Pouvoir d'achat, nucléaire, la stratégie du PS pour 2022 ... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure. Bonjour. Les syndicats à l'exception de la CFDT sont dans la rue aujourd'hui pour défendre notamment le pouvoir d'achat. Est-ce que vous irez manifester tout à l'heure à leur côté ?
J'irai à leur rencontre parce que je crois que ce qu'ils défendent est juste et que contrairement à ce que voudrait nous laisser entendre le gouvernement, les Français souffrent aujourd'hui. Et nous avons besoin effectivement de revaloriser les salaires, de faire en sorte que le travail paye tout simplement et que les gens aient le sentiment qu'ils ne sont pas simplement félicités en étant les premiers de corvée mais qu'il y a bien une reconnaissance et que cette reconnaissance elle passe aussi par la revalorisation salariale.
Le gouvernement explique depuis hier chiffres à l'appui d'ailleurs que le pouvoir d'achat a davantage augmenté pendant ce quinquennat que durant les deux précédents. Vous ne croyez pas à ces chiffres ?
Ecoutez, je ne sais pas, parlez autour de vous, demandez aux gens ce qu'ils en pensent. En fait, bien sûr que parfois le salaire augmente peu, regardez ce qui se passe sur le SMIC, juste ce qui était prévu par la loi. Et puis pendant ce temps-là, toutes les dépenses contraintes, elles augmentent. Et donc vous avez un effet ciseau qui fait qu'en réalité, vous n'avez pas plus d'argent à disposition pour pouvoir vivre, prendre des loisirs, emmener les enfants en vacances, aller au restaurant. Non, vous avez plutôt moins. Et vous avez tellement de gens qui ont, à partir du 15 du mois, quand ce n'est pas plus tôt, qui se demandent comment ils vont le finir.
Donc la réalité, elle est celle-là, et non pas celle qu'on nous décrit.
Olivier Faure, dans l'hôtellerie et la restauration, les professionnels, eux, sont prêts à augmenter les salaires de 6 à 9%. Est-ce que c'est la preuve que quand le gouvernement le demande,
les entreprises, elles suivent ? C'est la preuve que quand l'hôtellerie et restauration a besoin de trouver des bras et qu'elle n'en trouve plus parce que les métiers ne sont plus assez attractifs, effectivement, ils sont prêts à augmenter.
Ce n'est pas grâce au gouvernement qui dit, depuis quelques semaines maintenant, il faut augmenter les salaires maintenant ?
Si vraiment, enfin, s'il suffit de demander, alors ce matin, je le demande solennellement, mesdames et messieurs les entrepreneurs, mesdames et messieurs du MEDEF, veuillez, s'il vous plaît, augmenter les salaires en France.
Vous la jouez ironique, mais quand il y a une poussée de la part du gouvernement, est-ce que, justement, ça n'incite pas les entreprises à le faire ?
Mais quand on est simplement à dire, s'il vous plaît, ça ne marche pas. La réalité, c'est que ce que pensent, ce que comprennent un certain nombre de professions, d'entrepreneurs dans ces professions, c'est que leurs métiers ne sont plus suffisamment attractifs. Regardez ce qui se passe dans le domaine de la santé. On dit toutes et tous, la santé, c'est hyper important, il faut mettre le paquet. Mais pourtant, allez dans les EHPAD, allez dans les hôpitaux, et vous verrez ce qui se passe. C'est la fuite. C'est la fuite pourquoi ?
Parce que ça ne rémunère pas, et parce que quand vous êtes en fin de carrière, et que vous êtes toujours à hauteur de 2000 euros, effectivement, vous vous dites, ça ne colle pas. Quand vous avez des gens, des sages-femmes, qui sont avec des bacs plus 5, qui gagnent si peu, vous avez forcément un problème. Vous avez des gens qui disent, non, ce n'est pas normal. Et donc, moi, je souhaite, comme Anne Hidalgo l'a déjà proposé dans la campagne, je souhaite qu'on puisse avoir une conférence salariale, mais qui mette au centre la question de l'utilité sociale.
