Inédit : François Asselineau invité sur RVL en mars 2007, avant la création de l'UPR
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 59 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Mais qui gouverne la France ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Pourquoi cette question « Qui gouverne la France » ?
- 3:04RelanceRéponse directe
Enfin, juste pour vous arrêter deux secondes sur ça, nous avions sur Radio Vraiment Libre dernièrement Florence Autret qui nous disait « Oui, mais bon, ces 80%, c'est quand même essentiellement de la réglementation économique. Il n'y a pas grand-chose qui concerne le terrain plus social, plus politique. »
- 3:55ComplaisanteRéponse directe
Mais rappelez-vous que cette opposition à la guerre en Irak a été faite contre une très large majorité de nos partenaires européens.
- 5:33RelanceRéponse directe
Donc qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, l'Europe véritablement intervient sur la politique intérieure ?
- 7:19RelanceRéponse partielle
Vous voulez dire qu'ils mentent effrontément ? Ils ne sont pas capables de tenir les mesures proposées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueFait
« le pouvoir n'est pas ou n'est plus là où les gens croient qu'il est. En réalité, la plupart des décisions qui sont prises le sont sous contrainte, et notamment viennent de Bruxelles et de la Commission européenne. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« Jacques Delors, qui était à l'époque président de la Commission européenne, avait fait la prédiction que, bientôt, aux alentours de l'année 2000, 80% des lois et des règlements seraient d'origine communautaire. »
- 4:20Invité politiqueFait
« le président de la République française a violé la lettre et l'esprit du traité de Maastricht dans ce que l'on appelle le deuxième pilier, la politique étrangère et de sécurité commune, puisque le traité de Maastricht prévoit que les pays, les États membres de l'Union européenne, qui sont également membres du Conseil de sécurité des Nations unies, et c'est une longue périphrase pour désigner la Grande-Bretagne et la France, que ces pays doivent s'abstenir d'avoir des positions différentes de la majorité des États membres. »
- 10:14Invité politiqueChiffre
« 600 000 euros sur l'argent des contribuables parisiens pour promouvoir le passage à l'euro. »
- 10:50Invité politiqueFait
« l'euro serait une catastrophe économique, ce qui d'ailleurs est le cas. On peut le mesurer maintenant, cinq ans après. »
- 23:14Invité politiqueFait
« la commission européenne a décidé de supprimer, d'accorder à la Chine la suppression de tous les quotas textiles. »
- 23:37Invité politiqueFait
« Si la France avait été présente à l'Organisation mondiale du commerce, elle aurait pu s'y opposer parce que les décisions ne sont pas prises au vote. C'est ce qu'on appelle le système du consensus. »
- 23:49Invité politiqueFait
« les Portugais, les Espagnols, les Italiens, mais aussi les Marocains ou les Tunisiens parce qu'on est en train actuellement non seulement de détruire l'industrie textile française, on est aussi en train de détruire l'industrie textile naissante qui existait dans les pays du Maghreb. »
- 26:53Invité politiqueFait
« les Anglais ou les Scandinaves ou les Allemands vont nous tailler des croupiers. »
- 31:23Invité politiqueChiffre
« 7 milliards d'euros, ça fait à peu près 3 fois le budget de toute la diplomatie française. »
- 31:32Invité politiqueChiffre
« 7 milliards d'euros, c'est peut-être, en gros, on peut dire l'équivalent peut-être de 70 ou 80 000 logements sociaux. »
- 35:14Invité politiqueFait
« de chasser la France de ces terres de prédilection de Mésopotamie où depuis les années 30, la compagnie française du pétrole était présente. »
- 39:39Invité politiqueChiffre
« nous donnons 200 fois plus par personne à chaque Polonais ou à chaque Léton qu'à chaque Marocain. »
- 39:50Invité politiqueChiffre
« On donne 95 fois plus à chaque Chypriote qu'à chaque Tunisien. »
- 45:05Invité politiqueFait
« en France, désormais, les agriculteurs vont avoir des revenus qui leur sont payés comme des fonctionnaires. »
- 46:05Invité politiqueChiffre
« En France, en 1962, on devait avoir encore plus de 2 millions d'agriculteurs. »
- 46:11Invité politiqueChiffre
« Actuellement, on est tombé à 400 000. »
- 54:04Invité politiqueChiffre
« plus de 90% des jouets vendus en Europe et en France viennent de Chine »
- 1:00:50Invité politiqueChiffre
« le gouvernement espagnol de M. Zapatero a régularisé 600 000 Marocains »
- 1:07:50Invité politiqueFait
« les États-Unis, et notamment la CIA, ont subventionné le mouvement européen »
- 1:09:16Invité politiqueFait
« la méthode Monnet n'est pas une méthode Monnet, c'est une méthode américaine qui a été mise au point par les États-Unis dès le début du XIXe siècle »
- 1:14:33Invité politiqueFait
« François Mitterrand, c'est quand même un type qui a été président de la République pendant 14 ans. »
- 1:15:18Invité politiqueFait
« Les Français sont en guerre, mais ils ne le savent pas. C'est une guerre sans mort, une guerre invisible, une guerre sans mort apparemment, mais une guerre à mort. »
- 1:15:35Invité politiqueFait
« Ça doit être en quelque chose comme 1996 ou 1997. »
- 1:18:36Invité politiqueFait
« Mme Royal, elle a été lancée par une agence de publicité qui s'appelle Ogilvy. »
- 1:19:00Invité politiqueFait
« Ogilvy est une grande agence de publicité qui appartient à un très grand groupe américain qui s'appelle le groupe WPP qui est présidé par la personne qui dirige le groupe WPP. »
- 1:19:29Invité politiqueFait
« WPP possède de très grandes entreprises dites de lobbying qui sont en fait des grandes agences de désinformation. J'ai nommé Hill and Nolton et Burson Marsteller. »
- 1:20:18Invité politiqueFait
« Certains pensent que WPP ayant à sa tête l'ancien chef adjoint du cabinet de Clinton, ça serait un peu le Parti démocrate. »
- 1:20:25Invité politiqueFait
« Nicolas Sarkozy serait le candidat officieux du Parti républicain américain. »
- 1:20:31Invité politiqueFait
« Mme Royal serait la candidate officieuse ou préférée du Parti démocrate. »
- 1:29:41Invité politiqueFait
« La France est la cinquième puissance économique mondiale. »
- 1:31:38Invité politiqueFait
« Le vrai clivage, il n'est plus le clivage droite-gauche. Il est le clivage entre les partisans de la vassalisation atlantiste qui s'appelle construction européenne, mais qui n'est en fait que de faire de la France une colonie américaine, et d'un autre côté, ceux qui sont fidèles à 2000 ans d'histoire de France. »
Temps de parole
- François Asselineau78 %
- Invité9 %
- Présentateur6 %
- ?6 %
≈ 34,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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sur RVL.
Aujourd
'hui, nous sommes au bar de l'Hôtel Ampère, en compagnie de François Asselineau. François Asselineau qui nous pose cette question aussi étrange que saugrenue à la veille des élections présidentielles, mais qui gouverne la France ? Du moins, c'est le titre des conférences qu'il donne depuis maintenant plusieurs mois à travers notre beau pays du nord au sud de l'est à l'ouest. Bref, si je vous dis que François Asselineau est né la même année que la communauté européenne, si je vous dis que François Asselineau est énarque, ancien élève d'HEC, inspecteur général des finances.
Cerise sur le gâteau, si je vous dis que François Asselineau a travaillé au plus haut niveau de l'État, dans les cabinets ministériels des gouvernements de Balladur, Juppé. Bref, si je vous dis tout ça, vous devriez vous dire, chers auditeurs, tiens, encore un technocrate, européiste, ouïouiste et sarkoziste.
Eh
bien patatras, François Asselineau n'est rien de tout ça.
Dans
les adjectifs qui se terminent par «iste », François Asselineau serait plutôt anti-sarkoziste, anti-européiste, et surtout gaulliste, tendance souverainiste. Alors, finalement, pourquoi cette question gouverne la France, quand l'actualité, justement, en France, c'est la course à la présidence
?
Très en forme, on retrouve le petit Nicolas, casac bleu, toque blanche, talonné de près par la souriante Ségolène, casac rose, toque bleu. Ségolène sur le point de se faire doubler, d'ailleurs, par le frisottant François, casac orange, toque, aux couleurs multicolores, disons. Bref, l'actu, c'est le PMU, le PMU électoral. Alors, François Asselineau, pourquoi cette question ? Pourquoi cette question « Qui gouverne la France »
? Ah,
écoutez, merci d'abord de me donner la parole, et merci à vos auditeurs de bien vouloir m'écouter.
«
Qui gouverne la France », c'est une question que je crois utile de poser. Pourquoi ? Parce que, comme vous venez de le rappeler, j'ai travaillé pendant plusieurs années au plus haut niveau de l'État, c'est-à-dire dans des cabinets ministériels,
et
j'ai pu m'apercevoir qu'en réalité, le pouvoir n'est pas ou n'est plus là où les gens croient qu'il est.
En
réalité, la plupart des décisions qui sont prises le sont sous contrainte, et notamment viennent de Bruxelles et de la Commission européenne. Ça n'est d'ailleurs pas
quelque
chose de très original que je dis.
Je
vous rappelle qu'en 1985, Jacques Delors, qui était à l'époque président de la Commission européenne, avait fait
la
prédiction
que,
bientôt, aux alentours de l'année 2000, 80% des lois et des règlements seraient d'origine communautaire.
Eh
bien, on y est. Nous y sommes.
Voilà.
On y est. La seule chose qui est nouvelle, c'est que moi, j'en tire des conclusions opérationnelles. Je tiens... C'est-à-dire ? C'est-à-dire que je tiens à avertir mes concitoyens
du
fait que c'est important.
Si
80% des lois et des règlements sont prises ailleurs, ça veut dire qu'il va falloir s'intéresser à qui
les prend. Ça, c'est vrai. Enfin, juste pour vous arrêter deux secondes sur ça, nous avions sur Radio Vraiment Libre dernièrement Florence Autret qui nous disait « Oui, mais bon, ces 80%, c'est quand même essentiellement de la réglementation économique.
Il
n
'y a
pas grand-chose qui concerne le terrain plus social, plus politique.
Je vous ai des exemples. » Écoutez, moi,
j'entre tout à fait en contradiction avec ce qu'a dit cette personne. Quel que soit le domaine d'activité,
on
retrouve les contraintes européennes. Parlons par exemple en matière de politique étrangère. Bon. Le président de la République, Jacques Chirac, qui a annoncé qu'il ne se représenterait plus, il a un bilan qui est assez mince. C'était hier soir.
Il
a un bilan qui est assez mince pour ses 12 ans de pontificats. Mais une des choses que l'histoire retiendra, c'est son opposition à la guerre en Irak. Mais rappelez-vous que cette opposition à la guerre en Irak a été faite contre une très large majorité de nos partenaires européens.
Mais
ce que l'on n'a pas suffisamment dit, c'est qu'en agissant comme il a agi, le président de la République française a violé la lettre et l'esprit
du
traité de Maastricht
dans
ce que l'on appelle le deuxième pilier, la politique étrangère et de sécurité commune, puisque le traité de Maastricht prévoit
que
les pays,
les
États membres de l'Union européenne, qui sont également membres du Conseil de sécurité des Nations unies, et c'est une longue périphrase pour désigner la Grande-Bretagne et la France, que ces pays doivent s'abstenir d'avoir des positions différentes de la majorité des États membres. Pourtant,
Jacques
Chirac et Dominique de Villepin, ils ont d'ailleurs eu raison de le faire. Ils se sont complètement assis
sur
ces dispositions. Ils ont violé le traité de Maastricht pour faire respecter, d'une certaine façon, l'image et l'audience de la France ainsi que le droit international. C'est pour ça qu'on ne peut pas du tout limiter, comme certains européistes voudraient nous le faire croire, les questions européennes à une espèce de sphère un petit peu compliquée auquel personne ne comprendrait rien qui serait éminemment technique. Et ce que je viens de dire là pour les questions internationales, je peux le dire également sur beaucoup d'autres sujets. Par exemple,
sur l'immigration...
Là, on s'aperçoit quand même que Jacques Chirac et De Villepin ont tenu tête, on va dire, sont allés à l'encontre du traité. Donc qu
'est
-ce qui fait qu'aujourd'hui, l'Europe véritablement intervient sur la politique intérieure
?
Écoutez, d'abord, premièrement, reprenons cet exemple. Sur l'affaire de l'Irak, la preuve qu'ont administré Dominique De Villepin et Jacques Chirac, c'est au passage que un État mesure son influence pas uniquement en fonction du nombre de sa population et de son produit intérieur brut. C'est également l'audience de cette voix dans le concert des nations. Bon. Quand M. Chirac et M.
De Villepin ont pris la position qu'ils ont prise, il faut savoir que dans l'espace de 48 heures qui ont suivi, on a vu se précipiter dans toutes les alliances françaises de Rio de Janeiro jusqu'à Moscou et de Pékin à Mexico en passant par Johannesburg, on a vu se précipiter des étudiants qui voulaient apprendre le français. Pourquoi ? Parce que la voix de la France entrait en résonance avec ce que pensait une très grande partie de l'opinion publique mondiale. Bon. Donc ça, c'est pour ceux qui pensent que la voix de la France serait trop petite, que nous serions trop faibles.
