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interviewLCI (sur YouTube)· 22 novembre 2025 28 min

J.F. Colosimo : “Il est impossible d'avoir une paix digne avec un Poutine en face de soit”|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] L'Europe peut-elle encore [musique] faire confiance à Donald Trump ? Se dirige-il vers un abandon total de [musique] l'Ukraine ? C'est ce qu'il semble annoncer ce soir selon les Ukrainiens.

Écoutez ces mots de Volodimir Zelenski. L'Europe et le monde entier doivent comprendre une autre vérité. Les Ukrainiens sont avant tout des êtres humains et nous repoussons depuis près de 4 ans l'une des plus grandes armées du monde dans le cadre d'une invasion à grande échelle.

Nous tenons ligne de front de plusieurs milliers de kilomètres et notre peuple subit chaque jour des bombardements, des frappes balistiques et des attentats suicides. Chaque jour notre peuple perd des êtres chers et notre peuple souhaite vraiment que la guerre prenne fin. Nous sommes bien sûr fait d'acier, mais aucun métal, même le plus résistant, ne peut résister indéfiniment.

Bonsoir Jean-François Colosimo. Bonsoir. Vous avez entendu ces mots de Vladimir Zelenski.

Nous sommes faits d'acier mais aucun métal n'est assez résistant. Quand on voit cette situation là, est-ce que c'est le pire que pouvait espérer un jour l'Ukraine ? C'est le pire.

Vous avez parfaitement raison. C'est le bon mot. D'ailleurs, je l'avais dit le 15 août lorsque Trump et Poutine s'étaient donnés rendez-vous en Alaska, on parlait à ce moment-là de volonté de paix, de peut-être de projet de paix, de plan de paix, que pouvait bien avoir Trump dans sa tête.

Peut-être une volte face, en parl voilà. Et moi, je disais bah il pouvait avoir le pire. Le pire c'est quoi ? et que ce pseudo plan de paix qui est en fait un acte de capitulation qui est demandé à l'Ukraine et bien répond en fait à toutes les demande de Poutine.

En fait, on a l'impression que ce pseudo accord de paix, c'est Poutine lui-même qui l'a en quelque sorte rempli pour Trump. C'est une rédition de Trump à Poutine et c'est une volonté de voir effectivement l'Ukraine capituler, renoncer en basse campagne. Alors, qu'est-ce qui se passe pour nous tous ?

C'est l'heure où les masques tombent. Vous savez dans les tragédies, il y a toujours un moment comme ça. Chacun tient son rôle, chacun a sa trajectoire et puis d'un coup il y a l'acmé, il y a le dénouement et tout retombe et chacun est rendu finalement un peu à lui-même.

Et on voit bien que Trump en fait nous a en quelque sorte égaré par ses voltes, par cette volonté de dire oui, de dire non. Est-ce que vous utiliserez ce Écoutez, en tout cas les bonnes tests, c'est de se reposer la question 1. Quel est véritablement le fil à la pâte qu'il pourrait quand même avoir de la part du FSB ancien KGB ?

C'est une véritable question. De quelle est cette affinité qu'il éprouve si profonde avec Poutine, n'est-ce pas ? Puisqu'il court après Poutine un peu comme, excusez-moi de le dire, un peu comme une jeune fille perdue qui aurait envie de se faire aimer à tout prix, n'est-ce pas ? croit quels sont ces véritables intérêts là-dedans et évidemment c'est cette volonté d'arracher la Russie à la Chine.

Mais tout ce tableau montre que depuis le départ toutes ces choses-là, elles existaient, n'est-ce pas, depuis son élection, depuis son intervention, plus évidemment cette volonté en quelque sorte ridicule d'apparaître comme le grand pacificateur du monde, celui qui comme Obama aurait pu avoir le prix Nobel de la paix. Mais quand on voit tout ça, en fait, on se rend compte que tous ces traits, tous ces rails, toutes ces projections étaient là depuis le départ et qu'aujourd'hui on arrive à ce dénouement. Alors pourquoi aujourd'hui ?

Et c'est très simple parce que la Russie marque des points militairement parce qu'il y a eu une conjonction d'événements. Regardez quand même ces bizarres révélation sur la corruption qui est réelle, qui règne dans l'appareil d'État ukrainien et autour de Vladimir Zelenski. Mais pourquoi ben non ?

