Mort de Wanys, polémique à Sciences Po, fin de "l'État-providence"... Le "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière
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Bonjour Alexis Corbière.
Bonjour.
Hier, par la voix de son président, Jonathan Arfi, le CRIF, conseil représentatif des institutions juives de France, a demandé une commission d'enquête parlementaire sur l'antisémitisme dans les universités suite à la polémique Sciences Po Paris. Vous qui êtes député, vous êtes pour ?
Pourquoi pas ? Oui, bien sûr qu'il y ait des enquêtes qui soient faites, qu'on puisse discuter rationnellement de ça. D'abord, petit un, l'antisémitisme va être vigoureusement combattu. Il n'y a pas de république, au sens où je l'entends, c'est-à-dire d'une société où notre triptyque termine par le mot de fraternité. Quiconque se fait insulter par des mots racistes antisémites doit être rudement châtié. Petit un, petit deux à partir de là, parce que vous évoquez la situation. Attention à ce que, comme l'affaire est sérieuse et que je ne veux pas qu'à force de répéter toute une série de choses ou du moins de rater la cible, on en vient à galvauder des mots.
Sciences Po, on peut en parler parce qu'encore je lisais, hier soir... Non, non, mais parce que c'est le sujet qui amène à ce qu'on discute. Que s'est-il passé à Sciences Po ? À l'heure où nous parlons, vous et moi, on ne peut pas encore totalement stabiliser ce qui a eu lieu. Il y a une enquête en cours, voilà. Très bien, très bien, ça me va.
J'observe seulement que le Premier ministre, alors que l'enquête n'avait pas eu lieu, est d'ores et déjà débarqué sur place, a considéré qu'il y avait là un foyer d'antisémitisme qui devait être rudement châtié, qu'il fallait que l'étalissement soit repris en main, à tel point que, je vois encore hier soir, un appel des doyens de Sciences Po, des directeurs de recherche de Sciences Po qui viennent faire une déclaration en disant « Ouh là là, mais ça ne peut pas être comme ça. »
L'exécutif a surréagi.
Et j'ai même vu que l'étudiante concernée, moi je l'écoute, militante de l'UEGF, organisation qui a tout à fait le droit d'exister dans les universités. Moi, j'ai été un militant, syndicaliste, étudiant, avec une FID. L'UEGF était des camarades, nous menions des lieux de commune. Bon, il est hors de question qu'elle se fasse insulter, quoi que ce soit, mais dit elle-même, que, tel que c'est le cas dans les facs, parfois il y avait un meeting de solidarité, et on a le droit, avec ce que subit le peuple à Gaza, qu'elle a pu rentrer dans l'amphithéâtre et qu'elle n'a pas entendu de propos antisémites. C'est des propos qui ont été rapportés par d'autres.
Alors, dans ces conditions, qui a eu une enquête ? Moi, ça me bat. Parce que quiconque a un mot antisémite doit être chatié. Mais qu'à l'inverse, sur la base de choses pas tout à fait stabilisées, immédiatement, Gabriel Attal débarque à Sciences Po. Là, il y a un problème.
Emmanuel Macron a parlé de mots intolérables, ils ont clairement surréagi. Si l'exécutif a su réagir ?
Je dis à ce stade que vous deux, je ne veux pas être flagorner, qui êtes des professionnels de l'information, vous ne pouvez pas encore stabiliser ce qui a eu lieu. Nous, aussi, France Insoumise, qui avons des militants sur place, chaque fois qu'on pose des questions, tout le monde nous dit qu'il n'y a pas eu de propos antisémites. Peut-être il n'a-t-il lu, mais personne ne peut le dire. La jeune étudiante de l'UEGF dit qu'elle n'a pas entendu de propos antisémites. Dans ces conditions, attention à ce que derrière ça, qu'est-ce que c'est ?
Si l'idée, c'est que quiconque se réunit pour dire il y a cessez le feu à Gaza, le martyr du peuple palestinien est intolérable, respect du droit international, sans oublier, bien entendu, ce qui s'est passé le 7 octobre. Je demande la libération des otages, je suppose qu'Israël vive en sécurité, mais on a le droit, quand même, à l'heure actuelle, quand il y a 30 000 morts et qu'une cour de justice internationale parle de risque génocidaire, quand on a 20 ans, qu'on fait des études,
de dire non. Alexis Corbière, hier soir, Emmanuel Macron a dit qu'il n'y avait qu'une seule manière de combattre l'antisémitisme, c'est l'universalisme. Déclaration devant le CRIP. Vous approuvez. Parce qu'on se dit, peut-être qu'en creux, il cible ceux qui surfent sur le communautarisme, or c'est un reproche qui est parfois fait, parfois fait, à la France insoumise. Vous n'êtes pas senti visé ?