Vous vous rappelez, c'est cette fameuse pensée qu'on attribuait à Staline qui pensait que le Vatican, combien de divisions ? Mais non. La voix du Vatican, en 1940, portait bien davantage que le nombre des divisions qu'il n'avait pas.
Alors
maintenant, en matière de politique intérieure, mais dans tous les domaines de la politique intérieure,
nous
avons des contraintes européennes que les grands candidats, d'ailleurs que tous les candidats pour être exact, tous les candidats à la présidence de la République, s'ingénie à cacher aux Français
qu
'ils n'ont pas les pouvoirs
de
prendre les mesures qu'ils proposent dans leur programme.
Donc
vous voulez dire qu'ils mentent effrontément ? Ils ne
sont
pas capables de tenir les mesures proposées ?
Je ne
sais
pas si on peut parler d'un mensonge effronté.
Je
dirais qu'il y a une espèce de façon un peu schizophrénique de la classe politique française de tenir des discours.
On
a des hommes et des femmes politiques. Lorsqu'il est question, par exemple, de l'Europe, au moment des questions européennes ou au moment du référendum, alors toute la classe politique parle de l'Europe comme si c'était la chose la plus importante qui soit.
Et
puis, en dehors de ces périodes-là, on ne parle plus jamais de l'Europe comme si ça n'existait pas.
De
telle sorte que nous avons affaire... J'ai regardé assez précisément les programmes proposés par la plupart des candidats aux présidentielles. Mais de façon tout à fait étonnante, ils relèguent la question européenne dans le meilleur des cas comme un sujet parmi d'autres. Même parmi des gens qui sont classés comme souverainistes, je pense à Philippe de Villiers, il a fait 100 propositions. Les questions européennes, c'est la 92e et la 93e.
Et
de la même façon, pour
Mme
Royale ou pour Nicolas Sarkozy, la question européenne est traitée comme un sujet, par exemple, entre les questions économiques, les questions internationales.
Pour
mettre les choses au clair, il y a quand même des gens qui ont fait la campagne pour le non au dernier référendum et l'argument, c'était quand même de dire qu
'on
est pro-européen mais qu
'on
ne veut pas de cette Europe-là. Vous, vous ne voulez pas d'Europe du tout, j
'ai
l'impression.
Soyons clairs.
Oui, soyons clairs, vous avez raison. Vous avez raison, ce dont souffre, moi, mon diagnostic. Vous savez, j'ai été, comme vous l'avez gentiment rappelé tout à l'heure, j'ai fait plusieurs années en cabinet ministère. Ensuite, j'ai été élu, je suis élu du peuple, je suis élu conseiller de Paris. J'ai également parcouru la France du nord au sud et de l'est à
l'ouest. Vous n'y allez plus au
conseil de Paris.
Comme vous me l'avez dit tout à l'heure. Qu'est-ce que j'ai constaté ? J'ai constaté que les Français, en fait, ne comprennent pas la question européenne.
Excusez-moi, je viens de vous dire, il paraît que vous avez sanctionné le conseil de Paris en n'y allant plus parce que
vous
n'aviez pas assez de temps de parole. On m
'a
fait comprendre ça, moi, avec quelqu'un qui travaille à Paris.
C'est vrai que j'y vais très peu, mais parce que je suis en non-inscrit.
D
'abord, je vais quand même à toutes les réunions du conseil de Paris. Je suis en non-inscrit et je vais vous raconter une anecdote puisque vous m'entraînez sur ce sujet.
Non, mais
on ouvre la parenthèse, on la ferme très rapidement.
Il y a au moment de l'introduction de l'euro, j'avais obtenu trois minutes pour m'opposer, enfin, j'avais demandé la parole pour m'opposer à une délibération proposée par la mairie, par la municipalité de dégager, je ne sais plus combien c'était, mais c'était une somme relativement importante, quand même, peut-être 600 000 euros sur l'argent des contribuables parisiens pour promouvoir le passage à l'euro.
Et
j'avais donc demandé la parole pour faire valoir que c'était complètement, une dépense complètement superfétatoire puisqu'il n'était déjà question que de ça partout. Bon, comme disent les Chinois, ils ont un proverbe pour parler de ça, ils disent que
c
'est faire une irrigation en période de crues. Bon, j'ai pensé que c'était une dépense complètement farfelue et j'en ai profité en l'espace de trois minutes pour dire ce que je pensais de l'euro. C'était en 2002 et je pensais, je développais des idées comme quoi l'euro serait une catastrophe économique, ce qui d'ailleurs est le cas. On peut le mesurer maintenant, cinq ans après. Eh bien, croyez-moi ou ne me croyez pas, mais il m'a été pratiquement impossible d'arriver jusqu'au bout de mon propos. Je
parlais trois minutes,
sans arrêt, j'ai été coupé par tous ces grands démocrates qui se trouvaient à l'UMP, à l'UDF, au Parti Socialiste, sur toutes les travées. Il n
'y
avait que, à la limite, que les communistes et puis les chevénementistes qui n'ont pas fait de tohu-bohu ont m'a empêché de parler. Voilà. La vraie question qui se pose, c'est qu'en France, on a l'impression, pour rebondir sur votre question préalable, on a l'impression qu'en France, il est interdit d'être contre la construction européenne. On est forcément pour...
Attendez, on vient de fermer la parenthèse sur le Conseil de Paris. J'ai posé la question clairement, j'aimerais bien que vous y répondiez aussi clairement. Vous êtes contre l'Europe, contre une construction européenne et contre n'importe quelle autre Europe. Oui, je
suis absolument...
Vous êtes
nationaliste, vous êtes patriote, comment vous vous définissez ?
Non, je ne suis... Charles de Gaulle, que j'aime à citer souvent, disait nous ne sommes pas des nationalistes, nous sommes des nationaux. Les nationalistes sont des gens qui utilisent leur nation contre les autres. Ce n'est pas du tout mon propos.
Je
voudrais dire un certain nombre de choses que personne, semble-t-il, n'a le droit de dire en France. La première chose, c'est que la France est un pays extrêmement ouvert sur le monde.
Et
il est très bien qu'il en soit ainsi.
La
France, elle a des relations internationales avec 195 États dans le monde.
Nous
sommes partie prenante à des dizaines, des centaines de traités internationaux. Nous sommes à l'ONU, nous sommes à l'Organisation mondiale de la santé, à l'Organisation internationale du travail, nous sommes aux traités de l'Antarctique, nous sommes aux traités sur le droit de la mer, etc. À l'UNESCO,
on
est dans un très grand nombre de traités internationaux.
En matière
européenne, nous sommes au Conseil de l'Europe qui réunit tous les pays du continent européen, y compris l'Islande, la Norvège ou la Turquie d'ailleurs. En d'autres termes, quand les gens veulent faire croire que si vous êtes contre la construction européenne, c'est que vous voudriez refermer la France sur elle-même, qu'elle devienne une espèce de royaume ermite comme la Corée du Nord, eh bien je dis que ces gens qui disent cela mentent. Parce que si nous quittions demain, comme je le propose, la construction européenne, si nous dénonçons les traités de Rome, Maastricht, Amsterdam et Nice, mais ma foi, tous les autres traités seront encore valables.
La France ne se refermera nullement sur elle-même. Qu
'est-ce qu
'on a et gagner ? Parce qu'on n'a toujours pas répondu à cette question et c'est d'ailleurs la question de votre conférence, c'est qui gouverne la France ? Donc qu
'est
-ce qu'on a finalement à gagner, à quitter l'Europe ? Je ne
suis
pas sûr que ce soit vraiment très clair. D'abord... Quel est votre propos ? Qui
gouverne la France ? qui gouverne la France
?
On a mis dans la tête des Français,
on
a mis dans la tête des Français que la France était désormais devenue trop petite pour pouvoir décider de son propre destin.
On
a mis dans la tête des Français que nous devions absolument fusionner avec, on ne sait plus très bien, maintenant nous sommes 27, donc avec 26 autres États, en attendant la suite, en attendant la Turquie, la Croatie, on nous a mis ça dans la tête en disant que c'était obligatoire, que c'était une loi de l'histoire.
Il
n'y avait pas le
choix. Il n
'y
avait pas le choix. Moi,
je
suis comme Saint Thomas. Je regarde autour de moi. J'ai voyagé dans 85 pays du monde.
J
'ai d'ailleurs une belle-sœur britannique et une autre belle-sœur qui est d'origine indienne. J'aime passionnément me rendre à l'étranger. Je regarde ce qui se passe ailleurs. Eh bien, je peux vous assurer de quelque chose. C'est que cette idée selon laquelle nous devons fusionner avec les 25 pays à l'entour, ça n'existe qu'en France et qu'en Europe occidentale.
Ça
n'existe nulle part ailleurs au monde. Il y a peut-être des raisons aussi.
Mais
quelles raisons ? On peut en parler tout à l'heure. Mais je voudrais terminer là-dessus. Si vous allez à l'île Maurice, 1
,8 millions d'habits.
Le
fait
d'être entre les États-Unis et la Chine et l'Inde, etc., c'est quand même en termes de population et en termes de secteur d'activité économique, vous ne pouvez pas dire qu'il n
'y a
pas de raison un tant soit peu objective à la construction européenne pour rester dans le marché.
Mais écoutez, ça c'est vous qui le dites. Non, non, je répète bêtement ce que j'ai dit. Oui. C'est le contraire qui est vrai.
On
veut faire croire encore une fois que si on sortait de l'Europe, on serait isolé. Mais c'est totalement faux. Prenons des exemples sur un certain nombre de sujets internationaux sur les sujets économiques. Bon. Renault.
L
'entreprise française Renault.
Est
-ce qu'elle a fusionné avec l'entreprise allemande d'automobiles Daimler-Benz ? La réponse est non. Renault a racheté le japonais Nissan pendant que Daimler-Benz se rapprochait de l'américain Chrysler et du japonais Toyota. Ce que je viens de dire là, on le retrouve dans tous les domaines. Sur l'Airbus, dont on dit volontiers que c'est une oeuvre européenne, on joue sur les mots. Vous savez que dans l'Airbus A380, par exemple, la part américaine est de 35% pour les appareils qui sont équipés de moteurs Pratt & Whitney.
On
ne
va
pas trop rentrer dans la technique parce que c'est compliqué.
C'est un peu
compliqué.
Mais
alors... 35%, moi, ça ne me dit rien.
Prenons un exemple. Dans l'Airbus, les Britanniques viennent de quitter le consortium Airbus. En revanche, dans l'Airbus A380, les Américains sont extrêmement présents, mais aussi 10 entreprises japonaises, 2 entreprises australiennes, 1 entreprise canadienne, 1 entreprise malaisienne, etc. 0 entreprise slovéne, 0 entreprise
finlandaise.
Charlie Hebdo a titré dernièrement sur Airbus « Cash ou crash ?
»
Votre avis là-dessus ?
Oui, ça, ce sont les jeux de mots de Charlie
Hebdo que je lui laisse.
Le canard enchaîné, pardon. Ah, c'était le canard enchaîné. Bon, ça fait partie des jeux de mots, mais ce n
'est
pas ça qui est important, à mon avis. Ce qui est important, c'est que Airbus, c'est une coopération internationale.
Qui dit la
noyote
?
Actuellement, Airbus a des soucis à se faire vis-à-vis des Américains. Une des raisons essentielles étant d'ailleurs le taux de change de l'euro qui... Parce que quand même, lorsqu'Airbus a dépassé Boeing,
c
'est lorsque l'euro valait 0,80 $. Maintenant qu'un euro vaut 1,30 $, c'est quand même évidemment une perte de compétitivité, même si les dirigeants de ADS ont fait des couvertures de change, même s'ils essaient de répercuter le risque de change sur les sous-traitants à l'intérieur de l'Europe, ce qui est quand même un comble puisqu'ils payent leurs sous-traitants en Europe en dollars. Il n'en demeure pas moins que le taux de change de l'euro pénalise très gravement Airbus.
Je vous propose qu'on sorte d'Airbus parce que je pense qu'il faudrait une émission entière pour expliquer Airbus. Patrick,
je
te laisse reprendre.
Oui, parce qu
'on comprend à la limite qu'on ne perdrait pas, quand on vous écoute,
qu
'on ne perdrait pas grand-chose en France à sortir des traités européens. Moi, j'aimerais vraiment répondre à cette question. qu'est-ce qu'on a à y gagner finalement à en sortir ?
Écoutez,
si par exemple nous sortons
des traités... Pourquoi l'Europe aujourd'hui n'a pas de problème ? Qu'est-ce
qu'elle cause comme problème en France ? Est-ce qu'on perd notre indépendance ?
Bien
sûr. Par exemple, au moment de la Constitution européenne, un grand débat est né au milieu du peuple français qui était la directive Volkestein. Cette directive Volkestein qui prévoit la libre installation pour tous les métiers de service.
Bon,
ça veut dire qu'à terme, non seulement des plombiers polonais comme on en a beaucoup parlé, mais aussi des avocats roumains, des notaires hongrois viennent s'installer en France et peuvent être payés aux tarifs de leur pays d'origine. Bon.
