Les candidats à la présidentielle réagîssent face à l’alerte écologique dans "adn" | Archive INA
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Archive tirée de la campagne présidentielle de 1974, où le tout premier candidat écologiste casse le ronron politique pour nous alerter sur des dangers futurs.
Vous savez ce qui va se passer ? Eh bien nous allons bientôt manquer de l'eau. Et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse, puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. A lundi, je vous dis au revoir et j'espère vous revoir pour vous expliquer notre projet global d'avenir. Merci mes amis.
René Dumont, pionnier de l'écologie politique. Yannick Jadot, pourquoi nos sociétés ont-elles mis si longtemps à prendre cette cause au sérieux ?
Parce que c'est difficile. Parce que c'est difficile de se projeter dans un avenir qui peut être catastrophique si on n'agit pas. Parce que c'est toujours difficile de changer ses comportements, parce qu'on a des habitudes, on a des conforts. Et surtout si on a l'impression qu'au fond, si le voisin ne le fait pas, est-ce que c'est vraiment utile ? Si la France ne le fait pas, est-ce que c'est vraiment grave ? Et on peut reporter comme ça les Américains qui disent si les Chinois ne le font pas, pourquoi nous le faire ? Et que ça s'inscrit dans le temps.
Donc ce qu'il faut arriver à faire aujourd'hui, c'est à démontrer qu'à la fois changer ses comportements, c'est se faire du bien, c'est nous faire du bien collectivement, mais changer ses comportements, ça ne suffit pas. C'est un quart de la réponse, en vrai. 115% des trois quarts de la réponse sont les politiques publiques. Donc on voit René Dumont dans l'alerte, évidemment. Aujourd'hui l'enjeu c'est de prendre le pouvoir, c'est de prendre le pouvoir, sortir du déni. Mais pour sortir du déni, il faut créer l'enthousiasme. À la fois répondre concrètement, dire le chemin, et dire que tout le monde sera sur ce chemin-là.
Que ça se fera d'abord au bénéfice des plus fragiles, victimes du dérèglement climatique, victimes de la pollution de l'air, victimes de la malbouffe. Et que ça se fera d'abord à leur bénéfice et non pas à leur dérèglement.
René Dumont, le premier candidat écologiste, qui a fait un peu plus de voix que Jean-Marie Le Pen d'ailleurs à cette élection, mais qui n'a pas été beaucoup entendu à l'époque. C'est dommage ?
Oui, enfin c'est dommage. La réalité c'est que c'est le modèle économique qui a été développé plus tard, qui est le vrai modèle qui tue notre planète. C'est le modèle ultralibéral. C'est le modèle fondé sur le libre-échange, sur le moins-disant social, sur l'utilisation, le pillage en fait de la planète. C'est ça auquel il faut mettre fin pour pouvoir retrouver, pour pouvoir défendre l'environnement véritablement.
La pollution existait et comment ?
Non mais la pollution existait, mais tout nous dit là d'ailleurs depuis cette période-là, que c'est par la technologie aussi qu'on arrive à résoudre les problèmes qui sont la conséquence de l'activité humaine. Vous voyez, c'est grâce au progrès en fait qu'on arrive à faire en sorte que les industries polluent moins, que le nucléaire pollue moins, que c'est grâce par exemple aux usines de désalinisation de l'eau qu'on peut demain, on règle déjà, mais on réglera encore plus demain, le manque d'eau dans le monde. Parce qu'il avait raison, il y a des endroits qui manquent d'eau aujourd'hui au moment où nous nous parlons.
Donc moi je crois beaucoup au progrès, je ne pense pas que les choses soient fixes et qu'il faille faire indéfiniment siècle après siècle avec les éléments technologiques que nous avons. Non, on va trouver, on découvre des choses tous les jours pour pouvoir améliorer la situation. Mais il n'en demeure pas moins que le modèle économique, lui, s'il continue, si on continue à le choisir au lieu du localisme, au lieu de la proximité, on finira par mal vivre. Ce n'est pas tellement la planète qui souffre, ce sont les hommes qui souffrent.
