Nicolas Dupont-Aignan invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
C'est le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui est notre invité ce matin, Jean-Michel Apathy.
- 0:34OuverteRéponse directe
Vous l'avez trouvé comment hier soir, Marine Le Pen ?
- 0:55RelanceRéponse partielle
Vous aviez obtenu l'inflexion programmatique ?
- 1:10OuverteRéponse directe
C'est quoi l'enjeu ?
- 2:49RelanceÉludée
Vous voulez travailler ensemble ?
- 4:03RelanceRéponse directe
Mais alors, je vais vous poser la question autrement, si je peux.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Je me réjouis qu'il y ait une refondation au Front National, puisque lorsque je l'avais soutenue au second tour, j'avais demandé une inflexion programmatique. »
- 0:56Invité politiqueFait
« Macron a fait une révolution politique. Il faut le reconnaître. Cette révolution politique, c'est de faire travailler ensemble des gens qui s'opposaient auparavant, mais qui faisaient la même politique. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Moi, je ne suis pas Front National, je suis Debout la France. »
- 4:18Invité politiqueFait
« C'est une monnaie qui a détruit notre industrie, qui a été longtemps surévaluée. »
- 4:24Invité politiqueFait
« C'est pourquoi je l'avais contestée. »
- 4:34Invité politiqueFait
« J'ai modéré mes attaques. Et j'ai été, pendant ma campagne présidentielle, très clair en disant que j'avais évolué. »
- 4:42Invité politiqueFait
« Je la garde sous condition. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Les Français ne veulent pas sortir aujourd'hui de l'euro. »
- 5:51Invité politiqueFait
« L'euro, la sortie de l'euro n'est plus un préalable. »
- 8:52Invité politiqueChiffre
« Que le gouvernement augmente de 25% la CSG des retraités. »
- 9:09Invité politiqueChiffre
« 500 euros pour un retraité qui gagne 1 500 euros. »
- 10:15Invité politiqueFait
« M. Macron n'a pas été à Londres, à New York, chercher de l'argent pour sa campagne, sans leur dire « je supprimerai l'ISF ». »
- 11:00Invité politiqueFait
« Je ne suis pas hostile à des mécanismes de suppression d'ISF. »
- 12:49Invité politiqueFait
« Le gouvernement n'indexe pas la retraite là. C'est-à-dire qu'elle ne suit pas la hausse des prix. »
- 21:31Invité politiqueFait
« J'ai été l'un des seuls candidats à la présidentielle à proposer des mesures radicales sur le harcèlement. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan61 %
- Invité16 %
- ?12 %
- Présentateur5 %
- Locuteur non identifié3 %
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Et
c'est le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui est notre invité ce matin, Jean-Michel Apathy. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Jean-Michel Apathy.
Votre
alliée Marine Le Pen était l'invité de l'émission politique de France 2 hier soir et elle a parlé de la refondation nécessaire, selon elle, du Front National.
On
l'écoute.
Cette refondation, elle est nécessaire, elle est attendue. Elle va porter sur le fait de terminer notre transformation de parti d'opposition en parti de gouvernement. J'ose le dire, ça n'est pas totalement fait. Ça
n'est pas fait, ça n
'a
même l'air pas facile. Vous l'avez trouvé comment hier soir, Marine Le Pen ?
Je l'ai regardé, bien évidemment. Écoutez, moi je me réjouis qu'il
y ait
une refondation au Front National, puisque lorsque je l'avais soutenue au second tour, j'avais demandé une inflexion programmatique. Et d'ailleurs, je l'avais obtenue. Mais pour
moi, l
'avenir, ce n'est pas simplement... Vous
l'aviez obtenue
? Je pense
qu'il y avait six points dans notre accord, notamment sur l'euro, sur beaucoup de choses. Qu'importe. L'enjeu, ce n
'est
pas simplement le Front National. Moi,
je
ne
suis
pas Front National, je suis debout la France. L'enjeu pour moi, ça dépasse le Front National. Et je vais vous dire pourquoi. C'est quoi l'enjeu
?
