui euh déstructure la démocratie ou la République française, mais également les démocraties modernes qui se sont construites sur l'humanisme et sur l'universalisme des droits.
Et à partir du moment où tu as des forces politiques qui déconstruisent ces deux fondamentaux, ce sont ces ordres politiques et sociaux qui s'écroulent sur eux-mêmes. C'est ce à quoi on assiste aux États-Unis, en France et ailleurs. Alors Fatma, dans ce juste sur la question de sécurité quand même, si vous permettez, je quand même envie de dire que c'est faux que tout le monde est en sécurité et que qu'il garantissent la sécurité de tous.
Euh je vais pas citer euh euh tout ce que j'ai en tête, mais le délit de les délites faciè l'État français a perdu contre les condamnations pour les délites faciè c'était des jeunes qui ont été menacés qui n'étaient pas en sécurité face à la police qui théoriquement devait les mettre en sécurité. J'ai en mémoire tout récemment des mamans en pleur au téléphone à la suite du de l'assassinat de Naël qu'on va dont on va commémorer l'anniversaire bientôt 2 ans qui sont terrorisés parce qu'elles ne savent pas si leurs enfants vont rentrer ou pas le soir. Donc il y a un sentiment d'insécurité, il y a même un sentiment d'insécurité, je dirais psychique au travail.
Il y a une décomplexion aussi au niveau professionnel des propos discriminatoires, des propos raciste. Les syndicats l'avaient mentionné, l'avaient souligné mais comme comme on le disait tout à l'heure, on soulligne mais il y a aucune initiative qui est prise. Donc la question de la sécurité, moi je je pense au contraire qu'il y a qu'il y a de plus en plus de personnes qui se sentent en insécurité ici parce qu'elles ont la tête qu'elles ont. dans ce cet ouvrage, vous parlez même de d'un d'une toxicité ambiante en France.
Euh aujourd'hui, la situation est décuplé par tous ces calculs politiciens euh qui finalement ignorent le le le la gangraine de la haine en fait que que peuvent qu'ils peuvent semer au sein de la société. Moi, je sais pas s'il l'ignore et moi je pense que il y a un système pervers au sens psychanalytique et psychologique du terme. C'est-à-dire que il y a un phénomène manipulatoire euh qui euh qui qui est en train de d'être en œuvre pour euh déshumaniser une partie de la population au profit du autre.
Et ce que euh ce que j'ai envie de dire parce que quand même il faut dire euh ce qui se fait aujourd'hui et des choses positives et que je suis en train de découvrir avec précisément le Tour de France que je suis en train de faire, c'est que euh finalement la population française euh et et d'ailleurs pas forcément l'élite, la population française ne se laisse pas avoir par cette manipulation. Je vais dans des endroits en France pour discuter de l'altérité, pour parler de valeur républicaine dans des endroits dont beaucoup ne connaissent pas le nom et c'est ces personnes font tout pour que je vienne malgré l'opposition des politiques. il y a une en fait il y a une une vie euh citoyenne et civique en France qui a pris euh qui a qui a pris j'ai envie de dire qui a flambé après la dissolution de l'assemblée et cette vie citoyenne n'accepte absolument pas les divisions.
Donc ce discours là en fait moi il y a un problème qui se pose à moi, c'est que ce discours là qu'on entend sans cesse à la télévision lorsqu'on va sur le terrain. Moi, je suis une femme de terrain. J'adore constater les choses.
Donc, je suis une femme de terrain par mon métier parce que j'écoute les gens, parce que j'ai prête attention et j'interprète. J'ai des petits philosophes dans mon cabinet tous les jours et euh je suis sur le terrain et sur le terrain en fait dans des zones rural dont on dit que elles sont racistes ou je suis extrêmement bien accueilli auprès de jeunes qui ont euh qui ont appris les valeurs républicaines, des enseignants qui se battent qui ont les les valeurs républicaines chevillé au corps, qui se battent contre le racisme qui ont envie que qu'il y ait des échanges, qu'il y ait une une inclusion la [Musique] la qui ont une politique comme ça de inclusive dans l'éducation, dans le vivre ensemble mais qui ne qui s'oppose en fait à ces politiques là. Et je me dis mais pourquoi ne vote-t-il pas ?