La corruption on la connaît depuis 2022. Depuis qu'on soutient l'Ukraine, on sait que c'est un pays corrompu. La Russie est aussi corrompue que l'Ukraine.

Mais à part que en Russie la corruption est organisé hiérarchiquement autour de Poutine alors qu'elle est horizontale et anarchique en Ukraine. Bon donc voyez cette conjonction d'événements. Voyez aussi que en fait Poutine a fait le plein des territoires qu'il voulait avoir.

Voyez que la l'Ukraine est à genoux et donc Trump joue sa carte et en plus il dit voilà vous avez 4 5 jours là pour vous décider pas plus. Est-il pour autant possible d'avoir une paix digne quand on a Vladimir Poutine en face de soi ? Mais bien sûr que non.

Le problème, on l'a toujours dit, euh le problème de cette guerre, ce n'est pas la Russie et l'Ukraine, c'est Vladimir Poutine et son régime, c'est-à-dire une conception qui pour le coup est radicalement béliciste de euh je dirais de l'humanité, de l'histoire, du monde. dans la tête de Poutine, dans quelque sorte dans son cerveau reptilien, il y a cette dimension de la guerre qui a fait l'URSS dont la chute serait paraît-il le plus triste événement l'événement le plus considérable du 20e siècle selon Poutine. Selon Poutine, n'est-ce pas ?

Et cette dimension de guerre, cette dimension d'antagonisation perpétuelle, regardez la vie interne de la Russie, suppression des opposants, je dirais relégation des dissidents. De notre côté, cette volonté de repousser les frontières, la Geéorgie, la Crimée, la transistrie, aujourd'hui l'Ukraine, demain quoi d'autre ? cette volonté d'antagoniser ce mépris aussi sidéral pour l'Europe parce qu'en fait ce que veut Poutine c'est retrouver le tête à tête URSS USA du moment de la guerre froide Moscou Washington et ça y est là il a réussi il a fait le plein et regardez comment il a je dirais baladé Trump le temps qu'il fallait à moins que vous avez raison c'est peut-être Trump qui nous a baladé nous la proposition américaine entérine des sessions territoriales ça nous dit quoi sur le retour des guerres de conquête au 21e siècle ?

Est-ce que tant que l'Europe n'aura pas compris qu'on était tombé dans ce paradigme là, et bien on aura un problème Jean-François Colés. Ah ben on a un grave problème parce que regardez d'abord effectivement bon ben qu'est-ce qui se passe ? Ce que demande Trump c'est que l'Ukraine concède à Poutine tout tous ces territoires conquis, n'est-ce pas ?

C'est-à-dire bien sûr et jusqu'à Kerson en passant par Louansk et Zaporidja. Bon, c'est-à-dire 20 % de l'Ukraine territorialement, mais 50 % de l'Ukraine en terme de de richesse, n'est-ce pas ? Ensuite, il y a une dépendance, une soumission économique, énergétique, maritime.

Pourquoi ? Parce que désormais, si l'Ukraine accepte cette capitulation, il faudra qu'elle dépende de Moscou pour accéder à la mer noire et pour accéder aussi à ce fleuve crucial pour son commerce qui est le Niepre, en tout cas pour la partie inférieure du Niepre qui touche la mer Noire. pas donc on voit soumission énergétique, il y a 50 % de la production de la centrale de Zaporidja qui ira à la Russie.

Enfin, on est totalement, je dirais c'est c'est vraiment une mise au pas. Alors, évidemment interdiction de l'OTAN, évidemment amnistie générale, ce qui veut dire que les crimes de guerre, ça ils sont certains et peut-être des crimes contre l'humanité commis par Poutine et ses hommes seront exonérés, n'est-ce pas ? Et tout ça pour en plus se retrouver interdite d'autant et réduite militairement et ayant quand même la capacité quoi de collaborer avec l'Europe.

