Union des droites, budget, Nicolas Sarkozy... L'interview en intégralité de Bruno Retailleau
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Vous êtes bien sur BFM Politique, Bruno Rotaillot, merci d'être avec nous, président des Républicains, ancien ministre de l'Intérieur. Vous êtes notre invité aujourd'hui, à mes côtés pour vous interroger Amandine Attalaya, l'éditorialiste politique du BFM TV, et Ludwig Vigon de la Tribune, dimanche partenaire de notre émission. Alors bien sûr, dans un instant, on va voir ce que feront les Républicains sur la question stratégique du budget. Rendez-vous de vérité cette semaine pour le Premier ministre. On évoquera l'avenir de la droite avec notamment ces propos de Nicolas Sarkozy qui publie cette semaine son journal d'un prisonnier.
Mais d'abord, vous avez dû voir ces inscriptions projetées, M. Rotaillot, hier à Lyon, sur des bâtiments, en particulier le musée des Beaux-Arts. Inscriptions anti-police projetées sur ces bâtiments lors de la fête des Lumières. La police blesse et tue, non à l'état policier, la violence policière est partout. Voilà ce qu'ont pu voir les Lyonnais qui étaient présents. Les auteurs sont recherchés. Comment vous réagissez à ces inscriptions ? Tout simplement, les dénonçants, ce que je faisais régulièrement lorsque j'étais ministre de l'Intérieur. Je saisissais moi-même la justice avec l'article 40.
Ce sont des propos qui sont absolument scandaleux quand on sait que chaque année, des milliers de policiers, des milliers de gendarmes sont blessés, parfois extrêmement grièvement. Lorsqu'ils étaient blessés grièvement, je ne manquais pas d'ailleurs de les appeler pour les soutenir. Mais je crois que c'est Sous-Lève-Mandataire qui a revendiqué. C'est donc l'extrême-gauche qui avait dénoncé, moi, en son temps, notamment les insoumis, qui régulièrement, même des députés, des parlementaires de la République française, mettaient une cible dans le dos de nos policiers, de nos gendarmes, en disant que la police tue. Eh bien, Sous-Lève-Mandataire, finalement, prolonge en réalité ces attaques.
Ce sont des mouvements qu'il faut combattre, qui sont des mouvements anti-républicains et anti-démocratiques. Alors, Bruno Rotaillot, on le disait, c'est une semaine décisive pour le Premier ministre. Eh bien, c'est un lieu qu'on nuait pour son gouvernement. Moment de vérité, ce sera mardi avec ce vote solennel sur le budget de la sécurité sociale. Question très simple. Est-ce qu'en l'État, ce budget est votable par les Républicains ? Je n'ai pas changé. Je n'ai pas changé d'avis. Je dis toujours ce que je pense. C'est un des pires PLFSS depuis des années. C'est un budget qui est désastreux, qui sacrifie l'avenir au présent.
Par exemple, avec la suspension de la réforme des retraites, c'est rejeter le fardeau sur les générations futures. Pas de politique familiale, alors que depuis la dernière guerre, c'est la première année où les décès vont surpasser les naissances. Toujours plus de déficits, plus d'impôts, et c'est une politique aussi antilibérale. Je pense notamment aux médecins libéraux. Donc pour moi, ce texte n'est pas votable.
Donc vous demandez aux députés LR, mardi, de voter contre le projet de loi de financement ?
Ils auront le choix, en tout cas, de l'abstention ou de voter contre. J'ai noté d'ailleurs les propos de Michel Barnier. Je m'en réjouis. Nous nous sommes appelés. On a échangé au téléphone. Mais c'est un mauvais budget. Un budget, ce ne sont pas seulement des chiffres, ce sont des choix. Les choix sont mauvais. On ne peut pas avoir un budget pour un budget. Un mauvais budget, c'est mauvais pour la France. Voilà. Parce que ça va creuser le déficit. Vous vous rendez compte qu'il y a simplement deux ans, en 2023, le déficit du PLFSS était 13 milliards. Et là, on est quasiment à 23 ou 24 milliards.
C'est d'ailleurs le gouvernement lui-même qui a renoncé, qui a cédé notamment à la gauche et qui a détricoté son propre budget. On va avoir là encore l'unédic qui va se trouver dans le rouge. Donc que ce soit les comptes de l'État, les comptes de la sécurité sociale, l'unédic, tout est dans le rouge. C'est le désastre annoncé.
Et qu'est-ce qui est pire, Bruno Retailleau ? C'est de ce mauvais budget ou alors l'instabilité qui pourrait naître du fait d'un texte rejeté mardi ? C'est-à-dire que la France pourrait repartir dans ses tracas habituels ces derniers temps.
Est-ce que vous pensez que l'an dernier, puisque vous vous souvenez, il y a quasiment un an, jour pour jour, Michel Barnier, je faisais partie de son gouvernement, avait été censuré sur le PLFSS, le budget de la sécurité sociale ? Est-ce que pour autant, les remboursements pour les médicaments, pour les retraites, n'ont pas été versés ? Ils l'ont été. Est-ce que ça a été le chaos ?
Je parlais déjà d'une instabilité politique.
Est-ce que c'était le chaos ? Non. L'instabilité, c'est ce budget qui le creuse, en creusant les déficits, en suspendant une réforme qui avait été digérée dans le pays. C'est terrible parce qu'au contraire, c'est instiller le vérif de l'instabilité que de dire que désormais, pour l'avenir, les réformes, et il en faudra, et il en faudra, les réformes courageuses, les réformes un peu audacieuses, une fois votées, pourront être contestées dans la rue. Comment vous qualifiez cette suspension de la rue ? C'est l'instabilité chronique, instillée au cœur de nos institutions. Il n'y a pas pire. Comment vous qualifiez cette suspension de la réforme des retraites ?
De renoncement, de lâcheté, de lâcheté. D'autant qu'on m'avait signifié devant moi, c'était un désengagement que jamais on y toucherait.
Mais donc, c'est-à-dire que Sébastien Lecornu est un Premier ministre lâche ?
C'est une lâcheté. Je redis qu'il faut bien savoir, pour nos auditeurs, je sais depuis le départ que cette réforme n'a pas toujours été populaire. Simplement, il faut m'expliquer. Quand je suis né, il y avait quatre cotisants pour un retraité. Aujourd'hui, 1,6. Demain, un pour un. Ça va être un effondrement. Et en plus, en France, pas par rapport au Chinois, mais par rapport à la moyenne européenne, on travaille trois années de moins dans une vie. Trois années pendant lesquelles on ne va pas créer de richesses pour augmenter le pouvoir d'achat, pour financer l'hôpital, etc. Donc, suspendre cette réforme, c'est une catastrophe.
Mais au vu de la composition de l'Assemblée nationale, il faut bien trouver un compromis, notamment avec les socialistes, pour arriver à l'adoption de ce PLFSS. Quel serait à vos yeux, à vous, le compromis acceptable ?
Le 49.3.
C'est comme ça qu'on aurait un... Le 49.3.
Mais sauf que la suspension des retraites, le cas échéant...