Les
Français se sont mis vent debout contre cette directive. Ce qu'il faut savoir, c'est que cette directive n'est jamais que l'application au secteur des services du traité de Rome et que donc, il faut être cohérent.
Non,
ça n'avait rien à voir avec la Constitution européenne, mais ça avait tout à voir avec le traité de Rome.
La
question qui se pose, c'est que cette construction européenne nous vole. Dans tous les domaines de l'activité, notre droit a décidé souverainement des politiques que souhaitent les Français.
On
parlait, on a abordé tout à l'heure l'OMC. Eh bien, la France n'est pas à l'OMC. Enfin, elle en est membre, bien entendu.
Pascal Lamy est
français, il me semble,
non
?
Oui, Pascal Lamy a été, il est le directeur général actuel de l'OMC, mais il est dans des fonctions de fonctionnaire international.
Donc, il ne défend pas... C'est
vous qui dites à propos de Pascal Lamy qu'il serait proche de
services
secrets américains ou je confonds
?
Non, moi, je n
'ai
pas dit ça.
D'accord, bon,
on passe.
Non, non, je n'ai pas dit ça, mais je dirais simplement qu'il fait partie de ces fonctionnaires internationaux qui ont une vision un petit peu, comment dirais-je, idéalistes, pour ne pas dire téléologiques, de leur action. Voilà, ils sont là pour promouvoir le monde qu'ils estiment devoir arriver. Moi, ce que je sais sur l'OMC, par exemple, c'est que la France n'est pas présente dans les négociations. La France, elle se fait représenter par un commissaire européen.
Alors,
certains vont dire mais c'est normal, ça va permettre de peser davantage.
Eh
bien,
c
'est le contraire qui est vrai.
Parce
que le commissaire européen, en ce moment, c'est un britannique qui s'appelle Peter Mandelson. Il représente les intérêts de la France mais il représente également les intérêts des 26 autres États membres de l'Union européenne.
Or,
nous avons des intérêts extraordinairement opposés.
Quand
vous avez quelqu'un qui est chargé de négocier les intérêts de 26 États qui ont des intérêts totalement différents,
il
a les mains complètement libres parce qu'il est sûr que quoi qu'il oppure,
s
'obtienne, il fera des heureux et des malheureux.
Si
nous étions présents nous-mêmes à l'Organisation mondiale du commerce, je suis désolé, c
'est
un peu technique, mais si nous étions présents nous-mêmes, nous pourrions nous opposer à des mesures qui sont préconisées.
Et
on pourrait d'autant plus que les...
Exemple ?
Eh bien, par exemple, le secteur du textile ou le secteur des délocalisations dont on parle beaucoup parce qu'alors, vous voyez tous les candidats à la présidentielle qui sont tous contre les délocalisations, bien entendu.
C
'est facile. Bon, c'est facile. Mais ils proposent quoi pour lutter contre à part des redomontades
?
Moi, je vais entrer dans le détail parce que le
détail...
Le
détail est fondamental. Vous savez, moi, ma femme est vaugienne. Je connais un peu la situation des Vosges et des filatures vaugiennes. On est en train de détruire ce qui restait d'industrie textile en France. Pourquoi ?
Pourquoi
? Il faudrait que vous demandiez à tous les responsables politiques français pourquoi on en arrive là. La réponse, c'est que nous avions des quotas textiles pour nous protéger des importations chinoises torrentielles. Vous savez qu'il
y
a deux façons de réguler le commerce international et les importations. Il y a sous les droits de douane, d'une part.
On
monte les droits de douane ou on les baisse pour favoriser le protectionnisme ou pour, au contraire, favoriser le libre-échange.
Et
puis, la deuxième chose, c'est les quotas. On autorise un quota jusqu'à temps, par exemple, de volume et après, c'est fini pour l'année.
Pas
plus de 2 millions de pantalons par exemple. Voilà. Donc ça, ce sont les deux grands moyens de réglementation qui existent depuis des siècles à travers le monde. Bon.
Il
faut savoir qu'à l'Organisation mondiale du commerce, ces décisions absolument fondamentales sont prises justement par le commissaire britannique.
Le
commissaire britannique, il a décidé...
Peter Pan. Oui, Peter Pan. Peter Pan.
Bon. La commission européenne... En fait, ça s'est étalé sur plusieurs commissaires. La commission européenne a décidé de supprimer, d'accorder à la Chine la suppression de tous les quotas textiles. C'est-à-dire que la commission européenne a décidé que les Chinois pourraient nous vendre autant qu'ils veulent. Bon.
Mais
qu'est-ce qu'on a obtenu en échange ?
Et
qui a pris cette décision ? Si la France avait été présente à l'Organisation mondiale du commerce, elle aurait pu s'y opposer parce que les décisions ne sont pas prises au vote. C'est ce qu'on appelle le système du consensus. La France aurait très bien pu s'y opposer. Elle aurait d'ailleurs trouvé des alliés pour s'y opposer. Par exemple, les Portugais, les Espagnols, les Italiens, mais aussi les Marocains ou les Tunisiens parce qu'on est en train actuellement non seulement de détruire l'industrie textile française, on est aussi en train de détruire l'industrie textile naissante qui existait dans les pays du Maghreb.
Alors même que nous avons une vraie responsabilité historique vis-à-vis de ces pays et que si on est en train de torpiller le début d'industrialisation qu'ils connaissent, il ne
faut
pas s'étonner après qu'on voit de nouveaux flux d'immigration arriver en France. Donc la question qui se pose, c'est qui a pris cette décision et qu'est-ce qu'on a obtenu en échange ? Eh bien, vous savez ce qu'on a obtenu en échange ? Bon, ce n
'est
pas dit clairement. Ce n
'est
pas aussi simple que ça.
C'est l
'inspecteur général des finances qui va parler.
Ce n
'est
pas aussi simple que ça. ont autorisé l'ouverture du marché financier chinois aux Lloyds britanniques. Les Lloyds, vous savez, c'est cette compagnie d'assurance qui a été créée au XVIe siècle. Bon, si vous regardez maintenant toutes ces négociations
vues
de Londres, c'est formidable puisque la suppression des quotas textiles permet aux Britanniques d'importer autant de textiles chinois qu'ils veulent, ils s'en fichent, ils n'ont plus d'industrie textile. Leur intérêt, c'est d'acheter au moins cher. Donc ça les favorise. Et ils sont deuxièmement favorisés avec l'ouverture du prodigieux marché des assurances chinoises aux fameuses Lloyds britanniques. Pour les Anglais, c'est gagnant-gagnant. Regardons maintenant les affaires du point de vue français ou espagnol, italien ou portugais. Bon, nous, on avait une industrie textile. Elle est en train d'être ruinée.
Allez parler dans les vallées vaugiennes à tous les salariés de ces petites entreprises dessous de ces PME.
Ils
n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Les pouvoirs publics les ont laissés tomber sur l'hôtel de la construction européenne. Est-ce que pour autant, on a obtenu une ouverture des marchés financiers pour nos industries ? Beaucoup moins que les britanniques. Voilà ce qui ne va pas. C'est qu'au sein de l'Organisation mondiale du commerce, se prennent des décisions d'une apparence technique
qui
n'est pas expliquée.
Avec la comparaison que
vous êtes en train de faire entre la France et l'Angleterre, est-ce qu'il n
'y a
pas une explication ou du moins une tentative d'expliquer la forte croissance que connaît l'Angleterre et aussi le chômage ? C'est-à-dire le chômage qui est en train de baisser alors que nous, on monte. C'est vrai, il y
a
des courbes. On a vu un peu des courbes.
D'abord, ce que je voudrais dire...
C
'est une question. Ce que je voudrais dire, c'est que moi j'en ai assez de l'hypocrisie et des faux semblants. Ce que je dis là au micro, nos élites politiques et administratives le savent. Ils savent très bien... Comment vous le savez qu
'ils
le savent ? Parce que j'ai fait du cabinet et j'ai suffisamment vu du
cabinet ministère... Alors, on lance là maintenant.
Non, j'ai vu suffisamment...
Qui vous a dit en privé, on est d'accord, mais on ne
peut
pas le dire.
J'ai vu suffisamment de ministres,
j
'ai vu suffisamment de hauts fonctionnaires
qui
savent qu'on veut... Tiens,
les
Anglais ou les Scandinaves ou les Allemands vont nous tailler des croupiers.
Ok, ok. Il faut absolument qu'on se bat. Je veux bien vous croire, je
veux bien vous croire, mais qui...
Vous ne voulez pas dire
des
noms
dans ce qu'elle a
dit... Non, mais ça n'a
pas... De toute façon, ce n
'est
pas lui, on veut travailler dans... Non,
mais
ça n'a pas une très grande importance.
Les noms.
Les noms n
'ont
pas une très grande importance. Croyez-moi, en tout cas, quand je vous dis cela. Je voudrais aussi vous dire autre chose parce que vous parliez de la situation britannique. On ne
cesse... Attention,
si vous mentez, vous êtes catholique, non ?
Oui. Si
vous mentez, vous irez en enferme. Parce que là, c
'est grave,
quand même, ce que vous dites. C'est très grave. Mais non,
ça n'a rien de
grave.
Mais écoutez... Les
représentants politiques qui représentent le peuple et qui leur ment et qui disent il ne
faut
pas faire ça dans le privé et ils font autre chose dans le public, je suis désolé, si ça, ce n
'est
pas grave, on n'a pas la même
notion de gravité.
Mais parce qu'ils sont pris dans un engrenage. C'est l'engrenage de la construction européenne. C'est ce qu'on me disait, d'ailleurs, autour de cette question depuis le début. En France, on considère qu'on n'a pas le droit d'être contre. On est donc forcément pour. Et donc on a affaire à des hommes politiques et des femmes politiques ou des responsables administratifs qui sont obligés d'avaler coulœuvre sur coulœuvre.
Tout
le monde sait bien que ce n
'est
quand même pas une grande... quelque chose de sensationnel que je vous dis quand je vous dis qu'il y a des conflits intra-européens. Le moindre marathon budgétaire, ça se termine dans des affres terrifiantes parce que tous les pays sont obligés de lâcher des choses qui sont importantes. La question qui se pose, c'est finalement est-ce que tout ceci a du sens ? Est-ce que ça a du sens de lâcher des choses absolument stratégiques en poursuivant une chimère depuis un demi-siècle
? Je vais vous en
donner du sens. Moi, tous mes amis qui ont voté oui au dernier référendum, il y a toujours un argument sur lesquels j'ai un petit peu de mal quand même à les remettre en cause sur leur vote oui. C'est quand même les pays de l'Est, c'est-à-dire la Pologne, la Slovaquie, tous ces pays qu'on a un peu bavés au cours de l'histoire,
qui
ont toujours changé de passer d'un régime à un autre avec une économie qui est toujours tombée, etc. Là, j'aimerais bien avoir votre sentiment là-dessus. l'Europe qui se construit et qui aide les pays de l'Est, je crois qu'on n'est pas loin de
l
'objectivité.
Non
mais...
Ah
non, mais moi, je veux votre sentiment
là-dessus. Ah
bien,
alors,
vous allez l'avoir et je ne vais pas vous céder ça parce que je vais tenir des propos qui sont sans doute iconoclastes. Je considère personnellement qu'il faut développer la coopération internationale. D'ailleurs, comme je le rappelais préalablement, la France est l'un des pays les plus ouverts sur le monde. Il ne
faut
pas exagérer, on est infiniment plus ouverts sur le monde que les États-Unis ou que le Japon, par exemple. Ça, c'est le premier point.
Le
deuxième point, je suis désolé de devoir le dire, mais il semble que par moments ça serait nécessaire, c'est que les dirigeants français, à commencer par le chef de l'État, leur première mission,
leur
mission numéro un, ça doit être d'abord
de
défendre les Français, de promouvoir les Français leur niveau de vie.
Alors,
je ne dis pas pour autant qu'il faut entrer en guerre, bien entendu, avec les pays alentours. Vous ne voulez pas renvoyer à la Pologne, rassurez-moi. Mais pas du tout. Mais la priorité des priorités, c'est déjà de protéger les Français, d'avoir une vision stratégique pour la France. bon, il faut savoir par exemple qu'actuellement, personne n'en parle non plus. Ce sont les aspects budgétaires. Cette année,
tout
est fait d'ailleurs par Bruxelles pour entretenir un grand nuage sur cette affaire et qu'on n'y comprenne rien.
Mais
je peux vous dire que d'après les calculs de la direction de la comptabilité publique du ministère des Finances, qui sont rendus d'ailleurs publics, cette année, la France va verser
à
peu près,
en
gros, 7 milliards d'euros,
je
dis bien 7 milliards d'euros, de plus à la construction européenne qu'elle ne va en recevoir.
Ça
veut dire qu'on va donner 7 milliards d'euros en plus pour faire fonctionner la Commission européenne, les parlements européens, mais pour donner de l'argent aux pays de l'Est. Est-ce que c
'est
pas parce qu'on est tout simplement plus riches ? Oui, mais attendez, monsieur. 7 milliards d'euros,
il
faut savoir ce que ça représente.