Non mais, je veux dire, vous voyez bien, enfin bon, je ne vais pas d'un seul coup étaler mon petit cœur, mais je veux dire, franchement, sous-entendu l'antisémitisme, moi je ne supporte plus ça. Je suis universaliste. Monsieur le Président de la République, il faut lutter contre l'antisémitisme en universalisme. Bravo, Monsieur le Président. Ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire que, quel que soit ce que vous soyez, je ne veux pas savoir quelles sont vos convictions spirituelles. Je vous vois comme un être humain, égal en dignité, en droit, à moi, d'accord ? Et vous, pareil. Donc, ça veut dire quoi à partir de là ?
Que ce qui se passe, et nos indignations, et nos colères, et notre volonté de respect du droit international, ne doit pas être, comment dirais-je, à géométrie variable. Je reprends mon raisonnement. Le 7 octobre, ce qui a eu lieu, est inacceptable, d'accord ? Il y a là, indiscutablement, comment dirais-je, des actes terroristes. Je suis favorable, évidemment, je l'ai dit, et je le répète, parce que parfois, on dit, sous l'entendu, qu'on ne l'aurait pas dit, la France insoumise demande la libération des otages, 132 otages.
Non, mais vous voyez bien que ces critiques, elles ne partent pas de nulle part. C'est parce que vous avez mis du temps. C'est pas vrai. C'est toujours le cas, aujourd'hui, de définir la masque en terrorisme. Là, vous le faites aujourd'hui, mais ce n'est pas qu'à tout le monde dans votre mouvement. Non, non, non, oui,
bon, en fait, écoutez, aujourd'hui, on estime 25 000, 30 000, 32 000, peut-être, civils, enfin, personnes qui meurent à Gaza, dont ce que nous disent, et vous leur donnez la parole, les médecins dans les hôpitaux, des enfants qui meurent. Écoutez, l'autre jour, moi, j'en avais les larmes aux yeux, comme beaucoup de gens. Quelqu'un qui vous dit que dans un hôpital, une femme qui vient de mettre au monde d'un bébé, et que le bébé meurt parce qu'il n'y a plus de lait en poudre, c'est intolérable. Donc, quand est-ce que ça s'arrête ? C'est le feu. Le droit international exige, en fait, même la France, c'est la demande de la France, c'est la demande des Etats-Unis aussi.
Mais nous vendons aussi des armes. Actuellement, au gouvernement israélien, est-ce qu'on ne peut pas dire qu'on arrête des relations de ce type ? Est-ce qu'on peut s'appuyer sur ce que nous a dit la Cour de justice internationale que nous sommes en voie d'un risque génocidaire ? Vous dites qu'on ne fait pas tout et que la France, notamment,
ne fait pas tout actuellement
pour faire position. Nous vendons des armes au gouvernement israélien. Est-ce qu'on peut, quand la Cour de justice internationale nous dit qu'il y a là un risque génocidaire, d'arrêter immédiatement ? Parce que du point de vue du droit international, on cesse. Est-ce qu'il y a des accords Union européenne-Israël ? Est-ce qu'on peut, tant que le cessez-le-feu n'a pas lieu, dire qu'on arrête tout type de relations ? Ça, c'est des leviers diplomatiques.
Vous, vous parlez de génocide à Gaza, aujourd'hui ?
Je viens de dire, je m'appuie sur ce que dit la Cour de justice internationale qu'il y a un risque génocidaire.
De risque génocidaire ?
Oui, c'est ce que nous dit. Moi, je veux dire, utilisons les mots du droit international. Mais ce n'est pas rien. Ils l'ont dit quand même, j'oublie, il y a 15 jours, 3 semaines. Et depuis, ça ne cesse de continuer.
Non, mais je vous pose la question,
vous savez pourquoi ?