Laquelle Europe elle-même. Je suis désolé de parler ainsi mais enfin c'est un peu on affaire un peu des criminels internationaux là et mise à l'amende parce qu'il faudra qu'elle finance la reconstruction de l'Ukraine dont les États-Unis prendront les bénéfices avec l'accord sur les minerais notamment avec l'accord sur les minerais et là on retombe en fait sur ce qu'on a pas compris. Nous l'avons déjà échangé avec vous Margo Adadus, mais c'est le fait que l'ordre libéral que les États-Unis ont voulu instaurer ont instauré après 1945 sur la moitié du monde, après 1989 sur l'ensemble de la planète, aujourd'hui ils n'en veulent plus.

Ils sont de retour en fait à leur vocation impériale. Ils veulent se cogner aux autres empires qui ont émergé entre-temps, la Russie et la Chine tout particulièrement, mais il y a l'Inde derrière et puis de manière plus régionale, l'Iran et la Turquie. Et dans cette emprise impériale, il joue quoi ?

Il joue le mercantilisme. C'est-à-dire ce qu'on a pas compris, c'est qu'ils sont à la fois isolationnistes sur leur propre richesse. La taxation, les taxations folles, n'est-ce pas, de nos exportations vers les États-Unis.

Et en même temps, il y a la captation des richesses des autres. Et ça c'est le fameux deal si je puis dire faux deal faux pacte sur l'Ukraine puisque l'Ukraine a renoncé à ses minéraux rare dans l'espoir d'être protégé par les États-Unis qui aujourd'hui vendent l'Ukraine à la Russie pour en fait s'accommoder avec la Russie très hypothétiquement contre la Chine. Si je vous entends bien, est-ce que l'Ukraine a été d'une certaine manière le terrain idéal pour une guerre de procuration entrepuissance ?

En tout cas, elle a été euh une manière dont euh je dirais plutôt moi, elle a été la manière dont la Russie s'est réaffirmée puissance mondiale en montrant à l'Europe qu'elle n'existait pas et que la Russie ne se reconnaissait que une seule interlocutrice, l'Amérique elle-même. Voyez ? Et de ce point de vue- là, oui, l'Ukraine c'est le signe d'une bascule du monde.

Mais cette bascule du monde a commencé avec la Turquie agressant au cau l'Arménie. Elle se continue cette bascule du monde à la manière dont Pékin envisage un jour de récupérer Taïwan. Elle se continue avec l'Inde qui pas qui elle se cogne avec la Russie mais aussi prête à se cogner le on voit une bascule du monde.

Dans cette bascule du monde, qu'est-ce qui se passe ? D'abord, la guerre revient en Europe, mais pas n'importe quelle guerre, une guerre de religion. Puis cette guerre de Poutine est bénie par le patriarche Kiri, n'est-ce pas ?

C'est une guerre du bien contre le mal. C'est une guerre manicaine. C'est une guerre apocalyptique dans la représentation russe.

Et deuxièmement, depuis en fait des siècles, pour la première fois, vous avez des soldats asiatiques, des asiatiques qui sont de retour de manière militaire sur le sol européen, retour des guerres de religion, retour des guerres asiates. Depuis les 1, il on avait pas beaucoup vu. Et tout ça, c'est ce bouleversement.

Et dans ce bouleversement, et bien l'Amérique a décidé de reprendre ses billes par rapport à nous. joue son propre jeu et nous nous sommes seuls, non seulement seuls mais divisés. Date limite dans 6 jours jeudi prochain.

Thanksgiving Thanksgiving bien sûr. Pression sur l'Ukraine et ultimaton avec sanction pour la Russie si elle n'accepte pas euh ce plan. Pourquoi vous pensez qu'il avait choisi cette date ?

Alors bon, vous l'avez dit, thanksgiving parce que c'est la fête du nouveau monde, n'est-ce pas ? C'est c'est la cité sur la colline. C'est ce nouveau monde réservé par Dieu au persécuté de l'ancien monde de l'Europe.

C'est cette fête qui est typique de l'Amérique religieuse. On sait pas si c'est une fête civile ou c'est une fête religieuse tout court. On rend grâce on rend grâce à quoi ?

à à cette religion civile qui anime l'Amérique et où l'Amérique en fait rend son propre culte à l'Amérique. Mais ce peu de temps aussi qui compte, c'est une manière d'interdire à l'Europe de réagir, parce que quelques jours comme ça, qu'est-ce que peut faire Zelenski ? Comment est-ce qu'il peut répondre ?