Moi, ça ne me parle pas. C
'est
un
gros chiffre.
7 milliards d'euros, ça fait à peu près 3 fois le budget de toute la diplomatie française. Ça ne vous parle peut-être pas encore, alors je vais vous donner un autre chiffre. 7 milliards d'euros, c'est peut-être, en gros, on peut dire l'équivalent peut-être de 70 ou 80 000 logements sociaux.
On
préfère donc donner de l'argent aux Polonais, aux Hongrois, aux Slovènes, aux Lituaniens, aux Lettons, plutôt que de construire des logements sociaux en France, alors qu'il y
a
une pénurie effroyable, effroyable de logements sociaux. Donc voici quand même quelque chose que les Français devraient se poser comme question. Les Français devraient se poser ce genre de question. Et ça n'est pas être raciste ou être xénophobe que de le dire. J'ajouterais deux choses encore. C'est que moi, je veux bien contribuer à donner de l'argent. Mais la France, est-ce qu'elle est encore assez riche ? Parce qu'on ne cesse de dire aux Français que nous sommes les derniers des derniers, que nous sommes surendettés, etc. Par ailleurs, les mêmes considèrent qu'il est tout à fait normal qu'on donne tout cet argent. C'est
vrai
que c'est un peu contradictoire. C'est un peu contradictoire. Alors, j'ai quand même deux choses encore à dire. C'est qu'on est quand même dans un univers, me semble-t-il, d'ultralibéralisme, qui n'est d'ailleurs pas personnellement celui que je préfère, parce qu'il n'est pas conforme au génie français. Les Français, ils aiment bien l'économie
mixte,
où il y a de l'État. Comme disait De Gaulle, il faut toujours mettre un peu de l'État, sinon ça merdoit en France. Vous
le citez
beaucoup, De Gaulle. Juste une petite parenthèse, c'est la première personnalité politique qui vous a marqué. Vous êtes resté fidèle ?
Disons que non. Je dirais plutôt que je l'ai découvert avec la maturité venant et que je considère que c'était quand même un de nos très, très grands responsables politiques français. Vous vous considérez comme son fils spirituel ? Ce serait un peu audacieux de me présenter comme ça. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que je m'inscris tout à fait dans sa véritable pensée. Au passage d'ailleurs, puisque vous me parlez de De Gaulle, le gaullisme, ça n'est jamais que la grande pensée stratégique française. De Gaulle,
c
'est également Jeanne d'Arc,
c
'est également François Ier faisant alliance avec Soliman le Magnifique,
c
'est également Gambetta, c'est également Clémenceau, c'est également les soldats de l'an II. De Gaulle,
c
'est toute une pensée, une stratégie française.
J
'aurai d'ailleurs l'occasion de développer ceci lors d'une prochaine conférence sur l'histoire de France. Mais j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure. On donne donc de l'argent, on donne beaucoup d'argent au pays de l'Est.
Mais
qu'est-ce que l'on en obtient en échange
? Vous
savez, le don quand on est catholique, on n'attend pas un
retour. Non mais attendez,
on n'est pas dans une sacristie, on est sur la scène internationale.
Quand
on donne de tels montants, la moindre des choses, c'est qu'on aurait dû négocier un certain nombre de retours.
Quelque chose de gagnant-gagnant.
Voilà. Alors
par exemple, comment se fait-il que l'on accepte que la Pologne se soit rangée, comme d'ailleurs tous les pays de l'Est, derrière les Etats-Unis sur l'affaire de la guerre en Irak ?
Alors
même que l'un des objectifs...
Jacques Chirac avait dit d'ailleurs des enfants mal élevés.
Oui, il a dit qu'ils auraient mieux fait de... Mais ils avaient perdu une bonne occasion de se taire. On a beaucoup reproché ce propos à Jacques Chirac qui avait dit en parlant des nouveaux pays de l'Est qu'ils ont perdu une occasion de se taire parce qu'ils s'étaient rangés tous derrière les Etats
-Unis. Ce sont des
enfants mal élevés. Mais tout le monde a reproché ça à Jacques Chirac. Mais moi, je trouve que quand vous donnez 7 milliards d'euros à des pays que ça représente des sommes aussi fantastiques,
il
est quand même assez normal que l'on en attende quelque chose en retour. Or, les pays de l'Est, en se rangeant derrière les Etats-Unis sur l'affaire irakienne, participent de la stratégie guerrière américaine. Vous savez que cette guerre, je ne
vous
l'apprends pas, a été déclarée en violation du droit international public. et que parmi les nombreux objectifs qu'elle poursuit, il y en a un dont on parle relativement peu. C'est quand même de chasser la France de ces terres de prédilection de Mésopotamie où depuis les années 30, la compagnie française du pétrole était présente. Il s'agit d'une mise pour les Américains et les grandes compagnies américaines de mettre la main sur des gisements où nous étions présents. Je
crois que ça n'avait pas échappé à grand monde.
Bon, eh bien,
est
-il normal que la Pologne et que les pays de l'Est se soient rangés derrière cette coalition qui, objectivement, nuit très profondément à nos intérêts
? Ce
n
'est
pas la seule chose. Vous savez très bien comme moi que, par exemple, les Polonais... Je ne parle pas d'ailleurs spécialement des Polonais. J'aime beaucoup les Polonais. Je suis allé en Pologne.
C
'est un pays magnifique. Je ne suis pas contre les Polonais. Les Polonais, ils ont leurs propres contraintes et je les respecte. Parce que si j'étais Polonais, je pense que je réfléchirais et que je réagirais comme eux. Mais il est un fait que...
Attendez, attendez.
Vous êtes en train de dire que si vous étiez Polonais, vous seriez pour la construction européenne.
Je suis... Non. Mais attendez, les Polonais, ils ne sont pas vraiment pour la construction européenne. Les Polonais sont pour que les pays d'Europe de l'Ouest leur donnent de l'argent.
Oui, alors ça, c'est une chose.
Mais je peux vous dire que la communauté polonaise qui est en France vote oui à l'Europe.
Évidemment, parce qu'ils savent très bien que l'Europe apporte beaucoup d'argent à la Pologne. Mais vous savez comment réagissent les Polonais et les Polonais de Pologne, comme les Létons de Lettonie ou les Lituaniens de Lituanie.
Eh
bien...
Non, je ne sais
pas parce que des fois, je ne
sais
même pas comment réagissent les Français de France.
Moi, je peux vous le dire parce que si nous étions à leur place, nous réagirions comme eux. Leur problème numéro un à toutes ces populations, leur hantise,
c
'est le retour des Russes. Ils ne veulent pas repasser sous la botte des Russes. Ils les détestent.
Ils ont
également une deuxième chose.
Ils
n'ont pas très envie non plus du retour des Allemands. Bon.
Pour
eux, l'Europe, ça leur permet d'avoir de l'argent. Je viens d'en parler. Mais il n'en demeure pas moins que dès qu'il s'agit de sujets géostratégiques, ils se placent immédiatement sous le bouclier américain.
Parce
qu'ils ont le sentiment
que
l'on peut comprendre que seuls les États-Unis peuvent les protéger du retour des Russes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils se sont tous précipités pour entrer à l'OTAN avant d'entrer même dans l'Union européenne. Ça veut dire que tous ces peuples n'ont pas du tout la même vision que certains peuvent avoir en France. En France, certains croient encore que l'Europe a vocation à être un pays, une espèce d'entité politique continentale tout à fait indépendante pour damer le pion aux États-Unis. Mais c'est pas du tout ça.
Au contraire, tous les pays de l'Est se sont entrés dans l'Union européenne parce que pour eux, ils sont entrés dans une espèce de, comment dirais-je, de glacis américains et ils en sont satisfaits. Le problème donc que nous avons, c'est que nous nous marions de force avec des pays qui ont des contraintes géopolitiques totalement différentes des nôtres.
Excusez-moi d'insister, si vous étiez polonais, vous seriez donc comme eux.
C
'est ce que...
Mais
vous savez comment ils sont les polonais en ce moment.
Ils sont beaucoup plus
nationalistes que les français.
Mais attendez, tout le monde n
'est
pas sous la bannière des deux frères jumeaux. Déjà, premièrement, toute la jeunesse qui n
'est
pas très politisée, qui s'en fout un peu, m'est dit c'est quand même l'extrême droite de notre pays. Mais bon, ils parlent quand même plus de musique, de littérature et de peinture que de politique. Mais cela dit,
pour
répondre clairement à la question, vous seriez polonais, vous seriez pour la construction européenne. Je serais... Et
pour celle-là ? Écoutez, je ne suis pas sûr qu'ils soient pour la construction européenne parce que les résultats...
Ils sont
pour leur intérêt,
je recommande.
Les résultats...
Tout le monde est pour son intérêt dans la vie.
Oui,
oui,
bien sûr. Mais le résultat aux élections, le résultat aux élections, le résultat aux élections européennes, par exemple, en Pologne, où l'évolution de la scène politique intérieure polonaise montre qu'il y a une faible attirance pour la construction européenne stricte au sein de ce parce qu'ils ont bien compris aussi toutes ces populations
que
c'est la souveraineté de leur État qui est en train d'y passer aussi. Donc ils trouvent, évidemment, ils trouvent des intérêts à la construction européenne actuelle puisque ça leur apporte beaucoup d'argent. Accessoirement, ça leur apporte aussi beaucoup d'emplois et de délocalisation. Mais aussi, ils découvrent que petit à petit, on leur vole leur souveraineté. Et là, de ce point de vue-là, ça marche mal. Je n'ai pas terminé. Si vous me le permettez, il y
a
un deuxième point fondamental très important
dont
personne ne parle sur les questions financières. actuellement, par l'intermédiaire de la construction européenne, nous donnons
200
fois plus
par
personne
à
chaque Polonais ou à chaque Léton qu'à chaque Marocain.
On
donne 95 fois plus à chaque Chypriote qu'à chaque Tunisien.
Ça,
c'est la construction européenne par l'intermédiaire des fonds structurels.
En
d'autres termes,
je
voudrais poser une question que jamais je n'ai entendue. Qui que ce soit posé,
c
'est que vu des pays du Sud, la France donne des tombeaux d'argent aux pays de l'Est avec qui nous avons des liens historiques pour la Pologne, c'est vrai, mais pour la Lettonie, la Lituanie ou le Chypre, nous n'avons pas de liens particuliers.
Je
crois que De Gaulle, il a un peu laissé tomber.
En revanche, cet argent, nous donnons beaucoup, beaucoup moins
aux
pays du Maghreb ou aux pays d'Afrique noire, alors même
que
le niveau de vie au Mali
ou
au Niger ou au Sénégal est sans comme une mesure beaucoup plus faible que celui qu'il y a en Hongrie, en Slovénie, en Pologne ou à Chypre.
Il
ne
faut
pas s'étonner dans ces conditions
du
fait que la construction européenne vue du Maghreb soit perçue comme une construction raciale et religieuse.
Parce
que c'est comme ça que ça se passe. Il faut savoir par
exemple que lorsqu'il
y
a
eu...
Excusez-moi, ce que vous êtes en train de dire, c'est que la construction européenne,
c
'est finalement quelque chose d'assez raciste.
C
'est sous cet angle-là en tout cas.
Écoute, c'est assez difficile de dire les choses de cette façon. Oui,
mais moi, j'aime bien... Oui, mais il
y a quand même... Ça peut être perçu comme cela. Parce que d'ailleurs, de fait, pourquoi la France doit-elle fusionner avec les laitons ou les lapons du nord-finlandais
ou
avec les chypriotes plutôt qu'avec les pays du Maghreb
?
Vu des pays du Maghreb, ils ont le sentiment qu'on les rejette parce qu'ils sont africains et musulmans. Alors, vous pouvez considérer que c'est faux, etc. C'est le sentiment qu'ils éprouvent. Et je le dis d'autant plus
que
lorsqu'il a été question de fêter les 10 ans du processus dit de Barcelone, c'est-à-dire parce
que...
On va rappeler ce que c'est. Le processus de Barcelone, il y
a
eu la déclaration de Barcelone en 1995, je crois, ou 96, je crois que c'était en 1995, qui consistait à dire qu'il fallait quand même que l'Europe s'occupe des pays du Sud parce que nous avons au Sud une bombe démographique en puissance. Tout le monde le sait. Nous savons que c'est des pays du Sud que viennent l'immigration essentiellement qui déferle sur la France. Donc, il est vital à de nombreux égards de favoriser le développement économique des pays du Sud. Bon.
Eh bien, pour fêter les 10 ans de ce processus de Barcelone, ça a eu lieu à Barcelone ou à Madrid il y a donc quelques mois, eh bien, aucun chef d'État ni de gouvernement des pays du Sud n'a fait le déplacement parce qu'il considère et il faut le reconnaître, ils ont des éléments objectifs pour penser de la sorte, ils considèrent que la France a fait son choix
et
les pays d'Europe occidentale ont fait leur choix et qu'ils préfèrent donner plein d'argent à l'Est qu'au Sud. Et c'est le cas. Donc, il y a une véritable question que je pose, c'est que certes, la construction européenne ne se veut pas raciste ni religieuse, encore que religieuse, vous savez que le drapeau de l'Europe est quand même le drapeau de la Vierge de l'Apocalypse. Mais, il n'en demeure pas moins
que
cette construction fonctionne quand même dans cette direction et qu'elle est perçue comme telle par les pays du Sud.