Donc vous n'êtes pas écologiste canal historique, on l'a bien compris en vous écoutant. Jean-Marie Le Pen disait, parler de l'écologie comme la nouvelle religion des bobos gogos, ça a longtemps été une expression dans le parti.
Oui, non, mais ce n'est pas ça. Non, non, moi je suis plutôt attaché à ces problématiques écologistes, mais j'essaie de les regarder par le vrai bout de la lorgnette, pas par le mauvais bout de la lorgnette.
C'était dans les spots de la campagne officielle. René Dumont, le premier candidat écolo, qui prêchait assez largement dans le désert. Les communistes ont mis longtemps à se réveiller sur la question de l'écologie, non ?
Écoutez, vous savez, pour préparer cette élection présidentielle, j'ai ressorti des archives des précédentes élections présidentielles où nous avions présenté des candidats. Et j'ai ressorti un 4 pages qu'avait publié Robert Rue dans la campagne de 95 sur l'enjeu environnemental et écologique. Et le besoin de sortir d'un système économique qui épuise autant les hommes que la planète et nos ressources naturelles. Nous avions à l'époque mis l'accent sur le besoin de développer les réseaux ferrés le transport des marchandises, de lutter contre la pollution de l'air, le réchauffement climatique. C'était écrit noir sur blanc. Et donc, c'était il y a plus de 20 ans.
Et donc, nous portions déjà l'exigence de changer de système économique et des logiques de profit qui épuisent la planète et les hommes. Parce que vous savez, le capitalisme vert que défendent certains écologistes, ça ne marche pas. Le problème, ce n'est pas la couleur, c'est le capitalisme. Et nous, c'est à ça qu'on s'attaque.
René Dumont, premier candidat écologiste à l'élection présidentielle. Vous en avez le souvenir, Jean Rassalle ?
Parfaitement, et je trouve que c'est une des images cultes de l'INA, si je l'ai vue et revue à plusieurs reprises. Permettez-moi de me distinguer toutefois un peu de lui. Parce que, bien sûr, je vois son caractère visionnaire, mais je n'ai jamais eu, par rapport à ça, un caractère aussi définitif et désespéré. Peut-être parce que j'avais lu la Bible, comme j'ai lu le capital. Et dans la Bible, il y a un passage où il est question du Groenland. Et le Groenland, ça veut dire la bande verte en anglais, je crois. Moi, qui n'ai jamais fait d'anglais, mais plutôt d'espagnol, comme vous l'avez rappelé.
Il semblerait que le Groenland, à cette époque-là, était une bande où des cavaliers se déplaçaient à brides abattus dans des nuages de poussière. Je trouve qu'aujourd'hui, on manque peut-être un peu trop de climatologues. J'en ai suivi un certain nombre pour démontrer que, sur des périodes courtes, le climat a beaucoup changé. Mais moi, au lieu de me suicider ou de mettre une telle peur, un tel stress dans la vie, d'un monde déjà assez préoccupé partout, je préférerais qu'on mette 5% à la recherche fondamentale, à la recherche appliquée, pour trouver au plus vite l'énergie de demain.
Je crois qu'elle sera solaire, comme le laboratoire de fonds romain à Perpignan, ou alors l'énergie des marées. Mélenchon, qui est le candidat le plus expérimenté avec moi, en parle lui aussi. Vous imaginez que nous avons 11 millions de kilomètres carrés grâce à nos côtes. La Chine ne fait que 8 millions de kilomètres carrés. Est-ce que vous voyez l'espace que nous avons pour essayer de voir, si on ne fait pas quelque chose avec la différence thermique qu'il existe, entre la surface des flots et celle qu'il y a de 1000 mètres dessous ? Je veux que la France se dote et soit la première à trouver l'énergie de demain totalement renouvelable.
Si je vous ai bien entendu, Jean Lassalle, vous contestez l'idée que la Terre se réchauffe sous l'effet des activités humaines. En tout cas, vous partagez l'idée qu'il y a des cycles de réchauffement et de refroidissement qui sont indépendants de l'activité humaine sur la Terre ?