Parce que les insoumis ont refusé de qualifier de génocide les violences et les crimes dont sont victimes les Ouïghours en Chine lors du vote de la résolution en janvier 2022. L'argument évoqué par Jean-Luc Mélenchon à l'époque, c'était de dire si on qualifie de génocide ce qui se passe au niveau des Ouïghours, il va falloir intervenir parce qu'on ne peut pas laisser un génocide se faire sous nos yeux. Là, en cas de risque génocidaire, il faut envisager d'intervenir. Il faut que la France puisse intervenir à Gaza.
Moi, je m'appuie sur ce que dit la Cour de justice internationale. D'accord ? Elle n'a pas dit que la situation des Ouïghours est terrible. D'accord ? Mais à ma connaissance, si je dis une sottise, corrigez-moi. La Cour de justice internationale n'avait pas dit qu'il y a un risque génocidaire. D'accord ? Là, c'est le cas. Donc, soit on croit à la puissance du droit international. Mais il y avait
de nombreuses organisations qui parlaient de ce risque génocidaire et même de génocide. Non, mais il y avait
un débat sur le mot. Je vous l'accorde. Je veux dire, je n'ai jamais considéré ce que fait la bureaucratie chinoise de ce gouvernement autoritaire sur les Ouïghours est insupportable. Il y avait effectivement une discussion sur le mot qui n'était pas tout à fait bien définie selon nous du point de vue du droit international. Concernant la population Gaza, la Cour de justice internationale saisie par le gouvernement d'Afrique du Sud à parler. Donc, moi, je dis là qu'on me comprenne bien.
Je veux dire, y compris ceux qui souhaitent la sécurité d'Israël, ceux qui ont une haute idée de ce pays, ceux qui connaissent et qui le martyrent du peuple juif à travers le XXe siècle, ceux qui, comment dire, sont sensibles, enfin, nous tous d'ailleurs, qui sont sensibles à la question antisémitique. Très bien. Mais, je veux dire, le châtiment qui est imposé actuellement à Gaza n'est pas tolérable.
Il faut des sanctions. Il faut que la France...
Je viens de le dire. Voilà, je viens de le dire.
Arrêter de livrer les sanctions. C'est pas mal, déjà. Les sanctions économiques sur l'État d'Israël.
Bloquons, déjà, l'accord Union européenne-Israël. C'est son nom des armes. Après, que les criminels de guerre soient traduits devant la justice internationale, ça me semble intéressant. Je crois que ce gouvernement de droite et d'extrême droite de Benjamin Netanyahou est en train de commettre l'irréparable. Et j'observe que la société civile israélienne, d'ailleurs, manifeste beaucoup et que même des gens de familles d'otages disent que cette violence aveugle qui ressemble plus à une espèce de vengeance qui a une quelconque volonté de vraiment faire respecter le droit est en train de mettre en danger les otages.
Alexis Corbière, on vous retrouve juste après le fil d'info il est 8h41. Claire, chez Caglini.
Service public au ralenti aujourd'hui. 8 syndicats appellent à la grève. 5 700 000 fonctionnaires pour réclamer de meilleurs salaires. Cette journée aura valeur de test pour la mobilisation à 4 mois. DGO, la CGT et FO ont déjà promis de déposer des préavis de grève en plein cœur de l'été. Jeudi soir, une marche silencieuse sera organisée en mémoire de Wannis à la Courneuve. Annonce faite sur France Info ce matin par Gilles Pouks, le maire de cette ville de Seine-Saint-Denis dont le commissariat a été pris pour cible dimanche. La garde à vue des 9 suspects arrêtés il y a 2 jours a été prolongée hier soir.
Joe Biden enjoint Israël d'envoyer une délégation à Washington pour discuter de l'assaut sur Rafa. Demande faite hier par le président américain au Premier ministre israélien lors d'un échange téléphonique. La Maison-Blanche veut éviter une offensive généralisée sur ce poste frontière de la bande de Gaza. 62 restaurants étoilés par le guide Michelin. La Bible des gourmets a dévoilé son cru 2024 hier à Tours parmi les heureux élus en cuisine. Fabien Quéré de la table du Castelet dans le Var. Il devient à 35 ans le plus jeune chef français à décrocher le Graal avec 3 étoiles.
France Info
Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Saliadrakia
Et Alexis Corbière député à la FI de Seine-Saint-Denis. Vladimir Poutine a célébré hier soir sa reconduction à la tête de la Russie. Les conditions d'une élection libre, pluraliste et démocratique n'ont une nouvelle fois pas été réunies dit le Quai d'Orsay. Est-ce que vous partagez la position de la France ?