Et et alors moi je moi je pense que il y a il y a rien en face en fait et c'est pour ça que entre autres je pense que la gauche aujourd'hui est en est en faillite et ce qui me donne de l'espoir ça n'est que la société civile pour nous sortir de ce de ce de ce trauma parce que ce sont des mots qui font qui font mal. Les gens n'arrivent pas à dormir après certaines émissions. H on me dit des fois j'ai je j'ai envie d'aller écouter cette émission pour savoir le mal qu'on dit de moi, mais ensuite je n'arrive pas à m'endormir.
Docteur, je sais je suis masochiste, mais c'est comme ça. Je voudrais savoir ce qu'on dit de moi, le mal qu'on dit de moi, parce que on est persuadé qu'on dira que du mal de nous. Euh Bélire, c'est ce conditionnement médiatico politique finalement qui fait monter la haine et le racisme euh mais aussi monter l'extrême droite en France.
Oui, tu as raison parce que lorsqu'on parle de ces médiades, on pense un peu simplement au groupe Bolloré H mais en fait c'est faux. Encore une fois, la petite musique xénophobe, elle s'est diffusée dans l'ensemble du paysage médiatique. Il suffit de prêter l'oreille euh au différents canaux de l'audiovisuel public pour retrouver cette tonalité.
On la retrouve, on leur donne, on leur tend le micro et cetera. perçu par l'extrême droite comme étant à gauche alors que certains euh déroulent le tapis rouge au printemps républicain dont tu parlait euh tout à l'heure. Oui, c'est pas qu'une question de label.
Je veux dire si on devait par exemple masquer le nom ou l'identité, le visage des intervenants sur ces différents canaux du service public, on aurait l'impression en fait que ce sont des intervenants d'extrême droite du RN. En fait non, ils sont éditorialistes du service public, ils sont euh issus de fondation soi-disant de gauche et cetera et non en même temps, il diffuse en vérité euh un champ lexical, un imaginaire issu de l'extrême droite et c'est ça la nouveauté. Qu c'est la question de la représentativité aussi.
C'est-à-dire qu'il y a pas tous les avis, il n'y a pas tout euh tout ce enfin tout ce qui peut représente tout à fait tout ce qui peut représenter la multiplicité de de la société française et on peut en parler aussi pour les films, pour les séries, pour les publicités. Je me suis je me suis demandé pour la publicité pourquoi est-ce qu'il y avait pas de d'arabes dans les publicités françaises ? Et un jour pendant le mois de Ramadan, je prends le métro et je vois une publicité avec une femme qui a une tête de maghrébine.
C'était pour le couscous pour le mois de Ramadan. Voilà. Mais est-ce que vous pouvez me citer aujourd'hui une publicité dans lesquelles il y a quelqu'un qui aurait un qui aurait un faciè qui ressemble à au sud de la Méditerranée ?
J'en vois pas. Alors alors je pense que c'est même pire que cela parce qu'aujourd'hui au contraire comme ils sont cyniques en face euh ils peuvent s'appuyer sur le critère racial pour l'instrumentaliser et si en vérité il y a une plus grande visibilité de de ce qu'on appelle les racisés y compris au sein du groupe Boloré. Je me rends compte sur ces news lorsque je suis très fatigué en fin de soiré mais en fait ce sont c'est plus que des cautions.
Ce sont des porte-parole de la parole de des portees-paroles de la pensée d'extrême droite tout simplement. Et donc aujourd'hui pour le message qui est diffusé de manière vraiment pas très fine mais efficace à tous ceux je dire à ce qu'on appelle les racisés mais qui serait opportunistes voire cynique c'est en réalité adopter notre discours et vous aurez une carrière ou peut-être une une opportunité de de carrière ça passe pas mais on leur tend le micro et c'est une c'est un message qui qui fait très mal également parce que d'une certaine manière aussi c'est une manière aussi de d'abandonner une forme d'idéal pour céder à une réussite sociale à l'attrait de la de la lumière. C'est ce que j'appelle la perversion, c'est de la manipulation à tribande quoi.
C'est Oui. Et à la fin, on a affaire à des médiocres en vérité mais qui ne qui sont attirés par la lumière encore une fois. Alors, j'aimerais qu'on écoute le député LFI David Guirot qui euh prend un exemple assez significatif de ce deux poids de mesure qu'on évoquait.
Il parle du traitement qu'a eu le lycée musulman à Veres comparé à Betaram. On l'écoute sur ce sur l'assassinat islamophobe d'Abou Bakar. Je veux dire de la part d'un ministre de l'intérieur qui a quelques semaines disait "Ah bah le voile en plein meeting, c'est quand même difficile de pas voir une forme de lien." la même manière qu'aujourd'hui au sommet de l'État et de la part de nos gouvernants, on a à la fois des discours mais on a aussi des actes qui sont profondément islamophobe.