Écoutez, je ne peux pas contester parce que je ne suis pas assez chevronné en la matière pour ça. Il y a en tout cas des signes et des images que vous montrez. Le pouce, je suis président des populations des montagnes du monde. Je vois à travers les montagnes, effectivement, ne serait-ce que les glaciers, mais bien d'autres choses, changer. Mais en tout cas, si tel est le cas, on se trompe totalement d'adresse en accusant les hommes et les femmes qui sont obligés de se servir de leur moteur diesel dans nos campagnes parce qu'ils n'ont pas le choix.
Alerte qui a mis du temps, beaucoup de temps à être prise au sérieux, Valérie Pécresse.
Oui, alors j'appartiens, comme vous le savez, à une filiation où on s'est beaucoup préoccupé d'écologie, que ce soit Jacques Chirac avec le discours de Johannesbourg, que ce soit Nicolas Sarkozy avec le Grenelle de l'environnement. Moi, cette préoccupation écologique, elle est très forte en moi. Moi, comme ministre de la Recherche, j'ai fait trancher l'Académie des sciences sur l'existence du réchauffement climatique et sur la responsabilité de l'homme dans ce réchauffement.
À l'époque, vous le savez, Claude Allègre allait sur les plateaux et désespérait les climatologues en disant que le réchauffement climatique n'existait pas et le fonctionnement médiatique étant ce qu'il est, sur les plateaux, il y avait un pour, un contre et un journaliste au milieu qui ne prenait en général pas partie. Donc les climatologues m'avaient saisie en disant, faites rétablissez la vérité. Et donc j'ai fait trancher l'Académie des sciences. C'était une des dernières académies qui ne s'étaient pas prononcées encore sur le sujet. Alors cette urgence climatique, elle nous oblige.
Et l'un des grands enjeux du prochain mandat, c'est celui qui est décrit dans votre petit extrait, c'est celui de la gestion de l'eau qui va devenir une question très dramatique avec le réchauffement. Nous avons besoin de respecter les engagements de la conférence de Paris. Aujourd'hui, la France n'en respecte aucun. Donc nous devons nous mettre dans une trajectoire qui nous amènera au zéro carbone 2050. Nous devons nous mettre dans une trajectoire qui préservera les ressources de la planète. Mais ma conviction, c'est que l'écologie, ce n'est pas une idéologie. L'écologie, c'est des résultats concrets. C'est des résultats en termes de baisse de pollution.
C'est des résultats en termes d'énergie propre. C'est des résultats en termes de sobriété de consommation. C'est inventer une nouvelle croissance qui sera sobre. Parce que moi, je ne crois pas à la décroissance, pas dans un pays avec des difficultés sociales aussi fortes que la France. Nous avons besoin de ne pas opposer l'écologie à l'économie. Mais c'est toute l'économie qu'il faut redéfinir, reconstruire, réinventer.
Nathalie Arthaud, est-ce que la nature, l'environnement, le bien-être animal, est-ce que ça fait partie de vos combats ? Ou est-ce que ça vous paraît secondaire ?
Bien sûr que ça fait partie de mes combats. Alors là, c'est une archive de 1974.
René Dumont, qui était premier candidat écolo en même temps que la première candidature de la Guillaume.
Voilà, en 1974. Alors vous voyez, souvent, nous, on nous accuse de dire et de répéter le même discours depuis 30 ans, depuis 40 ans, depuis 50 ans. Mais je vois que lui, c'est pareil. Les écologistes, ils sont face à la même situation, en fait. Enfin, vous voyez, parce que ce système capitaliste, la réalité, c'est qu'il exploite les hommes autant qu'il exploite la nature. Et il les exploite jusqu'à leur extrême limite, jusqu'à les détruire. Moi, c'est ce qui me frappe dans ce système-là. Tout est bon pour faire du fric, tout. Alors bon, on a vu le scandale des Ehpad. Vous avez vu, même les derniers jours de notre vie servent à faire du fric pour certains. Mais la nature, c'est pareil.
Donc, pour moi, c'est le même combat, tout ça. On ne peut pas accepter qu'il y ait une minorité capitaliste qui ne jure que pas à leur fric et, après moi, le déluge. Mais c'est ça qui se passe. C'est ces grandes multinationales totales, mais dans l'agroalimentaire, c'est la même chose. Et moi, ce que j'ai quand même envie de dire aujourd'hui, c'est qu'on leur fait confiance à eux, à ceux qui ont pollué, à ceux qui ont détruit la planète. On leur fait confiance pour faire la transition énergétique. Pour que demain, en fait, enfin, on respecte les ressources naturelles. On leur fait confiance. Mais comment leur faire confiance ? Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible.
