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interviewEurope 1 — La Grande interview· 10 avril 2026 20 min

La grande interview de Romain Desarbres avec Sylvain Maillard

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Europe 1 CNews, Romain Desarbes.

0:05
Sylvain Maillard

8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec Sylvain Maillard. Bonjour Sylvain Maillard. Bonjour Romain Desarbes. Merci d'être avec nous, député ensemble pour la République de Paris et membre de la Commission Défense de l'Assemblée Nationale. On va parler de la situation politique en France, on va parler de la guerre également. Après cinq semaines de guerre, nous entrons dans la troisième journée d'un cessez-le-feu. Très fragile, mais il y a un cessez-le-feu. Les Etats-Unis et l'Iran revendiquent chacun d'avoir fait plier l'autre. Qui est le gagnant pour le moment selon vous ?

0:31
Présentateur

On n'en sait rien en réalité. D'abord il y a un cessez-le-feu, il faut s'en réjouir. Ce qui est certain, c'est que la situation est encore très incertaine. Les discussions continuent avec comme médiateur le Pakistan et force est de constater qu'ils ont obtenu ces quinze jours de cessez-le-feu qui permettent, j'espère, de trouver une solution et une voie diplomatique. Parce que l'inquiétude que l'on a, ou le sentiment qu'on peut avoir, c'est que Donald Trump n'a pas vraiment de but de guerre, si ce n'est que le régime tombe. Le régime, a priori, ne tombera pas. Qu'est-ce qu'on fait ? Alors, est-ce que vous croyez à la signature à terme d'un vrai accord ? Je le souhaite.

On sait bien qu'on a, sur le nucléaire, besoin que l'Iran ne soit pas armé de la bombe nucléaire. Je crois qu'il faut absolument là-dessus, en tout cas c'est l'objectif de ce que l'on comprend, c'est toujours compliqué de comprendre la diplomatie américaine, mais c'est l'objectif principal, qu'elle n'ait pas l'accès à la bombe nucléaire. Et puis de plus généralement, que l'Iran arrête cette politique de proxy, de financer le terrorisme mondial, de financer le Hezbollah, financer le Hamas, financer les Houthis, financer la déstabilisation dans l'ensemble de la région. On a besoin de stabilité au Moyen-Orient et au Proche-Orient.

Et il faut que l'Iran arrête cette politique en permanence de terrorisme ou terrorisme larvé.

1:50
Sylvain Maillard

Que l'Iran n'ait pas la bombe nucléaire, ça doit être également l'objectif de la France ?

1:56
Présentateur

C'est l'objectif de la France. On a signé, il y a 2015, de mémoire, déjà un accord, mais il est très difficile pour les autorités internationales. D'ailleurs, à Vienne, où on peut contrôler... Vous savez qu'on est spectateur dans ce bon.

2:11
Sylvain Maillard

On a du fli.

2:12
Présentateur

Non.

2:12
Sylvain Maillard

On a été acteur.

2:13
Présentateur

Dans le conflit actuel, bien sûr, vous avez tout à fait raison. D'ailleurs, Donald Trump n'a même pas formé...

2:18
Sylvain Maillard

On aurait pu s'engager plus.

2:19
Présentateur

Alors, Donald Trump n'a pas informé ses alliés du fait qu'il attaquait l'Iran. C'est un fait. Mais moi, je veux rendre hommage à nos soldats français qui sont en train de protéger, entre autres, nos alliés dans la région. On a des accords de partenariat des alliés, entre autres les Émirats Arabes Unis. Nos Rafales, nos propres avions, sont en train de voler à l'heure actuelle dans le ciel des Émirats Arabes Unis, dans la région, pour protéger selon les accords de paix. Donc, ne mésestimons pas nos soldats qui sont sur place et qui font en sorte de minimiser les attaques sur les pays alliés.

2:57
Sylvain Maillard

Sur la question du Liban, les Libanais et les Israéliens vont discuter la semaine prochaine à Washington. Comment ça peut se régler, sachant qu'à ce jour, seule l'armée israélienne peut intervenir pour détruire le Hezbollah au Liban ? L'armée libanaise ne va pas y aller, l'armée française n'ira pas, et il n'y a que les Israéliens qui y vont.

