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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 21 avril 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileJusticeTravail & emploi

Jean Lassalle : "Face au terrorisme, l'unanimité serait la plus belle des réponses"

Au micro : Catherine BouletSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Que manque-t-il aujourd'hui pour mettre les Français à l'abri ?

  • 1:27RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ce n'est pas tout de même une vue de l'esprit irréalisable ?

  • 2:18RelanceÉludée

    Est-ce que ce projet d'expulsion des non-nationaux fichés S n'est pas une vue de l'esprit ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez repéré une montée de l'islamisme dans vos enquêtes ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce que le discours sécuritaire est revenu en force ces dernières semaines ?

  • 5:13OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce n'était pas aussi pour tenir compte d'un certain fléchissement du Front National ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « Écoutez, je crois que nous sommes en état d'urgence, mais il y a urgence d'un État. »
  • 1:31Invité politiqueChiffre
    « Je crois qu'il y a près de 10 000 fichés S pour radicalisation sur notre territoire. »
  • 1:46Invité politiquePromesse
    « Nous proposons donc d'expulser du territoire national tous les étrangers fichés S pour radicalisation. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « C'est le cas de l'État islamique. »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « Écoutez, je crois qu'il y a incontestablement une montée du fondamentalisme islamiste dans un certain nombre de quartiers. »
  • 3:24Invité politiqueFait
    « sur ces quartiers où on a laissé, progressivement, le communautarisme s'installer »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « les individus qui frappent la France sont tous des casiers judiciaires longs comme le bras. »
  • 5:53Invité politiqueFait
    « On l'a vu avec la loi Dati, on l'a vu avec la loi Taubira, où tout est fait en dernière instance pour vider les prisons. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « Nous disons aujourd'hui qu'il n'y a pas en fait véritablement de services antiterroristes en France. »
  • 6:46Invité politiquePromesse
    « de créer une agence de lutte antiterroriste qui soit rattachée éventuellement directement au Premier ministre »
  • 7:06Invité politiqueFait
    « le gouvernement de François Fillon a supprimé les renseignements généraux sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy »
  • 7:44Invité politiqueFait
    « certains soutiennent nous disent, c'est le cas d'un ancien premier ministre, qu'il faut par exemple s'habituer à vivre avec le terrorisme. »
  • 9:50Invité politiquePromesse
    « il faut aussi dissoudre les milices dites antifas qui sèment la terreur à chacun de nos meetings »

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Présentateur19 %
  • Présentateur 29 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Catherine Boulet, Eric Delvaux, le 5-7. A deux jours de l'élection présidentielle, un premier invité dans ce 5-7. Ce matin, c'est Jordan Bardella, conseiller régional d'Île-de-France, secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis et président du collectif banlieue patriote lié au Front National. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Propos de Marine Le Pen hier soir après l'attentat d'hier sur les Champs-Elysées. Tout n'est pas fait en France pour mettre nos compatriotes à l'abri. Que manque-t-il aujourd'hui pour, comme dit Marine Le Pen, mettre les Français à l'abri ?

0:33
Invité politique

Écoutez, je crois que nous sommes en état d'urgence, mais il y a urgence d'un État. Nos forces de l'ordre payent un prix lourd, je crois. Cette absence de lutte contre le fondamentalisme islamiste, je crois que rien n'est fait depuis un certain nombre de temps. Beaucoup de mots, beaucoup de bougies qui sont allumées à chaque nouvel attentat, mais je crois que le meilleur hommage que nous pouvons rendre à nos forces de l'ordre et à toutes les victimes de ce territoire, ce terrorisme qui pullule sur notre sol, c'est de s'attaquer à la racine du mal.

Je crois qu'il faut premièrement retrouver des frontières, parce que si l'on n'a pas de frontières, on ne peut pas savoir qui entre et qui sort de notre territoire. Et il me semble que le djihadiste était d'origine belge, de nationalité belge, que nous apprenons ce matin. Et puis je crois qu'il faut évidemment s'attaquer à la racine du mal et à lutter clairement contre le fondamentalisme islamiste qui pullule encore une fois dans un certain nombre de quartiers français.

