Anne Le Hénanff : la vision du gouvernement pour l’intelligence artificielle | AIM 2025
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Madame la Ministre, nous sommes ravis de vous recevoir à l'AIM pour la première fois après votre prise de fonction assez récente. Bonjour, merci d'être avec nous. Bonjour, merci de m'accueillir à Marseille aujourd'hui.
Ça me fait très plaisir après Strasbourg-Rennes, troisième déplacement en région à Marseille. Je suis très heureuse d'être là. Vous avez un parterre d'entrepreneurs et de spécialistes de l'IA ici depuis hier à l'AIM.
Et justement l'un des thèmes forts de ces deux jours de débat, c'était vraiment la souveraineté numérique. Et donc comment on crée une tech et une IA souveraine. Et bien ça tombe bien parce que vous, vous avez fait une interview à la tribune il y a quelques semaines.
Vous avez dévoilé votre feuille de route et justement vous voulez vous positionner. Et c'est d'ailleurs une première pour une ministre du numérique en exercice comme la ministre de la souveraineté numérique. Alors j'ai envie de vous demander concrètement qu'est-ce que c'est une ministre de la souveraineté numérique et comment on le fait dans l'IA ?
Disons que le terme souveraineté numérique, et pour être une élue locale, je suis élue locale à Vannes et j'étais députée du Morbihan. C'est vrai qu'à l'usage quand même, dans les sujets que je traite, qui sont la cybersécurité, l'IA, je me suis rendu compte que c'était quand même pas évident, c'était pour tout le monde en tout cas de privilégier les filières françaises, ce qui n'était pas, étant membre de la commission de la défense en tant que députée, ce qui n'était pas pour me rassurer dans la mesure où les menaces ont évolué, la France est une cible et que surtout on a une filière technologique d'excellence. Donc je ne comprenais pas en tant qu'élu local et en tant que député qu'on n'assume pas la souveraineté numérique.
Eh bien moi je l'assume, ce n'est pas un gros mot du tout. Non seulement je l'assume, mais je vais tout faire pour qu'on soit souverain numériquement. Alors concrètement, du coup, comment on arrive à casser les freins qui empêchent aujourd'hui les entreprises, les grands groupes, mais aussi les autres, de choisir en fait des acteurs français du numérique et de l'IA ?
Il y a beaucoup d'études qui sont sorties ces derniers mois, ces dernières années, qui montrent que la souveraineté numérique, un, ce n'est pas vraiment une priorité pour les directions générales, c'est en atout en plus, mais ce n'est pas vraiment ce qu'elles recherchent. Elles recherchent leur performance à tout prix. Il y a toujours cette croyance que les acteurs dominants du marché sont les plus performants aussi.
Comment vous comptez du coup agir pour que ces freins-là puissent être levés ? Quels sont les leviers à votre disposition ? Alors en préambule, je voudrais quand même préciser qu'il est évident que nous n'avons pas, je n'ai pas en tant que ministre, le gouvernement n'a pas de problème avec les acteurs mondiaux.
On pense simplement, je pense simplement qu'on a des champions en France, en Europe qu'il faut pousser. Pour pouvoir avoir une politique de la souveraineté, je dirais qu'il faut un certain nombre de critères que moi j'ai en tête comme une boussole constamment. C'est agir pour pousser l'offre.
Donc c'est de faire en sorte par les politiques publiques, par les dispositifs gouvernementaux, par ma feuille de route, qu'on oeuvre pour pousser les champions français et on en a, que ce soit et principalement en ciblant aussi les actions sur les technologies de rupture. Donc je pense à l'IA, je pense au cloud, je pense à la cybersécurité, le quantique, je ne l'oublie pas parce qu'il ne faut pas qu'on prenne de retard là-dessus. C'est la première chose dans mon travail.
C'est de faire en sorte que tous les dispositifs qui existent, France 2030, France French Tech, etc. se poursuivent et qu'on soit dans la continuité. Donc ça, c'est la première chose, soutenir l'offre.
La deuxième, je pense qu'il faut être aussi réaliste sur nos dépendances. Pour pouvoir prétendre être souverain, il faut qu'on connaisse nos dépendances technologiques. Et il faut qu'on fasse ce travail-là.
Cette dépendance technologique qui, dans certains cas, est normale parce qu'on n'a pas l'offre, justement, ou en France ou en Europe, eh bien, cette dépendance technologique, il faut juste l'assumer, se dire, là, je n'ai pas de société française ou européenne qui puisse répondre à mon besoin. Mais la souveraineté consiste à dire, quand on n'a pas l'offre sur notre territoire, il faut que je minimise les risques d'intrusion sur nos systèmes d'information, d'accès à nos données et de bloquer les démarches prédatrices commerciales de certains acteurs que je ne signerai pas ici. Et puis, enfin, la troisième valeur, pour moi, qui est fondamentale pour aller vers cette souveraineté numérique, c'est de défendre nos valeurs.