Justement, revenons sur cette Europe qui est donc en train de se construire, sur le fait qu'effectivement, sur un certain nombre de sujets, nos politiques ont les mains liées. Ça aurait été pas mal justement qu'on aborde un ou deux de ces sujets et qu
'on
voit finalement qui décide de quoi en Europe.
Écoutez, je vais
prendre... Allez, je vais prendre quoi ?
J'ai plus...
L'agriculture, on en a parlé dernière fois.
On va parler,
je vous propose, on va parler de l'agriculture, on va parler peut-être des... Vous
parlez d'immigration. D'immigration,
on va parler peut-être de la protection aux échanges. Agriculture. La gerbeule. Agriculture. L'agriculture, les Français sont convaincus que finalement,
on
a quand même intérêt à
se
taire parce qu'on serait des énormes bénéficiaires européens en matière agricole. C'est ce qu'on a mis dans la tête des Français. Il est vrai que Charles de Gaulle avait obtenu dans les années 60, en échange des accords avec l'Allemagne, que la construction européenne se focalise sur la politique agricole commune. Bien.
Il
faut savoir quel est le bilan de la politique agricole commune.
Le
bilan de la politique agricole commune est assez catastrophique, notamment depuis 1992, parce que depuis 1992, toutes les décisions qui ont été prises par Bruxelles n'ont eu de cesse que progressivement de brancher l'agriculture européenne sur le schéma sur les marchés mondiaux, c'est-à-dire progressivement de supprimer les subventions, de supprimer les marchés protégés et de transformer petit à petit, c'est les toutes dernières décisions qui ont été prises, les agriculteurs en fonctionnaires. Vous savez... Est-ce que vous savez...
En tout cas, peut-être que vos auditeurs ne le savent pas suffisamment qu'en France, désormais, les agriculteurs vont avoir des revenus qui leur sont payés comme des fonctionnaires. Que les récoltes soient bonnes ou mauvaises, qu'ils cultivent ou qu
'ils
ne cultivent pas, ils sont payés comme des fonctionnaires. Bon. D'abord, ça n'est sans doute pas favorable à une agriculture bien comprise. c'est d'une certaine façon très méprisant pour le métier d'agriculteur. Et vous savez, beaucoup de jeunes agriculteurs sont extrêmement tristes de voir ces évolutions. Autre évolution très importante de la PAC. Comme on a voulu progressivement brancher les prix de l'agriculture sur les marchés mondiaux, le rendement à l'hectare n'a cessé de diminuer. En d'autres termes, pour que une exploitation soit viable, il a fallu qu'elle soit de plus en plus grande.
Tout
ceci a mené à quoi ? À une accélération de l'exode rural. À une accélération de
l
'exode rural. En France, en 1962, on devait avoir encore plus de 2 millions d'agriculteurs. Actuellement, on est tombé à 400 000. C
'est des chiffres officiels ? Oui,
enfin, ce sont des chiffres, c'est peut-être pas à l'unité près, mais l'ordre de grandeur,
il
y
a,
oui, vous les trouverez absolument partout.
Vous avez été
divisé par 4,5.
Alors,
ne me faites pas dire ce que je n
'ai
pas dit. C'est vrai qu'on peut concevoir, bien entendu, que l'agriculture, ça s'est passé dans tous les pays développés, que le nombre d'agriculteurs diminue. Oui, mais, parce qu'il
y a
un mais, c'est que les projections maintenant faites par Bruxelles, eh bien, c'est d'aboutir à ce qui est peut-être dans 20 ans, il n
'y
aura peut-être plus que 200 000 agriculteurs. et Mme Fischer-Beul, qui est la grande prêtresse de tout ça, qui est une danoise. On
va y arriver à expliquer de qui c'est. C'est la
commissaire danoise chargée de l'agriculture. Bon, cette dame, d'ailleurs, n
'a
absolument pas... C'est l'équivalent d'un ministre européen
de
l'agriculture. Eh bien, elle a fait des déclarations ahurissantes à l'Organisation mondiale du commerce à Hong Kong lors de la réunion qui devait conclure le cycle de Doha il y a un an et demi. Elle a fait des déclarations en disant qu'elle était prête à supprimer toutes les subventions
à
l'agriculture, à l'exportation des produits agricoles. Bon, je n'entre pas dans les
détails techniques.
Est-ce qu'elle en a le pouvoir
? En tout cas, elle a outrepassé ses pouvoirs. Il a fallu que la France, pour une fois, table du poing sur la table en disant que c'était scandaleux. Mais Mme Beul, elle était comme tous les commissaires. Il faut bien comprendre que la France veut défendre une agriculture parce que la France est un grand pays agricole. Mais vous comprenez bien que les Suédois, les Finlandais, les Danois, les Anglais, tous ces peuples nordiques qui n'ont pratiquement plus d'agriculture, eux, ils préfèrent acheter leur blé aux Argentins que l'acheter aux Français. Voilà la réalité. C'est toujours la même situation. Nous n'avons pas les mêmes intérêts. La toute dernière de Mme Fischer est au vœu de cette année.
Elle a annoncé, bille en tête, que les agriculteurs français, enfin les agriculteurs européens,
dont
les Français, à partir de 2013, à la fin des accords actuels sur la politique agricole commune, ils devront se préparer à ne plus travailler qu'à mi-temps.
Il
faut donc voir que cette dame et les services de la Commission européenne
prennent
sur eux la décision
énorme de
supprimer
encore
des centaines de milliers d'agriculteurs
et
de transformer ce qui reste d'agriculture française en une agriculture fonctionnarisée de gens travaillant à mi-temps.
Alors
moi, ce que je dis, c'est que ça, ça ne va plus
parce
que se cachent derrière des véritables choix de société et de civilisation. L'objectif de Bruxelles, c'est de transformer les agriculteurs français, de transformer les exploitations françaises dans des exploitations de type Oklahoma
ou
des vignobles comme actuellement, nous sommes en train de boire un très bon Pouilly. Vous savez qu'à Pouilly, les agriculteurs... Attendez,
je ne
vois
pas qu'on a le droit de faire de la pub...
On va consommer avec
modération.
Ah oui, alors c'est à consommer avec... Mais les agriculteurs français ont des exploitations, les petites exploitations que je connais bien. Je suis originaire de cette région à Sancerre ou à Pouilly. Les exploitations moyennes sont aux alentours de 8 à 10 hectares. Évidemment, ça n'a rien à voir avec les exploitations californiennes qui font 500 hectares, 1500 hectares, 4000 hectares. Voilà. Il s'agit donc d'un véritable choix de civilisation et de société. Il s'agit de transformer même le goût des aliments pour avoir des produits complètement industrialisés.
L
'américaine, on en voit de plus en plus qu'elle vieillit en fût de chaînes...
Voilà, avec Robert Parker qui est le gourou.
Mais on a peut-être nous le
droit... Vous
n'aimez pas ça où le goût vanillé l'américaine qui fait un effet boeuf dès le
début. Oui, je connais bien. Oui, je vois bien d'ailleurs effectivement dans le vignoble de Sancerre. J'ai vu aussi de plus en plus de vins sont
en futur. On va très
bientôt pour une émission spéciale. Mais on va... On va terminer sur l'agriculture.
Alors sur
l'agriculture, c'est quand même un point très important. Est-ce que les Français, oui ou non, ont le droit de déterminer quelle va être leur agriculture ? C'est quand même incroyable que l'on en soit réduit à dépendre des idératas de Mme Beul qui en fait n'est elle-même que la porte-parole des grandes industries agroalimentaires qui font du lobbying à Bruxelles. Voilà la réalité des choses.
Il
n'y a plus de contre-pouvoir face à...
Au pouvoir de l'argent. D
'accord. On a fait réagir Florence Autré sur quelque chose de bien précis par rapport à Mme Fischer-Beul. J'aimerais bien avoir votre sentiment. Apparemment, vous avez un autre point de vue. Mme Fischer-Beul,
donc...
Pardon, ce n
'est
pas ce que je voulais dire.
C
'est qu'aujourd'hui, il y a une problématique concernant
les
grandes chaînes de distribution qui font
que
les agriculteurs démarchent, démarchent, démarchent leurs produits, leurs tomates, leurs pommes de terre, etc. Passons. Et moi, je suis un petit peu étonné qu'aujourd'hui, concernant les partis politiques qui donc s'occupent de la France et accessoirement des Français, je suis un peu étonné qu'aujourd'hui, il n'y ait que le Front National qui lance en ce moment toute une campagne un peu pour dénoncer une espèce de mainmise de la grande distribution sur les agriculteurs. Et je suis... Bon, voilà, je suis un peu de gauche à la base. Je trouve ça étonnant, on va dire, qu'il n'y
ait
pas un parti de gauche à attaquer la grande distribution.
Alors là, je ne sais pas très bien quoi vous répondre. Allez interroger les grands partis de gauche. Moi, vous avez compris...
Il n'y aurait
pas de raison. Mais écoutez, de toute façon, il faudrait... il faudrait s'indigner de tous les sujets. Moi,
je ne veux pas m'assurer. Il faudrait s'indigner. Il faudrait s'indigner. Vous avez...
Sur la grande distribution, il est exact
que
les produits agricoles,
je
crois, en prix courant, en prix constant, pardon, ont baissé de 60% depuis 1960, d'où la nécessité d
'avoir des... C'est beaucoup, on est là.
Oui, d'avoir des exploitations de plus en plus importantes, d'où un exode rural, d'où d'ailleurs également des exploitations de plus en plus qui est poussée vers la rentabilité, d'où l'accroissement, vous savez, de... Comment dirais-je ? De la consommation des engrais, d'où l'accroissement des eaux de ruissellement, etc., etc. Tous les sujets que les écologistes aussi pourraient s'en préoccuper. José
Bové aussi pourrait
parler
plus à
la télé. On
pourrait parler des problèmes agricoles parce que les agriculteurs se retrouvent dans la situation d'être obligés d'avoir l'attitude qu'ils ont parce qu'on les met dans cette contrainte.
Non, mais on parlait
sur ton fichage. Paul qui a quand même
fait
du baroufle avec une phrase en disant que les agriculteurs vont bientôt devoir prendre un deuxième travail car celui-là ne suffira plus.
Oui, parce que progressivement, on est en train de brancher l'agriculture sur les prix de
l
'agriculture mondiale. Au passage, il
y
a un autre élément tout à fait important qu'on retrouve en matière agricole mais qu'on retrouve également dans tous les domaines de l'industrie et des services.
C
'est que dans la pensée ultralibérale de Bruxelles et dans la pensée européiste, il n'y a jamais l'idée de la nécessité d'une prudence et d'une autosuffisance nationale.
Alors
ça, j'insiste là-dessus. Est-il raisonnable pour un État de dépendre pour son approvisionnement alimentaire de l'étranger
? Tous
les spécialistes de la guerre vous diront que non.
De
la même façon, j'explique dans mes conférences qu'actuellement et en France, il n'y a plus qu'une seule entreprise qui fabrique des pantalons.
Et
je dis en faisant rire les auditoires que lorsqu'elle aura à son tour fermé, nous serons redevenus un peuple de sans-culottes. Est-il normal que pour tout ce qui concerne notre approvisionnement en vêtements, en chaussures,
en
jouets, vous savez que plus de 90% des jouets vendus en Europe et en France viennent de Chine, est-il normal ?
Est
-il
normal, est-il raisonnable que tous ces produits viennent de 15 000 km ?
Que
se passerait-il s'il y avait une guerre mondiale limitée dans le Moyen-Orient ? Que se passerait-il s'il y avait une révolution en Chine ? Que se passerait-il s'il y avait un blocage des détroits de Malacca et de Singapour ? Que se passerait-il s'il y avait un embargo sur le transport maritime et aérien ?
Il n
'y
aurait plus de jour à Noël et on serait tous sans pantalon.
Eh
bien voilà. Est-ce que c'est raisonnable ? Non mais à ce niveau-là
Attendez, je n'y crois pas,
je n
'y
crois pas.
À ce niveau-là de démantèlement, à ce niveau-là de démantèlement, on est en train de faire de la France Venise.
C
'est-à-dire on est en train de nous transformer en gardien de musée et dépendant uniquement de l'étranger. Est-ce que c'est le devenir que souhaitent les Français
? La
question est posée Patrick ?
La question est posée là,
c
'est un des sujets, c'est l'agriculture. On a parlé de la commissaire qui a fait jaser et qui a fait réagir vivement. Il y a d'autres sujets. L'immigration, par exemple. L'immigration, c'est quand même la France qui dicte sa politique immigratoire.
Alors
là aussi, je vais être obligé d'être un peu iconoclaste. Rien ne me laisse plus songeur que lorsque j'entends
les
candidats à la présidence de la République formuler des propos définitifs sur les questions d'immigration.
Le
dernier truc en date, c'est que M. Nicolas Sarkozy, qui doit avoir peur de ne pas franchir la barre du premier tour... Votre ancien
ami,
Nicolas Sarkozy. Comment ? L'ancien chef du parti dans lequel vous étiez avant de démissionner.