Oui, c'est indiscutablement des élections qui ne se passent pas selon des standards démocratiques. Des opposants ne pouvaient pas se présenter. Si j'ai bien compris c'était des fers-valoirs. Il y a une forme en plus c'est assez tenu pour dire l'employeur d'une entreprise peut en quelque sorte demander à ses employés de voter pour le bon président etc. Ça s'appelle comment ?
Comment vous qualifiez ce régime ?
Un régime autoritaire. Certains parlent de dictature. Oui, oui. Le mot de dictature c'est-à-dire qu'il y a un simulacre d'élections il y a malgré tout une société civile et puis même il y a une presse extrêmement tenue qui travaille difficilement.
Bon, je veux dire mais c'est un régime autoritaire qui ne respecte pas l'idée que moi je me fais de la démocratie indiscutablement et qui en plus depuis maintenant deux ans que la guerre a commencé c'était déjà le cas de Vladimir Poutine mais développe un discours nationaliste extrêmement musclé bon voilà après c'est une société vous savez selon les standards que je me fais Vladimir Poutine a des propos homophobes a des propos assez virilistes c'est évidemment quelque chose qui est assez préoccupant. Un régime autoritaire avec lequel il est possible de discuter ?
Mais du point de vue du droit international là aussi comment dirais-je il faut parler avec la Chine qui est aussi un régime autoritaire il faut parler avec l'Inde où le gouvernement est un gouvernement d'extrême droite je veux dire quand on fait de la diplomatie qu'on construit des relations internationales on peut avoir des relations avec des régimes qui ne sont pas du tout acceptables l'idée que je me fais de la démocratie fait que le Qatar par exemple pour moi est un pays une monarchie dont je goûte peu le système et pour autant des choses
la Russie a envahi l'Ukraine et la paix est possible à propos de l'Ukraine à la condition qu'on comprenne une chose il ne peut y avoir d'autres issues que celles où il n'y a ni vainqueur ni vaincu c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon vous êtes d'accord avec ça ?
c'est à dire que nous sommes favorables à tout faire pour qu'une solution diplomatique puisse avoir lieu plutôt qu'une spirale un engrenage qui nous amène
ni vainqueur ni vaincu c'est pas de la capitulation ça ?
mais qu'est-ce que ça veut dire c'est pas de la capitulation ? qu'est-ce que moi je souhaite
il y a un agressé au départ indiscutablement
indiscutablement et nous l'avons dit et Jean-Luc Mélenchon même a été d'une rapidité c'était à l'occasion des élections présidentielles sitôt que l'intervention a eu lieu de dire il y a un agresseur il s'appelle Vladimir Poutine il y a un pays agressé qui est l'Ukraine indiscutablement il ne s'agit pas de renvoyer de dos à dos les choses maintenant l'histoire nous enseigne les logiques d'engrenage voilà où nous en sommes à l'heure actuelle l'engrenage et c'est pourquoi nous avons vivement réagi aux propos d'Emmanuel Macron qui sont assez singuliers y compris par rapport à ce que disent nos amis allemands ou même les Etats-Unis qui visent en quelque sorte à en rajouter beaucoup c'est soit disant une stratégie de l'ambiguïté stratégique qui à mon avis produit l'inverse c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron se singularise dans quelque chose qui même du point de vue de Vladimir Poutine ne l'impressionne peu mais qui va même jusqu'à dire selon des indiscrétions journalistiques je reprends le mot entre guillemets bientôt je vais envoyer des mecs en Ukraine ce sont entendu des soldats sur le terrain bon je crois que le peuple français la population française ne souhaite pas rentrer dans un conflit de verre on s'éloigne de la question on est dans la question vous disiez
il y a un agresseur et un agressé mais il ne peut y avoir ni vainqueur ni vaincu s'il a agressé à la fin il a perdu des territoires il est vaincu ça il faudra
qu'il y ait une conférence internationale dans laquelle nous pourrons créer les conditions de la paix moi je souhaite effectivement que le territoire ukrainien ne soit pas remis en cause je souhaite qu'effectivement la souveraineté
pardon mais ceux qui nous écoutent et qui sont experts de la question ils doivent dire mais il est dans le monde des bisounours Alexis Corbière vous pensez vraiment que Vladimir Poutine va négocier aujourd'hui en disant ok je reprends toutes mes troupes qui occupent 20% du territoire ukrainien
