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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 12 novembre 2024 17 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsTravail & emploiRetraites

Budget, compétitivité, fin de vie : Charles Rodwell, député macroniste

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:25OuverteRéponse directe

    Débutons par ce budget rejeté par l'Assemblée nationale.

  • 2:29RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce rejet signifie que la voix des Français ne se concrétise pas dans le budget ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Où trouver l'argent pour équilibrer le budget ?

  • 3:58OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la politique de l'offre ?

  • 5:01RelanceRéponse partielle

    Le rapport Draghi est-il un constat d'échec pour la compétitivité française ?

  • 8:26OuverteRéponse directe

    Vous avez été chez Enedis, comment surmontez-vous les divergences énergétiques avec l'Allemagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:48Invité politiqueChiffre
    « 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires inventés et mis en œuvre par la créativité du nouveau Front populaire. »
  • 4:24Invité politiqueChiffre
    « On a créé en 7 ans 2,7 millions d'emplois dans notre pays. »
  • 5:48Invité politiqueChiffre
    « Il y a 300 usines qui ont ouvertes. »
  • 9:25Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas d'indépendance politique possible sans indépendance économique et technologique. »
  • 10:17Invité politiqueFait
    « Nous avons bâti une alliance nucléaire avec des pays européens pour réinvestir massivement dans le nucléaire. »
  • 15:36Invité politiqueFait
    « Ma conviction, c'est qu'il n'est pas opportun de légiférer sur l'aide active à mourir. »
  • 15:45Invité politiqueFait
    « Le risque de l'élargissement du champ d'application, ce que certains appellent les dérives, est trop important. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Présentateur 213 %
  • Charles Rodwell10 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois, Louis Dauphren. L'économie européenne décroche face à la pression de la Chine et des Etats-Unis notamment. Mario Draghi a dévoilé début septembre un long rapport. Il y explique comment l'Europe peut revenir dans le jeu économique. Cet après-midi, au Collège de France, Emmanuel Macron dissertera de la compétitivité européenne avec l'ancien Premier ministre italien. Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale française, il y a le rejet d'une partie du budget.

Alors que les finances publiques sont au bord du gouffre, pour la première fois dans l'histoire de la Vème République, le texte part dans sa version originale au Sénat. Il avait pourtant été profondément réécrit par les députés. Compétitivité en berne, scénario impossible sur le budget. Les voyants ne sont pas tous au vert. Loin s'en faut, Louis Dauphren.

1:00
Charles Rodwell

Loin de là, effectivement, vous avez raison de le dire. Et Charles Rodwell, député EPR de la première circonscription des Yvelines, va nous parler de l'attractivité française. Que faire ? Parce que la seule question qui se pose, c'est celle-ci. Comment, dans le duel Chine-États-Unis, l'Europe et donc la France par voie de conséquences, peut exister, tout simplement ?

1:19
Présentateur

Bonjour Charles Rodwell. Bonjour, merci pour votre invitation. Député EPR, Ensemble pour la République, député macroniste donc. Et peut-être commençons par évoquer ce budget. L'Assemblée nationale française qui rejette une partie du budget. Pour le gouvernement, c'est une bonne nouvelle. Je pense que c'est surtout une bonne nouvelle pour vous et moi, pour tous les Français. Nous avons pris nos responsabilités de rejeter un texte qui aurait été ni plus ni moins qu'un texte de matraque à cash fiscal des Français. Tant des entreprises que de tous les Français, quel que soit leur revenu.

35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires inventés et mis en œuvre par la créativité du nouveau Front populaire. Quelques exemples, la créativité va jusqu'à proposer une taxe sur les rats de laboratoire, une taxe sur les bouteilles d'eau, une taxe sur les équipements de bateaux maritimes, une taxe pour inciter le tourisme pour les éoliennes en mer. Oui, ils sont créatifs, mais tout ça serait additionné à 35 milliards d'euros d'impôts complémentaires. Nous avons rejeté cette première partie pour protéger les Français de ce matraquage.