Le 49.3, c'est fort de café. Passerait donc, Bruno Réveilleux ? Le Premier ministre a dit, je ne l'utiliserai pas. Vous l'avez redemandé la semaine, il a dit, je ne l'utiliserai pas. Mais j'ai qualifié d'ailleurs ces deux budgets de hold-up. Hold-up fiscal, puisque là aussi, pour le PLFSS, on va avoir une nouvelle CSG, pour près de 2 milliards, un peu moins. Hold-up social, puisqu'on ne fait pas la réforme de la retraite. Et ça veut dire que demain, on consent à faire s'effondrer le régime de retraite par répartition auquel les Français tiennent. Et enfin, hold-up démocratique. Parce que jamais le pays n'a été autant à droite. Et jamais un gouvernement, une politique n'a été autant à gauche.
Ce n'est pas ce que reflète la composition de l'Assemblée. On pourrait vous dire que le 49.3 serait un hold-up démocratique pour faire adopter ce PLFSS.
Écoutez, ça n'est pas 60 et quelques députés socialistes qui peuvent importer dans un budget les vieilles lunes socialistes qui ont fait échouer la France. Ces deux budgets, ce sera moins de travail avec la retraite, la suspension. Ce sera beaucoup plus d'impôts et c'est toujours plus de dépenses publiques et donc plus de déficits. C'est ce qui nous a emmenés dans le mur depuis 40 ans. Et on continue en klaxonnant. Vous diriez que le Premier ministre est l'otage des socialistes, toujours ? Mais il s'est mis dans les mains des socialistes. En réalité, alors, il utilise des mots comme le parlementarisme.
Moi, je vais utiliser le mot qui me va bien, qui décrit la situation que les Français constatent. C'est plutôt de la plaventrisme. La plaventrisme ? Oui, c'est-à-dire que M. Fort décide et M. Lecornu s'exécute.
Est-ce que ce n'est pas plutôt de l'habileté politique de la part de Sébastien Lecornu ? Certains perçoivent ça comme ça et trouvent même qu'ils démontrent là des qualités pour être peut-être quelqu'un qui aurait les épaules pour 2027.
Écoutez, je sais que dans le petit microcosme politico-médiatique, la manœuvre, le compromis de couloir, l'habileté, la ruse, ce sont des qualités extraordinaires. Moi, vous voyez, je suis plutôt simple. Je suis un rural, je suis un provincial. Et je pense que, voilà, quand on fait de la politique, ce n'est pas la manœuvre, ce n'est pas le compromis qu'il doit qualifier un homme ou une femme. C'est la recherche du bien commun. C'est l'objectif, c'est l'intérêt supérieur de la nation. Et rien d'autre. Sébastien Lecornu, en s'appuyant sur une note qui lui a été transmise, juste que les conséquences d'un rejet seraient énormes.
Un déficit sans doute au-delà de 30 milliards, une quasi perte de contrôle qui ferait peser, dit-il, un risque très élevé sur le financement de la sécurité sociale. Vous êtes prêt à assumer ce risque ? Il ne manque pas de culot. Franchement. Pourquoi ? Parce que, initialement, ce budget, c'était 13 milliards de déficit. Et le gouvernement, par lui-même, qui a détricoté ces mesures, année blanche, franchise, etc., etc., on en arrive à 23 ou 24 milliards. Donc le fauteur de chaos, le fauteur de déficit, c'est le gouvernement. Encore une fois, au début de l'année, il y a eu cette censure, il y a eu une loi spéciale. Il n'y a pas eu de vote du PLFSS à la fin de l'année 2024.
Et pour autant, est-ce que tout s'est effondré ? Non, c'est un mauvais budget. Et vraiment, j'appelle les parlementaires à juger d'abord en fonction de l'intérêt de la nation. Vous, à titre personnel, si vous étiez député, vous vous abstiendriez ou voteriez ? Je voterai contre. Écoutez, on se connaît un peu, enfin en tout cas, vous m'avez déjà interviewé les uns et les autres. J'ai beaucoup de défauts, mais j'essaie de faire de la politique avec de la constance, de la cohérence, avec de la sincérité. Alors, évidemment, on peut critiquer ce que je pense et mes convictions. Mais je ne les abandonne pas quand il s'agit de mes convictions, mais surtout quand il s'agit de bons pays.
Mais je me permets juste, au passage, vous étiez quand même d'accord, avant qu'il y ait le problème, Bruno Le Maire, pour entrer au début dans un gouvernement le cornu sur le principe. Et là, vous n'avez que des mots extrêmement durs à son non-contre. Qu'est-ce qui s'est passé entre temps ? Parce que vous dites que vous êtes cohérent.
Écoutez, je vais vous raconter une anecdote. Premier ministre nous avait invité les chefs de parti. Il y avait Edouard Philippe, il y avait Gabriel Attal, il y avait Marc Fénault qui représentait le Modem, etc. À trois reprises. Et en prélude de ces déjeuners, à chaque fois, c'était la même phrase. On est bien d'accord, on ne touche pas aux retraites. À tel point que le troisième déjeuner, Marc Fénault avait fait cette réflexion. Attends Sébastien, ça fait la troisième fois, tu vas finir par nous mettre la puce à l'oreille. Donc moi, vous voyez, je suis un homme assez simple. Je pense que les valeurs de la vie, ça doit être les valeurs de la politique. J'aime bien une forme de rectitude.
Quand on prend des engagements, où on les tient, où on ne les tient pas. Mais moi, je perds confiance quand on ne les tient pas. Et je n'avais rien à faire. Je vais vous dire, chaque jour, je justifie mon départ. J'avais senti que tout partait à gauche. Et que je pense que le gouvernement, derrière, vraisemblablement, Emmanuel Macron, parce que c'est Sébastien Lecornu, ça n'est ni Michel Barnier, ni François Béroux. Il y a derrière Emmanuel Macron qui a repris la main sur Matignon. Il a repris la main ? Bien sûr, bien sûr. Mais je pense qu'en réalité, il s'était dit, finalement, les Républicains tiennent trop à leur siège. Bruno Rotaillot est passionné par son ministère, ce qui était vrai.
Ce qui était vrai. Et que, finalement, pour lui-même, pour ce poste, il acceptera, il avalera tout. Toutes les couleuvres. Ah ben non. Je ne suis pas fait comme ça. Un rejet, ça veut dire des conséquences.
Oui. Si mardi, le PLFSS est rejeté par les députés, ce sera un échec de la méthode de Sébastien Lecornu. Quelles conséquences doit tirer celui-ci de cet échec ? Est-ce qu'il doit démissionner ?
Écoutez, j'avais l'habitude de dire, vous savez, colline après colline, chaque chose en son temps. Pour l'instant, il n'est pas dit du tout qu'il y aura un vote négatif au PLFSS, puisque je vois bien les manœuvres de couloirs, je vois bien les petits compromis de l'ombre. Donc, voilà, chacun aura à se déterminer. C'est difficile pour les députés. Et c'est pour ça qu'ils ont un choix. Mais très franchement, voter pour un texte pareil, c'est le pire depuis des années. Il ne prépare en rien l'avenir. Mais quelle leçon devrait en tirer le Premier ministre, Bruno Rotaillot ? Écoutez, voyons avant tout, voyons d'abord le résultat du vote, du scrutin.