3:20
Présentateur

L'Ezbollah faisait la pluie et le beau temps pendant très longtemps au Liban. L'armée libanaise était très faible. Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous vous souvenez de l'attaque des beepers des Israéliens qui a renversé la donne et qui a extrêmement fragilisé le Hezbollah ? Ça, plus la Syrie qui a basculé, l'approvisionnement iranien d'armes iraniennes pour le Hezbollah est devenu plus compliqué. Et à ce moment-là, l'armée régulière libanaise a repris la main sur le Liban. Elle était très faible. Elle a repris la main sur le Liban, aidée par les Français d'ailleurs. Ce qu'on ne dit pas, c'est que nous livrons des armes à l'armée libanaise depuis un certain nombre de temps.

C'est Emmanuel Macron qui a porté cela en disant qu'il est essentiel que l'armée libanaise ait les moyens de protéger le Liban et que ce ne soit plus le Hezbollah et que le Hezbollah soit soumis à l'armée libanaise. L'attaque de Tsaal sur le Hezbollah a déstabilisé le Liban, très clairement. Le but de guerre, il semble aussi compliqué à comprendre. Même si moi, je suis toujours un soutien d'Israël et qu'il est impossible de vivre pour les Israéliens dans le nord d'Israël parce que le Hezbollah envoie des roquettes tous les jours. Donc ça, ils ont raison de vouloir cesser les choses.

Par contre, fragiliser l'armée libanaise à l'heure actuelle, comme le fait de Tsaal, je pense que c'est un mauvais coup pour l'avenir même d'Israël. Il faut que l'armée libanaise reprenne l'intégralité du contrôle du Liban qui est la paix, la stabilité et que le Hezbollah soit désarmé. Je ne suis pas sûr qu'en bombardant tous les jours, en permanence, et en ne sachant plus bien ce qu'on bombarde, parce qu'à un moment, les populations sont parties dans le nord, on arrive à... L'armée israélienne dit qu'elle bombarde uniquement des installations du Hezbollah. J'en suis certain, mais à un moment, vous n'avez plus vraiment d'installation.

L'immense majorité des Libanaises du sud sont parties vers le nord. Qu'est-ce que vous bombardez en réalité ? Donc je crois qu'à un moment, il faut faire confiance à l'armée libanaise régulière pour reprendre la main sur le Liban et pouvoir avoir un cessez-le-feu et un accord entre Israël et le Liban.

5:27
Sylvain Maillard

Sylvain Maillard, député Ensemble pour la République de Paris, avec nous ce matin, membre de la Commission Défense de l'Assemblée Nationale. Emmanuel Macron est reçu aujourd'hui par le pape Léon XIV au Vatican. C'est une première. Le président de la République est le souverain pontife qui appelle à la désescalade depuis le début du conflit. Il devrait évidemment aborder la question du Liban dont on parlait à l'instant. Qu'est-ce que vous en attendez ? Est-ce que ça peut avoir réellement un impact ? Ou est-ce que ça ne va être que symbolique, même si le symbole dans la région est important ?

5:54
Présentateur

Le symbole est important et le pape est un homme de paix. Et donc c'est important que, d'abord de cette rencontre, je crois que le président de la République veut inviter le pape à se rendre en France et ce serait, je crois, une bonne nouvelle. Mais le pape porte un message de paix, un message de paix universel, mais un message de paix dans la région. et je crois que quand le président de la République veut aussi la paix, que les bonnes volontés se rencontrent, je pense que c'est un message fort, c'est un message qui est entendu. On ne s'aperçoit pas avec ce conflit d'un recul de notre influence au Moyen-Orient ? En tout cas au Liban, l'influence est réelle.