Oui, j'ai été très brièvement membre
de... Vous avez été un
peu en
contact intimement avec lui ?
Non, non, je n'ai jamais été en contact intimement. Intimement, je vais en
formuler, mais est-ce que vous avez mangé avec lui ? Jamais. Jamais. C'est un point d'honneur, apparemment.
Non, ce n
'est
pas un
point d'honneur. De toute façon,
vous l'avez dit, jamais.
Mais non, il m'est arrivé de rencontrer Nicolas Sarkozy pour une raison très simple.
C
'est que j'étais au conseil général des Hauts-de-Seine, le directeur de cabinet de Charles Pasquois. Et le 1er avril 2004, Nicolas Sarkozy a succédé à Charles Pasquois. Et donc, il m'a trouvé, si j'ose dire, dans les murs, dans les bureaux. Et donc, il m'a convoqué. Il était venu lui-même avec son
propre... Vous avez été
convoqué par Nicolas Sarkozy ?
Eh bien, c'est normal. Il venait d'être élu président. Il est venu avec son propre directeur des services et son propre directeur de cabinet qui, en l'occurrence, c'était d'ailleurs une jeune femme. Et donc, il m'a dit « Monsieur, je suis venu avec mon équipe donc vous n'avez plus de place ici. » Donc, on a discuté.
Il
m'a reçu d'ailleurs de façon très chaleureuse, enfin, sympathique. Mais il était venu ce qui est normal. Enfin, je ne lui reproche rien du tout. Il est normal que lorsqu'il
y
a une nouvelle équipe qui arrive, il vient avec son directeur. Donc, non, non. Moi, je ne fais pas une fixation contre Nicolas Sarkozy. Je dis simplement que comme il a probablement peur de ne pas franchir la barre du premier tour parce qu'il se voit concurrencé sur la droite par Jean-Marie Le Pen et sur sa gauche par François Bayrou. Bon, et que moi, de ce que j'ai pu voir en circulant à travers la France, beaucoup de Français en ont plus que par-dessus la tête du choix imposé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
Et comme les Français sont un peuple indiscipliné, je n'exclus pas qu'il y ait de grosses surprises au premier tour de l'élection présidentielle et que les Français prennent un malin plaisir à voter pour les candidats qui n'avaient pas été présélectionnés par les médias.
Alors,
une fois que j'ai dit ça, je vois que M. Sarkozy a lancé une polémique en disant qu'il allait créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Bon. Alors,
on
jase là-dessus. La gauche prend des allures, prend des pouces des cris d'orfraie comme s'il s'agissait quasiment d'un lepénisme rampant, etc. Bien. Moi, je dis que tout ça, c'est de la comédie. C'est de la comédia dell'arte, comme on dit en Italie. Parce qu'il faut... Comédie, comédia dell
'arte.
Oui, mais oui. C'est assez cohérent. Oui,
oui.
Eh bien, parce qu'il faut savoir que les grandes décisions en matière d'immigration sont déjà prises et elles ont été prises par Bruxelles. Premièrement. Pardon
?
Par Bruxelles. Par... Bruxelles
qui
décide de...
Mais bien entendu.
Premièrement. Premièrement, nous avons... Nous sommes dans les accords de Schengen.
M.
Nicolas Sarkozy, il est quand même ministre de l'Intérieur depuis des mois et des mois et des mois. Il l'a été deux fois, d'ailleurs. Bon.
En
quoi son passage Place Beauvau a-t-il
spécialement
changé la situation en matière d'immigration clandestine
?
La réponse, tous les Français le savent. Ça n'a rien changé à rien.
Eh
bien, moi, je n'attaque pas Nicolas Sarkozy là-dessus. Je dis que c'est logique puisque nous sommes dans les accords de Schengen, d'une part, et dans le traité de Rome, d'autre part, qui prévoient la libre circulation des personnes. Bon. Nous sommes dans un système où nous avons démantelé nos surveillances aux frontières. Est-ce que vous êtes allé... Je suis allé très récemment. à Andaille.
Eh
bien, entre Andaille, du côté français et du côté espagnol, on est en train de démolir les toutes dernières cahutes qui existaient. Non seulement, il n
'y
a plus de douane, il n
'y
a plus de police de l'air et des frontières, mais il n
'y a
même plus maintenant de rien. Il n
'y a
même plus de baraquement pour éventuellement recréer une frontière. Il n
'y a
plus rien.
c
'est comme si on était en race campagne. On passe totalement librement. Pareil avec l'Italie à 20h30. Pareil avec sur le pont qu'est là avec l'Allemagne. Pareil avec la Belgique. Ça,
c'est l'Europe. C
'est l
'Europe. La question de l'immigration
choisie, c
'est
en dehors de l'Europe.
Attendez.
J'essaie de faire un discours construit. Donc déjà, vous ne pouvez pas dire que vous allez limiter ou légiférer, réglementer l'immigration dans la mesure où des dizaines de millions de personnes franchissent les frontières terrestres de la France sans que nous puissions le surveiller. Donc déjà, quiconque préconise de réglementer l'immigration sans toucher aux accords de Schengen se paye la tête du monde. Ce
que vous voulez dire,
c'est que si jamais il y a une immigration clandestine dans un autre pays d'Europe, quoi qu'il arrive, on ne peut pas le contrôler, cette immigration. Ce pays-là fait ce qu'il veut et donc ensuite, les gens peuvent
arriver en France librement. Bien entendu.
Bien entendu. Lorsque tout le monde sait très bien que lorsque le gouvernement espagnol de M. Zapatero a régularisé 600 000 Marocains, tout le monde sait très bien qu'au bout de quelques années, ces centaines de milliers de Marocains pourront venir, s'ils le souhaitent, s'installer librement en France au nom de la libre circulation.
Donc
nous dépendons pour ces questions essentielles des décisions qui sont prises par d'autres gouvernements.
Je
crois savoir qu'en Italie, lorsque l'on découvre des immigrés clandestins qui sont en Italie et qui sont par exemple du côté de San Remo, où est-ce que vous allez ? Vous allez en France ? On leur facilite le passage. Donc nous ne sommes plus maîtres
des
frontières de la France. Ça, c'est quand même un fait.
Bon. Ça,
c'est un premier point. Et un deuxième point,
c
'est que les grandes politiques en matière migratoire sont décidées par la commission, en particulier par le commissaire italien
qui
s'appelle Franco Frattini, qui est le commissaire chargé Il a un portefeuille assez vague qui s'appelle la justice, etc. Bien.
En
décembre 2005,
il
a
publié
les grandes orientations en matière migratoire fixées par la commission européenne.
Et
qu'est-ce qu'elle prévoit à ces grandes décisions ? Elle prévoit qu'il faut favoriser l'immigration.
L
'immigration est une chance, il le dit. Et pourquoi la commission réagit-elle ainsi et propose-t-elle ceci ? Parce qu'elle part du principe que nous aurons des difficultés à financer nos retraites à partir de 2030.
Et
donc, la politique officielle de la commission européenne, c'est de faciliter, de favoriser une immigration afin de payer nos retraites. Et accessoirement, ils ont mis à jour le concept, qui d'ailleurs est d'importation américaine, d'immigration choisie.
C
'est eux qui disent que les pays européens doivent appliquer ces orientations d'immigration choisie.
En
d'autres termes, lorsque M. Nicolas Sarkozy a lancé dans le débat public son projet de loi et qu'il a été question d'immigration choisie, nous avons encore eu le bal des tartuffes. M. Sarkozy a présenté ça comme si ça sortait de son chapeau alors que ça n'était finalement que la simple transposition des directives européennes, d'une part. Quant à la gauche qui a poussé des cris d'orfraie sur le thème, on n'a pas le droit à l'immigration choisie, ce n'est pas le marché aux esclaves. Mais si elle était aux affaires, elle serait obligée de faire pareil puisque c'est décidé par Bruxelles. Voilà.
La véritable question, c'est donc, si les Français entendent décider eux-mêmes de la politique migratoire, eh bien, ils doivent sortir de ces traités européens qui confient la définition stratégique de la politique migratoire à la Commission européenne. ça, c'est depuis le traité d'Amsterdam.
D'accord. Donc, imaginons, moi, je n'aime pas le principe d'immigration choisie, je n
'ai
pas le choix. Quel que soit le gouvernement élu, il sera obligé de l'appliquer.
Bien sûr, puisque ça a été décidé par M. Fratini.
Alors,
un mot rapidement parce qu'au cours de votre conférence à laquelle nous avons assisté et c'est comme ça que nous sommes venus à vous inviter, on parlait beaucoup des commissaires européens et de leurs liens avec les États-Unis. Il y
a
quand même une sorte de moule commun. On dirait qu
'ils
sont tous faits dans le même moule. 25 qui ont des liens très étroits avec les États-Unis. Pour le moment, on n'en a pas parlé. Comment est-ce que vous pourriez en quelques mots, justement, évoquer ce problème
? Alors,
il va falloir que vous me réinvitiez pour que je vous en reparle. Mais je voudrais quand même vous dire deux, trois choses. Là, on touche un continent obscur qui est dont personne jamais ne veut parler. Je veux parler, moi, des liens qu'il y a entre les États-Unis et la construction européenne.
Voilà.
Ça, c'est un des tabous de notre époque. C'est un des tabous du débat politique français. On ne cesse de vouloir faire croire aux Français que la construction européenne serait une idée française, comme l'a écrit Alain Duhamel. C'est faux.
Schumann, il était de Metz, non
?
Oui, Robert Schumann, il était de Metz. Oui, il était d'ailleurs né en Allemagne. Il était d'origine allemande. Mais Robert Schumann, il a... Vous savez, d'ailleurs, au passage, une petite anecdote sur Robert Schumann. C'est qu'il avait quand même été ministre du premier gouvernement Pétain en 1940. Ce qui fait qu'en 1944, il a été menacé d'indignité nationale. Et il a fallu que De Gaulle lui
sauve... Quel ministère
il avait ?
Oh, du rapatriement ou de l'approvisionnement.
Enfin,
c'était un truc un peu accessoire.
Et
vous dites que c'était un collabo
? Je
n
'ai
pas dit ça.
J
'ai dit... Prenez ce que
je viens de dire. Non, mais je pose la question plus facilement. J'ai dit qu'il a été
ministre dans le premier gouvernement Pétain en 1940. Voilà. Il est vrai qu'il a quitté le gouvernement Pétain, je crois, à l'automne 1940. Mais enfin,
ça lui a quand même... Il
avait quand même un choix de sa part.
Oui,
mais
après, il a fait des... Idéologique. Il a fait
des... Oui.
Alors,
au
bout... Non, mais soyons honnêtes. Vous dites... Attendez, c'est jeter l'opprobre, quand même.
Non,
je ne jette pas l'opprobre. Je rappelle des faits historiques. Les faits historiques, c'est qu'il a été menacé d'être frappé d'indignité nationale à la libération. Ça, c'est un fait. Et c'est De Gaulle qui s'y est opposé. Enfin
bon, ce sont des vieilles histoires. Mais pourquoi De
Gaulle s'est opposé à sa invasion ? On parle quand même de quelqu'un...
Parce qu'il ne faut pas oublier que De Gaulle, contrairement à l'image que certains ont voulu faire de lui, il a quand même... C'était un homme d'État. Et en tant qu'homme d'État, il s'est rendu compte qu'il fallait savoir passer l'éponge.
Oui, il a passé l'éponge, je crois, pour Papon.
Il a passé l'éponge sur beaucoup de gens.
Mais De Gaulle,
il n'a pas passé.
Oui, mais attendez, il a passé l'éponge... C'était deux balles dans la tête. Il a passé... Deux balles dans la
peau. Attendez, il a passé l'éponge sur beaucoup de choses parce que, pour une raison simple, c'est que s'il avait fallu renvoyer tous les hauts fonctionnaires qui avaient collaboré avec le régime de Vichy, on aurait plus eu grand monde. Voilà. Et puis parce qu'un homme d'État doit savoir passer à autre chose. Il ne faut pas entretenir des guerres civiles. Il y a quelque chose qui est délétère en France, c'est qu'on ne peut pas parler de politique sans que, assez souvent, on vienne nous reparler, d'ailleurs, de la période de la Seconde Guerre mondiale. Je pense que ça n'est pas quelque chose de sain.
Ça
vous énerve, ce débat qui est en...
Les
commémorations, tout ça, c'est ce que
vous êtes en train de dire ? Je
trouve qu'on en fait un petit peu beaucoup sur les commémorations. Moi, je préférerais qu'on parle de l'avenir. Alors, je voudrais quand même parler, moi, des États-Unis et de la construction européenne. On sait de sources sûres,
ce
ne sont pas des ragots, il suffit de lire le Daily Telegraph du 17 septembre 2000, l'article d'un journaliste qui s'appelle Ambrose Evans Pritchard.
On
sait de sources sûres, depuis que l'administration Clinton, à l'été 2000, a déclassifié des documents secrets du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Défense, des documents confidentiels défense, des années 40, 50 et 60. On sait désormais de sources sûres
que
les États-Unis, et notamment la CIA, ont subventionné
le
mouvement européen.