Macron
a
fait une révolution politique. Il faut le reconnaître. Cette révolution politique, c'est de faire travailler ensemble des gens
qui
s'opposaient auparavant, mais qui faisaient la même politique. En gros, les européistes, les mondialistes de gauche et de droite.
Il
les a mis tous ensemble. Mélenchon en a tiré parti. Il a fait une recomposition politique du côté de la gauche radicale.
Il
y
a
un vrai changement aussi. Et
de l
'autre côté... Il n
'y a
pas comme Emmanuel Macron,
des gens de droite et de gauche. Si,
il est en train, je dirais, d'en finir avec les
écolos, les socialistes.
Non, Mélenchon, il faut reconnaître, nous avons un duel Macron-Mélenchon qui monopolise la vie politique. Eh bien, je trouve ça très dommage. Et je pense très sincèrement que si Marine Le Pen continue dans son couloir,
que
si Laurent Wauquiez continue dans son couloir, si moi-même,
avec
Debout la France ou d'autres comme Jean-Frédéric Poisson avec son parti, chacun est dans son couloir, alors qu'il
y a
une révolution politique chez Macron et chez Mélenchon, eh bien, nous aurons une catastrophe pour la France avec un dilemme terrible, soit Macron, soit Mélenchon.
Wauquiez
-Le Pen,
Dupont-Aignan, dans le même parti ?
Ou pas dans le même parti ? C'est ça l
'idée.
Une coalition, parce que nos électeurs...
La
République En Marche, c'est un même parti, Jean-Luc Mélenchon,
la France, le soumise... Non, il n'y a pas le même parti, il y a le
Modem. C'est un même parti ?
Non,
non, pas du tout, il
y
a le Modem, il y a d'autres partis. Oui, je suis convaincu que l'union
de
nos électeurs est attendue. Moi, je les rencontre, les électeurs, je les vois. Parfois, ils votent Républicain, parfois, ils votent Debout la France, parfois, ils votent Front National. Et sur 90% des points, ils sont d'accord. Et l'évolution du Front National,
comme
l'évolution de Laurent Wauquiez sur le fond,
est
une occasion historique.
Alors, moi, je veux réunir... On ne comprend pas bien, là, vous
voulez travailler ensemble ? Mais je veux
qu'on arrête
d'être divisés. Mais pas ensemble.
Vous voulez travailler ensemble,
mais pas ensemble.
Mais pourquoi
vous caricaturez ma position ? Je
dis, une coalition, ce
n
'est
pas une même partie, chacun a son parti. En revanche, on bâtit un programme commun. Et c'est ce que je proposerai mercredi prochain, avec le lancement, avec plusieurs parlementaires, d'une plateforme participative, les amoureux de la France. Car je pense qu'il faut partir de la base, du terrain, des électeurs, et s
'entendre sur un programme commun. On va reparler des amoureux de
la France. Parce que c'est l'enjeu,
l'enjeu, c'est la France, ce n'est pas les boutiques. L
'enjeu, c'est la France,
évidemment. Le pays
avant les partis. Je voulais vous faire écouter encore un son de Marine Le Pen, hier soir, sur l'euro. Hier soir, l'émission politique France 2. Marine Le Pen, on l'écoute.
Je pense que, plutôt qu'une sortie brutale, il faut retrouver nos souverainetés, les unes après les autres. Mais est
-ce
que vous nous dites, ce soir, clairement, que vous demandez toujours la sortie de l'euro à terme ? Mais nous allons voir. Si l'euro était positif pour la France, après tout, je me contenterais de l'euro.
C
'est léger, non ? Écoutez,
je ne suis pas là pour commenter Marine
Le Pen, je vais vous dire
ce que je pense. Mais alors, je vais vous poser
la question autrement, si je peux. Mais vous pouvez tout faire. C'est très gentil.
Moi, je réponds ce que je veux.
Ah,
mais
évidemment, il ne me viendrait pas à l'idée de vous dicter vos réponses.
