Nicolas Dupont-Aignan invité sur CNews (3 janvier 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse partielle
Comment en sortir ? Est-ce par le retrait tout simplement de la loi ou est-ce que c'est par la négociation ?
- 1:57RelanceÉludée
Mais qui peut croire à cette promesse ?
- 5:28OuverteRéponse directe
Alors on y vient justement, cette polémique autour de la Légion d'honneur décernée à Jean-François Cyrelli... Clairement, est-ce que ce n'est pas outrancier ?
- 5:48RelanceÉludée
Est-ce que ce n'est pas de la fake news ?
- 5:53FerméeRéponse directe
La réforme qui est proposée, c'est toujours basé sur la répartition ?
- 7:49RelanceRéponse directe
Mais vous savez ce que ça fait, 5 milliards par an ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiquePromesse
« Il faut retirer ce projet qui est un mauvais projet, qui peut tout à fait être remplacé par un autre projet qui assure la pérennité de nos retraites. »
- 0:58Invité politiqueFait
« Le système à points, et les Français l'ont compris au fond d'eux-mêmes, va calculer la retraite des futurs pensionnés sur l'ensemble des points, c'est-à-dire 43 années. »
- 3:55Invité politiqueFait
« Si cette réforme était aussi exceptionnelle que ça, pourquoi le gouvernement ne l'impose pas à tout le monde ? »
- 4:01Invité politiqueFait
« Vous avez bien vu qu'il la limite à partir d'un certain âge, parce qu'il sait très bien que s'il l'imposait à tout le monde, ce serait la révolution en France. »
- 5:03Invité politiqueChiffre
« Le régime général va perdre près de 5 milliards d'euros de cotisations. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Et qui va alimenter BlackRock et les fonds de pension américains. »
- 6:29Invité politiqueFait
« Les Français comprennent bien. Au-delà d'un certain salaire, les salariés ne cotiseront plus les 28% et l'entreprise ne cotisera plus. »
- 7:54Invité politiqueChiffre
« Sur 30 ans, 5 milliards par an ? Vous savez ce que ça fait ? Des sommes considérables qui vont sortir du régime général. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan72 %
- Invité17 %
- ?11 %
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Bonjour
Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour
Gérard Leclerc.
30e jour de
grève.
Merci bien. Bonne année à vous aussi. 30e jour de grève, donc de difficultés pour les usagers avec une seule question. Comment en sortir ? Est-ce par le retrait tout simplement de la loi ou est-ce que c'est par la négociation, négociation qui va s'ouvrir mardi ?
D
'abord, je voudrais dire que c'est un vrai gâchis,
un
gâchis incroyable et que les Français souffrent, notamment les franciliens. Je suis élu de l'Essonne. Je peux vous dire que c'est un enfer pour les franciliens. Et pourtant, beaucoup d'entre eux qui souffrent comprennent
la
grève parce qu'ils voient bien que la cause de la grève, c'est ce projet de réforme. Alors vous me disiez, quel compromis ? Non, il
y
a ceux qui disent qu
'il
faut
retirer,
point barre,
la loi. Il faut retirer ce
projet qui est un mauvais projet, qui peut tout à fait être remplacé par un autre projet qui assure la pérennité de nos retraites, que je propose à Debout la France. Et je veux bien qu'on reprenne parce qu'on n'en parle plus. Mais le système à points, et les Français l'ont compris au fond d'eux-mêmes, va calculer la retraite des futurs pensionnés sur l'ensemble des points, c'est-à-dire 43
années. Ça se passe dans le
régime complémentaire et ça se passe très bien. Non, attendez, à la suite, sur 43 années. Alors qu'aujourd'hui, le calcul de la retraite, il est sur les 25 meilleures années pour les gens du privé et sur les 6 derniers mois pour les gens du public. Il n
'y
a pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre que si vous calculez votre retraite sur vos 43 années, comme les salaires sont plus faibles au début, votre retraite va baisser mécaniquement. Et pourquoi les Français sont hostiles, Gérard Leclerc ? Pourquoi ils ont compris l'arnaque ? C'est qu'ils ont compris que le calcul de leur retraite sera inférieur à ce qu'ils auront dans le système actuel. Et de surcroît que le point, le fameux point, peut être dévalué comme il l'a été en Suède,
comme
il l'a été dans
les complémentaires. Dans la loi, il sera
marqué justement, il sera inscrit qu'il ne sera pas dévalué.
