"On ne demande rien de plus que travailler normalement" implore Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille-Provence
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 30 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteÉludée
Comment les commerçants victimes de pillages samedi vont-ils pouvoir rouvrir leurs magasins ?
- 1:11OuverteRéponse partielle
Vous avez entendu le président hier. C'est ça la bonne réponse ? C'est ça que vous attendiez ?
- 2:28OuverteRéponse partielle
Vous avez des chiffres précis ce matin sur ces commerçants qui ont tout perdu ?
- 4:02OuverteÉludée
Est-ce qu'il fallait instaurer une taxe casseur, comme le gouvernement l'avait envisagé, avant de reculer ?
- 5:31RelanceRéponse partielle
La colère de Nicole Richard Vespiren : quand on est ministre de l'Intérieur et qu'on assiste au désastre, on démissionne, si on a un peu d'amour propre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22InvitéFait
« À Marseille, il y a une image qui a fait le tour des chaînes d'info depuis hier, celle du mot affiché par un commerçant marseillais. On a tout vendu, mais l'inscription vendue, elle est barrée, elle est remplacée par voler. »
- 0:22InvitéChiffre
« Voilà la réalité, au moins 600 boutiques ont été pillées dans la ville. »
- 0:33InvitéFait
« Beaucoup sont assurés. Certains disent cela dit qu'en 2023, lors des émeutes autour de la mort de Noël, ils ont mis de leur poche le ministre du Commerce, va réunir ce matin les représentants des banques et des assurances. »
- 0:39InvitéFait
« Des reports de cotisations sociales et d'impôts sont envisagés. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« On sait que c'est en commune mesure avec ce qui s'est passé en 2023, où il y avait plus de 300 commerces. On était à plus de 600, c'est quasi certain. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Mais quand on sait que les industriels du textile, par exemple, sont déjà en train de fabriquer le printemps-été 2027, ça promet quelques difficultés supplémentaires pour pouvoir redémarrer dans des conditions normales. »
Temps de parole
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Il est 8h moins le quart, l'invité d'ici Provence, David Ossiou, et cette question, comment les commerçants victimes de pillages samedi vont-ils pouvoir rouvrir leurs magasins ? Il faut dire que
certains ont tout perdu. A Marseille, il y a une image qui a fait le tour des chaînes d'info depuis hier, celle du mot affiché par un commerçant marseillais. On a tout vendu, mais l'inscription vendue, elle est barrée, elle est remplacée par voler. Voilà la réalité, au moins 600 boutiques ont été pillées dans la ville. Et puis une autre question que l'on pourrait se poser, ils vont être aidés ces commerçants ? Beaucoup sont assurés. Certains disent cela dit qu'en 2023, lors des émeutes autour de la mort de Noël, ils ont mis de leur poche le ministre du Commerce, va réunir ce matin les représentants des banques et des assurances. Des reports de cotisations sociales et d'impôts sont envisagés.
Les assureurs sont appelés aussi à réduire les délais de déclaration des sinistres. Et puis à ce que dit Emmanuel Macron hier soir dans son allocution.
Je veux leur dire qu'ils ne seront pas laissés seuls face à ces difficultés. Le gouvernement leur apportera des réponses. Le Premier ministre présidera une cellule de crise pour mobiliser les aides les plus rapides possibles et accompagner celles et ceux qui traversent ces heures si difficiles. Bonjour Jean-Luc Chauvin.
Bonjour. Vous êtes le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille-Provence. Vous avez entendu le président hier. C'est ça la bonne réponse ? C'est ça que vous attendiez ?
Écoutez, je ne comprends pas très bien la question. La
réalité, ce qu'on attend,
c'est que les gens qui travaillent, parce que votre question est ambiguë et que ce n
'est
pas le sujet. Ce matin, on est dans la détresse. L'ambiguïté, ce n
'est
pas notre problème. Notre problème, il est simple. Les gens qui travaillent, qui mettent leur argent, qui passent leur vie, qui passent des heures incommensurables, ne devraient pas arriver à se retrouver dans des situations comme ça. Ils doivent être protégés.
