"Que vont devenir les chauffeurs de taxis !" : Des robots taxis bientôt autorisés en France ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh alors, je voudrais vous donner cette information. Il y a eu un échange constructif entre notre ministre des transports et Elon Musk concernant ces essais sur la route de ces véhicules autonomes en France. C'est le ministre des transports qui l'a posté lui-même sur X, propriété d'Elon Musk au passage.
Jean Jean-Gabriel Ganacia, pardon, vous êtes connecté avec nous. Vous êtes spécialiste de l'intelligence artificielle et spécialiste de l'éthique également. Euh une voiture euh sans conducteur au milieu des rues de Paris qui sont parfois étroites.
Est-ce que vous vous montez dedans les yeux fermés demain ? Et ben écoutez, j'ai eu cette expérience là non pas à Paris puisqu'il en a pas encore mais à San Francisco et c'està dire que j'ai été très séduit parce que on a bizarrement un assez grand sentiment de sécurité. Alors, San Francisco, c'est peut-être un peu moins compliqué que Paris, mais ça n'est pas non plus une ville euh très simple, hein.
Vous savez qu'il y a des collines quand vous voyez des films américain des années 50, hein, vous voyez qu'il y a plein de feux rouges, qu'il y a beaucoup de circulation et ben on se sent très bien. Et donc, de ce point de vue-là, c'est c'est très agréable. Après, ça pose différentes questions entre autres sociales, parce que que vont devenir les chauffeurs de taxi si on les remplace par des voitures autonomes ?
Et puis il peut y avoir des erreurs. C'estàd que il y a effectivement une assez grande un sentiment de sécurité assez grand mais il y a des petits bugs. Moi je vais vous en raconter.
J'ai été invité à au consulat de France à une soirée. Donc je demande au taxi autonome de m' de de de m'amener au consulat de France et là il m'amène dans une rue sur laquelle il y avait rien du tout. Alors je comprends pas du tout.
Il me laisse là et je regarde effectivement il avait raison le consulat de France était là mais sauf qu'il y avait une colline et il fallait monter 350 marches à pied pour arriver au consulat de France. Alors c'était peut-être à Voldroiseau l'endroit le plus proche du consulat mais c'était extrêmement mal commode et donc vous avez énormément de bugs de ce type là. C'est pas pardon c'est pas vraiment un bug ça.
C'est un c'est c'est une intelligence artificielle qui suit un GPS. C'est pas tellement un bug en tant que tel. Ben oui, mais vous vous trouvez de temps en temps dans des situations un tout petit peu délicates et d'ailleurs ces voitures autonomes sont pas complètement autonomes.
Il y a un bureau qui supervise l'ensemble des voitures et qui dans des situations de de blocage est capable d'intervenir pour régler le le problème. Mais donc c'est simplement pour que vous compreniez que ça marche bien et on n pas d'inquiétude lorsqu'on est dans la voiture mais en même temps il peut y avoir des des petites erreurs de ce type là des petits désagréments en tout cas que l'on peut rencontrer. Rachid Boujgema, vous êtes président de de l'Union nationale des taxis.
Quand vous voyez ces voitures autonomes aux États-Unis mais qui vont peut-être arriver bientôt en France, vous vous dites quoi ? Que votre métier va disparaître ? Absolument pas. un taxi, c'est pas juste un un chauffeur qui transporte euh un colis, une personne.
Non, non, c'est une personne qui transporte des personnes, parfois des malades, des personnes âgées et parfois les deux en même temps. Et il y a toute tout un un service en fait, c'est un service que n'est pas la voiture autonome pour vous et qu'elle n'est pas encore prête à offrir. Pour l'instant, monsieur Bobot est probablement mieux calé pour moi pour parler de ce que va être le robot humanoïde.
Mais le taxi, ce n'est pas que un transporteur qui fait un transport d'un point A, un point B. Il y a un tas de paramètres qui entrent en ligne de compte qui doit anticiper la personne qui tombe malade, qui fait un malaise ou qu'il faut aider pour ses bagages. Mais c'est pas non plus tous les jours.
Enfin, ça arrive pas tous les jours au taxi de prendre quelqu'un qui fait un malaise. Pardon. Mais non, mais en tout cas des des gens qui sont malades qu'on les qu'on transporte d'un endroit à un autre et qu'on qu'on doit aider.