Ce qui se passe par exemple avec le lycée à Verouest, donc une rupture comme ça unilatérale du contrat d'association avec un lycée avec un établissement musulman privé alors que Betaram 150 plantes pour violence et violences sexuelles, il y a rien. On se dit pas qu'il faut fermer le lycée ou faire des expressions. Là, on en a des dizaines en un an sur cet établissement là.
Bah forcément au bout d'un moment, on commence à se poser des vraies questions sur le fait que les gens qui soient à la tête de l'État aujourd'hui ne soient pas aussi les pourvoyeurs de l'islamophobie. Alors Fatma, c'est ce cas est quand même assez euh assez significatif, hein. En plusieurs décennies, deux établissement seulement ont vu leur contrat avec l'État suspendu.
Les deux étaient des lycées euh musulmans. Et de l'autre côté, on a l'omerta total qui a euh qui a été euh euh en vigueur dans le cas de Betaram, les violences sexuelles, les violences tout court euh couvertes parfois par des politiques. Peut-être euh on le sait, il y a une commission qui arrive et qui va le déterminer, euh connu au sommet de de notre gouverneur actuel par le premier ministre Bairou, c'est quand même assez frappant la différence.
C'est frappant parce que on revient à la question de la de la représentativité et des stéréotypes. Ça les gêne en fait d'avoir des Arabes excellents. Ça les gêne.
Ça les gêne. La la l'arabe est vu comme forcément médiocre, précaire, peu instruit. l'arabe musulman noir mais des arabes qui auraient vin au bac qui feraiit les grandes écoles ou qui soient artiste ou je je ne sais quoi.
C'est c'est très gênant. Oui mais parce que ça rejoint une autre image je pense c'est celle de la menace. C'est plus une menace mais l'intelligence menace mais l'intelligence menace.
Mais c'est pour ça que je parlais d'ignorance tout à l'heure et que la meilleure lutte contre l'ignorance aujourd'hui, c'est quand même l'intelligence. La dernière polémique sur Twitter, l'une des dernières puisqu'elles sont quotidiennes autour du racisme, c'est précisément un raciste qui a mis en avant la liste de médecins patronymes arabaux. Je sens je sens particulièrement concerné qui parle de grand remplacement.
Voilà qui par mais vous voyez donc il n'a pas vu à travers cette liste qui s'appelle Ben Soussin lui déjà. on pourrait nous en parler de ce type de pathologie, mais ce que je veux dire par là, c'est très important, c'est très important, je pense, euh parce que je pense que c'est l'une des clé d'analyse de la montée et de l'extension du champ de l'électorat d'extrême droite, c'est qu'il y a plus seulement l'imaginaire ou l'image de de de la violence qui serait associée à l'immigré, à l'étranger, il y a aussi la question de la menace sociale. Il y a de plus en plus euh de racisés qui malgré tout en dépit de toutes les discriminations que qu'on connaît euh arrive à évoluer.
Oui. Mais ça étonne à bénéficier de la mobilité sociale. Ça étonne mais ça fait peur.
J'ai l'impression que ça fait peur pour un certain nombre qui voit traverser de réussite aussi minoritaire soit-elle comme une source de nouvelle forme de compétition à laquelle il n'était pas habitués non seulement pour eux mais aussi pour leurs enfants. Ça faut pas miner bien sûr. Vous avez pas forcément communiste j'ai quelques patiques patients qui me rapportent la réussite de leurs enfants par rapport à leurs voisins, on va dire franco-français et les voisins qui étaient amis et cetera. moment où l'enfant de du couple du couple maghrébain ou disons africain de façon générale réussit mieux.
Ah bah tiens, j'aurais pas cru. Ah bah vous voyez, il y a il y a cette C'est pour ça que je pense que il y a quand même un imaginaire colonial qui persiste dans l'esprit de beaucoup beaucoup de français même si il y a un travail qui a été fait un travail quand même le temps, l'habituation, on vit ensemble et cetera, mais il y a une façon encore de nous infantiliser, de nous tutoyer. Même quand je suis moi médecin, j'ai déjà été tutoyée sur un sur un plateau télé appelé par mon prénom.