On ne peut pas passer un an et demi à dire, écoutez, le pays tient debout parce qu'il y a telle et telle profession qui, et puis après, plus rien. Non, il faut effectivement se poser des questions. Ce n'est pas normal que dans un pays comme le nôtre, vous avez aujourd'hui des gens qui sont de véritables prédateurs, qui sont, regardez comment, est-ce que vous trouvez logique que des gens qui gagnent des millions simplement en spéculant, qui en spéculant provoquent des délocalisations, etc., et pendant ce temps-là, vous avez des gens qui nous sauvent la vie
et on ne les paye pas. Maintenant, ce n'est pas normal. Anne Hidalgo a lancé sa campagne en disant, si je suis élu, je double salaire des enseignants avant de rétro-pédaler légèrement, en disant, finalement, je le ferai sur l'ensemble du quinquennat et plutôt pour les débuts de carrière. Qu'est-ce que vous ferez pour tous les autres, ceux qui ne sont pas enseignants, si vous arrivez au pouvoir dans six mois ?
D'abord, j'aimerais répondre à cette question-là, parce qu'elle a été beaucoup attaquée sur cette orientation. C'est une orientation que je défends aussi, parce que là...
Mais parce qu'il n'y a pas de financement.
Pourquoi les enseignants et pas les soignants, par exemple ? Il y a moins d'urgence à l'hôpital qu'à l'école. Absolument pas.
Donc on double aussi le salaire des soignants. Non, ce qu'elle a... Attendez, j'y viens. Je dis simplement qu'il y a une orientation qu'il faut prendre. Ça n'est pas normal que, dans notre pays, on mette deux fois moins d'argent que les Allemands pour l'éducation de nos enfants. Il y a quelque chose qui est anormal, qui est incompréhensible. C'est ce que nous avons de plus précieux, nos enfants. Et c'est ce qui va nous permettre, demain, d'être encore dans la course en tête, dans cette compétition mondiale. Qu'est-ce que vous voulez faire sans enfants formés ?
Et comment est-ce que vous acceptez l'idée que le coût social de ces enfants qui décrochent, de ces enfants qui basculent dans autre chose, dans la délinquance, etc., c'est des coûts qui sont des coûts qu'on ne regarde pas.
Le décrochage, ce n'est pas à cause des salaires des enseignants.
Mais si vous voulez des gens qui soient, si vous voulez les meilleurs, si vous voulez que le métier soit là aussi attractif, si vous voulez des gens qui soient passionnés, qui soient motivés et qui ne viennent pas simplement parce qu'ils n'ont rien trouvé d'autre, si vous voulez, chaque année, vous vous rendez compte que nous n'arrivons même pas à remplir le nombre de postes qui sont soumis à concours.
Si on augmente et si vous estimez que c'est légitime, et c'est votre droit, évidemment, de doubler le salaire des enseignants, pourquoi ne pas le faire pour les infirmières, les aides-soignants, les policiers ? Pourquoi uniquement cette catégorie-là ?
Non, alors, j'y viens. Moi, je pense que c'est une orientation qu'il faut tenir, c'est-à-dire qu'il faut augmenter et sensiblement les enseignants. Est-ce que c'est le doublement ? Je n'en sais rien. Je pense que là, pour le coup...
C'est un autre discours, là. Comment ? C'est un autre discours, là. Parce que, justement, la mesure d'Ami Dalgaud, c'est le doublement.
Je vous dis ce que moi, je pense. Je dis que l'orientation, je la soutiens. Je pense qu'il faut effectivement se poser la question de savoir combien on met sur la table pour les enseignants, parce que c'est une priorité nationale que l'éducation. Après, savoir si on met cet argent-là exclusivement dans les salaires, ou est-ce que c'est aussi dans la formation ? Est-ce que c'est aussi dans le recrutement ?
Ce que dit Jean-Luc Mélenchon, il dit que si vous donnez tout sous forme de salaire aux enseignants, il n'y aura pas plus de proches à la fin du quotidien. Qu'est-ce que je vous dis là ? Je vous dis... Vous nous dites que vous n'êtes pas entièrement d'accord avec Canny Dalgaud.
Je dis qu'il y a une orientation qui est donnée et que je partage pleinement. Maintenant, une fois que l'orientation est donnée, il faut négocier et voir là où c'est le plus utile. Mais moi, ce que je le souhaite, c'est qu'on m'ait pas créé sur l'éducation.