Alors, moi, oui, je prétends, d'ailleurs, dans cette campagne, avoir le programme le plus conséquent en matière écologique. Pourquoi ? Parce que je suis pour l'expropriation de ces grandes multinationales. Et pour qu'on les prenne en main de façon collective et pour qu'on les fasse fonctionner. Non seulement pour qu'elles répondent d'abord aux besoins vitaux des femmes et des hommes et pas aux caprices de quelques riches, mais aussi pour qu'elles puissent préserver la planète. pour qu'on prenne en considération, effectivement, la limitation de ces ressources naturelles.
– René Dumont, premier candidat écolo, qui prend un peu de son temps d'antenne pour boire ce verre d'eau. – Pile poil, regardez, nous sommes en 2022, on en parle. Il a eu raison, mais avant tout le monde. – Mais on ne l'entendait pas il y a 50 ans. – Non, non, non, non, non, pas du tout. – Pourquoi ? – Moi, je sais que j'ai repris cette bataille de l'eau, parce que je pense que c'est le prochain, ça vient là. Ça va être la grosse question. Vous pouvez vous passer tous au dos. Donc, je ne vais pas vous faire mes arguments sur le sujet. Mais à l'époque, non, on ne l'entendait pas. La gauche était dominée par le productivisme et l'idéologie qui allaient avec.
Si vous voulez, on allait développer les forces productives et on allait les développer tellement bien qu'il y aurait pour tout le monde et donc tout irait bien et tout irait mieux. Et on était tous là-dedans. Et on ne l'écoutait pas. Et quand François Mitterrand, par exemple, fait un éditorial dans le journal du PS, à l'époque, je crois, ça s'appelait l'Unité, alors il avait fait un truc, l'oiseau qui s'étouffe dans l'air, le poisson qui se noie dans la rivière. Mais tout le monde éclatait de rire. Les gens autour de moi disaient, mais qu'est-ce qu'il raconte ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Les oiseaux qui s'asphyxient dans l'air, non, mais puis quoi encore ?
Non, il y avait zéro tolérance, zéro écoute. Et quand il y a eu le club de Rome, alors, quand il y a eu un club qui s'est fait, et en réaction des intellectuels comme GB et autres, ont fait l'an zéro, bon, ils proposaient de réduire justement le niveau du productivisme. Alors il faut voir ce qu'on disait à leur sujet, quoi. La gueule ou ça, c'est des suppôts du capitalisme, ils veulent augmenter le chômage et faire peur aux travailleurs. Enfin, le discours était complètement stéréotypé, bloqué et paralysé.
Et il a fallu que je me trouve, moi, confronté à l'absurdité de ce qu'on racontait, que je me rende compte qu'au fond, l'écologie politique présentait la question du collectivisme sous l'angle qui m'intéressait, c'est-à-dire les biens communs, l'humanité comme une seule espèce animale. Bon, et que tout d'un coup, je fasse le lien entre ça et mon fondamental, qui est la philosophie humaniste et révolutionnaire 89, droit de l'homme, pour que je comprenne que tout ça se tenait, et que c'est ce qu'on racontait qui ne tenait pas avec. Bon, cette vision absolument, c'est du mauvais prométhée, hein, c'est prométhée exaltée, parce qu'on va tout régler en produisant, produisant et en prélevant.
Et Karl Marx, on ne l'avait lu que comme ça, pourtant, Marx est le premier à dire le capitalisme épuise l'homme et la nature. Mais ça ne nous intéressait pas à l'époque, on ne voulait pas voir ça. René Dumont, le premier candidat écolo, il avait raison, non ? Il avait raison et pas raison à la fois, mais il avait raison, et j'ai beaucoup d'admiration pour les gens de conviction. Lui aussi, on aurait pu dire qu'il était Don Quichotte, mais on sème toujours des petites graines, qui évolue la preuve. Et il a raison, c'est un des défis majeurs. Simplement, on le prend par le mauvais sens, à mon avis.