Je suis spécialiste. J'étais à côté d'un médecin qui était généraliste et ça le l'animateur télé m'a appelé par mon par mon prénom et l'autre avait eu droit à du docteur. Moi j'ai bac + 15, le gars a bac plus je sais pas 6 ou j'en sais rien.
Mais mais nous on ça ne rentre pas dans la tête des gens qu'on soit qu'on qu'on soit éduqué. C'est c'est pas encore il y a toujours cette ce positionnement condescendant. Alors encore une fois je tiens vraiment parce que il y a beaucoup de gens qui le vivent je pense et que tout ce que tu rappelles est vrai naturellement renvoie ce refoulé colonial bien sûr mais il n'empêche il y a quand même une nouvelle dimension parce qu'à l'époque coloniale y compris sur le territoire métropolitain justement ces ces indigènes ces ces colonisés ces racisés d'aujourd'hui n'étaient pas perçus comme une source de menace économique et sociale.
Aujourd'hui, il y a cette dimension et c'est mal vécu. C'est mal vécu. Donc y compris de la part de certains qui n'auraient pas forcément un sentiment raciste ou sens primaire du terme, c'est fondé sur une hiérarchie des de race imaginaire, mais qui par sentiment de jalousie sociale réagissent par ou tendent à réagir par un vote d'extrême droite pour exprimer un mécontentement par rapport à cette évolution de la société française dont on pourrait d'une certaine manière et paradoxalement souligner le bienfait finalement parce méritocratie peut marcher.
Malgré tout, il y a en vérité une élite de racisme qui apparaît qui émerge avec malheureusement en réaction qui reste par un plafond de verre. Oui, c'est ce que j'allais dire parce que justement ces personnes-là effectivement accèdent au savoir, au diplômes et cetera, mais vous n'en voyez pas beaucoup qui sont patrons du CAC 40 ou d'entreprise ou Bah écoute, je on en voit pas des masses he même dans des structures qui défendent la diversité. Parfois tu regardes un petit peu l'annuaire voilà, on est un petit peu choqué par tu vas au palais de justice, c'est impressionnant. des jeunes avocats naturellement maintenant euh enfant d'immigré qu'on ne voyait pas naturellement il y a 15 ans il y a 20 ans.
Ça c'est un phénomène nouveau social et sociologique euh qu'il faut souligner parce que on cherche quand même des lueurs d'espart. Bah la lueur d'espoir c'est qu'en dépit de phénomènes de discrimination systémique il y a une émergence bien il a il y a des gens qui ont une for une forme de résilience un volontarisme fou qui fait qu'aujourd'hui ça change la société pas et le regard de la société pour le meilleur comme le pour le pire Fatma vous évoquez la question coloniale et la mémoire coloniale notamment comment expliquer le paradoxe d'un pays qui se veut je pense que c'est aussi euh la perception qui se veut universaliste tout en entretenant une mémoire coloniale non assumée. Finalement, on a vu les discours autour de euh de de de cette rivalité qui a l'air contemporaine mais qui est très ancienne avec l'Algérie.
À quel point ça les passions étaient exacerbé ? Est-ce que il y a une impensé raciste derrière Moi, je pense qu'il y a un angle mort incroyable dans la perception de notre de la République française, dans la perception de ses relations aussi avec le monde, dans la perception de sa relation avec le sud et de la de sa de la perception des descendants des descendants ou des anciens des des des de ceux qui viennent des pays anciennement colonisés. Aujourd'hui, il y a encore dans les familles euh des personnes qui ont fait la guerre d'Algérie.
On a encore des récits de la guerre d'Algérie qui traînent un petit peu dans les familles et puis après ça se transmet quand même de père en fils. Encore une fois, je disais le tuto facile, on vous tape sur la tête. On se souvient d'un ministre qui a été tapoté sur la tête, c'était à Zous Begag que Dominique de Villepin avait comme ça infantilisé en lui donnant une petite tape sur la tête alors que c'était un ministre.
Euh il y a des façons aussi, il y a il y a quelque chose il y a quelque chose aussi euh que qui est en train aujourd'hui euh euh d'émerger et j'aimerais bien, j'espère que vos auditeurs y seront sensibles, c'est que ce que j'entends de plus en plus, c'est qu'on ne supporte plus du tout l'antiracisme paternaliste parce que il y a une certaine gauche précisément qui s'est qui s'est impliqué peut-être à juste titre et peut-être qu'on peut les remercier la remercier aujourd'hui, mais qui se transforme en une gauche. salvatrice de ces pauvres petits noirs et arabes qui ne comprendraient pas et ça pour moi c'est un mécanisme aussi colonial c'est-à-dire que ce sont eux qui sont détenteurs du savoir de la civilisation et et cetera et ce sont eux qui vont nous protéger nous sauver comme si ils pensaient à notre place comme si nous n'étions pas des êtres pensants libres aimants, voilà autonomes. Mais il faudrait que ce soit eux qui nous qui nous protègent.
