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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 25 juillet 2024 22 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalSolidarités & familleInstitutions & élections

Kamala Harris est-elle la meilleure candidate face à Donald Trump ?

Au micro : Simon Le BaronSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse partielle

    Kamala Harris est-elle vraiment la meilleure candidate face à Donald Trump ?

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Votre sentiment de militant démocrate, est-ce que vous avez retrouvé la confiance ou vous êtes encore inquiet ?

  • 3:40OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'elle s'en est bien sortie de ce défi, selon vous, Kamala Harris ?

  • 5:58OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est déjà une réalité, Fred Hoffman ? Quelle est son identité politique ?

  • 7:27OuverteRéponse directe

    Trump la présente comme une gauchiste radicale. Quelle est la réalité ?

  • 9:33OuverteRéponse partielle

    Elle a des failles, tout de même, vues du côté républicain. Pour l'électorat ouvrier, est-ce que ça peut être un repoussoir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:28InvitéChiffre
    « Plus de 80 millions de dollars, c'est ça ? »
  • 3:00InvitéChiffre
    « Exactement, parce qu'on voit les chiffres. »
  • 3:20InvitéFait
    « Elle est plus jeune, évidemment. »
  • 6:27InvitéFait
    « elle est devenue très, comment dire, battante. Parce qu'elle avait parlé de Donald Trump comme prédateur sexuel, fraudster, tricheur. »
  • 6:43InvitéFait
    « Parce que, je suis désolé, le candidat pour le parti républicain, c'est un criminel qui est reconnu coupable de 34 chefs d'accusation. »
  • 7:38InvitéFait
    « C'est une libérale. En réalité, Kamala Harris, elle est très proche de Joe Biden. »
  • 10:46InvitéFait
    « Il a dit que Kamala Harris était folle comme un punaise de lit. »
  • 12:00InvitéFait
    « On parle ici de Calama Mania. »
  • 13:47InvitéFait
    « Et notamment sur son soutien aux forces de l'ordre. »
  • 14:08InvitéFait
    « Pour les républicains, ils la voient comme une gauchiste radicale qui va détruire le pays. »
  • 15:20PrésentateurFait
    « c'est à elle de gérer la crise, c'est à elle d'aller voir dans les pays en question quelles sont les causes politiques de la crise et d'essayer d'y trouver des réponses. »
  • 19:34InvitéFait
    « elle va très probablement avoir un ton un petit peu plus dur avec Israël, avec le gouvernement de Benjamin Netanyahou. »
  • 20:03InvitéFait
    « Oui, ça reste des représentants des Etats-Unis qui défendront les intérêts de leur pays avant tout. »

Temps de parole

  • Présentateur36 %
  • Présentateur 222 %
  • Invité20 %
  • Invité 216 %
  • Invité 34 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Simon le Baron, le 6-9. Kamala Harris est-elle vraiment la meilleure candidate face à Donald Trump ? La vice-présidente américaine est désormais lancée dans sa campagne. La question ne s'est pas posée très longtemps finalement après le retrait de Joe Biden. Mais est-elle lancée vers la Maison-Blanche ? La route promet d'être encore longue et difficile. A-t-elle réussi sa mue en potentielle future présidente ? Et à supposer qu'elle gagne, à quoi ressemblera l'Amérique de Kamala Harris ? Cette question-là nous concerne aussi très directement. Trois invités pour en parler ce matin. Un soutien de Kamala Harris en France. Fred Hoffman, bonjour.

Vous êtes porte-parole des Democrats Abroad en France. Donc c'est l'association qui réunit les démocrates installés à l'étranger. Une spécialiste de stratégie politique qui connaît bien l'administration américaine. Inzi Anne, bonjour. Bonjour. Vous êtes fondatrice de Génération Politique. Vous avez travaillé pendant cinq ans sur des missions politiques et économiques entre l'Europe. Trois ans, pardon. Entre l'Europe, les Etats-Unis et l'Afrique. C'était pour l'administration Obama à l'époque. Et un journaliste, auteur d'une biographie de Kamala Harris. L'héritière sorti aux éditions de l'Archipel l'année dernière. Alexis Buisson, bonjour. Bonjour à tous.