Mais qui peut croire à
cette promesse, Gérard Leclerc ? Si je peux dire, de la somme qui est consacrée aux retraites ne va pas baisser. Il va même augmenter, puisqu'on veut augmenter les enseignants parce qu'on va...
Mais
non.
Et si vous calculez, tous les Français ont compris
que
cette réforme des retraites va faire mécaniquement baisser leur niveau de pension. Il ne
faut
pas s'étonner qu'il y ait une révolte populaire,
comme
d'ailleurs, pas seulement les plus modestes, aussi tous ceux qui ont économisé.
Et
c'est là le grand scandale de cette réforme. Toutes ces caisses de retraite qui ont été bien gérées, les gens qui ont été des fourmis et non pas des cigales, ceux qui ont assuré des réserves. On va leur prendre toutes les réserves. Ça veut dire que
c
'est du vol organisé.
C'est incroyable ce qui se passe. Donc vous êtes clairement pour le maintien du système actuel, donc pour le maintien des régimes complémentaires, des régimes spéciaux qui existent actuellement. Vous êtes aux
côtés de
la CGT,
aux côtés des communistes. Alors voilà la grande explication.
Je suis pour le maintien du calcul des retraites sur les meilleures années, car je sais que les Français n'ont jamais, au cours des 41 ans de carrière ou 43 ans de carrière, de bons salaires. Et si on veut assurer le niveau de vie de nos retraités, il faut garder à tout prix le calcul des retraites sur les 25 meilleures années et ne pas aller au-delà. Premier point. Deuxième point, ça n'interdit en rien
de
corriger les inégalités. À Debout la France, nous avons toujours proposé un système plus juste, mais on n'a pas besoin pour corriger les 5% de retraités des régimes spéciaux. On n'a pas besoin de détruire la retraite des 95% d'autres. Deuxième point,
on n'a pas besoin... Mais c'est un
système global,
universel, par point,
pour tout le monde, et le même euro cotisé par...
Mais si cette réforme, d'ailleurs, Gérard Leclerc... Tout
le monde ne peut pas baisser, puisque c'est le même
volume
d'argent qui
est
réparti. Si cette réforme était aussi exceptionnelle que ça, pourquoi le gouvernement ne l'impose pas à tout le monde
? Vous
avez bien vu qu'il la limite à partir d'un certain âge, parce qu'il sait très bien que s'il l'imposait à tout le monde, ce serait la révolution en France.
– Justement, on l'adapte en fonction de la
pénibilité, en
fonction des
carrières longues. – Mais non, ça c'est du pipeau intégral.
– C
'est ce qui va être négocié.
–
Non, mais c'est du pipeau intégral. Le système à points est délétère. Il va introduire la
baisse des retraites. – C'est
celui qui fonctionne pour les régimes
complémentaires. –
Bien
sûr que les gens s'en plaignent. Il a
baissé,
puisque le régime des points a été baissé. En Suède... – Là, on dit qu
'on
ne le baissera plus. On ne le baissera pas. – Et
Emmanuel
Macron, en avril 2019, avril 2019, il n
'y a
pas longtemps, conférence de presse, avait dit qu'on ne touchera pas à l'âge pivot. 62 ans.
Il y a 6 mois. – Mais depuis, il y a eu le corps et qui a dit qu'il y aurait un déficit. – Le corps, oui. Le
déficit. Le déficit, il est créé par le gouvernement, par ses mesures.
J
'ajoute que le gouvernement crée un régime spécial pour les très hauts salaires. Un régime spécial. – Puisque vous savez
que pour les
300 000 plus hauts salaires, ils sortent du régime général. Le régime général va perdre près de 5 milliards d'euros de cotisations. Donc d'un côté,
on
supprime des régimes spéciaux des plus modestes. Et de l'autre, on crée un régime spécial pour les plus riches
qui
va faire perdre et qui va coûter à tous les retraités de France 5 milliards d'euros. Et qui va alimenter BlackRock et les fonds de pension américains.
avouer qu
'en termes de régime universel, c'est un peu curieux.
– Alors on y vient justement, cette polémique autour de la Légion d'honneur décernée à Jean-François Cyrelli, le président de la société de gestion BlackRock. Alors je vous cite, Jean-François Cyrelli va enrichir un fonds de pension américain en profitant de la destruction de notre système de retraite. Clairement, est-ce que ce n
'est
pas outrancier ?