Vous
vous en doutez bien. Et
vous savez que je ne le ferai pas.
Ah bien, très bien. Donc, nous sommes sur la même longueur d'onde. L'euro, c'est une bonne monnaie ou une mauvaise monnaie ?
C'est une monnaie qui a détruit notre industrie,
qui
a été longtemps surévaluée. C'est pourquoi je l'avais contestée.
À
partir du moment où cette monnaie a été moins surévaluée, que la BCE a changé de politique, j'ai modéré mes attaques. Et j'ai été, pendant ma campagne présidentielle, très clair en disant que j'avais évolué. Évolué comment ? Donc, vous la gardez.
Attends,
je la garde sous condition.
Et
c'est ça, le grand changement. Le grand changement, et j'espère que Marine Le Pen poursuivra sur cette évolution.
En
tout cas, c'est ma position. Ma position,
c
'est qu'on peut faire beaucoup de travail, retrouver nos frontières, lutter contre l'immigration excessive, rétablir la sécurité, baisser les charges sur les PME, faire du protectionnisme intelligent,
c
'est-à-dire incitatif à produire en France, à consommer français, sans sortir de l'euro.
Les
Français ne veulent pas sortir aujourd'hui de l'euro. Eh bien, je crois qu'il faut en tenir compte. Et je pense qu'on peut modifier le fonctionnement de l'euro en interne. Si on a un pouvoir politique français fort, qui ne se laisse pas marcher dessus par l'Allemagne,
à
partir de là, essayons de le modifier de l'intérieur. Si on n'y arrive pas, eh bien on en tirera des conséquences. Mais plutôt que de parler de sortie, c'est ce que j'ai répété pendant toute ma campagne présidentielle, occupons-nous déjà d'utiliser la marge de manœuvre de la France
qui n'est pas utilisée. Et vous
pensez que Marine Le Pen a fait un pas qui vous permet de travailler
ensemble là-dessus ? En tout cas,
elle avait fait le pas en signant l'accord avec moi, puisque dans le premier point de l'accord que j'avais voulu signer, j'avais dit l'euro, la sortie de l'euro n'est plus un préalable. C'est très important pour la suite, parce que les Français veulent qu'on reprenne en main la France, qu'on règle les problèmes du pays, sans pour autant mettre en place des bouleversements qui auraient des conséquences négatives. Dans ce
travail
de tentative de réunion de la droite que vous essayez de mettre en œuvre, on a vu que vous aviez vu plusieurs responsables du Front National. Oui, et de droite aussi, des Républicains. De droite, vous avez vu Laurent Wauquiez ?
Pas encore, mais je l'avais vu avant les élections.
Vous avez vu qui alors
?
Mais je vois
qui je veux et quand
je veux, j'en vois plein. Bien sûr, mais ce n'est pas la question. Vous allez
voir Laurent Wauquiez ? Mais bien sûr, je souhaite le voir.
Vous souhaitez le voir ? J'ai déjeuné
avec lui avant les élections, je le reverrai. Vous le reverrez
? Mais est-ce que vous croyez un instant
?
J'ai une question, moi je ne crois
rien.
Mais je vais vous répondre. Marion
Maréchal-Le Pen, vous la voyez ? Mais il faut voir tout le monde. Est-ce que ça reste, elle, une actrice importante ?
Parce
que sa tante a quand même pris un petit coup de rire à la tête après ce débat, après la campagne présidentielle. Est-ce que vous espérez, est
-ce
que vous souhaitez que Marion Maréchal-Le Pen revienne dans le débat politique ?
La question, ce ne sont pas les personnalités. Monsieur, bien sûr. Non. Monsieur, bien sûr. Non. Eh bien, je vous regrette de vous le dire, ce n
'est
pas ça. Les Français ne jugent pas, on n
'est
pas au théâtre. Ce n
'est
pas ma conception de la politique. Le problème de fond de la politique française, ce sont les projets, les mesures, l'accord entre les paroles et les actes. Et on le voit avec M. Macron. Il y
a
parfois de belles intentions, les actes sont contradictoires. Et moi, ce que je veux justement, c'est reconstruire un programme d'alternance pour la France, au-delà des boutiques et au-delà des personnalités. Car ce qu'attendent les Français, et je tire les leçons de l'échec de 2017, ce qu'attendent les Français, c'est un programme sérieux.