Correspondant du journal La Croix à New York. Nos auditeurs entendent ce petit décalage. C'est parce que vous êtes en direct des Etats-Unis où il est 2h23. Merci de veiller aussi tard pour nous. Sur la côte Est, absolument. Vos questions, auditeurs de France Inter au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter, bien sûr. On parlait il y a quelques minutes dans le journal de Joe Biden qui s'est expliqué, qui s'est adressé aux Américains cette nuit pour la première fois depuis son renoncement. La transition avec Kamala Harris est-elle réussie ? Fred Hoffman, je commence par vous.

Votre sentiment de militant démocrate, est-ce que vous avez retrouvé la confiance ou vous êtes encore inquiet ?

1:59
Invité

Non, pas du tout. Je ne suis pas inquiet du tout. Quand on voit ce qui se passe depuis l'annonce que Kamala Harris, normalement elle n'est pas encore la candidate.

2:09
Présentateur

Ça sera officialisé le 19 août à Chicago, il y a peu de doute. A priori, vu la façon dont le parti s'est mis en rang derrière elle très vite.

2:18
Invité

Oui, et on a vu déjà avec l'argent, elle a les levées de fonds en si peu de temps. En fait, elle avait une journée de record avec les levées de fonds.

2:28
Présentateur

Plus de 80 millions de dollars, c'est ça ?

2:30
Invité

Oui, et en plus il y a des engagements beaucoup plus élevés que ça. En plus, quand on voit le ferveur chez les démocrates, on voit plein de choses. Même ici avec l'association Democrats Abroad et le site web votefromabroad.org, on voit le nombre de gens qui n'ont jamais voté, les expatriés, qui n'ont jamais voté, qui s'est mis sur les listes électorales. Qui s'inscrivent ? Oui, qui s'inscrivent.

2:57
Présentateur

Qui n'étaient pas inscrits auparavant quand Joe Biden était candidat ?

3:00
Invité

Exactement, parce qu'on voit les chiffres. Parce qu'il y a plein de gens déjà, les Américains, qui ne savent pas qu'ils peuvent voter quand on les habite à l'étranger. Déjà, on essaie de les informer. Ça, c'est intéressant. En plus, c'est un peu compliqué avec les 50 États. Mais en tout cas, Kamala Harris, je pense, il voit quelqu'un dynamique qui amène autre chose. Elle est plus jeune, évidemment. Pour les femmes, c'est quelque chose historique, déjà, qu'elle peut être la première présidente femme. Et aussi, tout ce qu'elle représente en termes de les droits des femmes.

3:34
Présentateur

Grande militante, effectivement, défenseur du droit à l'interruption volontaire de grossesse. Ilziane, votre regard là-dessus, c'est vrai que ce n'était pas facile de respecter à la fois une loyauté, un temps de décence vis-à-vis de Joe Biden, un vieux monsieur qui prend une décision douloureuse. Et en même temps, en se mettant tout de suite dans la pôle d'une potentielle future présidente des États-Unis, est-ce qu'elle s'en est bien sortie de ce défi, selon vous, Kamala Harris ? Oui, en tout cas, les débuts, les premiers jours de cette transition sont réussis. C'est-à-dire qu'on est en train d'assister à un moment d'euphorie.

Les Américains, de manière générale, mais surtout les démocrates, sont contents. Content pourquoi ? D'abord parce que Joe Biden a été mis de côté. Parce qu'honnêtement, il y avait beaucoup de démocrates qui avaient toujours peur lorsqu'ils prenaient la parole parce qu'on ne savait pas à quoi s'attendre. Donc, il y a une sorte de soulagement.