Justement, est-ce que vous attendiez de la part du président de la République un moment, un message d'espoir qui pourrait dire à ces commerçants, ça n'arrivera plus
?
Moi, en tout cas, je souhaite que ça n'arrive plus. Mais force est de constater que ça fait deux fois que ça arrive. Donc, il faut maintenant que les leçons soient tirées. Et il faut probablement que la sécurité des honnêtes gens qui travaillent, je le redis, qui mettent en cause, qui mettent leur famille parfois, parce qu'ils travaillent beaucoup, en mode de retrait, qui mettent leur argent dans le dossier, qui font travailler les salariés. Et même les salariés, les commerçants, on a vu des salariés qui pleuraient d'avoir perdu leur travail, d'avoir vu complètement tout casser. Enfin, c'est horrible. Donc, il faut vraiment que maintenant, la loi défende les honnêtes gens.
Vous avez des chiffres précis ce matin sur ces commerçants qui ont tout perdu ? Combien de commerçants ont été victimes d'épilleurs
? On
n'a pas
encore
de chiffres précis, d'autant qu'hier après-midi, ça continuait encore un peu à tourner, que je n
'ai
pas encore les éléments précis de cette nuit. Mais on sait que c'est en commune mesure avec ce qui s'est passé en 2023, où il y avait plus de 300 commerces. On était à plus de 600, c'est quasi certain. Le chiffre que vous annoncez. Mais le sujet aussi, c'est que c'est beaucoup plus dégradé. Et les stocks ont totalement été vidés. Là où, en 2023, il y avait beaucoup de commerces où les stocks avaient été partiellement vidés. Donc, ça va être très compliqué, notamment parce qu'on rentre dans une période où les commerçants avaient leurs stocks de fêtes de fin d'année. Il va falloir d'abord, parce qu'il y
a
plusieurs urgences, sécuriser les magasins, mettre en sécurité, reconstruire, parce que les intérieurs ont été aussi souvent très abîmés, très détruits, reconstruire les étagères ou autres, retrouver des stocks,
et
pouvoir redémarrer pour les fêtes de fin d'année. Mais quand on sait que les industriels du textile, par exemple, sont déjà en train de fabriquer le printemps-été 2027, ça promet quelques difficultés supplémentaires pour pouvoir redémarrer dans des conditions normales. Sans parler, bien sûr, du problème numéro un, qui sera le problème financier, de faire l'avance pour les travaux, ou en tout cas, de faire en sorte que les assureurs paient très vite, vous l'avez dit, c'est une autre demande, faire des moratoires, mettre en place du chômage partiel pour les collaborateurs, parce qu'eux, ils ont rien fait, et il ne
faut
pas qu'à la fin du mois, ils ne puissent plus être payés, parce qu
'il
n
'y
a plus un seul euro qui va rentrer dans les caisses des commerçants, le temps que l'activité puisse redémarrer.
Est-ce qu'il fallait instaurer une taxe casseur, comme le gouvernement l'avait envisagé, avant de reculer ? Est-ce qu'il faut quelque chose, peut-être un fonds de solidarité ? C'est ce que dit ce matin le maire de Lyon.
Je ne sais pas, c'est le sujet des politiques, je ne
sais
pas s'il faut une taxe, les taxes, il y
en
a marre, je ne sais pas si. Il faut simplement que, dans ce pays, la République défend des honnêtes gens qui travaillent sérieusement. Et je suis clair, je fais bien la différence entre ceux qui venaient manifester, avec des revendications, dont certains ont aidé les commerçants à rentrer leur terrasse ou autre, et je les en remercie sincèrement, ceux qui étaient probablement hier aussi dans la rue atterrés de voir l'état du centre-ville de Marseille, et qui venaient apporter leur soutien.