Et
on sait de sources sûres que des gens comme Robert Schumann, que vous évoquiez, mais également Rétinger ou Paul-Henri Spack, étaient des employés considérés comme tels par les services de l'enseignement américain.
C'est-à
-dire
que les pères fondateurs, c'est des copains de la CIA.
Plus
que des copains, là, vous dites. Même
des employés. Mais écoutez,
je ne fais que dire, je cite mes sources.
Donc c'est une source qui a dit
ça. Oui. Et c'est une source, c'est pas une source aberrante. Puisqu'il s'agit des documents déclassifiés de l'administration américaine eux-mêmes. Ça a été d'ailleurs rendu public. Il est quand même extraordinaire. C'est extraordinaire qu'en
France. C'est vrai que
personne
n'en a parlé.
Personne,
jamais,
n'en parle.
J
'allais vous poser la question. Attendez, c'est quand même rocambolesque ce que vous êtes en train de nous dire.
Non, ça n'est pas rocambolesque. Nous avons face à nous une véritable conspiration du silence. En France, il est impossible d'évoquer les grandes puissances qui ont été derrière la construction européenne. Il y
en
avait deux. Il y avait les États-Unis qui ont... Vous savez que d'ailleurs Jean Monnet a passé toute la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis. Et puis, je ne
vais
pas vous faire un cours d'histoire, mais je vous assure que je pourrais passionner vos auditoires si je vous rappelais qu'elle était l'histoire des États-Unis. La méthode Monnet n'est pas une méthode Monnet. C'est une méthode américaine qui a été mise au point par les États-Unis dès le début du XIXe siècle pour essayer de mettre la main sur le Canada, sur Porto Rico, etc. C'est-à-dire le libre-échange conçu comme un moyen de vassalisation politique. Mais ça, vous me réinviterez peut-être pour que je vous parle de ça. Ça fait déjà deux invitations.
Oui, j'y prends goût.
On comprend bien que vous commencez à vouloir faire de la politique sérieusement.
Alors,
je reviens à ce que je disais.
Nous
avons donc affaire à une construction qui a été portée
par
les États-Unis et également portée par le Vatican.
Le
Vatican ? Mais oui, d'ailleurs, vous avez parlé à vos parents.
Moi,
je n'étais pas né. Oui, mais à l'époque, dans les années 50, eh bien, le Parti communiste français,
qui,
lui, était proche de Moscou, c'est le moins que l'on puisse dire, eh bien, il partait en guerre contre la construction européenne en disant que c'était... Il partait en guerre contre à la fois l'Europe américaine et l'Europe vaticane. Et ça n'est pas moi. C'est un fait objectif. Pi XII a été largement derrière les projets de construction européenne, notamment par ces relais politiques qui étaient à l'époque le MRP en France, la CDU-CSU en Allemagne.
On
a donc eu ces deux grandes puissances de l'époque.
L
'une puissance politique et militaire et économique, les États-Unis. L'autre, une puissance morale et spirituelle, le Vatican, qui ont œuvré de concert pendant plusieurs décennies. Elles avaient des objectifs qui étaient proches mais qui n'étaient pas identiques. Le Vatican voulait essayer de reconstituer une espèce de Saint-Empire romain germanique ou en tout cas d'Empire chrétien
pour
lutter contre ce que l'Osservatore Romano du 1954 disait le tourbillon du communisme niveleur. Voilà. Pi XII avait fait extrêmement campagne contre notamment pour la CED. Bon. Les États-Unis, eux, poursuivaient une stratégie qui est toujours la leur qui est de vassaliser l'Europe occidentale et d'en faire un glacis américain. Et puis, tant que l'Union soviétique existait, les deux conceptions allaient de pair. Depuis que l'Union soviétique s'est désintégrée, les deux constructions se sont séparées. On, si j'ose dire, parlant du Vatican, elles ont divorcé.
Et puis, il n'est un secret pour personne que le Vatican et l'Église catholique ont perdu beaucoup de son audience en Europe occidentale et donc pèsent beaucoup moins. L'affaire Rocco Boutiglione, vous savez, qui a été remerciée, qui était un homme très proche de Jean-Paul II, témoigne de l'affaiblissement de la pensée vaticane sur l'Europe. Quelque chose qui est très important, c'est par exemple le fait que l'Europe se soit battue avec les Kosovars musulmans contre les Serbes. Bon, là, on voit que c'est le triomphe de l'Europe américaine contre l'Europe vaticane. Mais dans tout ça, où est la France ? Où est la France ? Parce que, si vous voulez, on retrouve en fait un schéma classique
que
l'on a connu au cours des siècles.
D'accord, d'accord. Excusez-moi, je vous coupe. Je reviens sur cette information que vous donnez par rapport au père fondateur qui était des employés de la CIA. On va faire une petite parenthèse média parce que ça nous intéresse quand même. on a fait une radio parce qu'on n'était pas forcément satisfait de ce qu'on entendait. Bon, on grappille toujours des bonnes choses à droite à gauche. Mais bon, quelle est votre réflexion sur le fait... Est-ce que vous voyez... Alors, je vais orienter un peu ma question. Est-ce que vous voyez un lien entre tous ces gens qui tiennent les médias,
c
'est-à-dire qui sont des industriels, qui sont des gens de pouvoir, etc., qui peuvent peut-être même avoir des relations avec les États-Unis, accessoirement ? Je ne crois pas trahir aucun secret si je dis qu'Alain Minc, par exemple, est plutôt un pro-libéral à l'américaine. Bon, comment se fait-il que le Daily Telegraph, on pourrait dire, c'est un peu l'équivalent du monde,
un
peu de droite, un peu conservateur, un peu... C
'est le grand
journal conservateur britannique.
Voilà, bon. Comment se fait-il, à votre avis, que le monde qui aurait pu faire ça une, un jour ou l'autre, dans les 50 dernières années, avec l'information que vous avez... que vous avez là... Enfin, que vous nous donnez, tout simplement, comment se fait... Quelle est votre explication
?
Écoutez, c'est un petit traquenard que vous me tendez. Moi, je crois que nous avons affaire à des auditeurs qui sont
des
adultes et qui sont intelligents.
Ils doivent
donc réfléchir...
Les
auditeurs sont les meilleurs.
Ils
doivent donc réfléchir par eux-mêmes. Moi, je leur donne des pistes de réflexion. C'est un fait que le monde n'a jamais glosé là-dessus. Ou alors,
il
en a peut-être... Non, je crois qu
'il
n'en a jamais parlé. En revanche, le monde, vous l'avez remarqué, le journal Le Monde, tous les samedis, il a un supplément qui est en anglais, du New York Times. Voilà. Ça, c'est un fait. Ça ne vous a pas
échappé.
Ça ne vous a pas échappé. Ça, c'est comme ça. Ça fait partie de ce genre d'éléments d'information qu'il faut avoir. Il y a beaucoup d'autres choses dont on ne parle pas et qui sont des faits.
Il
y a eu cette déclaration extraordinaire de François Mitterrand. François Mitterrand, c'est quand même un type qui a été président de la République pendant 14 ans. Avant de mourir,
à
la fin de son deuxième septennat, il reçoit, je crois que c'était à l'Élysée, Georges-Marc Benhamou, journaliste du Nouvel Observateur, qui veut faire un livre sur lui, qu'il a d'ailleurs fait, qui est sorti chez Plon et qui s'appelle Le Dernier Mitterrand.
Et
François Mitterrand, qui a passé 14 ans à l'Élysée, au pouvoir suprême,
qui
est à quelques semaines de mourir, donc il n
'a
vraiment plus rien à perdre, eh bien il a dit à Georges-Marc Benhamou ce que l'on appellerait son testament politique, comme on parle du testament politique de Colbert ou de Richelieu.
Qu
'est-ce qu'il a dit ? Il a dit « Les Français
sont
en guerre,
mais
ils ne le savent pas. C'est une guerre sans mort, une guerre invisible, une guerre sans mort apparemment, mais une guerre à mort.
Ils
sont voraces, les Américains.
»
Trois petits points de suspension. Et ça, c'est écrit noir sur blanc dans le dernier Mitterrand paru chez Plon. Ça doit être en quelque chose comme 1996 ou 1997. Voilà. Comment se fait-il
que
la classe politique française, que les médias, ne se soient pas emparés de ce testament politique en essayant de se comprendre ce qui se passe ? Est-ce que François Mitterrand avait perdu la tête ? Quand un président de la République dit que les Français sont en guerre, mais ils ne le savent pas, eh bien, moi, je dis que nous devrions s'interroger sur ce que voulait dire le président de la République française, quel qu'il soit. Je n
'ai
pas de goût particulier pour François Mitterrand, mais c'était un homme d'État.
Bon,
excusez-moi,
oui,
justement, quand on parle du fait que les États-Unis, finalement, noyotent l'Europe, c'est un sujet qu'on a déjà abordé, quand on voit qu'à côté de ça, par exemple, les grands candidats, ceux qui nous sont imposés, comme vous dites, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, pour Nicolas Sarkozy, c'est très clair, on l'a vu, il est allé voir George Bush, il s'est excusé de l'arrogance française par rapport à la guerre en Irak, il a eu des signes très forts pour montrer qu'il était, a priori, quelqu'un d'Atlantis, c'est-à-dire du côté des États-Unis, on pourrait se dire, tiens,
finalement,
même si Ségolène Royal est pour le oui à l'Europe, elle est moins atlantis que Nicolas Sarkozy.
Est
-ce que c'est le sentiment que vous avez ?
Malheureusement, je vais vous détromper. Oh, qu'est-ce qu'il est iconoclaste, cet invité ! Je voudrais quand même rappeler ou informer, tout simplement, nos auditeurs.
Il
y a quelque chose qui est très étonnant dans la politique française. En janvier 2006, personne ne parlait de Ségolène Royal.
C
'est-à-dire, il y
a
un an, enfin, un an, un mois. Voilà.
Il y a un an et trois mois, personne ne parlait de Mme Royal. Enfin,
personne.
On en parlait plutôt moins que de Mme Aubry. Bon. Mme Royal avait quand même montré patte blanche, si j'ose dire, puisqu'au moment du référendum sur la Constitution européenne, elle est apparue comme une des égéries du oui.
Bon.
Puis après, elle était retombée dans une espèce
d
'anonymat médiatique.
Et
puis, d'un seul coup, à partir de février 2006, et moi, j'ai mis de côté toute une série de couvertures de journaux, Mme Royal a eu droit
aux
couvertures de journaux, de news magazines, d'émissions de télé, d'émissions de radio d'une façon extraordinaire.
Moi,
j'ai d'ailleurs une question à poser. J'aimerais bien que Mme Royal, elle me donne son truc.
On
va lui demander
comment fait-on pour avoir d'un seul coup d'un seul accès à toutes les couvertures de journaux. Et on a vu le Nouvel Observateur, l'Express, le Point, le Parisien,
etc. Tous, tous, tous, on l'a vu, tous.
Plusieurs semaines de suite, parfois. Est-ce que c'est elle, etc.
Alors, en
fait, le truc, je le sais, donc je vais le révéler à vos auditeurs. Mme Royal, elle a été lancée par une agence de publicité qui s'appelle Ogilvy.
puisqu
'une des amies de Mme Royal s'appelle Nathalie Rastoin. Ce n
'est
d'ailleurs pas des grands secrets, il suffit de lire, là pour le coup,
c
'était dans quelques journaux, on l'a vu en petite note en bas de page, que la conseillère communication de Mme Royal,
c
'était Nathalie Rastoin, directrice générale de Ogilvy, France.
Mais
ce qu'il faut savoir, c'est que Ogilvy est une grande agence de publicité qui appartient à un très grand groupe américain
qui
s'appelle le groupe WPP qui est présidé
par
la personne qui dirige le groupe WPP.
C
'est un Américain
qui
a été chef adjoint du cabinet du président Clinton à la Maison Blanche.
Et
ce groupe WPP possède de très grandes entreprises dites de lobbying qui sont en fait des grandes agences de désinformation. J'ai nommé Hill and Nolton et Burson Marsteller. Tout ça sont évidemment des informations qui ne sont pas sur la place publique dont personne jamais ne vous parlera.
Mais
d'un seul coup, on comprend mieux que Mme Royal, elle a été lancée avec une campagne de marketing et de publicité extrêmement professionnelle. On l'a pu le mesurer. Elle a donc été lancée par des intérêts
qui
étaient au moins en partie venus d'outre-Atlantique.
Le Parti démocrate
? Écoutez,
certains pensent que M.
Dans ce corps ?
Certains pensent que WPP ayant à sa tête l'ancien chef adjoint du cabinet de Clinton, ça serait un peu le Parti démocrate. Certains peuvent penser qu'à la limite, Nicolas Sarkozy serait le candidat officieux du Parti républicain américain. Vous vous rappeliez d'ailleurs un juste titre qu'il a été reçu par le président George W. Bush. Tandis que Mme Royal serait la candidate officieuse ou préférée du Parti démocrate. C'est possible. Moi, là-dedans, je laisse les gens réfléchir en fonction de leurs propres
hypothèses.