Je suis désolée, les valeurs françaises, les valeurs européennes, ce n'est pas les mêmes que les valeurs américaines. Ce n'est pas les mêmes valeurs que les valeurs chinoises. Moi, je suis fière des valeurs européennes.
Il faut se battre pour ces valeurs-là. Et ça nous permet notamment d'avoir une IA éthique, une IA de confiance. Et puis, c'est un narratif qu'il faut raconter en disant, à un moment, vous avez le choix entre une IA très business, où peut-être les valeurs ne sont pas les mêmes que nous.
Nous, on a une IA qu'on assume de confiance, de valeurs, qui sont les nôtres, humanistes notamment. Eh bien, vous avez le choix. C'est une histoire à raconter.
C'est comme ça que je conçois la souveraineté numérique. Et ça commence par cartographier les dépendances aussi, j'imagine. Est-ce que ce sera un objectif du premier sommet de la souveraineté numérique qui se tient la semaine prochaine à Berlin ?
Vous avez raison. Il y a deux aspects très, très importants. C'est que non seulement il faut cartographier nos dépendances, il faut les assumer, il faut être très transparent là-dessus.
Et dire, voilà, à ce niveau-là, sur les puces, on est dépendant à tant de pourcents. Et on n'a pas vraiment le choix pour l'instant, parce que la filière, elle n'est pas assez développée. Mais ça n'empêche que nous, on doit, dans nos politiques publiques, avoir une ambition et des engagements très forts pour être le moins dépendants possible.
Les leviers d'action qu'on a par rapport à votre question ? Je pense qu'on a des solutions en France. C'est notamment les politiques publiques qu'on mène.
Et sur l'IA, il y en a beaucoup depuis le sommet. Donc on est au rendez-vous, on investit massivement. C'est de diffuser aussi très largement l'IA dans les territoires.
Et moi, je dis aux territoires, aux régions notamment, aux départements, aux intercommunalités qui ont cette compétence économique. Eh bien, privilégiez-vous en local les acteurs de vos territoires. Et puis diffusez largement l'IA dans vos intercommunalités, dans vos départements, dans vos régions.
En ayant finalement en tête que le marché public est un levier exceptionnel pour diffuser l'IA et pousser les filières françaises. Alors justement, la commande publique souveraine, c'est un délevé d'action. C'est un sujet qui est ouvertement discuté en Europe aujourd'hui.
Ce n'était pas encore le cas il y a très récemment. La France et l'Allemagne semblent s'accorder d'ailleurs sur cet objectif. Par contre, l'Europe, c'est une mosaïque de pays avec des intérêts divergents.
Certains sont beaucoup plus pro-américains que d'autres. Donc il y a cette harmonisation à trouver. Vous pensez qu'on peut y arriver ?
Et du coup, est-ce que vous attendez des choses concrètes du sommet de la semaine prochaine ? Oui, excusez-moi, je n'ai pas effectivement répondu à votre question sur le sommet. La semaine prochaine, nous avons un sommet franco-allemand qui est essentiel sur l'avenir de la souveraineté numérique en Europe.
Parfois, même si on utilise les mêmes termes, comme la souveraineté numérique, derrière le terme qu'on utilise, quand c'est utilisé par un Allemand ou quand c'est utilisé par un Français, ça ne revêt pas exactement précisément la même définition. Donc déjà, l'objectif du sommet la semaine prochaine à Berlin, ça va être de tomber d'accord sur une définition commune. Notre objectif, mon objectif, c'est de faire en sorte que les livrables qui vont être diffusés suite au sommet, c'est non seulement de tomber évidemment sur des définitions communes, mais c'est même de prendre des engagements.
Et un des engagements, nous au niveau des marchés publics, on a demandé, et moi j'ai demandé à la directrice de la DINUM de privilégier les offres privées dans certains cas pour les besoins de l'administration. Et bien au niveau de l'Europe, il y aura une révision cadre des marchés publics en 2026, début 2026. Mon objectif, c'est que le couple franco-allemand soit capable la semaine prochaine de dire, nous on s'engage pour que finalement, dans le cadre de la simplification, dans le cadre de la révision des marchés publics au niveau européen, on privilégie les filières européennes.