Pardon, Olivier Faure, mais tous les candidats à l'élection présidentielle aujourd'hui disent ça, donnent cette orientation, à savoir qu'il faut revaloriser les salaires des enseignants. Votre candidat dit qu'il faut les doubler. C'est en ça qu'elle a été critiquée.
Mais rappelez-vous de ce que disait Jean-Michel Blanquer. Il disait qu'il faut revenir dans la moyenne de l'OCDE. Il disait qu'il faut rattraper le haut des pays de l'OCDE. Mais il disait pas en combien de temps. Et il disait pas doubler. C'était quoi ? C'était doublement. Parce que nous sommes à la moitié de ce que font les pays de l'OCDE, les meilleurs. Ça dépend à quel moment de la carrière. Ça dépend à quel moment de la carrière. Mais enfin, on fait rarement mieux. Donc la question, je vous le dis, c'est effectivement mettre le paquet sur l'éducation. Maintenant, il faut négocier. Il faut être en mesure de faire en sorte que cette mesure-là soit acceptable par toutes et tous.
Qu'on puisse aussi... Et puisque vous parlez de la santé, il faut aussi... Si vous arrivez avec des hausses de salaire, a priori, les syndicats devraient les signer. Vous négociez avec qui ? Mais il faut négocier avec le monde enseignant. Et y compris le monde enseignant, quand la proposition a été faite, ils étaient eux-mêmes très responsables. Ils n'ont pas dit... OK... Parce que beaucoup n'y croyaient pas, peut-être. Peut-être qu'ils n'y croyaient pas. Ce que je sais, moi, c'est qu'il faut mettre le paquet, qu'il faut négocier et faire en sorte que cette orientation-là, elle soit vraiment rendue possible et qu'on fasse une priorité. On dit que ça coûte cher.
Mais l'ignorance, ça coûte cher aussi. Et personne n'est choqué, par exemple, du fait que, dans le quinquennat, Emmanuel Macron aura allégé la fiscalité des entreprises et des plus riches de plus de 200 milliards. À partir de 2022, c'est 50 à 60 milliards par an. Et quelqu'un a dit quelque chose ? Non, tout le monde trouve ça normal. En revanche, dire qu'on veut payer des gens qui s'occupent de notre avenir, ça, ça vous paraît incroyable ? Moi, ce que je dis, c'est qu'à un moment, il faut remettre... Moi, il n'y a rien qui me paraît incroyable. Je suis là pour essayer de comprendre votre position et les éventuelles nuances.
Et je crois que les auditeurs les auront entendus et les téléspectateurs avec ce qu'a pu dire Anne Hidalgo sur cette question du salaire des enseignants. Vous restez avec nous, Olivier Faure ? Ah ben, bien sûr ! Avec plaisir. 8h41, le Filinfo, Mélanie Delonay. Et ce chiffre donné sur France Info par une association de victimes, 216 000 personnes ont subi des abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux. Depuis les années 50, en France, le rapport Sauvé est rendu public ce matin. 3 000 tonnes de déchets non ramassés à Marseille à cause de la grève des éboueurs, dont une partie emportée vers la mer par les intempéries.
Au lendemain des orages, 11 écoles et collèges de la ville restent fermés en Haute-Corse. Après ces intempéries, 8 400 logements n'ont pas de courant ce matin. Il ne faut pas qu'on fasse payer le coût de la crise aux salariés, soit par des licenciements, soit par le retour de la réforme des retraites, prévient sur France Info Yves Verrier, le secrétaire général de Force Ouvrière. C'est une journée de grève et de manifestation pour défendre le pouvoir d'achat. Tout refonctionne normalement ce matin après la panne géante de Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger, dû à des changements de configuration des serveurs. Ce blackout a coûté 6 milliards de dollars à Facebook.
L'action a dégringolé en bourse. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel
Toujours avec le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure. Emmanuel Macron va l'annoncer la semaine prochaine. Il veut investir dans de petits réacteurs nucléaires plus faciles à construire. Est-ce qu'il a raison ?
