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interviewBFMTV· 29 novembre 2025 7 min

Airbus, ArcelorMittal... L'interview en intégralité de Roland Lescure, ministre de l'Économie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On va retrouver tout de suite l'invité de BFM première, Roland Lescure, qui nous attend au Sénat, ministre de l'économie et des finances. Merci Roland Lescure d'être avec nous sur BFM TV ce matin. On va d'abord revenir avec vous sur une des informations de la matinée. Airbus qui prend une mesure drastique, 6000 avions A320 doivent rester cloués au sol jusqu'à la mise à jour d'un logiciel. C'est rarissime. Votre réaction et peut-être vos informations sur la suite. Est-ce qu'un retour à la normale est prévu bientôt ?

0:36
Roland Lescure

Écoutez, on l'espère. J'ai eu Guillaume Faury, le PDG d'Airbus hier soir, qui m'a effectivement fait un point de la situation. Tout est parti d'un incident, pas très grave, mais d'un incident suffisamment alertant, si je puis dire, sur un vol Jet Bullo aux Etats-Unis il y a un peu plus de 15 jours, qui a conduit Airbus à faire des vérifications systématiques et à conclure à l'obligation de faire cette mise à jour sur un logiciel qui équipe effectivement plusieurs milliers d'avions, 6000 pour être précis. Cette mise à jour, pour l'immense majorité de ces avions, elle peut se faire à distance, elle est assez rapide.

Donc effectivement, Airbus a demandé aux compagnies aériennes concernées de poser les avions, qu'on puisse faire cette mise à jour. Et on espère un retour à la normale très vite. Mon collègue Philippe Tabarro, ministre des Transports, aura l'occasion de s'exprimer très vite sur l'impact passager, notamment évidemment l'impact passager en métropole et ailleurs en France.

1:30
Locuteur non identifié

Il sera d'ailleurs l'invité de François Gapillan dans quelques minutes. Roland Lescour, une dernière question sur cette affaire Airbus. Est-ce que c'est un mauvais coup pour l'aéronautique française ?

1:42
Roland Lescure

Non, je pense que ça montre que chez Airbus, évidemment, en particulier, mais plus généralement dans un secteur comme celui-là, on prend la sécurité très au sérieux. Je le rappelle, c'est un incident sans grande gravité qui a conduit à cette alerte d'Airbus et qui l'aura conduit à agir très vite. Donc au contraire, je pense qu'Airbus montre que la sécurité, évidemment, et j'allais dire, c'est normal, on ne joue pas avec, on agit très vite. Et on aura un retour à la normale, j'espère, très rapidement également, qui montrera qu'on a été capable à la fois d'agir avec rapidité, sécurité et de retrouver un trafic normal.

2:14
Présentateur

Roland Lescour a quatre mois des municipales en plein vote du budget. On va parler politique, forcément. Jordan Bardella vous accuse directement de faire monter le prix de l'essence par un décret qui entrera en vigueur en janvier. Et donc il dit que c'est votre action qui va entraîner une hausse du prix de l'essence. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

2:36
Roland Lescure

Écoutez, Jordan Bardella, soit il ne sait pas de quoi il parle, soit il ment comme un arracheur de dents. Il parle de taxes, les certificats d'économie d'énergie, je vais revenir dans une seconde, ce ne sont ni des taxes ni des impôts. S'il cherche des taxes et des impôts, il faut qu'il en parle à ses députés qui ont voté des dizaines de milliards d'impôts à l'occasion du vote de budget. De quoi on parle ? Les certificats d'économie d'énergie sont des contributions des énergéticiens à la transition écologique. Donc ça ne rentre pas dans les poches de l'État, ça ne rentre pas dans mes poches.

Ça va directement au financement de la transition écologique des logements, et notamment de l'isolation, des véhicules électriques, du leasing social, qui a bénéficié à plus de 100 000 ménages qui sont des ménages peu aisés, qui grâce à ces mesures ont accès aux véhicules électriques. Alors s'il veut relayer la communication d'un certain nombre de pétroliers, il peut le faire, mais il devrait plutôt utiliser la relation qu'il a avec eux pour les convaincre de ne pas augmenter les prix. Il y a aujourd'hui des énergéticiens qui contribuent via les certificats d'énergie à la transition écologique sans nécessairement impacter ces certificats sur la facture des ménages.