Et ça c'est un sentiment qui se développe de plus en plus. Et malheureusement, je pense que la gauche est en train aujourd'hui cette gauche là est en train aujourd'hui de vraiment de pâtir de ce de cette rancune. Bélire euh Non, je juste tu pour rebondir sur cette gauche là, j'étais en train de me dire c'est laquelle ?
Non non non, je je l'identifie très bienidentifier assez bien. Mais justement avant l'émission, j'avais vérifié le compte Twitter de Raphael Gluxman qui encore une fois est entré en politique euh avec son étandard de l'humanisme et de l'universalisme des droits de l'homme et qui n'a toujours pas répond réagi réagi sur rapport à c'est ce que j'appelle la déshumanisation. quand même chapeau bas d'avoir quand même réussi ce stratagème dans la mesure où encore une fois moi je vois très bien tout cela est récent quand même son entrée en politique les le génocide desigour les droits de l'homme l'universalisme aujourd'hui non seulement ces silences assourdissants sur le génocide à Gaza mais également sur la question du racisme en France monsieur est à Bruxelles en train de d'essayer de défendre les droits des Ukrainiens à juste ce titre encore que il faudrait établir le lien entre les valeurs qu'il promeut dans cette guerre là enfin contre la Russie et ce qui se passe en France surtout surtout si est candidat non mais je voudrais juste quand même dire une chose parce que on parle beaucoup de de division mais véritablement ce que je ressens sur le terrain et aussi dans mon cabinet c'est que vous avez des franco-français si tentez qu'il y ait vraiment des francofançais qui sont eux-mêmes dévastés par la que que prendal en France par la tonalité politique en France parce que eux se sont Ouais. eux se sont battus vous disent "Moi, j'ai grandi pour travailler dans le travail de cette égalité et cetera.
Mes ancêtres sont morts pour ça. On s'est on s'est voilà, on a pensé l'égalité, on a pensé liberté, égalité, fraternité. Et aujourd'hui, c'est en train de tomber en miette sous nos sous nos pieds.
On a tous un frère, une femme, un voisin, un ami, un neveu qui est mélangé. Aujourd'hui, on est tous métissés, le cosmopoltisme français. Et et le pire étant que même l'universalisme est instrumentalisé aujourd'hui par les personnes racistes pour pour laisser penser qu'il n'y aurait pas de de différence de traitement de comm républicaines.
Voilà, c'estàdire que à partir du moment où on vous dit mais nous sommes la République, tout le monde est traité de la même façon c'est ça pour moi ça relève du délire parce qu'en fait ça n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai. Aujourd'hui il y a un certain nombre de personnes qui se réveillent.
Moi ça c'est vraiment je je dis comme Laand disait le le appelé à la la résistance collective de Oui, c'est ça. Mais La disait la réalité c'est quand ça quand ça cogne. Euh et aujourd'hui ces personnes-là qui ont grandi avec l'illusion de liberté, égalité, fraternité se réveillent parce qu'ils sont cognés régulièrement par des propos des politiques et de ces médias dont on parlait tout à l'heure et qui vivent un véritable traumatisme mais tous ensemble effectivement.
Donc moi, c'est vrai, oui, j'appelle à à ce qu'on euh à ce qu'on travaille ensemble, qu'on conjugue nos efforts et que et qu'on dresse la tête. C'est pour ça que j'appel ça euh debout tête haute parce qu'il y a pas de quoi euh avoir honte à partir du moment où on réfléchit, où on est solidaire et on est convaincu en fait de l'action collective intelligente. Merci beaucoup Fatma Bouvet de la maison Neuve.
Je représente je présente à nouveau votre ouvrage Debout tête haute manifeste pour répondre au racisme aux édition carton rouge. Merci Bellir pour pour cette nouvelle émission. Merci à vous d'avoir regardé Au cœur de l'ctu.
Nos programmes évidemment sont à suivre sur le canal 165 de la prebox sur Molotof ou sur le médiiaatv.fr. Bonne suite des programmes sur le média. [Musique]