Alors si par exemple ça devait patiner, ce qui est possible aussi en Europe, est-ce que la France pourrait être moteur et du coup y aller toute seule, et donc inscrire dans la loi le protectionnisme, la préférence française ou européenne dans les achats publics notamment ? Écoutez, moi j'étais parlementaire il n'y a pas très très longtemps, et j'étais rapporteure d'un titre, en l'occurrence le titre 3 de la loi SREN, Sécuriser, réguler l'espace numérique, qui était une transposition de DSA, DMA en France. Dans cette transposition, malheureusement le décret n'est pas encore sorti, mais imaginez bien qu'en tant qu'ancienne députée, aujourd'hui je mets toute ma force, toute mon énergie pour que les décrets sortent au niveau notamment de Bercy, c'est qu'on a inscrit dans la loi Cloud au centre.
Et Cloud au centre c'est exactement ça. Cloud au centre c'est d'obliger les administrations centrales, en clair, entendez tous les ministères français, d'acheter en France, et notamment sur le cloud, de sauvegarder les données dans des data centers français, donc souverains, labellisés Secnum Cloud. Donc on a vraiment des leviers, si on n'a pas une réponse en Europe, mais je pense qu'on va réussir.
J'ai le sentiment qu'il y a une évolution suite à un petit peu au contexte commercial mondial très agressif, dont l'Europe est un peu aussi la cible. Il y a des démarches commerciales hyper agressives, non respectueuses de nos règles et de nos valeurs. Et une attaque du droit aussi européen, de la part notamment des Big Tech, mais aussi du président Trump lui-même.
Exactement, ou bien des Chines, comme il y a dix jours, qui se permettent d'arriver sans absolument respecter aucune de nos règles européennes. Donc je pense qu'il y a une prise de conscience au niveau européen. Quand j'en parle avec mes homologues européens, que ce soit le Danemark, la Finlande, l'Allemagne, et en marge du sommet on aura ce genre de discussion, je dirais de manière informelle, on veut aller vers cette libération des marchés publics et de les cibler vers des filières européennes.
C'est-à-dire, en gros, on va utiliser un mot qui est très nouveau au sommet, en tout cas moi je le citerai, Roland Lescure le citera, et je pense le président de la République également, c'est assumons la préférence européenne. Alors dans l'IA, c'est un enjeu stratégique majeur, parce que l'Europe a raté les premières vagues de révolutions numériques, la révolution internet, la révolution du smartphone. Dans l'IA, on voit déjà que des acteurs, notamment américains, ont déjà acquis des positions dominantes dans l'IA générative.
On est dépendant sur la chaîne des puces également. Donc une IA souveraine, en fait, quelles sont nos marges de manœuvre vraiment avec l'état du marché aujourd'hui ? Est-ce qu'aussi il faut cibler toujours la conquête du marché grand public de l'IA ?
Tchad GPT aujourd'hui est utilisé par beaucoup de monde. Enfin, ils ont vraiment une position dominante sur l'IA grand public. Est-ce qu'il faut continuer à essayer d'exister sur l'IA grand public ou alors cibler des IA plus sectorielles, plus industrielles ?
Alors je pense déjà que l'IA française, elle est exemplaire au niveau européen. Il faut le dire, notamment grâce à Mistral, mais pas qu'il existe d'autres potentiels futurs champions en IA européen, et peut-être français, je l'espère. Donc on n'est pas en retard.
Effectivement, vous le soulignez, il y a certaines ruptures technologiques qu'on a peut-être ratées. J'ai la conviction que l'IA, le quantique, on est plutôt bien positionné, mais qu'il faut qu'on fasse attention et il faut qu'on respecte un certain nombre de critères, c'est-à-dire de continuer à soutenir la filière, d'assumer une IA différente de celle des États-Unis ou de la Chine, avec nos valeurs, comme je le disais, mais tout en ayant conscience qu'on est dépendant sur certains aspects de l'IA, des extraterritoriaux. Donc ne courons pas derrière quelque chose qu'on n'arrivera pas à atteindre.
Alors, créons notre propre IA, une IA à la française, une IA à l'européenne, et je pense qu'il faut surtout accompagner les Français, les Européens à utiliser l'IA, et on a un objectif avec des plans de diffusion de l'IA, avec Osé l'IA, avec les ambassadeurs de l'IA. L'objectif, c'est que rapidement, là peut-être qu'on a pris du retard, donc en tout cas mon objectif très concret opérationnel, c'est que la diffusion de l'IA dans les territoires, au niveau des salariés, au niveau des chefs d'entreprise, au niveau des associations, au niveau des citoyens, se fasse le plus rapidement possible, parce que c'est par l'utilisation de notre IA, je dirais, de confiance, que la filière française et européenne sera soutenue. Est-ce qu'il y a un petit peu un éléphant dans la pièce qui est le financement ?