Et
ce programme sérieux, je suis convaincu que les électeurs républicains, Debout la France, Chrétiens démocrates, Front National, sont capables de s'entendre sur ce programme. Et on a
un an
pour le bâtir. C'est ça qui m'intéresse, sur la sécurité, sur l'école,
sur l'hôpital.
Vous restez
avec nous, Nicolas
Dupont-Aignan. Je vous coupe, pardon. Il est 8h40, l'essentiel de l'info. Agathe Maillou, à tout de
suite.
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France, et l'invité de
France Info, Jean-Michel Appétit. L'impôt sur la fortune tel que nous le connaissons sera probablement supprimé. Aujourd'hui, par l'Assemblée nationale, François Ruffin, le député de la France Insoumise, était l'invité de France Info, à votre place, mercredi. Et avec ses arguments à lui, la famille Bettencourt est actionnaire de Sanofi. Alors vraiment, est-ce que ça sert à quelque chose d'enrichir la famille Bettencourt en modifiant l'impôt sur la fortune ? En tout cas, François Ruffin a exprimé son opposition à cette transformation.
Sanofi
est l'entreprise qui verse le plus de dividendes. Qui en est le principal bénéficiaire ? C'est la famille Bettencourt. Est-ce qu'aujourd'hui, enrichir la famille Bettencourt, l'exonérer de l'impôt sur la fortune, sur ces actions chez Sanofi, où il y a très peu d'investissement dans l'outil de production, où il y a eu 4 000 chercheurs supprimés dans le monde, 2 000 en France, est-ce que ça, c'est ce qu'il
y a
de plus pertinent pour relancer notre économie ?
Vous
êtes d'accord avec ce raisonnement ?
Je suis révolté.
Vous
ne voterez pas,
vous non plus, la transformation de
l'impôt
sur la fortune ? Je
suis révolté.
Vous ne voterez pas la transformation de
l'impôt sur la fortune ?
Révolté.
Que
le gouvernement augmente de 25% la CSG des retraités. Que le gouvernement supprime...
De 25%,
c
'est-à-dire ? Le ministre
hier a menti. Il a dit 1,7%. Ce n
'est
pas 1,7%, c'est 25%. 500 euros pour un retraité qui gagne 1 500 euros. 1 800 euros. Non, pas 500 euros de
CSG. 500 euros
pour un retraité qui gagne 1 800 euros. Il n
'y a
pas 500 euros de CSG pour un retraité
? 500
euros de
plus sur l'année pour un retraité qui gagne 1 850
euros. Ah
non,
500 euros sur l'année. Oui, 500 euros,
c
'est beaucoup.
Alors, je vous parle de l
'impôt sur la fortune.
Est-ce que je peux avoir un raisonnement ?
Mais oui, vous pouvez avoir un raisonnement.
Bon, je vous remercie, M.
Apathy.
Pas un raisonnement
qui
vous gêne, peut-être ?
Alors,
si je peux avoir
un raisonnement. Soyez pas des agréables.
Je trouve que quand on
augmente la CSG de 25%, quand on réduit les APL, quand on supprime 150 000 emplois d'insertion, c'est-à-dire qu'on renvoie vers le RSA et la pauvreté des gens qu'on avait sortis de la misère avec un emploi d'insertion, supprimer 4,5
milliards,
3 milliards pour l'impôt sur la fortune et 1,5
milliards
pour les dividendes, pour une minorité de personnes qui ont financé en fait la campagne de M. Macron, parce que c'est le renvoi d'ascenseur. Ah, c'est vrai ? Je trouve ça indigne de
la politique. Un renvoi d'ascenseur expliqué ? Oui, l'oligarchie française
a soutenu M. Macron massivement
et
le cadeau de bienvenue...