Les démocrates sont contents et même certains indépendants et certaines personnes qui ne votent pas d'habitude parce qu'elles voient une figure qui arrive avec un nouveau message, qui arrive avec un nouveau visage, qui arrive aussi avec une nouvelle dynamique qui est plus jeune, qui est aussi plus jeune que Donald Trump et donc qui va le mettre en difficulté sur ce terrain-là. Donc, ça a été réussi, la transition a été réussie. Maintenant, est-ce qu'elle a été un petit peu difficile parce que les circonstances sont difficiles ? Très certainement. Parce que lorsqu'on entend, lorsqu'on écoute le discours de M. Biden d'hier soir, il y a une sorte de responsabilité.

Il s'est mis vraiment en hauteur. Là, on sent que c'est un monsieur qui parle à l'histoire. Il est en train de dire qui il est en tant que président qui va rester dans l'histoire et quel va être son héritage. Celui qui défend la démocratie et celui qui a défendu. Et c'est plus important que les ambitions personnelles. Absolument. Et c'est ce qu'il a dit. Mais en même temps, il y a l'homme qui est touché parce qu'il voulait rester jusqu'au bout. Alexis Buisson, vous qui nous parlez depuis les Etats-Unis, je crois que vous avez suivi Kamala Harris hier, avec des militants démocrates à Indianapolis. Vous l'avez senti comment ? Comment vous l'avez senti sur tous les électeurs ?

5:31
Invité

Oui, c'est un militant devant la convention du luité noire. Un groupe de femmes noires, 6 000 participantes qui se rassemblaient dans la police.

5:42
Présentateur

La liaison est un peu compliquée. On va vous rappeler tout de suite pour qu'elle soit de meilleure qualité. et vous nous raconterez ça. Simplement, puisqu'on parle de la transition, justement, la mue nécessaire de Kamala Harris dans ses habits de future présidente. Alors, c'est déjà le slogan. C'est comme ça qu'elle a été présentée dès son premier meeting. The next president, la future présidente des Etats-Unis. Est-ce que c'est déjà une réalité, Fred Hoffman ? Qui est-elle ? Quelle est son identité politique ? C'est ça, maintenant, son plus grand défi ? Et c'est ça qu'elle va devoir expliquer aux Américains ?

6:20
Invité

Oui, mais je pense que ça soit facile. Déjà, le premier discours qu'elle a fait, elle est devenue très, comment dire, battante. Parce qu'elle avait parlé de Donald Trump comme prédateur sexuel, fraudster, tricheur. C'est un ancien procureur général.

6:36
Présentateur

C'est son angle d'attaque, ça c'est clair.

6:38
Invité

Oui, mais même parce qu'elle ose de dire les choses que jusqu'à maintenant, les gens n'osent pas dire. Parce que, je suis désolé, le candidat pour le parti républicain, c'est un criminel qui est reconnu coupable de 34 chefs d'accusation. On n'entend pas ça assez, mais moi, quelqu'un qui a grandi aux US, même si je suis en France depuis longtemps, quand je vois ce monsieur qui est la tête d'un parti, le parti républicain, je suis d'accord, mais ça me choque. Et que les gens acceptent ça comme c'est normal. Mais, une autre chose, Kamala Harris va présenter plein de projets, déjà, sa politique. Mais qui est-elle ?

7:14
Présentateur

Est-ce que son identité politique est si claire que cela pour les Américains ?

7:18
Invité

Oui, mais je pense qu'il y a plein de gens qui ne connaissent pas assez, et là, elle va avoir un travail à faire pour montrer qui elle est, expliquer.

7:27
Présentateur

Inziane, Trump la présente comme une gauchiste radicale. Quelle est la réalité ? Avec nos lunettes françaises, elle se situe où sur l'échiquier politique, Kamala Harris ? C'est une libérale. En réalité, Kamala Harris, elle est très proche de Joe Biden. Et ce qui est assez paradoxal aujourd'hui, c'est que tout le parti démocrate se rallie à elle, dans une volonté d'unité, alors qu'en réalité, il y a une partie très à gauche, notamment les progressistes qui sont du côté de Sanders, qui sont du côté d'AOC, qui ne sont pas alignés avec la ligne de Kamala Harris, qui sont beaucoup plus à gauche.