Après, vous me réinterrogerez, mais je n'anticipe jamais, je ne préempte pas l'histoire quand elle arrive.
Est-ce que vous êtes certain, mardi, que Laurent Wauquiez, le patron des députés républicains, aura la même position que vous ? Parce que c'était un problème dans ce débat, c'est que souvent, vous n'ayez pas tout à fait la même position. Il y avait de la polyphonie, voire de la cacophonie. Est-ce qu'il porte la ligne ? Est-ce que vous pensez que Laurent Wauquiez portera la même position que vous ?
Je ne le vois pas, en tout cas, demander à nos députés de voter pour le PLFSS. Je ne le vois vraiment pas. Et d'ailleurs, dans ses votes, il s'est abstenu. Donc, je pense que cette abstention, c'est d'abord une abstention de désapprobation. Qu'est-ce que vous avez pensé de la position d'Edouard Philippe, justement, qui juge que les députés horizon ne peuvent pas voter ce texte ? Il est ciblé aujourd'hui par Renaissance, qui dit « Edouard Philippe, c'est le chaos ». Moi, je me situe plutôt du côté d'Edouard Philippe. Il a raison. Il y a des voix, parfois, qui doivent s'élever au-dessus du nombre, pour dire l'intérêt de la France.
Je pense que je me retrouve beaucoup plus derrière cette ligne-là, plutôt que d'autres lignes qui recherchent absolument un compromis, au mépris des intérêts des Françaises et des Français. Voilà, je pense que c'est ça, la politique. On vit une politique d'effondrement aujourd'hui. Il y a un effondrement. Les Français, je fais mon tour de France, j'en suis à ma 4 ou 5e étape, j'ai vu des centaines et des centaines de personnes, vraiment avec de nombreux métiers, des élus, ils n'y comprennent plus rien du tout. D'ailleurs, il y a une forme d'indifférence. Il y a ce qui se passe là-bas, à Paris, là-haut, comme ils disent, et puis la vie concrète. Mais ça l'est désespérée.
Vous pointez souvent l'Élysée, Emmanuel Macron. Est-ce que c'est lui qui est responsable de cet effondrement ? C'est la dissolution ratée. C'est la dissolution ratée. Et en reprenant la main sur Matignon, d'ailleurs, le reproche que je lui fais, c'est qu'il devrait au contraire prendre du recul, parce que les Français l'ont désavoué. Donc reprendre en réalité, après un scrutin, reprendre la main, je pense que ça n'est pas très démocratique.
Et c'est ce qui augmente l'attention. Qu'il a repris la main, ou du moins que c'est lui qui guide la main de Sébastien Lecornu ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Plein de choses, plein de choses. Comme ? Plein de choses, c'est une certitude. Vous l'appelez à quoi alors ce matin ? Vous appelez le président de la République à se mettre en retrait ? À quoi vous l'appelez ? Je l'appelle à se mettre en retrait, bien sûr. Vous savez, on l'a bien vu d'ailleurs dans les différentes nominations, il a d'abord nommé un opposant, c'était Michel Barnier. Il a nommé ensuite un allié, François Bayrou, mais un allié très indépendant, assez incommode finalement. Et là, il nomme un ministre dont on sait tous qu'il est très très proche. Voilà, ça décrit progressivement une reprise en main de l'Elysée sur Matignon, l'hyperprésident.
Et je pense que ça hystérise le débat public. Et en tout cas, les Français ne l'aiment pas ça. Parce qu'ils pensent que c'est une sorte de blessure démocratique.
Est-ce que vous avez eu des échanges avec Sébastien Lecornu depuis votre départ du gouvernement ?
Non, je n'en ai pas eu.
Et vous le regrettez ? Vous êtes quand même le président d'un parti qui le soutient en partie, notamment à l'Assemblée.
Non, je considère que nous ne sommes pas en soutien du tout du gouvernement. Voilà, pour plein de raisons. Vous savez, si je m'étais retrouvé au banc à l'Assemblée nationale, en écoutant la déclaration de politique générale, et dans la demi-heure, je claquais ma démission, vous fermiez les yeux, vous faisiez abstraction de celui qui prononçait le discours, et vous entendiez un Premier ministre socialiste. Moi, je suis rentré, nous sommes rentrés, ma famille politique, au gouvernement. Au gouvernement de Michel Barnier. C'était d'abord pour faire obstacle à une politique de gauche. Je ne vais pas rester au gouvernement et on ne va pas soutenir une politique de gauche.
Ou alors, on veut vraiment faire le marche-pied et la courte échelle au Rassemblement national et aux autres radicaux.
Vous avez passé de nombreux mois à côtoyer Emmanuel Macron. Qu'est-ce qui vous a...
Côtoyer, c'est beaucoup dire. On ne peut pas dire que dans un conseil...
De fait, en tout cas, dans des conseils des ministres.
Ah ben non, mais...
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué chez lui ?
Qu'est-ce qui m'a le plus marqué ? Il est intelligent, il travaille ses dossiers, mais notamment sur les sujets régaliens, c'est lui en même temps. Sur l'Algérie, c'est lui en même temps.
Et alors, ça peut être une méthode valable pour certains ?
Non, je pense que là, en même temps, a montré que ça débouchait sur l'impuissance.
Puisque vous parlez...
Et là, en même temps, on sait comment ça commence. Ça commence par et de droite et de gauche. Et ça se termine par et de gauche et de gauche. Et la gauche, aujourd'hui, dit que ça se termine par et de droite et de droite. Ah ben, ce n'est pas la politique qui est menée. Vous évoquiez la question, justement, en même temps que vous reprochez à Emmanuel Macron sur la question de l'Algérie. Après votre départ, le gouvernement a jugé qu'il fallait emplanter une voix plus diplomatique, justement, sur la question du rapport à l'Algérie. Parce que, justement, le gouvernement a jugé que le bras de fer, la méthode forte, ça ne fonctionnait pas.
Cette semaine, le journaliste français Christophe Gleize a été condamné en appel à 7 ans de prison par la justice algérienne. Quelle leçon vous en tirez ? La leçon qu'il faut que la France arrête de se laisser humilier. Il y a un total déséquilibre entre la relation entre l'Algérie et la France. On n'a pas grand-chose à attendre de l'Algérie. Ils attendent tout de nous. Les accords de 68. Est-ce que c'est tolérable que les services secrets algériens fassent des barbouzeries sur le sol français ? Je vous rappelle quand même qu'ils ont failli assassiner un opposant, Amir Dézède.
Est-ce que c'est normal qu'on ait des accords de 94 et qu'ils refusent de reprendre leurs OQTF, qui sont très dangereux ? Il y a déjà un Algérien OQTF très dangereux qui a assassiné, à Mulhouse, un retraité portugais. Est-ce que c'est normal qu'on laisse faire en regardant ? Voilà. M. Gleize, d'ailleurs j'ai lu ce que son frère avait dit il y a quelques jours, il a eu cette phrase. On s'est fait avoir. Par qui ? Mais en tout cas, très franchement, ils ont respecté les consignes. Ils ont été prudents depuis le départ. Ils n'ont pas bougé. Il n'y a pas eu de protestation. Il n'y a pas eu de comité de soutien. Pour quel résultat ?