On a eu un mouvement de soutien d'ensemble de Marseillais, qui sont venus dire aux commerçants si vous avez besoin d'aide, qui sont venus proposer d'aider, de nettoyer ou autre, je les remercie sincèrement. Et ceux qui sont venus pour casser d'abord du policier, et ceux qui sont venus pour piller les commerces, parce que je crois que c'est trois catégories différentes. Les deux dernières catégories, il faut que l'état soit intraitable, et il faut que force revienne à la loi. Il faut que la police puisse faire son travail normalement, et qu'on arrête, parce que vous n'avez rien à faire, à renvoyer des grenades, ou être dans une manifestation qui dégénère.
D'ailleurs, la partie de la manifestation la plus importante n'est pas restée en centre-ville, au milieu des dégradations, des charges contre les policiers ou autre.
Jean-Luc Chauvin, je voudrais que vous écoutiez la colère de Nicole Richard Vespiren, c'est elle qui préside l'association des commerçants du centre-ville de Marseille.
Quand
on est ministre de l'Intérieur et qu'on assiste au désastre, on démissionne, si on a un peu d'amour propre, si on a un peu le respect des administrés. On est tous traumatisés, là. Je sais que vous ne voulez pas faire de politique ce matin, Jean-Luc Chauvin, mais le ministre de l'Intérieur a présenté sa démission, Emmanuel Macron l'a refusé. On se trompe de débat, là aussi
?
Écoutez, le sujet, franchement, je pense
que
la France, avec les policiers qu'elle a actuellement, si elle leur donne les moyens d'agir, ils pourront agir.
Il
faut arrêter d'essayer de remettre l'ordre quand on est en face des gens qui ne veulent pas l'ordre et qui viennent pour piller. Donc c'est une question de décision à assumer. Et donc, voilà, moi je ne sais pas qui doit prendre la décision ou pas. C'est certains qui reçoivent, on aurait été tous soulagés d'entendre peut-être des choses différentes de la part du président de la République.
Ceci étant, nous, ce qu'on veut, on ne demande rien de plus que travailler normalement, sans tous les trois ans être amené à avoir tout ce qu'on a construit pendant une vie de détruit, sans compter les coûts, vous avez évoqué, il y a des différences qui restent à nos charges à chaque fois en tant que commerçant des sommes à prendre en charge parce que les assurances ne couvrent pas tout, parce qu
'il
y
a
des franchises, parce qu'après les assurances augmentent. Dans une période qui est suffisamment compliquée, il faut à un moment donné que tout le monde se réveille. Est-ce qu'on veut des centres-villes avec que des rideaux fermés et plus de liens sociaux ? Ou est-ce qu'on veut, parce qu'on aura laissé faire une poignée de personnes qui viennent pour piller, casser ? Ou est-ce qu'on veut retrouver une vie apaisée entre nous ? Où chacun peut dire ce qu'il a à dire, mais d'une façon, sans ennuyer les autres, et d'une façon où tout peut fonctionner. Je crois que c
'est
un débat de société, et c'est un débat essentiel. Ce n
'est
pas le problème du tel ou du tel. En tout cas, moi, ce matin, je ne rentrerai pas dans cette polémique. Moi, ce que je souhaite, c'est que tout le monde soit uni. Toutes les autorités, toutes les collectivités locales, le maire, le président de la métropole, le président de la région, que tout le monde travaille ensemble, et que les commerçants aient un seul interlocuteur. La cellule d'urgence qu'on a réouverte, qui est faite pour ça, on est d'accord avec le préfet là-dessus. Il y a un numéro unique,
c
'est le 04-90-11-39-34-79. Il y a un lieu, c'est le siège de la chambre de commerce où tout le monde peut venir, et nous, on s'occupe d'organiser. Dès hier, on a demandé à la préfecture la mise en place d'une cellule psychologique. Elle est mise en place, elle fonctionne pour les commerçants et pour les salariés. Il
y a
des salariés et des commerçants qui sont restés enfermés dans leur commerce pendant qu'on dégradait autour d'eux. Je veux dire, c'est des scènes de guérillas. Tout le monde les a vus à la télé, mais
là,
les gens les ont vécues en direct. Merci Jean-Luc Chauvin, président de la chambre de commerce et d'industrie de Marseille-Provence.
Vous avez été choqué, bien sûr, par les images que vous avez découvertes à la télé suite à ces émeutes.