En
échange d'une
suppression
de l'ISF
?
Bien évidemment, M. Macron n'a pas été à Londres, à New York, chercher de l'argent pour sa campagne, sans leur dire « je supprimerai l'ISF ». Je trouve ça dans un pays meurtri par les inégalités insupportable. C'est quoi l'oligarchie
française
? L'oligarchie, ce sont des milliers de personnes, les plus riches de France, qui s'enrichissent toujours plus,
alors
que des millions de Français retraités, patrons de PME, artisans, commerçants, souffrent plus. Et je vais vous faire une confidence
sur l'ISF.
Il faut supprimer cette oligarchie
?
Non, mais il n
'y
a aucune raison de faire un cadeau de 4 milliards.
Vous
la stigmatisez. Quel est
le sens de la
stigmatisation ?
Je ne la stigmatise
pas. Je dis que l'argent
public est rare,
que les Français sont
étouffés d'impôts, matraqués d'impôts,
et
j'aimerais que l'argent des Français serve à notre pays.
Je
vais vous faire une confidence. Je ne suis pas hostile à des mécanismes de suppression d'ISF. J'avais proposé pendant la campagne, je pense la meilleure formule, 0 ISF,
quand
l'argent,
la
somme, se réinvestissait dans une entreprise qui produisait majoritairement en France et qui servait à des investissements pour créer de l'emploi en France. Et donc, je ne suis pas pour l'impôt sur la fortune à généraliser du tout. Je suis pour que quand on supprime l'impôt sur la fortune, on soit sûr que l'argent que l'on va donner à des gens riches serve à construire de l'emploi en
France. Mais comment
le savoir ?
Mais on peut très bien.
Il y avait déjà un mécanisme qui existait, qui était très bien. 50% de déduction quand il y avait un investissement dans une PME. J'ai proposé de mettre ce mécanisme à 100%. Dans
une PME française ?
Le PME qui
produit en France. C'est très important. Vous comprenez bien qu'aujourd'hui,
il n'y a plus d'argent et que cet argent doit servir à
créer de l'emploi. Les arguments du gouvernement, vous les avez entendus. C'est une exception, cet impôt. Une exception européenne, presque mondiale. Et
ça
doit réinjecter
de l'argent. Mais ça ne réinjectera rien. Vous avez raison, M. Toussaint, de poser la question. Je vous donne les arguments. Mais j'ai
compris.
Et je vous demande d'y répondre. Vous avez raison, M. Toussaint. L'idée générale du président, je l
'ai
écoutée aussi, M. Macron, dire, le capital doit se réinvestir en France. Très bien une idée.
Mais
à ce moment-là, pourquoi ne flèche-t-il pas le dispositif ? Pourquoi ne le met-il pas sous condition ?
Ce
qui me révolte dans l'affaire, c'est 4 milliards et demi donnés alors même qu'on va assassiner les retraités. Je voudrais faire une remarque sur les retraités.
Le
gouvernement fait croire que les retraités sont des gens qui se la coulent douce.
Mais
les retraités français, ils ont bossé.
Ils
ont travaillé à la sueur de leur front.
Ils
n'ont pas volé leur retraite de misère. Je remarque que le gouvernement n'indexe pas la retraite là. C'est-à-dire qu'elle ne suit pas la hausse des prix. On fait croire aux Français que les retraités, ils devraient se taire. Les retraités,
ils
ne peuvent pas faire grève dans leur maison de retraite.
Vous
savez, ce mépris du gouvernement
pour les retraités français est
insupportable. Tous les retraités ne sont pas concernés.
Il y
a un plafond. Oui,
mais la grande majorité des retraités, ils vont très bien
le voir.
Ils
le voient. Vous savez,
M. Apathy,
vous aimeriez que votre salaire n'augmente jamais ? Ça fait 5 ans que les pensions de retraite sont bloquées. Ça veut dire que les retraités perdent du pouvoir d'achat. Ils ont travaillé. Ils ne peuvent pas faire grève. C'est comme les militaires. C'est comme les artisans, les patrons de PME. Et c'est toujours eux qui payent.