Est-ce que vous jugez qu'Emmanuel Macron est humilié par l'Algérie ? C'est la France qui est humiliée. Vous savez, Boilem, son salle que j'ai vu longuement au cours d'un déjeuner, me racontait sa vie en prison. Et notamment les informations qu'il recevait, qui étaient évidemment contrôlées, qui avaient toujours la même structure. Le premier sujet, c'était l'aude au régime algérien, M. Théboune. Et ensuite, c'était la haine anti-française.
Mais Boilem, son salle, dit aussi dans ses interviews, Bruno Retailleau, que votre ligne très ferme a pu être d'une certaine manière un obstacle à sa libération.
Un Boilem, lorsqu'il s'exprime, contrôle ce qu'il dit. Et c'est bien naturel. Mais je l'ai vu longuement, croyez-moi, il ne m'a pas fait de reproche.
En tout cas, publiquement, il a fait ce reproche. Donc qu'est-ce que ça vous fait réfléchir ?
Moi, je pense que ça fait des années que la France se couche devant l'Algérie. Des années.
Elle a obtenu néanmoins la libération Boilem sans salle via la diplomatie.
Vous savez très bien, l'Allemagne l'a obtenue. Mais on ne peut pas rester dans cette situation. Il y avait les otages, bien sûr. Mais il y a les barbouseries, il y a les OQTF, etc. On ne peut pas, nous, la France, toujours baisser le regard. C'est un régime qui est totalement coupé. D'ailleurs, Boilem l'a dit, que j'avais la cote dans le peuple algérien.
Ah oui, pas auprès des dirigeants, oui.
Eh bien, bien sûr. Vous croyez que le peuple algérien est derrière ce régime dictatorial ? Je vous rappelais qu'il y a eu le Hirak. Bon, et on voit bien que, là encore, ils attisent la haine antifrançaise. Donc, il faut simplement sortir de cette relation qui est passionnelle et faire en sorte qu'elle soit équilibrée. C'est-à-dire que, quand ils ne veulent pas appliquer leurs accords, on n'applique pas les accords qui leur sont favorables. D'ailleurs, je pense que les accords de 68, qui privilégient l'Algérie, n'ont plus lieu d'être.
Bruno Rotaillot, est-ce que, pour parler franchement, vous n'avez pas l'habitude de la langue boite, est-ce qu'Emmanuel Macron se couche devant le président Théboune ? Je pense qu'il est habité, comme beaucoup de ce camp-là, il est habité par une mauvaise conscience coloniale. Et je pense qu'il a peur de la réaction des quartiers. Or, quand on voit, par exemple, parce que c'est un bon indicateur, ce qui s'est passé quand il y a eu l'élection de M. Théboune, et la très faible participation, justement, de la diaspora algérienne en France. Participation un peu 5%. On voit bien que la diaspora, les Algériens, ne soutiennent pas le régime militaro-autoritaire d'Algérie.
Donc, il faut s'émanciper de ces vieux schémas.
C'est-à-dire que vous, vous seriez prêt à couper tous les visas, par exemple, à ne plus avoir de relations diplomatiques avec l'Algérie, à dénoncer le traité de 68 ?
Je serais prêt, un, à dénoncer le traité de 68, bien sûr. Et je serais prêt, évidemment, à appliquer. Parce que la politique de fermeté que j'ai voulu mener, elle n'a pas vraiment été menée, puisque l'Élysée, comme le Quai d'Orsay, s'y opposait. Je veux le rappeler. Simplement, je pense que sur les visas, vous ne pouvez pas d'un côté accorder 250 000 visas aux Algériens, et de l'autre, qu'eux-mêmes vous accordent au compte-gouttes des laissés-passés consulaires pour reprendre les fameux OQTF qui sont dangereux. Donc moi, je pense, et d'ailleurs, en discutant avec les ministres de l'Intérieur européens, on a avancé au niveau de l'Europe sur cette idée de rapport de France.
Quand il n'y a pas de réciprocité, eh bien, on sévit. Et je pense qu'il faudrait établir, là encore, une règle. C'est-à-dire que vous ne nous donnez pas de laissés-passés consulaires pour reprendre vos nationaux, eh bien, nous, on réduit les laissés-passés, c'est-à-dire les visas.
Il y a déjà fait Gérald Darman.
Et d'ailleurs, et je pense qu'on a trop de consulats en plus algériens en France... Bruno Retailleau, ici même à votre place, il y a quelques semaines, Éric Zemmour a eu des mots très durs à l'égard de l'Algérie. Il a dit, je cite, « L'Algérie essaye de coloniser la France dans une forme de revanche coloniale. » Est-ce que vous diriez la même chose ? Non, ce n'est pas la même chose. Il y a un sujet migratoire.
Le sujet migratoire est grave et on a un sujet avec un certain nombre de ressortissants algériens, puisque vous savez que dans les centres de rétention administrative, où on y met des gens qui n'ont pas de papier et qui en plus sont dangereux, eh bien, 40-45% de cette population, ce sont des Algériens. Donc, on a un souci. Donc, il faut contrôler. C'est pour ça qu'on ne peut pas seulement contrôler les entrées. Dans les discussions que j'avais avec Sébastien Lecornu et avec le président de la République, puisque c'est le président de la République qui m'appelait. C'est là que je vois bien où se trouvait le pouvoir réel, comme vous me posiez la question tout à l'heure. Il vous disait quoi ?
« Vas-y, moi, sort ». Non, mais je voulais, moi, que le ministre de l'Intérieur ne soit pas seulement responsable des sorties, parce que c'est le plus dur. Et encore, moi, je suis assez fier, puisqu'on est le premier pays européen pour le nombre de sorties désormais. D'accord ? Ce n'est pas suffisant, mais on avait ce résultat. En revanche, comment voulez-vous gérer les flux migratoires sans gérer les entrées, les visas ? Or, le Quai d'Orsay a une politique bisounours. Il considère que plus il y a de visas, mieux c'est pour le rayonnement de la France. L'Algérie, Bruno Retailleau, pays admis ou pays ennemi ? Le peuple algérien est un peuple ami. On a des profondes relations.
Le régime algérien est un régime anti-français qui a éradiqué quasiment le français des programmes scolaires, qui a placé beaucoup de nos entreprises sur des listes noires et, encore une fois, qui pratique sur nos...
Qui est une dictature, même ?
C'est un régime, oui, en tout cas, dictatorial très autoritaire, mais très isolé, divisé en son sein. On l'a vu avec un des derniers directeurs généraux de la sécurité intérieure qui a dû s'exfiltrer et s'échapper assez rapidement, d'ailleurs, comme c'est le cas. Et Boilem me disait que dans la prison, il y avait beaucoup de ministres. Et c'est un régime qui est très isolé. Vous savez, le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 31 octobre, c'était il y a quelques semaines simplement, devait faire un vote très important sur le Sahara occidental qui tient à cœur aussi au régime et aux Algériens. Eh bien, il n'y a pas eu une seule voix pour l'Algérie.