On se reprend le rapport Draghi, il alerte sur le fait qu'il faut investir très massivement pour financer l'IA et la tech souveraine. Bruno Le Maire, qui était présent hier, disait qu'il faut encore 1 000 milliards de dettes de plus pour retrouver une souveraineté dans la tech au niveau de l'Europe. Donc voilà, également le comité interministériel sur l'IA de présidé par Anne Bouvreau a fait un rapport dans lequel il disait aussi qu'il fallait vraiment passer à l'échelle.
Est-ce qu'on a encore de l'argent à investir dans l'IA en France dans le contexte budgétaire ? Alors ne comptez absolument pas sur moi pour m'engager sur de la dette supplémentaire pour la France, évidemment non. Par contre, il y a deux leviers auxquels je pense.
Le premier, c'est, et on a un petit peu de mal avec ça en France, c'est davantage aller vers des partenariats financiers publics privés. Et ça marche dans certains cas, notamment au niveau des certains engagements entre l'État et la région, un euro investi par une région et un euro investi par l'État. Donc les investissements publics privés aussi.
Et puis le deuxième levier, c'est que je pense qu'au niveau des investissements, c'est vraiment au niveau européen que ça va se jouer. On l'a vu avec Mistral qui a fait une levée de fonds d'un milliard 7 avec une société néerlandaise. Il faut qu'on aille, il y a le rapport Draghi, dit que la limite, on est au bord de la rupture en Europe parce qu'on n'arrive pas à passer à l'échelle au niveau des financements.
Il faut donc qu'en Europe, et c'est aussi un des objets de discussion à Berlin la semaine prochaine, d'aller vers des investissements européens. Donc une union des investissements, si on peut l'appeler comme ça. On a reçu hier aussi sur scène l'ambassadeur d'Inde qui va accueillir, comme vous le savez, le prochain sommet sur l'IA après la France en février 2025.
Donc il a déployé la vision de l'Inde pour l'IA. Elle était assez intéressante parce que du coup, il assumait une rupture vis-à-vis de la position occidentale sur l'IA qui est un petit peu la course au financement, la course au plus grand modèle, la plateformisation de l'IA. En gros, il a dit, nous, en Inde, on ne veut pas faire ça.
On veut une IA dont le socle, c'est l'intérêt de l'homme de la rue, c'est son expression, et qui du coup se base sur un socle public aussi sur lequel se grèvent des usages locaux pour les citoyens. C'est une vision assez... qu'on n'entend pas, c'est vrai, en Occident.
Ce sera celle qui va promouvoir lors du sommet. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que aussi, ce serait pertinent pour la France d'aller plus dans cette voie-là et d'en donner le contexte mondial ?
Je trouve ça extrêmement intéressant. Et je rappelle quand même que l'Inde était très présente lors du sommet sur l'IA à Paris. Et que le sommet qui va avoir lieu au mois de février à New Delhi, évidemment, la France sera très présente aux côtés des Indiens.
Moi, je trouve que l'approche de l'Inde est extrêmement intéressante. À titre personnel, c'est la vision aussi que j'ai de l'IA, c'est-à-dire une IA utile, une IA utile à l'humain. C'est-à-dire qu'il y a les investissements, il y a les développements, des usages, mais on n'est pas dans le Far West.
Il faut qu'on puisse réguler sans bloquer l'innovation. Et je suis assez fan de cette idée qu'on puisse finalement adapter l'IA à des usages bien spécifiques, au service des organisations, au service des humains, au service des collectivités, au service de l'État. Et notamment, l'IA agentique, c'est selon moi ce vers quoi on doit aller aussi pour qu'on puisse le diffuser très largement dans les territoires.
Donc nous, on va être très attentifs. Moi, j'irai à New Delhi, évidemment. Et on sera très attentifs à ce que proposent les Indiens, sachant qu'en Inde, ils ont une approche très...
IA de confiance, respect de l'humain, c'est-à-dire l'IA au service de l'homme et pas l'inverse. Et donc c'est, en ce qui me concerne, une approche qui me convient tout à fait. L'approche qui a été choisie, pour l'instant, en France, c'est plutôt une approche en centrée sur les infrastructures.
On a eu énormément d'annonces, plus d'une centaine de milliards de projets d'infrastructures en France pour justement faire tourner les IA françaises, européennes et mondiales. Donc où est-ce qu'on en est concrètement après le sommet de février ? Et est-ce que vous pouvez tracer un petit peu un chemin vers où on va dans la prochaine année ?