Je vais vous répondre non pas simplement sur les petits réacteurs, mais plus généralement sur la question du nucléaire. C'est une question importante et c'est une nuance par exemple avec Jean-Luc Mélenchon qui a expliqué qu'il voulait sortir du nucléaire avant 2030. Je n'y crois pas. Pourquoi ? Parce que nous allons avoir une consommation d'énergie qui va très largement augmenter dans les prochaines années, ne serait-ce que parce qu'on va quitter les véhicules thermiques pour des véhicules électriques. Et donc il va falloir plus d'énergie. On parle de 50% à échelle de 20 ans. Et donc pour pouvoir avoir cette énergie, il faudra bien la trouver quelque part.
Sauf à considérer qu'on est totalement décroissant et qu'on va se priver d'un certain nombre d'usages que nous avons aujourd'hui, de notre téléphone à notre ordinateur, etc. Donc pour vous, le nucléaire, ça reste l'avenir pour vous ? Donc le nucléaire, c'est à la fois une question de souveraineté, ne pas dépendre du gaz russe ou ne pas dépendre du charbon. Et donc c'est d'abord une question de souveraineté. Ensuite, c'est une question que je ne considère pas. Moi, je n'ai pas une religion de l'énergie. Je ne suis pas religieusement nucléaire. Mais je pense que le nucléaire est une énergie de transition. Donc il faut mettre le paquet sur les énergies renouvelables.
Mais tant que nous ne sommes pas arrivés à maturité sur le renouvelable, tant que nous n'avons pas la capacité à produire suffisamment d'énergie pour tous nos usages, eh bien il faut continuer, il faut maintenir un parc nucléaire.
Donc tant qu'on n'a pas fait ça, tant qu'on n'a pas les outils supplémentaires, qu'ils soient éoliens ou énergie photovoltaïque, on ne ferme pas de centrales ?
Il faudra fermer des centrales parce qu'il y a des centrales qui vont fermer, pour des raisons de simplement de vétusté.
Mais est-ce que dans cette période de transition que vous venez de décrire, Olivier Faure, on ouvre des EPR ou on ouvre ces mini-centrales nucléaires dont vient de parler Salia ? Ou est-ce qu'on fait comme l'Allemagne en disant on ferme et ensuite on s'adapte ? Non, l'Allemagne, ils ont fermé. Et qu'est-ce qu'ils ont fait ?
Pour l'instant, c'est du charbon qui vient supplé. C'est du charbon et du gaz russe.
Mais en disant, allez, ça va durer quelques années et le temps de...
Pour l'instant, ce que j'observe, c'est qu'ils ont carboné leur économie et moi, ce que je veux, c'est la décarbonée. Je veux que... Enfin, si on veut être au rendez-vous de l'histoire, si on ne veut pas être dans une situation où dans quelques années, on déplore la 6e extinction de masse, le réchauffement climatique et tout ce qu'on nous prédit, ce que le GIEC nous prédit...
La question est de savoir si vous continuez le mouvement d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous allez aussi construire les petits réacteurs nucléaires dont on parlait tout à l'heure ? Je ne sais pas si c'est les petits réacteurs, je ne sais pas si c'est...
D'abord, je pense que ça va être l'objet d'un débat national. Je pense que ça ne mériterait d'être un débat qui soit posé devant les Français, que ce soit en fait un débat qui soit amené peut-être, je le dis, peut-être même par voie référendaire à un moment. Ça ne s'appelle pas l'élection présidentielle, ce type de débat avec des programmes ? Vous savez que l'élection présidentielle, c'est un paquet un peu complet. C'est-à-dire qu'en fait, les candidats arrivent avec 14, 20, 100 propositions et on vous dit, faites un choix. Moi, je crois que ça ne laisse pas...
Je me pose la question parce que j'ai le sentiment qu'à chaque fois qu'un candidat ou le représentant d'un candidat vient sur ce plateau et qu'il n'a pas une réponse, il nous dit qu'on va soumettre ça à un référendum. Ce qui peut s'entendre, mais on peut organiser 212 référendums.
Marc Favelle, soyez juste avec moi.
Et j'accepte aussi qu'on n'ait pas de réponse à des questions aussi complexes, évidemment.