La Chine et la Russie se sont abstenus, ce qui montre bien cet isolement. Et un régime qui s'isole, un régime qui est divisé, est un régime qui se durcit. Et en fait, ils ont un bouc émissaire depuis le départ, depuis des dizaines d'années, c'est la France. Donc quand ça va mal, ils s'excusent auprès de leur peuple en disant « c'est la faute à la France ». Donc je pense qu'il faut qu'on sorte de cette mécanique, de cette rhétorique-là, y compris pour le peuple algérien lui-même, qui n'attend que ça. Le peuple algérien n'attend que cela. Vous êtes bien sur BFM Politique, notre invité aujourd'hui, le patron des Républicains, Bruno Rotaillot, ancien ministre de l'Intérieur.
Avec lui, dans un instant, on va évoquer ses solutions pour lutter contre l'antrisme islamique. Il y a quelques mois, un rapport sur les frères musulmans avait été très inquiétant sur la situation en France. Mais d'abord, l'avenir de la droite. Nicolas Sarkozy, l'ancien président, ancien patron de la droite, publie donc cette semaine, mercredi précisément, son journal d'un prisonnier dans lequel il revient sur son séjour carcéral à la prison de la Santé. Ludovic, vous avez publié en avant-première cet ouvrage.
Oui, et à votre sujet, Bruno Rotaillot, Nicolas Sarkozy écrit ceci, faisant référence aux jours qui ont suivi sa condamnation dans le procès libyen, Bruno Rotaillot m'appela régulièrement, mais n'en fit pas publiquement davantage. Est-ce que vous le trouvez injuste ?
Non, non, écoutez, ma relation avec Nicolas est une relation très très directe. Je l'ai vue d'ailleurs cette semaine, mardi. On n'a pas toujours été très proches. J'ai eu des reproches d'ailleurs à lui faire sur le traité de Lisbonne. Mais François Fillon était aussi au gouvernement. Je considérais à l'époque que le Parlement ne pouvait pas défaire ce que le peuple français, par la voie du référendum, avait voté. On n'est pas exactement les mêmes, mais quand même, c'est une bête politique. Et je l'ai vue ce mardi. Je l'ai trouvé à la fois marquée par cette injustice, ces trois semaines à la santé, mais en même temps combattif, une énergie incroyable.
Non, c'est quelqu'un, j'en connais peu, qui lui ressemble, vraiment. Cette injustice, c'est-à-dire que pour vous, cette condamnation, cette incarcération, était une décision politique ? En tout cas, il a été incarcéré pendant trois semaines. Le juge le remet en liberté. Donc trois semaines avant, il fallait qu'il fasse la prison. Trois semaines après, il ne fallait plus faire prison. La procédure commence par ce qu'on vient d'appeler. Le tribunal l'a d'ailleurs désigné comme tel un faux de Mediapart. La plupart des griefs des chefs d'inculpation sont abandonnés et il n'y a pas une preuve qui a été apportée au tribunal. C'est troublant, non ?
Alors Nicolas Sarkozy en profite aussi dans cet ouvrage pour faire une analyse politique de la situation. Il évoque les Républicains et il précise, je cite, « Mon ancienne formation politique n'est pas aujourd'hui en position de force. Elle ne peut plus, en tout cas au moment présent, à elle seule espérer incarner l'avenir. Elle aura même du mal, dit-il, à être qualifiée pour le second tour ou, tout du moins, celui-ci ne lui est pas garanti. » Est-ce que vous partagez ce pessimisme ? Ah mais que la position au second tour ne soit pas garantie, c'est absolument clair. On a perdu des millions d'électeurs ces dernières années. Pourquoi ? Parce qu'on a eu une droite qui a été trop heureuse.
Parce qu'on a eu une droite qui a vécu sous l'hégémonie intellectuelle, médiatique, politique de la gauche. C'est bien ce que je reproche. Maurice Druon avait une formule incroyable un jour, mais qui correspond à ce qu'a été longtemps la droite. Il avait dit, c'est simple, en France, il y a deux partis, de gauche, dont l'un, par convention, s'appelle la droite. C'est comme ça qu'on a perdu nos électeurs. On s'est interdit de parler d'immigration, ou alors, de façon très nuancée, on s'est interdit de parler des sanctions judiciaires, de la politique pénale, ou alors, de façon nuancée. Bref, on a été juste un peu moins à gauche que la gauche. C'est ce qui nous a fait perdre.
Et aujourd'hui, on est affaibli. Mais j'ai bien vu, moi, à Beauvau. J'ai vu de mes yeux vus, et c'est ce qui me rend optimiste. Bien sûr que tout ne va pas bien en France. Y compris pour ma famille politique. Mais je vois bien que si on porte un projet très, très ferme, pour la France des honnêtes gens, alors, on sera capable de convaincre, ce que Nicolas Sarkozy a fait en 2007, des gens qui ne votaient plus pour nous, ou RN, qui ont voté Emmanuel Macron, ou qui se sont abstenus. C'est ce projet suffisamment puissant qu'on doit porter. C'est là qu'on agrègera autour de nous.
Justement, Nicolas Sarkozy souhaite une forme d'élargissement. Et ses propos font débat, déjà, parce qu'il dit « Le chemin de la reconstruction peut être long, mais je suis certain qu'il ne pourra passer que par l'esprit de rassemblement, le plus large possible, sans exclusives et sans anathèmes. » Ça veut dire que la droite doit s'élargir jusqu'où et jusqu'à qui ?
Il a raison quand il dit qu'il faut se rassembler et s'élargir sans anathèmes. Je n'ai jamais combattu le rassemblement national par l'anathème. D'ailleurs, on a bien vu ce que ça fait depuis 40 ans, où la droite s'y est essayée. Jamais le rassemblement national obtient des scores dans les sondages aussi importants. Donc, ça ne fonctionne pas. Et les électeurs du rassemblement national, ce ne sont pas des fascistes, qu'on arrête de le dire. Ce sont souvent nos anciens électeurs. Moi, je considère que, je ne crois pas d'ailleurs en l'union des droites, regardez ce qui se passe. Pourquoi il reviendrait chez vous, à Bruno Retailleau ? Regardez ce qui se passe à Béziers.
Un candidat, excellent maire, Robert Ménard, que nous allons soutenir, est attaqué par le rassemblement national. Où est l'union des droites ? Vous voyez bien que ça n'existe pas. Cette tambouille d'appareil, pour moi, elle est vaine. En revanche, j'assume parfaitement de m'adresser aux électeurs du rassemblement national pour que l'union des droites se fasse justement par le terrain dans les urnes. Mais pour vous, le RN appartient à l'arc républicain ? Pour moi, le RN appartient à l'arc républicain, ce que n'est pas LFI. Je lisais, je terminais le petit livre de Richard Malka qu'il a tiré de sa plaidoirie. Le titre du livre, c'est passionnément antisémite. Il a fait ça sur une plaidoirie.
C'est Raphaël Enthoven qui avait tweeté, en utilisant ces deux termes, M. Bompard avait saisi la justice. Mais on a aujourd'hui un mouvement qui théorise la brutalisation, la violence, un mouvement qui tisonne les braises de l'antisémitisme à visages parfois découverts ou couverts masqués derrière l'anti-sionisme. Et on a là encore des individus qui fragilisent nos institutions. Vous vous rendez compte que j'ai vu d'ailleurs ces députés déposés à l'Assemblée nationale, les insoumis, un texte de loi pour abroger le délit d'apologie du terrorisme. Alors vous appelez ça républicain, vous ? Non, pas moi.