C'est-à-dire qu'on se donne bonne conscience, alors que le seul moyen, et c'est ce que je propose, d'éviter le réchauffement climatique et le désastre des océans, j'ai fait un rapport là-dessus, c'est de mettre fin à la mondialisation inhumaine, c'est-à-dire de mettre des barrières douanières, de couper avec la Chine qui est en train de faire exploser la planète. À chaque fois qu'on consomme allemands ou chinois, on participe du gaz à effet de serre, ce que n'ont pas compris nos écolos. René Dumont, le premier candidat écolo, qui n'a pas été pris au sérieux à l'époque, pas même par les grands partis de gauche.
Non, bien sûr. Mais moi, j'avais 14 ans, je me souviens vraiment de cette scène. Alors, on avait une télé noire et blanc, mais enfin, je me souviens très très bien de cette scène. Et pour moi, ça a été le début aussi d'une prise de conscience. Je ne suis pas rentrée, je ne suis pas devenue écolo, ou à ce moment-là, je ne me suis pas intéressée aux formations vertes qui commençaient à exister dans le pays. Mais en revanche, il y avait du côté du PSU, du côté de cette deuxième gauche, beaucoup de femmes et d'hommes. Je pense aussi à Huguette Bouchardot. Je pense d'une certaine façon à Michel Rocard aussi, qui portait déjà ces questions d'écologie. Alors, ce n'était pas tellement sur l'eau.
C'est vrai que lui, René Dumont, a été le premier à le prendre sur cet angle-là. La gauche, et y compris cette deuxième gauche, le prenait plutôt sous l'angle du développement. Et moi, j'ai commencé à m'intéresser vraiment à ce moment-là aussi, à la politique et aux idées sociales, socialistes et écologistes. Mais ça a été pour moi vraiment une alerte, quelque chose qui, à ce moment-là, m'a ouvert vraiment sur cette question de l'écologie. Et je m'en souviens encore, j'avais 14 ans.
Il passait pour un urluberlu à l'époque, mais il n'avait pas tort. Il a fait un coup absolument magnifique. Je m'en souviens très bien, parce que j'étais passionné de politique à l'époque. Et donc, je suivais ça avec passion. Je suivais tous les débats politiques. Il y avait Giscard, Mitterrand, etc. et tous les autres.
Mais ça ne vous a pas ancré dans l'écologie pour autant ?
Non, pas du tout. D'ailleurs, il se trompait. Il disait avant la fin du siècle. On est 20 ans après le siècle et on ne manque pas d'eau. Et personne ne manque d'eau. Alors, qu'il y ait des problèmes écologiques, qu'il y ait un réchauffement climatique, très bien, mais je veux dire très mal. Mais en tout cas, il se trompait dans la prédiction apocalyptique. De quelques décennies seulement ? Comment ? De quelques décennies seulement. Mais vous n'en savez rien. Vous n'en savez rien. Moi, je ne pense pas qu'on manque à d'eau. Je pense, je crois à deux choses. Je crois à l'adaptabilité infinie de l'espèce humaine.
Et je crois au génie humain qui va trouver des solutions techniques, comme il a toujours trouvé. Comme il a toujours trouvé pour se sortir des situations qui paraissent des impasses. Donc, si vous voulez, ça, je crois profondément. Maintenant, ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de difficultés, de crises, de catastrophes. Mais moi, je pense, si vous voulez, que la catastrophe qui menace la France, ce n'est pas une catastrophe écologique, mais c'est une catastrophe démographique. Et c'est un remplacement de population et un remplacement de civilisation sur notre sol. Je pense qu'en 2050, la population française sera à majorité musulmane. voire africaine.
Et que donc, ça ne sera plus la France. Et que c'est pour cela que je me suis présenté à l'élection présidentielle. Et c'est pour cela que je me bats, pour empêcher cela. Vous voyez, chacun a ses catastrophes, ses prédictions. Moi, c'est la catastrophe que je vois venir et qui me taraude le plus. Parce que je suis attaché d'abord à la France. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Jean-Luc Mélenchon