1:21
Présentateur

Marine Le Pen dit aussi son souhait d'expulser les fichés S non nationaux. Est-ce que ce n'est pas tout de même une vue de l'esprit irréalisable ?

1:31
Invité politique

Je crois qu'il y a près de 10 000 fichés S pour radicalisation sur notre territoire. Certains sont de nationalité étrangère. Nous n'avons aucune raison, aucune, de conserver sur notre sol les individus potentiellement dangereux qui pourraient porter atteinte à la sécurité nationale, à la sécurité de nos compatriotes.

Nous proposons donc d'expulser du territoire national tous les étrangers fichés S pour radicalisation, convaincus évidemment d'intelligence avec l'ennemi et d'appliquer sur le territoire national ce fameux article 411.4 du Code pénal qui permet de traduire en justice tout individu, encore une fois, en lien avec une puissance étrangère qui porterait atteinte aux intérêts de la nation. C'est le cas de l'État islamique.

2:08
Présentateur

Sauf que la fiche S, juridiquement, n'est pas une preuve de culpabilité. On ne peut pas expulser en France sur de simples soupçons. C'est pourquoi je vous repose la question. Est-ce que ce projet d'expulsion des non-nationaux fichés S n'est pas une vue de l'esprit ? Cette fiche S ne tombe pas du ciel.

2:24
Invité politique

Cette fiche S est attribuée aux personnes qui sont radicalisées, qui sont, encore une fois, convaincues de liens avec le fondamentalisme islamiste.

2:33
Présentateur

Mais parfois de très loin, ils peuvent être surveillés de très loin.

2:36
Invité politique

Ça, c'est un peu la réflexion de M. Macron, c'est-à-dire un peu radicaux mais des types biens. Bon, écoutez, ce n'est pas notre cas. Je crois que, compte tenu de ce que nous vivons en France depuis un certain nombre de temps, nous devons aujourd'hui agir et aller s'attaquer, encore une fois, cette idéologie parce que, n'oublions pas que le terrorisme est un outil, est une arme mais que derrière, il y a bien une idéologie contre laquelle la France est en guerre.

2:57
Présentateur

Vous, vous-même, vous avez lancé un programme il y a quelques mois pour aborder les problèmes du quotidien dans les banlieues. Est-ce que vous avez repéré, justement, une montée de l'islamisme ou de certaines tendances dans vos enquêtes, dans vos débats que vous avez monté pour le Front National ?

3:14
Invité politique

Écoutez, je crois qu'il y a incontestablement une montée du fondamentalisme islamiste dans un certain nombre de quartiers. Je crois que, s'agissant de la question des banlieues, nous avons dansé sur un volcan pendant de nombreuses années, sur ces quartiers où on a laissé, progressivement, le communautarisme s'installer, où la République a déserté sur un certain nombre de missions régaliennes. Je pense au fait d'assurer l'ordre, au fait d'assurer la laïcité, au fait d'assurer une cohésion sociale par l'emploi.

Il y a évidemment une montée du fondamentalisme islamiste et je crois que le meilleur service que nous pouvons rendre à nos compatriotes de confession musulmane, modérés, qui respectent les valeurs de la République, c'est de s'attaquer justement au fondamentalisme islamiste. Moi, je suis élu en Seine-Saint-Denis, je suis élu de banlieue et très souvent, j'entends des compatriotes de confession musulmane nous dire parfois ce que j'ai fui d'Algérie il y a 10, 20 ou 30 ans, je le retrouve aujourd'hui dans mon quartier en France et ça, ça me fait peur et c'est aussi pour ça que je soutiens Marine Le Pen.

4:03
Présentateur

Pourquoi est-ce que le discours sécuritaire est revenu en force ces dernières semaines dans les meetings, les discours de Marine Le Pen ? Parce que je crois que c'est une priorité aujourd'hui absolue.

4:13
Invité politique

Nous sommes les seuls, je crois, malheureusement, à parler de ce terrorisme qui tue les Français. C'est une préoccupation majeure, je crois, d'autant que l'on sait que l'ensemble des individus qui passent à l'acte sur notre sol sont systématiquement fichés, sont dans une grande majorité des cas des récidivistes parce que, osons le dire aussi, mais le problème du terrorisme est aussi et avant tout celui du laxisme judiciaire. L'ensemble, encore une fois, des terroristes qui frappent la France depuis Mohamed Mérat, depuis 2012, on en parlait tout à l'heure. Où est le laxisme judiciaire dans la traque des terroristes ?