Donc, la stratégie de Donald Trump et ses éléments de langage, c'est de dire, attention, c'est quelqu'un qui est très à gauche, et là encore plus à gauche que Bernie Sanders. Alors que dans les faits, ce n'est pas vrai. Mais en revanche, c'est ce qu'il va utiliser face à un électorat qui, soit sa base, soit l'électorat traditionnel républicain, soit même l'électorat indépendant, indécis entre les deux, va être sensible à ce discours-là. Est-ce qu'elle est trop à gauche ou pas ? Mais dans les faits, en réalité, elle ne l'est pas. Elle n'est passée pas l'aile AOC ou l'aile Bernie Sanders. Ce qui est sûr, c'est que cela oblige Donald Trump et son camp à revoir totalement leur stratégie.

Est-ce qu'ils y parviennent pour l'instant ? Est-ce qu'ils tâtonnent ? On a entendu, d'ailleurs, dans le journal de 8h, des attaques personnelles violentes de Donald Trump contre Kamala Harris. Mais au-delà de ça, il faudra aller sur le fond. Ce sera quoi la nouvelle stratégie de Trump contre Kamala Harris ? D'abord, la campagne des Républicains et de Donald Trump se prépare depuis un moment, avec des sondages, avec des mémos, pour une transition de Biden à Harris. Oui, on ne peut pas dire qu'ils étaient totalement surpris. Mais il n'empêche qu'il y a une période de transition qui n'est pas évidente pour eux et qui va poser question.

Aujourd'hui, ils sont un petit peu mis derrière la scène parce que, tout simplement, elle surprend tout le monde, elle plaît à beaucoup de gens. Mais il y a aussi un effet d'euphorie. Est-ce que ça va durer plus de trois jours, plus d'une semaine ? Il va falloir attendre et voir. Il ne faut pas oublier que Donald Trump, tout de même, avant le retrait de Joe Biden, lui, marchait sur l'eau après l'attentat dont il a réchappé miraculeusement. L'euphorie, à ce moment-là, elle était du côté des Républicains. Peut-être qu'elle pourra revenir pour Donald Trump. Fred Hoffman, on parlait de l'identité politique de Kamala Harris. C'est des arguments que Donald Trump peut lui opposer.

Elle a des failles, tout de même, vues du côté républicain. Elle est vue comme issue de l'élite. Elle vient de Californie, qui est l'état le plus progressiste des Etats-Unis. Pour l'électorat ouvrier, qui est très présent dans les états clés, qui peuvent faire basculer l'élection. Pour l'électorat des banlieues, est-ce que ça peut être un repoussoir, aussi, la figure de Kamala Harris ?

10:01
Invité

Non, mais elle était très, déjà, avec les syndicats. Alors ça, quand on parle des workers, pour les... Les workers, les ouvriers, donc. Oui, les ouvriers, pardon. Déjà, je veux juste rebondir sur une chose. Quand on vous avait dit que la stratégie de Trump contre Kamala Harris, au cas où... Mais je ne pense pas qu'ils ont bien réfléchi, parce que J.D. Vance, le policier, en fait, il n'apporte pas grand-chose à Donald Trump. Parce que c'est le MAGA vraiment XXX, quoi. Le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est le MAGA, c'est ça. Et je ne pense pas que ça vraiment apporte grand-chose pour...

Mais si vous avez vu depuis quelques jours ce que Donald Trump fait comme stratège, c'est juste de critiquer. Il a dit que Kamala Harris était folle comme un punaise de lit. Je suis désolé, mais c'est indigne, c'est pas digne, c'est ignoble. Et lui, il n'est pas capable d'aller dans le fond des sujets. C'est ça le problème.