Que vont faire les Français, les Allemands, les Britanniques ? Comment il se met eu Merz au téléphone ? Chancelier Mertz.

Oui. Bon, très bien. Fructueux dit-il.

Fructueux. Très bien. Bon bon, pourquoi pas ?

Peut-être. Vous n'y croyez pas euh vraiment ? Non.

Je crois que l'Amérique a de quoi nous imposer son dictat et que en commençant par l'Allemagne, elle joue bien cette Amérique-là puisque l'Allemagne de toute façon a remis sa défense aux États-Unis depuis 1945. Et quand la l'Allemagne a commencé à reparler récemment de réarmer, elle a dit qu'elle réarmerait américain, n'est-ce pas ? Donc là, je veux dire, ils vont vers leur allié naturel puisque même finalement le Royaume-Uni est un peu moins leur allié qu'aujourd'hui la République fédérale allemande, n'est-ce pas ?

C'est ça la vérité. Donc ils vont chercher au centre de l'Europe leur meilleur soutien parce que effectivement Trump veut arracher cette paix qui est la paix qui n'est pas une paix qui est en fait la vision qu'avait Poutine de la terminaison à son avantage de cette guerre injuste. Alors vous l'avez dit, le projet prévoit une amnistie totale pour les crimes commis. pendant la guerre, comment interpréter une telle clause ?

Est-ce qu'il y a forcément après des guerres comme celle-ci où il y a eu Boucha par exemple, des crimroces, une réhabilitation sur la scène internationale des criminels ? Bah écoutez, même une réintégration dans enfin la reformation du G8, c'est-à-dire le G7 plus la Russie, hein. Donc on va encore main un peu plus loin, je dirais.

C'est pas simplement Alors d'abord c'est toujours cette deux il y a deux choses à voir là-dedans. La première c'est toujours cette manière de dire que finalement bon il y a pas de différence entre les agresseurs et les agressés que finalement bah tout le monde a commis des crimes, quoi. Bon et peut-être que tout le monde a commis des crimes mais tout le monde n'a pas pris l'initiative de commettre des crimes.

Ça pas c'est un peu comme sous dans le préut qui a commencé le premier. Bon, ça c'est complètement aboli. La deuxième chose qui est abolie, c'est que l'Amérique montre bien et on est vraiment dans cette logique d'affirmation impériale que toutes les institutions internationales, bon même celles auxquelles elle participent pas et surtout celle auxquelles participal pénal international, mais ça n'existe pas.

Il y a pas de jus international, c'est l'Amérique qui dit et donc on est bien dans ce règne de la force et d'affirmation de la force. Si l'Amérique vous exonère, tout le monde est exonéré. Qu'est-ce qu'on va faire des enfants qui ont été déportés pour être rucifiés ?

Comment ce peuple ukrainien va pouvoir accepter d'avoir été bombardé pendant 3 ans ? Comment est-ce qu'on peut passer sur Boucha ? Comment est-ce que on peut considérer que la logique barbare, il faut dire les choses comme elles sont de Vladimir Poutine n'est pas qu'il exerce même contre les Russes même, n'est-ce pas ?

Hein ? Souvenons-nous ce recrutement dans les prisons, même des céoles killers pour les envoyer sur le front. Rappelons-nous de cette apologie du crime.

Voilà cette apologie du crime. Monsieur Trump, c'est pas simplement le faiseur de paix, n'est-ce pas ? C'est le faiseur de virginité, n'est-ce pas ?

Je veux dire, il est prêt tout à fait à passer dessus en forçant la main de Zelenski. Quant à Zelenski, sa liquidation à tous les sens du terme, peut-être même physique, est au programme puisque en plus dans ce plan de paix, l'Ukraine doit organiser des élections dans 100 jours. Mais dans 100 jours, soit Zelenski a dit oui.

Et comment il peut expliquer qu'il y a eu ses années de guerre, tous ses morts pour en arriver là à une rédition honteuse, n'est-ce pas ? Indigne, c'est le mot qui l'emploie. Il a raison.

Ou alors il dit non. Et qu'est-ce qui se passe dans les deux cas ? De toute façon, l'Ukraine peut imploser, l'armée ukrainienne peut imploser, le peuple ukrainien peut imploser.