Ça, je peux vous dire que c'est tous les jours et c'est euh plusieurs centaines de milliers de de personnes qu'on transporte par jour. Donc effectivement, c'est euh ça c'est c'est une réalité. Est-ce que vous êtes inquiet quand même ?
Absolument pas. Les taxis ont toujours su s'adapter aux innovations et on s'adaptera à cette innovation. Le tout, c'est qu'elle soit préparée, qu'elle soit maîtrisée, qu'elle soit encadrée.
D'ailleurs, le ministre des transports, vous êtes pas inquiet. Non, je suis assez étonné en fait que vous soyez pas inquiet. Je vous dis franchement parce que vous étiez déjà un peu inquiété et vous l'êtes par Ule qui est aussi une autre forme de concurrence qui n'est pas la même chose.
Alors c'est pas la même chose mais justement pourquoi ça vous inquiète pas cette fois-ci ? Ça ça m'inquiète pas parce qu'encore une fois c'est une révolution qui apporte quelque chose de nouveau. C'est innovant.
Euh on a une voiture qui a qui offre une une conduite autonome. Uber c'est quoi ? un un transporteur, un chauffeur dans une voiture qui vous prend d'un point A un point B et qui n'a rien inventé ce qu'on fait depuis 1664.
La seule chose qu'ils ont réussi à faire exactement et on a su s'adapter. La seule chose qu'ils ont réussi à faire, c'est l'optimisation fiscale pour pas dire autre chose et inventer une réglementation qui est à peu près bancale pour leur salariés. Aujourd'hui, ce qu'on entend le plus se plainre, c'est leur salariés.
Oui, mais s'il y a plus de voitures autonomes, il y aura peut-être moins de taxi. Et c'est toute la question de cette préparation à cette révolution. Genre, si demain c'est rajouter des voitures autonomes pour faire exactement le même travail que ce que fait le taxi, quelle est la valeur ajoutée ?
Alors, c'est un peu ma question. À quoi ça sert une voiture autonome ? Pourquoi est-ce qu'on en implanterait en France ?
Qu'est-ce que ça nous apporte ? Alors déjà euh c'est vrai que ce qui euh ce qui est indiqué euh par certains euh fabricants de voitures autonolles, c'est la fiabilité, la sécurité euh sur la route parce que il y a un taux d'accident qui semble être bien moins euh important. Euh et puis on on sait que les que le le sujet de la sécurité aussi à bord est important ben pour les pour les chauffeurs souvent.
Et puis l'amplitude horaire, la disponibilité lorsque on a des périodes dans la journée, mais ça vous vous le savez mieux que moi, où les les taxis sont très sollicités, où il y a un manque aussi de de taxi. Donc ça va augmenter la capacité à mon avis d'accueil et de transport. Donc c'est d'avoir plus de ressources, donc mieux adapter l'offre à la demande de taxi, enfin de taxi, de de voiture, on va dire, à un moment de forte demande par exemple.
Oui, tout à fait. C'est un des sujets importants d'avoir plus de de taxis disponibles. Jean-Gabriel Ganacia, puisque vous en avez testé aux États-Unis, quand vous voulez prendre une voiture autonome, c'est plus cher ou moins cher qu'un taxi traditionnel ?
C'est un peu plus cher qu'un taxi traditionnel. Euh ce que vous faites c'est que vous prenez votre téléphone portable et vous appelez un peu comme on appelle Hubertin, il vous donne le temps d'attente. Alors ce qui était formidable quand j'y étais c'est que le temps d'attente était inférieur au à celui du Uber. et puis euh vous donnez l'adresse à laquelle vous devez aller et il arrive hein, il il ouvre les portes et il y a une seule chose qu'il faut surtout pas oublier he c'est de donner votre numéro de carte bleue.
Vous voyez bien que ça n'est pas du tout un un service euh gratuit. Alors, je sais pas ce qui arrivera dans dans le le l'intérêt aussi on peut se demander, c'est de se dire "Bon bah euh si c'est plus cher, je vois pas pourquoi je vais prendre une voiture autonome." Enfin, pardon, mais et par exemple aux États-Unis, les euh [raclement de gorge] les euh les taxis autonomes qu'a proposé euh Amazon euh sont extrêmement grands, on peut rentrer à 45 avec une poussette directement dans le taxi.