Mais maintenant, ce que nous demandons au gouvernement, c'est de nous définir une ligne claire, précise sur la ligne politique qu'il veut porter en matière budgétaire. Mais donc c'est tout un travail parlementaire qui est détricoté aussi avec cette petite opération. Est-ce que ça, ça signifie pas aussi que quelque part la voix des Français ne se concrétise pas dans le budget ? Ah ben moi je pense au contraire, la grande leçon de ce budget, c'est qu'un vote législatif, ça compte. C'est-à-dire que que vous votiez pour la droite républicaine, le Bloc central, le Rassemblement national ou le nouveau Front populaire, vous votez juste pas pour le même budget.

C'est-à-dire que si vous votez pour le nouveau Front populaire, eh bien vous êtes en passe de cautionner près de 80 milliards d'euros d'impôts complémentaires. On a réussi à en bloquer 45 milliards, il en restait 35 milliards de plus dans le texte qui avait été proposé au vote des députés et que nous avons rejeté hier. Et donc moi la leçon que je tire quand même de ce vote et de ce budget, c'est que voter au législatif, ça compte parce que derrière vous vous retrouvez pas avec le même budget. Et pourtant il y a de l'argent à trouver. Tout à fait. Alors où le trouve-t-on Charles Rodwell ?

Eh bien on le trouve en baissant la dépense publique, je sais que c'est le grand sujet quand on vient sur une chaîne d'information, parfois on n'est pas cru, à juste titre. Moi à titre personnel j'ai déposé des amendements de baisse de près de 3 milliards d'euros, ils sont publics, de la baisse de la dépense. Je pense que c'est notre seul issue, si vous voulez, depuis 7 ans. On n'a pas tout réussi. Et d'ailleurs, si on n'a pas tout réussi, la preuve c'est bien que nous avons perdu les législatives. Et vous avez beaucoup dépensé. On a beaucoup dépensé, mais surtout on a beaucoup baissé les recettes. C'est-à-dire que le déficit, il vient d'une politique de l'offre qu'on a menée depuis 7 ans.

Et pour le coup, nous assumons cette politique de l'offre. Cette politique de l'offre c'est quoi ? Nous avons décidé en 2017 de soutenir massivement la production en France. On l'a fait comment ? On l'a fait en baissant massivement les impôts sur les Français et sur les entreprises. L'impôt sur les sociétés, la taxe d'habitation, les impôts de production, la défiscalisation des heures supplémentaires, la baisse des cotisations. Pourquoi ? Pour recréer l'activité et pour recréer de l'emploi dans notre pays. Et ça a quand même généré un grand succès. C'est-à-dire qu'on a créé en 7 ans 2,7 millions d'emplois dans notre pays. Mais le corollaire de ça, c'est quoi ?

Si on veut baisser les impôts, il faut un, mener des réformes. Réforme des retraites, réforme de l'assurance chômage, réforme du marché du travail que nous avons porté pendant 7 ans. Et deuxièmement, il faut baisser les dépenses. C'est ce que nous avons fait pendant 2 ans, de 2017 à 2019. Et ensuite, oui, nous n'avons pas suffisamment baissé les dépenses parce qu'on a quand même été frappé par des crises. La crise sanitaire, la crise Covid, la crise énergétique. Et désormais, il est absolument impératif et fondamental que nous baissions drastiquement ces dépenses. Vous avez voulu recréer de l'attractivité, dites-vous.

Mais pour autant, quand vous lisez le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité, est-ce que ce n'est pas un constat d'échec ? C'est-à-dire ? Un constat d'échec, que ça n'a pas fonctionné, que la compétitivité française est absolument en berne. Moi, il y a deux éléments. C'est-à-dire qu'il faut raisonner à l'échelle nationale et à l'échelle européenne. A l'échelle nationale, il était fondamental que nous changions les grands agrégats de notre économie. C'est-à-dire que pendant 40 ans, on a fait ce qu'on appelle, on a subventionné la consommation. Donc, on a incité les gens à acheter, acheter, acheter. Mais sauf que les Français, vous et moi, on n'achetait pas forcément français.