Oui, bien sûr, je peux vous faire un point, puisque c'est vrai qu'on va bientôt fêter le premier anniversaire du sommet. Donc il est temps d'apporter des livrables. Et moi, je suis garante, comme ministre de l'IA et du numérique, je dirais, de passer à l'action.
Et c'est ce que je compte faire. Au niveau des data centers issus du sommet de l'IA, il y a eu 12 projets de data centers qui ont été engagés, avec des niveaux européens, on peut dire, avec des financements d'ailleurs étrangers. Neuf, actuellement, sont en cours de déploiement.
Après, c'est long, parce qu'un data center, c'est un territoire, c'est des élus locaux, c'est un accès à l'énergie. Donc ce sont des critères importants. Il y a des règles d'urbanisme.
Donc toutes, sur les 12, sur lesquelles l'État s'est engagé, neuf sont lancées clairement. Aussi, un peu partout dans le territoire, il y a des acteurs privés, aussi de data centers, qui sont en train de déployer des équipements, des infrastructures, toujours avec les mêmes contraintes, qu'on évalue à 63 projets, là, actuellement, au moment où je vous parle. Donc, effectivement, il y a une grande campagne de déploiement des data centers en France.
Data centers qui vont être en capacité d'accueillir nos données souveraines, avec des data centers souverains, et qui vont finalement nourrir notre IA, l'IAS, de confiance qu'on veut, et en France, et au niveau européen. Pour terminer, je viens peut-être un peu sortir de l'IA, mais aller sur un sujet d'actualité qui vous a pas mal occupé ces dernières semaines, c'est la plateforme Chine, avec, du coup, les contrefaçons et toutes les problématiques qui ont été massivement importées d'Asie vers la France. Est-ce que vous êtes satisfaite de la réponse que vous avez apportée ?
Est-ce qu'il ne faudrait pas aller plus loin, justement, pour imposer des règles plus strictes à ces plateformes ? C'est difficile de me demander si je suis satisfaite de ce que j'ai fait. J'ai fait ce que j'avais à faire.
J'ai fait ce que j'avais à faire, et je ne regrette absolument pas d'avoir tapé du poing sur la table. Et aux opérateurs qui, à nouveau, arriveraient sur notre territoire, en France ou à l'Europe, qui se permettraient d'avoir ce type de comportement, c'est-à-dire de mettre sur leur plateforme des produits illégaux, que ce soit des armes, que ce soit des objets pédocrimineux, eh bien, ma réponse, elle sera absolument la même. Et il y a eu un point de bascule avec Chine.
Donc, les opérateurs étrangers qui arrivent, je veux simplement leur dire qu'il ne faut pas qu'ils s'amusent à ce jeu-là, parce que c'est une première action qu'on a faite. L'action Chine, c'est ce qu'on fera désormais pour n'importe quel opérateur qui ne respecte pas notre droit national et notre droit européen. Donc, tous les services, je suis en lien avec les autorités de régulation, avec les services, évidemment, qui contrôlent ces plateformes, elles sont au travail.
Il y a des enquêtes qui sont en cours. Parce que sanctionner Chine, c'est une chose. Sanctionner les plateformes, c'est une chose.
Mais je ne souhaite pas m'arrêter là. C'est-à-dire que moi, je souhaite qu'on sanctionne et qu'on trouve les vendeurs de ces produits criminels et qu'on trouve les acheteurs. Et ça, c'est une réponse pénale.
Il y a une enquête qui est en cours. J'ai confiance en la justice. Ils vont trouver.
Et aux policiers, aux gendarmes qui font des enquêtes sur le web pour les trouver. On va les trouver. Ils vont être sanctionnés.
Et ça pourrait marcher aussi pour le DSA, pour X ou pour TikTok qui veulent manifestement certains principes du DSA sur la régulation des contenus. Moi, ce qu'on remarque et ce que j'entends de plus en plus et ce qui gêne vraiment la France et on est moteur sur ces sujets-là et au niveau européen, c'est qu'à un moment, il va falloir aussi sanctionner. et que tout type de plateforme, on a quelques parlementaires qui travaillent sur ces sujets-là, sur, effectivement, TikTok, X.
On aura, en ce qui nous concerne, la même position sur ce type de plateforme. Donc, on est en train de muscler notre outillage. On voit bien qu'il y a des trous dans la raquette.
On va le rectifier soit avec du législatif, soit avec du réglementaire. En tout cas, l'impunité, c'est terminé. Dès qu'on constatera des irrégularités, on sommera et, en cas de réitération, on fermera l'accès à ces sites.
Merci beaucoup, Anne Hénanf. Je vous en prie. Merci beaucoup.
Au revoir. Applaudissements
Anne Le Hénanff