pas de faux débat il faut créer les conditions y compris en termes militaires et nous ne nous sommes pas opposés sur un vote précédent au fait que la France aide militairement par du matériel aujourd'hui j'ai envie de dire la résistance ukrainienne donc quand on me dit le monde des bisounours j'ai envie de répondre on n'est pas aussi dans le monde des films de guerre où d'un seul coup on va faire reculer monsieur Poutine et qu'on va lui infliger une défaite c'est plus compliqué que ça sur le terrain d'accord parce que c'est facile de dire ce dont nous parlons c'est est-ce que nous voulons créer les conditions y compris peut-être puisque le président de la république l'a évoqué d'envoyer des troupes de l'armée française ou du matériel de longue portée pour vraiment quoi infliger une défaite à Vladimir Poutine avec dans l'idée un peu comme on l'a en tête il ne faut pas afficher
de limites à quelqu'un qui n'en a pas
ça s'appelle
l'ambiguïté stratégique c'est ce qu'il dit
alors moi je pense
que l'ambiguïté stratégique
je ne sais pas si ceux qui nous écoutent suivent mais ce qu'a fait le président de la république ça passe aussi par des silences à un moment donné on peut se taire pour entretenir une ambiguïté stratégique mais quand on parle trop au bout d'un moment il n'y a plus d'ambiguïté et vous voulez que je vous dise puisqu'on va terminer sur ce point il confond campagne électorale et campagne militaire il fait de la politique intérieure c'est politicien et c'est irresponsable c'est il veut latéraliser le débat qui vient des élections européennes parce qu'il est à la ramasse en disant en quelque sorte qu'il y a d'un côté monsieur Bardella et les amis de Vladimir Poutine suivent mon regard et moi Emmanuel Macron le seul courageux le seul qui blablabla tout ça c'est pas irresponsable c'est faible sur le plan diplomatique y compris il devrait continuer à aider vraiment et nous ne nous sentons jamais opposés vraiment l'Ukraine par du matériel ce que nous faisons un certain type de matériel maintenant le vote que nous avons fait récemment où nous sommes opposés c'est pas sur l'aide à l'Ukraine c'est que c'est l'Union Européenne autant j'aimerais que dans ce débat sérieux ce soit pas non plus le monde des bisounours comme on dit c'est soit t'es du côté d'Emmanuel Macron soit t'es avec Poutine et bien c'est plus compliqué que ça
attention vous dites la même chose que Marine Le Pen si on n'est pas pro Macron si on n'est pas pro Macron on est pro Poutine
Écoutez dans cette élection européenne il y a aussi Manon Aubry qui vient moi j'en ai ras-le-bol ça c'est ce que veut faire Emmanuel Macron je vous réponds vivement mais vous avez raison de le dire comme ça mais les français ne veulent pas être pris en otage dans le duel duo Macron ou Le Pen Bardella ou la candidate Madame Ayet non on a le droit vous savez sous mes cheveux il y a un cerveau et j'ai le droit de considérer que ce que fait Emmanuel Macron n'est pas conforme à l'idée que je me fais du rôle diplomatique et militaire même de la France sans être un soutien et un fourrier de Madame Le Pen parce qu'elle-même sur nombre de sujets je suis en radical désaccord d'accord et elle-même elle est liée je vais le dire y compris je pense à un nombre de banques russes ce qui n'est pas le cas de la France insoumise donc je n'ai pas de problème à essayer d'exprimer une pensée qui ne se dit pas alors tu es pour Bardella ou Macron ou qu'un des deux
un autre sujet Alexis Corbière dans son livre La Voix Française Bruno Le Maire le ministre de l'économie estime que l'état providence est devenue une machine à empiler les dépenses qu'il a raison
non non mais ça suffit alors là vous savez c'est 2027 qui commence on va avoir parmi les successeurs de Macron toute une série de personnages caricaturaux Darmanin va dire vive la police le maire va dire l'état ça suffit de quoi il nous parle avant 2027 il y a 2024 avec 10 milliards d'euros ils sont fous le maire il essaie de camper un personnage déjà cet homme depuis qu'il est ministre 7 ans c'est son 6ème livre où régulièrement il a beaucoup de temps pour faire ça qu'est-ce qu'il nous dit surtout l'état providence c'est fini il veut affaiblir l'état c'est quoi l'état providence c'est les services publics il dit on dépense trop c'est de l'argent public moi je suis élu de Seine-Saint-Denis actuellement il y a un plan d'urgence qui est réclamé par les parents d'élèves et les professeurs de Seine-Saint-Denis 358 millions d'euros pourquoi créer 5000 postes pas pour avoir plus de moyens pour la Seine-Saint-Denis mais pour la justice 358 millions d'euros je vais vous dire quand on compare avec l'expérience de l'uniforme à l'école qui est un gadget absolument inutile c'est 2,4 milliards d'euros qui sont dépensés donc monsieur le maire il nous fait des phrases mais qu'est-ce qu'il nous dit derrière il faut faire des économies budgétaires 10 milliards il veut supprimer dans l'éducation nationale 690 millions alors que moi je réclame pour la justice juste pardon j'ai peut-être mal compris