Vous allez lancer la semaine prochaine une plateforme participative baptisée Les Amoureux de la France.
Oui.
Les Amoureux de la France, c'est quoi ? C'est justement que j'en ai assez de voir Macron et Mélenchon monopoliser la vie publique. J'en ai assez de voir reparti comme pour un nouveau tour de piste Front National, Debout la France, Républicain, chacun croyant qu'il va y arriver. Et je veux que les électeurs de la droite, les électeurs d'opposition à M. Macron, les électeurs patriotes, républicains, se serrent les coudes et réfléchissent ensemble très vite à un programme de salut public parce qu'on est d'accord sur 80% des choses. Donc enlevons les points de désaccord et on le fera par le terrain. Donc Les Amoureux de la France,
ça va
être une plateforme internet participative
où
les électeurs vont pouvoir donner leur avis
avec
des questionnaires sur des thèmes PME, ISF, hôpital public, bref des choses concrètes. Et on va bâtir un beau projet avec des gens de bonne volonté. Et on va essayer de changer le fonctionnement de la vie politique. Dans quel but
?
Dans quel but de gagner ? De
ne pas laisser passer les trains éternellement.
Dans quel but la plateforme ? Parce que les réformes... Un
programme d'alternance. Je considère qu'on a perdu en
2017... Les questions que vous allez poser correspondent au programme que vous avez présenté, donc les réponses que
vous
les connaissez déjà. Non. Dans quel but
cette plateforme
participative ?
Non, parce que je pense... Qu'est-ce qu'elle
va apporter ? Je vais vous
dire. Je voudrais que le Front National fasse un pas vers les Républicains. Je voudrais que les Républicains fassent un pas vers le Front National. Je voudrais qu'on cesse la division artificielle imposée par une pensée unique de gauche qui a eu le génie de diviser la droite pour rester au pouvoir éternellement.
Donc vous voulez réunifier la droite ?
Je veux réunifier la droite
comme... Mais
pourquoi vous vous raisonnez en termes de
partis ?
Mais
qu'est-ce que ça veut dire
réunifier
?
Une coalition... François Mitterrand a gouverné avec plusieurs partis. C'est étonnant de... Le général de Gaulle a gouverné avec plusieurs partis. La question c'est pas les partis, la question c'est le programme capable de convaincre les Français de nous faire confiance.
C
'est étonnant de lancer une consultation pour un programme commun six mois après une élection présidentielle. Au
contraire !
Pourquoi
de ne pas l'avoir... C'est maintenant qu
'il faut se remettre en question ? Vous avez quatre ans et demi.
C'est long. Mais on commence maintenant.
Pourquoi ne pas l'avoir
fait précédemment ? Mais il y avait une situation politique. Maintenant on a perdu. Il faut tirer les leçons de la défaite. Sinon on va regarder passer les trains éternellement. Et je mets en garde les électeurs de droite. Qu'ils soient républicains, Front National ou autre. Et au-delà des électeurs de droite, ceux qui tiennent à la France, à son indépendance. Je leur dis, si on continue à être chacun dans nos couloirs, divisé, et bien vous aurez éternellement Macron-Mélenchon. Je ne veux pas du programme de Mélenchon et je ne veux pas voir Macron détruire mon pays.
Vous
restez avec nous, Nicolas Dupont-Aignan. Il est 8h50, l'essentiel de l'info. Agathe Maillet. Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la France, et l'invité de France Info, Jean-Michel Appetit.
Nous étions quittés en évoquant votre plateforme, qui sera accessible la semaine prochaine, les
Amoureux
de la France, mercredi. La page d'accueil est déjà visible sur Internet. Et l'émission Le Quotidien a pointé que la photo qui illustre la page d'accueil de les Amoureux de la France est une photo, en fait, qui a été prise dans les rues de Londres. Alors, on a été un peu étonné quand même.