Zelenski ne sera pas réélu dans son jour. Peut-être ça sera même selon le souhait de Poutine quelqu'un si ce n'est une marionnette du crèmelin quelqu'un que le cremelin mais vous rendez compte la prime qui est accordée à la force brute à à la sacralisation de la violence. Voyez quand même que je veux dire là, ça y est, Trump est en train de dire à Poutite au tombola n'est-ce pas, de la force brute, tu viens de gagner le grand prix.

Tu as tout, tu rafles tout. Tu vois, c'est the winner exit all. Tu vois, le plus inquiétant tout de même dans tout ça, Jean-François Colosimo, c'est tout de même que l'Europe n'ait pas été mise au courant de tout ça.

Bien sûr. Mais pourquoi elle l'aurait été ? D'abord, est-ce qu'elle existe l'Europe ?

Excusez-moi, Margoad. C'est-à-dire l'Europe sur une affaire pareille, est-ce qu'elle a un consensus ? Est-ce que vous pensez que monsieur Orban ne va pas dire "Bravo, il faut faire la paix" ?

Est-ce que il y a un consensus entre monsieur Macron et monsieur Orban ? Est-ce que l'Europe a été capable de de montrer qu'elle était unie ? Alors, d'abord elle-même, elle risque d'imploser au passage, n'est-ce pas ?

Au moins politiquement et diplomatiquement. Mais deuxièmement après l'Ukraine voulait dire ou un cette affaire puisque cette affaire elle va diviser puisque évidemment ce qu'on appelle les pacifistes qui sont en fait les collaborateurs de la Russie soyons clair n'est-ce pas vont se précipiter pour dénoncer les pseudobellicistes qui sont les gens qui parlent lucidement de la guerre enfin et ensuite de toute façon c'est très simple qu'est-ce qu'on peut faire qu'est-ce qu'on peut dire on peut dire aux États-Unis très bien monsieur Trump gardez votre plan parce que c'est nous désormais qui armé l'Ukraine mais on en a pas les moyens Nous sommes coupables historiquement de notre retard. Ça donnait ça dénote tout de même avec l'annonce des 100 rafales d'Emmanuel Macron qui ont son qui est intervenu récemment.

Jean-François Colosimo. Oui, bien sûr, puisque de toute façon, vous avez bien vu que ce qui pourrait rester de l'Ukraine dans le plan Trump Poutine, appelons ça par son nom finalement ou le Trump le plan Poutine Trump, n'est-ce pas ? ce qu'il en resterait de toute façon ça serait une micropuissance forcément très démilitarisée qui n'aurait pas les moyens de tels achats.

Vous voyez, c'est ça quand même qui est grave gravissime, c'est que on dit nous le je le dis, d'autres le disent depuis le départ, cette guerre c'est pas la guerre des Ukrainiens contre les Russes. C'est la guerre en fait d'une certaine conception du monde contre une autre. Et c'est une guerre aussi pour les Ukrainiens, mais aussi pour que les Russes un jour voi autre chose finalement que cette forme de tyrind, n'est-ce pas ?

Et bien là, nous marquons un échec parce que nous sommes pas donné les moyens depuis 25 ans de comme l'on dit toujours, c'est la défense de nos valeurs. Mais la défense de nos valeurs sans la force, c'est quoi ? On voit le résultat aujourd'hui.

C'est la question que j'allais vous poser Jean-François Colosimo. Est-ce que c'est l'échec de la démocratie ? Non, parce qu'il y a les démocraties peuvent tout à fait euh s'armer.

C'est l'échec de l'utopie européenne. À savoir que si on renonçait à être agressif à l'égard de tout le monde, si on renonçait à avoir des ennemis, si on renonçait à s'armer, si on renonçait à se défendre, si bah tout le monde allait dire l'arme à l'œil qu'on était l'avenir de l'humanité, que c'était merveilleux. On a vécu sur une forme d'utopie, d'utopie à cause des dividendes de la paix.

Ouais, parfaitement. C'est ça. On a vécu en fait sur l'Union enfin l'Europe telle qu'elle a été pensé.

Ça a été la dernière utopie postmarxiste d'ailleurs. Vous savez les marxistes pensaient que tout dépendait de l'économie mais qu'il fallait la lutte des classes. Nous, on a pensé que toutend aussi de l'économie mais simplement de la libéralité du marché, de la liberté du marché.