Est-ce que l'union de la droite, ça doit inclure reconquête ? Parce que Laurent Wauquiez, je dis ça parce que Laurent Wauquiez, dit lui qu'il souhaite une primaire qui irait de Gérald Darmanin à Sarah Knafow. Donc reconquête, inclue. Vous en pensez quoi ?
Non mais vous me posez la même question avec des mots différents, avec des expressions différentes. Vous voyez bien que sur la primaire, pour l'instant, chacun a son avis. Il y en a qui veulent une primaire fermée, d'autres ouverte. Certains comme Gérald Darmanin de Bruno Rotailloux à Gabriel Attal. D'autres comme Laurent Wauquiez de je ne sais qui à je ne sais où.
Ma question est aussi celle de la limite. Est-ce que reconquête doit être inclue ou pas ?
Moi, j'ai à vous dire, je suis président des Républicains, j'ai deux exigences. La première exigence, c'est que je souhaite qu'il y ait un candidat LR au présidentiel. Pourquoi ? Pas parce que c'est une étiquette. C'est parce qu'on a une proposition, un projet, une vision différente des autres partis. Je vous arrête, c'est important. On veut la fermeté sur le régalien et on veut le sérieux en matière économique et budgétaire. Ce matin, vous nous dites qu'il y aura, quoi qu'il arrive, un candidat des Républicains au premier tour de l'élection présidentielle. L'exigence qui est la mienne, c'est celle-là. Et la deuxième exigence, enfin, c'est de respecter nos statuts.
J'ai fait une campagne dans l'élection interne avec cette idée de rendre le parti à ses adhérents. Et l'article 21 est très clair, il y aura le vote des adhérents. Est-ce que vous vous préparez, je sais que vous ne nous direz pas ce matin si vous êtes candidat, mais est-ce que vous vous préparez à être candidat à l'élection présidentielle ? Je prépare mon mouvement, ma famille politique, à avoir un représentant. Mais vous ? Je m'y prépare d'arrache-pied, je fais ce tour de France, et j'essaie, comment dirais-je, de monter un projet qui réponde aux aspirations de la France qui n'a jamais été autant à droite, comme je le disais, et de cette France des honnêtes gens.
Avec un triptyque, je pense, c'est reconstruire une priorité avec un modèle social qui ne donnera pas la priorité à l'assistanat, mais justement à ceux qui travaillent, à la France des honnêtes gens. Avec le retour de l'État, l'autorité, la sanction.
Est-ce que vous travaillez, Bruno Bataillot, à des idées spécifiques ? Est-ce que vous vous nourrissez dont vous vous préparez ?
Ah non, mais je me suis toujours... Alors, ça ne fait pas d'aujourd'hui que je lis, et ça ne fait pas d'aujourd'hui que j'ai un certain nombre de contacts avec des intellectuels. Je pense qu'on est dans une période d'effondrement. On voit bien qu'il y a un effondrement dans les comptes publics, il y a un effondrement sur notre diplomatie, il y a un effondrement de notre modèle social, il va falloir relever la France. Je suis optimiste parce que, regardez autour de nous, vous avez des pays comme, par exemple, l'Irlande, comme le Portugal, comme l'Italie, qui étaient bien plus mal que nous il y a quelques années et qui sont en train de reverdir.
Malheureusement, cet effondrement, je parlais de l'Italie, vous avez vu, il y a quelques semaines, on sait désormais que le niveau de vie des Italiens va dépasser le niveau de vie des Français. Ça n'était jamais arrivé depuis un siècle. Donc Bruno Bataillot, est-ce que vous vous préparez, vous, à être candidat à l'élection présidentielle ? Écoutez, je prépare cette élection présidentielle, je ne sais pas si c'est moi qui porterai les couleurs ou quelqu'un d'autre, mais croyez-moi... Est-ce que vous le souhaitez ? Écoutez, je vois bien où vous voulez en venir. Je vous vois, Xavier Bertrand ne dit pas je suis candidat, Xavier Bertrand, par exemple, il dit je me prépare.
Vous pourriez dire je me prépare à être candidat à l'élection présidentielle. Ne vous inquiétez pas, je prépare d'abord un projet, je disais la prospérité, pour sortir du social-étatisme qui est en train de nous étouffer et là encore d'appauvrir les Français, comme je vous le disais, l'État, le retour de l'État, l'autorité, la sanction, une nouvelle politique judiciaire, mais aussi un patrimoine immatériel, c'est-à-dire le sentiment d'appartenance, qu'on arrête la repentance, qu'on arrête d'avoir une vision lacrymale et pénitentielle de notre histoire. Si aujourd'hui, il n'y a plus d'assimilation, d'intégration possible, c'est parce que les Français, la France ne s'aime pas suffisamment.
À force de dire que la France n'est pas aimable, qu'elle est détestable, comment vous voulez agréger à notre destin commun les destins individuels ?
Vous disiez que vous prépariez votre parti à avoir un candidat en 2027, mais si vous, par exemple, vous êtes candidat, mais si aussi Édouard Philippe ou Gabriel Attal sont également sur la ligne de départ, il y a le risque qu'au second tour, il puisse y avoir uniquement un candidat de gauche et un candidat du Rassemblement national. Est-ce que vous êtes prêts à prendre ce risque ?
Il faudra être, je pense, suffisamment responsable le moment venu, je pense, pour qu'on puisse converger. Il y a différentes solutions possibles.
C'est-à-dire avoir un seul candidat
entre vous, entre Édouard Philippe,
entre Gabriel Attal ?
Je suis certain que le projet suscitera une sorte de candidat naturel. C'est mon intime conviction. Aujourd'hui, je ne peux pas être sûr et certain que ça se produira, mais ce que je sais, ce que je sens dans ce tour de France, c'est que beaucoup de Françaises et beaucoup de Français sont prêts pour renverser la table. Je dis simplement à ceux de la droite ou du centre qui voudraient justement concourir à l'élection présidentielle qu'on est au bout du système, le système est à bout de souffle, les Français, eux, sont à bout de nerfs et que ce n'est pas le raffi de solage qui fera quoi que ce soit, ce n'est pas la rustine. On va, il faudra renverser la table.
Je proposerai d'ailleurs, j'ai commencé à y travailler, notamment sur le travail, des solutions très concrètes pour essayer de réconcilier le pouvoir d'achat avec la compétitivité, avec cette idée à partir d'un seuil de zéro cotisation pour l'employeur, zéro cotisation pour le salarié, pour qu'on gagne beaucoup plus et que le travail justement soit valorisé. Alors qu'aujourd'hui, on valorise la Systana. C'est terrible. Est-ce que les Républicains pourraient soutenir Édouard Philippe ? Écoutez, je souhaite que les Républicains soutiennent un candidat républicain. Édouard Philippe ? Un candidat républicain de notre famille politique.