Donc les véhicules ont ont aussi évolué, c'est pas forcément la voiture traditionnelle telle qu'on connaît. Donc ça répond aussi à des besoins ou à des services qui sont différents de ce qui est proposé aujourd'hui en terme de sécurité. Alors, on a pu voir à travers le monde certains incidents, certains bugs déclenchés par des voitures autonomes aux États-Unis ou en Chine, des très gros embouteillages, quelques paralysies pour quelques bugs de système.
Euh est-ce que un un un une voiture autonome peut être hackée ? [grognement] Alors, la sécurité est un point essentiel dès lors qu'on parle d'IA, de robotique, de voitures autonomes. Donc bien sûr, il y a des protocoles de sécurité extrêmement important.
Pour l'instant, il y a pas eu de failles de sécurité majeure euh qui ont été euh qui ont été percées pendant toutes ces phases de test. Mais il faut savoir qu'en effet, ces ces véhicules autonomes sont aussi supervisés. Donc là, dans les premiers essais qui vont être faits, il y a quand même une personne qui va être à côté du autour du volant.
Mais en effet, en cas de d'embouteillage ou de manœuvre qui est bloquante, il y a la possibilité de prendre le contrôle à distance du véhicule et de débloquer la situation. les taxis à Paris, notamment les taxis parisiens, il y a plusieurs problématiques, notamment des licences aussi de taxi. Est-ce que vous craignez quand même que le prix des licences des taxis baisse avec les voitures autonomes ?
Est-ce que vous demandez un contrôle si effectivement ces voitures sont vraiment expérimentées et là dans la capitale, vous demandez une forme de sécurité ? Ah ben évidemment euh à à prestation exacte, on demande des règles euh similaires. Euh si vous me posez la question, c'est encore une fois sur la valeur qu'a créé le taxi jusqu'à présent, effectivement on peut pas imaginer que demain on va rajouter savoir que Paris c'est 20000 taxis.
C'est l'une des villes au monde où il y a le plus de taxis, c'est deux fois plus de chauffeurs. Donc oui, effectivement aujourd'hui on répond à la demande. Mais si demain c'est juste pour rajouter un nombre de voitures autonomes pour embouteiller la ville davantage ça n'a aucun sens.
Si ça ça vient remplacer quelque chose, à ce moment-là, il faudra contingenter ce nombre de véhicules autonomes et pourquoi ne pas imaginer que le taxi aussi puisse lui-même exploiter ce type de voiture autonome. Après tout, le plus légitime, c'est le professionnel et les professionnels que nous sommes. C'est quoi le taxi qui exploite.
Ça veut dire mais s'il la conduit pas, mais il pourrait il y a bien quelqu'un qui est derrière et qui qui supervise et qui en est le propriétaire. Il faudrait pas que ça soit uniquement des firmes américaines. Pour le coup, c'est une multinationale, c'est pas enfin non, je sais pas mais oui, pourquoi pas ?
Mais enfin, il on pourrait aussi acquérir cette technologie ou prendre des parts dans cette technologie. Alors ça, quoi qu'il en soit, il faudrait que ces véhicules soient adossés à une licence, une autorisation, c'est une licence de taxi, c'est une autorisation de stationnement pour que ce véhicule puisse se mettre en place. Sinon, effectivement, on fagocite, on spolie encore une fois le taxi dans son existence.
En fait, il faudrait les faire payer en gros pour résumer une sorte de taxe sur les robots taxi. Donc une autorisation encore une fois pour encadrer la valeur que va créer ces véhicules puisque les taxis ont déjà créé cette valeur. Si demain on vient on remplace cette valeur, les données de de ces véhicules, si demain on perd cette souveraineté et que où vous allez effectivement si cette souveraineté est transférée aux États-Unis ou en Chine, encore une fois, on va être dépossédé de pas mal de choses. qu'aujourd'hui cette souveraineté, on l'a et il s'agirait pas non plus de perdre cette réalité de vue.
Jean-Gabriel Gana, c'est vrai qu'on parle effectivement de de ce coup de téléphone avec Musk. Donc il y a évidemment les Américains qui sont sur le coup pour ces pour ces voitures autonomes. Il y a aussi les Chinois.
Nous en France, est-ce qu'on a un un début de technologie mis en place pour garder ce que vous disiez cette souveraineté sur nos données déjà déplacement ? C'est quand même très important. Ben, je suis tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit.