Soyez juste avec moi. Je vous ai répondu. Je vous ai dit, moi, je pense que le nucléaire est une énergie de transition et que nous devons maintenir une offre nucléaire tant que nous ne sommes pas à maturité sur les autres énergies pour ne pas dépendre à la fois de l'extérieur et ne pas avoir une énergie carbonée. Mais maintenant, je pense que ce débat-là doit être assis avec une légitimité qui soit une légitimité forte et c'est la raison pour laquelle je dis pourquoi pas poser la question aux Françaises et aux Français de manière singulière, indépendante, pour que ce soit un choix porté par la nation.
Est-ce que vous avez appelé Yannick Jadot depuis son élection pour le féliciter ? Oui, absolument. Oui ? Oui ? Chaleureusement. Chaleureusement. Oui, vous lui avez souhaité bonne chance pour la suite ? Mais bien sûr. Oui.
Il est un bon candidat ? C'est le candidat des Verts. En fait, moi, je n'ai pas d'adversaire chez les écologistes. Ce sont, enfin, y compris les liens avec Yannick Jadot sont amicaux. Et vous n'avez pas d'adversaire à gauche ? Je n'ai pas d'adversaire à gauche, non.
Non, toutes les gauches, les sept candidats qui sont aujourd'hui présents sont tous vos alliés politiques potentiels ? Pas tous des alliés politiques. Il y en a qui, d'ailleurs, ne le souhaitent pas.
Effectivement, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, je ne suis pas sûr.
Ou Jean-Luc Mélenchon.
Oui, je pense que vous avez des gens qui n'ont pas envie de ça. Mais moi, je considère qu'il y a des offres différentes, qu'elles ne sont pas toutes interchangeables. Et il y a des nuances fortes avec les écologistes. On vient de parler du nucléaire, par exemple. C'est valable pour les écologistes. C'est valable pour Jean-Luc Mélenchon. Et Jean-Luc Mélenchon, qui veut même laver plus vert que vert, et donc qui lui-même annonce qu'il veut sortir avant 2030 de nucléaire. Enfin, je le dis juste, ce n'est pas très responsable.
Les nuances fortes avec Yannick Jadot dont vous parlez, elles sont aplanissables ? Je ne suis pas sûr que le mot soit français. On peut en discuter. Oui, bien sûr.
Avant le premier tour, ma question est... Je porte l'idée depuis toujours d'une coalition qui soit une coalition qui mêle les socialistes et les écologistes. Et donc, si on peut se mettre d'accord, pourquoi pas ?
Vous portez ça depuis toujours ? Non, pas vraiment. Vous l'avez dit pendant des mois sur les plateaux, il faut une alliance avant le premier tour. Et puis au soir des régionales, vous avez complètement changé d'avis. Vous avez dit, désormais, le leadership c'est nous, il faut un candidat socialiste à l'élection présidentielle. Vous avez même dit, et ça a fâché pas mal les écologistes, il y a un plafond de verre, un plafond vert aujourd'hui en France. Et depuis les régionales, il nous semble, peut-être, avons-nous raté un épisode, qu'il n'y a plus... Certainement.
Ah ! Il y a à nouveau une main tendue avec les écologistes. Je n'ai jamais dit autre chose que ce que je vais vous redire maintenant. J'ai toujours dit, moi, je préfère qu'à l'élection présidentielle, il y ait un candidat ou une candidate commun aux socialistes et aux écologistes notamment. Et j'avais fixé à ce moment-là des critères clairs, qui étaient un critère, qui était l'offre qui me paraissait être la plus capable d'aller vers la victoire. Et quel est le critère ?
Voilà, quel est le critère ? Quel est le critère ?
Le critère, ce sont les Françaises et les Français. Et qu'est-ce qu'ils ont dit, les Françaises et les Français, aux municipales, aux départementales, aux régionales ? Ils ont dit que la force motrice à gauche, c'était les socialistes. Et c'est la raison pour laquelle, après les régionales, j'ai dit, la logique voudrait que tout le monde se retrouve derrière le candidat ou les socialistes.
Olivier Faure, sauf que dans les sondages, vous voyez bien qu'Anne Hidalgo a une qualité de 5%, alors que Yannick Jadot, il est à 9%. Vous ne voyez pas que la dynamique, elle est derrière lui. Est-ce que c'est envisageable de se ranger derrière les écologistes ?