10:59
Présentateur

Vous dites que J.D. Vance, le colistier, donc potentiel vice-président de Trump, est une épine dans le pied maintenant que Joe Biden n'est plus le candidat. Est-ce que Trump doit changer, peut changer ?

11:11
Invité

Non, je n'allais pas dire ça, mais je pense qu'il n'aide pas beaucoup. Je pense que Trump allait choisir une autre personne s'il avait su avant que c'était Kamala Harris comme candidate.

11:21
Présentateur

On a retrouvé Alexis Buisson, je crois, en direct de la côte Est des Etats-Unis, correspondant du journal La Croix à New York. Alexis, vous avez suivi Kamala Harris hier dans l'Indiana avec des militants démocrates. Comment vous avez senti la dynamique ?

11:39
Invité

Oui, c'était un meeting, effectivement, d'une sororité noire, un groupe de femmes noires qui tenaient une grande convention dans l'Indiana, à Indianapolis. Et Kamala Harris était donc invitée à s'exprimer, comme elle le fait souvent, devant des sororités ou des fraternités afro-américaines. Et effectivement, l'enthousiasme était vraiment au rendez-vous. On parle ici de Calama Mania. C'est vraiment quelque chose que j'ai ressenti en étant ici. Alors, c'était bien sûr un public qui était conquis par Kamala Harris, mais il y a plusieurs participants qui ont fait un parallèle, en fait, avec l'enthousiasme qui a accompagné la victoire de Barack Obama en 2028.

Et donc, il y a vraiment ce soulagement, ce sentiment d'effervescence, en quelque sorte, qui accompagne, effectivement, l'arrivée, l'irruption de Kamala Harris sur la scène.

12:32
Présentateur

Je vous repose la question, vous qui avez écrit une biographie de Kamala Harris intitulée « L'héritière Alexis Buisson » sur son identité politique, la façon dont elle est vue par une partie de la population américaine. Est-ce qu'elle peut être un repoussoir pour une partie de l'électorat susceptible de faire basculer l'élection ?

12:53
Invité

C'est-à-dire que Kamala Harris, elle a tenu des positions idéologiques un peu différentes tout au long de sa carrière. Il faut vraiment comprendre qu'elle est issue de San Francisco, qui est une ville très à gauche aux États-Unis, qui est lui-même dans un État démocrate, plutôt démocrate, laquelle il fournit. Mais qu'elle a évolué dans des milieux qui sont plutôt conservateurs, qui sont des milieux masculins, blancs, en l'occurrence celui de la justice, celui de la police.

Et donc, par moment, tout au long de sa carrière, que ce soit comme procureur de San Francisco ou plus tard comme procureur de Californie, la première flic de Californie, en quelque sorte, elle a dû modérer ses positions ou se montrer plus ou moins progressiste ou plus ou moins conservatrice sur certains sujets. Et notamment sur son soutien aux forces de l'ordre. Et c'est quelque chose qui est revenu la hantée en 2019, quand elle était candidate aux primaires démocrates. Et donc, en fait, mon sentiment, c'est que Kamala Harris, en fait, elle se prête, elle s'expose à différentes critiques, en fait. Elle est de toutes les parts.

Elle est trop progressiste pour les modérés, elle est trop modérée pour les progressistes. Pour les républicains, ils la voient comme une gauchiste radicale qui va détruire le pays. Donc, finalement, en épousant différentes positions, elle s'expose à des critiques de toutes parts.

14:23
Présentateur

Il y a ces critiques, effectivement, sur ces variations qu'elle a pu avoir sur certains points très concrets par le passé. Il y a aussi un angle d'attaque qui est l'angle d'attaque sans doute principal des républicains contre elle. C'est le bilan de l'administration Biden sur l'immigration. C'est à elle que Joe Biden avait confié la gestion de cette fameuse frontière avec le Mexique où affluent énormément de migrants venus des pays d'Afrique centrale qui fuient la violence, la corruption d'Amérique centrale, pardon, qui fuient la violence, la corruption, la pauvreté. Inziane, ça c'est un point faible aussi de la candidature de Kamala Harris ?