Le marché allait tout résoudre. le marché allait rendre le monde entier démocratique, pacifique, aimable. Non, non, non.

Mais pourtant euh les Européens tout de même continuent de dire "Rien ne doit se faire sans l'Ukraine." Oui, enfin les Européens, Mertz, la France, l'Allemagne, la Royaume-Uni qui n'est plus dans l'Union. Hm hm. et à évidemment l'Allemagne du bout d'élèves, je dirais moi plutôt et la Pologne et les Pays-Baltes qui sont sur le front.

Voilà. Maintenant, encore une fois, je ne suis pas sûr que d'autres pays européens soient si convaincus de la nécessité de mourir pour kiff. Justement, écoutez les les propos du chef d'étatmajor des armées Fabien Mandon qui ont fait polémique cette semaine.

On a tout le savoir, toute la force économique, démographique pour dissuader le régime de Moscou d'essayer de tenter sa chance plus loin. Ce qu'il nous manque et c'est là que vous avez un rôle majeur, c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense par exemple.

Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. Qu'il parle des enfants, de la nation française ou encore des soldats, peu importe l'interprétation réellement, est-ce qu'il a eu raison d'envoyer ce message selon vous ? Mais d'abord, écoutez, c'est pas il est pas le premier c'est pas la première fois qu'il envoie ce message, il l'avait déjà fait.

En parlant de choc, vous l' dit voilà. Je pense aussi que vous Oui. de choc avec la Russie d'ici quelques années, avant 2030.

Ah, je crois que vous avez aussi reçu le général Chill, le chef d'étatmajor de l'armée terre qui je crois ne parle pas autrement non plus en disant que cette guerre est vraiment notre horizon. Alors, personne n'a envie de la faire cette guerre. Personne ne la souhaite cette guerre.

Tout le monde voudrait la conjurer cette guerre. Et le Sma et le Sémat, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qu'ils disent tous les deux ?

De la même façon, ils disent que la meilleure façon de l'éviter, de maîtriser le risque de la guerre, c'est de s'y préparer. Mais que pour s'y préparer, et ça, je crois que c'est la bonne formule, ce pas il faut bien comprendre que si les armées gagnent les batailles, ce sont les nations qui gagnent la guerre. Et les nations qui gagnent la guerre, ce sont des nations qui sont trempées leur conviction que la défense de leurs valeurs, n'est-ce pas, qui a qui a il y a pire que la mort physique, c'est la mort culturelle, situationnelle, politique, c'est la mort spirituelle en quelque sorte et que donc il faut pas avoir peur.

Il faut pas avoir peur. Alors qu'est-ce que je vois ? Je vois qu'en fait il n'y a que finalement les grands amis de la Russie qui en France s'émeuble du discours du chef d'état-major he ces grands amis de la Russie sont qui ?

Bah c'est d'un côté le RN, de l'autre LI, n'est-ce pas ? Et eux crient à l'épouvante et se déclarent qu'il seraiit belliciste. D'abord bon, je veux dire heureusement quand même qu'un chef d'étatmajor et à temps soit peu je dirais un discours polémique ou polémiciste, n'est-ce pas ?

Béou c'est Bou c'est la guerre. Euh il a raison. Ensuite, je vois que contrairement à ces boomers, j'en suis mais bon, peut-être pas tout à fait comme eux.

Contrairement à ces boomers bien installé dans leur confort, les jeunes français, les jeunes françaises d'aujourd'hui ont un tout autre discours. Quand on regarde les sondages, on voit qu'il y a chez les jeunes cette volonté de dire s'il faut défendre ce que nous sommes, nous y sommes prêts. Même s'il faut des sacrifices.

Et comment il se pourrait qu'il y ait pas de sacrifice ? De quel monde nous parle-t-on ? Est-ce qu'on va enfin se réveiller ?

N'est-ce pas ? Il y a un manque de licité selon vous. Bien entendu, vous me parlez tout à l'heure de la démocratie ou quel est l'exemple démocratique qu'on a eu récemment ?

Mais c'est Navalni qui est rentré en Russie parce qu'il considérait qu'il pouvait pas dire aux autres de se battre si lui n'était pas dans son pays pour se battre. Qui nous a donné une leçon de démocratie ? Monsieur Mélenchon, monsieur Tanguier ?