Mais vous voyez que vous me parlez de sondages et que moi, je vous parle de résultats ? Ça ne vous gêne pas qu'on passe notre temps dans la vie politique à compter des trucs qui sont totalement virtuels ? Ce week-end encore, en Italie, c'est l'extrême droite qui est en tête dans les sondages et qui gagne les sociodémocrates. Donc à un moment, il faut se poser des questions. Ce n'est pas possible d'être tout le temps le nez rivé sur des sondages qui sont... Ce n'est pas la même nature d'élections, d'élections intermédiaires où il y a plusieurs élus et l'on parle de d'Anne Hidalgo ? Vous pensez que c'est mieux que quand on interroge les Français qui viennent se déplacer jusqu'à un isoloir ?
Vous ne regarderez pas les sondages jusqu'au soir du premier tour, quel que soit le score d'Anne Hidalgo ou de Yannick Jadot ?
Je suis comme tout le monde. Je regarde les sondages parce que je ne vais pas vous raconter d'histoire. Et quand on est haut, je suis plus content que quand on est bas. Évidemment, je regarde les tendances. Ça m'intéresse. Mais je dis attention aussi, si vous voulez qu'on arrête tout de suite, on peut se dire aussi, l'élection présidentielle, au mois d'octobre, on dit que le mieux placé dans les sondages, c'est lui qui a gagné. Et donc à ce compte-là, aujourd'hui, Juppé serait président. Et puis avant lui, Balladur l'aurait été.
Non mais clairement, aujourd'hui, Olivier Faure, vous ne cherchez pas de plan B à Anne Hidalgo ?
Absolument pas. Pourquoi un plan B ? En fait, il y a une élection qui a lieu le 14 octobre, donc dans quelques jours, où les milieux socialistes trancheront entre les différents candidats à la candidature. Et à ce moment-là, une fois que nous aurons un candidat ou une candidate, nous partirons ensemble en campagne.
Mais est-ce qu'il y a vraiment débat ? Parce qu'il y a plusieurs cadres dans le parti, comme Stéphane Le Folle, par exemple, ou François Répsamen, ils disent qu'il n'y a pas de débat dans ce parti. Le parti est devenu sectaire aussi, dit Ségolène Royal. Est-ce que vraiment les militants, est-ce que vraiment les adhérents ont le choix ? Ou alors c'est Anne Hidalgo ou rien ?
Mais on est extrêmement tolérants dans ce parti. Et j'entends ce que dit Ségolène. Mais enfin, nous n'avons pas investi Ségolène aux élections sénatoriales, mais elle est au Parti Socialiste, alors qu'elle a elle-même connu des évolutions dans son parcours. Et nous n'avons rien dit. Donc voilà, il faut être... Les évolutions politiques. Je pense qu'il y a des gens qui ont... Et je pense que l'une des raisons pour lesquelles elle n'a pas reçu l'adhésion des militants, des Français de l'étranger socialiste, c'est parce que ces évolutions les ont gênées. Voilà, donc c'est aussi simple que ça. Mais moi, je ne veux pas rentrer dans les polémiques avec qui que ce soit.
L'idée, c'est que dans ce parti, on l'a toujours débattu. On a passé plusieurs mois à débattre, 18 mois à débattre du projet, plusieurs mois à débattre dans un congrès où j'ai été réélu à la tête du Parti Socialiste. Et tout ça a été fait dans la clarté la plus absolue, en disant... Moi, j'ai toujours dit qui je préférais, pourquoi je me présentais, ce que je portais, parce que je sais pourquoi je me bats, je sais pour qui je me bats, non pas pour un candidat. Je parle de pour qui, pour les... Pour quels Français j'ai envie de me battre aujourd'hui, pour ceux dont on vient de parler, sur le pouvoir d'achat, sur le pouvoir de vivre, comme dit Laurent Berger.
C'est ça qui me motive, c'est ça que j'ai envie de faire.
8h51, le fil info, on vous retrouve dans un instant. Olivier Faure. Des perturbations dans les écoles, dans les transports en commun de plusieurs villes. Ce matin, 200 rassemblements sont prévus à travers le pays, selon la CGT, avec cette journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat, les syndicats veulent envoyer un signal fort à 6 mois d'élection présidentielle. Il faut rémunérer à la hauteur du travail fourni, pour mettre fin à la pénurie de main-d'oeuvre, dit justement un cadre de l'UMI. Le principal syndicat de l'hôtellerie-restauration propose d'augmenter les salaires de 6 à 9% dans la restauration.