Oui, moi aussi, pour être franc. Donc, j'ai demandé au maquettiste, et cette photo était la photo qu'il a choisie. Alors, il y aura une photo représentant des
Français
pour le lancement officiel, mais je vais vous dire, j'ai envie de le remercier, puisque la presse française ne s'intéresse qu'au détail. Au moins, comme ça, ça a permis de faire parler de notre plateforme. D'accord. Mais vous avez changé la photo ? Oui, elle sera changée, mais d'ailleurs, pour moi, c
'était une
photo.
Oui, le maquettiste a pris une photo moins chère. Vous dites que l'impôt sur la fortune pourrait
investir dans les entreprises
en France ? Oui, mais elle était moins
chère, voilà. Elle devait être moins chère. Et puis surtout,
il
m'a dit, je vais vous dire, entre confidences,
il
m'a dit, comme ça, il n
'y
aura pas de plainte de personnes qui pourraient se reconnaître dessus. Je lui ai dit, ça ne se fait pas, il vaut mieux mettre une photo
de
Français.
Donc, vous n'étiez pas au courant ? Vous n
'étiez pas au courant, juste pour finir là-dessus ? Non, je ne suis pas derrière l'ordinateur à choisir la photo et les visages de chaque personne. Mais en revanche, il y aura une photo de Français, mais au-delà de ça. D'ailleurs, vous savez que c'est à Londres qu'a été lancé l'appel du général de Gaulle.
Pour moi, les Anglais ne sont pas chauvins. L'honneur est chauvins. C'est un peu français. Je ne suis pas chauvins. Non, mais écoutez, franchement, ne trouvez pas autre chose. Non, mais c'est très symbolique.
Pas
autre chose, Nicolas
Dupont-Agnon. Si, il n'y a que le détail qui les intéresse. Ils n'auraient jamais parlé du lancement le quotidien, jamais parlé du lancement sur le fond. Parce que ce que je propose, c'est une révolution politique à droite. Comme je l'ai amorcée à la présidentielle.
C
'est une révolution politique.
Et
vous, vous n'en avez pas
parlé en premier, je vous
en sais. Voilà,
très bien. Il est toujours intéressant de confronter un responsable public à la loi, finalement. L'œil du 20h a repéré au mois de septembre que beaucoup de maires qui avaient abandonné leur mandat pour être parlementaires étaient en fait très présents dans leur mairie, au point de laisser penser que quelquefois, le maire en titre ne l'était pas tout à fait. Vous avez été élu maire d'hier en 1995. Vous avez abandonné ce mandat puisque vous deviez vous conformer à la loi contre le cumul pour demeurer député. Mais visiblement, d'après l'œil du 20h de France 2, vous êtes toujours très présent dans la mairie d'hier.
Sur
le site de la commune, la photo de Nicolas Dupont-Aignan, devenu conseiller municipal, est aussi grande que celle du nouveau maire.
Et
sur les publications municipales,
il
est omniprésent.
Il
l'assume et l'écrit. Le pilote devient copilote et le copilote devient pilote. Ainsi, vous avez la garantie d'une évolution sans rupture.
Maire de paille ailleurs ? Non. Exactement ce qui est écrit. Le maire, le nouveau maire a été mon premier adjoint pendant des années. Aujourd'hui, c'est lui le pilote, je suis le copilote. Et je vais vous dire, aux élections législatives,
j
'ai été élu député. Et les habitants de ma ville ont dit, on veut bien vous élire député, mais à une condition, c'est que vous restiez très présent. Et c'est le devoir que j'ai. J'ai été élu jusqu'en 2020 dans une équipe municipale. Et
moi,
j'assume totalement, nous sommes en copilotage et les habitants sont très heureux. J'avais remarqué pendant la présidentielle... Les habitants sont
très heureux, il faut te parler les gens bien
facilement.