Est-ce que l'influence d'une façon générale se mesure aux bombes que l'on lance sur un pays ou sur un autre ? J'en suis pas certain. On va devoir rentrer dans un moment de paix au moment où la diplomatie doit être forte. Nous avons la chance en France d'avoir une diplomatie forte avec des diplomates formés, en nombre, parfaitement implantés et qui sont perçus aussi au Moyen-Orient comme au Proche-Orient comme des gens qui ne sont pas afféodés ni à un camp ni à un autre. Je crois que ce sera un vrai avantage dans les mois et les années qui viennent.

7:05
Sylvain Maillard

Donald Trump a communiqué cette nuit sur ses réseaux sociaux en parlant des Iraniens et en parlant du Détroit d'Hormuz. Ils ont intérêt à ne pas mettre en place de péage. Ils ont intérêt à rouvrir rapidement le Détroit d'Hormuz. Alors qu'il est, il est entrouvert le Détroit d'Hormuz. Quel impact ça a concrètement sur la France ? Vous le savez très bien.

7:26
Présentateur

On apprend ça, je me souviens très bien dans mes cours au collège, au lycée. Le Détroit d'Hormuz est un endroit stratégique comme il y a plusieurs Détroits où Passage, le Canal de Sfèves et d'autres, essentiels pour le commerce mondial. Donc le commerce mondial a besoin d'un Détroit d'Hormuz qui soit libre. Je rappelle que ce sont des eaux internationales. Donc il est hors de question d'accepter un péage dans des eaux internationales. Ça n'existe pas. Donc il faut un passage libre, assuré. Et dans le cessez-le-feu qui a été signé, le Détroit d'Hormuz doit être libéré.

C'est aux forces iraniennes, si elles veulent maintenir le cessez-le-feu, de faire en sorte de ne plus attaquer les différents pétroliers ou cargos qui passent dans ce passage essentiel pour nous.

8:10
Sylvain Maillard

On va parler prix des carburants parce que ça a un impact évidemment sur le prix du baril de pétrole. D'après le ministre des PME, les prix devraient baisser dès aujourd'hui dans les grandes stations, ces grandes stations Essence, puis à partir de lundi pour tout le reste du pays. Nous n'avons pas encore retrouvé les prix d'avant la guerre à ce jour. Est-ce qu'il faut s'attendre à une longue crise ? Qu'est-ce que vous dites aux Français ce matin ?

8:32
Présentateur

C'est une bonne question. Je n'ai pas la réponse. En tout cas le prix du pétrole, regardez il y a encore quelques minutes, autour de 95 dollars le baril. Ça veut tout simplement dire que c'est au-dessus de ce que nous avons connu il y a encore quelques semaines. Et donc forcément à la pompe il sera encore supérieur pendant quelques semaines. Ce que nous souhaitons c'est vite libérer le détroit d'Hormuz pour baisser la pression et revenir à un prix du baril qui est raisonnable et qui correspond à ce que nous avons connu toute l'année 2025.

9:02
Sylvain Maillard

Le Premier ministre doit prendre la parole cet après-midi. Pour l'instant il n'y a pas eu d'aide directe aux automobilistes. C'est une erreur ?

9:10
Présentateur

Alors ce n'est pas tout à fait vrai. En fait il y a des aides qui sont ciblées pour les professions qui en ont le plus besoin. En tout cas les professions qui ne peuvent pas répercuter dans leur prix de vente. Par exemple les hausses de carburant je pense. On en a beaucoup parlé mais c'est important de le redire. Nos infirmières libérales qui ont besoin de leur voiture. Elles ont un des actes qui sont tarifés par la sécurité sociale. Elles ne peuvent pas les augmenter. Donc c'est normal de les accompagner. Les grands rouleurs, on accompagne les différents secteurs. Les agriculteurs avec le gazole non routier, le Génère, on les accompagne.

Par contre, moi je le dis, nous n'avons plus les moyens de financer très largement une baisse de taxes ou bien accompagner l'intégralité des Français. Nous n'en avons plus les moyens. J'adorerais vous dire l'inverse. Ce n'est pas possible. Et donc il faut absolument cibler. Et je le dis encore à ce micro, c'est normal que les entreprises accompagnent leurs salariés avec le barème kilométrique par exemple, qui dépense plus d'argent pour venir travailler, de les accompagner et de leur donner les moyens de payer leur plein d'essence quand ils viennent au travail. Je crois que chacun doit prendre sa part.