Sachant qu'on n'a pas de preuves définitives de
ça. Non, bien entendu. Il y a des liens qui
soulignent existent. Oui, oui, il y a des liens. Et d'ailleurs, vous savez, les Français, vous le rappelez en début d'émission, moi, j'ai pu le mesurer.
J
'ai parcouru la France du nord au sud et de l'est à l'ouest. Les Français,
d
'une certaine façon, ils le sentent. Oh, ils ne sont pas capables de mettre des mots parce que personne ne leur a jamais expliqué. Mais les Français, ils sentent qu'il y a quand même beaucoup de manipulations derrière tout ça. Et ils sentent, les Français, ils ont compris que ça fait des mois et des mois et des mois et des mois qu'on a voulu leur faire croire qu'ils n'avaient le choix qu'entre deux candidats seulement. Et comme les Français ne sont pas des Anglo-Saxons ni des Américains, eh bien, je pense qu'ils vont faire un bras d'honneur à cette classe politico-médiatique et que nous allons rigoler au mois d'avril prochain.
Justement, on parle du mois d'avril prochain. On va parler des candidats très rapidement. On est en train de dire, en gros, pour résumer que la bipolarisation qui nous est imposée sont deux candidats pro-atlantistes. Pour aller vite. Qu'est-ce qu'il reste ? Il reste le souverainisme dont vous vous honorez, je pourrais dire. Mais pourtant,
il
y en a d'autres des souverainistes. Il y a Nicolas Dupont-Aignan qui est, je crois, très gaulliste. Il y a M. Devilliers qui est quand même... qui se pose là. Et qu'en pensez-vous ? Et pourquoi n'êtes-vous pas avec eux ? Alors, je vais vous... Moi, je comprends qu
'on
ne soit pas avec Devilliers, déjà. Enfin bon, c'est mon petit sentiment
parce que...
Bon, bref.
Je ne... Je ne... Je...
Je
ne voudrais pas que vous m'entraîniez trop dans une analyse politicienne.
C
'est la fin de l'émission.
Il
nous reste 12 minutes maximum. Bon, je ne voudrais pas que vous m'entraîniez dans une analyse trop politicienne.
Je ne vais pas faire
d'analyse politicienne, mais je parle à Nicolas Dupont-Aignan. J'ai quand même... Je vous entends parler depuis tout à
l
'heure. Vous tenez un discours qui va à l'encontre du mot d'ordre de l'UMP. Et une petite information qui ne nous a pas échappé, c'est que Nicolas Dupont-Aignan, quand même, il a beau raconter qu'il a quitté l'UMP, il n'empêche qu'il est toujours sur les listes de l'UMP. En particulier,
il
va se présenter dans la 8e circonscription de l'Essonne sur les listes de l'UMP. Donc Nicolas Dupont-Aignan, il est à l'UMP ? Pas à l'UMP ? Ce n
'est
pas très clair. On sent qu
'il
y
a
comme une magouille politique là-dessous. Donc ma question, c'est est-ce que vous vous mettez à part parce que c'est des choses que vous constatez ?
Oui, moi je suis à part. Je suis à part parce que ce que vous dites du Nicolas Dupont-Aignan, effectivement, M. Doveggian, le ministre à la télévision, a révélé aux Français que le DLR, le mouvement de M. Dupont-Aignan, était financé par l'UMP, notamment par des députés UMP qui lui faisaient les virements nécessaires. De la même façon, si vous regardez...
C'est une arnaque. Arnaque, je vous laisse le mot, il est un peu
excessif. Il
y a un
problème en France qui est le problème du souverainisme.
Le
problème du souverainisme, et je le sais d'autant plus que j'ai été au RPF de Charles Pasqua, le problème du souverainisme, ce sont des mouvements qui se prétendent gaullistes,
mais
qui, au moment fatidique, il n'y
a
plus personne. Et au moment fatidique, ils se rangent du côté de l'USOA, de l'UMP, quand ils sont de droite. Je pense notamment à DLR, au RIF, au RPF, au MPF. Et s'agissant de la gauche, vous avez vu que M. Chavènement, il est allé à quatre pattes chez Mme Royal. Moi, ce que je dis de tout ceci, c'est que ces mouvements devraient d'abord se poser des vraies questions. C'est ce que j'essaye de faire. N'attendez pas de moi que je donne des conseils de vote, parce que d'abord, tout le monde s'en ficherait. Les gens, ils vont voter... C'était pas le
but de la question. Les gens vont
voter en leur propre âme et conscience. Moi, ce que je dis, c'est que la classe politique française, la scène politique française, a besoin d'un nouveau mouvement politique. Un mouvement politique qui appelle les choses par leur nom. Vous savez, Confucius vivait en 500 avant J.-C., à peu près à la même époque que Socrate, que Lao Tzu et que le Bouddha. Vous êtes taoïste aussi ? Non, je ne suis pas taoïste, mais je connais assez bien la culture chinoise. J'ai vécu au Japon également. Mais vous êtes plus taoïste que Mao, je crois. En tout cas, je peux vous dire une chose.
C'est que dans les entretiens de Confucius avec ses disciples, notamment dans l'entretien numéro 13, l'un des disciples dit à Confucius, c'est en moins de 500 avant J.-C. que ça se passe. Il lui dit, Maître, quel est là le secret de bien gouverner
? Et
Confucius, Maître Kong, Kong Tzu, comme on dit en chinois,
On
le connaît bien, Kong Tzu.
Confucius répond,
Il
faut d'abord donner
aux
choses, rendre aux choses leur véritable nom. Rendre aux choses leur véritable nom. C'est-à-dire que pour Confucius, qui est à la base de la pensée chinoise, il faut d'abord bien nommer les choses.
Le
problème que nous avons en France, c'est que les partis politiques français ne nomment pas les choses. Sur
ce terrain, il
y a
un poète qui a dit Mal nommer les choses est ajouté du désordre au monde. Ça doit vous plaire.
Oui, exactement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut que l'on soit clair sur la construction européenne. Les mouvements souverainistes dont vous parlez, ils sont tous champions pour critiquer la construction européenne.
Mais
quand il s'agit de passer aux propositions, il n'y a plus personne. Ils vous font tous des propositions. C'est d'ailleurs vrai de tout le monde. C'est même vrai du Front National, c'est même vrai de l'extrême-gauche, c'est vrai également de Sarkozy, de Beyrou. Toute la classe politique française est pour l'Europe. Et le Parti des travailleurs, alors ? Oui, il
y
a peut-être le Parti des travailleurs de Daniel Gluckstein, effectivement, qui est celui peut-être sous certains aspects dont je suis le plus proche.
Ah, vous êtes
trotskiste ? Non, je ne suis pas trotskiste. Mais ils font des analyses qui sont intéressantes. Ils font des analyses qui sont intéressantes. Vous n
'êtes
pas pour la dictature du prolétariat ? Non,
non,
non, pas du tout. Mais justement, si vous voulez, c'est un des problèmes. Ce n
'est
pas parce que le Parti de Daniel Gluckstein dit des choses qui sont exactes que malheureusement, il les pollue par le reste, par son appartement
trotskiste. Mais
pour être clair, sur la question européenne, Daniel Gluckstein est selon vous celui qui est le plus dans le
vrai
?
Il dit des choses très importantes et très intéressantes.
C
'est d'ailleurs ce que va dire Gérard Skivardi, qui est le candidat, vous savez, c'est un maire qui a d'ailleurs eu les 500 signatures, mais qui représente les petits maires locaux. Il dit des choses très sensées. Mais vous savez, au Front National, il y
a
des choses qui sont sensées qui sont dites également, même si...
Non, mais vous n'êtes
ni du Front National, ni
du Parti des travailleurs.
D'ailleurs,
vous allez monter un parti ?
Oui, je vais créer
mon propre mouvement. Alors attendez, il
reste 7 minutes. Allez, on
va faire un peu
de propagande pour vous.
D'accord. Je
vais créer mon propre mouvement parce que je veux créer un mouvement
qui
dise, comme disait Confucius, qui disent les choses par leur nom. Moi, je ne suis pas pour une autre Europe
parce
que dire qu'on est pour une autre Europe, ça ne sert à rien. Si l'Europe est comme elle est, c'est parce qu'elle ne peut pas être autrement. C'est parce que la France, elle pèse maintenant 3,7% des commissaires. Nous en avons un sur 27. Nous pesons 6 ou 7% de la population. Arlette Laguier, c'est mieux au président. Voilà. Donc nous sommes complètement marginalisés. Nous sommes marginalisés. Les gens qui vous disent, comme Dupont-Aignan, comme Bérou, comme Mme Royal, comme M. De Villiers, comme M. Sarkozy, comme Mme Buffet, qui sont pour une autre Europe. Lorsque M. Sarkozy dit je vais lutter contre l'eurofort, mais il n'en a pas le pouvoir, c'est la Banque Centrale Européenne.
Lorsque Mme Royal dit je vais améliorer l'Europe sociale, elle n'en a pas le pouvoir. Là donc, la réalité qu'il faut regarder en face, en tout cas que je propose aux Français de regarder en face,
c
'est que nous devons désormais finir avec cette utopie au pouvoir qui nous promet des lendemains qui chantent depuis un demi-siècle.
Alors
le 25 mars prochain,
le
25
mars prochain, c'est une allitération, le 25 mars prochain,
nous
fêterons justement un demi-siècle de construction européenne puisque ça sera le 50e anniversaire du traité de Rome.
Eh
bien moi, je propose
que
nous en sortions.
Et
il ne
s
'agit pas de nationalisme, il s'agit simplement que les Français reprennent leur liberté pour tendre la main à tous les États et toutes les nations du monde, pour qu'on défende nos intérêts comme le font tous les États du monde, y compris les plus petits comme Singapour, l'île Maurice ou bien Antiguaï, Barbouda ou le Paraguay. La France est la cinquième puissance économique mondiale. Si nous ne sommes plus à la hauteur des événements, alors comment font les 190 pays plus petits que nous sur la scène mondiale ? Non, nous devons récupérer notre indépendance, ce qui veut dire justement une ouverture sur le monde et
non pas une fermeture. François
Asselineau, vous aimez la France
?
Oui, j'aime la France. Si vous deviez la quitter, vous iriez où ?
Si
vous étiez obligé, je ne sais pas, quelqu'un, il peut arriver n'importe quoi, quel est le pays où vous iriez en premier ?
Mais je ne pense pas que je quitterais mon pays, je pense que j'y
resterais.
non, si vous voulez me faire dire que je suis allé, je le disais, je crois tout à l'heure, dans 85 pays du monde, eh bien, j'aime beaucoup les civilisations étrangères, je suis d'ailleurs inquiet de voir l'effacement des différences de culture et de civilisation parce que c'est la saveur de la planète qui est en train de disparaître, mais j'ai quelques pays que j
'adore en particulier, j'adore le Japon où je n
'ai
vécu, j'adore l'Italie qui est un des pays, un des plus beaux pays du monde, j'aime également beaucoup l'Espagne, l'Angleterre.
Bon, très bien,
pour se quitter pour se quitter l'émission que vous avez des accents dans la tonalité et aussi physique de Ardien Mombard. Écoutez, je ne
sais
pas si on vous l'a déjà dit.
Non, on ne me l'a pas dit. Alors, en
parlant de l'UDF, est-ce que vous pensez pour vraiment se quitter que François Béroux va créer la surprise ? Oui, je crois qu'il va créer la surprise. Et si je devrais prendre un pari, c'est audacieux. Et si je devrais prendre un pari, je pense qu'aujourd'hui, c'est lui qui a le plus de chance d'être élu. Si
tout se
passe bien, on porte tout au deuxième tour en 2012, ça s'est élu.
En tout cas, s'il est élu, et le mouvement qu'il est en train de créer est d'une très grande importance politique. Pourquoi ? Parce qu'il est en train de montrer que le clivage droite-gauche est dépassé. Et ça, c'est
vrai.
Le vrai clivage,
il n'est plus le clivage droite-gauche. Il est le clivage entre les partisans de la vassalisation atlantiste qui s'appelle construction européenne, mais qui n'est en fait que de faire de la France une colonie américaine, et d'un autre côté, ceux qui sont fidèles à 2000 ans d'histoire de France, c'est-à-dire la France indépendante. Et les idées que je défends, elles peuvent rallier des gens qui viennent de la droite de la droite jusqu'à la gauche de la gauche.
Non,
c'est la vérité. C'est exactement ce qui va se
passer. La vérité peut-être révolutionnaire. La vérité peut-être
révolutionnaire.
Un
petit et l'autre. Si vous me laissez peut-être terminer, simplement, j'organise un congrès fondateur pour ce mouvement. Toutes les personnes sont bienvenues pour s'y rendre. Ça sera le dimanche 25 mars.
On
fera une annonce sur le site. Bon,
je vous laisse faire l'annonce. Ça sera à Paris dimanche 25 mars après
-mix.
On pourra passer l'info. On vous remercie en tout cas d'être venu. Et merci pour tous ces éclairages qui restent à discuter par la suite.
Eh bien, merci à vous.
Je
n'habite pas sous un Tipeee, mais vous pouvez mettre un pouce bleu ou vous abonner. Salut
! Sous-titrage Société Radio-Canada
François Asselineau