Est
-ce que ce n
'est
pas de la fake news ? Il ne s'agit pas de ça. La réforme qui est proposée, c'est toujours basé sur la répartition ? –
Non,
Gérard Leclerc, non. On sort, le gouvernement
supprime
le régime de la répartition pour les 300 000 plus hauts salaires de France.
–
Pour leur salaire au-delà d'un certain nombre.
– Oui,
ça représente
4
,7
milliards de
cotisations. Attendez, la suite. 4,7
milliards
de cotisations. 3 milliards, 3 milliards, un peu
moins de 3 milliards. – On fera un budget de 300 milliards quand même. – Oui, oui, mais attendez. Si je peux finir.
Les Français comprennent bien. Au-delà d'un certain salaire, les salariés ne cotiseront plus les 28% et l'entreprise ne cotisera plus. Ça veut dire que notamment les entreprises du CAC 40 feront une économie de cotisation sociale, ne paieront plus, pour 2,7
milliards. Et
les salariés ne paieront plus pour près de 2 milliards. Ça veut dire qu'en tout, il y a 4,5
milliards
qui ne sont plus versés à la
Sécurité sociale.
–
Mais peut
-être, mais attendez, 4,5
milliards. – Sur
320 milliards. – 4,5 milliards. Le gouvernement nous explique
qu
'il fait la réforme pour grappiller 3 milliards sur les régimes spéciaux, etc. Donc d'un côté,
il
veut économiser. De l'autre, il va faire un trou,
un
trou dans le système. Cet argent, les plus hauts salaires qui ne cotisent plus au régime général, donc on leur crée un régime spécial, ils vont cotiser où ? Ils vont cotiser dans des fonds de pension. Attendez la suite. Ces fonds de pension, comme par hasard, dans la loi Pacte, votée en avril, sont défiscalisés. C'est-à-dire que ces fonds de pension, notamment BlackRock, qui a inspiré M. Macron,
dont M. Cyrelli… – Ce n
'est pas un fonds de pension. – C'est
un fonds
de pension
qui va proposer… – Non, qui ne distribue aucun
produit d'épargne
-retraite. – Il
propose des produits d'épargne-retraite. Et la loi Pacte de M. Le Maire ouvre, ouvre,
pour
la première fois, permet les fonds de pension. Donc on ouvre un marché considérable, des
plus hauts salaires. – 4 milliards, vous l'avez dit vous
-même, sur 4 milliards, sur 320 milliards.
– Mais vous savez ce que ça fait, 5 milliards par an ? – Oui, 5 milliards sur 320 milliards, ça fait… – Sur 30
ans, 5 milliards par an
?
Vous savez ce que ça fait ? Des sommes considérables qui vont sortir du régime général. C'est vous qui allez payer, c'est les Français qui vont payer. Et cet argent va être capté par BlackRock, notamment, fonds de pension américains. Et le gouvernement élève au rang d'officier de la Légion d'honneur un homme qui est un
mercenaire. – Quelqu'un qui
a eu un parcours
républicain parfait. – Un républicain parfait, qui a démantelé GDF.
– Qui est fils d'hôtelier Savoyard, qui a fait des hautes études,
qui est au
cabinet de Jacques Chirac, de Jean-Pierre Raffarin,
–
Qui ne sert pas
l'intérêt national. – Qui a été PDG
de Gaz de France. – Oui, qui a démantelé Gaz de France, qui ne sert pas l'intérêt national et qui est au service d'un fonds de pension américain, et je vous ai apporté ce document, qui détient en pourcentage des entreprises du CAC 40 entre 3 et 5%, parfois même plus 6%, 9% des entreprises du CAC 40. C'est-à-dire, c'est un fonds de pension, mais libre à lui d'exister. Mais au nom de quoi honore-t-on par la Légion d'honneur, quand même ? Quelqu'un qui participe de l'achat de nos plus belles entreprises par un fonds
de
pension américain, en quoi sert-il la France ?
Le
général de Gaulle. – C
'est
ça. – Le général de Gaulle estime que la Légion d'honneur était une chevalerie qui récompensait ceux qui servaient le pays. M. Cyril est un homme sans doute respectable, mais qui sert des intérêts étrangers. –
Qui est président
d'une société… –
Qui sert des intérêts étrangers, qui démantèle nos entreprises.