Donc, on a accru notre déficit de commercial. Nous, depuis 7 ans, ce qu'on a voulu dire, c'est qu'on va soutenir plutôt l'offre. On va soutenir la production. On va soutenir nos salariés. On va soutenir nos entreprises pour produire en France. Tout n'a pas été rose. Mais de facto, on a recréé des milliers d'entreprises dans ce pays. Il y a 300 usines qui ont ouvertes. Et on a recréé 2,7 millions d'emplois dans notre pays.

5:52
Charles Rodwell

Mais vous avez aussi, Charles Rodwell, je prends un exemple, les magasins actions, ce qu'on appelle les hard discounters, les magasins à très bas prix, qui sont peuplés de produits chinois. Il y en avait un il y a 20 ans. Il y en a 750 aujourd'hui en France. Tout à fait. Donc, ça continue la paupérisation et le fait que les gens sont obligés, finalement, d'aller consommer des produits bas de gamme. Parce que leur pouvoir d'achat, 20% d'inflation sur l'alimentaire. Et vous avez laminé une partie de la population française aujourd'hui, qui est tenue par l'inflation.

6:19
Présentateur

Qui est tenue par l'inflation. Et ce que j'ai envie de vous dire, c'est que du coup, heureusement, depuis 7 ans, que nous avons baissé les impôts, que nous avons supprimé la taxe d'habitation, que nous avons baissé les cotisations, que nous avons défiscalisé les dollars supplémentaires. Parce que, quelle serait la situation aujourd'hui, si ces mesures n'avaient pas été prises ? Maintenant, pour répondre à votre question, il y a l'échelon national et il y a l'échelon européen. Disons que, deux à trois fois par siècle, vous avez ce qu'on appelle des points de bascule.

Et nous, nous estimons qu'on est aujourd'hui, depuis la crise Covid, dans un basculement d'une partie de la géopolitique et de la géoéconomie mondiale. C'est-à-dire que, depuis la crise Covid, on voit le retour des conflits à l'échelle européenne et à l'échelle mondiale. Vous avez des conflits en Palestine, entre Israël, le Hamas, le Liban. Vous avez des conflits en Ukraine, avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Mais, il ne faut pas se tromper, ces conflits sont politiques, diplomatiques, militaires, mais ils sont aussi, à bien des égards, des conflits économiques.

Lorsque vous avez une rupture énergétique aussi brutale entre l'Europe et la Russie, on peut au moins parler de tensions économiques majeures. Lorsque la Chine ferme l'accès à ses marchés stratégiques, aux entrepreneurs français et aux entrepreneurs européens, on peut parler au moins de tensions économiques majeures. Lorsque vous avez les Etats-Unis qui mettent en œuvre l'Inflation Reduction Act, un plan massif de délocalisation de valeurs et d'industries d'Europe aux Etats-Unis, on peut parler de tensions économiques majeures. Donc ça, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que nous, Européens et nous, Français, soit on prend des décisions fortes pour exercer notre pression, notre influence sur ce point de bascule, soit on se résigne à disparaître et être rayé de la carte au XXIe siècle. C'est tout l'objet, c'est tout l'objectif, c'est toute l'ambition du plan Draghi dans un monde comme celui dans lequel on vit au XXIe siècle, qui va être structuré autour d'un conflit géopolitique mondial entre deux hyperpuissances que sont les Etats-Unis d'un côté et la Chine de l'autre. Quel est le poids de l'Europe ? Quel est le poids des pays européens dans le siècle dans lequel on vit ?

C'est tout l'enjeu géopolitique et politique fondamental des propositions qu'a faites Mario Draghi sur lesquelles on peut bien sûr rentrer.