10:21
Sylvain Maillard

Sylvain Maillard, le prix du carburant, c'est 60% de taxes. Pourquoi est-ce qu'on ne baisse pas les taxes ?

10:27
Présentateur

C'est de l'argent commun, Romain Desarves. C'est-à-dire que quand vous donnez une aide à une entreprise, en fait c'est vos impôts qui payent. Il n'y a pas d'argent magique. Nous disons tout simplement que nous sommes déjà à 5% de déficit. On ne peut pas nous dire toute la journée, et à juste titre, il faut baisser les dépenses. Et puis dès qu'il y a une crise aussi forte qu'elle soit, que le budget de l'État doit accompagner tout le monde.

10:51
Sylvain Maillard

Les Italiens l'ont fait. Ça veut dire qu'on est devenu un pays pauvre ?

10:54
Présentateur

On est devenu un pays contraint par notre dette ? La dernière grosse crise énergétique, il n'y a pas très longtemps, en 2023-2024, elle nous a coûté 60 milliards. Parce que nous, nous avons accompagné tout le monde. On a baissé énormément les taxes de tout le monde. Beaucoup plus que ce qu'ont fait les Italiens, qui ne faisaient quasiment rien à ce moment-là. La réalité, c'est que ça a permis de maintenir une activité économique plus importante. On a un taux de croissance supérieur à nos voisins, et à l'heure actuelle encore, mais ça coûte très cher. Et donc, nous avons déjà 5% de déficit. Il faut maintenir un déficit de contenu. Je le dis, je crois que chacun doit prendre sa part.

Les entreprises doivent prendre leur part et accompagner leurs salariés. Je crois que ça, c'est aussi un message important à envoyer. Chacun d'entre nous doit prendre sa part. Donc, les entreprises doivent prendre leur part.

11:41
Sylvain Maillard

Ce que vous nous dites ce matin, c'est que globalement, il faut que les Français comprennent que l'État ne va plus jouer les nounous, qu'il va falloir qu'on se débrouille tout seul.

11:49
Présentateur

L'État joue énormément les nounous déjà en France. On accompagne sur plein de choses. Trop ? De mon point de vue, je pense, oui, trop. Sur beaucoup de choses, nous nous accompagnons, à mon avis, trop. Comme ? D'ailleurs, il y a plein de choses sur lesquelles je pense que, sur l'accompagnement d'aide, je crois que nous sommes trop généreux. Nous n'avons plus les moyens, en tout cas, de fonctionner comme on fonctionnait il y a quelques années. Et donc, je le dis, sur le prix de l'essence, il est important que chacun prenne sa part.

L'État prend sa part pour les professions qui ont absolument besoin, on a parlé, il y en aura d'autres, et des agriculteurs, par exemple, des pêcheurs, et puis d'autres, il faut que les entreprises prennent leur part.

12:30
Sylvain Maillard

Si une nouvelle crise Covid venait à arriver, l'État ne pourrait pas aider autant qu'il l'avait aidé les entreprises, comme en 2020, 2021 ? On laisserait mourir les entreprises aujourd'hui.

12:42
Présentateur

Il y aura sûrement beaucoup plus de ciblage. Probablement, on a appris de ce qui marchait.

12:46
Sylvain Maillard

L'argent public ne coulerait pas à gros bouillons comme il a coulé à ce moment-là ? Je ne pense pas, non.

12:52
Présentateur

Je ne le pense pas. C'est pour ça qu'il est très important de revenir très rapidement sous les 3%, de retrouver cette capacité. Honnêtement, on fait une trajectoire, on n'a jamais fait autant d'économies que 2025, 2026. On n'en parle pas assez, on fait des efforts énormes. Il faut encore en faire, entre autres sur la sphère sociale.