Non,
mais il y a eu un vote. Pendant la présidentielle,
il
y a eu, à la télévision, on a mis des manifestations comme si tout le monde ailleurs était hostile à moi. 63% favorables au second tour des élections législatives dans ma ville. Alors que toute la presse française disait que j'allais être balayé parce que j'avais osé braver la loi écrite qu'on ne devait pas unir la droite en France.
Et bien moi, j
'assume mes positions.
Dans
votre programme commun de la droite, vous reviendriez sur le cumul des mandats
? On
verra. Ce sera justement la
base
qui
le
décidera. Vous êtes défavorable
à cette
loi ? C'est un peu la phrase du jour, on
verra.
Non, ce n
'est
pas on verra, cher M. Apathy. On
ne
peut pas demander aux hommes politiques de consulter la base, d'écouter les Français et de leur reprocher. Je souhaite qu'on ait un programme commun pour une belle alternative face à Macron, parce qu'on a
peu parlé de Macron, qui est en train de faire beaucoup de mal aux Français.
Nicolas Dupont-Aignan, juste sur cette question-là, vous êtes défavorable à cette loi qui vous a
obligé à
devenir conseiller municipal. Mon
cas a eu un peu d'importance.
Je pense qu'on pouvait réduire le cumul des mandats. Il fallait le réduire. Notamment, j'avais proposé d'interdire le cumul des rémunérations. Je pense qu'on pouvait réduire à deux mandats, mais je pense que le duo députés-maires était très positif
pour
le fonctionnement de nos institutions.
Pour en terminer, vous êtes bien entendu attentif à toutes ces histoires que des femmes racontent, des histoires de harcèlement sexuel. Un producteur canadien, Gilbert Ozon, connu en France, pour sa participation à des émissions, a dû démissionner de toutes ses fonctions après au moins deux témoignages qui le mettent en cause. Un ancien ministre de François Mitterrand voit aussi son nom cité ce matin par une jeune femme qui l'accuse de l'avoir agressé sexuellement. Qu'est-ce que vous pensez de l'hashtag « Balance ton porc » ?
Est
-ce que tout
ça va trop loin ?
Enfin
! Bravo
!
Vous
le comprenez.
Enfin
! Je viens d'un
département. Pourquoi enfin ? Parce que je viens d'un département l'Essonne, où a sévi un certain M. Tronc,
qui
d'ailleurs
va
être jugé aux Assises dans quelques semaines. J'ai vu à quel point l'Omerta régnait. Jugé aux Assises, vous êtes sûr ? Oui, M. Tronc, passe aux Assises en Seine-Saint-Denis. Oui. J'ai vu l'Omerta dans mon département à ce point.
Je
l'ai vu. J'ai été l'un des seuls candidats à la présidentielle à proposer des mesures radicales sur le harcèlement.
Peine
planchée. Enfin, il
y a
une prise de conscience dans notre société.
Et
ça fait des années que je le demande. Donc, je m'en réjouis. Vous connaissez des harcèleurs
? Écoutez,
si j'en connaissais, je le dirais publiquement. Et donc, vous n'en connaissez pas
?
Personnellement, non. Mais ce que je sais... Parce qu'on dit que dans le monde politique...
Ce que je sais, si je le
reconnaissais, je le dirais.
Mais ce que je sais, c'est qu'il y avait une Omerta politique... Vous le
dénonceriez. Vous n
'êtes
pas obligé de le dire à la télévision, mais vous pourriez...
À la télévision, mais on peut tout à fait faire des signalements. En tout cas, on peut aider les femmes. Ça, vous le feriez. On peut
aider des
femmes
à s'en sortir. Parce que l'Omerta est terrible dans notre société sur ce sujet. Et j'ai deux filles, et je n
'ai
pas envie qu'elles vivent dans une société comme cela.
Et en effet, on a vérifié très vite. Jean-Jean Tron, comme vous le disiez, en effet, sera jugé aux Assises.
Et a gardé toutes ses
fonctions,
mis
en examen pour viol, a gardé toutes ses fonctions, a été le président des Républicains dans mon département.
Je
le dis. Et ça, c'est scandaleux.
Merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin.
Nicolas Dupont-Aignan