Donc voilà, moi je choisis les ménages, je choisis la transition écologique et je choisis l'accompagnement des ménages les moins aisés.

3:49
Auditeur

– Donc Roland Lescure, vous nous dites qu'il est possible que les prix du carburant augmentent bien au 1er janvier, c'est ce que vous dites.

3:57
Roland Lescure

– Écoutez, ça, ça dépend des compagnies pétrolières. Moi ce que je peux vous dire, c'est que depuis des années, ce modèle des certificats d'économie d'énergie, il permet directement de financer la transition écologique et sociale en faisant contribuer les énergéticiens les plus polluants de manière à financer des politiques sociales de transition écologique.

4:16
Auditeur

– Est-ce que vous allez faire pression sur les pétroliers pour éviter cette augmentation dans le portefeuille direct des Français au partir du 1er janvier ?

4:23
Roland Lescure

– Moi ce que je peux vous dire, évidemment, c'est que je souhaite que cette politique de transition écologique, elle n'impacte pas les factures des Français, que les pétroliers fassent leur travail et qu'on prenne exemple sur des énergéticiens qui aujourd'hui limitent l'impact de ces certificats d'économie d'énergie, je ne rappelle que ce ne sont ni une taxe, ni un impôt, mais bien des politiques d'accompagnement social de la transition écologique, donc il faut qu'on arrête de dire n'importe quoi, qui est financé par les entreprises effectivement, et c'est le principe pollueur-payeur, on a des entreprises aujourd'hui polluantes qui financent la transition écologique, j'allais dire c'est la moindre des choses.

4:57
Locuteur non identifié

– Un autre sujet, Roland Lisquet, on parle d'ArcelorMittal, les députés ont voté la nationalisation d'ArcelorMittal, est-ce que vous allez respecter justement ce choix des députés ?

5:11
Roland Lescure

– Écoutez, on va respecter la procédure parlementaire, donc je suis ici au Sénat, une loi, une fois qu'elle a été votée à l'Assemblée, il faut qu'elle soit inscrite au Sénat et examinée au Sénat avant de pouvoir éventuellement être transcrite dans la loi. Ce que je peux vous dire, c'est que ce n'est pas avec une formule quasi magique, pseudo magique, que serait la nationalisation d'une entreprise d'acierie, qu'on va sauver l'acier français.

C'est par une action résolue auprès des autorités européennes, ce qu'on est en train de faire, pour mettre en place ce qu'on appelle une clause de sauvegarde, qui va protéger l'acier européen contre le l'acier qui vient de l'international, ça coûte plus de 3 milliards d'euros la nationalisation. On est aujourd'hui en pleine procédure budgétaire. – Mais vous l'avez fait pour Alstom, vous l'avez fait pour les chantiers de l'Atlantique,

5:51
Présentateur

pourquoi pas pour ArcelorMittal ?

5:53
Roland Lescure

– Non, on ne l'a pas fait pour Alstom, ça a été fait pour les chantiers de l'Atlantique, qui est un secteur extrêmement particulier. ArcelorMittal aujourd'hui, il a un actionnaire de qualité, c'est une entreprise qui est compétitive, qui doit faire face à une compétition venant d'en dehors de l'Europe, pour laquelle il faut la protéger, et ça c'est les politiques européennes qui doivent le faire. Mais écoutez, on a aujourd'hui une des plus grandes assieries d'Europe, elle est à Dunkerque, elle emploie des milliers de salariés, il n'y a aucune raison aujourd'hui qu'elle ferme, et je ne pense pas que le fait de la nationaliser va l'aider en quoi que ce soit.

Il faut qu'on appuie la décarbonation, c'est des milliards d'euros, en grande partie payés par l'actionnaire, si on nationalise évidemment ce sera l'actionnaire, l'État qui devra la payer, mais aussi accompagné par l'État français. Moi je souhaite des entreprises compétitives, des entreprises françaises, des entreprises européennes, qui sont des entreprises écologiques, qui sont des entreprises industrielles, et moi je veux accompagner ce mouvement. Mais ce n'est pas en se repliant sur soi, ce n'est pas en nationalisant des entreprises qu'on va le faire, c'est en s'assurant qu'on ait des actionnaires qui veulent investir dedans, et c'est le cas d'ArcelorMittal.

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