13:12
Sylvain Maillard

Je voulais vous entendre, Sylvain Maillard, député ensemble pour la République de Paris et membre de la commission défense de l'Assemblée nationale sur Laurent Nunez. Le gouvernement est bousculé par une polémique autour de Laurent Nunez après ses propos sur le voile des fillettes, le voile islamique. Il arrête trop pédalé depuis. Il a plaidé la maladresse, mais il l'a quand même déclaré. Il a dit qu'il n'interdirait pas, il ne serait pas de ceux qui interdiraient le voile islamique pour les fillettes. Vous avez été choqué quand vous avez entendu ça ?

13:37
Présentateur

Moi, j'ai toujours tenu la position inverse, y compris dans mes votes à l'Assemblée nationale. Vous pourrez les voir depuis que je suis député 2017. Je suis contre le voilement des fillettes. Je pense que c'est une aliénation. Elles n'ont évidemment pas leur libre arbitre, ce sont des enfants. Et qu'elles n'ont pas à porter un voile qui, de mon point de vue, incarnent une condition de la femme qui est la vie de l'homme. Est-ce que vous êtes contre le port du voile islamique pour les mineurs ? Oui, alors les mineurs, c'est toujours plus compliqué. Parce qu'évidemment, quand vous avez 17 ans et 9 mois, ce n'est pas tout à fait la même chose que 7 ans.

En tout cas, pour les fillettes, quand on voit des cas de 6 ans, 7 ans, 8 ans, ça me choque profondément. Je souhaite que ça ne continue plus.

14:18
Sylvain Maillard

Jean-François Copé affirme, lui, que c'est trop tard. C'est trop tard, on ne peut plus rien faire. Pour interdire le voile.

14:25
Présentateur

Pour interdire le voile ? Oui. Vous savez, quand on fait de la politique, on sait très bien que tout est une affaire de volonté. Est-ce que c'est le sujet fondamental, le plus important ? Je n'en suis pas certain. Vous parliez, pour les Français, de l'impact. Je pense que la crise que l'on vit sur le carburant, je pense que c'est plus importante. Par contre, d'un point de vue valeur et d'un point de vue organisation sociétale, dire que nous ne souhaitons pas qu'il y ait le voile pour des fillettes, me semble quelque chose qui peut tout à fait changer à un moment ou à un autre et avoir une majorité à l'Assemblée.

15:00
Sylvain Maillard

Je voulais vous entendre également, Sylvain Maillard, sur un texte qui va passer aujourd'hui. Ce vendredi 10 avril, Gabriel Attal et les députés Renaissance vont reprendre la proposition de loi sénatoriale autorisant le travail de certains professionnels le 1er mai. Si ce texte est adopté, il pourrait s'appliquer dès cette année. Les syndicats, avec la CGT en tête, s'insurgent. C'est pour autoriser le travail le 1er mai, dans les boulangeries et chez les fleuris. Ce n'est pas non plus la révolution. Vous, vous allez signer cette pétition, vous allez signer ce texte.

15:31
Présentateur

Ce n'est pas signé ce texte. Dès que j'ai fini cette interview, je pars à l'Assemblée nationale, parce que le texte commence à 9h. Bien sûr, nous nous le portons avec Gabriel Attal de faire en sorte, tout simplement, que la situation qui a toujours existé, que nos fleuristes et nos boulangers puissent travailler s'ils le souhaitent le 1er mai, que leurs salariés, qui sont payés double, avec un jour de récupération, puissent travailler s'ils le souhaitent le 1er mai, ça a toujours été le cas. Sauf que l'inspection du travail met des amendes depuis quelques années. Nous avons dit, avec les boulangers, avec les fleuristes, nous allons changer la loi. Il nous faut trouver une majorité.

On a une gauche extrêmement dure à l'Assemblée nationale, une gauche très large, qui emmène les socialistes, qui emmène les LFI, bien sûr, les écolos, qui est contre, qui dit, bah non, en fait, le 1er mai, nous ne devons pas travailler, nous empêchons les gens de travailler. Moi, je suis député du centre de Paris. Quand on a permis le travail le dimanche, c'est une capitale touristique très importante, j'ai vu avec les grands magasins, c'est-à-dire deux ans de négociations avec leurs salariés, la CGT dans les rues, un scandale.