Mais monsieur, les individus qui frappent la France sont tous des casiers judiciaires longs comme le bras. Ils sont tous passés 5, 10, 15 fois par la case, parfois par la case prison. Beaucoup se sont d'ailleurs radicalisés dans les couloirs de nos prisons. Nous, on a rendu, on parlait de banlieue patriote, un livre blanc à Marine Le Pen au mois de novembre où on évoque un certain nombre de pistes de réflexion sur ces banlieues. On évoque notamment le cas de la prison qui est devenu, je le cite, un incubateur de la radicalisation dans beaucoup de cas.

5:08
Présentateur

Sur les discours de Marine Le Pen qui ont donc remis à la une la question sécuritaire, est-ce que ce n'était pas aussi pour tenir compte, et là je reparle de la campagne électorale, d'un certain fléchissement du Front National ces dernières semaines ? Il a fallu peut-être rassurer le socle, la base du Front National ?

5:23
Invité politique

Non, je crois que c'est encore une fois une véritable attente de la part des Français. C'est vrai sur la question du terrorisme, mais c'est aussi vrai sur la question de la sécurité au quotidien. Que ce soit dans les banlieues ou dans la ruralité, on constate une explosion des violences, une explosion de la délinquance et de la criminalité contre lesquels, sur ces fléaux, contre lesquels rien n'est fait. Nos forces de l'ordre sont désarmées progressivement, elles sont totalement lâchées par leur hiérarchie. Contre la vie de tout le monde, François Hollande a maintenu l'état d'urgence. Les politiques judiciaires qui sont menées aujourd'hui en France sont de plus en plus laxistes.

On l'a vu avec la loi Dati, on l'a vu avec la loi Taubira, où tout est fait en dernière instance pour vider les prisons. Nous, nous avons une conception autre de la lutte contre la délinquance. Les Français connaissent la farouche détermination de Marine Le Pen à vouloir rétablir l'ordre dans ce pays. Ça passe par un réarmement de nos forces de l'ordre, mais ça passe aussi par une politique en matière de justice qui soit encore une fois beaucoup plus ferme et beaucoup plus efficace.

6:12
Présentateur

Une faille est notamment clairement identifiée, c'est le mille feuille de notre système de renseignement. Onze agences de renseignement si on cumule les différentes directions. Est-ce que ça, c'est un problème auquel va s'atteler Marine Le Pen ?

6:27
Invité politique

Oui, évidemment, il y en a même beaucoup plus. Alors, qu'est-ce qu'elle fera ? Nous disons aujourd'hui qu'il n'y a pas en fait véritablement de services antiterroristes en France. Nous avons une vaste coordination regroupée sous l'UCLAT de 22 services

6:37
Présentateur

qui sont, encore une fois,

6:40
Invité politique

essentiellement des services de contre-espionnage. Nous, nous proposons, notamment, c'était la proposition qui a été formulée dans le rapport Fenech, de créer une agence de lutte antiterroriste qui soit rattachée éventuellement directement au Premier ministre afin de simplifier le renseignement français et de s'orienter essentiellement, notamment, sur le recrutement de jeunes policiers de terrain qui connaissent la réalité de ces quartiers et qui sont beaucoup plus à même de détecter, notamment, les profils radicalisés.

Et là, évidemment, il faut quand même rappeler que le gouvernement de François Fillon a supprimé les renseignements généraux sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui nous apparaît comme une erreur absolument majeure et je crois que nous en payons aujourd'hui les frais.

7:13
Présentateur

Nous sommes à quelques heures de la fin de campagne de premier tour, campagne présidentielle. Au Front National, comment jugez-vous cette campagne ? Est-ce qu'elle a été digne, constructive ou au contraire nauséabonde ?