8:26
Charles Rodwell

Charles Redwell, vous avez été chez Enedis pendant quelques mois, donc vous connaissez bien les questions énergétiques. On voit qu'avec l'Allemagne, il y a une sorte d'incompatibilité énergétique, de stratégie. Comment parler d'une seule voie, avancer d'une seule voie, alors qu'on est à ce point contradictoire ?

8:42
Présentateur

Mais c'est bien la raison pour laquelle, pour moi... Comment surmontez-vous ça ? Le fédéralisme européen est une utopie. Pourquoi ? Parce que nous sommes des nations européennes qui avons 2 à 3 000 ans d'histoire chacune. Et l'histoire de France n'est pas celle de l'Allemagne, n'est pas celle de l'Italie, n'est pas celle de l'Espagne, n'est pas celle de chaque pays en Europe. Mais il y a des décisions fondamentales qui font... Je vais parler de l'énergie dans une minute, qu'il faut que nous prenions pour ce siècle.

Nous, ce que nous pensons, notre force politique, ce que nous pensons, mais on peut avoir un désaccord sur ce sujet, c'est de dire que pour protéger la liberté de nos peuples, pour garder notre capacité à prendre des décisions pour notre propre peuple au 21e siècle, il y a une leçon qui vaille dans le siècle dans lequel on vit, c'est qu'il n'y a pas d'indépendance politique possible sans indépendance économique et technologique.

Et donc, nous, ce que nous pensons, nous, ce que nous croyons, c'est que les pays européens, les peuples européens, doivent mettre des compétences industrielles et économiques en commun, c'est ce que propose le rapport Draghi, c'est ce que Emmanuel Macron a poussé depuis 7 ans aussi sur bien des sujets sur lesquels on peut rentrer, pour pouvoir protéger notre indépendance politique vis-à-vis des influences américaines et chinoises qui envahissent notre continent. Maintenant, sur la question énergétique, oui, nous avons un désaccord fondamental. Mais depuis 40 ans, la France s'est excusée d'être une puissance nucléaire à l'échelle européenne.

Toute majorité politique confondue, y compris la nôtre. Ce que nous connaissons depuis maintenant 2 ans et demi, c'est que la France ne s'excuse plus. Elle impose sa vision pro-nucléaire à l'échelle européenne. Nous avons bâti une alliance nucléaire avec des pays européens pour réinvestir massivement dans le nucléaire à l'échelle nationale et à l'échelle européenne pour notre souveraineté, pour une énergie bas carbone et à bas coût à l'échelle de la France et à l'échelle, je l'espère, de l'Europe pour pouvoir financer, pour pouvoir permettre à nos industries de manière décarbonée de reproduire sur le territoire français, sur le territoire européen.

10:34
Charles Rodwell

En attendant, il y a des licenciements, des usines qui ferment parce que l'énergie est trop chère.

10:38
Présentateur

Mais tout est lié à une chose, le coût du travail en la matière. Et nous, c'est le message qu'on envoie au gouvernement. Moi, je soutiens à 200%. Vous, quand vous dites nous, c'est quoi ? Une bonne partie des députés du Bloc central. Une partie du Bloc central. C'est, disons, ma tendance, je dirais politique, c'est-à-dire que moi, je m'exprime à titre personnel, mais je sais que ça représente la voix d'un certain nombre de collègues. Nous, nous soutenons à 100% le gouvernement Barnier. Et honnêtement, la méthode de Michel Barnier est une méthode d'homme d'État.

Moi, je suis très rassuré de voir un homme comme Michel Barnier aux commandes aujourd'hui parce que c'est à la fois un homme d'écoute et décision. Mais nous, le message que nous envoyons, c'est que dans un moment, vous avez des entreprises comme Michelin et comme d'autres, qui ferment des usines en France et qui ferment une partie de leur activité en Europe. Pourquoi ? Parce que le coût du travail est trop élevé par rapport à d'autres régions dans le monde. Est-ce que vraiment, la décision d'augmenter le coût du travail, donc par exemple d'augmenter les cotisations, est une bonne décision pour notre économie ? Mais on ne va pas s'aligner sur le Bangladesh, Charles Rodouel.