Nicolas Sarkozy, dans son livre qu'on évoquait il y a un instant, évoque aussi un échange qu'il a eu avec Marine Le Pen. Marine Le Pen qui lui demande s'il s'associera à un éventuel front républicain lors des prochaines élections. La réponse de Nicolas Sarkozy, je cite, « Ma réponse fut sans ambiguïté non, et de sur quoi je l'assumerai en prenant le moment venu une position publique sur le sujet, écrit l'ancien président. Est-ce que comme lui, vous prendrez publiquement position contre le Front républicain si la situation se produit ? » Non mais le Front républicain, ça ne marche plus. Tout simplement parce que les électeurs sont totalement libres.
Qu'ils en ont marre et que le Front républicain a abouti en réalité à la situation que nous connaissons avec un Rassemblement national qui n'a jamais été aussi élevé dans les sondages.
Mais Nicolas Sarkozy va plus loin. Il dit que lui assumera de dire qu'il ne faut pas faire ça.
Nicolas Sarkozy, c'est Nicolas Sarkozy.
Est-ce que vous ferait pareil ? Est-ce que vous assumerez de dire pas le Front républicain ?
Je n'ai jamais fixé ma ligne sur la ligne de Nicolas Sarkozy par principe, simplement. J'ai déjà répondu à plusieurs reprises, notamment sur un certain nombre de l'élections, en disant que notre adversaire principal, c'est LFI. Voilà. Que si demain...
Vous avez même dit le PS, en l'occurrence. Oui, parce qu'il était... En référence à une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne
il y a quelques semaines. Absolument, parce qu'en même temps, vous êtes un fan d'observateur, dans la circonscription des Français établies à l'étranger en Espagne, le PS faisait cause commune avec LFI. Et j'aimerais bien savoir, du reste, ce que fera le PS au second tour d'un certain nombre d'élections municipales. Je pense à Marseille. On verra si le PS noue des alliances avec LFI. Voilà. Ça, ça sera très clair.
Et puisque vous parlez de Marseille, j'enchaîne parce que la candidate LR, Martine Vassal, a, elle, ouvert la porte avant de revenir un peu dessus à une fusion possible avec le RN au second tour. Est-ce que vous dites pourquoi pas, et ça vaut pour à l'échelle nationale ou au contraire, vous refusez ce type de propos ?
Un, Martine Vassal est la meilleure candidate pour gérer Marseille qui est une ville très, très difficile et elle peut gagner. Donc, ne nous projetons pas dans un second tour où elle serait par principe... C'est une façon
d'éviter la question.
Non, pas du tout. J'y ai déjà répondu cette question. Simplement, jamais j'encouragerai nos électeurs à voter LFI et pour le reste, ce sera une consigne de liberté.
Et si, par exemple, pour continuer sur le cas marseillais, si le RN est en mesure de l'emporter au soir du premier tour derrière Franck Alizio, est-ce que Martine Vassal, la candidate de droite, doit se maintenir et favoriser éventuellement cette élection ou doit-elle se retirer et permettre plutôt aux maires sortants socialistes d'être élu ?
Vous me déclinez la même question avec des mots différents. Je viens d'y répondre, je crois, à trois reprises. Donc, je ne vais pas faire trois réponses qui seraient des réponses identiques. Ça va commencer, à mon avis, à insupporter les téléspectateurs. Voilà. Mais ce que j'ai dit, je le répète, jamais pour LFI et ensuite, on laissera nos électeurs totalement libres. Maintenant...
Vous êtes d'accord, pour être clair, avec l'idée que vos électeurs votent pour des candidats à l'Assemblée nationale ou que des listes
sont libres. Ils sont libres, nos électeurs. Ils sont libres. Est-ce que des listes d'union RN, LR au deuxième tour des municipales, c'est imaginable ou pas ? Pardon ? Est-ce que des listes d'union RN, LR au second tour des municipales, c'est imaginable ou pas ? Non, moi, je ne le souhaite pas. Je parle des électeurs. Je ne parle pas de partis. Il y a un souci, d'ailleurs, au niveau national. Je n'ai jamais jeté l'opprobre sur les électeurs, mais Marine Le Pen dit elle-même, elle est contre, d'ailleurs, l'union des droites. Elle dit elle-même qu'elle n'est pas de droite. Elle est socialiste. Le RN, les députés RN ont voté 34 milliards d'euros de fiscalité supplémentaire en 48 heures.
Voilà, c'est clair. Lorsqu'un journaliste lui proposait en disant « Est-ce que vous êtes d'accord qu'il faille baisser le nombre de fonctionnaires ? » elle balaie cette question d'un revers de main en y apportant la réponse suivante. Non, ça, ce sont des trucs de droite.
Et est-ce que Jordan Bardella est socialiste aussi ou pas ?
Écoutez, je ne le connais pas parce que ce petit monde a beaucoup changé, je trouve, sur beaucoup de sujets, d'avis. Vous n'avez dit jamais à LFI. Est-ce que c'est jamais la gauche aussi ? On parlait, Ludovic évoquait à l'instant une élection partielle, un second tour municipal qui verrait s'affronter une liste PS face à une liste RN. Qu'est-ce que vous faites ? Attendez, on ne peut pas poser une question de façon générale sur les municipales. Vous aurez des villes où il est probable qu'il y ait une alliance entre la gauche, c'est-à-dire le PS et LFI. Et ça, pour moi, c'est insupportable. Donc, si alliance PS, LFI... Et je n'encouragerais pas chez nous une alliance inverse, si j'ose dire.
D'accord, mais s'il y a une liste d'alliances PS, LFI, y compris par exemple au second tour dans des municipales, là aussi, vous direz tout sauf cette liste d'alliances PS, LFI ? Le parti LFI, franchement, est un parti qui est sorti de l'arc républicain. Vraiment, je l'ai dit, j'en ai fait la démonstration. J'aurais pu citer le livre de Souleymane, Les complices du mal, où il décortique à partir d'une enquête interne les mécanismes, justement, de confusion avec l'islamisme. Il y a eu un autre livre, La Meute. Il y a même eu le livre de François Ruffin qu'il faut relire. Voilà, donc on sait quelle est la nature profonde de ce mouvement politique. Voilà.
Donc il faut que les hommes et les femmes politiques puissent pointer le vrai danger. Le danger, aujourd'hui, vient de LFI.
Ludovic. Sur les municipales, toujours, vous préparez une proposition de loi pour lutter contre l'entrisme municipal. Très concrètement, de quoi s'agit-il ?
Moi, je considère qu'on n'en a pas terminé, justement, avec l'islam politique, avec l'islamisme. Il y a eu cette période terrible, mais qui continue avec les attentats. Il y en a toujours. Il y en a eu six de déjoués. Trois ont réussi en 2025. Il y en aura sans doute d'autres dans les mois à venir. Et je voudrais féliciter nos services qui sont d'une redoutable efficacité. Mais ce djihadisme violent existe. Il est plutôt d'ordre interne qu'externe désormais. En revanche, il y a le terreau. Il y a l'entrisme. Il y a les frères musulmans qui, eux, ont le même objectif, c'est faire basculer le territoire dans la charia.
Ils y parviennent par des moyens plus habiles, par l'entrisme, en essayant de s'imprégner des municipalités, mais aussi des associations sportives. Les mentalités. Regardez le sondage il y a quelques jours de l'IFOP sur les jeunes, notamment qui montrait que pour 57% des jeunes musulmans de moins de 24 ans, le Coran et la charia est au-dessus de la loi de la République. Deux députés de la France insoumise d'ailleurs attaquent l'institut IFOP jugeant que c'est une citation. Bien sûr, mais il y a une collusion totale. Bien sûr, il y a une collusion totale entre ces gens-là parce que c'est un souci, c'est terrible.