En tout cas, dans le camp républicain, c'est perçu comme un point faible. Alors, si on va vraiment dans les détails, c'est pas que c'est à elle de gérer la crise, c'est à elle d'aller voir dans les pays en question quelles sont les causes politiques de la crise et d'essayer d'y trouver des réponses. Donc, en réalité, Joe Biden lui a filé cette responsabilité, cette mission qui n'est pas du tout facile, mais elle n'est pas responsable de la crise migratoire, sachant qu'en plus, l'administration Biden a fait beaucoup pour limiter l'immigration ou pour limiter les flux d'immigration.

Surtout qu'il y a quelques mois, il y avait même eu des questions, des conversations autour d'un projet bipartisan entre républicains et démocrates pour essayer de contrôler ces flux migratoires. Évidemment, les républicains n'ont pas voulu, notamment poussés par Donald Trump, parce que ça leur aurait enlevé un argument de campagne. Mais ce qu'il faut aussi comprendre, c'est qu'on est dans une situation où Mme Harris, elle a besoin en quelque sorte de... C'est pour ça qu'il y a beaucoup de démocrates autorisées, elle a besoin de convaincre son électorat à elle, et peut-être un petit peu plus des personnes qui ne votent pas d'habitude, et les indépendants.

Les démocrates veulent gagner aujourd'hui, ils veulent combattre Trump, ils veulent gagner contre Trump en novembre, et c'est pour ça que vous avez une union. Pas nécessairement parce que tout le monde adore Kamala Harris, même s'il y a des gens qui l'aiment beaucoup, mais parce qu'il y a un vrai pragmatisme, même du côté de ceux qui sont très à gauche de l'aile démocrate. Une question de Fabien au Standard Inter. Bonjour Fabien. Bonjour. Vous nous appelez de Brest, on vous écoute.

16:24
Invité

Oui, il semblait que, vu d'ici, en tout cas, ce combat électoral qui s'amorce était un peu la quintessence de l'Amérique contemporaine, avec, d'un côté, l'homme blanc dominant, âgé, qui a fait preuve d'intolérance, qui est sur une démarche à la fois identitaire, conservatrice, et face à une femme plus jeune, représentative de l'Amérique multiculturelle, qui est elle-même métisse, qui défend les droits civiques, qui défend le progrès social. Et donc, il me semble que c'est là un beau résumé de l'Amérique pour, offerte aux électeurs, finalement, aux électeurs américains, de pouvoir choisir sur quel clivage ils vont se ranger au cours de cette élection.

Est-ce que vos analystes présents en plateau ou à distance depuis les Etats-Unis confirment que ça peut être un choix assez formidable, finalement, et assez stimulant pour l'électeur américain ?

17:20
Présentateur

J'imagine, Fabien, d'abord que Fred Hoffman ne vous contredira pas sur la présentation que vous venez de faire. Sur ce duel, c'est ça l'enjeu ? Et le résumé, il est le bon, celui que fait, Fabien ?

17:32
Invité

Oui, oui, je vois un peu comme ça aussi, mais je pense à les gens, parce qu'ils connaissent déjà Donald Trump tout ce qu'ils représentent, et la politique va amener qu'avec Kamala Harris, maintenant, il y aura vraiment une autre Amérique, et comment ça peut avancer dans un sens qui est positif pour tout le monde, pas que pour les démocrates.

Et je pense, une chose que je voulais dire tout à l'heure, avec le soutien de Kamala Harris, vous allez voir les femmes venir en masse, les gens de couleur aussi, et les démocrates, comme vous avez dit, c'est un peu comme ici en France, avec un barrage, ils sont démocrates, et même s'ils ne sont pas toujours d'accord, ils vont faire en sorte que Donald Trump ne gagne pas l'élection.