l'uniforme à l'école 2,4 milliards
oui chaque année l'expérimentation c'est le 2,4 milliards oui c'est ce qu'on estime d'ailleurs vous le corrigerez mais si vous voulez mais aujourd'hui c'est entre les collectivités publiques et l'Etat dans l'expérimentation de l'uniforme à l'école c'est ce que cela coûterait comme le SNU par exemple c'est 2,5 milliards voyez je suis raisonnable ce que je suis en train de dire c'est que derrière la posture littéraire de monsieur le maire de quoi on parle est-ce que les français veulent quand ils vont à l'hôpital attendre dans la salle d'attente parce que tu comprends comme ça coûte trop cher il faut faire des réductions dans l'hôpital est-ce que les français veulent que quand le professeur est absent ça lui arrive les professeurs ne sont pas plus attendants que les autres salariés mais ça lui arrive est-ce qu'il ne doit pas être remplacé mais moi je dis non voilà et tout à l'heure il faut quand même faire des économies
3000 milliards de dettes à un moment il faut faire des économies
mais tout ce discours sur les économies vous savez quand vous affaiblissez les recettes de l'Etat que vous baissez les impôts y compris pour certains grands groupes qu'aujourd'hui les grands groupes des entreprises payent moins que la petite entreprise du quartier du point de vue de l'impôt quand vous supprimez l'ISF
l'optimisation fiscale aussi
oui l'optimisation fiscale après vous arrivez à une situation évidemment vous avez moins de rentrer dans les caisses de l'Etat mais il ne faut pas ce n'est pas un gros mot l'impôt c'est ce qu'il y a de plus beau c'est l'outil tranquille et démocratique qui permet que ceux qui ont beaucoup payent plus
notre taux de prélèvement obligatoire est le plus important de l'UE donc 47% on va monter jusqu'à combien vous voulez plus encore
je répète que dans ce pays selon quand vous êtes riche vous payez moins d'impôts proportionnellement j'entends que lorsque vous êtes des classes moyennes là il y a un sujet j'ai cité le cas des entreprises du CAC 40 qui payent moins en termes d'impôts que les entreprises les TPE, PME donc on peut moi je suis pour une révolution fiscale on doit re-réfléchir c'est pour ça que dans la campagne présidentielle je lui évite dans mon débit excusez-moi mais on était pour 14 tranches d'impôts pas pour être plus imposé mais pour être plus progressif écoutez quand on gagne beaucoup d'argent on devrait être fier de payer des impôts et puis les gens modestes ils en payent moins ça me semble normal maintenant je reprends monsieur le maire il dit la gratuité mais il n'y a rien qui est gratuit ami on paye des impôts c'est de l'argent public
il dit la gratuité de tout pour tous tout le temps c'est un bonheur
ce type vit sur le fromage de la république de Pésanet ça fait 20 ans qu'il est ministre ou conseiller de gouvernement s'il déteste l'état qu'il fasse autre chose qu'il a dans le privé qu'est-ce que c'est que ce personnage qui est ministre en toute situation qui est l'incarnation du girouettisme politique
on parle sur le fond
on parle du fond monsieur on parle de ces gens qui squattent les cabinets ministériels qui sont les mêmes ministres et qui passent leur temps à vouloir affaiblir l'état moi l'état qui suis un élu de la Saint-Saint-Denis je sais ce que c'est j'ai besoin de policiers j'ai besoin de professeurs j'ai besoin d'hôpitaux qui fonctionnent lui qui a de l'argent il est pour tout privatiser ah bah non
Alexis Corbière on vous retrouve dans une minute juste après le fil info Claire Checaglini
le député insoumis justement Alexis Corbière n'est pas contre le fait qu'une commission d'enquête parlementaire se penche sur l'antisémitisme à l'université il vient de le dire sur France Info il réagissait à la proposition du CRIF après la polémique à Sciences Po Paris les industriels ont fait des efforts sur le sucre résultat d'une enquête menée sur 54 000 produits entre 2008 et 2020 mais trois quarts d'entre eux contiennent encore un ingrédient sucrant y compris au rayon salé s'inquiète l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments 5 700 000 fonctionnaires appelés à descendre dans la rue aujourd'hui 8 syndicats ont déposé un préavis de grève ils réclament de meilleurs salaires cette journée de mobilisation coïncide avec celle des infirmiers libéraux qui demandent aussi une revalorisation de leurs actes l'équipe de France va devoir se passer d'Antoine Griezmann une première depuis 84 matchs Grisour sera forfait pour les rencontres amicales contre l'Allemagne et le Chili à la fin du mois le footballeur de l'Atletico Madrid souffre d'une cheville