Pas du tout. C'est Navalni, n'est-ce pas ? Voyez, il y a des choses qui ont un prix.

Il y a une dimension de la vie qui dépasse la vie et que des soldats qui se forme à l'idée du sacrifice suprême pour le bien commun. C'est tout à fait normal que ça provoque des cris d'orfis. C'est déplorable.

Ces propos sur Jean-Philippe Tangier et Jean-Luc Mélenchon vous appartiennent. Jean-François Cimbo évidemment, il n'engage pas la chaîne puisque euh il se revendique d'être démocratique. Euh beaucoup ont dit que nous avions manqué de ce rapport de force avec l'Algérie par exemple et sur la libération de Boem Sans sal qui est votre ami, je le rappelle, vous êtes l'un de ces éditeurs.

Chacun y est allé de sa méthode, on les réécoute. Notre souci a toujours été d'être efficace pour permettre la libération de monsieur Sansal. C'est le fruit des forts constants de la France et d'une méthode faite de respect, de calme et d'exigence.

Je tiens à remercier du fond du cœur celles et ceux qui ont contribué à cette libération fruit d'une méthode faite de respect et de calme. L'Algérie contrevient à la règle de droit international qui est la réciprocité et plus exactement aussi à cette règle de réadmettre nos ressortissants nationaux dès lors qu'il y a une preuve par exemple par un passeport par exemple par une carte d'identité et l'Algérie contrevient à cette réciprocité. C'est grave.

Jean-François Colosimo, vous êtes extrêmement bien placé pour parler de cela. C'est votre ami dont on parle qui avait vraiment raison dans cette affaire. Quelle était la bonne méthode ?

Écoutez, moi je j'ai toujours pensé que à les autorités publiques faisaient leur travail. Les autorités publiques faisaient leur travail comme elle l'entendaiit avec ce qu'il faut de peut-être de secret de mesure de recherche d'accord de diplomatie comme on dit mais que toutefois heureusement il y avait un comité de soutien fait de personnalités indépendantes qui rappelait que Balem Sansel était en prison parce que sinon avec la méthode gouvernementale non seulement le risque était que Bouem Sansal reste en prison mais en plus que tout le monde oublie qu'il y était. Hm.

Et donc je pense que chacun sa part. Euh ce que je regrette c'est que la libération de Bouem Sans sal et donné lieu à la réédition d'une scène franco-française, n'est-ce pas, de politique intérieure et des deux côtés d'ailleurs comme si en fait on rendait encore une fois Alger l'arbitre de nos débats. C'est ça que j'ai regretté.

Maintenant Boulem Sans est libre. Voilà, il reste, c'est pas tout à fait le même cas parce que Christophe Glaise, lui, est un journaliste, n'est-ce pas ? Mais il est quand même lui aussi à emprisonner, non pas pour sa littérature, mais pour le simple fait de s'être rendu en en Algérie pour enquêter sur le football, par ailleurs, n'est-ce pas ? et aujourd'hui est encore prisonnier.

Mais il y a pas que sans sal église, il y a aussi tous ces Algériens qui sont en prison pour des raisons d'opinion. Et là se situe la véritable ligne de partage, il me semble, n'est-ce pas ? Voilà, en combattant pour Boulem Sansal, on n pas fait un cas d'exception.

On a affirmé en fait cette valeur universelle que personne ne peut être mis en prison pour ce qu'il pense et ce qu'il dit dès lors que cette personne en plus comme l'avait Bouhem n'a aucune aucune activité politique. Pourtant certains philosophes notamment comme Pascal Brutner ont dit ouvertement avoir reçu des réprimandes pour s'être ouvertement exprimé sur Boilem Sans sal. Vous avez trouvé ça problématique ?

Oui, enfin je trouve ça problématique. Heureusement nous nous sommes dans une démocratie. Alors donc je veux dire si des diplomates s'énervent parce que on leur explique queil faudrait quand même qu'il fassent leur travail avec un plus d'énergie et qui s'arrête de s'excuser de d'exister, c'est ça.

Bon bah tant mieux. Voilà. Bon, bousculer les diplomates, ça n'a jamais fait de mal qu'au diplomate.

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