Mais ce n'est pas l'objectif, ce que je vous dis. Je ne crois pas que depuis 7 ans, on a interrogé n'importe quel syndicat. Non, mais la logique, c'est que vous allez toujours trouver moins cher. Moi, ce que je constate, c'est que depuis 7 ans, je n'ai pas l'impression qu'on est dans la situation du Bangladesh. Mais ce qui a été fait, tout n'a pas été réussi. La preuve, nous avons perdu les élections législatives. Mais s'il y a bien une chose, à mon avis, sur laquelle on a réussi, c'est d'avoir baissé le coût du travail par la défiscalisation des heures supplémentaires. Et votre crainte, c'est de l'oeil qui soit remontée. C'est la crainte qui soit remontée.

Et depuis 7 ans, pardon, ce n'est pas juste une question de politique aérie. On a recréé 2,7 millions d'emplois dans notre pays.

12:05
Charles Rodwell

Quand vous dites sur ce point de financement du coût du travail, qu'est-ce que vous jouez sans être trop technique ? Il y a les cotisations salariales, les cotisations patronales. Vous baissez quel curseur ? Et ce curseur finance quoi ? Parce que les cotisations, elles financent aussi le bien-être des Français. Tout à fait.

12:23
Présentateur

Donc, quand vous avez une feuille de paye, vous avez là-haut le salaire brut et en bas, vous avez le salaire net. Et les cotisations, une partie de nos impôts, cotisations sociales et patronales, c'est la différence entre le salaire du haut de la fiche de paye et le salaire de la bas de la fiche du paye. Nous, ce qu'on a essayé de faire depuis 7 ans, c'est de réduire cette différence en disant que le salaire net doit se rapprocher du salaire brut. Pourquoi ? C'est une question de pouvoir d'achat pour chaque salarié. Et puis de 2, c'est une bonne chose pour nos entreprises qui peuvent embaucher à des coûts moindres.

Mais là où vous avez raison, c'est que si on baisse ses cotisations, il faut faire des réformes. C'est la raison pour laquelle on a fait des réformes de l'assurance chômage, la réforme des retraites. Donc, ça veut dire moins de couverture chômage. C'est ça que ça veut dire ? Ça veut dire concrètement, quand on recrée des millions d'emplois dans notre pays, on assume d'indemniser moins les chômeurs parce qu'il y a de l'emploi qui est disponible. Et puis deuxièmement, ça veut dire qu'il faut baisser d'autres dépenses.

C'est la raison pour laquelle, notamment, on s'est attaqué massivement à la fraude sociale, aussi à la fraude fiscale, et qu'il faut massivement renforcer cet effort sur lequel on pense, selon les études indépendantes qu'on a, qu'on peut récupérer entre 10 et 30 milliards d'euros selon l'effort qu'on y consent. En un mot, vous parliez tout à l'heure des causes exogènes, vous mentionniez les conflits. Et pour autant, il y a le Mercosur où l'Europe est en train de signer un accord. Alors, la France est contre, la FNSA vient d'annoncer que lundi prochain, il y aura une journée de mobilisation des agriculteurs. Est-ce qu'on n'est pas en train, parfois, de creuser notre propre tombe ?

Tout dépend à qui vous confiez les clés du camion. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez, par exemple, le RN qui dit qu'il est contre, qu'il est contre, qu'il est contre. Mais à l'échelle de l'Europe, leur objectif, c'est de jouer à la politique de la chaise vide. Moi, je suis désolé, mais si on joue à la politique de la chaise vide, c'est-à-dire que la France ne prend pas part au débat, ça ne va arrêter personne. Nous, notre stratégie, elle est différente. Elle est de dire, le président de la République, le Premier ministre, la ministre de l'Agriculture, le commissaire européen, ont tous dit qu'ils ne souhaitaient pas que cet accord soit mis en œuvre.