Le rapport de plus de 2000 pages sur les abus sexuels dans l'église sera rendu public ce matin. Une association fait état sur France Info de 216 000 victimes de prêtres et de religieux depuis les années 50. Pas de sanctions cet hiver. Si vous n'avez pas de pneu-neige installé ou de chêne dans votre coffre, dans les communes de montagne, où ça devient obligatoire, dans un premier temps, il y aura des opérations d'information.
France Info Le 8.30 France Info Toujours avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, qui nous a dit il y a quelques instants, je vous cite, je porte l'idée depuis toujours d'une coalition qui mêle les socialistes et les écologistes, donc si on peut se mettre d'accord, pourquoi pas ? C'est un accord avant l'élection présidentielle ou c'est un accord pour sauver la gauche aux législatives qui suivront l'élection présidentielle ?
Non mais d'abord, ne soyez pas péjoratifs, sauvez la gauche. Non, pour gagner... La gauche, ça permet d'avoir des élus à l'Assemblée de voter des lois ou d'avoir une majorité. Moi, je souhaite une chose, c'est que nous puissions appliquer une politique sur laquelle nous puissions nous mettre d'accord. Une coalition, ça veut dire quoi ? Ça veut dire des gens qui arrivent à une table qui ne sont pas forcément d'accord sur tous les sujets. Moi, il y a plein de sujets. Quand j'entends Yannick Jadot qui dit moi, je souhaite en finir tout de suite avec l'élevage intensif. L'objectif, je le partage.
Simplement, là où je dis attention à ne pas confondre vitesse et précipitation, c'est que là aussi, il y a une question de souveraineté alimentaire, il y a une question d'emploi, il y a une question aussi de carbone parce qu'il ne faut pas croire que quand on dit on interdit en France, on interdit dans toute l'Europe. Et donc, si c'est pour réimporter des produits d'élevage intensif qui viennent de Pologne, nous aurons à la fois des emplois qui seront partis à l'est de l'Europe, des emplois, enfin des entreprises délocalisées, et puis vous aurez en fait des poulets qui reviendront par camion ou par train. Si on comprend bien, Olivier Faure, vous êtes d'accord sur les objectifs ?
Plus carbonés, si vous me pourrez m'abonner l'expression.
Vous êtes d'accord sur les objectifs, mais pas sur la manière de faire. Concrètement, il y a un dialogue entre Anne Hidalgo et Yannick Jadot aujourd'hui. Est-ce qu'ils communiquent ensemble ?
Je ne sais pas, mais ce que je crois, c'est qu'une coalition, ça se prépare, ça suppose qu'on puisse se mettre autour d'une table et qu'on se dise les choses. Et moi, ce que je... Alors, vous allez dire que je suis en boucle de l'État en Mexique.
La transition écologique... C'est une coalition de gouvernement. Ah bah oui, oui. C'est pour pouvoir être prêt à gouverner. Pour pouvoir gouverner, il y a un préalable. Il faut être élu. Il faut être élu. Ça, c'est mieux. Voilà. La coalition, vous l'a faite avant le premier tour. Et dans ce cas-là, il y a un homme ou une femme qui porte ce projet de coalition où vous dites, on lance une pièce, on espère qu'un de nous soit élu, ce qui aujourd'hui est quand même très mal engagé quand on voit les sondages, puisque la gauche, aucun candidat n'arrive à... Ah, vous aimez les sondages ? ...à 10%. Mais vous les regardez, vous aussi, autant que moi. Mais je ne sais pas, je dirais...
On peut faire semblant d'avoir une pudeur de gazelle, comme dirait Jean-Luc Mélenchon. Je ne fais pas semblant, je les regarde, mais j'ai merci aux mémoires de l'histoire. Vous les regardez autant que nous.
Je m'en méfie autant que vous,
vous en méfiez autant que moi.
Très bien, mais ce que je dis simplement, c'est que les sondages depuis 50 ans se sont toujours plantés sur l'élection présidentielle. Alors, oublions les sondages.
C'est un contrat de gouvernement pour avant l'élection ou pour après l'élection ? Le mieux, c'est avant. D'accord. Donc, on discute avant l'élection.