Puis, une fois que ça a été mis dans la loi, les premiers qui demandaient à venir travailler, parce que c'est payé triple, avec un jour de récupération, c'était les mêmes membres de la CGT. Donc, vous voyez, il y a un double discours en permanence. Laissons les gens travailler. On a besoin de plus de travail en France. On les laisse travailler. Ceux qui le souhaitent, viendront travailler. Les salariés qui ne veulent pas travailler, ne travailleront pas. Et ceux qui viendront travailler, chez nos fleuristes et nos boulangers, pourront être payés au minimum double, avec un jour de récupération. Laissons de la liberté, s'il vous plaît.

17:03
Sylvain Maillard

Est-ce qu'il faut aller au-delà vis-à-vis du travail ? Commencer à revoir beaucoup plus de nos règles dans le travail libéralisé, beaucoup plus ? Moi, je le souhaite.

17:15
Présentateur

Je pense qu'il faut beaucoup plus de liberté, d'une façon plus générale. Nous sommes dans une concurrence mondiale et puis nos usages ont changé. Moi-même, parisien, on voit bien que les modes de consommation sont totalement transformés et qu'on a besoin d'adapter notre commerce, nos usages, à cette nouvelle façon de vivre. Et donc, oui, plus de liberté, faire en sorte que le travail paie plus, pour que le travail paie plus. Ça, on l'a entendu. Ça, on l'a entendu. Pourquoi ?

17:43
Sylvain Maillard

Il faut réduire les cotisations sociales.

17:45
Présentateur

Mais bien sûr, il faut moins de charges. Donc, réduire les aides sociales françaises. Et donc, une réforme de l'assurance chômage. Nous, nous portons ça avec Renaissance depuis longtemps, disant tout simplement qu'il faut baisser le prix de notre social en France. Et donc, pour ça, on a besoin de faire des réformes et de faire en sorte que nous travaillons moins en France que dans les pays voisins. Nous commençons plus tard et nous finissons plus tôt. Et notre semaine de 35 heures est moindre que nos amis allemands, par exemple, à 39 heures. On voit bien que nous travaillons moins. On crée moins de richesses et on crée moins de richesses.

Tout simplement, les fins de mois sont plus difficiles.

18:24
Sylvain Maillard

Gabriel Attal, le président de Renaissance, doit tenir un grand meeting le 30 mai prochain au Parc des Expositions. Lieu symbolique. C'est là qu'Emmanuel Macron a tenu son premier meeting fondateur d'En Marche en 2016. Beaucoup de spéculations autour de ce rendez-vous. Est-ce qu'il va annoncer sa candidature à la présidentielle ? Est-ce que vous la souhaitez ?

18:40
Présentateur

Alors, c'est vraiment un meeting Renaissance. C'est-à-dire, l'idée, c'est de faire le point sur les idées que nous voulons porter sur cette campagne présidentielle. avec des militants qui ont travaillé depuis maintenant des mois et des mois sur différentes thématiques. Ce sera un grand moment. Je rectifie, c'était pas là où il a annoncé la création d'En Marche, qui était à Amiens, le président de la République. Il est candidat à ce moment-là. C'était là son grand meeting où il a été souvent caricaturé puisqu'il parlait très fort à la fin sur son projet. C'était un moment très fort et dont je me souviens. Et j'espère qu'il y aura cette même ferveur au mois de mai.

Je l'espère profondément parce que je crois qu'on a besoin dans cette campagne électorale qui s'ouvre de pouvoir être carte sur table avec nos projets et de porter une parole forte. En tout cas, c'est ce que veut faire Renaissance et Gabriel Attal.

19:32
Sylvain Maillard

Merci beaucoup, Sylvain Maillard, d'être venu ce matin sur le plateau de CNews et d'Europe. Bonne journée à vous. A bientôt. Merci. Merci.

La grande interview de Romain Desarbres avec Sylvain Maillard — Sylvain Maillard · Pourquijevote