France Info le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia toujours avec Alexis Corbière le député LFI de Seine-Saint-Denis juste avant le fil d'info vous disiez j'ai besoin de profs en Seine-Saint-Denis j'ai besoin de policiers en Seine-Saint-Denis le commissariat de la Courneuve a été visé par une cinquantaine de jeunes à coup de tir de mortier avant hier soir deux fonctionnaires de police ont été légèrement blessés neuf individus ont été interpellés cette attaque elle a eu lieu quatre jours après la mort d'un jeune suite à un refus d'obtempérer est-ce que vous vous comprenez la colère des jeunes ?
Oui alors écoutez-moi bien parce que tout à l'heure j'étais sur un débit et notamment les policiers moi je n'accepte pas évidemment qu'on dégrade qu'on attaque un commissariat ou qu'on moleste ou qu'on agresse un policier c'est un service public maintenant on a le droit comme tout service public de parler de ce service public j'observe que depuis 2022 il y a 17 personnes des jeunes en particulier qui sont morts à l'occasion d'un contrôle de police en Allemagne sur la même période c'est une personne
là on parle d'un refus d'obtempérer j'entends bien mais les conditions
j'entends bien mais les conditions de ce blocage de la voiture il y a une enquête qui a mené font que les jeunes s'enflamment parce qu'ils ont l'impression 17 c'est énorme quasiment tous les mois souvent le même type comment dirais-je de jeunesse de cette jeunesse populaire notre jeunesse notamment issue de l'immigration je dis que les policiers feront du meilleur travail quand il y aura un apaisement et une meilleure compréhension de comment travaille la police et peut-être qu'elle travaille parfois dans des conditions qu'elle utilise les armes à feu parfois dans des conditions qui ne sont pas conformes à l'idée que je me fais de la déontologie et du travail de policier
l'extrême gauche l'extrême gauche incite à l'émeute dit Laurent Nunes le préfet de police de Paris qu'est-ce que vous lui répondez ?
il fait de la politique de toute façon c'est un ancien politique mais écoutez-moi les gens qui je suis un homme qui aime l'ordre social l'ordre républicain je n'imagine pas une société si ce n'est le far west où il n'y a pas de police donc je n'ai pas de problème avec ça je ne suis pas anti-flic mais j'aimerais pouvoir exprimer une pensée qui dit en même temps je considère souvent par rapport aux conditions de travail des policiers par rapport à une culture actuellement policière que je trouve un peu brutale dans son rapport aux populations que notre jeunesse a le droit de considérer et notre population d'ailleurs que 17 morts depuis 2022 à l'occasion de contrôle de police c'est trop c'est beaucoup trop c'est inacceptable et souvent les vidéos de ces arrestations à la terme duquel il y a un décès nous montrent que la façon dont la police à travailler n'est pas satisfaisante
jeudi il va y avoir une marche blanche pour Wanis
voilà vous avez évoqué moi j'aimerais je sais que mon collègue Eric Coquerel qui est député je crois de la circonscription avec la famille ce sont des gens très dignes très dignes et j'aimerais au-delà bien entendu on ne souhaite pas que le commissariat soit abîmé mais d'abord respect pour ces gens qui viennent de dire en drame et si la jeunesse parce qu'elle est belle cette jeunesse elle fait une marche blanche en voulant rendre hommage à leurs camarades et en disant qu'on veut la justice et la vérité et la clarté sur tout ça je veux dire on fera mieux société et dans certains points j'ai envie de dire c'est pour ça que je m'adresse aux policiers vous travaillerez mieux vous travaillerez mieux donc là il y a quelque chose qui dysfonctionne et cette mort est tragique et nous tous on doit quand même s'interroger et je souhaite vraiment que la clarté soit faite
Alexis Corbière l'élection européenne de 2024 fait par l'élection présidentielle de 2027 il faut bien commencer alors ça commence aujourd'hui on n'a pas honte de le dire c'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon ce week-end est-ce que ça veut dire qu'il est le candidat naturel de votre formation politique ?