Ça veut dire que... Mais nous n'avons... Enfin, il faut vous dire une chose, c'est que nous n'avons jamais arrêté de discuter. On a toujours... Le lien a toujours été maintenu avec...
C'est un lien entre les partis, c'est-à-dire entre vous et Julien Bayou, mais pas entre les candidats.
Pas entre les candidats, mais là, la coalition, c'est une affaire aussi de partis. C'est une affaire de... Est-ce qu'on peut, à un moment ou à un autre, considérer que nous avons quelque chose à faire ensemble ? Je ne sais pas si on y parlera. Pourquoi on comprenne bien ? Mais moi, j'ai toujours tendu la main parce que j'ai toujours considéré que nous étions certainement plus intelligents à éviter la dispersion.
Vous, vous tendez la main, chef de parti. Est-ce que vous dites aujourd'hui qu'à un moment, en fonction des sondages ou pas, en fonction de votre envie aussi, Anne Hidalgo pourrait se ranger, vous, et les socialistes aussi, derrière les écologistes, derrière Yannick Jadot ?
Moi, je dis l'inverse. Mais pourquoi ? Enfin, simplement parce que je vous ai dit, en fait, il y a à la fois ce qu'est la réalité politique de ce pays. En fait, où sont les principaux élus à gauche ? Ils sont partis socialistes. Quelle est l'équipe qui est la plus facilement mobilisable demain, si vous voulez assumer cette transition sur le plan numérique, sur le plan écologique, sur le plan social ? Pardon l'expression anglaise, mais enfin, la Dream Team, j'ai l'impression qu'elle est aujourd'hui autour d'Anne Hidalgo. C'est ces maires nombreux qui l'entourent, ces présidents de régions et de départements.
Il y en a aussi des gens très bien chez les écologistes, je ne vais pas vous dire le contraire. Mais regardez, en fait, quelle est la formation politique qui est aujourd'hui en mesure de mettre en œuvre des mesures auxquelles nous pouvons croire ensemble. Les objectifs, nous pouvons les partager. Les élections européennes, c'était une élection importante, les Verts étaient devant. Les Verts sont quasiment tout le temps devant aux élections européennes qui sont une élection très particulière.
Et les élections régionales sont des élections particulières aussi puisque vous aviez beaucoup de sortants et on sait qu'il y a une prime au sortant. Toutes les élections sont particulières, la présidentielle aussi.
Nous avons fait le double de voix, Marc Fouvel, ce n'est pas les personnes du 13, ce n'est pas comme si on était à un centimètre. Donc, bon, vous pouvez dire ce que vous voulez. Et je comprends, c'est ce que disent les écologistes. Ils disent, mais non, c'est nous maintenant. Moi, je dis, ce n'est pas le cas. Et donc, je pense que les Françaises et les Français, ils ont besoin de savoir comment ils seront gouvernés demain. Pas seulement savoir qui sera le chef de file, etc., mais aussi comprendre que derrière, il y aura une équipe, il y aura une capacité à diriger ce pays parce que diriger un pays,
ce n'est pas si facile. Merci beaucoup, Olivier Faure. Il n'y a pas de plan B à Anne Hidalgo. C'est ce que vous nous avez dit ce matin. Il faut un contrat de gouvernement, au moins entre les socialistes.
Je l'ai dit, il y a un rendez-vous le 14 octobre.
C'est vous qui l'avez dit, il n'y a pas de plan B à Anne Hidalgo. Oui, il n'y a pas de plan B. Je vais exciter vos propos. Vous pouvez me reprendre quand je vous cite, mais là, on ne va pas s'en sortir.
Oui, ce que je veux simplement dire, c'est que moi, je suis aussi le garant d'un processus démocratique. Et donc, il y aura un vote des militants le 14 octobre. Et donc, moi, je défends la candidature d'Anne Hidalgo. Pour moi, il n'y a pas de plan B à cette candidature. Mais ce n'est pas moi qui décide, ce sont les militants qui décident. Et le 14 octobre, vous aurez le verdict final. Et à partir de là, nous rentrerons en campagne et vous verrez, ça va déménager.
Ah, merci Olivier Faure. Et bonne journée à vous. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisez la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr
Olivier Faure