–
Ah
oui, il
symbolise l'oligarchie qui a vendu la France
à
la découpe depuis des années. Il sert les intérêts d'un fonds de pension américain. Et il est honoré au moment où on est en train de sortir les plus hauts salaires de France du régime général. Si vous trouvez ça normal, j'ai une autre conception de la Légion d'honneur, cher Gérard. –
Allez, on accélère parce qu'on a d'autres sujets. Carlos Ghosn visé par un mandat d'arrêt international après qu'il se soit évadé du Japon. Il est au Liban, il ne sera pas extradé ni du Liban, ni en France, si jamais il est en France. C'est normal ?
–
Écoutez, je n'en sais rien, je ne connais pas l'affaire judiciaire. Moi, je ne parle pas de ce que je ne connais pas. La seule chose que je retiens de cette affaire, c'est que les grandes entreprises transnationales, ça ne marche pas.
C
'est que je pense aux ouvriers de Renault. – Il
ne fallait pas faire l'accord
avec Nissan.
– Écoutez, les Japonais défendent leur industrie par tous les moyens, peut-être pas les plus avoibles. Les Américains défendent leur industrie, les Allemands défendent leur industrie et nous les Français, on la vend.
Et
je trouve que la leçon de cette affaire,
c'est que la France… – Il y a des multinationales en
Allemagne aussi, un peu partout, vous savez.
– Non, ils gardent bien leurs industries. La leçon de cette affaire, qu'on soit pour ou contre, qu'on juge positif ou négatif, c'est que les Français ont été les dindons de la farce et que Renault est en péril. Et moi, ce que je souhaiterais, c'est que le gouvernement français nous dise comment il va protéger Renault, car ce sont des milliers d'emplois, c'est une très belle entreprise.
– Et donc, il faut se séparer de Nissan.
–
Pas obligatoirement, mais il faut défendre les intérêts de Renault et de la France. Moi, vous savez,
j
'aime mon pays, je souffre de le voir vendu par morceaux. Et cette affaire montre qu'on a été très naïfs.
– Donald Trump, le convenu de Donald Trump avec Kim Jong-un qui va reprendre les essais nucléaires et puis surtout l'Irak, bien évidemment, avec des très vives tensions, des bombardements américains qui ont tué un général iranien, l'Iran qui menace, qui appelle de représailles, d'appeler à la vengeance.
– Donald Trump, c'est un
facteur de désordre international, non
?
–
N'inversons pas les responsabilités, quand même. Qui a attaqué l'ambassade américaine au détriment
de toutes les règles internationales ? – C
'était après des bombardements américains en Irak.
– Enfin, écoutez, moi je ne veux pas, je ne suis pas, vous le savez bien, je défends suffisamment la France face aux États-Unis sur le plan économique, mais je crois qu'il ne faut pas non plus inverser les responsabilités. On a un Iran qui a attaqué une ambassade, ce qui ne se voit jamais dans les relations internationales. Donald Trump a répondu à sa façon, mais qui est l'agresseur dans cette affaire ? C'est l'Iran. Donc, attention à ne pas inverser les causes de responsabilité. Pour autant, la situation est inquiétante, et j'espère qu'on arrivera à un apaisement, parce que derrière, il peut y avoir des conséquences incalculables sur la vie du monde.
–
En Autriche, Sébastien de Courts, le chancelier, il était allié avec l'extrême droite, maintenant il s'allie avec les Verts, avec un programme très ambitieux, pour arriver à une neutralité carbone en 2040. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
–
Écoutez, moi, le programme, j'entendais le chancelier, il disait des frontières
et
la protection de
l
'environnement. C'était mon programme en 2017. –
Des frontières,
des frontières,
c'est-à-dire que ce qu'il a
compris, oui, mais bien sûr, ce qu'il a compris, ce que n
'ont
pas compris nos Verts français ni notre gouvernement,
c
'est que si on veut vraiment défendre l'environnement,
il
faut un patriotisme économique, il faut produire local, il faut arrêter d'importer des produits du monde entier, il ne
faut
pas signer le CETA. Alors, moi, si l'environnement,
c
'est une réelle politique qui défend nos productions locales, nos productions bio, alors là, moi, je suis d'accord.
–
Merci Nicolas Dupoignan.
– Merci à vous. – Bonne année. – Bonne année à vous. –
Romain, c'est à vous.
– Tout le monde. – Merci.
Nicolas Dupont-Aignan