Électoraliste, ils ont des pratiques communautaristes parce qu'ils draguent des voix musulmanes. C'est terrible. Jean-Luc Mélenchon, hier, entendu par la commission d'enquête sur les liens entre les partis politiques et l'islamiste, assure, je cite, que LFI n'acceptera jamais l'entrisme religieux. Vous le croyez ? Absolument pas. Pourquoi ? Par ses actes, par ses paroles. C'est un point d'intention que vous lui faites. Non, non, pas du tout. Lorsqu'en 2019, en novembre 2019, il défile à côté du CCIF, Collectif contre l'islamophobie, que nous avons dissous depuis. Et on entend l'écrit « Halawakbar », M. Mélenchon est là. Et je pourrais donner d'autres exemples.
Je termine par contre sur l'entrisme.
Vous ne nous avez pas dit concrètement ce que vous vouliez faire.
Non, non. Nous avons rendu public un rapport sur l'entrisme. Il est fondamental. Il a eu un écho énorme, pas seulement en France, aux États-Unis, mais aussi en Europe. Première chose. Maintenant, ça ne suffit pas. Il faut passer à l'action. Pour passer à l'action, il faut, un, faire en sorte qu'on puisse dissoudre plus facilement, pour l'instant on ne le peut pas, les fonds de dotation, là où il y a de l'argent. Deux, notamment, frères musulmans. Deux, dissoudre, là encore, sur des motifs. Aujourd'hui, vous ne pouvez dissoudre des mouvements que s'il y a une discrimination, violence.
Je propose qu'on puisse aussi les dissoudre sur d'autres critères lorsque c'est, par exemple, la mise en cause du caractère démocratique et républicain du régime. Et je pense que nous pourrions faire en sorte que déclarer inéligible, ce serait une décision judiciaire, les candidats aux listes municipales qui appuieraient ce type de mouvement. Je pense qu'il faut qu'on ait un arsenal. Vous savez que, qu'on ne me dise pas que ce soit une politique anti-musulmane, vous savez que ceux qui ont interdit les frères musulmans, il y a neuf pays, le dernier, c'était la Jordanie, ce sont précisément non pas des pays occidentaux, mais des pays musulmans qui ont interdit les frères musulmans.
À propos, Bruno Retailleux, de la lutte contre l'islamisme et contre l'antrisme, est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition qui est faite par Laurent Wauquiez d'interdire le voile dans l'espace public pour toutes les mineurs ?
Moi, je pense que le voile, comme lui, je pense que le voile, c'est la soumission des femmes par rapport aux hommes. Je pense que le voile, c'est un drapeau de l'islam radical. Évidemment que toutes les jeunes femmes ou les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes, mais tous les islamistes veulent que les femmes et les jeunes filles portent le voile. Regardez là où est, comment dirais-je, obligatoire le voile, c'est en Afghanistan et en Iran. Moi, je pense que ça sera compliqué, ça pose des problèmes juridiques.
En revanche, je pense qu'il faut déjà faire ce que nous avons voté au Sénat, interdire dans les compétitions sportives, fédérales, le voile, protégeons le sport qui doit réunir, qui doit rassembler et non pas diviser.
Mais interdire le voile dans l'espace public, simplement, c'est infaisable pour vous ?
C'est compliqué, c'est compliqué, mais en tout cas, je pense qu'il faut l'étudier. Mais avant d'y arriver, on peut très très vite faire en sorte que dans le sport, dans les sorties scolaires, etc., on puisse, dans les universités, dans des lieux publics, à ce moment-là, il faut se montrer intraitable.
C'est stigmatisant, dit Laurent Nunez.
Ici même, à votre place, la salle arrière. Mais ce n'est pas un argument recevable. Ce n'est pas un argument recevable, parce qu'avec cet argument, vous ne faisiez ni la loi 2004, qui interdit à l'école le port des signes ostentatoires, ni la bourgogne. Mais là, ce sont tous les signes.
Là, en l'occurrence, ce sont uniquement le voile ou des signes musulmans.
Mais d'ailleurs, vous ne pourriez pas donner une interdiction spécifiquement pour le voile. Évidemment. Évidemment. Mais ce que je veux dire, c'est que ces arguments de la stigmatisation, nous les avions entendus en 2004. Et heureusement, on a voté le texte. Il y a quelques mois, vous aviez fait scandale en clamant « abat le voile ». Vous le rediriez ou vous le regrettez ? Guillaume Daré, vous êtes impartial. Et vous êtes un bon journaliste. Donc, il faut me citer. J'avais dit « Vive le sport, abat le voile ». Donc, c'était la proposition. C'était sur des traiteaux. Mais bien entendu, j'assume totalement.
Je pense qu'il faut qu'on protège le sport parce qu'il y a des fédérations sportives, par exemple, la fédération de foot qui a une ligne très claire et d'autres qui ont une ligne beaucoup moins claire. Est-ce qu'Emmanuel Macron est conscient et convaincu de cette lutte contre l'antrisme islamique ? Il y a eu le discours des Mureaux. Très bien. Il y a eu la loi contre le séparatisme. Très bien. Mais on voit bien qu'il y a parfois des hésitations. Ces hésitations, j'imagine qu'il veut lui aussi ne pas stigmatiser. Mais là, je pense qu'on est engagé dans une lutte qui est une lutte terrible.
Quand je vois ce qui est devenue la Belgique, notamment la région autonome Bruxelles, capitale, et dans d'autres pays, je vois bien qu'il ne faut pas atteindre un point de non-retour. Est-ce que vous diriez que le président de la République est naïf sur cette question ? Ce n'est pas de naïveté. Je pense que c'est ce qui le caractérise. C'est ce qui caractérise d'ailleurs sa philosophie politique du « en même temps ». C'est le « en même temps ». Or là, il ne peut pas y avoir deux en même temps. C'est blanc ou c'est noir. Et moi, je dis que l'islam radical doit être combattu partout, en tout temps, par les moyens qui sont les nôtres, des moyens républicains.
On a un modèle que n'ont pas les anglo-saxons. C'est le modèle républicain. Et c'est la raison pour laquelle il faut un réarmement notamment législatif, parfois judiciaire, mais il faut un réarmement aussi moral. On nous a tellement fait la leçon. Et au nom du multiculturalisme, on nous a sommé d'abandonner notre identité, nos repères, nos valeurs, nos coutumes, notre mode de vie. Non, ce n'est pas à nous de nous adapter aux autres, c'est au nouveau venu de s'adapter à notre mode de vie, à notre identité. Merci beaucoup Bruno Rotaillot d'avoir été notre invité ce matin. Ludovic Avandine, merci beaucoup de m'avoir accompagné au cours de cette émission.
Bruno Rotaillot, président des Républicains qui a donc annoncé qu'en l'État, ce budget n'est pas votable, le budget de la sécurité sociale à l'aube d'une semaine clé pour le gouvernement.
Bruno Retailleau