j'aimerais que quand une femme est candidate qui s'appelle Manon Aubry on ne soit pas immédiatement en train de dire ah ben c'est pas elle on va parler de Jean-Luc ou d'un homme c'est pour ça qu'on pose la question elle s'appelle Manon Aubry elle porte une liste qui est belle il y a eu ce samedi un rassemblement nous faisons campagne et je souhaite que nous soyons au plus haut pour faire entendre des choses ensuite puisque vous évoquez Jean-Luc Mélenchon je vais vous dire une chose un homme qui a fait 22% aux dernières élections présidentielles 19 et demi à la précédente près de 12 avant est évidemment un homme qui compte dans la vie politique et qui devra comment dirais-je jouer un rôle évidemment important quel rôle ?
mais lui-même il ne se définit pas comme ça ça c'était un terme à l'époque dans le parti socialiste n'avait pas porté d'ailleurs chance à celui qui était censé être je crois que c'était Michel Rocard et on sait très bien qu'il n'est pas devenu président de la république pour ma part et vous savez après d'autres discussions qui peuvent avoir lieu dans nos rangs de toute manière ce qui m'intéresse c'est que cette élection ait lieu que la liste de Manon Aubry fasse un score et après tout le monde parle à l'heure actuelle d'unité pour la suite ça me va parce que c'est ça mon idée ça me va non mais je veux dire
qu'on discute pardon mais parce que c'est Jean-Luc Mélenchon qui met le sujet sur la table ce serait sa quatrième candidature à 76 ans en 2027 parler d'unité de la gauche si c'est lui il y aura unité de la gauche
mais non non attendez moi je refuse de m'embarquer sur la discussion Manon est candidate franchement en plus je trouve que c'est un manque de respect par rapport à ça et deuxièmement énorme surprise Jean-Luc Mélenchon soutient la liste européenne de la France il avait fait la même chose la dernière fois en quoi quand est-ce qu'il a dit ce que vous êtes en train de vouloir lui faire dire
l'élection européenne de 2024 prépare l'élection présidentielle de 2027 il faut bien commencer alors ça commence aujourd'hui c'est lui qui le dit le week-end dernier
il n'a pas dit je suis candidat qu'est-ce qu'il est en train de nous dire c'est que si effectivement ce qui sort de cette élection c'est que soit d'un côté vous avez le macronisme décomposé et putrifié tel que c'est en train d'être le cas et que la seule alternative c'est l'extrême droite et bien moi par rapport à l'idée que je me fais de ce pays c'est une impasse politique donc il faut travailler à autre chose voilà ce qu'il est en train de dire et notamment il fait un vribant vibrant appel à se mobiliser parce qu'on sait très bien qu'il y a un différentiel de participation dans ces élections qui est important et qui est sociologiquement ciblé avant le 9 mai on peut encore s'inscrire sur l'histoire électorale ne vous abcenez pas ceux qui nous ont fait confiance dans les luttes voilà ce que nous sommes en train de dire parce qu'il ne faudrait pas qu'il y ait une espèce de miroir déformé de la situation qui consiste à dire j'en ai ras-le-bol de Macron et bien vote Jordan non mon ami si tu votes Jordan tu votes contre le SMIC tu votes en fait contre des politiques sociales tu votes pour la dégradation des services publics tu votes pour le cumul des mandats tu votes contre toi par contre si tu votes Manon alors c'est une issue sociale écologique et démocratique qui est possible merci Alexis Corbière d'avoir été l'invité de France Info ce matin c'est parti
Alexis Corbière