Il faudrait que l'on puisse euh assumer notre souveraineté sur ces nouveaux outils. Ce qui m'inquiète dans les informations que vous donnez, c'est que c'est Elon Muskre des transports français pour installer des robots autonomes en France, des taxis euh autonomes. Je pense que on est capable à l'échelle nationale ou à l'échelle européenne de développer ce type de d'outils.
On a des industries automobiles, hein, on a beaucoup d'ingénieurs, il y a énormément de spécialistes d'intelligence artificielle. Donc c'est effectivement un gros travail, mais il me semble que l'on peut euh euh se s'attacher hein à à ce travail et je ne vois pas pourquoi euh euh on devrait demander à monsieur Musk de euh s'en occuper. Sans compter d'ailleurs qu'aux États-Unis, c'est même pas Elon Musk hein qui s'occupe des taxis qui sont à à San Francisco autant que je autant que je sache, hein.
Donc je crois que ça pose des problèmes politiques qui sont vraiment essentiels euh pour le futur et des problèmes éthiques, hein. Je crois que ce qui a été tout à l'heure est est tout à fait vrai, c'est de savoir quelle va être la place de ces véhicules autonomes dans l'ensemble de l'offre sur pour faire fins usages, il vaut mieux qu'il y a une personne parce que il y a un lien qui est tout à fait essentiel pour d'autres usages. Ça peut être plus commode d'avoir des taxis autonomes de ce type-là.
Et je voudrais insister sur un point, on a dit tout à l'heure que euh il y avait une supervision, hein. Il faut bien comprendre que il n'y a pas de chauffeur à l'intérieur du véhicule, hein. C'est pour ça que on dit c'est une voiture autonome, même si le terme autonome est pas tout à fait bien choisi parce qu'elles sont pas vraiment autonomes, elles sont automatiques hein, dans le sens où elles décident elles-mêmes de leurs actions, mais elles choisissent pas l'endroit où on va aller, c'est nous qui choisissons.
Et donc une supervision est présente pour s'assurer qu'il y a pas de blocage sur le système. Cette supervision bien sûr, elle est faite par un bureau qui va être dans la ville où se déroule ce type de de où où se roulent ces véhicules. En revanche, la question c'est de savoir quelle est la société privée qui va installer ces réseaux de de voiture. et je crois que il faut vraiment aujourd'hui que on s'assure que ce soit des sociétés européennes.
C'est un problème crucial pour le [rires] futur parce que sinon monsieur Elon Mus peut décider tout d'un coup d'arrêter hein tous les taxiers donc de bloquer tous les transports publics hein pour une raison quelconque où monsieur Trump demandera à faire et les données vous savez que les États-Unis ont une loi qui s'appelle le cloud act hein alors cloud souvent quand on est français on pense que c'est nuage en anglais hein mais cloud act ça veut pas du tout dire nuage he ça veut dire clarifying full use of data. Ça veut dire que en réalité c'est une loi célérate qui exige des industriel américain de donner toutes les données qu'il traitent que ces données soient stockées sur le territoire américain ou à l'extérieur. Ce qui veut dire que tax Oui.
Allez-y, terminez rapidement, pardon. Allez-y, allez-y. Oui, ces taxis, si on les installe en France ou ou en Europe, toutes vos données de circulation pourront aller au gouvernement américain, hein, ou [raclement de gorge] euh dans les sociétés privées américaines, mais qui pour seront tenus de les donner au gouvernement américain.
Donc, je crois qu'il faut vraiment euh prendre au sérieux ces enjeux pour le futur. Ne pas mettre la tête dans le sable et en même temps comprendre c'est des enjeux de liberté. Petit mot de [rires] la fin.
Merci beaucoup Jean-Gabriel Gana. C'est vrai que cette question de la sécurité des données, là on est un moment où on a un problème, on est en retard en France et là on on laisse la clé de nos voitures à Elon Musk. Oui.
Ben je pense qu'il faut que ça nous serve aussi de leçon sur le fait que nos politiques ont besoin de de donner une une vraie vision euh technologique hein sur les 10 prochaines années. C'est c'est ce que fait très bien la Chine avec son plan quinquénal. Les États-Unis qui ont des enjeux technologiques très bien identifiés.
On a besoin aussi de cette vision politique euh pour encourager euh nos jeunes start-ups, nos ingénieurs, notre recherche à travailler dans le même sens des vrais sujets sur lequels euh l'Europe et la France a euh des enjeux majeurs de souveraineté. Yeah.
Philippe Tabarot