7:25
Invité politique

Je crois que tout a été fait par le système pour éviter les vrais sujets. Nous avons peut-être un regret dans cette campagne, c'est de ne pas avoir pu parler suffisamment de fond. Je crois que c'est un véritable choix de civilisation qui va se poser lors de l'élection dimanche, c'est-à-dire soit la continuité avec des personnes qui ont tout raté, avec des personnes dont certains soutiennent nous disent, c'est le cas d'un ancien premier ministre, qu'il faut par exemple s'habituer à vivre avec le terrorisme. Eh bien écoutez, moi ma génération ne veut pas vivre avec le terrorisme, nous voulons tout faire pour remettre la France en ordre, je crois que c'est un impératif aujourd'hui.

Donc c'est un véritable choix de civilisation qui va se poser encore une fois dimanche, soit on continue avec les mêmes, soit on abandonne la France dans le mondialisme, soit on décide encore une fois de remettre la France en ordre et d'instaurer un véritable patriotisme, patriotisme économique et c'est vrai sur tout un tas de sujets.

8:09
Présentateur

La France en ordre, dites-vous, c'est le slogan de campagne de Marine Le Pen, avant il y avait la France apaisée, est-ce que des slogans comme la France aux français qu'on a entendu revenir dans les meetings de Marine Le Pen est compatible, cette France aux français avec une France apaisée ?

8:23
Invité politique

Bon bah écoutez, si la France n'est pas aux français, qui appartient-elle ? Nous avons effectivement la France apaisée comme slogan, mais nous avons aussi une profession de foi qui est au nom du peuple. L'un des slogans principaux de cette campagne, c'est au nom du peuple, parce que Marine Le Pen ne fera rien contre le peuple et aujourd'hui nous avons dépossédé le peuple de sa souveraineté, de son pouvoir de décision. L'ensemble des leviers politiques, des leviers d'action ont été transférés à l'Union Européenne notamment et nous, nous voulons rendre aux français leur liberté.

Je crois qu'il ne faut pas avoir peur de la liberté, c'est un beau concept et encore une fois, les français voteront aussi, c'est un véritable référendum dimanche, voteront aussi pour récupérer leur souveraineté et demeurer un peuple libre.

9:01
Présentateur

Dimanche dernier, plusieurs centaines de manifestants ont marché d'Aubervilliers à Paris. Leur objectif, lutter contre vous, banlieue contre le FN. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

9:11
Invité politique

Je crois qu'ils ne sont pas représentatifs du tout de la banlieue. Moi, je le vois sur le terrain, il y a de plus en plus de nos compatriotes qui vivent dans ces quartiers qui sont d'accord avec Marine Le Pen, de plus en plus de maires de famille, de travailleurs, de jeunes, qui voient aussi en Marine Le Pen un cap pour le pays. Maintenant, moi, ce qui me scandalise dans ces manifestations, c'est que nous laissions les casseurs d'extrême-gauche pulluler également sur notre territoire. Ils sont parfaitement couverts par le gouvernement de M. Cazeneuve. Et je crois que les policiers sont aussi très fatigués de cette violence d'extrême-gauche.

Ces casseurs qui dévalisent régulièrement aussi, qui attaquent nos meetings. On a vu surtout des forces

9:43
Présentateur

de l'ordre protéger vos meetings contre les casseurs que vous dénoncez. Eh bien, écoutez, fort heureusement. Vous dites qu'il n'y a rien de fait contre les casseurs. Oui, parce que je crois

9:50
Invité politique

qu'il faut aussi dissoudre les milices dites antifas qui sèment la terreur à chacun de nos meetings parfois dans les villes, qui s'en prennent aux commerçants, qui dévalisent les centres-villes. Je crois que c'est absolument inacceptable. Et je pense que les Français en ont marre, si vous voulez, de ce climat, de cette culture du laxisme qui règne. C'est vrai sur la délinquance, c'est vrai sur le terrorisme et c'est aussi vrai sur ces milices d'extrême-gauche qui sont, encore une fois, je crois, un cancer pour la démocratie.

10:12
Présentateur

Merci, Jordan Bardella du Front National, conseillerier régional d'Île-de-France et président du collectif Banlieue Patriote. Merci et bonne journée.

Jean Lassalle : "Face au terrorisme, l'unanimité serait la plus belle des réponses" · Pourquijevote