18:18
Présentateur

Vous avez parlé des femmes, des afro-américains qui pourraient revenir vers le vote démocrate, des minorités en général. Et aussi les indépendants, on va voir,

18:28
Invité

je ne sais pas s'il y a beaucoup de républicains qui vont venir, mais...

18:31
Présentateur

Et les jeunes également, qui s'étaient beaucoup détournés de la candidature de Joe Biden, in the end, notamment en raison du soutien conditionnel à Israël, exprimé par le président américain. Quelle est la position de Kamala Harris là-dessus ? Est-ce qu'elle a une position un peu différente de celle de son président ? C'est une bonne question, et c'est justement la conversation qu'on a aujourd'hui dans les milieux, c'est quel est le positionnement de Kamala Harris sur certains sujets clés ?

Il y a deux, aujourd'hui pour moi, deux faiblesses dans la candidature de Mme Harris, c'est que premièrement, il y a des gens qui ne la connaissent pas, alors peut-être que sa campagne va réussir à l'imposer en trois mois, alors que les dernières années, ils n'ont pas très bien réussi, en tout cas, il n'a pas réussi à marquer le public, et deuxièmement, on ne connaît pas son positionnement sur certains éléments clés. En revanche, ce qu'on peut imaginer, c'est qu'en réalité, au fond, ça va être à peu près la même ligne que Biden, elle ne va pas nécessairement beaucoup s'éloigner de cette ligne-là.

Elle va, en termes de rhétorique dans ce qu'elle dit et dans ses prises de position, et c'est ce qu'elle avait prouvé notamment lorsqu'elle avait fait une intervention à ce sujet en mars, elle va très probablement avoir un ton un petit peu plus dur avec Israël, avec le gouvernement de Benjamin Netanyahou. D'avantage de compassion envers les victimes palestinières. D'avantage, mais dans les faits, dans les actions, lorsque vous parlez à des personnes qui la connaissent et qui ont échangé avec elle, on va très probablement avoir une même ligne que Joe Biden.

Pour terminer, Alexis Buisson, Donald Trump, finalement, Joe Biden, Kamala Harris, est-ce qu'ils ont tous pour point commun d'avoir, pour ligne politique, America first, l'Amérique d'abord ?

20:03
Invité

Oui, ça reste des représentants des Etats-Unis qui défendront les intérêts de leur pays avant tout. Mais juste pour revenir peut-être sur la remarque de Fabien, effectivement, ce sont deux candidats qui sont diamétralement opposés, que ce soit sur l'âge, la philosophie politique, la manière dont ils ont élevé Donald Trump dans un milieu plutôt privilégié, Kamala Harris étant une fille d'immigrés qui a grandi sur la côte ouest. Ils ont tous les deux des paradigmes complètement différents. Ce sont effectivement deux Amériques qui vont s'affronter, mais moi, je pense que la faiblesse de Kamala Harris, c'est qu'elle ne doit pas se considérer comme un symbole.

Elle ne doit pas juste se présenter comme un symbole du Nouvelle-Amérique. Elle doit vraiment apporter des réponses concrètes, économiques, aux défis du pays. On voit quand on sonde les Américains qu'il y a un profond pessimisme sur la trajectoire du pays, notamment chez les jeunes qui ont l'assurance qu'ils vont moins bien vivre que leurs parents, que les générations passées. Et donc, elle doit, en tant que candidate, apporter des garanties.

21:12
Présentateur

Merci à tous les trois. Alexis Buisson, je rappelle le titre de votre livre, Kamala Harris, l'héritière aux éditions de l'Archipel. Merci à vous, Inziane, fondatrice de Génération Politique. Vous aviez travaillé pendant trois ans pour l'administration Obama et Fred Hoffman, porte-parole des démocrates américains expatriés en France.