Et bien, plutôt que de jouer à la politique de la chaise vide, aujourd'hui, on occupe pleinement l'espace au Parlement européen et au Conseil de l'Europe pour bloquer cet accord. Si tout le monde est contre, pourquoi cet accord va-t-il être signé ? Je n'ai pas le sentiment qu'aujourd'hui, ils soient en train d'être signés. C'est-à-dire que pour que cet accord soit signé, il faut, un, l'aval des pays européens, aujourd'hui, ce n'est pas le cas, et deux, il faut l'aval du Parlement, et aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

Donc, il y a encore la Commission européenne, beaucoup de gens à la Commission européenne essaient de pousser cet accord, mais heureusement que nous vivons sur un continent où la démocratie est de mise, et aujourd'hui, il n'y a ni l'accord des États, ni l'accord du Parlement. Tout autre sujet à présent. Yael Brown-Pivet a annoncé que le texte sur la fin de vie sera examiné à l'Assemblée nationale à partir de janvier prochain. Est-ce que, alors que nous avons un... La dette semble hors de contrôle, c'est la priorité de lancer ce type de réforme qui, on le sait, touche au plus cœur des Français ? Je ne crois pas qu'effectivement, ce soit la priorité.

Moi, je respecte l'opinion et l'avis de chacun sur un sujet qui, à mon avis, touche l'intimité de chacun. Je regrette d'ailleurs qu'on ait choisi la voie parlementaire sur ce sujet parce que, moi, je ne me sens pas à titre personnel légitime de représenter les 117 000 personnes de ma circonscription qui, sur un sujet comme celui-ci, ont 117 000 avis différents. Si vraiment il aurait fallu avancer sur ce sujet, je pense qu'il aurait été bon de consulter les gens par référendum. En tout cas, moi, je prends mes responsabilités et je le dis ouvertement, comme au printemps dernier. Ma conviction, c'est qu'il n'est pas opportun de légiférer sur l'aide active à mourir.

Je pense que le risque de l'élargissement du champ d'application, ce que certains appellent les dérives, est trop important. C'est la raison pour laquelle je continuerai à m'opposer à ce texte. Donc, c'est une voie dissonante par rapport au bloc macroniste dont vous faites partie. Est-ce que cette voie est entendue ? Quelle écho est-elle ? En fait, elle a l'écho qui correspond ou qui est relative à la mobilisation qu'on a à l'Assemblée. Et moi, je compte bien mobiliser mes collègues pour les alerter sur les dérives potentielles, en tout cas l'élargissement du champ d'application inévitable qu'engendrera ce texte s'il est adopté.

C'est la raison pour laquelle je veux faire partie des députés qui n'ouvriront pas cette boîte de Pandore et je voterai contre ce texte.

16:19
Charles Rodwell

Une dernière question, Charles Rodwell. Vous êtes franco-britannique. Donald Trump a nommé Elon Musk dans son gouvernement. Ça, c'est une patte un peu anglo-saxonne qui peut renouveler beaucoup les choses. Il faut sortir de la France des hauts fonctionnaires. Il faut faire autre chose. Il faut changer de modèle.

16:33
Présentateur

En 20 secondes. Ce qui est sûr, c'est que ce sont des philosophies différentes, mais je pense qu'il est bon qu'on s'inspire de voir ce qui se passe dans le monde entier. On voit surtout que... En 20 secondes, je vais très vite. Que dans nos nations anglo-saxonnes européennes, on a le retour d'un clivage identitaire extrêmement fort entre les différents partis qui jouent sur le clivage identitaire. Moi, je le refuse pour mon pays. J'espère que nous arriverons à refuser ce clivage identitaire. Et en tout cas, j'y prendrai toute ma part pour l'éviter. Charles Rodouel, député Ensemble pour la République.